LIVRE V, CHAPITRE I
laiit à cinq : va2^.« ? »* l o '^N>v> « regnum meum quod (est) milii »
(Michaëlis, Chrest. p. 19, 1. 2); 0|âajc9 o^!^? ^o» «celle qui a elle le nom d'elle = celle dont le nom» (Barhebrœus,
Chron. p. ^89, 1. 2); kOCUfiOOJCuf Jb) M>v*f >,»«°>'S.»»
«pour moi qui à moi, moi Dionysius = pour moi, Dionysius»(Assem. t. II, p. 207, col. 1, 1. 28-2/1)^; on voit jusqu'où cette langue pousse le morcellement du discours. La relation du génitif, le pronom possessif, le pronom relatif, au lieu de s'exprimer comme en hébreu par des flexions ou des agglutinations, s'y rendent par des mots froidement entassés : il semble que le plus long détour y soit toujours celui que l'écrivain préfère. Enfin, pour suppléer à l'imperfection des langues sémitiques dans l'expression des temps, les Araméens ont recours à des mécanismes dont l'hébreu ne possède que le germe à peine indiqué.
L'arabe, tout en évitant les circonlocutions pléonastiques de l'araméen, pousse aussi l'analyse de certaines relations grammaticales beaucoup plus loin que les anciennes langues sémitiques. Des particules, et surtout des conjonctions nombreuses, expriment dans cette langue les rapports des membres de la phrase avec plus de précision qu'en hébreu et même en syriaque. Une foule de mots parasites, jouant le simple rôle d'exposants, suppléent à ce que les procédés des autres langues sémitiques ne rendent pas avec assez de clarté : *>o , par exemple , pour exprimer le prétérit ; Oj*^ , U^J^ » ^ » (^ , ou l'inséparable tp , pour marquer le futur. On trouve même quelquefois la particule (j-* employée pour marquer le génitif, comme dans les langues les plus analytiques : aWI tî-» S*^^ [Coran,
* Cf. Agrellii Supplementa sijntaxeos sp-iacœ , S8 8i et suiv. — îlivfaaëlis, Gramm. tyr. p. 217. — Hoflmann, Gramm. tyr. p. 3 16, n" 6.
sur. IV, V. 72) «la libéralité de Dieu;»jUJI ,^ api^ (sur. m, V. 99) «une fosse de feu^»
Mais c'est surtout dans l'arabe vulgaire que l'on voit se dessiner avec évidence cette liberté impatiente de toute gène, qui porte le peuple à renoncer aux flexions multipliées, pour se faire une langue facile et claire. Toutes les voyelles finales, indices de rapports grammaticaux dans l'arabe littéral, ont disparu : des procédés plus grossiers les remplacent; ce sont des mots isolés, destinés à marquer les rapports des idées avec plus de détermination, mais infiniment moins d'élégance. Le mécanisme de Yétat construit, qui a tant d'importance en hébreu, et qui en araméen est déjà à demi remplacé par des particules, a entièrement disparu en arabe vulgaire : la relation du génitif s'exprime lourdement par ^l*^, JU et d'autres mots signifiant possession, ou par Jl»i , analogue à l'araméen '^.A?. Le relatif ^^^xil , comme le latin quod ou quam, usurpe la place de tours plus réguliers. La notation des temps est arrivée à une rigueur à peu près complète, grâce à l'emploi de particules préfixes et de mois auxiliaires, tels que JL5, /o-fi pour le présent, «Xj pour le futur ^; or ces mots, comme ceux qui servent à marquer le génitif (JL»> excepté), sont tous des mots pleins que l'on prive de leur signification pour en faire de simples signes grammaticaux ^.
L'éthiopien présente les mêmes phénomènes d'analyse, mais
* Conf. de Sacy, Gramm. arabe, t. II , p. 8 1 9. — RosenmûHer, Instit. adjundam. linguœ arah. p. 254. On trouve de rares exemples de cet idiotisme en hébreu ( Joi , IV, 1 3. — Prov. XXVI , 7 ). — Conf. Gesenius , Lehrgebœude der hebr. Sprache, S 175, 3. Pour le tour analogue en syriaque, voy. Hoffmann, Gramm. «yr.'p. 297, et Agrellius, Supplem. synt. syr. 8 67, n° v.
* Caussin de Perceval, Gramm. arabe vulgaire, p. 28 et suiv.
' Ibn Khaldoun a très-bien aperçu ce caractère analytique de l'arabe vulgaire. (Voy. de Sacy, Anthol. gi'ammat. arabe, p. i 10 et suiv.)