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LIVRE I, CHAPITRE II

Tp (^cûvrj 'GSoXkèL (Ppvytiova-iv, dit-il en parlant des Arméniens ^ Enfin Strabon caractérise ainsi, d'après d'anciennes autorités, la langue mysienne : Mi^oXvSiiv zsùk xai fxi^oÇipv'ytov^. De toutes ces affinités, Fréret conclut qu'une seule famille de langues a été parlée depuis l'Arménie jusqu'aux rivages les plus occidentaux de l'Asie Mineure , et qu'elle se rattachait à la famille étendue dont la langue grecque elle-même n'était qu'un rameau.

Les recherches plus récentes de l'ethnographie n'ont rien révélé qui contredise essentiellement ces résultats. Sans doute elles ont montré àes nuances où Fréret ne voyait qu'uniformité; mais, à part quelques remarquables exceptions, l'Asie Mineure est restée arienne dans son ensemble. Gesenius a démontré que la Cappadoce et le Pont jusqu'à l'Halys, où Boçhart et les anciens ethnographes voulaient voir des Sémites , en s'appuyant surtout du nom de Aevx6(7vpot appliqué aux habitants de ce pays, n'avaient rien de sémitique'. Depuis, M. Lassen a établi d'une manière plus précise ie caractère arien des mêmes régions*. La Phrygie est également une partie du monde arien ^. Entre les nombreuses preuves qu'on en pourrait citer, je me bornerai à une seule : on lit dans Hesvchius : hayaios' Zevs (ppvyios : peut-on méconnaître là le Baga (dieu) de l'ancien persan, le Bog des Slaves''? Le Bérécyntlie, qui semble identique au Berezant ou montagne sacrée du Zend-Avesta, est un lien de plus entre les Phrygiens et les Iraniens. Enfin, selon une hj-pothèse très-vraisemblable, les

* Eudox. apud Stepli. Byr. v. kp^uvia.. » P. 490,édit. Millier.

* Geschichte der hebr. Spr. S 4 , p. 6-5.

* ZeiUchri/t (fer (f. m. G. ( 1 856 ), p. 87 6-878

* Ibid. p. 868 et suiv.

* Ibid. Cf. Pott, Elymol Fonch. I, p. xxxrii et 385-a36.

us HISTOIRE DES LANGUES SÉMITIQUES.

Briges sont identiques aux Bhrigous des Védas^ et appartiennent par conséquent à la souche arienne la plus pure. — Quant aux Bithyniens, aux Mariandyniens^ et aux Paphlagoniens , leur affinité avec les Thraces , qui étaient certainement ariens', est attestée par toute l'antiquité.

L'identification des Lydiens avec Lud, fils de Sem , est assez douteuse*, et d'ailleurs la catégorie biblique des Sémites renfermait des peuples qui ne parlaient pas les langues dites sémitiques. M. Bœtticher^ croit distinguer en Lydie deux couches de population, l'une arienne, l'autre sémitique. A celle-ci appartiendraient les noms de Sadyattes, Myattes, Alyatles, dont la physionomie sémitique est en effet Irès-frappante. Les deux mots Apifxa. (onn) «montagnes» et KSaxXtfs «prêtre» paraissent également sémitiques. M. Lassen explique par des emprunts plusieurs autres mots donnés pour lydiens et qui sont certainement indo-européens*'. Les rapports de la Lydie et de l'Assyrie peuvent ne dater que des temps historiques et n'avoir aucune valeur ethnographique''. Les indices qui nous

^ Langlois, Mém. de l'Acad. des imcriptiom et belles-lettres, t. XIX, a' part. p. 339.

* La glose de Pollux : ASaivtiiaotSos xal ^ûpifios 'MapiavSûvav yeopySv SiOfict, qui a une physionomie sémitique (D''N")3 D'^J'IN ; cf. Mém. de l'Acad. des inscr. t. XVII, 3* part. p. 289-90, note. — Bochart, Chanaan, II, xi, 787), paraît ne reposer que sur une fausse leçon. Voir l'éd. de Hemsterhuys, p. 375-76.

* Lassen, loc. ctt.Tp. 367-368.

* Tuch, Kommentar ûber die Genesis , p. 25i.

* Rudimenta tnythol: semit. (BeroL i8i!i8),p. i3-i/i. Zur Urgeschichte der Armenier, p. 37-38.

* Zeitschrijt der d. m. G. (i856), p. 382-38/i, contre Curtius, dans la Zeitschrtftfûr die Wiss. der Spr. de Hœfer, II , 220 et suiv.

' Mém. de l'Acad. des imcr. XIII, 2* part. p. 206 et suiv. 271 et suiv. — Movers, Die Phœn. I, p. 73-76. — M. Niebuhr, Geschichte Assurs und Babels {Berlin , 1857), p. 139 et suiv. — Noël Desvergers, l'Etrurie et les Etmsques, p. i38 et suivantes.

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