‹ Histoire, géographie, statistique du tabacChapitre 13 sur 24 · IS · texte numérisé non relu

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Le memo Peters rapport» quo se présentant pour visiter, en 1890, Wachore, Sultan ■l'une terre voi.-ne de 1' Ouganda, il le trouva fumant une pipe , et ayant près de lui selon l'habitude, un grand verte de vin de banane. Pendant la conversation, qui dura plus d'une hem e, b s pipes fer. ut constamment remplies, et on but plusieurs verres de ce vin (1. e. p. 342). (Il e>t év dent que ce tabac devait être produit par lo pays voisin. Ouganda). I' dît qu'on peut obtenir d;'iis l'Ouganda tous ? es pirduits de la zone tropic de, puisque la température extrême varie de 13 à 18» C. (1). Il signale la bonté, du café, du tabac , du manioc , du maïs . etc., à cause du voisinage de I' immense lac Victoria Nyanza (I. c. p. 399) (2). Dans l'Ouganda lui et sa caravane fumaient le tabac du pays avec les pipes des indigènes. Ce produit varie selon les contrées; il est lieaucoup plus aromatique et plus savoureux chez 'es Gallas. près du Tana et à Cawirondo. Du moins, ils le préféi aient an tabac européen, qu'on trouvait, à Ouknumhj (I. c. p. 4-61... Enfin , il donne la ligure d'un indigène de l'Ouganda, qui fume dans la pipe du pays (I. c. p. 444). Speke raconte qu'en le recevant, fa Reine Mère du Roi d'Ouganda se mit tout-tie suite â fumer la pipe, et le pria d'en faire autant <3). Mounteney-Jephsan (4) nppelle qu'Emis Pacha lui présenta un cigare que Juacker lui avait donné trois an* auparavant. Ce fut un grand plaisir pour lui , qui en était réduit depuis d* longs mois au tabac indigène de l'Ouganda (I. c. p. 20t.

Backer raconte qu* il se trouvait , en l»7o , dans ia région de I' Ounyoro (.près du grand Xil Victoria > , quand plusieurs grands Oheiks vinrent lui rendra visite. L' un d'eux ayant allumé sa grande pipe (ô) un vieil interprète, Mohamed , y versa de l'eau avec une gourde du pays, en lui faisant observer que c'était manquer à l'étiquette, que de fumer en présence du Pacha (ti>. II ajoute qu' il acln-ta d'excellent tabac, qu'il pailagea comme récompense entre les soldats qui l'accompagnaient (1. c p. ;531). Mounteney dit encore, à. propos du tabac qu'on y cultive : Il y en a de deux espèces: l'une à fleurs b'anches et rosée* {.V. Tahurui») , qui produit un tabac doux; l'autre à fleurs jaunes (.V. ruslicu), dont la feuille a le gm'it fort (7ï. On les cultive seulement près des cabane i et des villages , nuis non en quantité suffisante pour constituer un objet de commerce. Les Bans mettent dans leurs énormes pipes, pareilles à des tasses (8), une

(I) Dans le trade qu'il* tout avec les peuples du Soudan égyptien, les iodlgéues tie I' <»U|{.iuda cèdent ieurs produit», parmi lesquels u faut citer le c-.tfé et ie tabac, en éoliaiiK» des cotonnades ul du 1er 'Raclai. I. c. X. ISS.5. p. 137 1. Krilin. les Anglais cultivent aujourd'hui exclusivement le tabac dans leur colonie d« l'Afrique centrale, surtout » li.intyr et a Zinnba. où \ia ont élevé un vaste local pour la rente des cigares et du t;il<;ic eouie. qui sont â'excei lente qualité. On obtient uu prix très rémunérateur pour ce t. bac sur le marclié de l.oudres. p.ircc qu' il se prête ù merveille pour le* cape» des cigares (cl'r. lt.pl. ti. Cons. Rtp. London. \mU-Afr. ( fui. Zomba. p. '). Mais ia pro.iucii.ui actuelle est encre insiifiulfante . car la majeure partie du tabac produit est consommée sur place il. e. 18»). n. 1515 p.

t'1) •■«*• (\mt) put limier uans les eu virons du lac Victoria N>a«/.a ac l'exce.iein tabac, qo'ou y produisait (cfr. Charto» et Trasas. iMfM. II. p. lâu,.— Les Chouiis. comm.- les tribus riveraïues du NyauAa. ont ennetit île IVxcelient tabac et. des légume» importés récemment psr les Arabes et les Kuropéen» ' Reclus. I. c. X. 1*85. p. lâs.i. — Les lllaucs out tenté de cultiver le tanae des iiidiiféues. 'ivec de meilleurs procédés agricoles. On a obteuu ainsi un promit, qui s'osr bien prêté a la fabrication des cigares à Kanipol» et dans les Mission françaises iefr. fi.pl. u. ('uns. AVy<. London. ISOT. l'gnntftt. u. 1*11. p. "). ■ >< il:. Caartaa ci Tr»»a». I. c. Isii4. 11. p. 175.

f4i Maviitans? Japhsen. Enla patci.i « t» nbtUcmt <ilC Eqwtlw </( tr.id. Massant, isuoi-

(5) Raclas à c. X. 1m&. p. 143) reproduit la ligure de la pipe des nnuyoros .ie la régie» qui miiituc a l'Ouganda.

(6) Cfr. Chartaa et Tram. I. c. 1875. II. p. Vs:j.

'7) Cela est aussi conllrmé par Acharsaa (Ans einem Brief* îles li.r F. Sttelaïaan, IS'Jl).

if/ tater repronnt la ligure l'un fourneau de pipe des Uans iefr. Cterlan et Tram, I. e. 1*75, It. p.*.»H3).

petite quantité de tabac, et les remplissent après jn*iu' au Is.rd do braise, dont le gaz carbonique produit, une sorte d'ivresse. Il n'y a paH de tii'lbodo particulière pour préparer le tabac , »ju' on fait simplement sécher au soleil. Toutefois les Raris orientaux cueillent, les feuilles veitos et les pilent dans un mot ter; ils roule il ensuite la pulpe en boules, qu'ils sèchent au soleil ()). Ce tabac n'a pas de parfum, pat ce qu'il le perd complètement- en fermentant (I. c. p. Il II... Il temarqiie enfin que la plupart îles îndilîèiir-s aiment h rester assis en fuinanl dans nu silence absolu il. c. p. :lô7i.

Schweinfurth C". nonne les d etails suivant- sur l'usage du tabac dans l'intérieur de l'Afrique équatorialo. Kn parlant des peuples Cltiilouks, h d.iiant-i sur les bonis ■ lu Nil blanc {■]), il représente dans une table spéciale un groupe d'indigènes, au milieu desquels est une femme, qui fume dans une pipe d'ni e forme particulière <1. e. p. I2i.... Dans la région •le Djour, au sud-est du Darfour, on cultive, «lit-il. aussi le tabac et le maïs (1. c. pp. 71, 74)... Dans les ventrées de Bong" <4) le tabac est eum'oyé comme moyen de jouissance et d'excitation, et pour ce motif est cultivé de piéf -ien je a tout. Le Maschir (A. runticu) y a un goût très fort. Selon la méthode répandue dans tout le centre de I' Afrique ses petites ft utiles sont séchées et pressées eu tortue de toilettes. Quand on veut fumer • m ]' écrase entre deux pierres, et on !e met, dans des jupes à longs tuyaux et- aux toni ncux d'argiie éiégamuont façonnés. La pa-sjon de fumer, chez ces peuples, est poussée a un tel point, qu'i.s vont souvent, jusqu'à lï-touidissemenf., comme beaucoup de peup'os des régions polaires; et quand on (unie en eel de, la pipe pass - de hocehe <-n bouche. Les peuples oe Bungo mAchent avec fureur le tabac mêlé de cendres, d'après la coutume des Mahometans de Nubie; et quoique les païens ne suivent que par exception cette coutume, on croit que c'esi un us:tge du pays et non importé (I. c. p. 100)... Les peuples Dinkas se servent de pipes c ..loss .les en guise de narghilés, car elles soni faites de manière à retenir les huiles irritantes du tabac il. c. p. 4rt|... Chez le peuples Membouttous, au contraire, <>n ne conitait. même pas les pipes d'argile pour fumer la A. Tulmcum ; mais on roule ies feuiiles, et. on les fume dans des tuyaux faits avec les membi uies dos feuilles de bananier (I. c. p. #«0).... Le itoi de Mounsa fumait dans une pipe, dont le tuyau de fer était long de ti pieds (I. c. p. 257)... Les peuples Nyam Nyams appellent ia A. Tabac um, (ô) tiumleh, et ignorent complètement la A. rustica. Il fument dans des pipes d' argile (qu' il reproduit), très com tes , finies d' une façon particulière et sans tuyau spécial. Us n'ont pas l'habiiude de mâcher le tabac (t. c. p. 2*i>... Dans la région des Mombouttous on ne connaît et «' on ne cultive que la A. Tabacum, qu'ils appellent E Tobbou. Us ignorent absolument lu A. rustica, si fréquenie dan* les cultures des terres da Bongo, de Djour et de Dionka (I. c. p. 2d0i.

..li |.« territoire de l.iiMik» est très productif. Le tabac qu'on y eoinve est ion recherché par le-, tribus voisines. quoiqu'il soit presque toujours moiê avec la bous.- ..ie vacher dUclui. I. c. X. 18S.V p. |rt.V. Cî.i Sch»«in(iirtli. lm ileritn r-on Africa /So'N-7/, l.npziK. ISÎS.

iUj Le* naturels t'iuuouks (Sclit'ik) se réunissent le soir, et étendus sur «les peau» de ixeui ns (umeut it. tabac produit «iaus leur région dans d'énormes pipes au fourneau «i armle <R*clilt. i. «•. \ is^-,. p. 190).

(4) l..« lertiie terre rouge des Rmijtos produit abundamment le tabac, ce sésame. •«• bié el le* piaules alimenta. res (Reel m. i. e. X. ISSo. p. I7fl).

Ç>t b est liés prohiDirt que cette mite a fait «lire à R*cJlW que le tabac «le ia Vayaile cuilive par ies Mombouttoum et qu' us appeoeut tohtiou, est ili/Téi-eut au tabac luùigeue(t), proaut dans lu région des fleuves au versant «lu N.I (I. c. XIII. p. 252). -Mai» ce sowu&aui Ubac ue Virginie n'e*t autre que ia X. 7atHtrum. et le prùtelulll lahic indigene est .a A", rutlica . importée .Ml H ém eu Ainqile. oil elle s'est répuudue et uaiurausée à cause de «a grande (acuité à se propager et t» s'accumuler : jusqu'à faire « roire à ior( aux v... valeurs qn'ciie en était native. On revieodn» bieai.V sur ce sujet.

Schwelnfttrth (1) donne encore lea détails et las ligures suivants sur le? instruments, qui servent pour l'usage du tabac dans ces contrées:

(Table V). Par les fie. 9,10 sont représentées deux pipes d'argile employées dans la région de Bongo, où on les appelle Kouiabbah;

(Tab. X). La fig. I. repiésonte. la pipe employée dims la région de Mittou. La fig. 2 reproduit un' espèce de mortier, où l'on presse les feuilles du tabac :i fumer pendant ■m' el J*- sèchent, polir le-» réduire au plus petit volume. Le tabac aitui comprimé est «•m ployé par ces naturels en guise île monnaie, selon la coutume tf-*s peuple du Haut-Ni :

iTab. XV». Lil llg. 3 représente une piio à double fourneau et à un seul tuyau . adoptée par quelques nibus du Centre do l'Afrique et par les N.vain Nyams. Tne pip.semblable est employée (selon Manzot chez U * peuples l5oun>ums, m sud «lu Sonnant. Far les fig. 4 0 soul repn-sent '•<:•* d-s pipes très courtes (16 cent.) en argile d'un seul morceau , dite* Mmnh , pareilles à celles des tribus do pasteur* des bords de la Met Rouge (Biehaiins, Beni Amninis, etc.». L' Pinhouchure est. très large pour recueillir les huiles noires du tabac. Les «g. ">-7 représentent, d'autres pipe des Cafres et des Bongos. Le tube est appelé Tambetlah par les Ny.jtvNyams.

Avant de terminer ia revue 'les documents relatifs à l'introduction et à l'usage du tabac eu Afrique, nous devoi s aussi reproduire ici l'avis autorisé émis par Schweinfurth i2». Voici ce qu' il dit à ce sujet. De toutes le plantes cultivées par ces peuples sauvages c'est le tabac, qui a le plu* grand intérêt. Il porte le plus à réfléchir sur les eflHs réciproques du contact des différentes races de peuples. Partout est répandue la Culture des deux espèces qui, mémo chez nous, émergent par la grande variété des foi mes et des soi tes comme ies types distincts, c'est-à-dire la A'. Tabacum et la S. rustica. C'est presque sûrement la première espèce, qui fut connue de le Vieux Monde pendant quelques siècle après la découverte de l'Amérique. Aucune plante n'a su, comme ctlle-ci , vaincre tous les obstacles , qui s" opposaient à sou extension , et il faut s" ('tonner que même l'Afrique, ce colosse de pierre fermé à tome culture, ait laiss- pénétrer la .V. Tahacum jusqu' à sou centre ie plus recu'é. L u des signes les plus sigiiit; -atifs de l'origine exotique de la N. Tabacttm c'est que presque tous ces peuples, du Nigei au Nd, n'est aucune parole exacte pour la nommer dans leur propre langue. Dans les ten iroires parcourus par mm, |e> N'yam-Nyarus sont les seuls qui fissent exception, eu appelant le. tabac Uundeh. I.es Momboutlous qui, eux aussi, no cultivent que la A'. Tubuciim et qui no paraissent pas connaître la A T . ruttica plus que les Xyam-Nyams, l'appellent KtMwu, Chez tous les autres peuple* de P Aliiqi.e cei.tr. île les noms ont le radical 2'abba, Tab, T<m. La question de savoir si la N. rtiKtiea est d'origine américaine me semble encore ou vet te, plusieurs peuple* de l'Afrique centrale l'appelant par un nom propre. Chez les Bongous on l'appelle Masckir, en opposition au Tuba. Tandis qu'elle est plus petite que sou homonyme, qu' on cultive en Europe, elle s'en distingue par un goût beaucoup plus b it, et par ses qualiténarcotiques intenses. En Perse.au contraire, ou la plante sert à remplir les narghilés ('.'i, elle est, pour se motif, largement cultivée et. exportée. La N. riuticn se recommande par une grande douceur de gout et par un arôme ties lin t:lj. D '.ja Barth (I. c.) a exprimé le doute que le tabac est indigène à Log.uie, (Mousgou). En to.is cas les Africains, par leur talent inventif à construire «les appareils pour fumer les plus variés, des plus simples aux plus compliqués, ont dépassé tous les autres peuples dans cet art; et ainsi se présente la supposition qu' ils favoris.iiont C extension rapide de la plante exotique,

(1) SehwtJntertt, Arte* m'ricanae, c'> Schwtinlarth, lin Uenen von Afrika, 1S7S.

(3) Ou u« cultive pas i.t S.rmtica eu Perso, et je lutuc auquel l'auteur MU illiU»;ou e*l prouuil par ia .V. itetmoi. Men nffe.ciiie .le la .V. ruslica. On retournera plu» tard sur ce «jet.

parce qu' ils avaient déjà pria l'habitude «l'aspirer la fumV, on bb sorvant do la A*, rustica i tnligèi e (?>, ou d'une autre liante stimulante. On p*Mii r ;l est vrai, «•pi.oser a ces hypothèses, le fait important que <lans 1-s monuments >\>-< a niens Egyptiens, qui nous donnent une teproduction si txacte de leur ve domestique, on n'a encore trouv 1 aucune description, amune image permettant, d'expliquer ni «le ce-ir* à la possibilité d'un tel usage chez les peuples connus a ors(l). K fin il faut aussi noter que le-» Nègres païens, que !*Ial .-m n'a pas e ncore gagnés, fument le tabac, lundi- que le-* Mahom is ans p.oïhent souvent en mâcher la feuille (I. c. p. 92).

Mais il faut observer que Barth s'est trompé, ainsi qu'on l'a déjà dit (Voir n. 175). La diversité des noms employes par les Africains pour la A', rustica n'est pas davantage un argument sérieux pour nier son origine américaine, puisque, ayant donni à la A'. Ta bacum le nom de Taba (avec quelques variantes), ils ont été obligé ensuite d'employer d* autres noms pour en distinguer le taba^ obt-nu «le la A*, rustica.. C'est pout quoi la question de la patrie de la A', rustica n'est plus ouverte; et si elle n'est pas déjà résolue, il faut espérer qu' elle le sera par cet ouvrage.

(I) On a déjà iiit plus haut couinent un savant européen se laissa tromper t»n achetant une pipe, qu'où lui verniii onime trouvée tans let i.>im ■\<-s atituMiii.'- Nul.i- 'Vwir c.-.ie,*u>. p. I«ft\

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