‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 34 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

giae Cretoise du peuple qui les a tracées. La Pamphylie parait également avoir été envahie par des races helléniques ^.

La Cilicie , enfin , fut d'abord un pays sémitique , et ne fut conquise par les Grecs qu'à une époque relativement moderne ^ Peut-être faut-il chercher en Cilicie les Erembes d'Homère', dont le nom rappelle celui des Araméens (^Dia) *, et que Lycophron semble placer dans ces parages ^. Un témoignage plus positif est celui de Strabon, qui nous apprend que la Cilicie fut d'abord habitée par des Syriens ^. L'étymologie que Hamaker proposait pour le nom de la ville de Soles [y^Dj est confirmée par des rapprochements significatifs ''. Les monnaies de Cilicie forment, dans la numismatique phénicienne, une classe à part^ et accusent, dans ce pays, un développement sémitique particulier. L'île de Chypre , par suite des nombreuses migrations chananéennes, fut aussi pour un temps une terre sémitique^. Cittium et Araathonte étaient des villes phéniciennes**?.

' ZeiUchrifl der d. m. G. (i856), p. 384-385.

* Movers, Die Phœnizier,U, ii, p. 169 etsuiv. — Lassen, loc. cit. p. 385-386. ' Odyssée, IV, 84.

* Strabon, p. 35, 667, édit. Millier. On disait de même XéitSis pourXiftfu;.

* Alexandre, v. 827, édit. Dehèque.

6 Strabon,!. XIII, p. 43 1.

' Hamaker, Miscell. phœn. p. 279 et suîv. — Quatremère, Journal des Sav. avril 1807, p. 257. — Mùller, Geogr. gr. min. I, p. 3.

* Gesenius, Monum. phœn. p. 276 et suiv. — De Luynes, Essai sur la numismatique des satrapies {18 dS) , p. 55, etc. — F. Lenormaml, Cabinet du baron Behr, p. 1 13 et suiv. i55 et suiv.

Movers, Die Phœnizier, 1. 1, p. 12-1 3; t. II, i"part. p. 77; a* part p. 2o3 et suiv. — De Luynes, Numismatique et inscriptions cypriotes (1 85»), et Essai sur la numismatique des satrapies, p. 82 , 1 1 0 et suiv. L'interprétation de l'inscription cypriote d'Idaiie donnée par M. E. M. Rœth {Die Prohlatnation des Amasis; Paris et Heidelberg, 1 855) ne mérite aucune attention. (Voy. la critique de M. Ewald, dans les Gœtt. gel. Anz. 5 nov. i855.)

" Gesenius, Monum. phcen. p. 122 et suiv. — H^^'dt^^y^ltfaAixa.,

5â HISTOIRE DES LANGUES SÉMITIQUES.

Nous n'avons pas à nous occuper ici des colonies que les Phéniciens répandirent dans toutes les régions maritimes connues des anciens. Ces colonies, si l'on excepte celles qui couvrirent la côte septentrionale de l'Afrique, n'eurent jamais le caractère de véritables faits ethnographiques, et ne fondèrent nulle part un établissement définitif de la race sémitique. M. Movers, auquel on ne peut contester une vaste érudition, mais qui paraît n'avoir possédé que médiocrement le sentiment de la philologie comparée, et même, comme l'a fait observer M. Ewald, le sentiment spécial de la philologie sémitique, a exagéré l'importance des migrations chananéennes. Les traces de mythes phéniciens, qu'il croit reconnaître dans presque tout le monde méditerranéen, sont souvent chimériques et appuyées sur des étymologies superficielles, à la manière de Bochart. Les transmissions de mythes sont toujours fort difficiles à démontrer, à cause de l'identité de la nature humaine, qui s'exprime en des points divers par des conceptions analogues. Les Phéniciens, d'ailleurs, ne nous apparaissent pas comme un peuple doué d'un grand prosélytisme religieux. Carthage nous donne la mesure de ce que pouvait devenir une colonie phénicienne placée dans les meilleures conditions; or on ne voit nulle affinité entre la physionomie de la civilisation carthaginoise et le rôle que les Phéniciens auraient joué dans le monde égyptien et hellénique, selon les vues que nous combattons ici.

Ce que nous avons dit de l'Asie Mineure s'applique à l'Arménie. Depuis les temps historiques, l'Arménie nous apparaît comme une terre arienne, bien qu'elle ait dû être le séjour primitif des Sémites. Togarma, l'éponyme biblique de l'Arménie, est clairement rattaché aux races du Nord {Gen. x, 3) ^

;' Cf. i'opu seule anonyme 2Mr Urgesch. der Armenier (Berlin, i854), p. 36-37.

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