‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 76 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

d'imitation servile qui régnent chez les Juifs depuis la captivité. Je croirai difficilement, pour ma part, qu'un poëme philosophique comme celui de Job , une idylle aussi passionnée que le Cantique des cantiques, une œuvre d'un scepticisme aussi hardi qae le Kohéleth, aient pu être composés à une époque de décadence intellectuelle, où l'on voit déjà percer les petitesses de l'esprit rabbinique. Avec leur ton dégagé et nullement sacerdotal , leur sagesse toute profane , leur oubli de Jéhovah , ces ouvrages sont, à mes yeux, des produits de l'époque de Salomon , moment si libre et si brillant dans l'histoire du génie hébreu. Peut-être n'en possédons-nous qu'une rédaction moderne , où le style primitif aura été altéré. Le livre de Job en particulier a subi plusieurs remaniements, et paraît avoii été augmenté et complété à l'époque de l'exil. Pour les ouvrages de cette nature, qui n'offraient pas une grande importance religieuse, il y avait souvent presque autant de textes que de copies. C'est ainsi que le Livre de Judith, celui des Macchabées et certains psaumes nous sont parvenus sous des formes très-diverses. — Quant au Cantique des cantiques , c'est, sous le rapport du style, un monument unique et tout à fait isolé : on doit croire qu'il se rapprochait de la langue populaire, qui, dès une époque fort ancienne, avait beaucoup d'analogie avec l'araméen*.

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