LE TABAC EN ASIE
HÉNÉRALITte
Les ancif-iis. peuples asiatiques, xn >Jgi '■ les relations, qu'ils purent avoir iver ceux du 1' Amérique précolombienne (1) , ignoraient complètement le tabac et son usage , quoiqu'on en puisse dire.
Vinceit dit à propos des marchandises le plus en usage chez les anciens : On affirme que Straban prouve, en s'appnyant sur lr journal de Marqua, que toutes les denrées indigènes et toutes les marchandises, qui constituent encore aujourd'hui le commerce des Indes Orientales , étaient parfaiieineut connues des M .cédonieus. D'un chapitre de l'oeuvre <le Marque on déduit que dès cette époque, c'est a dire avant l'expédition d'Alexaadrele-Grand , les Macédoniens savaient que les puncipeles dentées produites et négociée* par les Indes étaient: le riz, le coton , le* mous9 lines de coton {indiennes) , la canne à sucre et la soie (2). Il n'est fair, aucune mention du ubac , taudis que s'il avait été indigène de l'Asie Occidentale et Mér.dionale, l«s Macédoniens en auraient connu i'usage, sans ancun doute.
Reiaaud, qui s'étiit longuement occupé des rapports politiques et commerciaux des Romain* avec les peuples de I' Asie Orientale penda. it les 5 premiers s ècles de I' Ere Chrétienne, n'en parle pas non plus, ainsi qu'il r^ulte de rapports lit hi de documents trasinis par les écrivains de ct tto ép que (3).
Dans une reLtion écrito par deux vi.yjgeurs malioméUns, qui parcou'urent au neuvième siècle l'Asie Orientale (4), il n'esi fuit aucune aliusion a l'usage do fum-r, ni, par conséquent, au Ubac, quoiqu'on y déci ivit longuement les us et coutumes, ainsi que le commerce des peuples de Ceylan (I. c p. 3), de la Chine (1. c. pp. 16 , 40) , des Indes (I. c. p. 37), du Zapage, ou Japon (1. c. p. 75>.
(1) Voir plus haut. p. 4«.
(2) VImmL Voyage de Maraa* des bouche* de i'htdu* lima. UII«c«ck. Hans. VIII. J. la Rép. p. 15V.
(3) Rtiaaad. Relation* polit, el comm. de l' Etnp. Rom. arec V Asie Orieni. . vemlant les ■'• prem tiède* de t'F.re Chréi. (cit. Jutirn. Astnt. O.tne Sur. 1. Paris. 1803. p. tfi.et suiv.i.
(*) (RtMUMlot; Ancienne* relation* de* Indes et de la Chine, irad. ae l'arabe, Parts. 1718.— l.e m«-nic traourirur ob erve ce qui suit; N'.>tre auteur est l«? p. ut auc-eu (lX.me sec.) et presque le seul Arabe, qui an parié <ie la b ussou ciitiiuise, devenue emuiU- si coitiiuuueou Earo.it. et qui eut I» thé. Il appelle Sah (p. 31. <A<i) ia plume, qui est nu arbuste au letuIJage pius touffu que le greuaiier. à l'o. deur yiut «itieablr, et au goùl té^érenieui umer. Les Cut mus fout bouillir do l'eau, la verseut sur iwt remliea, et guéns»eui tous leurs maux avec celle boisson (I. c. pp. 31. 222).
- ISS -
L*-*> voyageurs qui visitèrent l'Asie du treizième au quatorzième siècle Mu tout pus davantage mentions -iu tbic.
En tfl'ei, le vénitien Marco Polo, qui ont repri un très long voyage , en 12«9, n' en parle pas , qie îque tins ht s pérégrinations en Ann '-ne , en Géorgie , en Perse et en Chine, il u.t été partout observant Its us et cutum-s. et notant les principales plante» qu'il lencuiitrait.
Il Bienheureux Odorico de Porto Naone, Moine Franciscain qui, on allant en mission en Chine, avait traversé l'Arménie, la Tarnirie et la Perse, n'en dit rien. Et pourtant, après avoir touché au Malabar et parcouru / Archipel ludion (.lava et. Sumutraï et le Thibet, il finit par séjourner en Thine, en ayant noté les animaux et les plante*» observés par lui pendant son voyage, et remarqué les us et coutumes des peuples asiatiques.
L' anglais John Mandevilla , qui en voyageant de 1322 à 1356 , avait plusieurs fois» visité i'Egypte, l'Arménie, la Syrie, la Tartane, l'Arabie, la Perse, les Indes, la Chimet ï'ile de Sumatra, n'en fait aucune mention.
Les Portugais qui c. partir de 1498, c'est-à-dire après l'arrivée de Vatco de Gama, commeiicèiei.t à trafique! avec its Indes et les régions de 1' Extrême Orient ne l'observèrent pas non plus dans ces pays.
Luigi Barthema (ï'urtomunusi , bolognais , fondeur de canons, partit en 1601 pour l'Orient, afin de spéculer dans son industrie. 11 visita l'Egypte, la Syrie, la Perse, l'Arabie, 1" Inde et les îles <le Ceylan, de Sumatra et de Java, d' où il revint eu 1507 , en touchant au Mo/,..mbic , a Madagascar et aux Açores. D us la relation do son voyage écrite en 160K (.1), Birthema, qui fut un observateur minutieux, nota partout les plantes les plus en us.ge, et se tait sur le tak»e, tandis qu'il parle de habitudes ordinaires des peuples ue l'Asie qu'il a vis. té.
De Herrera i,*2), en narrant les pérégrinations de Plr.to et les choses qu'il a observé en Extiéme Orie..t jasqu' en looii , d.-cnt les coutumes et les usages de ces peuples , mais ne parle pas Ue l'ab.iud- de fumer.
Il y a plue. Barros, en racontant les voyages des Portugais, qui doublètent le Cap »le B> nnC' Espérance pour se n-ntire aux ludcs, décrit avec détail les coutumos des peuples de I' ExiiémeOikui. mais se tait assomment sur le tabac et son usage chez ces pupulat ons (3).
Rauwolt i.4), médecin et botaniste renommé, qui avait percouru l'Orient en 1573-75, en entiant dans les plus grands délai. s . reinaïque combien 1' usag.^ du café avait pénétré dans les légions ovcidema.es de 1' Asie, où ex stait déjà 1' habitude du thé, Hi.e dit rien de l'usage do fumer. Ce qui piv.uve, jusqu'à l'évidence, qu'il ne l'uVa.L jamais oboervé.
Bergeron non plus , qui avait public de nouveau ies relations des différents voyageurs en Asie, en exposant les us et coutumes de ces populations, ue fait pas la plus, petite mention du tabac, et pourtant au temps où il écrivait son usage commençait & pénétrer dans les régions maritimes (5).
Le fait même que dans ce vaste continent l'importante solanacôe fut ensuite connue généralement sous le nom espagnol de Tabaco, nom plus ou moins ebaugé, ou altéré , par les diverses peuples as.atiques, ce fait, dis-je, exclut entièrement l'idée qu'elle ait
(1) BartfcMia, Voyaget <«rr. Tcnperal. l)e l'Afrique, Paria. 1830, IV).-La premiere éJit.oo fol publié*
« Lyun «ni I5ô«.
Cî) De Htrrara, Hùtoria Oriental de las peregrtnacioncs de F»rn»n M»a*u Nate. 1«27. (3) Barrtt. LAtia, 1652.-(4) Rauwell. Betchretbung der Reiên. 1382. <;ô) B«rg«r«n. Relation de* royagti en lartarte. 1884.
I>u y naPre « 1 >. Et h ce propos Hwnsteia faisait justement observer ce qui suit: Trois graves raisons militent contre l'opinion de certains écrivains, qui soutiennent que le tabac était connu de9 Chinois et des Tarrares, ou au inoins la variété appelée fruticosa, avant la découverte de l'Amérique :
a) Aucun voya.eur n'a trouvé, avant la découverte de l'Amérique, le tabac en Chine, ni p u- conséquent son us ige ;
6) En Extrême-Orient cette plante est. seulement connue sous le nom occidental d* tab,ir;
c) Pans le Coran il ify a pas un mot faisant allusion au tabac, et il en aurait été certainement question , si cette plante avait été connue du temps de Mahomet (2).
Le doute émis par Ulloa, qu'il n'est pas certain que l'usage du tabic ait été introduit d'Amérique en Europe , mais qu' il est aussi possible qu' il ait été importé de l'Oiient, où il était lies ancien t??) , par les navigateurs vénitiens et portugais, vers la fin du seizième siècle (3). est résolu par la sage argumentation de Murray. Celui-ci , après avoir exposé que quelques auteurs pensaient que I' usage de fumer était connu on Europe même avant la découverte de I* Amérique , y importé de la Chine et de la Mongoie, poursuit ainsi: 11 est incertain qu'il y ait aucun i dice de la présence du tabac en Asie, tandis qu'au contrarie, il esr certain et évident qu'il a été, ainsi que son usage, introduit .l'Amérique en Europe. Et c'est un fait notoire que le Moine Raman Pan* (\ T on plus haut, p. 16) put l'observer à l'Ile de S. Domingue, et même en remarquer le double usage, religieux e t méd camenteux (4).
Dans les siècles p ssés c' était une commune croyance que le tabac était originaire de l' Amérique, qu' il avnt }tè impo té d i Nouveau-Monde, et iép ndu rapidement dans toutes les terres du Vieux-Monde. Cela fut aussi répété par les poètes. En effet, 2»cchi, y dédia quelques rime» (5).
Targ.oni-Taizatti Ait. dit justement ce qui suit de cette plante: Native seulement d' Amérique, aiirôs la découverte de cette nouvelle partie du glube elle fut accueillie avec un grand enthousiasme pur les Européens, et passa bientôt aussi en Asie et en
(1) Scluaw. Dit Krde. \<>i.
<2) lUnifttJi. lier labak. I«2X p. 6 — (3) 0* UIIm. Soticitu Americana*. 1772. (4) Mirraj (Apparatus Medicamtnum. l'Vi. t. p. '>rJ> s'exprime par les paroie* sutTanUt»: In ta non <M'fS upimone reisantur. qu,d art fu-num T ibaci hnuriendi Amènent origine* suam ttebtat. Att inde Smentem et Mongolensem genlemjam lungo tempore ante Américain détectant mratmsse. mutin argumenta tundent. Unite et prubabite e»t, Europœos tandem per cummercta cum orienta Ubus genUbut primum dnc«hsie. Fatendum Uunen vestigia ejasiem (T.b .o) rx Ann obscura esse; rum e contrario certiora. ntagisqut consptcwi tint ta, per quae Tj.b,.cum ex America Europosis tr<tntrentt «t tn fnmittarem usum trac tu m est. Ibidem a. I4'.H! in insula Jiomingo ab Ereitittit Uitpano Raaan Pau», primum sttrps détecta est. qui ipse reiigiosu mut e< rulnenbut sannndts destmatam memoral.
i.l) Zwehl. La Tabaccheiite. scherio esltro supra il tabacco. Ascolt. I«3»;. « Le gentt rhe reniait dal nuovo Hondo .
Giunsero a Spagna. e scamaro tutti bei grun labaccu il destato pondu Ijute dal grn h liesio furo condulti Pi quel tesuru pretiosu tanto Grandi, ptebei, givrant, donne e pulti » (p. «55;. Parlant eusuite >ie la uiffusiou. qu'eu dreut purioui les Espiujuol», n tin: « Hesero tn br re di quest' Erba adorno, E rteco il Hondo (Kite in ogni parte tin dore nasce. t dovt more il giorno » (p. 68).
Afrique, où l'on commcuça partout à en mâcher et à en fumer les feuilles, ou it aspirer leur poudre par le nez (1).
Boazio a, depuis, absolument rejeté tout opinion affirmant l'origine chinoiae du tabac. Ce «avant , qui professait au dix-s- ptième siècle la médecine dan* I' ile de Java , tandis qu'il pat !e de l'origine chinois*', ou indienne, du th;'\ ne discute pas quand il s'agit du tabac, mais affirme au contraire que cette plante appartenait aux Indes Occidentales (2).
Stella remarque aussi que le tabac est originaire de l'Occident, d'où il s'eut propagé «'il Europe . et «le là r-n Asie et en Afrique. Voici ses paroles textuelles: La vertu de cotte herbe se trouve non seulement <l.<ns la feuille s'-cIh-l ù l'ombre sans aucune preparation, et datrs cell.- qui a été préparée, comme colle qui vient du Brésil et du Mexique, et colle qu' on obtient eu Europe et duns les autres parties du monde , car elle 9' est également propagée en Asie et en Afrique (8).
Quoiqu'on ait répété que le tabac se fumait en Asie, mémo avant la découverte de l'Amérique, Watt aflirmo absolument qu' aucun document n'existe à l'appui de cette opinion. Bien au contraire, l'absence de notice sur cette plante dans les livres anc-ens; l'Mbsence d'un nom sanciit «'appliquant à elle t-t), et le fait qu' on a généralement adopté en Orient le nom étranger de tabac (5), attestent son importation et prouvent que >on usage était inconnu avant que les Européens ne l'aient introduit Ce «ont eux aussi . qui l'ont fait connaître aux lVisans . aux Arabes et aux Chinois, Le nouvel usage de fumer se répandit même tant, dans l- s Indes, que le tabac y fut prohibé en 1617 (6).
Il ne convient pas d'av- ir recours à l'argument de quelques noms spécifiques attiibu>''s par les bot.inisf.es à «les espèces, on à des variétés de tabac, tappe.ant l'origine a-iatiquo de quelques espèces du genre Jfieotiana. Il est notoire que les spéciographes pa-s''s n'étaient pas très subtils; i s créaient une nouvelle espèce, dès qu' ils • bservaient quelque snjet différent de ce, qu'on avait connu ou décrit précédemment, ht, en vérité, Lohmann , iinmographe du genre Nicrtittna (7! , ayant vu cultivée dans un jardin une plante de tabac obtenu avec des graines apportées de Chine par le bot niste russe Fi- •eher, crut de bonne foi que c'était une espèce différente de celles connues jusqu' alors
(t) Tarjio«il-Toxi«lti Ant. Cetiui siorici delta Inlroduiione dt varie pianie nelV Agricoltura loscana. 1853, |>. 119.
(2) Quod ti ita tit , non male quadrat , quae de labaeo et Canna saechartfera jierhibentur; quorum tlla (herbu dicto labacum) oltm m nata/i solo ln<ltae Occidental»* tolumm-tdo herba cal neraria fuit habita ; Imec (Canna sacchnrifera) vera instar trtdis circa ripât r ipa fuit et conlent M. etc <,B«niil. Uisturiae miluralts et medicae litdiae Orientait*, cmui. a Plsoi». Ifi-Vi, i. Vt. Hist, plant, p. 8I..U. Tobacco, 1009. p. Ars.
(4) D'aprofl rt M i t M {Index. y. 60) il est «tact qu'aux lades ou désigne aU«i ic L.Ij.ic par les mots sausi-nis Dhumrapatru et Tamrakooia (etc. Fir«io«v<l . Tabac, p. Uj; m ils U nom vie IUai,nrapatra, qui manque dans le didiounaire ae Wllton, signifie feuille à fumer, et jurait être piunk un nom moderne composé pour désigner le tabac, ei août il n'y a aucune trace dan» ie» livres auciea*. Le nom de Tamrakooia ressemble aux noms bengalais et mdoustaus de lumak et lambaka, dérivants de Tabac. L'autre uom mdoustan Bujjirbhang ludique simplement une similitude avec le chanvre (Mai»;), qu'on lume comme le tabac dans l'Asie Méridionale (Ot Ctitdoll*. Gvog. bot. II. p. 850:— Origine des plantes cultivées. 1883. p. ï 15;.
(5) La S. Tabacum est désignée aux Indes sous le» noms de Tambaku, Surthi. Desi ; ia N. ru. ttsca (var. texana) sous le mans de Tambaku. Surthi. Calcutta Tobacco (Duttil* and fnitw. Feld and Garden Crops. Ind. or. IKS2. p. 0«).— La S. 1»bacum est due aussi Tamaku; la S. rutlica osl aussi coouue sous les uoms ae Chilatu-, Kakkar . Kandahiiri . Katk itti-lamaku (Stewart, Punjab pUtnlt Ind. or„ IHâ9, p. 157).— l-a S. rutlica est peu cultivée aux ludes. excepté au Bengale (F«r|iH*oa. Al\ about tobacco, p. 732).
(tJ) Walt Diet, of the economic product* of India. 1891. V. p. 391. (7) UlMiMn. Generis Stcolinnarum hutorta. Humb. 1HJ8.
et ne se tit aucun scrupule de lu désigner sous le nota de N. chmetuia. Eh! bien: taudis que ce nom ferait croire ù l'existence d'une espèce de ubac native de la Chine, il s'agit tout simplement d'une forme cultivée de la vulgaire N. Tubœum, var. fruticoaa. (I) La N. nepolensU aussi, qui d'après la dén>iminaiion spécifique, donnée par Link et. Otto, semblerait être un' espèce autonome, nitive du Xepaul, n'est qu'une forme réduite, minuscule et même hybride de la .Y. Tabucut» var. fntticosa , cultivée dans les froides régions du Népaui.
De Candolie (2) exclut encore justement des espèce asiatiques la S. persica , ainsi nommée par Llidley, et reproduite par lui dans le Botan. Regiater (tab. 1592). Les graines «le cette dernière plante avaient été expédiée» d' Ispahan à la Société d'Horticulture de Londres , comme étant celles du meilleur tabac cultivé Perse. Lindley, en décrivant cette nouvelle espèce ne s' aperçut qu'elle correspondait à la N. alata , décrite et reproduite trois ans auparavant par Liak et Otto, d'après la plante élévôe au Jardin botanique de Berlin, et obtenue avec des graines venant du Brésil, expédiées par Sellow. La prétendue nouvelle espèce, X. persica, a dù être également obtenue en Perse avec les graines venuee aussi du Brésil. Il est certain qu' Olivier, Bruguière et d' autres naturalistes, qui avaient déjà examiné minutieusement les plantes persanes, n'en avaient t'ait aucune mention.
Les prétendues espèces .V. asiatica. JV. tatanca, X. turcica et -Y. sibùïca n'ont pas plus de valeur. Ces espèces ont toutes été clnssécs d'après des graines venues de différentes régions de l'Asie, et récoltées sur des formes de la N. rustica cultivée en Asie, ainsi que cela sera amplement démontré par la suite. Aucun de ceux , qui ont décrit ces prétendues espèces, ne peut affirmer que les graines aient été cueillies sur la plante sauvage. De sorte qu' il faut nier absolument qu' aucune espèce de Xicotiana, du moins de celles retenues orientales, soit originaire de l'Asie ou de l'Océanie, à l'exception de la X. mtveloena (8).
Les Asiatiques, qui connurent le tabac par l'entremise des Européens, désignèrent la nouvelle plante étrangère par le nom même de tabac, par lequel les étrangers qui l'avaient importée l'appelaient, en le modifiant diversement, selon leurs différentes inflexions de lungage, et en le remplaçant, exceptionnellement, par un mot s' y rapportant. Otto Kuntze (Umdie Erde, 1881) croit, au contraire, que la patrie des tabacs doit si- chercher en Asie, parce que les peuples orientaux emploient différents noms pour le Ubac.
il) A pro (Km de celte préteuuue nouvelle astuce, Os Candolle observe, eu combattant la légitimité* i]ttt' la qualification Je su/fruticota que LebMiM lui attribue est un' exagération pour la .V. laoacumgui «si toujours auuuelle (De CamMI*. Origine det plantes cultivées. 1883. p. 115). — Malgré tout le respect qu'on doit à l'illustre botauiste De Canaolle, il faut avouer qu'il u' eat pas dans le vrai, car il est certain que si dans l'Europe continentale toutes les formes génuines ou hybride* de la .V. Tahacum sont ordinairement annuelles nous liuflueocc des rigueurs de l'hiver, dans l'Europe méditer râuéeone. au contraire, elles sont vivaces. et plus que toutes lus autres la var. frulieosa, a laquelle se rapporte la N. chinentit. Lthmtwi avait nom- raison de l'appeler suffruticosa.
ri) De Caiisllt. I. c. p. 1 15.
<3) Ou observe justement daii- la merveilleuse publication scieuiinque faite à la suite du voyage iu vaisseau de la Marine Royale britannique. Challenger, que la A", labacum, native d'Amérique, s'est aujourd'hui, grace à ta culture . naturalisée dans toute ia zone tropicale. Les espaces du genre Stcotxnw «ont toutes originaires de ('Amérique, excepté quelques nues, qui paraissent être mdigèues de l'Australie et des Iles du Pacirlque (Report of the scientific results of the voyage of the H. M. $■ Challenger. 187376. Botany, t. ISS."», fasc. III. p. 171).— Il s'agit évidemment de ia S. suaveolent et de .««* variétés, dont les dernières ont écé même considérées comme espèces par quelques personnes. Ehl bien, la .V. *wtr*otens et s.-* variétés est | a seul** o-pèw tu genre Motinna, qui soit indieémde l'Auslialasie.
Et ces noms seraient selon lui : Solo iJavan.ï; In iGiiiu.); Yen (Coch.ï; Tmm (Catnbod.); Tuok (Annarii). Il apure qae le nom de Brazil était déjà connu un Orient pour tabac longtemps avant la découverte de l'Amérique; d'ailleurs il existe en Asie des espèces de Nicotiana, qui manquent en Am'rique. Enfin, en Asie, lu mot Tabak m trouve seu lement chez W Japonais et les Malais, et ce nom fut impoité.
Que l'Asie n'ait certainement pas été le berceau des tabacs, c'est un fdt démontai non-seulement par ce qu'on a déjà exposé, mais aussi par les faits qui serout ensuite recueillis dans cet ouvrage. Quant au nom de Brand il est certain qu' il était connu en Asie, ainsi qu'en Europe, avant la découverte de 1' Amérique; mais d'ai'ièa les documents indiqués à propos du tabac au Brésil (Voir plus haut, p. 80) ce nom servait à désigner un bois de couleur rouge, qu' on tire de l'Asie, et n<m i>our désigner le tabac. On verra par la suite que lorsque le tabac fut importé du Brésil en Asie, lui aussi fui appelé par son nom d'origine, Brésil, précisément parce que les Européens désignaient par ce nom cette vast*! région de l'Amérique du Sud.
D'ailleurs il faut observer que si le tabac avait ëtii vraiment natif de l'Oneur, on n'aurait certainement pas manqué de s'en servir. Son odeur spéciale aurait suffi à appeler 1' attention des indigènes , qui en auraient expluité les propriétés et tiré dee bénéfices. En tout cas, son usage n'aurait pu manquer d'être introduit dans les coutumes et les habitudes des pouples orientaux, du continent et des îles, puisque Y usage très ancien de l'opium et du haehich était commun dans l'Asie Occidentale, ainsi que celui du betel dans l'Asio Méridional et l'Indoustan, et celui do la Katca en Polynésie, comme on démontrera plus tard. Quant au tabac, au contraire, on no trouve rien dans les habitudes et les traditions de ces peuples avant le dix-septième siècle, qui puisse faire supposer que les Orientaux possédaient cette plante, qui devait exciter tant d'enthousiasme chez eux, dès qu* il purent l'avoir (à l'exemple des Africains) , pur i' entremise des Européens, qui trafiquèrent et emigrèrent dans lent pays.
On calcule que la production actuelle du ubac monte à. environ 43Ô millions de kg. •n Asie, et à 2 millions de kg. eu Australie, dépassant ainsi la procluctiuti de I' Amérique, estimée à environ 300 millions de kg.; de l'Europe , estimée à environ 108 mil lions de kg.; et de l'Afrique, estimée a environ 5u millions do k£. il).
Inde Cisgaxoètiquk
u) Généralités. -Les Hindou* n'eurent aucune connaissance de l'usage du Ubac, ni de sa plante, avant la fin du seizième siècle. Et eu effet, tous les auteurs gardent le silence sur ce sujet: le Père Paolino (2), qui a pat lé des marchandises exportées des Indes, selon Pline et Solin (I. c. I. p. 250), et de toutes les plantes connues et en usage chez les anciens Hindous, soit pour la médecine, soit pour l'économie domestique il. c. II. p. 436, et suiv.); Tramezitno (3), et Thevet (4), eu parlant des us et coutumes d«s Hindous; Sarcla (5), qui a traité longuement ce qui se rapporte aux plaites médicinales et domestiques de l'Extrême Orient, et à l'us.ige que ces peuples faisaient de l'opium (6).
(1) Kiaaiino. lier labah, IttSfJ. p. lô.
i-J) Paulin U 8. BariMUiaf. Voyage atuc Inde* onenUiles rirai, .i. l it. itWS.
<o) Tramaulao. Ùtvertt avem particoUtri da<ie Indte di iïirtugalto, <iui tôot al liôb, \ eut un, IÏA).
(4) Tbwat La Cosmographie. I57Ô, I. f. 378. et suiv.
(ô) Garcia ab Horla. Aromalum, 1574; p. ItKi.
(6) Aux Iode*, les aectaires de la religion de Brahma, ou pauv.mi n' cuivrer avec le« liqueur» Hpiruueusc-s interdites par leur rite, out recours à l'opium (Duboli. Moeurs des peuples de l'Inde. 1825. p. »).—]. 'atuphioti. or/ion. opium sert aux peuples nstAtiiju— « in.iir •*•> pr.njurpr le smnineit . <>u poii--so donner ilu courage Mtnétil*. Voyage», tr.i.i. Wlcquefort. 17^7. p. — >.jus l'empire i« i" opium.
Digitize
AcosU, parlant des drogues, des matières médicinales et d'autres produits das Indes Orientale.*, ne fait aucune mention du tabac (H. Lintscttan non plus n'en dit rien (1584) (2), tandis q.i'il raconte quo les femmes hindoues, pour s'exciter aux plaisirs de l'amour, non seulement mâchaient presque continuellement les noix d'Areca roulées dans la louilio de/?e<eJ(3>,
ies veuves se jettent li.'irdimetit dans le bûcher |Man«4tl», t. r. p. l'tf); excités par l'opium les soldats s'élancent au cgnili.it comme des bêtes furieuses (8»r»Ur, Voyage au grand Mog'il , 1711, I. p. 54) avec un parlait mépris iiu danger iGroii. Voi/ngn nui- lwlet Orientale*, trail. NtratadM. 1758. p, 191). — Comme c'est une marchandise chère, les «fin iiu peuple la remplacent par uue aécoctioû de tètes «les pavots nwmes f.Twl, L'Imita Oriental*, 1076. I. p. 7o).— A cause de .'usage géoéral, qu'où en faisait dans .'Iode, et de ia graude demande qui veusit de dune, la Compagnie des Inde* »'eo réserva le Monopole, et .-n tira uo bénéfice oosi lérable (lait. Voyage en Abyuinie , 1812, 1. p. 13). — U' après Scbenar (La ritit cconomica oVi popoli, trad. Boaeall, T.>rioo p 1896) l'exportation îodieune de l'opium dans les dernières années eut >e mouvement suivant:
ISM-i.na — Kg. fl.44U.88l ; Kr. 286.034,410 IH'AjVII =3 Kg. 6.310.825; Kr. 2(i2.7(K).000
La tyraouie de l'opium dumiue eu Oneui ennuie celle du tabac eu Occident (Dapisiris, Le labiic, 18'is. p. 44,s,,-Piv< de 400 millions d'uommes prennent l'opium et se* cota posés; *fc) millions, le hachv-h <«h.invre.i: iOO mi.nons. le //WW; 41» million», la Coca; et tout le reste le tabac (Daplerrit, I. c. p. 503>.
<1) »co»ta. belfHntorta... délie ilrogke melicinali che vengona porlate dalh- hulie Orirnlali in Kttropa. Veiiem. J ViJ. — Et peinant qu' 11 gar le le siience sur te tabac il du à la p. 259 que Vaiutna*. pomme éirangère, dont l'origine rit. dit-ou. venue du Hrésil. d'où les premières furent apportées aux ludts orientales, où as prospérèrent aussi bleu qu'aux Indes Occidentales, et qui sont aujourd'hui en grande quantité dans ces contrées. — Si. don.-, selon Acoita ia culture de l'ananas était généralisée aux Indes avant 1585. il faut aussi considérer comme exacte la remarque de Taraar (Ambateeria al Tibet edal Butan. trad. Farrarla, Mrauo. 1817, p. 37) que tes premiers auauas cultivés dans l'Indoustau y lurent importés sou> le ivttne de l'empereur akoar, par les Missionnaires portugais, qui employèrent tous les moyens possibles peur plaire a ce Souverain, et y introduisirent aussi la culture de ce fruit.— Aktar (Aeabar. sans pareil) lui ua prince heureux, car il emporta ae nombreuses victoires, lit de e»mjuèes importantes et régna 60 am. (I mourut en Itidj (Toii, L' India Orientale. 1670. 1. p. 70).— «in dira plus tard que ce tuieiii vraiment ies M.ssiouu.ures de (îoa. qui introduisirent daus le Orand Mogol, à la llu ou se.nème siécie, l'usage du tabac. Il e->t prouvé dés à présent que, au moins jusqu'en 1585, tandis que la culture et la consommation de l'ananas éialeut devenues très communes aux Indes orientales, où il avait été importé l'Amérique, le tabac uu devait certainement pas y être cultivé à celte époque, ui avoir pénétré dans les Habitudes des indigènes même en admettant que les l'ortugais l'aient apporté avec tux pour leur propre consommation, ("est un tait uotoire aussi que l'ananas s' acclimata si luea aux Iodes, qu'il lut observé a r état sauv; 1(5 e par Taniar (i. c.) dans la région du Uoutau . a j' Himalaya. L'auauas a ou se répandre beaucoup plus rapidemeut que le tabac dans les Inde», puisque IMn, qui siguale (1022) la présence de l'auana» a Malacca, et a d'autres endroits des lud-s. se tait complètement sur le tabac (bicer* voyage* de la Chine. 1082, p. 39).— Il est donc établi que le» Portugais ont aussi importé l anauas ou Uresn aux luoes, aiusi qu'eu font loi UnUcotan (Xartg. in Orientent. 111 Dt Brj, lnd. Or. 15'JO. II. p. '.M), et Muideilo (i. c. p. 580).
02; Liattcalaa. Xuvig. m Orientent <iu 0* Brf, lnd. Or. 1598, II. p. K>).
l'Ay l.tr betet (betltla), ou ia leuille aromatique indienne, très enaude et très savoureuse, est cousacrée à Kamadeea, qui correspond au Cupidon des (irecs, à cause de sou effet apbrodisiaqua (Paulin de >. lariMtaaqr, Voyage nu e Inde* Orientale* (trad, le iitai. l*J8, II. p. 444;. -Chez les Hiuaou» l'usage du hétei est aussi commun <|ue celui du pain eu Karope. Les Malabarais l'appellent betteltr, lus habitants de Guzurate. pain; ceux de Malacca, vin et le médecin arabe Avicama. tambul. Ses feuilles (.Piper Betel) ressemblent a celles .le l' oranger; mais sont plus petites, et prennent a. leur maturité une couleur rouge loucèe. Les Hindous plantent le bétel au pied de l'.lrecd (Arera Catechu), et sa tige, élaut grimpante, s'attache a ceile de I' .treed ; mais ses fruits ue mûr sseul que daus les chaudes régions de Malacca. Les Hi u loua inadieui nattiiucikiiieiit celle feuille; mais comme elie est ainere, ils y joignent une noix a'Areca m. te a'Avicanna fnufeli. lis y ajoutent aussi . avant de ia mâcher, du ia chaux obieuue par la tonérdctiou des coquines. Les grau is Seigneurs loui apporter avec eux de* boites de laque, ou u"»rgef.t, pour preudre tu betel partout où ils vont, lis s'en abstiennent seulement lorsqu'ils sont attristés, ou peujaui ( époque au jèuue iMtnisil». Voyage*, trad. WicaaelorL 1727, p. 108).— Plu» ia boite est riche, plus ce.ui qui ia présente est honoré. Quauo uu priuce hiudou» se marie, l'aaage exige qu'il envoie trois de ce» boites à sa Uaucée. TtmalK racoute qu'a la résidence d'un
Ouhxs — iluiinrt ém Tmktc ]g
mais Cuisaient eu im'ine temps usage d'autres excitants violeur?, rela que lo clou de girofle, le poivre, le gingembre, etc. Une description plus détaillée du bétel est faito par
prince du Grand Mogol il ea avait vu quelque» UDes pouvant valoir <le 4 à 5 mille francs. Us ont l'habitude de les incruster de diamant». de rubis, de perles, d'émeraudes. et d'autres pierres précieuses (Tavernler, Recueil de plusieurs relations. 168t. p. 103). —Le nom de Betel a été dono* par les Portugais, parce que ret nrlniste était fréquent sur les bords d'un fleuve de ce nom. qui se jette dans le golfe
de Camhaye (Pliarinitropaen persiea er idtomate persiea. etc. p. :M5K. cfr. Uuiflès, Monuments de
V Hindoustnn, l'an», itWI. I. p. 224). — Quand la veuve d'un hrarnin levait être brùiée à ta mort de miii man. elle s'ahstenait de nourriture, mâchait constamment du bétel, et buvait des boissons opiacées tour s'enivrer (Seassrat. Voyage... trad. Sttaninl, I. p. lfiW).— La feuille du héiel a un cuit aromatique si fort et si piquant . qu' ou ne peut lr, prendre qu'adoucie par i'areea et la chaux (DsaraiMitrt . Voyage dans F Inde «ta h Bengale, iîx'JWt. fans. 18-tl. p. 171). Pour les rendre pins délicates et plus agréables, ou les fait d'abord hianehir. recueillies dans de petites corbeilles et mouillées au moins une fois par jour pendant quelque temps (Osllea. Voyage. Cologne. 17'i'J. I. p. — Kt comme c'est un devoir de politesse n'offrir du bétel à tout visiteur, c'est aussi quelquefois un moyeu d' empoisonnement employé par les Somvr.ms pour supprimer UQe personne ««imite (Bernier. Voyage au Grand Mogul, 1711. 1. p. 19).— Eo i>.n> du Chunam. c'est-à-dire des ceti ires obtenues par la torréfaction des i-oquilmges. ies Asiatiques plus raffinés y ajoutent du Cachunda (répu'ée terre japonaise), qui mêlée avec des parfums de Goa . excite aux plais.rs de Vénus (Gras*. Voyage aux Indes Orientales, trad. Henuuietz. 1758. p. 33»). Le Otchunda n'est pas da lu lerre . mais la moêite de V Areea Catechu, à laquelle on ajoute aussi d'ordinaire uue résine, qui dégoutte de la Melaleuca Cajeouti. et un peu de tabac (efr. Vtaggio intorno al globo délia fregata austriaca .Vorarrt. I8ù7-.'ih Vieoaa, I*'.3, II.p.71).— L'adjonction du tabac au bétel se faisait déjà au siècle dernier (Péron. Voyage de décour, aux terres australe*, fans, 181(5. 11. p. 318). — Les vertus du bétel seraient ;re* uomorcuses. Ku effet, d'après un poème sanscrit (Uylopadesa) ie bétel est f >n, amer, aromatique, doux, aicaliu. Apre, carmiuatif; il détruit la pituite; c'est uu spéciltque contre les vers; il reud la bouche et l'haieiue agréables; il chasse toutes les impuretés; il allume ia nainnie de l'amour. Ces treize vertus ue se trouveui pas facilement, même au Paradis (cfr. Vtaggi delta fregata Xvrara, I. c.).— ■aaleouzi unserve ce qui suir. a propos de l'usage du béiel : .l'ai pris souvent uu tmiW duus 1' lude. Au commencement j'ai senti d<ins lu bouche une piqûre désagréable le* première» fois, et dés qu' ou le mastique li vous vicut uo tel Ilot de salive daus ia bouche, qu'il faut le cracher, et i« aemb.e que ce soit du sang, à cause de la couleur rouge que rend la résine .le l'areea, quaud elle se dissout.... Le premier effet u'exciutiou ues glandes salivaires passé, on seul daus la bouclie uue agréable sxveur. et il faut avaler le suc que vos dents expnmeut du pan-supari (béicl et noix a'ureca. On écrit aussi P'insopari, cfr. Reeeselet, India, Milano, 1S77, p. 021). jusqu'à ce qu'il ne reste plu», que quelques llores je bois que vous rejetez. L'effei sur l'estomac en est digeslil et généralement bieuiaisant, car on mj seul plus content et plus disposé au travail. Les Hindous i i-ouve.nl daus le pan-supari uu reniuje contre J'enuui. la fa igue, et probablement contre ies diarntées si iréquentes daus ce climat tropical. Les Euronéeas ne s'en serviront jamais... La feuille sèche, apportée eu Europe, perd sou parfum.... Les épicuriens ajoutent au pan-supari des graines ne cardamome, et un peu de cachou, ou suc condensé de l'areca. Les grands Seigneurs dorent ies leuilles ou pan-supari, qu'ils offrent a leurs hùtes: offre qu'on fait à la lin <ie la visite, et qui sigmtle, pour qui sait comprendre, qu'il est temps de partir. Le pan-supari à sa poésie, comme tous les aliments nerveux, et l'amant passe ne sa bouche clans cede de la personne aimée la petite boule, qu' îi a a moitié mâchée. A i'osha ( îans le Nord de l'iude) on mesure les distances par le uombre de pan sui«irix mâchés, comme je les ni vu mesurer en Bolivie avec ies eoqueadas ou écorees aculUcos de coca. Le beiel est. après le tabac, l'aliment nerveux le plus employe .tans l'univers: jshsstsn. qui calcule les consommateurs de bétel a M millions, et Birrs qui tes porte a 100 millions, sont tous deux hieii loin «le la vérité. Il faut doubler ce aeruier chiffre pour l'iuuc seule, sans compter tous ies consommateurs de la Malaisie et des aunes pays. Il semble qu' ou eu consomme dans l' Inde 220 mille tonnes par an (Mtsttpazza. India, 2.me éd. Milauo, 18K4, II. p. lui).— Pour prouver l'importance Je la noix d'ureca ilans le commerce de l'Asie Oneutaie . il suftlt de dire que de Madras seuiemeut on exporte chaque année 4 millions de noix, ou 4<i nulle quiutaux. pour la valeur .Je quasi 1 .250.000 Krcs.; iîe Ceylan. :sii.ik.K) quintaux de noix pour uu million de Krcs.; et de l'Annam, pour 548 mille Krcs. La martliauoise est. dirigée vers les différentes régions de l'Inde et de ia Chine méridionale. Pour avoir une idée .tu degré auquel arrive la consommation de la noix d'areca Uaus les pays .le production, li suffit d'observer ies Actes uu Oouvernemeui Anglais, qui fout monter à 35000 Quintaux pour la valeur de I.:i00.ooo Frcs. ia quantité d' areca consommée comme ingrédient dans le seul territoire dogaoal
le même auteur au I. c. IV. p. 40; celle de l'opium, à la p. 68; celle do ht langue (chanvre) (1) à la p. 69; et celle de l'Areca à la p. 96.
Oe Bry (2) relève le trafic, qu'exerçaient surtout les Portugais rési lente aux Indes en 1682; il parle de l'utilité du coco, ainm que des produits, que les Indes échangeaient dès cette époque avec la Chine, le Japon et les lies de l'Océanie: des marchandises, qui pouvaient être exportées et importées, particulièrement du Pérou, où le marché était en mains des Portugais (qui chari et accepti sutit 1. c. p. llo ) . mais il ne dit rien du tabac. Maffei (3), et Pimenta (4), n'en ont paB fait mention. Mais comme aussi Verhoeven, >iui fut reçu solennellement en 1608 par l'Empereur tie Calcutta (5), et Delia Vallc, qui écrivait de l'Etnt des Indes en 1623 (6), n'en firent aucune mention, il faut penser qu'au commencement du dix-septième siècle, quoique l'usage du tabac y eût d&jh pénétré, ainsi , qu'on le dira plus loin , il devait être si limité, que seuls quelques privilégiés le connaissaient et s'en sorvaient.
Ce lurent cependant les Portugais, qu'introduisirent l'usage et la culture du tabac dans les Indes. On lit même dans Rennell les paroles suivantes: Il semble qu'il a prévalu depuis quelque temps une diversité d'opit.ions sur la qin stion de savoir si le tabac est
■ ies ludes Hollandaises. lit l'areca n'est qu'une parti** de la malière de inaslicunon du UHel! fScaernr. Im rttn eronomica dei pupolî, trn i. Rencali. Torino. Irt'Vî, p. i»ifl). — Des notices ultérieures et détaillées sur le li'i. l mi trouvent dan* le» oeuvre» suivantes: Grabewsky. Dus Bttelkauen. is** (efr. Sckaelb. Int. Areh. f. Klhn. I. ISXR. p. I8K>; Lawin, Uebtr Areea rnlechu. Charica Bette, und dos Betelkaven. Stutt Knrd. 1HH9. avec 2 tab. fefr. Sckaidtl. i. c. 111. 1*>0. p. «I); D« Cltrce,, Anntee Kentngen naar aanleiding ran D.r Flitch's onderioe Kingen in Meute Guinea <cir. Sehmelti. I. •-. lit. IH'JU. p. tt7).
(I) Les Hiinious prenaient aussi du chanvre, un plus de l'opium et <iu hétei. Kn effet. Paulin et S. BartMUisv {I. r. II. p. ■13") remarque que la Kandrharn (nom mniabarais), bang ne un portugais »?>. c'esriïdire le chanvre, trouble la cerv«- ie. enivre et excite au fju-rir et au plaisir. Tttfou en défendit I' usage a ses troupes. U's l'Iiréueti s T > nistes excommunieut ceux qui fument, ou qui mangeât les 'euilles de Kandchara. Les Musulman* polygames s'en servent beaucoup. — Gros* (Voyage aux Indes orientale», trad. HerMaoti. 17:.*. p. 1U4) dit qu'aux Indes, comme à Suralle, ou prend aussi du liane. On ne peut comprendre, tliHi. comment son usage es: trouvé si séduisant, cette herbe ayant un (tout désagtéab.e, et ses effets étant si violents, qu' ils déterminent une espèce de fureur, ou de rage. Ceui qui y sont en proie, courent eomme des désespérés, tuant les gens qu'ils reucoutreut sur leur route; et celle frénésie dure jusqu'à ce que vienne le sommeil, lî faut pourtaul observer et cette frénésie dure jusqu'il ce que Menue le somiiieil.il faut pourtant observer que cet usage va toujours en diminuait dans les Indes. — Fartisr (Voyage du Bengale " Pélersboufg, trad UnaUt. I*tj. H. p. 41)4) ajoute : guoisque l'usage des liqueurs spiritueuses soit interdit jux Hin>ious. il parait cependant o,uw les plus rigides ne se font aucun scrupule de mâcher le bang. C'est une plaire enivrante, qui ressemble au chanvre a'Kurupe. ou in prépare pour le fumer ou pour la boire . et ou abuse souvent, Pourtant (1. c. III. p. 77) les peuples Seykis. qui détestent de fumer le tabac, s' enivrent volontiers avec des liqueurs qu'ils fabnqlteui. Le fait, qu'où prenait aux Indes le chauvre sous forme liqutde. est couilrilié par ies remarques suivantes: le bang, dout la liqueur exprimée des femiles était aussi consommée par ies Hindous, correspond au chanvre appelé hhachych par les Arabes (Chrestoinaihte arabe /lu Baron S. se Saey. II. pp. 120, 140;. — Lutin. Papi altlrme que les Musulmans ét.ab u aux hides s'eutvraie ut souvent, non-seulement avec l'opium, mais uuss mec la lunioe im le suc de ia conclura uu imng (Letter* milt Indie Orientait, Ki.'adellia , IK'-'j. IL p. l(V7.i. Kt Rouuelst ajoute que le bang -les Iodes est uue liqueur composée d'upium et de liachtch. ou d'extrait de chanvre indien t India, p. fi 10). Il sert comme excitant dans ies baecuauales, et est employé pour ce motif, par le» lutteurs el les bayaderes il. c. p. 174). Kn somme, oe même qu'on se sert du tabac dans les Indes occidentale* (Amérique . de iiieair dans ies ludes orientales on emploie . laUte de Ubac. C apltion {opunii; «1 la lingue (chanvre, a.vaui iiieiiienn- guiit el meilleure odeur 1 ««lanle». Iieile >-.„e >'he rengimu purVtte datte I >uttc Orcidentalt. trail. Yctiezia, làS - .'. p. IX'». <2) De Bry. ln-i. orient. \<>'<''>. V||. p, K4 et »uiv. 1H1 H»l»i, Le Ittorie dette Indte Orientait araii. Strëtsih. I.'.s?.i,.
i4i Piment». Copia d'una letteni tutUi prnrtncta d'india Orientale, fi nu at l'ion. Iv.iiu. H". C>) VU: Prévost. Hmtoire g< ; n. de* voyage*. VIII. p. :i'.n (il) D«ll* V«ll«, Vi.1^1, IWJ7, 111. p. :J7.
originaire d'Asie on d'Amérique. II est tellement répandu eu Chine et dans l'Indoustan, il parait êire depuis si longtemps en usage dans l'Inde, qu'il est considéré actuellement (1791) comme indigène par le peuple. Malgré cela, on a acquis aujourd'hui la certitude très satisfaisante, qu'il y lut. importé t ai les Portugais, car il existe les documents de quelques édits prohibitifs se rapportant à cette plante, émanés des Empereurs Mongoliens. Dans ces édits il est considéré comme une plunk pernicieuse introduite par Us Européens (1).
Lasglèa (2) dit: Les Hindous se servaient aussi du tabac, dont la plante leur fut importée par les Portugais (3). Il ajoute, en note, que dans ses Mémoires l'Empereur Djihin Guyr remarque que furent précisément les Portugais, qui introduisirent l'usage du tabac dans ses Etats. En l'interdisant , à cause de ses effets nuisibles , il ne fit que suivre l'exemple d'Abbas. Koi de Perse , qui avait déjà pris cette mesure (4). Il confirme , en outre, que les mômes Portugais y avaient aussi importé les ananas, dont les premier» furent plantés dans le jardin royal d'Agrah, vers 1fi05 (Gladwin's History of Hiudooatan, Calcutta, 1788, p. 41>.
A propos des Portugais, qui introduisirent le tabac dans l'Empire du Grand Mogo], Roumlet (5) rapporte que, selon le chroniqueur Abul Faiel , le grand Monarque Akber (Akbar) avait l'habitude de demeurer à Futtobpore (Fatepuiï qui était son Versailles, et qu'il avait fait construire, en 1571 , avec une splendeur et une magnificence indienne? éblouissantes, au. pays ries Jats. C'est là que. selon lu tradition, il aurait reçu la visite des Jésuites de Gtm, qui lui apportèrent des feuilles et des «raine île tabac <'6>.
Labat est donc dans le vrai, en affirmant que ce furent les Européens qui apportèrent, le tabac de l'Amérique aux Indes Orienta'es et au Japon (7), et qii" ce furent les navigateurs portugais, qui ayant débarqué aux I ides en 1 407 (81, s'y établirent ensuite & l'époque, où lo tabac fut connu pour la première fois en Europe (9).
(il Rtiwall. /Vjtcri/ifiVwt... de V ttindoustan <tr.nl. Boi»cli«»ileb«. Pari*. I*H>. II. p 337). fi) Unjlé». Monuments... de T Hindoustnn. Part». I. \>. 2*»4.
(3) Ce fui à C.tiienf que les Portugal» débarquèrent la preniié-e f us. en 141*7 . quand il* arrivé' r««iit aux Indies Orientales, conduits par Vatee de Gaina (Oellon. Voyages, Cologne, 1701*. I. p. 34'.').
(4) Oo pariera de la prohibition ordonné» par le Cha Abbas, quand il sera question -le 1" introdu ctloo «lu tabac en l'erse, qui suivit relie des Indes.
(5) Roiucltt, L'Indui. Milano. 1:377. p. '273.
(Ci) Relativement à. feutrée des lésait.. s au flratid M->gol. Bartoli {Mission* <it Grun Mogul, Napoii. 1*14) narre comment le grand Ahbar envoya Inviter, vers la lin de 1.17'.». quelques Pères Mission.nres residents à venir lui expliquer la religion du Christ (I. c . p. 15). Le père Radolft 'Acquaviva de* Dur» d'Atrl) arri -a à la Cour des Fatipurs le 27 Février 1.180. avec d'autre* Millionaires (i. c. p. 35). et y demeura jnsiu'eu Mai 1.183 (i. c. p. 71). Or. le Père Rodelto par e de l'usage d'une certaine confection d'opium afîaibli par divers correctifs d'aromate*, qui endormait le monarque Achabar . pendant qu'il écoutait l'explication do 1'Kvangile fl. e. p. 55); mais il n'y fait pas alùisioii au tabac. Aprêl l'année 1583, sur des demandes nouvelles ut répétées du même Acbabar. les Missionaires de <ioa continuèrent à trafiquer dans l'Kmpire du Mogol pour y implm'er la fui et y fonder des églises et des colleges fl. c. p. 7|).— Ce fu: donc après 1583. que ces Missionaires imro iuisiren t au Mogol i'tinii» >iu tabac et ia culture des anauas. Cela confirme ce qui fut observé p. us tard par d'autres, et prouve clairement l'inexactitude de I" assertion de Mac Artnay , c' est a dire que les Kuropéens supposent que le tabac a été apporté d'Amérique dans toutes les parties de l'ancien continent, li n'y a cependant aucune tradition /') conservant ia mémoire d'une lelie importation aux Indes et en Chine, pays <<ii l'on cultive le tabac en grand* quantité. Ni l'une ni l'autre de ces contrées n'adopte facilement les dm sea étranger*, 'i est. possible, pourtant, que le tabac se trouve naturellement (') dans quelques localités des deux mondes (Mac Artnay. Voyage duns C intérieur de ta Chine. I7!>?-'M , trad. Cailtra. Paris. ;<n 7 d. I. Rép. 111. p. -iiô).
0) Ubat, Voyage oujc lies de C Amérique, 17. '4. II. c. Will. p. I»>3.
i*) Katwipfer. Histoire du J,> t .on. 17'.".». 1. IV. c. .1. II. y. .m.
•■>i Porter. 1r»i-ie«l Agm-otlurisl '.eir. Ferjiuson, Ml ><>>-,ni t„i n i.-.;,. y.
Quoique Reichenbach affirme que les Portugais introduisirent la culture du tabac aux Indes Orientait* eu 1599, et la répandirent tant, que dès 1628 ils en exportaient le produit en grande quantité (H, il esi plus certain, au contraire, que cette culture y a été commencée en lGl'5 (2i. Eu effet, le Docteur Meyer, de K.oenisber«, dit avoir lu dans un manuscrit d' un a'iuien médieh hindou que le tabac fut introduit, par les Européens dans 1' Hinduustan en 160ô (3). L'authenticité de cette date est aussi certifiée par les oeuvres persanes sur les matières médicales, d' après une proclamation du Prince Jehangeer (4). Bekmann 1" reconnaît é^ale nent, quand il alliini': que cette culture fut in- Iroduite dans ]••* lndt-s Ori.-utalcs au comiuninvment du dix septième siècle (5).
La culture du tabac déjà introduite, aux Indes s ais r.^ne d'Akbar (6), y fut établie, selon Watt, eu 16f'->. par le* Portugais (")• Et en vé:"ité, Mandeslo, qui voyagea dans le Indes en Hîo-S rapporte 0- «'.) qu'on y fum ùt partout, jusque dans les temples. L'appareil adopt' 1 pour cet u*age ét.rt le Sunjhikh ;8) autrement dit Hitcka, Qurgorri,
<\) Reiehenbech. flcr laboh. im\. pp. 1-20.
(2) Haleaae. Subtropo-al Cultirfttion (tir. Farjiine». I. c. p,
m Mayer, l ebrr Aeehmntixirung d-r Vfl.inzen. IS3.V,— Falrholt, lobiieeo. p. 158. <\) Reilc. III. Il>>m. P. 2*2.
tn) Back manu. Il''ylr>'ige s. r.et'lnrht,- der Erfindungen. 1702. HI. p. 2IW.
i<\) Fargaiien. I. r. p. 5:t. -Akbar régna de l.Mô h lilrtfi. et resta célèbre dans l'IIindoustan par son Brand amour des b-ttres et .le toutes les grandes choses (Laaalè) in Fonter, Voyag* du Bengale à Mternbonrg. Tans, 1K02, I. p. 97).
(7) Wilt. Dirt, of the «ronomir produits of lnditt. ISOl. V. p, 3rtl.
fSi Selon Acetta (D'il' Hmlorin délie Oroghe medifitmli . Venoïia. 1585. p. 7-i) le Cocos nwtfern pousse à l'état sauvage aux In ies. pi son fruit, appel- 1 Corn par les Portugais, était déjà appelé Xnrel par les Hiti.|i>us . tan Its que les Persans et les Arabes l'appelèrent .\V»r*r «f.— Mallei remarqua que ce palmier •'tait appel' 5 par les Hindous lengn ou Stxrle. «t par les Portugais Coco (I.e. p. 270). et que la noil flu fruit ornée d'or et d'argent servait de coupe pour boire CI. e. p. 271). Il en résulte qu' ovidemniPiit le corn n'était pas employ '- comme pipe avant r»S9.-Llat»eetan . qui avait visité les Inde* orientales de l'iS3 à V-m ne parle pas non plus du Snrghileh, ou Hurhti à fumer, tandis qu'il remarqua que le fruit de ce palmier était appel.'- par les Persans .\f>iro. par les Hindous Narel. et par les Portugais Cor/un (c!r. De Brj. Ind. Or. I. P. IV. r. XI V— Pour finir. Garcia ab Maria dit ausai que ce Irmt était appel- 1 par les Hindous .VrrW. nom que les Persans et les Arihes lui conservèrent (Arotn. I.V74. p. IOfl), tandis qu'il était appelé nirquilly par les naturels d* fïiizerate fOuperray. Voyage autour du monde de la <"orr*lle ta Coquille. /S?2?.V Leeiea et Garaet. Zoologie. I. p. 324).— Il est donc clair «pie le mot Xarghiteh, employé par let persans pour désigner l'appareil à fumer tire son origine do .Xtirel. désignant la noix du coco, ci qui fut adopté aussi en Perse quand on y introduisit le tabac, nu lieu de» urnes en métal rtselé , dont se servaient les Hindous (cfr. Smaklaaa). — Cela eotiflrmerait l' opinion que l'usage du Xarghileh était passé avec relui du tabac des Indes en Perse, au lieu du contraire, ainsi que quelques personnes le croient -En outre, Labat rappelle à propos du coco', que « liez les peuples de 1' Kxtréme Orient il existait le préjugé que le tabac conservé dans les noix de d ico. ou tout honnie qu'on y met. ne peuvent plus subir l'action du poison: d'où l'usna-e fréquent ehei eux de les employer pmir con:«nir labac et les liqueurs (Sour. ret. d. FAfr. Occ. 1728. III. p. 46).— l'e fut l'emtiereur Akbar qui. avant appris par les Missionnaires portuirais Tussle du tabac, se fit fabriquer, pour remplacer la pipe vulgaire européenne, des instruments exprès pour le fumer. Rounel»! ajoute de son coté: Ou prétend aussi qn« i« hu/t/ih . c'est à diro | a pipe indienne a été inventée a Futtehpore 'résidence d'agrément rf e i'Krnpereur) par un des médecins d'Akbar. nommé Haklai Aval Faite* Ghalaai (Romaeiel. V Indin , Milan*. I«T7. p. 273).— Ir est évident que beaucoup de grands Seigneurs, p'ur imiter l'Empereur, adoptèrent lourde «une k- hukuh au lieu de ta pipe commune européenne. I s prirent mome ù leur service le huhnh t.erdur. c'est -à due celui qui préparait le hukah, et le leur présentait quand ils voulaient turner. I.e p'us grand mérite du berdnr était de faire iumer son maître, même quand il se faisait porter fil palanquin, on mouta t à cheval. Le serviteur teoait en main la corps du hukah pendant que le m.iltre maintenait l'extrémité du tuyau serpentin. I.e berdar suivait eu courant l---s porteurs du palanquin ou le cheval, sans jamais s'arrêter. Le feu. l'eau, le tabac , il portait tout avec un tel soin, que k- ninttro fuiunit comme s'il se trouvât dans son appartement (OesraiMlpré. \"<ji/>içr <i»ns l'Inde, I. p. I Ifr). — Sannerat a reproduit la figure exacte de la manière, dont
Gurguri. Ces pipes colossale» avaient la forme d'une urne de tintai d' une facture ravissante (Voir Smokianal. On mettait dans ces appareils le tabac haché mêlé à d'autres feuilles coupée» et à des Heurs de chanvre.
Vers la moite du dix-septième siècle I' image du tabac «lovait être très répandus
le berdar suivait le palanquin (Iwinerat. Voyage aux Indes Or.. Isiiô, tab. Mil.).— A propos des diiTèrents instruments employés aux Indes pour fumer le tabac Hottsnroth (/ tostumt... tU tutïi popvli. trad. Otttal, 1892) fournit les détails suivant»: La pipe est uu instrument adopté dans l'Inde comme dans tout l'Oneut. par les deux sexes. Les pius pauvres se servent n'un tube, dont une des extrémités est plongée dans le tabac mis exprès et ensuite allumé dans un trou du sol. La pipe commune est faite avec la non Je coco et une canne en forme de tube <i. e. I. tab. 97. u. 11). Cette ooix est eo grande partie remplie d'eau. Ou met dans la partie supérieure uu tuyau, qui va sous le niveau de l'eau. A son extrémité supérieure il y a un récipient pour le tabac. Vu autre tuyau entre dans la parue supérieure de la noix, et. en aspirant l'air par ce tube, ou fait le vide, l'air extérieur passe alors par le tabac allumé et traverse l'eau avec la fumée, qui arrive ainsi punliée dans la bouche du fumeur. Tel est le principe du Xavghileh oneutal. Cetie p;pe a pris son uom de la noix de coco (Xargel). On appelle égalemeut ainsi les pipes ayant la même tonne, faites avec d - autrej matières (I. c. I. tab. î»7, n. 9 à 13). Les pipes dont le récipient à eau est en forme de riole ou de cloche s' appellent hukkah. Elles ont un pied pour les poser sur le sol. et un Joute tuyau flexible comme les Sarghitehs (I. c. 11. p. 12).— Chez les Hindous toutes les classes sociales fument le tabac et mâchent ie bétel, qui parfume la bouche et excite à l'amour, et c'est pour eux uue chose aussi importante que boire et tnauger. Les Maures aussi en se naturalisant dans les Indes adoptaient le hukah pour fumer arec luxe (Gros*, Voyage aux Indes Or., trad. Htrnandet. 175*. p. 2:S5).— Solvynt nous a représenté par de nombreuses figures les diverses espèces de huka. ou pipe des Hindous, variant à l'uiilm selon le caprice, ou la condition du possesseur. La première, dite nariel huka est faite avec une noi\ de coco, mise dans un vase de cuivre. L'Hindou, uui lunie. met 'ans le trou de la noix uue feuilie de bananier roulée pour rendre la fumée plu» fraîche. Cette nnrielhuka a des ornements d'argeut, et est carlois travaillée avec beaucoup d'art. L'Hindou prête très difficilement sa propre huka. et ne permet jamais à personne de fumer avec son tube. Une loi de Mtnaa défend aux femmes de fumer la pipe: mais c'est précisément la loi qu'on observe le moins. Pans toute i'Inde ies femmes ne se fout aucun scrupule de fumer publiquement . et ont une grande répuiruaucc à permettre à d'autres I' us ige de leur pipe (Ferrari*. Costume aniteo e tnoderno. 1X31.11. p. 321)). — La pipe à très long tuyau est celle des riches, que les Européens out géiiiiralenieut adoptée. Sou pied est posé sur une natte ou sur un riche tapis, et a qaa-i la forme .l'un chandelier. Kl le est remplie à m<>ttié d'eau fraîche; deux tuoes comtiiuiitqueut avec cette eau: l'un contient le tahac haché et un charbon ardent. /autre, plus flexible et plus long, sert à aspirer la fumée du tabac. Cu tube est eu 111 ne ter entouré de leuilies sèches, et couvert d uu riche tissu d'or et d'argent. Le vase est en or. en nrgeut ou autre matière précieuse. Il est quelquefois si bien travaillé, qu'il se paie plusieurs milliers de francs. — Quoique le gurgury huka soit d'origine indienne, il est aujourd'hui moins eu usage parmi ies Hindous, que pmni ies femmes musulmanes, mongoles et persanes. Ces pipes sont en cuivre, ou en étaiu; mats phi s sauvent d'une certaine composition noire, qu'on préfère à ces métaux, parce qu'elle oouserve mieux la fraîcheur de i' eau. La superficie est recouverte d'or, ou d'argent, et charge d'or, on d'argent, et chargée d'ornements de boo gout. Il ne faut pas confondre l« Kalian des IPudous avec celui des "ersaus; car ou adapte ù ce dernier autant de tuyaux, qu'il y a de personnes réuuies dans la même société, qui se servent toutes du morne récipient mis au milieu de la compaguie.-Les Hindous de hisse condition, qui ue peuvent acheter uu huka. se contentent d'un scerul . espèce de pipe, qu' lis lahnquent eux-mêmes (Fsrririo- Coslume antico e modrrnu . 1*31 , 11. p. 32!»). — L'u Kajah indien quand il revoit des visites est assis, tenant une fleur d' une main, et ayant près de lui du bétel et de la line essence de rose. qu'il offre toujours ainsi que la pu>e ' Uuka) aux personnes qui lui sont présentées {Solvyni. cfr. Malta Bran, Ann. voyages. VI. |hi.i9. p. ys-.t; — Fsrrario. 1. c. p. in) — Hébert put observer qu' un Nabab du Hengale fumait sou huka en causaut avec lui cl82tJ) (cfr. Evriès et KlaproUi. .Voue. ann. rov.. 1*2*. XXXVIII. p. 27).— Damât f'Urvillc, représente aussi un Nabab porté .nus uu paluaquiu. pendant qu' uu serviteur court à coté, pour lui tenir le huk/.i iOimimI d'Urvill.. Voyagé /«««,«. 1*34. I p 142. t. XVIII. f. 3;.-Daus la table aunexée a ia p. IM* de l'ouvrage Yiaggiu i>tltoresco nelle ladie Orientait. Torino. 1*70. est représentée une scène du harem, où une dame fume uu Savgfuleh très élégant, ht Langlti. reproduit une gravure (de la province île llolcondel. qu; représent u.-;e dame hiadoue tenant dans les mains le tuyau d'un élégant Sarghileh ilaagltv Monuments... de i'Utndousl'in, Pans. 1*21, I. p. 13*).
ilaim les Intics. En effet, Viicenzo Maria de S.te Catherine de Sienne (1), qui parcourut ces régions en 1656, rapporte que les Hindous mâchent toujours le bétel, feuille très forte, avec du cardamome et de I' areca , et qu' il prennent fréquemment le Ubac en fumée (1. c. p. 190). Et il ajoute : Je néglige l'opium, la casse, le tamarin et le Ubac, dont 11 se produit pourtant de telles quantités, que l'Europe et l'Asie s'en enrichissent (I. c. p. 226).
L'usage de fumer existait aux Indes surtout par les Européens naturalisas et les Mahometans. Les femmes hollandaises hindoues , nées aux Indes d'une père hollandais et d'une mère hindoue, n'avaient pas d'autre occupation, selon Graaf. que de s'embellir, de mâcher du bétel, do boire du thé et de fumer du tabac. Leur tendance à la débauche était extrême (2). Fumer devint un besoin irrésistible; au point que près de la grande pagode d' Utemada (une des plus grandes des Indes) des femmos stationnaient en permanence, &e vouant pendant plusieurs minées à maintenir du feu allumé dans les rues adjacentes pour les passants fumeurs de Ubac , et elles offraient même des pipes bourrées et allumées à. ceux qui en manquaient (3). Mais quoiqu' on fumât le tabac haché ilans les pipes indiennes, cela n' empêcha pas la coutume de consommer des cigares faits avec les feuilles roulées en petits cylindres (41.
L'usage du tabac devint ainsi, petit à peiit, général dans les Indes. Toutes les classes sociales, en plus de mâcher le bétel, s' habituèrent bientôt à fumer le tabac. Cette nouvelle habitude devint une fonction aussi importante que de boire et de manger (5). Dans toutes les habitations des personnes, riches on construisit des terrasses couvertes , où les Hindous avaient coutume do passer une partie de leur journée à fumer (6).
b) Bégions oocidentalos. -Il résulte de tout ce qui précède que ce lurent évidemment les Portugais , fumeur s de tabac , qui en s' établissant à Uoa vers la fin du seizième siècle, firent contiacter aussi cette habitude aux Hindous.
On a déjà dit (Voir plus haut, p. 74» que le tabac avait été semé pour la première fois à Lisbonne en lô.">8 , et que les Portugais qui faisaient la traite des esclaves au Brésil chargeaient leurs navires do tabac au retour (Voir plus haut. p. 129). Eh ! bien, le ubac que consommaient lus Portugais à Qoa devait avoir la même origino brésilienne, ainsi quo celui :iuo les Missionnaires présentèrent pour la première fois au célèbre empereur Akbar. Depuis lors, c'est-à-dire depuis la fin du seizième siècle , les Hindous de la côte occidenule de 1' Hin lmistan commencèrent à employer la nouvelle denrée importée par les Portugais, largement adoptée aussi par les Européens, qui s'établissaient successivement aux Indes (7).
On sait aussi quo pendant que les Portugais s'établissaient à Goa, d'autres navi-
(1) ViMMto Maria, de S.te Catherine de Su-nne. Il riaggio nll'lndie OnenlaU. Ut*'?.
(2) Papl, Leltere tulle Indit OriinUiU. Kiladelliu, 1SU2, II. y. U7.
(3) TawnUr, Le* *tx voyage* en Turquie, en Perte el au.r hvle*. 1«7«. II. I. I. p. l&t i,4) Niekabr. Detcript. de VAra'ne. 177'J. 1. p. 82.
(*>) Malta-Brwi. Gèog. umv., ô.nn éd. Huol. 1S4I. V. p. 'Si.i; Hottaitroth, / rottumi... rti tulli i jiopoli trad. Oitini. IS'X', II. p. 12.
(«> Lavallé*. Géog. unir, de «Ultt-Bri», 1SW. V. p. 47S.
(7) Tattrnkr Ils* »».r rouages en Turquie, en Perse et aux Indes. 107». U. I. I. pp. 101, 2) racoute rpi' il y avail à Ooa (\<U-*). dans les prisous de la Satine loquisiuoii. uu Maltais qui passait mut le jour et uoe partie de la uuit à ruiner, li ne su préoccupait du rien eu dehors du tabac, el il eu de maodnit le matiu. à midi et le soir. Celui qu' on lui donuait était haché, empaqueté dans du papier blaoc de la grandeur d'uu quart de feuille. Dans tout le Levant le tabac coupé, aiusi que les drogues qui se preieiit à être euroulées, se vend toujours daus du papier blaoc. ce qui profit au veudeur.qui pèse ia marchaudise avec le papier.
gateurs européens trafiquaient sur !a cote de Ouzurate (ludseh.irat), dos leur premier voyage aux Indes Oiientales. Mai» les Européens ayant appris à fumer le tabac dans la dernière moitié du seizième siècle , il est hors de doute qu' ils conservèrent leur nouvelle habitude dans les différents endroits, où ils abordaient. La région du Guzui.ite étant ainsi ouverte an commerce des Européens, l'usage de fum-r le tabac devait inévitablemente gagner les Hindous de cette contrée, qui se trouva eut plus directement en contact avec eux. Et cet. usage se répandit en commençant comme toujours par P-s gens riches. Mandeslo (1) rapporte (H',38) «pie le Oouvcin.>ur d' Amadabath ( dans le royaume de Guzurute) nu"- me quand il s'occupait des affaires de l'Etat, fumait du tabac, a la mode persane <2i, en taisant passer lu fumée dans l'eau. Le Gouverneur avait auprès de lui un serviteur qui, tandis qu'il maintenait d'une main le t iyaii de la pipe d,,ns la bouche de son maître, y ajoutait du feu de l'autie, pour la tenir toujours allumée (1. c. p. 94).
Pourtant, la nouvelle habitude ne chassa pas les anciennes. L" opium, te chanvre , le bétel continuèrent à être consommés comme auparavant. En effet, Mandeslo poursuivant son récit, dit de ce Gouverneur: Puis il se lit appoiter une cassette en or, dans laquelle il prit de l'opium 1,3), et du Bengi. Ce dernier était fait avec les détiitus des feuilles et oes graines de chanvre, dont ies Hindous se servent pour s'exciter à. la luxure. Le Gouverneur I' invita à prendie du Bengi, qu' il trouverait aussi bon que le persan (I. c. p. 95).
11 semble que la culture du tabac a du commercer d'abord dans les régions du littoral occidental de I' Hindoustan. Ce qui est certain, c' est qu' en 1638 Mandeslo le trouva cultivé avec avantage dans le royaume de Guzurate par une tr bu de Persans (Parais) habitant la cùte (4). 11 observa que dès cette époque les Hindous en exportaient à Aden pour i apporter le KahiCK (café), et de i' opium qui était considéré comme le meilleur d'Orient (1. c. p. 210). Aujourd' hui, dans la région de Guzuraïe, les terres comprises entre les fleuves Muhi et Sabartnalte produisent d'excellents tabacs, qui contribuent à enrichir les villes de Kalra, de Xouriad et de Kapawuudj (5).
La Présidence de Bombay pioduit aujourd' hui une quantité considérable de tabac, dont la meilleure qualité vient, des districts île KaTra et de Khandes.li. En 1871 la superficie cultivée dans cette Présidence était de près de 43 mille acres (6), dont la majeure partie était comprise dans les districts de Kaïra, Khainleseh, Helgaum, Sattara, Schalopur et Pounah. Le produit se vend aussi dans les autres Présidences des Indes, et une petite partie du plus fin tabac de Ouzurate se consomme dans les provinces du Nord-Ouest. Dès 1881 le Résident anglais du tiolfe Peisique envoyait au Gouverneur
<1) SUiHtMlo, Voyage (trait. Wlcqinfort, ITS!).
(2) On a déjà au plus buut (p. l'.Ki) et ou ie développera mieux par lu suite. que i" usage du tabac el le mode île le turner fut introduit iIhs ludes eu IVrse. lie sorte qu" il u' exista t de véritable usage persau de fumer le tabac; mai» que e'éiaii i'utage luileu. qui avais oié introduit ni l'erse sur l'iuiuative a' kkbtr.
(A) Peudaut qu'avait lieu l'intromctiou du tabac, i" opium commua comme auparavant à servir à divers usages daus la région de MU/.urate. lia effet, les piétoo» jus l'tittdmaris, qui partaient les correspoudauces entre Suratla et Bombay prenaient, beaucoup d'opium, croyant que ee.u ieur douoait des lorces, et les soulageait de la langue de la route, hs couraient prisqu'eu dorniaiii, les yeux ouverts. Il y avait des porte fail, qui soulevaient des poids miennes; mai* lis allaient jusqu'à avaler d'abord uue once d'opium, saus eu resseuur aucun trouble... L«-s ru-ites se servaient de l'opium pour ulciltir leur seusuuiité. car à provoque la com-up.sceuce et prolonge ia vouipié (firoM, Voyage <lux Indes Orientales, trad H«riund«, 1738, p. 1ST). •
(4) tUnteiU, I. c p. ISO.
(5) R.ely.. Oeog. VIII. iwtf. p. Xi.
(0) Klitlln* Ixr lotxik, p. y.
de Bombay des graines des plus fins f ubacs permm avec les instructions pour les cultiver. Les premieres expériences firent espérer un sucées, malgré «le nombreux désappoiutements (1). Encore dès 1869 le Gouverneur de Bombay distribua aussi dans sa Présidence des graines de tabacs exotiques, eL particulièrement de Seliiraz , de Latakié , de Havane, et de Maryland pour les y acclimater. La production donna de bons résultats comme qualité, mais non comme quantité; mais se rencontra, comme toujours de graves difficultés pour le dessèchement et la préparation des feuilles (2). Le Schirtu et le J/unitie produisirent de bonnes plantes dans les régions de Guzuratc et de Khandesek (3). A l'exception du Maryland, les autres tabacs réussirent à Dharwar. Le Havane et le Schiras furent expérimentés avec succès a Vei mgaum et à Broach, mais le Havane donna des feuilles énormes et corsées (4).
a) Région septentrionale. - <i»o le tabac ait été import"' dans les Indes et admis aux honneurs souverains ù la Coin du Grand Mogol, ainsi qu'on l'a dit plus haut. (Voir p. 197) cela est encore prouvé par d' autres documents. Kn 1615, I' ambassadeur anglais. Sir Tkomas Rhoe, attaché à la Cour du Grand Mogol de Dehli , observa pour la première fois 1' usage de fumer chez le Hindous, qui, d' après Terry, semaient le tabac, mais ne savaient pas le préparer, ni lui donner la force qu' on obtient dans les Indes Occidentales (5). 11 ne pouvait en être autrement, puisqu' il s'agissait d'une industrie nouvelle, introduite depuis peu dans le pays.
Les premières (?) gramesde tabac furent importées directement, du Brésil aux Indes l'année 1617 1,6 1. Cela expliquerait l'introduction de la N. fnUicosa, originaire du Brésil et de laquelle sciait ensuite dérivée la A', chimitsw (7). Methold, dans le voyage qu' il fit peu après (1622) , ajoute quo le tabac qu' on commençait alors à semer dans les Indes était faible, faute de préparation de la feuille, qui se réduisait à la faire sécher au soleil. Cependant ce produit éuut exporté aussi a Moka et à Arecan (8). Ce qui prouve
(1) Billing!, Tubnren. 1875. p. :W5.
('-*) Staler, the ïmptiche Agneuitur, 111. ISrtS, pp. 44U-5I. (3) Lack. iobaveu. |s*«i. p. 10" (4) Billing*. I. c. p. 3M.
(.">) Edouard Tsrry. Voyage aux hide* Orientales (1(515). in Thtvmsl (Relation de divers voyages. lrtOS, p. Il'), .i.i ; « Ils sèment beaucoup de tabac, mata lis uc iscaUeut pus l'apprester. et luy donner tt-ite force. qu'on luy donne aux Indes Occidentales ».
(6) Wkltslaw Aiaslls, Materia médira. 11. (elr. Farguiaea, Ml about Jobacro. p. 7>.
(7) Ceia u' eir.pèclie pas, cepeuuaut, que rnè.ne av. un cette date . <i' autres «rai net de tabac n' y aïeul élé introduites, et très probablement ou Brésil, étant donné ie commerce qu'y faisaient let Purlugais. Ou temps de Biirmaaa iFl. tndtca, lîiîHi ia .V. 'labaeum. var fruticosn. était cultivé- aussi à Java et eu Clni.e, sans compter le C.ip ae liouue Kspérauce. Kt ie niénie auteur (i. c. p. hA). en remarquant que cette espèce m ail let liUiiles lancéolées, qui se rencontrant dam la forme de la chi nentts véritable (cultivée aujourd'hui aussi dans l'Hiudouslan sur uue vaste cch-n ie). observe qu'à Java les ft Uj îles de celle espèce out lu jorme ovatoiancéoco iJaranica speenninn d-fferuntnr folits ommous oratolaneeolatis. neutiquam nmptexiritulibus. >i<<- denurrenUtnt*). - Ceci posé, celle Tonne particulière à i'iie de Java serutt peut elle analogue » cet le ués;guée p.us tard sous le nome de N. nepalensis , dont la culture a' étend unjour.i' but vers I' Himumya. Ka I' année IS'.H j' M cultivé d-ius ie Jarmu botanique Je Portai (Naples) ues piaules de tabac obtenues par de» graines veuaut de Java. Ces graines étaient accompagnées de l'observation, qu'el.es avaient éié cueillies sur îe>> piaules étevées par les aborigène», qui les considèrent comme diltcl'eutes de celics cultn ées par ics Kuropéeus. Kb! bieu, les plantes obtenues aiusi appariieuiieiil précisément à une tonne de -V. laburum. t.. var. fruticota X maerophylla.
(S) Mttbold (Relation des royaume» de Golconde. etc, el d~ autres Estais situés sur les bords du Oolfe de bengala, m Tbtvtnot. .. e. p. U) ait que ie> lloilau.iais eu taisaient .léja le commerce, et Y écliaugeaieui pour je l' juuigo. Kl puur ie tabac : « Us ont commencé depuis quelques année» i vers lOfiij à planter du taOac oiaus Ja légion de OoicQuue; qu'ils transportent à Mocha et à Arecan;
Oumu — HimArt 4m Taioa. 36
que le tabac, loin d'avoir été importé aux Indes de l'Asie Occidentale, comme le supposent Duthie et Fuller (I. c.) fut, au contraire, introduit successivement de I' Inde dans les régions baignées par la Mer Rouge et dans le Golfe Persique, par le commerce des navigateurs.
Une fois l'usage du tabac introduit il la cour du Grand Jlogol, et des instruments finement travaillés étant executes à des prix élevés pour le fumer, il fallait s'attendre à voir fabriquer, pour le priser, des tabatières coûtant très cher destinées à l'usage «les Souverains et des grand» Seigneurs. Jl ne faut donc pas s'étonner si l'on y employa des tabatières de grande valeur, étant donnés lo faste de ces Cours et la i ichesse «les boites de bétel (1).
Les tabatières étant devenues a la mode et même d'un usage commun , les fàbri quants devaient évidemment étudier pour imiter de leur mieux les plus jolies et les pius «connues servant aux Souverains européens. Eu effet, Héber (2) observa, eu 1825, qu'un négociant de DebU vendait des tabatières en or, faites après les modèles ies plus nouveaux (8).
Une fois 1' usage - u tabac adopté à la Cour du Grand Mogol, et la culture de la plante introduite dans la légion de Debli, ils devaient inévitablement gag. 1er les régions voisines et se propager oans le plus éoignées. Cet usage, admis d'abord elles les Hindous de caste éievée comme une habitude luxueuse , se répandit bien vite peu à peu dans toutes les autres castes , et devint si général, qu'il constitua un nouveau besoin pour ces peuples. Forster (4), parlant des délicieux caravansérails si fréquents dans l'Inde supérieure, «lit que les gardions, qui étaient le plus souvent de belles femmes, cherchant à retenir les passagers par leurs grâces et vantant les charmes et les agréments du logis qu'elles offraient, présentaient Uut de-suite au voyageur la pipe et les ustensiles pour préparer les aliments.
Ce fut alors que la cultuie du taluc >u répandit «les régions de Dôhli et de Guzurate dans les terres traversées par f Indus (ô), et en devint une des plus importantes productions. Le tabac croit aujvurd' hui vigoureusement autour de Koii , aussi baignée par l'Iudus (1. c. i. p. et se développe avec une glande force daus le teiritoire si
bien cultivé d'I. k', le seul endroit remarquable sur le Punk' aiuda, concluent de l'Iudus (l. c. I. p. 32>. Celui de la region de Multau est c Meure aussi. Cette région voisine de celle d' Uk' s' étend le long des bords des eaux rapides du Scena-b , qui est , comme l'Iudus, un des cinq ileuves du l'ang' ab (Burnes 1830, (I. c. I. p. 33). Thomas en trouva une abondante production à Udipore, en ltf<)8 (.0).
Cette culture occupa même les lenes lointaines du Pendjab. En effet, Eyrièi et Malte-Brun {Ann. Voyag. 1819, 111. p. 143) parlaut d'un voyage fait en 1808 au Pendjab,
mais il n'a pas la fove du noslre (.le celui d'Ucciaeut), re qui rient, comme je erraj. de ee qu'ils ne le s^uent pas Irarniller, «' y apportant autre soin que celuy d'en faire seiclier les feuittes nu solvit... Au Mocha, ils trnfiqueitt ordinairement dans la iler llouge.
(\) Titfltnthtltr {Description,., de C Inde. Henni. 17*», I. p. \M) ruppone que, daus la province «le DelHl, il pous»e uu arbre dout l'ecorec pnét-, cuite et rcdui'.e eu pair, se uiéie avec la chaux tie coquilles, pour atténuer par ce mélange l'acrete des leuilles piquâmes au lamOol (bétei), qu'où y a l'habitude m niàciier euroulées autuur de la uoix d' Arec». Ce mélange spécial est appelé Cuman. F.< il poursuit (I. c. I. p. 7.-): l'ourtuut la partie lamOol u'esl employée ui par les botanistes, ai par les voyageurs; selou HandMlo oe serait un mot arabe, lutrojuii et employé par Avicmm.
(•>) fn. Eyrlta et Kltproth. Sotte. Ann. Yoyag. |8->7. XXXIV, p. 381.
(3) Avec l'iatroductKJO «le l'usai ,le ia pouare de tabac, le» Européens tirent aussi coaualtre aux Hindous les tabatières, doui uu se servait eu Occident, et qui étaieat variées a i" inrtni.
(4) Forsler, Voyage du Bengale à l'ctersbourg. (irau. Ltnglèti, l'an* l. p. ;oy. (h) Viaggw pittoreteo nelle Indie Oriental!, Toriao, 1S70.
(.G) CiY. Mille- B MA. Ann. Voyages, I. p. ilUe.
vers Lahore, par un officier anglais, disent que dans lo territoire de la ville de Djalander on employait de nombreuses rahetls pour irriguer le» champs de tabac, qui ont besoin d'une humidité constante. El ces champ» durent être créés, disons-le vite, dans la dernière moitié du dix-septième siècle, puisque De Marini, qui avait étudié cotte contrée avant 1663, n'en fait aucune mention en parlant des us et coutumes, ainsi que des productions agraires de la région de Lahore (1).
Le tabac fut successivement cultivé, aussi par 1' entremise les Anglais, dans les zones plus élevés et jusqu'à Kachemir (2). Lo produit qu'on en obtient aujourd'hui est concentré dans les magasins du Maharadja, tandis que le cultivateur ue reçoit qu' un salaire mesquin (3).
Lejean (4), qui avait parcouru on I8ij? les contrées du Nord Ouest de I' Hiudoustan, dit a propos de I' usage du tabac et de I* instrumonr. qui sert, à le fumer : 1' Hindou , malheuieusement pour lui, n'a ni le cat"-, ni le lomlrtfci de Perse; il bien a le thé, mais qui est loin de remplacer la fôve do la Mer- Rouge (le cal'?). Il emploie le htûm, absolument pareil au Xarghiieh persan; mais il fume le gunigo, drogue malsaine, composée avec le tabac du Bengale, une espèce du mélasse, et de l'opium. Le tout formo une pâte noire douceâtre, d'un aspect peu séduisant. L'usage du hitka, jadis eu grand faveur près des officiers anglo-indiens, fut (à w qu' il semble) proscrit autant par la mode, que par le règlement. Mais 1" Hindou continue à absorber Ce poison , qui lui procure une torpeur lourde et funeste. En même temps Lejean reproduit la ligure d'une dame fumant dans un très beau huka (I. c. p. 81), et d'une élégante bayadère, qui en a un admirablement façonné à côté d'elle il. c. XV. 1872, p. 24).
Le tabac fut aussi cultivé dans I'Afijauistan (ô), où il réussit partout a merveille, ainsi que la garance et le lin (G), et encore dans le Khorassan Afgan. On en exporte le produit avec l'opium et 1' asna foetida \7\. Au contraire, les naturels du Béloutchistan continuèrent a micher, et à fumer le beiuj (chanvre) et l'opium (8).
Unis les Annales des voyages , souvent cités plus haut (Nouv. Ann. îles voyages) rédigées par Eyriès et Malte-Brun , on trouve de nombreuses notes relatives a I' usage du tabac, même chez les Hindous des régions avancées du Nord. En voici quelques unes. Les peuples Kattis tombent victimes du tabac, de l'opium et des boissons spiritueuses iMac Murdoa, in I. c. 1819, III. p. 275). En importe le chanvre (tan?) des endroits montagneux dans les régions dos sources du Gange (1808), et lo tabac de la partie méridionale (Weber et Râper, in 1. c. 1819, I. p. l."W. Les montagnards du Radj Mohtl (1820) ne cultivent pas le tabac; mais l'obtiennent en échange de leur blé, des plaines arrosées par le Gange (Francklin , in 1. c. 1824, XXI. p. 207). Colebrooke rapporte que dans les régions glacées de l'Himalaya il avait l'habitude do boire une boisson faite de l' infusion
(1) Ot Hartal, Délie missioni dei parfri délia Comjxtgnia di Oietu. 1663. pag. 451. ('-') Baian Powall, Economie product. ISflS, p. 3fil.
(Hi 1«Jmji (cfr. Cfcartan tt Tr»»«». Il Giro del Hondo, XI. I*«'J. p. <>*>. -Dans f Album des Missions catholique*.-. I. p. «3. on voit une belle princess* de Kactieiiur. ayant un défaut Huha près d'elle.
(4) Cfr. Charton et Tr*v«s. I. e. XI. IW.>. p. 18.
(5) Maltt-Bran. Gêogr. IV. 1841. p. 5'.»7.
iff) Uvalléa, Gèogr. V. p. I4'J.— Ou cultive lancement le taoae en Aftf.imsuu , mais on i-onsonime toute la récolte .lain la rottiun (De Hajwitiiler, cm AW. Ann. \<>;/,7ff- Wm< ; . 1*41, II. p. I'J3).
(7) Halta-Brun, G.-ogr. IV. IHI , p. I.e tahac récolté aujourd'hui a Kandahar est très rcdierclié par les états voisins, à i-au*e île sa douceur «t .le sua parfum. Il est largctneot export.? pour l'Hindousi.ni et Bokhara. On eu distingue huis sortes: Kiindahuri. Hall; ht et \t>in*ur<ibidi. Celte deroiùre est lapins estimée et la plus cliéro , man on ne J'exporte pas. la ré-iervuot pour la consommation locale. Sa culture exige ils grands soins (lack, lobnero, Ij*h«. p. 137).
(H) Pottinjar, Itelasionr -run ringgi,, net [i<l,tir)»<t<m, trad. Ziliani, Milano, ht'.», p.
de feuilles sèches de tabac dans de l'eau-de-vie de genièvre (in 1. c. 1823, XIX. p> 60). D' après Malcolm, le9 peuples bai hures Bhiils, Nervers (ou Nalvers des modernes), qui habitent le pays de Nichada, aiment beaucoup le tabac, et ceux dos montagues descendent dans les plaines, où on le cultive, pour s'en procurer (in 1. c. 1825, XXVII p. 355).
Mais toutes les tribus sauvages des Indes ne fument pas encore le tabac. En effet, Dubois rapporte que colles, qui se procurent péniblement l'absolu nécessaire pour la vie, ne pensent guères aux denrées de fantaisie eu de sensualité, telles quo le bétel, le tabac , etc., qui constituent un véritable besoin pour la majeure partie des Hindous (1). Cela prouve clairement que le tabac n'a pas dû, ni pu étie indigène des Iud<s, et que son usage, introduit par des navigateurs étrangers, a été appris nécessairement d'abord par les classes les plus civiles de ces peuples , puis par les moins aisées, ot enlin par les sauvages.
Moorcroft (2) rapporte (1808) que dans 1' Himalaya on se servait de pipes longues de huit pouces, pareilles aux nôtres, mais en fer (3) ciselé à relief et cerclé d'or (I. c. I. p. 290). On les nettoyait avec un petit couteau (1. c. I. p. 31G). Il ajoute que le Visir île ce pays lui fit cadeau d'une tabatière d' agate, qui était garnie dans le fond d' un petit anneau d'or, qu'on ouvrait pour y mettra le tabac, son ouverture étant trop petite pour la remplir commodément. La tabatière avait la forme d'une urne applatie et surmontée à chaque côté d'un masque de .satyre (4).
Mantegatza (&), après avoir remarqué qu'à Darjeeling, sous 1' Himalaya, on vendait au marché du tabac thibéenin, dit qu'il a vu des boutiques qui avaient l'air d'armoires; et les marchands calmes et majestueux, leur énorme narghileh d'argent à coté (6), d'où ils tiraient lentement la fumée, ressemblant plus à des idoles qu' à des hommes; à des statues qu' à des êtres vivants (I. c. I. p. 244). Et il ajouto : " Après le bétel, le tabac est l'aliment nerveux le plus en usage, et on le fume, ordinairement dans le narghileh avec, ou sans eau. De la pipe de teire cuite du cooli ' {7), à laquelle un chiffon, ou le creux de la main, sert de tube conducteur de la fumée, montez par une hiérarchie de pipes jusqu* à celles d'argent massif, avec je no sais combien de mètre9 de tuyau élastique et de l'eau de rose, dont j' ai vu se servir le Roi de Bénarcs (8). Les cigarettes roulées dans un<< feuille sont, rarement adoptées, et par les hommes îles classes inférieures (1. c. II. p. 103). ,, Co fut a travers 1' Himalaya , peut-être avant la Chine, que l'usage du tabac se répandit dans la région du Thibet (9); mais nous en parlerons quand il sera question du Thibet, et des contrées adjacentes, à propos du Céleste Empire.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, dès la flu du dix-septièmo siècle l'usage du tabac ne tarda pas à se répandre chez les peuples du Nord-Est de l' Iltndoustan, surtout au Bengale, où on le nommait Tumac (101, et d' où il se propagea dans l' Indo-Chine. Cet usage y pénétra certainement après 1601, puisque Pyrard ne dit rien du tabac, taudis qu'il s'étend longuement sur les productions du Bengale, et parle da l'ananas (11), qui avait éié aussi importé aux Indes par les Européens (Voir plus haut, p. 198).
(I) Datait. M<eurs. Institutions et Cérémonie» des peuples de l'Inde, IHl'5, I. p. 94. ('.') Cfr. Eyriti et Malli-Brun. Sour. Ann. Voy. [S 10. (3i Otte espèce île pipe révèle son origine chinoise.
(4) Cit. Eyrièi et Malte-Bran. 1. c. IxU. I. p. 3rtl.— <",> Manteyuza. Indie, 2.» «A. MiJ.iuo. 18*4. (•'<) Coite roriUH «le pipe y lut certainement importée .les Indes (Voir ci dessus, p. l'J7>. (T) Ouvriers chinois, aiusi nommés partout.
(5) Le U./i de Héuarès su fait suivre .ie son porte-pipe , teiiaul uu énorme wrghileh, tout en argent. avec un tuyau plu* loug <|u'un serpent boa.... Kt il (unie avec une mujeatë royale dan» son «pleuiiide nitrphileh {Mantejaua. I. c. H. pp. 37. US).
('.>) Baden Powell. Economic product, liWs. p. 3f»4.— (10) Demertay. Du latrie, fans, I HT» I . <tl> Duval, Voyage de François Pyrard de Laval (Nouv. éd. Paris. 1070, 1. pp. 235 et suiv.).
La nouvelle coutume y prit bientôt do profonds racines. En effet , Oegrandpré en
parle ainsi : C'est surtout au Bengale que le hucca est en usage, et l'on y fume ordinairement après les repas. Chaque préposé au hucca (hucca- ber dur) prépare celui de son maître dans I' appartement voisin , et vient le mettre près de la table. On commence à fumer, et pendant une demi-heure on n'entend que le murmure de la conversation habituelle, tandis que toute la pièce se remplit d'un épai9 nuago de fumée, qui ne pormet plus de distinguer personne. Cela fait uu'impression très bizarre au voyageur qui arrive, et s' il ne possède pas de hucca , il se trouve dans une position fort embarassante. Le plaisir de fumer a gagné même les dames. C'est une grande faveur que d'accorder la préférence à un homme pour fumer dans son hucca. En semblable circostance il est de simple politesse de retirer le hucca , dont on se sert , pour en présenter un neuf a la dame, qui le demande, et qui no tarde pas â le restituer. Cette courtoisie n'est pas sans eonacquenct.-; elle signifie parfois beaucoup pour un ami, encore plus pour un mari. Le tabac n' est qu' une partie des ingrédients , qu' on brûle dans le hucca : on y mêle des fruits socs, du sucre et d'autres choses qui, réunis à l'eau de rose (1), dont on mouille le tuyau serpentin, donnent à la fumée un parfum extrêmement suave. Et la fumée, en traversant l'eau de la bouteille du hucca pour arriver à la bouche, acquiert un degré de fruicheur, qui la rend des plus agr 'viblo (D.
La culture du tabac commença aussi dans le bassin du Gange dans les première» années du dix septième siècle , sous le règne d' Akhar (3) , et acquit à partir do cette époque un développement régulier, au point qu'en 1600 les navigateurs européens pouvaient refaire leurs provisions au Bengale (4). Ou en produit d' excellent et en abondance i.Yi dans la ivgn>n de Raegpour et io long des rives du Bramapoutra (6).
La propagation de co nouvel usage chez les peuples du Nord Est de l' Hindoustan ne diminua en rien cHiii de l'opium, qui l'avait précédé. Les Anglais introduiserent et augmentèrent môme l'usage de I' opium chez les autres peuples de l'Asie continentale et insulaires, et dans ce but ils eu élargirent et en monopolisèrent la culture exclusivement a leur prufit dans les immenses régions des Indes (7).
(1) Fantar confirme qu'on avait l'habitude de remplir la bouteille avee Je l'oau Je rose (Voyage du Bengale. tra«i. Ltnglte, I. p. 'Al i).
(2) Oegnaipré. 1. c. II. p. 12. — nu emploie (1711) au Beiniale contre les vera des plaies le j us <ie tabac mêlé a une pâte .in chaux {cfr. Lettre* édi/Umtes et curieuses. Pari». n?i. Recueil, XV. p. 407).
(A) Rtclui. 1. c. VI». 1*73. p. 04fi.
(4) Baraiar. Voyage au Grand Mogul, 1711. 11. p. 334,
(5) Turner. I. c. I. p. -4;— farster, Voyage du Bengale à Petersbaurg. traiL Unalis. ISilH. 111. p. 532 (fi) Cfr. WaproU». io Evrièt et KUprotti. .Vomi-. Ann. Voyag. I828. XXXVII. p. — Le* récentes
(lt<28) cultures expérimentales exécutées au Hengale avec des urniues île tabac de Cuba el de Virginie» y out duuué des résultats tellement extraordinaires, que moine les cultivateurs de thé de I' Assam s'en «ont émus (Vm Scharzar. Fnchm/'inmsche BerichU »ï. d. osterr. ung. Exped. nach Siam. China und Japan, ISOf TI. Stuttgart. I. p. 7*).
(7) L'importance de ia productiuu et du commerce de i' opium indien ressort jusqu' à l'évidence des notes suivantes.— I.e meilleur opium s'obtiout à Pallia, sur le tiaoge, d'où ou le transporte dans toutes les Indes et chez les Malais, mais l'une manière occulte, l'usage eu étant interdit chez eux sous peine de mort... t-es rives du Gauge produisent les pavots ies plus riches en opium, en comparaisuu do tout autre pays (Groia . Voyages ttu.v Indes Orientales, trad. Harnaïuiez, 1758. p. l»2). — Il sort chaque année de l'alna par la voie >iu (louve et de la mer 'A ou 4 mille paniers d'opium, du poids de 3UO livres chacun. et du prix de (Vu) francs sur place; mais il n'est pas rufllué i-omine celui do Syrie et de l'erse, ci pour ce in«>ni sou effet est dix fois moindre. La passiou effrénée de I* opium régne dans tous les pays orientaux, lloaucoup de geus le fument avec le tabac; d'autres Io preuoeut dans les boisons et dans les aliments pour s'enivrer, ou pour se donner du courage dans les moments de désespoir, ].e Gouvernement chinois e^c le seul (>). qui an pensé à extirpé un usage si nuisible eu interdisant sovèremeut (') l'entrée dans sou pays; mais les autres peuples en tout une consommation incroyable (Butchini. Sw:<i Oeogr. trad. Jag««iaji«i. 177'J , XXVIII. p. WA). — Guazipour. située comme
d) Autres B«gions.-L' usage nouveau, du tabac en se répandant dans toute l'Inde pénétra forcément dans les Cours de tous les autres Etats dos régions centrales et nié' ridionales de 1' Hiudoustan , et encouragea les peuples à cultiver largement dans les zones adaptées à cette culture la nouvelle plante américaine accueillie avec tant de faveur.
Rousselet raconte (1863) que dans lo royaume de Bhopal (ville située sur les confins du Gundwana et du Malwa) quand la Roine s'asseoit sur le UOne de velours vert les serviteurs doivent lui préparer le hukah royal, gigantesque instrument haut de trois pieds, orné de pierres précieuses. Le gros fourneau est rempli de guracco (mélange de
Bénarès sur la rive gauche du Gange . a une grande importance commerciale. Le Gouvernement y possède de vastes établissement pour la préparatiou de l'opium. Cette région produit pourtant aussi du tabac, qu'on expédie à Calcutta (Reclus. I. c. VIII. 18R3, p. 302). -Le pavot d'où l'on tire l'opium (Papaver somniferum) se cultive surtout dans 1rs districts de Rénarès, l'atoa et Malva. La culture en est pénible, et le produit incertain.... L'instrument adopté pour les incisions a trois lancettes recouvertes de coton presque jusqu'il ia pointe pour les empêcher de trop entrer, ear alors la matière sortant des incisions coulerait à l'intérieur et serait perdue. Les incisions se font dans chaque tète, trois jours de suite.au moment du soluil. Le jus qui en sort se solidifie» l'air assumant une couleur brune. On le recueille au bout de quelques heures et on le met dans un vase avec uue égale quantité d'huile de lin pour l'empocher de sécher. On le réduit ensuite en cones ou en pains, et quand il est bien séché oo le met dans le commerce, enroulé dans des feuilles de pavot ou de tabac, par les soins de la Compagnie anglaise des Indes. Le pavot rapport moins que le tabac et la canne à sucre; mais les Anglais encouragent les propriétaires du sol à le cultiver. en leur faisaut des avauces d'arpent. L'op'um à fumer est cuit, pliiltré, recuit jusqu'à ce qu'il prenne la consistence et la couleur de la tbériaque... Oo vend dans les houtiques cet opium, appelé CiandU par les Chinois, au poids de l'argent... Les Chinois employés à ces opérations le fument dans de petites pipes faites exprès (Yien tsiang). mettant chaque fois une quantité de la grosseur d'un pois... L'effet narcotique de l'opium dure de 40 à 60 minutes. après lesquelles le patient reprend p-u à peu ses sens, sans éprouver sur le moment le mal qu'en souffre l'organisme. A Singapore, ou les Chinois sont nombreux, la consommation de l'opium est chaque année de 300 grains par tète; à l'Ile de .lava elle est de 40 grains. Pourtant eu Chine, oh l'usage de fumer l'opium est si répandu. on ne calcule que 140 grains par tète: mais cela tient à son prix élevé... Cependant il y a en Chine des fumeurs éprouvés, qui arriveut à consommer jusqu'à 100 grains par jour. L'usage d'avaler des piluies d'opium, commun à tous les pays mahométatis d'Orient, et à l'extension duquel a certainement contribué la loi du Coran, qui defend le vm. n'est pas considéré aussi nuisible à la santé que de le fumer (Viaggio intorno al glubo délia f regala auslriaca Sortira. 1S57 9. Vienna, 1WKJ. 11. p. 94).— Mints gam observe pourtant que les Hindous fument l'opium presque en se cachant (India, itne éd. II. p. 63).— I. a production île l'opium est. comme ou l'a déjà dit, l'objet du Mooopole du r.ouvernemeut. tuns la Présidence du Bengale la contrée la mieux appropriée à la culture du pavot s'étend sur les deux rives du '.ange dans uu quadrilatère de 2on milles de largeur sur flot) de longueur, compris entre 1rs grandes vilies île Goraklipour. llazartbngh. Dinùg' poor et Agra. L'Aministratioo du Monopole n'ohligp pas les paysans hindous (ryot) à cultiver les pavots; mais ils le font par motif d'intérêt. Pour donner une idée de l'extension de celte culture, il suffit de dire qu'en 1850 le chiffre des contrats montait presque à 22 mille, et qu'il y avait plus de 100 mille familles de colons adounées dans cette partie de la vallée du Gange à la culture du l'apaver somniferum album. On fait aussi de l'opium daus la Présidence de Bombay, mais là le Monopole anglais rencontre un formidable conçurent dans l'excellent opium du Malwa. réputé, à tort ou à raison, le meilleur de l'Inde, qui est préféré même en Chine à tout autre, et qu' on paie excessivement cher (Viaggio piltoreseo nelle ludie Orimtali. Torino. ÎSTO. 1. p. 210).-Eu 1809-70 l'exportation de l'opium fut de SS683 corbeilles ou paniers, pour la valeur de 117 millions de roupies (chaque roupie vaut environ fres. 257) cfr. Voe Schener. I. c. I. p. 23. D'après Butler l'exportation annue.le de l'opium est de 50 millions de del lards équivalent à environ l't millions île L Sterling (Butler . 7Ae land of (lie Veda, 1ST-', p. 70). — Dans l'Inde, apréi les céréales i'op:uru est la denrée, qui donne lieu au plus grand mouvemeut d'affaires, noo tant pour sa valeur réeile que pour celle que lui procure le Mouopole.... Dans les districts dépendant de l'h'mpire indieu la culture se règle sur les demaudes de chaque Etat, ta valeur marchande du produit exporté en Indu-Chine ut on Chine est de près du 3<)0 millions de francs par an. et le béuéhVe net du trésor de l'Kmpire est de 225 millions de francs: plus du double de ce gagnait le Gouvernement avec le commerce, quand on Ht à la Chine la guerre de l'opium, pour l'obliger à recevoir le funeste narcotique (Réélus, I. e. VIII. p. 04.">).
tabac et d'aromates), au-dessus duquel on entasse quelques charbons brûlant» Le premier soir, où il alla à la Cour, l'arrivée du hukali fut cause d'un incident, qui occupa la petite Cour et aussi la ville. Le huka berdar agenouillé devant la lieine lui présenta le riche bouquin d'ambre, qui termine le tube. La Reine l'approcha de ses lèvres et, après avoir uspiré quelques fortes bouffées de fumée, le passa a eeiui (selon le cérémonial), qui était assis ù sa droite. Sans hésiter celui-ci prit I' ambre et aspira à son tour la fumée odorante. La pipe, faisant le tour, passu ensuite au premier ministre. Qui la reçut avec hésitation: tous les regards étaient fixés sur lui. car les musulmans, considérant les Européens comme des infidèles, et par conséquent des êtres immondes, ne peuvent toucher un objet souillé par leurs lèvres. Le ministre se trouvait dans un fâcheux embarras : s'il refusait la pipe, il insultait 1' Européen, et risquait de mécontenter la Reine; s'il l'acceptait, il offensait les préceptes de Mahomet. A la fin, les intérêts temporols parurent vaincre les préoccupations spirituelles, et le ministre, appliquant timidement l'ambre à ses lèvres, aspira une légère bouffée de fumée. L'exemple était donné, ot les autres Musulmans acceptèrent le hukih sans scrupule. Mais cette pipe de paix aurait pu facilement devenir ainsi un brandon de discorde (1). Diverses formes de hukafi s-;nt représentées par Routselet aux pp. 481,544,577,699, et dans la table annexée à la p. Ô84, où l'on observe un Rajah des provinces septentrionales de l'Hindoustan, qui fume dans un splendido hukaJi.
Tavernier affirmait, dès ltJ66 , que le tabac était produit en grande quantité dans les contrées de Brampour, entre Surate et Agra, il put même observer qu' ou perdait quelquefois la récolte à cause de son abondance, qui en faisait perdre Ja moitié (2).
Dans la province de Malwa, qui forme un haut plateau immense de l'Inde centrale, on cultive (181b) aussi le tabac; mais la production ia plus importante de cette contrée est, ainsi qu' on 1' a déjà dit ci-dessus, le pavot d'où l'on tire l'opium pour la quantité annuelle de bOO mille livres (4). Biisah qui se trouve, pour ainsi dire, au cœur des Indes, produit (1701) 1b tabac le plus délicat et le plus parfumé des ludes, la plante y étant élevée ù l'aise (f>). En éffet, Routselet ajoute à propos de ce tabac: Le district de Biisah, une des plus riches provinces du royaume de Scindia, est célèbre parson tabac estimé le meilleur de l'Inde, car son arôme peut se comparer à celui des plus lins tabacs de la Havane. Mais il est très difficile de l'acheter, quoiqu' il n' y ait pas de bazar, où il ne soit pompeusement (18b8) annoncé dans la montre (6). Mac Carthy remarque aussi que le tabac produit dans les environs do Biisah est le plus estimé de I' Hiudoustan (7).
Les Européens, qui faisaient le commerce ie long des côtes du Coroinandel, y avaient importé, ainsi que sur les cotes Occidentales, l'usage et la culture du tabac. C'est ainsi que cette plante put pénétrer p=tit a petit daus les régions intérieures de la partie méridionales de l'Hindoustaii. La certitude que le nouvel usage dut aussi y être introduit dès le commencement du dixseplièmo siècle ost piouvée par le fait que Floris, reproduisant dans une table le dessin de la ville de Masulipatan 1.1614!), y représente aussi une femme hindoue, assise par terre , fumant une longue pipe (8). Dellon (9) re-
(!) RsMtsIet. L'Indta, Milano, 1477. p. 440.
(•2, Tavsniitr, Recueil de plusieurs relations. NSrtl, 1. p. loi; II. p. 304.
(Ui l.\>|num, uue îles récoites principales de la région Je Malwa est le tf'au de toutes lea population de ia contrée. Avez vous uns je i opium! Telle est ia première question que i'ou pose à l'ami qu'où rencontre (Raclui, .\out>. Gëogr. unir., Vlll. 18**. p. 238).
(4) ■alcoln, m EyriSs et «alto-Brun. I. c. 1824. XXIII. p. 1)7.
1,5) ReiMll. Description... rte l'Hindoustan (trad. BoiMbMtldM. l'aria. 1800, II. p. 337).
(fi) Roaisslst, I. c. p. 403.— (7) Mac Carthy, Diet. umv. géogr. Paris, 1835 (à la parole Biisati).
(8) Prévost. Hist. gèn. voyages. Fans, IX. p. 61.— (V) Dsllsa, Voyages, 1709, L p. 117.
marque que les Chrétiens évanszélistes (selon St. Matthieu), qui étaient surtout très nombreux au Coromandel, observaient strictement le j«û.ie du carême, jusqu' à se priver de fumer le tabac, ce qui n' était pas pour eux une petite mortification (1669).
L' usage croissant de fumer y fut. aussi exploité pir les Souverains au profit de leurs finances. Et vraiment, depuis 1645 . lorsqu' un étranger se présentait à la porte de la ville de Oolconde (1), il était fouillé mmutieusi-ment. S' il étiit porteur d» tabic on de sel, il devait payer un droit, qui constituait d'ailleurs* le plus imp utant revenu du Roi (2).
Dans toutes les régions méridionales de l'Hindoustan, ;iu m 'pris de la pipe ou du hukak, on a l'habitude de fumer aussi le tabac roulé dans une feuille verte en forme de cigarette (3).
La région de Cocormda, située sur le bras septentrional du Godavery , produit de l'excellent tabac (4). Parmi les meilleurs tabacs des Indes il faut citer celui qu' on récolte près du village de Woodanum (Nord-Cireurs) le long du fleuve Krishna, d'où l'on tire la célèbre poudre a priser dite Mawdipatam snuff, et dans le delta du Godavery (ô). Dans la région de Masura aussi, près de Madras (G), précisément à Coimhatore (7), et. à Chelam ou Sclam. on l'on en cultive beaucoup. C'est dans le district de Dindigal, qu'on obtient la plus forte production (8). On en produit dans d'autres p u'ties de i* In le Méridionale (y), et l'une des principales industries de Pondieliéry est précisément la préparation du tabac (10). La graine du Manille réussit à P.iltni , mais le produit de Wynaad est encore meilleur (11). Le tabac du Karnatico central est peu estimé; mais dans les environs do Colar on cultive d'immenses quantités de pavots pour faire de l'opium et fournir les graines des gateaux sacrés (12). Dans la région de Karnatico, près de Madras, l'usage du tabac en poudre est très commun chez les naturels hindous; mai-* les musulmans seuls fument. Un Bramine, qui se permettrait l'usage de la pipe, perdrait sa caste (18).
En résumé, les régions où V on cultive le plus le tabac se trouvent dans les districts dos Présidences de Bombay et de Madras, dans le deltj de Godavery, et au Bengale.
(1) On a déjè dit plus haut (p. 201) qu* Mttfioltf avait observé dus 1H22 la culture du tabac récemment introduire dans celle région.
(2) Tamiitar, I. c. II. i. 1. pp. I»! -2.
(3) Craaiidier (cfr. ChariM et Trtvt», 11 Giro del Hondo. XI. IStM, p. 371).— I.' usage de la cigarette devint commua chez les Malais, comme oo le dira pm» tard.
(4) Iteclut. I. c. VU. p. 41».
(5) Whltala» AImIIs (i. c.).— Dans l'Ile du delta on produit ie tabac lunka (Lock. Tobacco. 1HS« ( p. Ifi"). (0) Au sud de Mainour, la vule d'lltakornuun, chef-lieu m NiU-liin Ht principal sanatorium de l'Inde
Méridionale, éleva datis ses jardins les premières piaule» de Cinchona (quinquina) du Pérou un 8(30. et deux ans après 25 mille de ces plantes y prospéraient... Il y a eu aujoui'liui de vjstes forêts (Reclui- I. c Vlll. 1883, p. 5871.— Il est juste de ilire que i'tntroducuon ie la Cinchona {quinquina) dam l'Inde est due à l'éuergie ti à la persévérance infatigable d'un seu: homme (CIsiMnU Markhiia). qui y imporia les premières graines de l'Amérique, eu IHCO. l'n quart de siùcie s'est a peine écoulé, et Uéji au Nilglnri plus de mille acres .ont cultivés à quinquina avec 570 nulle plantes :» lulies... Les espèces introduites août ; îa Cinchona of/tetnah* et la tweirubra; ou a aussi essuyé la culture de la C. Catisaya et d'autres... Ue l'étabiissemeat central du gouvernement m Nilglnri, ie quinquina s'est propagé dans les céreaux de l'alnn du district de Madoura. et dans le Waïnade daus l'Eut lie Travancore, Il a été aussi tutroduit au Mysore et dar.s la Birmanie anglaise. Eu IH777S la récolte du Onuveruemeot du Nilgbin fut de 138.SUS livres, avec un bénéllcc de 35*75 I.. Steri., ei uue dépensa de 6'J77 L. Sterl. A Darjeeliog on récolta 344.225 livres, qu'on exploita sur place your en tuer 51 «2 livres .ie quiuine (■aataiam, India, 2.' ed. I. p. 201).
(7) On exporte aussi du tabac de Coîmbatore (Unaltt. Mo numenls de VHindouslnn. Pans, lS2l.l.p.luO).
(S) Lock. I. c. p. 1(57.— O) Raclas, I. c. Vlll. pp. 5t5B-'J.
(10) RkIm, I. c. VI L p. 503.— (Il) Lack. I. c p. 107.
(12) Unoltl, I. C I. p. lO».-^ Unfits, l. c L p. 'M.
Maigre* le climat favorable la qualité client inlei i< ni e, et, est pi esq n'eut ioieinent consommée dans les Indes, à l'exception d'une petite quantité qu'on exporte (1); et s' il était introduit en Europe, il ne servirait que comme poudre (2). Les champs de tabac s'étendent sur plus de 20O mille lu claies dans le péninsule hindoustan*. \jb Tiiirhrut, le Coconada, lea îles du Godaveiy, les campagnes de Deitdigul et de Tritchinapoli sont les régions qui donnent les meilleurs produits (3). Les vaiïôt 'e Sural, BUnah et Sundotcay (Arracan) sont les plus appréciées. Les d.-nx premières réalisent dans la région de Calcutta, mais on y préfère lu Cnhool
Kn 1871-72 on a c ultivé au lie »«.•«'«• pies de {km mille âens en tabac; wo mille au Punjab; »J5 mille en oudh; 00 mille au HuiiRpore; 5 r » mille dans les provinces centrales; 40 mille dans le Tirhoot; 24 mille dans le Cooch Bélnr ; 20 mille dans le Mysore ; 20 miile dans le Dinagepore; 20 mille dans le Puineah; 18 mille tlans le Behai ; 13 mille dans le Burma; 10 mille dans le Monghyi, 10 mille dans le Nuddeu. Les meilleurs tabacs sont ceux de Sandnway , dans l'île de Chebuda, province d' Arracan, do Rungpore du Bengale, et de Bilsab dans les provinces centrales (5).
Le tabac.Monopole de la Compagnie des limVs, lui rapporta.on 18. r )2, 60ô mille roupies, • d'environ S fi s. 27) (6). Kn 1889 90 sa production dans les Indes anglaises fut d' environ 100 millions de Kg. Ce qui indique que cette région vient pour la quantité du produit immédiatement apré.-» les r.tats Unis d'Amérique (7). Actuellement sa production arrive au total de 170 miMions de Kg. (8>. Kt Schener ajnut.o que 1' Inde s' efforce de rendre chaque jour plus rémunatives la eult m* - et la fabrication du tabac. Aussi pour la supeiH.-ie cultivée (393,ot»4 acres) cette région ne le cède que de peu aux Etats-Unis d'Amérique. Jusque dans l'Assani (.où est si d -v» lop) »'•>• la culture du thé) les cultivateurs tournent leur attention sur le tabac, dont la production set ait plus lucrative et moins fatigant»' pour eux. Les chiffres suivants démontrent l'importance qu'ont prise dans ces dernières années l'importation et l'exportation du tabac «lans l'Inde (9):
Tabac en
feuille
Tabac fabriqué
Anné««,
lui]., rtatiou
Kiporlaiiou
Importation
Exportation
1871.77 188îl 64 1888-89 1 889 "î)0
Kg. 261. lou
Kj. 4,7fi0.oou „ t»,2SS.HHS
. :j,:jw,<)-io „ :l.ir>.i,l4N
Ke. 481,077 . :I23,U30 . 059.471 , 522.401
Kir. ISo.OiX.
. 254,l!>5 . X2£flî2 „ 274.2**
(I) L'éoorme quantité de tahar j.ro-iui t e ians ie< :a lea sufllt n peine a la i-ousomination locale aiiiti importante que i-lie/ auire< peupos .1' Asie. Ii ne vient presque r:en >ie ce produit indien sur les marchés européens. l.Vxportalmu annuelle, qui varie de 500à"»K) mille roupies, est exclusivement dirigée sur Aden. Maurice et quelques autres localité» asiatiques (Von Scktrw, h'nchmihinise.he Herichte û. d otlerr-ung. Exped. nnch Stain . t'htnn nnrt Japan, imix-TI, Stuilsari , IS7>, I. p. TH..
<0> DarartMottr, lite Ceogr. Yerbr. ». <i. Prod. it. Inbakbau*. lS'.m. p. :*\
Ci) RmIim, I. t. VIII. p.«4tf.-l.s Hindous ont aussi l'habitude de mêle.' au tabac les feuilles «le V Eugenia Pimento. At> la 7upulm. au Rhododendron cmnpanulalum et iiu Marrubium odorati* itmum (Cookt, 7/nf teven sister* of the sleep, Loudon. p.*j'J;.-(4) Ftrguiion. I. c. pp. A>. 5».
t5> Lock, l. c. p. 167.— ((I) Lavillé*. I. c. 1802. V. p. -Ici '.- (7) Oirnitatdtar. I. c. p. ôtf.
(S; Sckirur, Lit ritn econotmea dei popoti (lu Uibl. E:on. T<r.iM, ISti,"», U. p. llli.
{») tu IBW-70 I.. v.ieur le .*.iiiporuti„u ,i u tabi.c fut .le "l*lô roupie* (Voji Scktrzw. I.e. L p. 24) avec ua droit û'eutrée de 10 u | 0 (Vm Sebintr. 1. c 11. p. 360).
OuHI* — U moin dm Tttae. i;
»■') CaylkD. - Arthus (I) parte ocs produits et dos échanges de file de Ceylan (2), observés en 1601, dans le voyage du hollandais 6. Spilberg; ii remarque aussi que cos naturels comprenaient déjà la langue portugaise à cause du commerce que les Portugais y exerçaient (I. <:. VU. p.17); il parle des mets préférés des Singludais; il observe qu'ils n' aimaient pas les vin, et qu'd y avait déjà des musulmans naturalisés, mais il ne dit rien alors, ni plus t;ud en j 607 du tabac (I. c. IX. pp. 27 il). Pyrard en 1001 n'en fait non plus aucune mention (3).
Cependant, à lu suite du contact qu'il» eurent avec les Portugais et les Hollandais, les Singhalni* apprit eut. l'usage du tabac dès le* premières années du uix septième siècle, presqn'en même temps que les 11 udous. Aussi les créoles, généralement tris paresseux, passaient ils (eut temps à boire et à fumer en se luisant de longues visites (4j.
Le capitaine anglais Knox (ôj, qui y séjourna de 1600 â ps&o, fait les remarque* suivantes sur I' usage île cette plante chez les indigènes. Ce» peuples , dit il, quoique considèrent comme un vice pi etidie le tabac, s'en servent tous néamuioins , hommes et femmes, mais plutôt | oui le mâcher, que pour le fumer (I. c. 11. p. 211). La nuit, quand ils s'éveillent, ils lèvent pour mâcher du bétel (0) et du tauac; puis ils retournent se coucher en chantant, des chansons jusqu'à ce ils soient, reudoiims u. c. 11. p. 217). Des qu'un visileUi se piesente, un lut otltt du bétel et du tabac; se l'on s'en abstient, cela signifie que Ja visite n'est pas agréable v l. c. IL p. 20U). Il faut toujours recourir au tabac, si l'on Veut leur ollru queiquechose qui leur fasse plaisir. Ainsi lii-il quand il se piésenta devant deux Ht amines du Malabar et Je Gouverneur do ia province de Colhwilla (l. c. 1. p. 2i>9\. t el us.ige ne tarda pas a se lepandre aussi chez les tribus sauvages. Comme pleuve, Kaox rvpi uduir. a figme d'un sauvage tWaddau) fumant avidement une pipe européenne. Et il ajoute qu'us dévalisent les chariot», faisant le tratic avec les ports de mer, pour s' eu approprier les marchandises, n" ayant que ce moyen de se procuiei le tabac , qui Jour manque » t qu'ils ne savent pas produire, n'exerçant aucune outline, et vivant a I' état sauvage (i. C. il. p. 100,1.
Kn pénétrant chez les Siiiigliu.ais, la nouvelle coutume y introduisit aussi, avec des graines apportée* par tes Européens, la culture «I- la plante, qu'ils appelèrent Kapatla (î).
(\) Artkua, ni CM Bry. lndttie (trient., liiOti.
Ci; Les Portugais découvrirent IVyi.ui en i."n*j. cl ayant loudé la \ oie de Coiomb. n» s'y éiabnreut Mandaalo, I. c. p. 272) tu ÎÔ17 (cfr. Grtgair», 1. c. p. 4.8;. l.s eu lureui «.-liasses eu I0Ï7 par ie» Uollauaais v8«nii«r«t. Voyjge <m.c Indes «neniaies et ■> lit Chute. Sûtes de Sonnlnl, isuo. lit. p. 324). qui <hcupeivul plusieurs poiuis de i" lie jusqu'à .1 Uu du .nx-liuilieiiitj siècle (Vtuggio pUtor. nette Indie , Torino. Js7U. I. p. 70;; mais us y malt-ut exercé le commerce depuis HîU2 <aua4«alo. 1. c. p. 272), ou lifcj-' <elr. Crépira, 1. c. p. 41 «i.
(ô) Diml, Vounge de François Pyrard it Lasal i,uuin. û i. l'an», l'iT'J;.
(4; Oumant 4'Urvilla, \wjage pittmesnue. laM, 1. p. 'Jii : — Perciwal. An account of the Island of Ceylon, I «MM. p. 13ft. — AU «vuiraite, le» Mauiis rendant, a Cey <au out I'naOiluje tie fumer aussi le bung (eliauvre), qui les lait devenir luiieux et sauguiu aires (Parental, i. e. p. 1Ô2. 157;.
(5; Unas. Relation du n,y<ige .(<• l isle tie CttjUn (trad, ne 1'aijgi. IMS/.
<tt; Mast.qucr im remue» de ne ici est uou-seuiement. salutaire, mais encore parfume la bouche et iii>,rcll les deuis. le» Sluglialais ayant eu liorrcur les dents b.aiicbes à tausu de leur ressemblance arec •■elles de» ciueu». LeUl's femmes porteul une petite boite, ou elles mettent de la cllaux buiuide. Cllaque fois qu'eues veulent màciier le bétel, elles éleudeul uu peu de chaux sur la feuine, daus laquelle eues enroulent uu petit morceau de uoix a'Areca, et avant de la màener eues s'en frottent les dents pour its noircir, ou ne uiiu-ue. ji.mais la ferule de béiei saus la chaux et ia uotx j'Areca.Qu se seri souvent de poudre de coquilles torréfiée» eu guise de cliaux (ttuti. i. c. It. p. 24S;-Parcival. I. c. p. 333-23).
(7) Oaawraay. Du -labuc, IH.V..—Us S.ugbalai» l'appellent aussi Uunk ila ; les Rtudieu-i, Dumulu rabol; le» YVeddas, l'«r»c-iu/i<)<a (Kola, en singbaiais . teuilie; (Owchamp* , Carnet d'un myageur au pays du M'eddas, cfr. Cart, Cosmos, XI. Isu-.'-VJ, p. 170).
La culture y prit vite un grand développement, car dès 1639 le tabac poussait dans l'Ile en abondance (1). La nouvelle marchandise se vendit bientôt sur tous les m irchès (2), et fut même comprise dans b's denr'-os qu'on devait offrir e>mme tribut au Roi (.Si. Et Knox en quittant Ceylan, en 1673, ne manqua pus do prendre, parmi ses provisions do voyage (I.e. p. 255), du tabac local, dont le meilleur était celui de la province d'Uvuli (I. c. I. p. 2-U Mais les Hollandais n'en augmentèrent pas la culture pour no pas nuire au tabac des Indes hollandaises (4>.
Le produit augmenta tellement surtout autour de Jaffna, qu'en 17bO il devint un grand objet d'exportation (G), quoique, selon Degrandpr6.il fût détestable (6). La culture s'étendit aussi aux districts de Negombo , Cnilaw et Nia tara (7). En 1812, on établit le Monopole de l'Etat (8i. En 1831 il existait 421«ï h-ctates de tabac supérieur en arôme à celui des Indes. La culture se développa surtout dans la partie septentrionale de l' ile <9). En 1891 et) exporta do Ceylan 2, 8 tri. lions de Kg (1M).
Lo tabac qu" on y obtient aujourd* nui est i on seulement abondant, mais aussi do bonne qualité, et est exporté pour cette raison dans tout.-* las provinces de* 1' Hiudoustan (lb.