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LIVRE IV, CHAPITRE II

et les monnaies d'Edesse^. On peut garder cependant quelques doutes sur ce point; le i dans ces exemples peut remplacer l'emphase syrienne |^. On trouve, en effet, la terminaison i pour les substantifs dans des inscriptions palmyréniennes et sur des monnaies^.

On est ainsi amené à envisager les désinences finales comme une particularité antique de l'arabe, qui arriva probablement assez tard à une législation régulière et fut toujours négligée de la plupart des tribus'. Les anecdotes racontées par Ibn- Khallican, dans la Vie d'Aboul-Aswed *, prouvent que les gens sans instruction ne se dirigeaient dans le choix de ces finales que d'après une routine assez grossière. Quand on connaît la fluidité de la voyelle chez les Arabes , on ne s'étonne pas que les voyelles de jonction fussent sujettes à de grandes incertitudes, et que, dans beaucoup de cas, les puristes aient pris sur eux de décider si c'était dhamma, fatha ou kesra qu'il fallait employer. En tranchant ces prononciations douteuses, ils durent souvent attribuer à des voyelles euphoniques, qui n'avaient d'abord pour objet que d'éviter les collisions de consonnes, des significations grammaticales dont le peuple n'avait qu'un sentiment très-vague. Le choix de la voyelle resta ainsi une sorte de délicatesse et de recherche; au lieu de faire sentir

* Langlois, Numùmat. des Arabes, p. 1 1 8 et soiv. — Levy, dans la Zeitschrlfl derD.M.G. 1808, p. aïo.

* Levy, dans la ZeiUchrift, i858, p. ai4, a 18. — Cf. Waddington, 3/e7. de nutmsmat. p. 77, en tenant compte des observations de Levy, dans la Zeitschr. 1861, p. 628 et suiv.

' De même, en italien, l'nsage de faire sentir ou d'omettre les voyelles finales {/are ou far, camnàno ou cammin, etc.) dépend des provinces, de la mode ou du caprice de chacun.

* De Sacy, Mémoires de V Académie des inscriptions et bdles-lettrm,LL, p. SaA et SUIV.

AOa HISTOIRE DES LANGUES SÉMITIQUES.

nettement un a, un i, ou un o, la plupart des tribus continuèrent à faire entendre un e indistinct, sorte de voyelle commune que les langues sémitiques emploient pour presque tous les sons variables dont la nature n'est pas clairement indiquée par une quiescente. Il est certain, du moins, que les voyelles finales de l'arabe n'ont jamais eu la valeur de véritables déclinaisons : en effet, elles ne varient pas selon la forme des noms; elles ne s'écrivent pas comme les flexions essentielles qui marquent le genre, le nombre; elles ont quelque chose de superficiel et d'inorganique. Il n'y a pas, dans la théorie générale des langues, de mot pour exprimer ce genre particulier d'accident grammatical. Le mot vj/*' » par lequel les Arabes le désignent, signifie explication^, parce qu'en réalité ces voyelles légères ne sont que de simples exposants du rôle que le mot joue dans la phrase : cela est si vrai, que, d'après l'opinion des Arabes, le verbe est, comme le nom, susceptible d'être décliné, c'est-à-dire de recevoir un exposant de rapport.

La flexion finale de l'accusatif J'fait seule exception au caractère de faiblesse que présentent , en général , les désinences arabes. On la trouve employée, en arabe vulgaire, comme terminaison adverbiale. L'hébreu en présente aussi des traces non équivoques, soit dans le D paragogique et locatif, n^iN, vers la terre; riDiDC.*, vers le ciel; soit dans la terminaison D^, □' des adverbes : ûDI"", D^n, Dï^riD, n^)p^\ soit même, comme

* De Sacy, Gramm. arabe, t. I, p. 290 , U\6.

* Derenbourg, Joum. asial. août i8i4, p. 21/i. Le germe de cette fine observation était déjà dans Aboiilwalid. (Voy. Munk, Notice sur Aboulwalid Merwan Ibn Djanah, p. ii3-ii/j, note.) M. Ewald (Ausfùhrî. Lehrbuch, p. 655, note) rejette pourtant cette explicalioii. S(ir D^"7^î voyez aussi Rœdiger, Gesenii Thés. i. \\. V.

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