‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 36 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IL

appliquer le nom de l'ile de Chypre à bien d'autres îles et en particulier à la Crète K Etienne de Byzance^ nous présente la ville de Gaza comme une colonie Cretoise. La singulière expression Krethi et Plethi, désignant les gardes du corps du roi David, s'explique dans cette hypothèse. David, qui avait fait un long séjour chez les Philistins, et qui paraît leur avoir emprunté toutes ses idées d'organisation militaire, aura très-bien pu se former une garde d'étrangers pour réussir dans son projet de soumettre toutes les tribus à celle de Juda, Plethi serait une abréviation de Plischthi, et les deux mots auraient été réunis par un de ces jeux de sons si recherchés du peuple '.

Quant à la langue des Philistins , il faut avouer que presque tout ce qui nous en reste s'explique par les langues sémitiques, en particulier par l'hébreu : nî>*, aurbv?, p^T*; quelquefois par l'araméen : Mapvâs (nom du Jupiter de Gaza), UkJ ;âo « seigneur des hommes , » ou KJ^D Dominus noster ^. La religion des Philistins paraît aussi avoir eu des rapports avec celle des Phéniciens. Cependant le mot philistin le plus caractérisé que nous possédions, î"]D, signifiant j?n'Nce ou pentarque, n'a pas d'analogie sémitique bien déterminée ^. A l'époque de

* S'il était permis d'ajouter une conjecture à tant d'autres, je proposerais ée voir dans Caphtor le nom de Cythère (Kv9p=KF9p) , qui a fort bien pu être appliqué à l'ile de Crète. C'est ainsi que Sparda=inDD=Svarda=SapJe<f ; que inK = ^1;; = kpaSos.

* Aux mots r«^a et Mirwa.

^ Gonf. Ewald, Kritùche Grammatik, p. 997.

* Soit de 31 «poisson,» soit de |3"1 «frumentum.» Aayàv 6s èalt 2/tû>i>

ô iè Aoyàr, èvciSii svpe anov x<ù ipotpov, skatiOv Zevs kpôzpios. (Philo Bibl. Semchon.frag. edit. Orelli, p. 26, 3a.) — Cf. Ewald, AbhantU. ùber die phcenik, Ansichten von der Weltschœpfung , p. i3, note (Gœtt i85i).

' Etienne de Byzance , au mot Tot^a. — Vie de S. Hilarion, dans Rosweyde, Fito Patrum,f. 77 et suiv. — Conf. Selden, De diit tyris, p. i4i (Amsterdam, 1680).

* Gesenius, Getch. der hebr. Spr. p. 55. — Ewald, /. c.

Néhémie , les habitants d'Asdod ou Azot parlaient une langue différente de celle des Juifs {Néhém. xiii, 28). Mais tout cela est évidemment insuffisant pour asseoir aucune hypothèse vraisemblable sur l'origine des Philistins. Les efforts de M. Hitzig pour les rattacher aux Pélasges, et pour expliquer les mots philistins par les langues indo-européennes, n'ont abouti à rien de satisfaisante Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que ce petit peuple vint d'une des îles de la Méditerranée s'établir à l'angle de la Palestine et du désert d'Egypte, d'où il expulsa les Avvéens, peuplade probablement chananéenne {Deutér, 11, 28). Ce fait d'une population qui semble sémitique, venant de l'occident, a donné lieu à un système assez répandu en Allemagne^, d'après lequel la Crète, la Carie, et, en général, les îles et les côtes de la Grèce , auraient été occupées avant l'arrivée des Hellènes par une race sémitique et chananéenne (ÈiTeôxpiireij , qui, refoulée par les nouveaux venus, se serait portée vers les rivages d'Egypte et de Ghanaan , en laissant son nom (Kart, Kreti) aux côtes qu'elle avait habitées, et le nom de idpSavos (]în^. r fleuve ») à divers fleuves de Crète et du continent^. Il est certain que l'île de Crète, tout système mis à part, offre des traces sémitiques assez prononcéei *. Souvent même on rapporte à ces hordes de Sémites errants rinvasion de l'Egypte par les Hyksos ^. Ce sont là, je l'avoue, des har-

Urgeschichte und Mythologie der Philistwer, p. 33 et suiv.

Beriheau, Zur Gesch. der Isr. p. 1 go et suiv. — Lengerke, Kenaan, p. 196 et sait. — Movers,Z)te P/iœnizjVr, I,p. 10,27, 33; II, 11, P- 17-21. — Ewald, Gesch. de» V. Isr. I, p. 3a 9 et suiv. a* édit.

* Odî/ss. 111,292 ;fiiad. VII, i35. — Hérod. I, 7. — Apollod. II,ti, 3. Leîap<îavns d'Élide (conf. Mûller, Fragm. hist. grœc. I, 92) me paraît surtout significatif. HAis auraît-il du rapport avec 7N? La terminaison is est i'indice de beaucoup de mots sémitiques passés au grec : Ap<TeA«s, KaSvrls, BaaXr/s, etc.

* Movers, l, 2 56.

' Hérodote (II, ia8) nous apprend, en effet, que les Egyptiens attribuaient la

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