‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 234 sur 281 · LIVRE V, CHAPITRE I. M · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I. M

connus au moyen âge ^ ; c'est là encore qu'il s'adresse de nos jours, lorsqu'il profite de la faculté de s'enrichir, qui lui a été si étroitement mesurée. La langue moderne, d'ailleurs, étant toute composée des débris de l'ancienne , il devient impossible de la posséder d'une manière scientifique, à moins de rapporter ces fragments à l'édifice où ils avaient leur valeur première. L'expérience prouve combien est imparfaite la connaissance des idiomes modernes chez les personnes qui n'ont point étudié la langue d'où ils sont sortis. Le secret des mécanismes grammaticaux, des étymologies et, par conséquent, de l'orthographe, étant tout entier dans la langue ancienne, la raison logique de ces mécanismes est insaisissable pour ceux qui les considèrent isolément et sans en rechercher l'origine. La routine est alors le seul procédé possible , comme toutes les fois que la connaissance pratique est recherchée à l'exclusion de la théorie. Chaque peuple trouve ainsi sa langue savante dans les conditions mêmes de son histoire. Il est inexact de donner à la dénomination de classique un sens absolu et de la restreindre à un ou deux idiomes, comme si c'était par un privilège essentiel et résultant de leur nature qu'ils fussent prédestinés à faire l'éducation de tous les peuples. L'existence des langues classiques est une loi universelle dans l'histoire des littératures , et le choix de ces langues , de même qu'il n'a rien de nécessaire pour tous les peuples , n'a rien d'arbitraire pour chacun d'eux.

' La réforme du grec moderne qui s'est accomplie de oos jours a fourni on nouvel exemple de ce phénomène.

hhli HISTOIRE DES LANGUES SÉMITIQUES.

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