LIVRE II, CHAPITRE I
yîCf^, pour yiE^^iT! (nom propre). Addition et suppression de I'n : bx'D , pour '7iD ; on'iDn , pour an/iDNn ; ï]Vd , pour ^'^hd.
3° Acceptions nouvelles : -d^ devenu synonyme de D^p; n^2"5N , pour désigner le monde païen; ytirin , dans le sens de faire des libéralités religieuses.
k° Locutions et phrases nouvelles : d^D^ "'•ÏVk, pournlxa?; ns?N Ntr:, épouser une femme, pour nçfx T\\>h.
5° Admission de mots étrangers à la famille sémitique, surtout persans et grecs ^ : Di.nB = 'crapoiSeia-os , mot donné par tous les auteurs anciens comme persan^ ; ])rtp2 , lettre, de (jjc-û^-î^, écrire, qui se retrouve dans les inscriptions achéménides^; D''prnD [Esth. i, 3; vi, 9; Dan. i, 3) ^ pehlvi, pardom, sanskr.pratama, ispâiTOSy ou peut-être tspoTiixoiyisapd- Ti/xo<(?); iàD^ , friandises , également persan ; jDn-dnx = aa- Tpânrjs, ê^arpaTtriSj et autres noms de dignités persanes; n^lK , lettre; î:3 (î3, gaza) = pers. ^J; b^pis, mot moderne employé dans les Chroniques pour "«JC? ou riy'j^n, écarlate; nn, loi; Din^ , parole , sentence , très-usité en chaldéen et en syriaque, qui se retrouve aussi en arménien , et est probablement d'origine persane; selon d'autres*, ce serait le mot (pOéyna; î^Dpi et |^3"iTK ^ Sapeixés ou Spay}Lii ( J^i en arabe) ^.
Comparée à cet hébreu de seconde date, la langue classique
' Cf. P. de Bohlen, Symbolœad tnterpretationem S. codicis ex Ungua penica ; Leipiig, 1822. — P. Bœllicher, Supplementa lexici aramaici ; Berlin, 1848. — M. Haug, Erklàrung persischer Wœrter des A. T. dans les Jahrbùcher der bibl. Winentchaft d^EvM, V (i853), p. i5i etsuiv.
* Voy. une note de M. Buscbmann, dans le Cosmos de M. de Humboldt, t. II, p. 478-474 (trad. Galusky). — Haug, Euays on the sacred language... of tht Panées ( Bombay, 1 862 ), p. 3 note.
^ Oppert, dans le hum. astat, septembre-octobre i85i, p. .333.
* Michaeiis, ad Gastelli Lex. syr. p. 744.
* Bertbeau, Zur Gesch. der Itr. p. 28-29.
avait déjà une teinte d'archaïsme, et l'on conçoit qu'étrangers, comme les anciens en général , à toute idée de philologie , les Juifs, même instruits, devaient se trouver embarrassés devant certaines locutions tombées en désuétude, et souvent aussi devant certaines leçons fautives ou douteuses des livres antérieurs à la captivité. Longtemps avant qu'on eût cessé d'écrire en hébreu, les Juifs ne comprenaient déjà plus les passages difficiles de l'ancienne littérature. On en trouve de curieuses preuves dans le Livre des Chroniques ou Paralipomènes. Le compilateur de cet ouvrage, en effet, se contente souvent de transcrire les livres historiques plus anciens, en substituant aux expressions obscures ou embarrassantes de l'original d'autres expressions plus claires. Or, en comparant son ouvrage au texte primitif que nous possédons , nous trouvons que ses éclaircissements et ses conjectures sont loin d'êtres conformes aux règles d'une bonne exégèse. Gesenius a recueilli des exemples nombreux de ces méprises ^ Ainsi, en rapprochant le passage du premier livre des Paralipomènes (xx, 5) du deuxième livre de Samuel (xxi, 19), on voit le compilateur, embarrassé par une leçon douteuse et aussi par une apparente contradiction, corriger arbitrairement son texte et prendre la seconde partie du mot ""priVri D""?, BetJiléhémite, pour un nom d'homme, Lachmi, prétendu frère de Goliath 2. Quant aux passages oii l'on substitue des mots ou une orthographe plus modernes à la leçon ancienne , ils sont innombrables. En général , la langue de cette seconde période est plus facile et plus claire que celle de la première : et il n'est pas surprenant que , dans
Getch. der heb. Spr. S 1 2 , 3. Cf. de Vf elle, Einleitung, S 190 6, c. — Movers, Krit. Untersuchungen ùher die Chronik; Bonn, i834.
* Gesenius, Thés, au mot ^DH?. D'autres, cependant, donnent la préférence à la leçon des Paralipomènes. (Winer, Bibl. Realwœrt. I, 438.)