‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 43 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

écrivains hébreux, qui doivent être sur ce sujet les mieux renseignés, eussent réuni des peuples si divers sous le nom de Dn2?D, surtout quand on voit aussi chez les Grecs le mot XaX- Scuoi désigner tour à tour les hordes de montagnards à demi sauvages des monts Carduques et la classe savante de Bahylone. 8° Les Perses, en se substituant , vers le milieu du vi* siècle, aux Ghaldéens dans la domination de l'Orient, ne firent donc que continuer sur le Tigre et le bas Euphrate l'action que la race iranienne, sous des noms divers, était en possession d'y exercera Dans ma pensée, toute la grande civilisation qu'on désigne du nom un peu vague ^assyrienne, avec ses arts plastiques, son écriture cunéiforme, ses institutions militaires et sacerdotales, n'est pas l'œuvre des Sémites-. La puissante faculté de conquête et de centralisation, qui semble avoir été le privilège de l'Assyrie , est précisément ce qui manque le plus à la race sémitique. S'il est, au contraire, un don qui paraisse appartenir en propre à la race indo-européenne , c'est celui-là. La race tartare n'a couru le monde que pour détruire; la Chine et l'Egypte n'ont su que durer et s'entourer d'un mur; les races sémitiques n'ont connu que le prosélytisme religieux ; la race indo-européenne seule a été conquérante à la grande manière , à la manière de Cyrus, d'Alexandre, des Romains, de Charlemagne. L'Assyrie nous apparaît à cet égard comme un premier essai d'empire fondé par une aristocratie féodale, ayant à côté d'elle , comme en Médie et en Perse , une caste religieuse. Nous sommes donc autorisé à rattacher la classe dominante de l'Assyrie , au moins depuis le viii* siècle, à la race arienne.

' Cf. M. Niebuhr, Geteh. Atsurs und Babels, p. i53 et suiv.

* C'est ce qu'a très-bien vu M. Kunik, Mélanges atiat. I, p. 53o et smT. 629, 63o. (Voy. cependant Spiegel, Avetta, i" Excurs. — Dunker, Gesch. des Alterthums, I; i85a.)

Quant au fond de la population , à Ninive comme dans la Babylonie, il était sans doute sémitique. Nos idées sur la race que, faute d'un autre nom, nous appelons couschite, ne sont point encore assez arrêtées pour qu'on puisse dire dans quel rapport était cette race avec les Sémites , et si elle n'était elle-même , à Babylone , dans l'Yémen , en Ethiopie , qu'une fraction particulière de la race sémitique. Ce qu'il y a de certain, c'est que la plupart des localités d'Assyrie et de Babylonie portent des noms sémitiques dès la plus haute antiquité. Tels sont les noms des villes : T'y mam, mentionnée dans le plus ancien document relatif à l'Assyrie [Gen. x, 1 1), Gaugamèle, Mespila; et les noms de rivières Zab ou Lycus (^2iit=. Xuxos), Zabate ou Caprus [l ^s.aSlJ. = capreaY , Narraga, Narmalchan , Jlumen regium (]3'?D in:)^. Les noms du grand dieu babylonien Bel, de la déesse de la fortune Gad, ainsi que des dieux assyriens ib^mx, "I^DJ:?, "jiDJ, sont sémitiques ou renferment au moins des éléments sémitiques. Il en faut dire autant du composant pN (seigneur), qui entre dans plusieurs noms propres pxba [cui Belus dominus est), etc. et peut-être même du nom de Sémiramis. Enfin au deuxième Livre des Rois (c. xviïi; cf. Isaie, c. xxxvi), on voit un envoyé du roi Sanhérib, nommé Rabschaké, entretenir une conversation du bas des remparts de Jérusalem avec les habitants , et le grand prêtre Eliakim le prier de ne pas parler hébreu, mais araméen (d'^D'in), afin que le peuple ne puisse le comprendre. Son nom même (np c^-3i) et celui de son compagnon (onD-an) sont deux noms de dignités purement sémitiques.

9° Il semble assez naturel de supposer, d'après ce qui vient

* M. Pott a conjecturé sur ces noms avec peu de hovhear (Zeitsckrift der d. m. G. (i859),p. ûo3-4o/i).

* Pline, VI, XXX, 3 et 6 , et les notes de l'édition Lemaire.

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