‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 49 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IL

noms de nombre et des alphabets, il chercha à élablii l'identité originelle des trois familles indo-européenne, sémitique et copte. Toutefois il reconnaissait que le copte formait un rameau parfaitement distinct et presque aussi différent du rameau sémitique que celui-ci l'est du rameau indo-européen. M. Schwartze a soutenu la même thèse ^ Le copte, suivant ce philologue, est analogue aux langues sémitiques par sa grammaire et aux langues indo-germaniques par ses racines, mais, en général, plus rapproché des langues sémitiques par son caractère de simplicité, par le manque de structure logique et par le degré de culture auquel il est parvenu.

M. Théodore Benfey, dans une dissertation spéciale*, a repris le parallèle du copte et des langues sémitiques, et recueilli avec un soin minutieux tous les faits grammaticaux qui peuvent servir à cette comparaison. La conclusion de son livre, c'est que la famille sémitique doit se diviser en deux branches , séparées par l'isthme de Suez : la branche asiatique, renfermant toutes les langues qu'on est convenu d'appeler sémitiques , et la branche africaine , renfermant le copte et toutes les langues de l'Afrique septentrionale jusqu'à l'Atlantique. Ces deux branches, s'étant séparées à une époque où elles possédaient encore leur fécondité organique, se sont développées à part et en divergeant de plus en plus l'une de l'autre. Elles forment ainsi , dans la famille sémitique , une division analogue à celle que constituent, dans la famille indo-européenne, la branche celtique , la branche slave , la branche germanique , etc. lesquelles offrent tous les traits d'une évidente parenté, quoi-

> Doê aUe JEgypten (Leipùg, i8&3), i* part. p. 976, io33, 90o3 et soir. Koptisehe Grammatik {Ber\ia , i85o), p. 6-7.

* Ueber das VerhàUniu der /Egyptùchen Sprache zum SemitischenSpraehttamm; [iCipzig, 18&&.

qu'elles aient suivi des lois de développement fort différentes, par suite d'une scission originelle. M. Bunsen ^ a adopté ces conclusions. La langue de l'Egypte représente pour lui une couche anté-historique du sémitisme; il cherche à démontrer que les formes et les racines de l'ancien égyptien ne s'expliquent ni par l'arien ni par le sémitique isolés , mais par ces deux familles à la fois, et qu'elles constituent en quelque sorte la transition de l'une à l'autre. M. Ernest Meier^ et M. Paul Bœtticher^ ont soutenu la même thèse par des arguments empruntés à la comparaison des radicaux. Du même sentiment, enfin, semble se rapprocher M. de Rougé *, quand il insiste sur les analogies du copte avec l'hébreu et cherche à établir que , plus on remonte dans l'antiquité de la langue égyptienne , plus on y trouve des ressemblances, surtout qu^nt à la syntaxe, avec les langues sémitiques.

Ajoutons, toutefois, que ces divers travaux n'ont point passé sans contradictions. MM. Pott^, Ewald^, Wenrich"^, ont protesté contre l'abus de la méthode comparative appliquée à des langues aussi dissemblables. M. Ewald surtout ^, à propos du

' ^gyptem Steïle in der Weltgeêchichte , 1" livre, p. xi, xnt, 338 et suiv. (Hambourg, i845) ; V livre, n* part. p. 69 et suiv. (Gotha, i856) ; OulUnes oj the philosophy of universal history, applied to language and religion , 1. 1 , p. 1 83 et suiv. t. II, p. 58 et suiv. (Londres, i854), et dans le Report ofthe Brit. Ass.for the advanc. of science (18/17), p. aSi et suiv.

^ Hebràisches TVurzelwœrterbuch (Manheim, i845), Anhang ûber àas Verhàltniss des Mgypt. Sprachstamtnes zum Semitischen.

' J^w-ze//br»c/mngçn; Halle, 1 852.

* Mémoire sur l'inscription du tombeau d'Ahmès, p. igS. Paris, i85i. (Extrail des Mém. de l'Acad. des inscr. et belles-lettres , Savants étrangers, t. III.)

^ Hallische Jahrbûcher, publiés par Echtermeyer et Ruge (i838), p. 46i.

* Gœttingische gelehrte Anzeigen (i8i5), p. 196 4. 7 Wiener Jahrb. der Lit. t. CXVIII , p. 1 49.

* Zeitschrijt fur die Kunde dis Morgenlandes , t. V (18 44), p. 435 et suiv. Il est vrai que M. Ewald a plus tard admis un lien de famille entre les langues sémi-

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