‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 63 sur 281 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

BRANCHE TÉRACHITE (^HÉBRtu).

L'histoire générale des langues sémitiques se divise, pour nous, en trois périodes bien distinctes. La première, représentée par Yhébreu, s'étend à peu près jusqu'au vi* siècle avant notre ère, c'est-à-dire jusqu'au moment oii la langue hébraïque cède à l'influence prépondérante de l'araméen. La seconde, que nous appellerons araméenne, et qui est, en quelque sorte, le moyen âge des langues sémitiques, s'étend depuis le vi' siècle avant notre ère jusqu'au ?ii' siècle après J. C. c'est-à-dire jusqu'au moment où l'arabe prend une importance décisive en Orient. Enfin la troisième période , durant laquelle Yarabe absorbe et fait oublier toutes ses sœurs, s'étend depuis le siècle de l'hégire jusqu'à nos jours. Cette division correspond , comme on voit, à la division même des dialectes sémitiques en trois familles : famille du nord ou araméenne, famille du milieu ou

chananéenne, famille du sud Ou arabe. C'est qu'à vrai dire ces trois divisions sont moins celles de trois langues distinctes que de trois âges d'une même langue , de trois phases par lesquelles a passé le langage sémitique, sans jamais perdre le caractère primitif de son identité.

Il importe d'ajouter que cette division, pour rester véritable , ne doit être prise que dans un sens général, et avec trois restrictions importantes. i°Les idiomes remplacés par un autre, l'hébreu par l'araméen, le syriaque par l'arabe , ne disparaissent pas pour cela entièrement : ils restent langue savante et sacrée, et, à ce titre, continuent d'être cultivés longtemps après avoir cessé d'être vulgaires. C'est ainsi qu'une partie très-importante de la littérature syriaque ne s'est produite que depuis l'hégire ; c'est ainsi que des ouvrages essentiels du canon hébraïque n'ont été écrits qu'après la captivité, et que ces deux langues sont encore écrites de nos jours dans les religions respectives qui les ont adoptées. 2° Cette succession des trois langues sémitiques ne peut signifier que chacune d'elles ait été parlée en même temps dans toute l'étendue des pays occupés par la race sémitique ; elle signifie seulement que chacun de ces trois dialectes fut tour à tour dominant, et représenta , à son jour, le plus haut développement de l'esprit sémitique. Toute l'histoire intellectuelle des Sémites, en effet, se partage, comme l'histoire des langues sémitiques elles-mêmes , en trois phases : hébraïque, chaldéo-syriaque et arabe. 3° Cette division enfin ne doit point être entendue d'une manière absolue , mais seulement par rapport à l'état de nos connaissances. Ainsi il paraît certain qu'il y a eu à Babylone un mouvement de littérature sémitique parallèle ou antérieur à celui des Israélites et des Chananéens; mais ce mouvement, n'étant représenté par aucun texte qui soit parvenu jusqu'à nous dans sa langue ori-

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