‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 38 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

riens paraît fort analogue à celui des anciens Assyriens, tel qu'il résulte des monuments figurés ^.

2° A une époque également anté-historique , nous rencontrons sur le Tigre et le bas Euphrate une race qui paraît étrangère aux Sémites , les Couschites , représentés dans les souvenirs des Hébreux par le personnage de Nemrod [Gen. x, 8-19)^, et dont le nom se retrouve peut-être dans celui des D''riî3 ou Cuthéens, des Kiacrioi d'Hérodote, des Ko(7aaioi et du Khouzistan actuel ^. Tout porte à croire qu'identiques aux Céphènes , auxquels la tradition grecque attribuait la fondation du premier empire chaldéen*, ils procédèrent du sud au nord, et se portèrent de la Susiane et de la Babylonie vers l'Assyrie. Babyione, Ninive, plusieurs des grands centres de population groupés autour de Ninive et que les explorations récentes viennent de rendre à la lumière, durent à ces peuples leur première fondation. Le caractère grandiose des constructions babyloniennes et ninivites, le développement scientifique de la Chaldée, les rapports incontestables de la civilisation assyrienne avec celle de l'Egypte '', auraient leur cause dans cette première assise de peuples matérialistes, constructeurs, auxquels le monde entier doit, avec le système métrique, les plus

' Voy. NoU et Gliddon, Indigenotu race» ofthe Earth, p. 147.

' Probablement VAmeretat du zend, ie Merdad du persan. (Conf. Bœllicher, Ariea, p- 17 ; Rttdim. mytk. sentit, p. 19-ao.)

' Movers, Die Phcmizier, l. II, 1" part p. 269 , 276, 2^4 et suiv. t. II, a* part, p. io4, io5, 388, — Knobel, Die Vœlkertafel der Genesis, p. 25i, 889 et suiv. — D'Eckstein, dans V Athenœum français , aa a\Til, 27 mai, 19 août i35ù ; et QuesL relut, aux ant. des peuples sémit. p. 17 et suiv. p. 28 et suiv. p. 89 et suiv.

* Cf. C. Mûlier, Fragm. hist. grœc. I, p. 67. — M. Niebuhr, Gesch. Auwrs und Ba&e{s, p. 5 1 1-5 13 (Berlin, 1867).

* Conf. Kunik, Mélanges asiatitjues de VAcad. de Saint-Pétersb. 1. 1, p. 5o4 et wiT. 5ia et suiv. — Lepsius, Einleitung zur Chronologie der ^Egypter, I (Berlin, i838), p. 122 et suiv.

anciennes connaissances qui tiennent à l'astronomie, aux ma thématiques et à l'industriel

Ces conjectures sont, du reste, en accord avec les travaux de M. Oppert sur les inscriptions babyloniennes et avec les recherches de M. Fresnel sur les langues de l'Arabie méridionale. Tous deux sont persuadés que la langue des inscriptions babyloniennes est un dialecte sémitique analogue au dialecte du pays de Mahrah, situé au nord-est de l'Hadramaut. Or le dialecte du pays de Mahrah semble représenter un reste de l'ancienne langue de Gousch. M. Fresnel conclut de là que c'est en Arabie qu'il faut chercher le point de départ des Gouschites de Nemrod^. Si ces hypothèses sont confirmées par ur, plus mûr examen, il faudra créer un groupe de langues sémitiques-couschites , renfermant l'himyarite, le ghez, le mahri, la langue des inscriptions babyloniennes. Mais, dans l'état actuel de la science , il serait prématuré d'adopter à cet égard aucune formule définitive.

3° Les noms à*Arf-Kasd, Awr-Kasdm, donnés au pays d'où sortirent les Sémites hébreux ; le nom de Kasd, qui est mis de nouveau en rapport avec eux (Gen. xxii, 22), semblent indiquer qu'au moment où cette grande émigration se dirigea vers le sud, l'Assyrie proprement dite et la Gordyène étaient déjà occupées par les Kasdes ou Ghaldéens primitifs, que tout porte à rattacher à la race arienne. Nous reviendrons sur ces Kasdes, quand nous les retrouverons, non plus à l'état de montagnards à demi barbares, Ynais à l'état de dominateurs de l'Orient, sur toute la ligne du Tigre et de l'Euphrate.

4° Peu après l'émigration des Térachites, à l'époque d'A-

' Bœckh , Metrologtsche Untersuchungen ; Berlin, 1 8 3 8 . — Bertheau , Zur Ge*ch. der Israeliten, p. 99 et suiv.

^ Joum. asiat. juillet 1 853, p. 38 et suiv.

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