‹ Histoire, géographie, statistique du tabacChapitre 16 sur 24 · ST. XIX · texte numérisé non relu

ST. XIX

Diqit

tabac et de 1* action do fumer, ainsi qu' on le verra par la suit*, à propos du tabac en Chine.

h) Biam, Malacca et quelques iloa. - Florit, qui parcourut le royaume de Siam en 1612 (1), et Schuten que le visita en l(WO(2i, parlen t de plusieurs de ses productions et de ses coutume-!, mais gardent le silem-e sur e tabac. Cependant comme dès lo dix septième siècle on avait établi dansée royaume <l»s nombreuses factoreries portugaises, holl .udaises, françaises et anglaises cil, l'introduction de l'usage et «le la culture du tabac ne pouvait manquer, comme do fait elle ne manqua pas. Les Siamois, qui considèrent comme une impolitesse do parler fi quelqu'un sans mâcher de b'-t» (4t, commencèrent aussi à mâcher du tabac tub De sorte qvre chaque Mandarin portait sur soi la boite de bétel et de tabac à chiquer; et par la valeur de ces brjr.es on distinguait la qualité et la caste du personnage (6). Kt il y avait même à la Cour du Roi île Siam des pages clnrg^s uni quement de preparer ces ingrédients d ins de luxueux récipients pour Sa Majesté (7).

Fumer le tabac devint un piaisir si familier pour les Siamois, que les femmes de la haute classe en prirent I' habitude, comme les hommes (8b Elles le prenaient, aussi en poudre, mais peu. Quoique le pays le produise eu abondance, les Siamois en importent de Manille et de Chine, et le fument sans aucun adoucissement, tandis que les Chinois et, les Turcs se croient obligés «le faire passer la funvV par l'eau pour en diminuer la fore. Le Siamois étant fut. paresseux, c'est la femme qui doit s'occuper de tous les travaux d'intérieur et du dehorn pour soutenir la famille, tandis que l'homme passe la -.Ta ud e partie du j ur à dormir, et pendant les quelques heures, qu'il est levé, mange, fume et se divertit (SU. Mouhot rapporte qu'en 1858 il s' amusait beaucoup 5 voir les enfants siamois fumer ses bouts di cigare. ]l s'en servait comme prix pour les récompenser, quand après avoir poursuivi les papillons ils les lui apportaient intacts (10).

La coutume de mâcher et de fumer le tabac s' étant généralisée, les Siamois se mirent des le d:x septième siècle à le cultiver. Il léussit à merveille (16SÔW11V, et ;\ptrtir de cette époque on en produisit dans los r'gi""* de Purcelonc et, rie Cam'mri sur les frontières du Pégou (12i. Le tabac devint bientôt une des principales denrées fournies par l'agriculture du pays (1822) à l'exportation, pour importer en échange de* Indes, et particulièrement du Hongale, l'opium dont l'usine augmente t -mi s les jours malgré son prix élevé (13). Cette culture se développe (14) encore, surtout chez les Tchongs (l'y). Quoique -a production ait beaucoup augmenté, aujourd'hui on n'exporte plus le tabac, car ellp suffit à peine à la consommation locale (lfi).

Au contraire, le* habitants de Malacc:. s'adonnent davantage à l'opium; et le lion-

M) Flaria. m .s/or. gen. vinggt. Wn-zia, 17.il. V. p. I.— C. 1 ' Bchutaa. Hein Hon du Roijaiim- <l.lu Thavaftat, Relation île dn-ers yoyigtt. l'.ms. lii ;i. p. T..

(3) Da Chaaatont Relation de i'nmbasMde â hi mur du roi de siam. IOH7. p. I-".».

(4) Taai a parié île l'usage >iu >k l tcl au Si. un, I. c M. pp. II. '.►>; <<t aus<i La Loubara. in Pra»a»t. Ilisl. gèn rot/ng. IX. p. :iOfi;-Da Cbolty, Journ. d. roijage de Siam. I'»S7. p. ï.' t.

i.Ti Da Chaumaal. i .-. ep 14.2. l'VV,— Baaliaa. ll--i.<en ni Siom. .Jvna. lH/'.7. p. 'J04.

i«, Da Ckauatonl, I. c. p. »W.—r7: Oalaaaria. I. c, IV p. *»7.-(*i M.nttlla et «alla-Brun. Gèogr, X|. IHu3.p. :>'• l

:.-> U UwMra. m Praaeal. I. c. IX. p. r.'X—< \o f cir. Charter, et Tra»aa, I. c. I. |8ft4. p. -".'0.

\\:, Da Châtiment, I. c. pp. 4<î. )*">, -<;•>,. Da Cheiey. Journal du voyage ,1e Siam, Ills*, p. V.T»

(.:>) Crawrfurd. in Eyne» il Malle Bru*. I. c. |s.>.\ XXVI. pu. \>M. M.— l.e met, leur labae s'.a.ti.-ui dans le* «ii-incts àe Cn.-iut.H Hun et ..ie Nam pasei. 011 en exporte lie Rranies quantités en Codiiui-iune et (i.tos la péniusu.e «ie Malacca.

(U.) latalhie. I. c. V. p. '..>> — Palleaoiit. m Sour. Ann. Voyngrs. HI. me IK.">4. I. it. Da Reaiy, .Vow;. Ann. Vityng., Orne Sér. ISfiO. IV. p. -*2.i.

il"> Malte-Bnin. Gèogr. itni< . "une éi Haal. 1S41. V. p. W\

il'ii fir. Dipl. •'. ions. />>". I..>iiii.<u, I s'li •.;>.',«<;<, u. IVJo. p. .>.>.

vernement a même des agonis, dont l'emploi consista à surveiller &,\ns les rues les gens ivres d'opium et à les arrêter, car cette ivresse lea rend furieux et sanguinaires <1). Malgré tout, on cultive le tabac dans toute la péninsule de Malacca, ainsi <|ue beaucoup d'autres plantes utiles de la Floride tempérée et tropicale (2). La meilleure qualité s'obtient dans la province de Tavoy (3).

Pourtant l'usage du tabac ne pouvait pas être ignoré de ces peuples au dix septième siècle, pu : sque les Hindous des petites iles voisines de Singapore avaient l'habitude ilt>S4> de monter à bord des navires, pour offrir du poisson en échange des objets , qui leur manquaient, et entre autres «lu tabac (4).

Cette usage se répandit bientôt aussi chez les insulaires de Nicobar (5), qui, pour recevoir du sel et du tabac d«;.s navigateurs qui y abordaient, leur offraient des cochons et des poulets élevés expies pour cet échange (6). L'usage du tabac y devint commun aussi chez les femmes. Ces insulaires ne se servent pas du hnku indien, qu'ils ne connaissent que de nom; ils fument le tabac en le roulant dans des feuilles de Pandanus, sous forme de cigarettes. Ils le tirent, en général, de Madras et de Birma. On le cultive sous le nom de tombale, seulement dans quelques îles de l'archipel </).

Caranti narre que les insulaires de Nicobar à l'exumation des cadavres, un au après le décès, se mettent autour de la dépouille mortelle, psalmodiant des chants funèbres, et pendant cette cérémonie ils ont 1' étrange coutume de tenir un cigare allumé entre les mâchoires du mort (8).

c) Aanam.-Les Annamite* (9) commencèrent certainement au dix huitième siècle à prendre 1' habitude du tabac. Mais tandis que k-.s peuples chinois, ses voisins, le fument presque exclusivement sous forme de cigare ou dans la pipe.l'Aniiamite préfère la cigarette faite avec du papier très fort. Celui, dont il se sert, a une odeur particulière, qui le fait reconnaître immédiatement. Le meilleur est celui de Long tanh. On raconte qu'un de ses modes de préparation consiste à l'arroser avec île l'urine .le buftV. La vérité est que peu d'Européens le fument. Les indigènes l'ajoutent souvent au bétel, dont ils s uit de grands

(1) Degranderé. Voyage dans l'Inde et au Rengage. t7S<M»K Paris. 18H, p. 7 1 ;— Sonnerai, I. c. III. p.3V'..

(2) Réélut. I. .-. VIII. p. 9lS>.-(3) White. Voyage to Cochin China. 1RÎ4. p. 2fW. (4) Cererl. Voyage <?fr. Collection de lout les royage*. Paris. 1795. II. p. 228).

'55 Kinteouu. h propos li'nne publient -on de E. H Min sur l'usage <ie narcotiques chez les indigéues de Nicobar, <iit : Nous feront observer à l'illustre Auteur que le» narcotiques, dont il parle, ne le sont ai pfu. ai prou. c;ir li n'y a que l'opium, le hachi-'h, la coca. V Amanita musmria, et la Datura d'Amérique, qui méritent ce nom. I.o Hôtel, il >at l'A. tmrle loti/U'-ment, et qui cs1 en usage chez plu» d'un tiers do genre humain, n'est pas un narcotique. Le tabac n'est, tout au plu», qu* uu sub-narcotique, qui ne produit jamais les ha lucinaii.'us béate» des vrais narcotiques (Arch. Antrop. XXIII. Firenie. 1893. \\ 487).

(«) (Hoiweelet de Surer Mémoire* geogr. phy*. et hi*l. pour l'Ane. 1767, 111. p. 12; - Lettre* enflante* et curieiite*. Parts, 1732. Recueil. \. p. <>H.

(7) Svoeotfe. Die Beicohner de* S'kobaren Archipel* (efr. 8el>o»elU, Int. Arch. f. Ethn V. \s»2, p. 2tHj. 18} Cfr. L'unirerto iltuttrato, Mtiuuo, |xr}7. |. p. i'A.

(9) Chez les Annamites ia passion de i'o;num existe surtout dan* les dusses pauvres. t„e fumeur d'opium se trouve donc seu ement dans les misôrab>s cabanes des ouvriers et de« domestiques. Ayant la tète posée sur un coussin et ia pipe de bambou a la main, le fumeur spprociie. de ia f) imme le petit fourneau de la pipe contenant i* opium . et eu aspire 4 ou .*i bouffées d* fumée. Kn général, il fuui de 2(1 à 30 pipes pour arriver à uu deitré suuisittt de lié ,t>tu I* ; e; «unrue chaque pipe coûte 3 ou 4 S'ius. les vrai» fumeurs lunient facii.m-ut pour une piastre .t'opiu u par jour («erlce in CKirto» et Treves. I. c. N. S. III. !«*•;. p. 3S7>. -l/introdui-imn de l'opium dans l'K.upire d'Aiinam était contrebande (1835). qui était puuie de ia peine de mort (Léger, m Recueil dittn. Taris. 1S7S. p. 77). L-s vendeurs et les fumeurs d'opium étaieut aussi punis le la veine de moi-, el lour- biens éiaietit conlisquos Léjsr, 1. c. p. 150).

consommateurs (1). Après le trait (bétel), on offre a I' hôte du tabac haché et roulé en cigarettes de. forme con que (2). Li pipe s'emploie rarement; c'est une importation chinoise. Les Annamites ont aussi ]' habitude île mâcher le tabac, et défaire passer la chique dans un com de la bouche. Ils poilent tnus sur leuis épaules, attachés par un cordon, deux petits sacs de .soie ou de coton, l'un pour le bétel, l'autre pour 1« tabac: ceux des gens riches sont en luocard et recouverts de dessins ai tistiquoinont broiés (tfi.

A propos de la production du t ibac en Annam Giglioli aj >nto : * Le tabac (tlmoc) est très bien cultivé par les Annamites. Jusqu'à présent, cette culture n'était entreprise <iu' autour îles habitations , chaque famille la limitant au nécessaire pour son propre usage. Récemment , pourtant, elle a pris «le l'extension. Les feuilles sont larges et do couleur claire, quand Hes sont sèches. Les indigènes les assaisonnent quelquefois avec du sucre, ou mmsciu Leur qualit'" est bonne, très douce , pareille à celle de Java. Le tabac se met en vente sur le marché de Tuu-due sous forme de petite» tablettes, trèfragde» ot enveloppées dans des fouines de bananier. 1. se vend à raison tie 400 lires le ptkul „ (4).

Kelat., voment à chique partie de cet Empire oil siit qu' .m Tonkin (5) , oil l'on produit io meilleur bétel des Indes (0), I' usage du tabac ne pénéti a qu'au dix-huitième siècle. Certainement l'usage de fuui-jr n'y avait pas p métré en loo\>, puisque De Marini il. c.l n'en p.u.e pis, t onfs qu'il émiouie .es us et coucuaies du pays, ainsi que los productions agraires obie.u >s pu' los l';.)kiuois. M lis il y a plus: a la p. 60 il dit que •• tous ces naturels portent avec eux le bètek tqu'ils app •lient en le ir langue bkni) dans un petit sac un petit pâmer, et l'usine eu est aussi familier , pour ne pas dire plus, que chez nous, en Euiopo, celui du tabac „. Si le l'ère De Marini avait pu remarquer alors l'usage du tauac chez ces indigenes, il n' y aurait, pas manqué de l'indiquer. Baron (Jfrsâ) (7>,et Careri (.1000) yS) , n' en disent lien non plus. Quand cet us.igo y pénétra (au dix-liuitietue siècle) les Jlaudarins, suivant ,a coutume indien. je, se faisaient accompaguer par îles serviteurs, dont quelques uns portaient la pipe à eau, c' esr-à dire le huka indien <9). Et comme le tabac du pays est de mauvaise qualité, on en importe de la Chiue, particulièrement de Canton et de Svatou. Le tabic chinois y arrive coupé pour être fumé dans te huka. Il constitue le prmcip.u article d-> trafic <io la province de Yûii-nain, et représente 00 0|0 de l'uiiportatiou (10). Sui la quantité consommée de kg. 120i mille,

(\i «M-ica. I87J (efr. Ckartwi et Trim. I c. N. S. III. IS7t>. p. 37-t);-L*aK (cfr. Recueil ditin. et de voyages dmit l'Asie Ventrale el l'Krlréme Orient, t'ariï, 18ÎH, p. Ibj).

cigarettes suul aussi ruinée» ilaiis la tcunio de Xipa (Glgllali, Yiaggio intorno al globo detta Magenta, pp. •.".»7- , JS;.

Çi) digital! Viaggio intorno ai globo delta Magenta (cfr. Haalagaua. Archiv. per TAntrop.. VII. Kireuze. 1»;7, p. l'Jty.

<.4> Slgiioli. Viaggio... délia Magenta, pp. UUT-H.-Le pikul équivaut a environ 00 leg.

<:>) l.e mot Ion King sigutile cieur de C Orient, mais ses iiiibuauts .'appelleul Annam, c'est a auv repos de midi (Bérmgcr, Oi'ugr. ite Buiktitg. 1780. IX. y. ."jO-1).— Selou a'auires le nom de Ton km dérivy lie ium King, uu Cour orientale (Da Nanni. Dette Misuom dei pidri delta Compagnia di Oiesu. 10'KI, y. Is.t. long King sigmlle Vuur urtenuite. puur se itistiuguer <xe Si King (Cicuiucuiue), ou Cour occidentale; ;e intime tjue l'e King est la Cuur septentrionale, ni Han King i» Cour méridionale (Confier, m Cera, Cosmos, ill. Tur.uo, 1875 76. y. 281).

(6> Oampiar, Voyage autour du Monde. I7i;», I1L pp. •,'«, Cm;— d« Mariai, I. c. p. («fc-Baran. io Privait i. c. IV. pp. 101, 1^0.

^7; Baraa.iu Prévoal. ï. c. IX. pp. HH. Piô.-.sj Carari. Voyage (cfr. Bartagar. I.e. II. p. 234. et suiv.).

ai, Album des Miss. calh. Asie orientale (Ut-utfcs, par U soc ~. Augustin. L p. 49;.

ilO) Nocantlal. Xolnie geogr.ecomm. del lankino (efr. IUM. Soc. geogr. ital. V Ser. ill. p. ISUU).— fcn AuijuIii la pruductiou luuigéue est Je kg. M6 mine, «1 l' iiiiiioi tuuou Je kg. 76 nulle. Mais la statistique do la production i.Val pas exacte, parte qua 1rs indigène* cu.tiveut partout le tabac uécesaaire à leur propre u»age (Lawlattala, 1. c. p. 43j.

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la production indigène contribue pour kg. £45 mille. La consommation par t<H<- est. de kg. 0,17; et la dépense, de Marcs 0,34 (1).

En Cochinchino (12), ai l'usage du tabac n'est pas plus ancien qu' au Tonkin , il y est certainement beaucoup plus répandu. Là, tout 1* monde fume; hommes et femmes (3). Lca personnes des deux sexes , et de tout age, mâchent le bétel et fument le tabic. Dana ce but les Lochinchinois portent une p< tite bourse, qui est i" ornement principal de leur habillemeut. Tout homme riche se fait suivie .l'un domesnque, qui porte aeulement la pipe et le tabic (4), pendant, que les autres imitent les parasols. Iph <*ventails, le bUel, les crachoirs, etc. tô).

Là aussi les femmes, au contraire des usages chinois, s'occupent, de toutes les alfaiies, tandis que lea hotlines, de nature indolente, (•assent leurs journées dans l'oisiveté (6) fumant du tabac, ou mâchant du bétel (7i. Les hommes ont ainsi trouve, en fumant, une sorte d'occupation, qui les d ''livre de 1" ennui d'une complète junction (S). Les habitués de la Cour fument même pendant les ballets repiésentés par les bayadères (d'après la figure re; rodu te p.ir Chapman, cfr. Malte-Brun, Ann. vo/ag. VIL p. 28). Les enfants fument aussi en affectant une ridicule gravité virile t9) , et. enfin les condamnas à la décapitation, jusqu'au moment du dernier supplice (10).

Les Cochinchinoi» ont évidemment largement cultivé le tabac dans leur contrée (1 1), ainsi qu'eu font foi Staunton ('. c. I. p. 348) ; Lavallèe <l. c. V. p. Ô40); et Malte-Brun (Gtvg. univ. ô ,nt éd. HuoL 1841, V. p. 3S0).

Comme tous les Ochinehinois fument, sans distinction d'Age, de sexe, ou de classe, le tabac qu'ils cultivent suffit à | oi e à leur consommation (12), quoique toutes les terres de l'Empire Annamite produisent de bonne» téeolies (13). On ignore l a quantité produite par !a Cochinchine. On sait seulement qu'on en impoi te annuellement 125 mille Kg. (14). En 1878 on cultivait en tabac: et en calé 2361 acres, dont le produit est en partie exporté eu Chine (lf>).

Par rapport au tabac la Cour souveraine et les naturels du Kambolje suivent les habitudes des Cochinchinois (16). Mouhot raconte qu' un Mandarin, voulant lui faire une politesse, lui donna une provision do tabac et de bétel (17); et qu'a côté du Roi de Kambodje il y a toujours deux officiers de Cour, qui rampant sur les genoux et sur les coudes lui présentent do ternes à autre un cigare allumé, du bétel, ou de IVau-devie, sur un signe (I. c. p. 310); et qu'enfin le tabac produit dans ces régions s'exporte jisqu'a Bangkok (I. c. p. 298). 1! ajoute que les sauvages Stienghis le cultivent aussi avec le mais,

(1) Lawlaatoli, I. c. p. 56.

(2) Le mot Cochinchine dérive de Kotchin-dijnna, ou Chine de l'Ouest, selon la dénomination japonaise (DWMnt 4'Urvllla. 1. c. I. p. 230).

(3) Aiaau. Choix de voyage» moderne». Paris, an Vltl, vol. II. p. W,,

(4) tttntallo et Malta-Brim, I. c. XII. 1804, p. II.

(5) Moloio». Viaggi» m China e Jartaria nrl iT'JHJ (irai, ital. Milano. IR17. p Soi. (0> ChapiMR (clr. Malta-Brun. Ann. >-o>j. Vil. p 07).

(") Barrow. Voyage à la Cochinehine (trad. Malta-Brun. |rt>7. II. p. -,>44 1. '8) Staunton. An embassy to China, 17*J7, I. p. S-*}.

IV) Thoiiiion. Llnio-Chine et la Chine. 1*J. (tn.d. Vattamara. IS70. p. .Vo. <I0) Parafa), lu Etrioa ei Malta-Brun. i. c. IH2<1, XXXI. p. 347.

(11) U ubac est surtout cuitivé dans les «erres baigno-s par ie fleuve Turoo . que ies naturels appellent H<unio («tauntoii, I. c. I. p. :VM).

(12) Barrow. I. c. II. p. 2«4;-£a corvella Magenta (ISflft> alla China ed al Giappnne (cfr. Charte* et Troïoa. i c. VU. 1*57, p. U >.

(13) DMiort tfUntlllo. I. c. L p. 240.-(i4) Lawioatain. I. c. p. 48.— (lô) Lock, lobacco. 1888, p. 14». (lii) Hemeil d'obserr. curieuses, Pans, 17W, 11. p. JS;— Tbomaton. I.e. pp.47, 54;— Album dit M s»

cathal. Asie Orientate, I. p. 23.— (17) Cfr. Cnartoa et Trtfta, 1. c. I. It»4. p. 322.

et le fument sous forme de cigarette, le roulant dans une fouille quelconque} (i. c. p. 823). Mais si la planto y croit, a merveille, elle ne satisfait pas du tout lo gout européen, et par conséquent, no constitue pas une denrée d'exportation (1).

Feer observe que la Nieoliam frutkosa, qu' ou cultive dans cette contrée, y e.st appelée Thnam (2).

Pkkse

a) Introduction et usage du tabac. Aitchison afntme que la Nie. Tubacum, la N. ru- Mita et la Cannabis set ira (3), employées très souvent comme plantes narcotiques pur loa Persans ne sont pas natives de la l'erse; au contraire, elles y ont été importées (4). Et en offet, Strabon, qui avait, minutieusement indiqué les productions agricoles et industrielles des Persans, telles quo le froment, le coton, le sucre, lea dattes, les tiz, ainsi que l'acier, la soie, les robes brodées d'or, etc., ne parle pas du tabac. Si cette plante avait été connue d'eux, certainement, les industrieux Persans n'auraient pas manqué de s'en servir et de la cultiver (ô). Ebu Baithar, médiein maure du treizième siècle, grand connaisseur lies plaides médicinales employées dans les pays musulmans, ne fait aucune allusion au tabac, ni naturellement à son usage (6). Ibn Batutah qui, voyageant en 1324-25 en Perse remarqua les coutumes des peuples de Chiraz et d'Ispahan, n'en dit rien non plus (7). De même Barbaro, gentilhomme vénitien envoyé su H36 en Perse par la Seigneurie de Venise, n'en fait pas mention en décrivant les us et coutumes des peuples orientaux avec lesquels i) s'était tiouvé en contact, apiès avoir demeuré 5 ans en Perse, et parlé do la u belle ville de Si t as et des marchandises qu'on y trouve „ (H). On n'en rencontre aucune tiace dans Contarini, ambassadeur de la République de Venise (9l , ni dans De Bry (10), qui rapportent une longue liste des denrées, qui se vendaient et s'exportaient de I' Orient jusqu' eu 1580. Enfin, Thevel (11), et les voyageurs anglais Jenchison (1562), Eduards, Burrough, Shierley (15991, et Cartwright, qui avaient visit ' la Perse pour affaires, n'en disent, rien (12).

Herbert parait être le premier voyageur, qui ait remarqué l'usage do fumer le tabac

(I) tir. l»i>l a. Cons. Hep. London. IS'JC..— Saigon, n. IS58, p. «.

<2> Faar. Klifles Cambodgienne* (cir. Jour». Asiat. 7.ine Sér. IX. l'an*, 1877. p, 233).— Il faut remarquer que itaus l'Uni pire d'Atiuam on cultive la forme chinensis de la jV. frulicosa , e' esl-à liire celle prétendue originaire s «s la Ci» me. mai* qui était déjà eukivée aussi précédemment dans la partie ■je l'IU'ie eu- ieca ou fiante, ainsi qu'où i'a du à la p. 2el. Cepeii daiit on panera pius tar.l en détail de cette prétendue Nicouana chinensis. à propos lie l'introduction du tabac ej Clnue.

(3) l'our exciter u la sensualité les Perdus su servent du cliauvre de la manière suivante; Ils en récoltent le* leuihes avant la maturité des içrauies; les lont séeher a l'ombre, et ies pulvérisent, lis uio.eul ensuite celt.- poudre avec du miel, et en fout des pilules de la «rosseur d'un <uuf do pitfeon, qu'il» avalent par deux ou trois à lu l'ois, ou bleu. il* cuisent les «raines de chanvre, avec un peu <ie sel. et ils les mangent an lieu Je en n Ht ure lOlearias. Voyages.... t>n Hosrnrie . larlarie et Perse, 1727, p. 82o). — Les Persans prennent aussi la boeraou appelée Bmigue. laite .futie iinusioii du feuilles de cliauvre et d'une autre drogue. Ses elfet* s.mt te.lunieut excitants, qu'ils portent partais â la loi le. Cela explique la défense qu'en l.nl la loi. Les l^shekis oui aussi introduit en Perse l'usage de tuiuur ies (leurs mâles du chanv re. Ki les promurent des hallucinations agréables, mais u'autt-es fois furieuses, et ceux qui s'en servent, restent deux ou trois heures hors <i'euxméuies (Tawnier, I. c. I. I. V. p. 715).

(4) Altchieei , Sole* t« assist in a further Knowledge of the Products of Western Afghanistan and of Surth Eastern Persia. I Si) I.

(5) Vincaat. Voyage de Mitral* des bouches de l'Indu* (trad. Bllhjcocq, Paru, au VIII. d. I. Ké P . p. 4H2). lit) Ebti Baithar (tr.iJ. ai,. Ssalhtioiar, ,S42>.— (7) Souv. Ann. Voyag. I I7.mu lt!4*, 1. p. |, ,-t suiv. (Si Barbare. Viaggw alla lana et nella Persia, m Hamuiio. Navig. e vtaggi, II. e. is, (. P*i.

(»} Ceatarini, Viaggto fatto m i'ersm (1 4T:t>. — 1 10) D* Bry. lad. Orient., 10**1. VII. p. 72.

(II) Tient. La L'utmograptit*. 1575, 1. t. 30«. et auiv.— (12) Cir. Hakleyt. Collection, pp. i>9, 454.

en Perse, pendant qu'il traversait le territoire persan pour se rendre aux Indes, en ItiSt; (1*.

Olearius (2), qui lit peu de temps après (16-17) un voyage de Moscou à Ispahan, observa que les Persans de tout âge et do toute condition aimaient beaucoup le tabac. Les Persans de toutes les classes fument partout où iss s*' trouvent, même dans les Mosquées, tellement le tabac leur procure de pl lisir. Les Persans l'importaient de Bagdad, où on l'obtenait en abondance; mais ils ne savaient pas le préparer, se contentant d'en faire sécher les feuilles, comme s'il s'était agi d'une herbe médicinale quelconque. On voit à Ispahan des boutiques pleines de grands sacs remplis de détritus do tabac. Les Persans apprécient beaucoup celui que les Européens leur importent (îi), et qu* ils appui. etit Inglis tumbuku, ou Tabac de Virginia, parce que les Anglais (4) le tiraient de la Virginie pour l'importer en grande quantité. Ils en étaient si passionnés, que lorsqu'Oleariut en donnait un peu à son maître de langue arabe , celui-ci s' en montrait reconnaissant, et témoignait le désir de lui rendie service. Les Persans, pour fumer avec volupté, se servent «i'ui.e bouteille de verre, ou d'une noix de coco do l'Inde (5), ou d'un Kithack (courge), qu' ils i emplissent presqu' â moitié avec de l'eau parfumée. On fait passer dans cette eau un petit tuyau, ayant a sou sommet, une coupe percée, dans laquelle on met du tabac et un peu de braise. Le fumeur, avec un long tuyau de pipe aspire par ia bouche la fumée, qui a déjà traversé cette couche d'eau pour se dépouiller des substances grasses et foncées. Ceux qui no peuvent pus se procurer ce luxe , se servent des pipes à très longs tuyaux, et a fourneaux formés d'un récipient de terre ou de pierre (6). Il ajoute qu' il croit que les Persans ont appris l'usage de fumer dans

0) Herbtrt, Travel*. lo*io;-C(« Carsloll», Ong. d. pl. cuil., IUXS. p. I H;-Tiri««uiM. I. c. p. -'IV.

•;•-•> Oltarlin, Voyage.... en Mosco'ie, larume et Perte (ira i. VlcqwUort, I7.-7. p. *3i).

(A) Le commerce exercé par les Kurupéeus duus le liolto IVisique y lut introduit par les Portugal*, après qu'ils eureut doublé le Cap «le Bonne. Ksp -rance. Albequerçue. amiral .l'une esquadre portugais-* lâlï). lu: le premier Européen <jui recuuuut ce gone el n établit sa u.«t ou iBOiehing. Nuora fteogr. trad. ligemMD, 177», XXVIi. p. 'SU). — (4.1 On a dit p.us haut (p. i'J) que la culture au tabac lut implanté e eD Virginie ues 101'i par la premiere colouie anglaise.

(5) t'ela miique qu'Us ont pu uppreudre des Indiens l'usage de fumer le tabac dans m huka. mveut"» aux i rules, pour le grand Akbar comme ou l'a déjà -ni (p. I leurs narghilé* étant tout à fait pareil* à ceux employés dans ie» 1 u- te» Orientales (Ferrario. Costume anlico e moderno. V. p. 31.»).

(«) L'usage du tabac eu poudre (du Olleler) n'est prespie pit* connu dans les parues de la Perse que j'ai parcourues. Ccitil de ia pipe u y est pas non plus très lépaodu. 11 est remplacé par celui du narghilé, qui est une sort d'instrument, ou vus-? en cristal, en métal ou en cuir, à inouié plem d'eau et surmouté d'une coupe ue métal <luiis laquelle on met le tabac à lumer.... Quand on mme le nargiiilé. les premieres aspirations sout presque toujours accompagnées d'une l'une toux. La fumée du tabac ne peur pas arriver aux poumons, même cher les iniividus, qui y sont le plus habitués sans produire une irritation. Apres quelques aspirations le l'eisau est obligé de s'arrêter, et il ne reprend le narghilé, qu'après uuj pause; mais la plupart, du temps il passe le narghilé a un autre. Les Persans ne îurnent pas si souvent i.'i leur nargiii.é. que les Turcs ue fument leur pipe. Généralement lis premiers imueut le manu et le v>ir, ou Jeux ou trois fuis dans ie courant de la journée , tauuis que les seconds fument *iu matin au suir. l'heï les Turcs le riche el i'msif n'a pas d'autre occupation. La pipe, le calé, et dans l'intervalle un chapelet à mam: vodu en quui consiste la journée d'un Ottoman (Olivier, Vtaggio nell/i Vanta, trad. Berjhi. Miîano. islii, 11, p. 7<i,l. Au vol. IV. lab. 1. (Nlvltr représente eD couleurs le Roi de l'erse régnaut alors. FaUi Ali . Citait , ayant en main ie tuyau a'uu élégant uarglnlé. posé â sa droite. Les narghilés de verre, venant de S.t Fotersbourg ue sont généralement pas employés, l'riii en cuir sont plus communs; mais les pauvres gens se ies fannqueui avec le fruit ae la Cwwhttn Lngenaria ... Les riches se servent de Ko Uni n (autre tonne de ::argbué; de grande valeur, eu urgent el eu or, incrusté -ie pierres précieuse*. Mais on se sert aussi des pipes turques (Arlsi. Jl tobacco, p. VXl;-JIt»toire des décourerlet. Lausuuu.-. I7S4. 11. p. ;}<;>j. A Ispahan on fabriquait des narghilés eu cristal (Dupre. Voyage en Vers* fait dant les années iSoT-lUtt'J. Paris. 1SPJ, II. p. lo i), et de Sclurnz on exporte les pipes Je cerisier (Oupré, I. c. 11. p. 12>. — Tawnier rapporte que «laus la ville

une expédition guerrière dirigée contre lo Khan Tamerlan par le Chah Abbaile-Grand (1). Ce dernier eu fut si indigné, qu' il défendit cet usage aux soldats sous peine d'avoir le nez et les lèvres tranches. Dans ce but, il Ht crier à son de trompe qu' aucun officier ou soldat, ou tout autre personne qui lui appartenait, ne devait conserver, ni se servir d'aucune sot t o de tal>ac, ni à fumer, ni en poudre , ni en feuillo. Et comme il sut ensuite que quelques soldats avaient transgressé ses ordres, il commanda qu' on leur coupe ie nez et les lèvrt s, et qu' ils soient promenés dm:s lo camp, ainsi mutilés, pour servir d'exemple. Il ordonna aussi qu' un vendeur de tabac, pris dans le camp . fut brûlé vif avec les feuilles. Le motif qui poussa ce Souverain à interd ; re absolument 1' us.ige de fumer, fut la croyance alors établie que l'habitude du tabac affaiblissait les facultés reproductives; d'où l'on pouvait craindie une diminution déjeunes soldats pour l'armée (2). Naturellement, on partageait en l J erse la croyance turque , ainsi qu' on 1' a déjà dit a propos du tabac en Turquie (Voir plus lnute, j>. 115), que l'abus de fumer rondait les hommes impuissants.

Chardin raconte, en outre, le fait suivant : Abbas le-Gi and, furieux contre l'abus du tabac ordonna pour en dégoûter les Seigneurs que dans un festin, qu* il leur donnait , les narghilés fussent bourrés de fiente sèche de cheval au lieu do tabac. Pendant que

de Tanna on construisait des appareils eu métal (narghilé) pour turner le tabac (avant IQob): cette ville étaut des plus industrieuse, et le grand marché du commerce de la Perse (Tevemler, Le* six voyage* en Turquie, en Verse el aux Indes, ItiTU. I. p. 57). Kl il continue en disant qu' utie grande partie du petit peupie gagnait sa vie eu arrangeant les pipes à tabac qui sont eu verre. Quand elies se cassent, ou eu raccomode les morceaux avec un mastic fait avec du blanc d'ieuf et de la ch.iui: puis avec une a:ètiH a pointe je diamant on tait des trous dans ie verre, et l'on eoui les morceaux avec un Ai métallique très niince (t. c. I. I. V. p. iVJ5).— l.e Kalion qu'avait le Klian Beg, quand il vint visiter Zokarak, était eu cristal et or Neriei, Xoharab. trad. Cuiuil. Napoli, Ia38. 11. p. 4Vj.— ■»> vend à Ispahan dans les boutiques d'énr.i. leurs de riches et beaux Khntu'ois en or et argent émailtés. orués aussi de guirlandes de perle» et de eoraii (Flandl», Voyage en l'erse. II. p. M). -Comme c'était â supposer, la pipe (K'iUun, Xarghileh) du C'tiuli de ï'erse devait être, et était en effet, incrustée de perles et de pierres prêteuses (Heldentlamm. ni Eyriei et Malte-Bran. I. e. 1 82.3, XXVIII. p. — Ouieley. travel* in • arious countries of the e<ut. ISPJ. I. p. Mi). — \& Gurguri k fumer, qui est d'origine mdieune (Vuir plus haut. p. ly") correspond exactement au narghilé, qui a ia même origine (Reustelot de Sirgy, Uèm. geogr, phys. et hut. sur V Asie, I7t>7, IV. p. '272).— C'est pour empocher que le narcotism* du tabac lulluo trop fortement sur les nerfs, et pour déguster plus lentement leur ivresse que les Orientaux laveDt la lumée dans l' eau (du narghtié) , et pour le dépouiller en grande partie de sa nicotine.... Mais comme cer appareil u'usi guères portatif, on a inventé en Kurope une pipe narghilch . pourvu o'un sipuou eu verre pour contenir i'eau, et .pit unit le fourneau avec ie tube; de sorte que la ruinée doit traverser ie sipnuo plein d'eau avant d'arriver au tuyau (Depierrli. Le tabac, IS'.lS. p. ■MX5). — Chirdm. Kaoïnpler. Nlebnhr. et d'autres voyageurs plu» récents: Scott Waring, Mener et autres, ont rapporté ies ligures des différentes furuie des t'iifertn. ou narghilelt, adoptés eu Perse. Les Persan» appellent tutnri le tabac, qu'où fume dans la pipe ordinaire, et lumbaki celui qu'où l'urne seuieaieiit dans le caléan (De Higemeiiter, cfr. Xvuv. Ann. \oyag. ".«.me t>4l. I. p. \:ri).

(I) Oiieret alïirme que les Persans reçurent ie tabac de Y li.-ypte (') et non des Iodes orientales {Encycl. ouïe, éd. I"7.">, XV. p. 5~îi. — Mais i; s'est probablement trompé, car il est plus vranembabie que les Persans aieut tout au plus alors des Turcs I" usage de ia pipe turque, et uou la culture du tabac. — De Cendelle iOng. d. plantes cultivées. 1**3. p. IN) répète aussi, saos ie prouver, que l'usage du tabac fut couuu des Persans par l'entremise des Turcs au cuiiimencement du du-septiomo siècle; taudis qu' il est au contraire pius probable que les Persans I' aient, appris par les navigateurs qui trafiquaient continuellement eolle les Indes et le Golfe Persique. Il faut pourtaut cou venir que si les l'ersaus imitèrent plus la mode indienne eu fumant que la modo turque, le commerce avec les ludes ne fut pas étrauger à ce resiiit.it. eu ieur faisaut couuaiire le tabac et sou usage. Ku effet, on a déjà rapporté a propos .ie ia Région septentrionale de lïliudou»tan ip. '.Ml) que dès I i>sl MeNuld avait remarqué le commerce exercé par les Hollandais, qui transportâtes dans la Mer Ilouge Mocha) le tabac obtenu alors dans l' Hiudoustau.

Ci) i'». Peulli Sinon!» De Abttstt ïn<«t*. )«Ji, l. 5.

les courtisans fumaient, il leur domandu comment il trouvaient ce tabac, en ajoutant qu'il l'avait reçu en cadeau, comnio une chose précieuse. Comme tous répondirent qu' il était merveilleux, et qu' on n'en pouvait trouver de meilleur, indigné, il s' écria : Maudite soit la drogue qu'on ne peut même pas distinguer de flente du cheval (I). Malgré tout, les sévères ordonnances du terrible Chah contre 1' usage du tabac resteront bientôt sans effet (2).

Quand le Chah Sefi, successeur d" AbbasleGrand, décréta 1' interdiction de 1' usage du tabac dans tout son royaume , nans qu'on put en savoir le motif, quelques espions ayant, trouvé dans le caravansérail des Hindous deux riches marchands que fumaient, les arrêtèrent pour les présenter au Chah. Celui-ci ordonna qu'ils soient traduits devant le JJeydan pour être punis; et la punition devait consister à leur verser du plomb fondu dans le gosier, jusqu'à ee que mort s'en suive. Tout le monde croyait alors que le Chah voulait seulement les effrayer, et qu'il leur aurait ensuite fait grace. Mais comme il entendait absolument que ses oidres fussent exécutés, quatre autres Hindous lui invoyèrent dire que si sa Majesté pardonnait au deux négociants, ils verseraient deux mil lu tomans (3> à la Chambre du trésor. Le premier Ministre en fit la proposition formelle au Chah, que se mit en colère, et qui, ayant demandé si ces chiens d'Hindous croyaient qu'un Souverain de Perse put vendre la justice, transmit un nouvel ordre pour faire exécuter la sentence sur ie champ (4).

Cepeudant 1" usage du tabac ne devait pas larder à s' introduire même à la Cour. On raconte qu' Abbas II, tils et successeur du Chah Sell, fit couper la langue à celui qui avait la charge de lui remplir sa pipe de tabac pour une parole imprudente qui lui avait échappé. Le Chah ayant demandé du tabac, un des pages coin ut le dire à l'employé chargé de le préparer, en ajoutant qu'il devait se dépécher. L'employé répondit qu' il fallait avoir un peu de patience. Ma s le Chah ayant entendu lui-même cette réponse, ordonna qu'on lui coupât la langue, et ainsi fut fait (5i. Areb, Khan de la grande ville d' Ardebil (1637), qui était très sobre, abusait du tabac, fumant continuellement le narghilé (G). Par la suite, les Souverains de Perse, même quand ils réunissaient leurs Ministres pour discuter les affaires d'KUtt, fumaient, en écoutant leurs relations. Cependant ils continuaient à consommer beaucoup d" opium (7).

(1) Chardin. Voyages en renée. 1711, IV. p. 32 - (•») UvalMt. I. c. V. p. 140. (3) Chaque lottuin vaut 17 francs. - <4) Ta*«rni«r, ). c. I. I. V. p. ,V.«8. (5> Tawniar, I. c. I. I. V. j>. 010 — (G) Olearim, I. c. p. <Si«.

(7) B<reng«r. I. i-, VHI, pp. .".:55, TÏS7. — Kn plui iu tabac, sans lequel les Persans seraient incapable* de faire quoi que son. ils prennent de l'opium, qu'ils nreut dos pavots cueillis enoorp verts at réduits en pilules. Ut commencent k Its prendre grosses comme une liste d'epiugie. puis peu à peu lis arrivent à la içrohstur d' uue demi noisette. Arrivés à ee degré, ils ne peuvent puis »' eu passer sans mourir, ou s'adouuer au vin. Dans leur jeunesse ou vuit ce» Iheriaku (consommateur* d'op um: parole injurieuse; .iu visage pàk-, triste «l abattus comme s'ils avaient perdu lu parole. Quand il* ont passé une journée s., us prendre cette dregue (qui leur trouble le cerveau et qui. pendant son action, leur fait commettre des actes ridicules et tenir des discours extravagants), pour en éteindre l'effet, ils redeviennent froids et stupldes comme auparavant, et sout obligés de s'en servir de nouveau. Les con somiiiateiirs d'opium ont la vie com te. Quand lis veulent s* suicider, ils en avaient une forte d >se, on butant ou vinaigre après, pour rendre le contre- poison iro-nU-ace. Pour s.! donner de la «al te et se divertir, ils boivent. ;es graines bouillies de ee inéuic pavot. Cette boisson, dite Kok'-/n>ittr. se cou ■ ito uime u.-ii's les iieux de piaisir, pour faire prendre des poses ridicule* à ceiui qui l'a bue (Tmraltr. I. e. I. i. V. p. 71.1.1.— Cela coiillrnie ce qu'avait déjà remarqué Oleariut que l'usage de l'ojoutn. que les Persans appellent uffiithn ou leriak, était très commun parmi eux (!6'.ï7)... Les habitués en prenaient jusqu'à une once à ia l'ois... Les IV-rsaus comme les Turcs croient que l'opium, ainsi que le vin. donne du courage aux irentt timides et les anime dans ie combat. Les lenimes n'en prennent que pour se suicider, ayant ainsi une mort douce et insensible lOlurlus. i. c. p. Kto).-l.es riches le portent avec

C'est toujours un grand personnage, qui est exclusivement chargé du service du tabac et de la pipe du Chah. Le8 sultanes pussent leur vio dans une oisivitô parfaite: leurs plincipaux divertissements consistent à mâcher de l'opium, fumer la pipe, prendre des bains, chanter et jouer de i|uel()ue instrument (1). Quand les courtisans vont chez un Prince, ils restent dans de grandes salles, où on leur présenta la pipe et le café... La

eux, eu pilules (aftun). Le* gens moin* riches vont le boire dans les café» publie», sous forme lie décotiou de pavot.-Ou prépare avec les graines et ies feuilles de chanvre une autre boisson (qhènar) plus uuisible que ia première, car elle procure presque la lolie pour r> ou fi heure», après quoi «lie produit un effet d'abasourdissement et de faiblesse. — Les Mongols et les Hindous administrent aux condamnés de Vttfion inéié de viuaigre. alio que non ne puisse les sauver de la mort. Une petite dose à'afiun muée à la feuille de chanvre rend un homme incapable de tout. C'est pour ce motif, qu'où eu administre aux personnes de la famille royale, que le Souverain veut rendre'incapables de gouverner (HtJdtMtamm. in Ejrto» et «alto-Bran. 18'Jô. XXVIII. p. Ou raconte qu' AMws Ic-Uran i (qui mourut

eu 1«2S après un règne de 40 ans) Ut élever son petit Dis el successeur le Chah l«fl dans la mollesse du harem, et le ht traiter tous les jours par l'opium pour i'hébéter (TartmJer, I. c. I. I. V. p. 570).— HaiMtojittt raconte qu' uu Prince persan, habitué a prendre de l'opium à une certaine heure de la journée, en mauqu.iut une lois se truuvaut en voyage, expédia ses domestique» pour en chercher; mais malheureusement mourut au bout de deux heures à cause de cette privation. L'u négociant anglais, qui avait habité longtemps Ispahan, devint uu si fort consommateur d'opium, que. île crainte d'eu maoquer. il eu romp.it des petits sacs, qu'il lit coudre dans ses habits et à la couverture de son lit (HatMlqiiit, Voyage dinxs le Lermit, trad. Erdaot. ITfS'.t. |. p. 2.77;,— liés «HA Carari observait que nonseulement les Persans fumaieut le tabac, mais qu' ils preuaient du l'opium â si forte dose qu' ils eu devenaient pâles, stupides et insensés (Certrl, Voyage, in Btraflfar, Collection de tout les voyages, Paris, 1795, II. p. 141).— Ku entrant dans une auberge pers.ine on observait des clieuts eu proie à la joie la plus vive, d'autres dans uu état de délire, et quasi hors d'eux mêmes, quelques uus assoupis. Tout cela est l'effet de l'usage de ia décoction de pivot. L*ès qu'on eu a bu uue tasse.on passe intempestivemeiit de ta mélancolie à ia gaité; on rit, ou crie, on bavarde, passant de l'extrême fureur & une joie excessive. Une torpeur succède it ces exiravnguucas: on s'endort aiors, et au réveil ou est très triste. Tels sont les effets de celte boisson dont les Persans sout si passionnés, qu'ils préféreraient piutét mourir, que de s'eu priver (Dtlaptrte, ht royag. franc, 4. me éd. 1774, II. p. 'il»'). — I>e toutes les cultures c'est celle de i'opium, qui est la plus productive eu Perse. Quand les têtes des pavots soul formées et mures. ou arrose les plantes, et l'on fait six petites incisions sur la tige, à la base des tètes. I.e lendemain et les jours suivants, au petii jour, on procède a la récolte de l'opium liquide, qui goutte de ces ouvertures, en le recueillant dans des vases exprès. Aussitôt, que les incisions ont cessé de rendre le suc. ou eu pratique d'autres un peu au dessous des premières; mais l'opium obteuu aiiisi est de moins bonne qualité. L'opération peut se répéter encore une lois; mais alors l'opium est de qualité inférieure. Kuflo on coupe toute la plante et l'on eu vend ies tètes dans les bazars au prix de 12 très, les 3 quintaux métriques. Eiles plaisent à tout le moude comme ies fruits, et l'on en répand les graines sur le pain. Le prix de l'opium varie pour la l.re qualité de 1-0 a 150 fres. les 3 Kilogrammes; pour la .Une. de fiO à HO; pour la 3.nir . de 30 à 40. On récolte fi Kilogrammes d'opium par 4 ou 5 hectares, el de I'.* à 15 quintaux du tètes par hectare (IX RodracluMrt. Souvenir d'un voyage en l'erse, IKH7. p. 157 . Le pavot blanc, propre à l'extraction de l'opium, se culnvo largement daus la région de Schiraz (Bérsngsr. I. c. VIII. p. 614),— Le narcotique, dont la culture a pris 'e plus d'extension d.ios ces dernières auuécs, est lu pavot, dont les Hindous ont enseigné l'usage aux Chinois. L'opium d'Yezd et d'Ispahan fait uue terrible concurrence à celui des Indes -sur les marchés chinois... Les Persans eu donnent aussi à leurs chevaux; mais il est très rare qu'ils en abusent comme du hachich (RmIiii, I, c. IX. It^i. p. 3»4i. — Ku somme, les Persans ont les mêmes coutumes que les Arabes et les Turcs. Lu calé est leur boisson ordinaire; le riz et la viande de mouton, leur uourriture; le bain et fumer ie tabac, leur occupation; et l'opium, leurs délice* (Batching . I. c. XXVII. p. '273i.— Scherztr \ la rito er*n. e com. ttei poyoli. I. c. p. H«>) ajoute: Kn Perse on obtient les meilleures qualités d'opium à Ispahan. Hirmaii. Vez l il Mazenderau sur la Mer Caspienne. La, pourtant, l'opium sert plus p'.ur l'usage hygiénique, que comme stupéfiant. Les gens riches en prennent chaque jour uue ou deux pilules daus le calé, k- thé. ou l'eau sucrée: on lu considère comme étant fortifiant et favoraole à la sauté. Sa production a pris seulement réceiiinieiit de plus grandes proportion-. L'exportation est montée eu effet en !tf»i à kg. ITU.OUO pour la valeur de frs. rt.'.'OO.i h)o.

(I) Tavsrnfer, I. r. I. p. IV; — Ferraris, Il eimtnme "ntico e motferno, V. 1831. p. IH.V

visite entre personnes égales d'un rang élevé so compose de trois actes: premièrement on présente le narghilé et nue tasse de café très fort , -suis sucre ; secondement , une autre pipe et du café a I* eau de rose et sucré ; troisièmement , encore la pipe , des confitures et des sorbets présentés ordinairement dans un bassin d' argent repoussé à (leurs ou autrés ornements (1).

A propos des habitudes des Persans pour le tabac, Taveraier dit: Sous les portiques d' une grand partie d* Ispahan il y a des salles exprès , où 1' on va fumer le tabac et prendre le café (2). Les bancs de ces salles sont rangés en amphitéatre, au milieu du quel il y a une vasque d'eau courante qui sert a remplir la pipe d'eau, et à la laver quand la fumée lui a donné une vilaine couleur. Tous les Persans ayant des loisirs no manquent pas de se rendre tous les jouis, de 7 à 8 heures du matin, dans ces endroits pour fumer la pipe de tabac et boire du café (3). Mais le graiid Shah Abbas, qui était un prince de beaucoup d'esprit, ayant su qu'on discutait souvent dans ces réunions des affaires de 1' Etat (ce qui lui dépl lisait fort), ordonna que chaque matin un Moullak se présentât dans chaque local pour entretenir les clieuts de la loi , de 1' histoire ou de la poi*sie. Après environ deux heures de cette conversation, le Moullali engageait tous les consommateurs à rentrer chez eux pour s'occuper de leurs affaires (\).

Le Persans sont tellement habitués au tabac, qu'il leur est impossible de s'en passer. La première chose qu'on mette ;\ table est la pipe avec le tabac et le cifé, par lesquels ou commence toujours un' orgie. La force du tabac est atténuée par 1' eau du narghilé déjà décrit, autrement il serait impossible de résister à l'usage incessant de fumer, comme c'est la coutume Les Persans, hommes et femmes, s' habituent à fumer des leur jeunesse. Un artisan qui a péniblement cinq sous à dépenser en consacre trois au tabac. Ils affirment que s'ils en manquaient ils seraient aussi privés du damaquè, autrement dit la joie do leur cour. Kn effet, au temps du Rttmatan <5) (le grand jeûne), la première chose qu'ils préparent le soir, c'est la pipe de tab ic, beaucoup en abusent jusqu'à la souffrance, et quand on les interroge, ils répondent que telle est la coutume Thévenot répète à peu près les mêmes observai ions (7).

Ces peuples t'ont un usage immodéré du tabac, et s' en grisent de propos délibéré... Ils avalent la fumée et la tendent par le nez ei même par les oreilles (8>. 11 y a peu de Persans, qui marchent sans emporter du tjulevun et du feu pour l'ailumer. lis ne fument pas continuellement comme les Turcs, qui n'abandonnent, la pip*.* , que lorsque tout le tabac est consumé; mais ils renouvellent le plaisir en aspirant la fumée par intervalles (9).

(1) F«rr»rio. 1. e. V. pa*. 3-13.

(2) A propos ite ces salles. Le Brayn nippon* qu'il y a hors des portes de la ville d' Ispabau des locaux exprès pour fumer le tabac et prendre le café. Les habitant' de lu ville y vout se divertir iLe Bmya. Voyage en Moteurie, en Perse et au.c Indes Orientales, Rouen. .725, IV. p. l'JO). Décrivant ensuite les bazars de L'aclian . >l dit qu'il y :i des endroits pour prendre le calé, qui sunt toujours pleins de gens qui lunieut iL* Brurn, I. c. IV. p. «30). Cula couitrme ce que Olearlu» (i. c. p. T«57) avait déjà remarque eu K537. c'est qu'à Ispabau il y avait des endroits publics appelés Chtttcu-Cane, où l'ou lumait te tabac, et où l'on buvai: du l'eau noire dite chilien (calé). — Nu us panerons plus longuement de I' usage du café, à propos de J' Arabie.

(3) A Ispahan eu veudant le t abat ou lieu beaucoup à dire nue c'est lu vrai Chinai, c'est à-dire du tombeki produit à Cluraz (Flandia. Voyage en Pew. il IS51. pag-53).— <4) Tawnltr. I. c. 1. 1. IV. p. -MS.

(5) Pendant le Beîram. qui est la grand jeune des Persans, et qui dure '-in ou 30 jours, jusq' au retour de la nouvelle lune, il leur est défendu de boire et de m auger durant le jour, et aussi de fumer, ce qui est leur passe-temps préféré... Mais après le coucher du soieii, ieur prière fait, ils so remettent immédiatement à muter Lt Brirya. 1. c. IV. p. 84).

(0) Taramltr. 1. c. I. I. V. p. 714. — (7) TM«eiioL Suite du voytge au Umnl. Hkvj, p. 3ms.

(S) Uùtoire des découverte*. Lausanne. 17S4. II. p. 342.

<U> iDlipr», V. j;/ age en Perse, ts<>: !>, Paris. 1H|«.i. il. p. .pji.

Les Persans, hommes et, femmes, sont tellement habitués au tabac, que les en priver 9eiait leur oter la vie (1). Le plus grand nombre dVnti'eux se passeraiet plutôt de pain que de tabac. Aussitôt que le* ouvriers ont reçu le salaire de leur journée, ils en emploie d'abord une partie à acheter du t iltac et. le reste pour le pain et le fruits, car le peuple mange peu de viande, surtout dans la saison des melons. De sorte .pie lorsqu'il prend fantaisie au Chuh de défendre le tabac, comme il a d-'-fendu aussi quelquefois le vin, cette interdiction ne pourrait pas durer longtemps, car il perdrait ses plus forts revenus, qui montent annuellement pour la seule ville d' Ispahan à 40 mille tomans pour l'impôt sur le tabac; pour Tauris, a 20 mille; pour Schintz, à 12 mille; er pour les autres villes du royaume, en proportion de leur population (2).

Quand Tavernier ai riva en 1(54 3 dans un village persan sur la frontière de la Turquie, en le recevant le Chef du village, lui offrit immédiatement, ainsi qu'à ses compagnons, l'appareil pour fumer (3), d'après la routume persane, quo dès qu'un visiteur entre dans la maison on doit lui presenter tout, de suite le Callion pour fumer, du café et des >iqneuis (4). Et le tabac est toujours accompagné du café selon le proverbe persan: " Le café sans le tabac, c'est comme la soupe sans !e sel ,, (5).

Les femmes persanes passent ordinairement la plus grande partie de leur journée à prend le du tabac sous diverses formes (H), A la tab. I.XI Ouseley reproduit (I. c.) la figure d'une femme persane, qui fume dims un élégant Calean.

Enfin, Forster lappoile que dans son voyage en Perse (1783) il rencontra un acid turcoman, qu'on disait être en proie an démon, et il le délivra on lui fusant verser de l'eau dans le dos et fumer sa pipe (7).

L'usage du tabac en poudre est presque inconnu en Perse (8). Les naturels se sont habitués à ne pas se monchet, et crachent, très rarement (9).

b) Culture. Chardin (10), malgré de nombreuses recherches pour savoir si la plante du labac était indigène, de la Perse, ou si elle y avait été importée , ne put rien découvrir de certain. Il acquit seulement la preuve que les navigateurs européens (Anglais, Portugais et Hollandais), en trafiquant dans le golfe Persique, y importaient beaucoup «le tabac, et qu'on en pratiquait largement la culture des 16G5 G7 dans la Sini me , la Caramanie et dans les r>gioas baignées par le (iolfe Persique, où l'on récoltait la meilleure qualité, I' usance de fumer ayant été alors très répandu par les Anglais. Chardin ajoute que d'après quelques Persans ce furent d'abord U's Portugais, qui depuis moins de deux siècles y avaient importé le tab ic des Indes (11). Alors les Persans no faisaient subir aucun apprêt aux feuilles (J2), pour ne pas les rendre aussi fortes que celles du

(1) Le» IVrsain funieut jusque .i:ms Us Moquées t84r«ng»r. G>}ogr. d« BOidiiag. 1*»J, VIII. p. ,V*>) ainsi que l'avait oûjfi remarqué OUariai (Voir plus liaut. p. al S).

(2) Tavarnlar, 1. t. I. I. V. p. .V.tH. — (3) Tavsrnlar. J. c II. p. 2u4. — (4j La Bruvn. I. c. IV. p. IS«. >:>) Ousslay. 1 ravels in mrious countries of the enst. IMIil, j,, 341.

(<5) Tavsrniar. I. c. I. t. V. p. ~<C>.

(7i Fsrstar. Vvyage du Bengale à l'itersOourg (trait. Uuiglts, 1*02. II. p. 13*1. t») Farrarie. 1. e. V. p. 31'.».— (y) Taftroiar, I. c. I. I. IV. p. b*t\. (h>) Cliardii.. Voyages en Perse, 1711. IV. p. 32.

(11) Cette cruyauce est eu Hi nuée par ce qu'au n ,i.>jà (ht à propos .tu s^jaur .les Kuropéens aux Indes e« <ie leur rommrfce sur le* mers oeciieutales «lo l'Asie (Voir pi us tuut. p. 202). Le tabac élan pour eui uu article lie commerce, qu'us tiraleut, vrrs la lin tin seizième Méfie, .ics cultures entre prises sur une «rauiie échelle, surtout par ies Kspagunl* et ies Portugais.

(12) Mais à ceiieépoquo aux [11 les uuu plus ou ue savait pas préparer les réunie» recollées, comme on l'a du plus haut (p. 202).

Tabac de Brèzil (11, qu'ils appellent Tombant anglais, parée qu'ils l'ont reçu if abord par les Anglais (2), qui, en effet, y importaient le tabac depuis près d'un demi-siècle; ruais les Persans commençaient à. ne plus le rechercher, le Mouvant trop cher (3). Ils s' étaient d' ailleurs tellement h ibitués a fumer que , selon Chardin , ils avaient toujours la pipe à la (touche, fumant partout, à la Cour, dans les harems, et dans les écoles, où les maîtres et les élèves fumaient ensemble; ontin, jusqu'à se priver plutôt de nourriture quo de tabac. Leurs femmes aussi fumaient beaucoup sans en souffrir, parce qu'alors le tabac qu'on y produisait, en le fumant même du matin au soir, ne portait jamais à la tôte, à cause de sa grande douceur (i). Kn Perse, continue-t-il, on fume d' une manière connue seulement des Hindous (ô), dans des bouteilles spéciales (dont, il reproduit la figure) qui sont pleines d' eau et qu' ils appellent Call ion. Les Seigueurs se font accompagner par un homme à cheval, qui porte leur Collion, et il s'arrêtent souvent le lon^ de la route pour fumer.

Kaempfer remarque aussi, quand i! s'est occupé de l'usage du tabac en Perse, que les Persans avaient l'habitude de s' en.vrer en fumant le pivot, le chanvre et le tabac, et qu'ils appelaient Keif ou Kheif (Voir plus h uit, p. 117), cette vertu enivrante et excitante. Il affirme que ce sont les Portugais, qui introduisirent le tabac en Perse, ainsi que dans le reste de l'Asie, et qu'il conserva partout son premier nom , plus ou moins modifié selon les différents idiomes ((}). Dès que les Persans connurent la plante ils en commencèrent la culture. L'usage de fumer se r épandit ainsi rapidement, et dans ce but ils adoptèrent le narghilé, dont l'eau refroidit la fumée et en affaiblit I'acreto. Cet appareil était aussi appelé Khaliaam; et il en reproduit la figure (I. c. p. 641).

Quand la feudle est très acre on la coupe et on la laisse dans 1' eau pour ôter la acreté, com.iie font les Japonais et les Chinois (7). L'usage de fumer le narghilé passa

(1) explique pourquoi en Asie lu tabac était simplement aussi appelé Brésil. Pt fail .nasi connaître son lieu d' origine, li est donc impcssible d'admettre ce nue du Otto Kmtn (t : m die Krde. 1881 , cfr. Bot. Jnhr. 1881, p. 3*2). qu'en Orieut le tabic était appelé Brésil même avant (?) la découverte de l'Amérique.

(2) Ainsi que l'avait remarqué Otoarlaa (Voir plusliaut. p. 218) le tahac éuir aussi désigné en l'erse sous le nain de Virginie. Or. comme ia Virginie était alors la possession anglaise, qui produisait le plus de tabac, li était naturel que les Anglais importassent leur ta lue de Virginie eu l'erse, comme le» Portugais y importaient déjà celui qu' ils produisaient dans leurs possessions du Brésil, ou qu'ils tiraient des possessions espagnoles de l'Amérique ceutrale.

(3) Cela confirme qu' il derail s'agir vraiment du fort tabac de la Virginie.

(4) Pourtant les gens qui aimaient à s'enivrer ajoutaient au tabac les graines de rJinnrre. dont la fumée monte tout-de-suite à ia tête. C'était donc du chanvre et uon du tabac, dont les aucieus se servaient pour s'enivrer, ainsi qu'on l'a déjà démontré (Voir plus haut, p "-').

(5) Le narghilé fut inventé et employé d'abord par les Hindous, avant les Persans, ainsi qu'on l'a vu à propos du tabac aux Inde» (Voir plus haut. p. 1<J7).

(6) Kasmplar (Amaemtatnm exoticarum. 1782) dit, à pro pus de l'importation du labae en Perse: Sicotiana ante sesqui circiltr teculn toti antiquo orOi, adeoque et Perttae. coepit a Lusitnnts Iran xvectortbu* innolescere. Somen uOique hnbet Tassel, et pro diverso gentium idtoiniile Toluk. Tabacro. Toinbak et Tembakii (p. iVIOj.

(7) Le tabac de Perse est jaune, et léger (!)• l'our le rendre moins nuisible les Persans le sou • mettent à une espèce de lessive: puis i s le pétrissent et le preiinent encore humide (Amelia, cfr. Histoire des d&oitrertei, Lausanne. 1784, II. p. 'ili>. -Olhriar observe i» ce sujet: Le tabac, qu' emploient les Persans pour le uarglulé. est le même dont nous servons si mal à propos pour uotre nez. Le tabac cullivé dans le pays est cotiuu snus le nom de lumbah ou tombah. Il est beaucoup plus tort que le tabac turc, parce qu'où ne cuei.le les feuil es. que lorsqu'elles sont un peu pas-éss. Celui que coosomme le peuple, composé de toutes les parties de la p.ante, est si acre, qu'on est obligé de le law et u'ou exprimer le jus avant de le mettre dans le narghilé (Ollvlsr, Yiaggio netln Persia, tra l. Borgkl. Miiuuo. ISItf, II. p. 7»;.

peu à peu «If* Persans aux Mongols, «jui adoptèrent, cependant, à la place de la bouteille de verre la courge creuse. Les Tuics, les Chinois et les Japonais aspirent la fumée de la pi|>e, scion l'usage européen, taudis que les Nègres roulent les fouilles en cigare, en allument un bout, et absorbent la fumée de l'autre (1). Kaempfer ajoute qu'il n'a jamais vu de gens plus portés à fumer, que les Persans qui fument Urns, hommes et femmes (1. c. p. 642).

Enlln, Ouseley (2) accepte complètement l'opinion de Kaempfer sur l'importation portugaise du tabac, nus»} parce qu'elle est appuyée par la note suivante du Père Angelo: u Les Portugais furent les premieres qui l'apportèrent (le tabac) en Perse „ (Angel. Gatophyl. Pel s. p. 427) (3).

AusMtot. l'introduction du tabac on se mit à le cultiver, ainsi que cela s'était pratiqué aux Indes sous le règne d'Akbar le Grand. Les Kuiop'ens établis pendant le règne d'Abbaa l.er à Ispahan, à Schiraz et dans les ports du Golfe Persique, transmettaient à leurs nations respectives les productions du sol et de l'industrie persane et, en compensation, y importaient le tabac (4).

D'après Oleariui en 1680 la culture de la nouvelle plante y était déjà devenue commune (ô). En 1G3.S la province de Khilan était très fertile en tabac (6), qu'on y cultivait sur une large échelle (7) , ainsi que dan? les contrées d'Krivan (Arménie persane) (8), en 55U>iane et a Khonzan , vers le Tigri (9). Au contraire, dans 1;» région d'Ispalian cette culture n'a dû être introduite que dans la dernière moitié du dix septième siècle, puisque Théveaot (10) n'en fait aucune mention, tandis qu'il s'étend longuement, sur lr j productions agraires dlspahau 0- c. p, 403), et de Schiraz 0- c. p. 434). Olivier (11) ivmarqua ensuite qu'à une lieue de la ville de Téhéran le territoire de Kom , l'un des plus f.-rtiles et des mieux irrigues de la Perse, au sol de nature volcanique, produisais • u outre a des fmits exquis, du tabac (I. c. 1. p. 245) , qu' on cultivait aussi dans le fertile territoire de Uachan (11'), sur la route de Téhéran à Ispahan (I. c I. p. 252*. Dans cotte dernière loqualité. une îles plus productives de Perse, car elle est irrigué*-, on récoltait en abondance lo tabac à fumer (I. c. I. p. 278).

Récemment De Rochechauart a continué que lus champs u ngu >s des enviions d'Ispahan fournissent loutes les plantes cultivées sur tout autre point de la Perse, y compris le tabac il Si et l'opium, qui se vendent sur lo marché ( (e cette ville. Le commerce étranger se porte surtout sur b- Ubac et avi-c grand bénéfice, ijuant aux nouveaux impo;s de la douane (correspondant à 75 0|Q) on ne peut pas prévoir, dit-il, s'ils seront maintenus, car en ignore si les fumeui* de narghilé consentiront a payer le tabac double du piix

(I; Kii ayaul appris l'u*ai{e pour la premier'- loi* itau* les coiumes espaguoies il' Amérique. o«i ils travaillaient connue esclaves (Voir plus liant, p. <*J) 0«Ml«y. i. e. I. p. '.IVi

(3i Les document* examines jusqu'à présent eomtiaiieni absolument l' jpiuum inexacte ne D« Machschoiiarl. que l»s Pers.àus iguureut quand et c >innieiii i.i culture au tabac a tué impjrtéf eu l'nr*e; que Chardin avait noté qu'à pan:r dr l'époque, ou il avait visite ta Por.se. 70 ,«us *' étalent à peiue écoulés uepuis que l'usage ou Utiac avait été lutroduit aux ludes par les Portugal», taudis que lea Persans le connaissaient depuis pies de aeux siècles; et que, par couséqueut, il est peu probable que lea Portugais aïeul d'aborj lutroduit l'usage du tabac en l'erse, dont l'accès leur était plus difltcne qua eeiui m* lunes (Dt Rochechousrl. Soureiurê d'un voyage en farte, ltW7, p. 154). Lu pius étrange, c'est que 0* Rachachaiiart observe lui iikviic que « sous le règne du Chah AMas l.ar, dit letirami, les Portugais et les Hoilainims trallquaiunt eu Perse. Les premiers. <leja possesseurs ne toutes les co:e* de l'Arabie méridionale, avalent foune a Adeu et a Oruiuz de apleudiiies établissement > (0« R««h«. choaart, I. c p. m).-!4) Fsrrario. I. c. V. p. SU.- (,i) C(r. RanntJI, I. c 1). p. Olearias, 1. c. p. »J».

(7| Mrw,.r, I. c. Vtil. p. :,7'i-(«> Bérwa.r, I. c. VIII. p. hM.-ifi, Mreaeer, 1. c Mil- p. «KM.

(10) TMttflot, I. c.-|ll) Otitttr, Vmggto nelUi Permi (trail. BsrjM. Miiauo, ISItt).

(!•.'> Ctr. (Oaaré) Voyag* en l'trte, itiOl-'J. Pana, ISItf. 11. pp. 177, I7'J.

(13) Oapré atteste aussi qu'oo cultiTe largement le tabac dans le territoire d'Upabaa (D«ar*,l. c II. p.lÔ3).

OuHU — Htrttin dm ÏVW 2»

ordinaire, ou s' ils se priveront «lu plaisir de fumer (1). 11 ajoute que les Persans out l'habitude d'engraisser les terres à tabac avec du fumier de mouton et de poules; d'ététer les plantes, et de cueillir les feuilles quand elles ont acquis sur la plante une couleur jaune doré. Le prix varie de fis. 1,75 à 4 les 6 Kilogr., main se maintient généralement de 1,50 à 2 fis. Chaque hectare en rapporte de 3 à 4 quintaux m -triques (1. c. p. 154).

Forster dit que dans son voyage a travers la Perse, en 1783, il fumait toujours le tabac persan, qui était d'excellente qualité, mais qu'il donnait, la préférence à celui du Tebbes (Tubbus o Jobbesi (2).

Le tabac se cultive aussi sur le haut-plateau (haut de 1432 mètres), qui a un climat tempéré (3).

Les districts méridionaux , principalement le Laristan <4) qui produisait la henna , {Lawsonia), donnent le tabac le plus estimé de Perse, bien connu dans tout I' Ori- nt, et aussi en dehors du monde musulman, depuis la guerre de Crimée. Il est très fort, moins parfumé que celui d' Ispahan . et sert surtout aux fumeurs de narghilé , qui fument d'autant plus qu'ils louent moins (5). D'après Taternier, près de la ville de Mehrusson, dite vulgairement Relil»hon, on produisait en 1660 une grande quantité de tabac a feuille jaune, qu' on y venait chercher de toutes lea parties de la Perse. Les Persans n'aiment pas le tabac en corde, parce qu'il est trop fort, pour être fumé continuellement, comme ils en ont 1' habitude (6).

La culture du tabac n'était certainement pas introduite en 1630 dans le territoire de Schiraz , car le Père Philippe n' eu dit rien (7). Ensuite Taveraier (1. c. 1. 1. V. p. 738) indique que près de Schiraz il y avait un ermitage, où demeuraient 3 ou 4 derviches. Ils fumaient leur pipe de tabac avec tant do gravité, que si le Roi lui-môme s' était présenté , ils ne se seraient pas levés pour le saluer. Le voyageur remarque encore combion la ville de Schiraz était alors célèbre (1665), surtout pour les vins, et les fruits conservés dans des bocaux, dont les Anglais, les Hollandais et les Portugais faisaient un grand commerce; mais il ne parle pas du tabac pour lequel cette légion fut ensuit» si renommée 1 Donc, la culture du tabac a du être introduite dans la contrée de Schiraz vers la Un du dix septième siècle, et vraiment Brusani (8) n'en dit r ion en tout, taudis (1671) qu' il fait une revue minutieuse des produits de ces campagnes; et le Père Cubero, qui se trouvait à Schiraz vers 1676, ayant eu besoin de tabac pour usago m tlical, fut corn tiaint de se servir de celui du Brésil, qu' on y apportait alors d' Ispahan (9).

La ville de Schiraz, déjà renommée par ses plaisirs (10), dovint célèbre aussi par son tabac, qui alimente à lui seul l'exportation assez limitée de ce pays (11). Laar, située

(!) On RschSCtieiMrt I. e. p. 18.

(2) Foritsr. Voyage du Bengale (trod. Laagtts. IK02, 11. p. 216).— (3) Rades, i. c. IX. 1884, p. 263.

(4) Le Laristan fournirait le» tuyaux <ie pipe en cerisier, qu'on exportait môme en Turquie (Olivier. I. r. 11. p. 125). Un trouve sur le territoire «le Scliiruz les cerisiers sauvages, d'oit l'ou tirait les plus tieatix tuyaux de pipe pour ia Turquie (Daprl, Voyage en Perse, Paris, 1SI 1 .*. I. p. 344), et qu'où exportait avec le lembehi (Oepri. I. c. II. p. 12).— ^5) Recles, i. e. IX. 1S44. p. 304 — (6) Taveraier, Le «> voyages en Turquie, en Perte et aux Indes, I09U. III. p. 402.— (7) Fllisfe «alla SS. Triait*. Viagg$ orientait. UWVf, p. 42.— (H) Brwioal, Varie ostermUoni sapin le relnzioni universalt di Battra. 1671. p. 22.

(9) Cafeere, Peregrination del Mundo, 1682, p. 2ftii.-Si donc 8an4 ? . qui écrivait en 1610. fait allusion a f usage de fumer à Schiraz (cfr. Balisai, lobacra, IH75, p. 156), il faut observer qu'il ne s'agit pas de fumée de tabac, mais de celle du chanvre, on de l'opium.

(10) ion*» (Poesens Asialicae cvmmentariorum, !777.p. 'M) rapporte qua le poète persan Halsi chante a ici si la ville de Sclurax: Ali duleem urbem Schirazum '. et silutn eius e.cimium! O Deut, liane Urbem a ruina defend*! Ht Fersttr ajoute: Ispahan et Scbirat, villes situées au centre de i' Km pire et sous un climat doux, offrent tous les plaisirs le ia mollasse, et leurs habitants ne peuvent résister iooglemps à la corruption (Ferstsr, Voyage du Uengaie -> l'ctersbvurgi tra.i. laailta. 1802, II. p. £68).

(11) Rectal. I. e. IX. 1884. p. 260.

dans la province de Furs (dont Schiraz est la capitale), et qui eat la région la plus fertile de la Perse, produit on quantité considérable le tombaku (1), qui est très apprécié. On en exporte chaque année 50 mille chai gen, qui forment un total d'environ 4 millions des kilogrammes (2). Olivier avait déjà observé qu'il poussait, dans les environs de Schiraz, un tabac renommé qu'on le vendait dans le pays jusqu' à 9 ot 10 piastres turques 1« batman, taudis que le plus ordinaire valait a poino une piastre (8).

Quoiqu'on cultive en Perse différentes sortes de Nicotiam Tahacum, lo célèbre tabac de Schiraz s' obtient, avec une espèce particulière, dont les graines furent envoyées à la Société d'Horticulture de Londres par le résident anglais à Ispahan. Lindley crut qu'il s'agissait d'une espèce de Nicotiana locale, inconnue des Botanistes d'alors, et pour cette raison voulut la désigner sous le nom de persica, à cause de son lieu d'origine (4).

Eh ! bien, la prétendue N. persica, cultivée avec tant de succès à Schiraz, Ispahan, Kaschan, Kuni, Nehevand, etc. (5), le fameux Wasserpfeifentabak , qu' on fume à cause de sa combustion difficile dans le narghilé, ou dans le gozeh , où le bas peuple fume aussi 1' asphixiant chanvre (Mutsheéah) (G), u' est pas du tout native de ia Perse, mais bien du Brésil , puisque c' est a |-oine une forme et peut être même la forme cultivée de la N. aiala du Brésil (7). Cotte Nkoliana, connue plus communément en Perse sous

(I) A propos du Tomba kit , talinl dit: Je l' observai (1781) dans mon séjour k Bagdad , pendant que l'on préparait la caravane lu Jembekie-, c'est le tabac séclié avec toute sa lige, qui sert à fumer lea narghiles, ou pipes à ■« persane II vieut du coré de Suse, et aussi de la province de Bagdad. Les caravanes partent annuellement pour ti.mns. pour Alep et pour Constantinople. Son prix d'acbat en gros était de trois piastres le Hitman (« livres) ($••««!. Vtaggio di riiorno da Bastora a Costantinopoli . 178*. p. 43).— La vallée <îc llenaru (sur la route de Laar à Seluiaï) est renommée pour son tembeki. Ce tabac est même préféré à celui de ia province du Parisian , qui produit le meilleur de tout l'Empire. Mais on ue peut I» fumer que dans le galean. Son aereté provient de ce qu'où cueille la feuilie très mûre, et qu'on emploie aussi les cotes et ia tige. Il (au: le iaver pour eu atténuer la torce. La fumée, eu traversin! l'eau, perd une grande partie •<• cette àcrelo (Dasré. I. c. I. p. 448).

{ï) 0« Rachschouarl, 1. 1. p. Xi.— <3) Olivier, Vtaggio nella Persia (trad. Borglil, Milano. 18 In, II. p. 78).

(4) Eiwirdi Botonicnl Register, XIX. 183a, n. l.Ytt. tab. 15W2.

(.'•) KIssIUi. Der Tabak. p, '.».-(«> Falrtiolt Tobacco, p. 210.

(7) Lottar Bêcher il. e. p. W») assure que LiiKlUv eu eousidéraut la .Y. pertieti connue une espèce particulière et dilTereutu .ie la .V. alata. a déraciné partout la croyance que le tabac au été inconuu de l'ancien monde avaut 14'J-, et qu'ayant lu.-inenie courront*» les spécimens de ia S. alata cultivés dans losjardius avec la ligure (') de la S. persica reproduite par Fairtelt (';. il u' a trouvé aucuiit: ressemblance entr'eiles, d'où il conclut qu'il s'agit de deux espèces différentes.— On peut pourtant lui objecter que, si réellement les deux formes en question ne sont pas absolument identiques , la .Y. persica doit cependant être à peine considérée comme une variété de la S. aUiia, l.k. et Otto. Va auteur non suspect. SMélmr. est du même avis quand il dit nettemeut a propos de la .V. alata. Lk. et 0.: Uastime af finit «si haec species N. persica». Lmdl.. a qua nist lunbt corullini laciniis aequalibus obtusis, nec emarginatis cU dtffert (efr. Mardi Ft. bras. X. p. 10'-). Pourtant LUtisy. i'auteur de la X persica, fait obwrver qu'elle est auouelle (en Angleterre), taudis que la N. alata est vivace. Mais cela ue doit pas surprendre, car il arrive souvent que les plantes acclimatées naus un euiiroit dif. léreut de leur patne.de vivaces qu'eues étaient daus les pays enauds, d'où elles sont originaires, devienneut aunueiies dans les climats pius froids. La .Y. ïabacum,, entr'autres. u'est eiie pas anuuelie aussi, pendant qu'elle est vivace dans les climats vnauds? Le fait que Ms fleurs de la S. persica ont un parfum plu» piquant que celles d<- la S. alata peut dépendre aussi de la forme de la culture. Uien ne prouve l'assertion d'Exelsr (Notes and queries. 11. p. 1Ô4) que la N. persica doit être originaire de l'erse, parce quVIiey est cultivée de temps immémorial. Mais a t-ii pu démontrer qu'elle y était cultivée avant le dix-septiëme-siécle ! Le l'ait qu* ia N. persica produit iu tabac fumable seulement dans le narglnlé ne prouve rien, rar les lim ions fument celte p pe comme les Persans (Voir plus liant, p. 197). et l'on peut y fumer u»n seulement le tabac, mais toutes les autres herbes, Le nom de lombak. que l'on donne eu Herse À la N. persica, e->l le plus sérieux argument, que l'on puisse retourner contre Becktr. Et vraiment les divers noms de loombak, Tani'/aku, lambuk, Teyheclu, et le plus commun de tous Tutn'/ekt, prouvent jusqu'à l'év Menée que ce ue sont que des corruptions du uom de tabacco

le nom de Tombeki, donne un tabac si fort, que, selon De Amicis (1), il monterait môme ii la tôle ti'un vieux fumeur, si lu fumée n'arrivait pas à la bouche, purifiée par 1' oau du narghilé Introduite et cultivée ou Perse elle y a produit le tabac le plus parfumé de tous ceux qu'on y cultive. Le rneilleui pousse a Benaru et à Sergati, dans la province de Fars , à cinq milles de Schiraz (2). Pourtant le tabac de Schiraz varie énormément d'après sa qualité, de 5 d. à 2 s. les 7 livres 1|2 (3).

Il faut donc distinguer en Perso trois sortes différentes de Ubac , appelées Idm- Ixiku, Tutliin, et le tabac à cigarettes :

!'■ Le Tiïmbacu (N. persica), qui se cultive dans la région qui s'étend entre le 30" et le 34° parallèles de latitude, surtout dans les provinces de Schiraz (4), de Keschan , dn Kum, d'Ispahau et de Nehavand (à). La production annuelle monte a 12 millions de ky., dont 7 millions sont consommés eu Perse, et le reste est exporté en Turquie, on Syrie, < n Egypte, en Arabie, dans l'Afganistau et dans l'Inde (6).

2» Le Tiittiin, qui se cultive dans le Kourdistan (7) et l'Azerbeidschau, atteint une production d'environ î> millions de kg. Son exportation est aujourd' hui presque nulle.

A" Le tabac à cigarettes (tabac turc», enfin, se cultive d'une manière limitéo dans les provinces de Gilan et do Mazendoran , vers la Mer Caspienne (S). La production annuelle est à peine de GUO mille kg., dont une partie est exportée en Russie (9).

La culture du tabac fut introduite dans le Turan par les Russes ; mais ne réussit que dans le oasis, ou sur le bords des fleuves. Cultivé avec les céréales il donne deux sortes de tabac : l'une à fumer, l'autre à priser. Cette dernière est aussi chiquée par beaucoup d'habitants du Turkestan (10).

.fehrum (dans la Perso méridionale) est le principal marché du tabac, où on l'apporte des districts environnants. Les commerçants l'achètent pour le revendre a l'intérieur et à 1' extérieur.... On y rassembla les diverses qualités du célèbre tabac de Schiraz, m.iis celui de Tubbus est considéré comme le meilleur (11).

En 1862 la Perse exporta seulement |tour la Russie, voie de Tillis. pour 7W6,504 Frs. de tabac (12i. Scherzer estime l'exportation actuelle do meilleurs 7W«*w et Tûttiïn* û environ 2. <> millions de kg., voies de Schiraz, d'ispahan il;J> et de ToWis, pour la valeui

importé par le» Kuropéens. /ti/û» est aussi le nom par iequei les Musulmans iic-»i|fiieiit le tabac iForik. p. <"V|.). et semble dérivé de ia corruption du brésiiieu jirtun. Kmin Uticchun ou Dukau est uu autre nom arabe très ropan m. et qui sigiiilie fa>n>r. (Ferrt. p. LXII1.). ('eia ne prouve non non piu» que la A*, iiliita ait été décrite pour la première lois eu 1K31 par Link et Otto, car eiie a très bleu pu être introduite ei> Perse par les navigateurs portugais saut que let botanistes en aient eu connaissance. I.e dernier argument qu'il invoque ne peut avitr aucune importance, consistant 4 dire qu'il n'a pas constaté que la A, persina soit cu.uvéc en Amérique: Voir aussi Ctn«t . Uonograjihie du genre Xicotinwr, Naples. [HVJ. p. 3«.

(I) D» Amleis. Coflantinopoli. 1877. p 105. -Lavallia avait déjà remarqué que le tabac persan était très fort, et qu'il fallait le fumer non dans la pipe (ehibouM) comme le tabac turc, mais dans l'appareil à eau: uargbiié ou Knliun (Lavallia. Gèogr. unir, de Malta Bnia. ISfl'i, V. p. 14 ,v ).

(•-') Tiadainana, I c. p. '."24. —(3) t'fr. Dipl. a. Conn. Rep. London, tH'J4. — /'«•«'*, n. U74. p. Il,

(•l) I,e tabac de Fars, et particulièrement celui île Serran ou Zergun, ville voisine de Sciiim, sont le.» plus est tnés (Da Haj«m«i*t»r. etc. .Voue. Ann. Voyng. wr \M\, 11. p. 192).

(5) Kiiilini. lier Inbnk. p. '.»;-D*rnutaedtar, I. c. p. 55.

(tl) Oaraistaetfter. I.e. p. 55.— Olivier avait déjà remarqué qu'on exportait depuis longtemps le tabac persan dans la Turquie d'Asie et dans ia Turquie d'Kurope. ainsi que duos les Indes (Oltolar. I. c. II. p. 105). (7) On traitera la question de la culture du tabac dans le Kourdistan à propos de la Turquie d'Asie. t*i Kiitlinf. I. c. p. '.>:— Daraittaetfter. I, c. p. 55.— (1>) Darmitaaaiar, 1. c. p. V>, ll"i PetzhaMI, Vmschau in ruttischen TurketUtn, 1*79.

ill) Billinai, lubnrco. IH75. p. 375.— (12) Da Rocaackaaart. ru Ann. Voyag. 1*^7, I. p. 52. t'l3i Scaerzar. L" min economist itei pnpoli mi lit'il. K-on. Torino, I8'.»5. II. p. 144).

d'environ 3 millions de Frcs., d'après les relations des consuls anglais (1). D'après Lewiisteia la production indigène est. de 4") millions de kg., et 1' exportation do 5 millions , dont la moitié pour la Tun | nie (2).

'J'LiiyLiE i>' Asie

a) Mésopotamie et Xonrdistan. - Quoique le tabac ait déjà jiénétré ou Perse, ainsi qu'on l'a dit plus haut (p. 218) eu 1626, il était encore inconnu à cette époque en Mésopotamie ; mais ce fut pourtant la première région de la Turquie d' Asie, qui 1' ait eu. Jusque là Thevet. à propos do la Turquie d'Asie (3), et le Père Philippe, qui séjourna en Mésopotamie en 1629 (4), n'en font aucune mention.

Les premières observations sur la production du tabac a Bagdad fuient faites par Olearius (Voir plus haut, p. 21 S), qui remarqua en 1637 que les plantes de tabac y poussaient à merveille et. en abondance tôt. Taveroier raconte qu' en sortant de la ville de- Bagdad il rencontra un jeune homme de bonne condition , accompagné de deux serviteurs (1603). Ce jeune homme s'écria: Serait-ce possible tiue je rencontre un étranger sans lui offrir quelqueeitose ? Ht comme en co moment il ne pouvait lui donner que sa pipe, il insista pour la lui faire accepter quoiqu' il ait déclaré ne pouvoir supporter le tabac. Cependant, comme i. ne put pas la refuser, il la donna à son guide, un arabe à qui elle fit grand plaisir (<>).

Kn 1802 il y avait déjà à Bagdad beaucoup de cafés où l'on allait fumer; mais ils étaient sombres et non élégants comme ceux do Constantinople (7). Dans le dessin de Flandin, représentant un café de Bagdad, on voit les tonnes dos pipes adoptées par les habitués, qui allaient y chercher lo plaisir du Aïe/, on fumant le meiltens tabac d'Oiient (8).

Olivier (») raconte que dans les foi tiles vallées de l'Euphrate, à Hit, on allant de Perse à Alep.il rencontrait des Turcs, qui avaient toujours une longue pipo a la main (I. c. IV. p. 48). Reçu chez eux, on loi servait toujours après les repas du café et des pipes il. c. IV. p. 30). Le.i cavaliers qui font partie des caravanes, qui traversent, ces régions, descendent de chevat toutes les 2 ou 3 heures pour déjeuner et attendre la caravane, ou uniquement |>onr avoir le plaisir de fumer une pipe, et do prendre leur cite préparé au moment même (I. c. IV. p. 64).

Sestini rapporle que pour amadouer les douaniers sur le cours de l'Kupluate, il leur donnait (1781) sut tout du tabac (10).

Kntin, Heude, parlant des brigands qui assaillirent sa caravane en allant a lîabylone, dit qu* après avoir évité leur attaque en faisant appel à leurs sentiment religieux, il leur offiit des pipes et du tabac Ce ne fut pas la première fois qu'il put remarquer le plaisir que procurait à ces tribus errantes une pipe de cette herbo , qui leur était si agréable, constituant un objet de luxe, dont elles manquaient souvent (11).

(I) Eu IS'.U nn ,i ^ipnri.'- <rt<|olmi 5.2 millions -I* livr.-s .Je inliae; !.■'» million .Je livres, eu IS'.'ô; l.t million .le livras, en IN-.W, .tiriiré«s Mir I' l'Vypte. la Tunpi« et la Syne (cfr. Dipl. a. Cons. Hep. LoDiion. IKC.— Ispahan, u. PJ.V». p. :».— (2) Ltwimtain. I. c. i>. 52,

('.¥> Thavat. La Cosmographie, I .'»*'.. I. U. liV7. 274. 302.

(4) Fillppo *alla SS. TrinlIA. Vingt;, orientait, IU«rt. p. a:. et suiv.

(.">} Olaarlas. Voyage», irai. Wicquefort. 1727. p. 832,— (li) Taveralar. I. e. III. p. 322.

(7) 8tawart. Voyage» de Mina Abu Tala» Khan (irai, de i'angi. Pan*. IMII. II. p. P.»2>.

(5) Flanala fi-fr. Ourla» et Trtvai, I. c. XIV. I «70-71. pp. 54. «4. «ot.-lia l«'J4 on a importé à U.ipd.i.i 370 balles .le lab.u- venant .iu <~."lfi< l'ersique fefr. Dipl. a Com. Hep. l.on.ioti. I8.'5.— Turkey, Bagdad. ■i. I.VJ2. p. Il >.-('.<> Oliviar. Viaggio nella Persia ftr.vi. Barahi, Mdano. IHlfi).

(10) Sastini. Viaggio di ritorno da liauora a Coilantinopol,, 17HM. t»p. 12. 10

(I I) Hauda. Voyage de ta role de Malahar à Constantinople, en 1X17 < triui. d. l'angl. l'ail».! «20. p. I lî).

Les Arabes de la tribu de Fautai, au bord de l'Euphrate, cultivaient (1781) aussi le tabac (1). C'est du reste un des produits, qui pourraient enrichir cette région, si un Gouvernement régulier réprimait le brigandage des Kourdea (2).

Thévenot, parlant du tabac de Bassoia, qu'il avait embarqué pour 1' apporicr aux Indes, affirme que celui dos Indes de môme quo celui do Perse ne valait rien; d'où te grand bénéfice que faisaient ceux, qui venaient y vendre du tabac (3).

Les Konrdes aussi passent leur temps à fumer avec passion dans de longues pipes (4), dont les figures sont reproduites à la p. 86, vol. II, de l'Album des Missions (1. c).

Les caravanes d'Amadàn viennent à Mosoul (5) avec de charges de branches do cerisier (tour pipes. Ces branches se vendent fort bien à Constantinople et ailleurs. On los paie plus cher quand elles sont longues , sans nu'uds et sans aucun défaut sur l'écorce (6).

La culture du tabac est aussi ancienne dans le Kourdistan qu' en Mésopotamie , ayant éW remarquée en 1637 par Oleariu», qui observa en même temps qu'on en exportait dès cette époque lo produit en Perse, et piincipalement à Ispahan (7). Cette culture occupait les spacieuses vallées et les plaines de la partie méridionale (8).

b) Arable. - Les Arabes n'eurent aucune connaissance du tabac avant le dix-septième siècle. Tous les anciens auteurs arabes, qui connaissaient l'usage de tout os Ins plantes dont on se servait alors, n'en firent aucune mention, et les écrivains, qui leur ont succédé et qui se sont aussi occupés dt-s productions, des us et coutumes des Arabes, n'en parlent d'aucune manière. On n'eu trouve dont pas de trace dans les (ouvres de'Abulteda en 1321 <9), de Thevet (10), de Sharpey en 1608 (11), de Middleton en 1610 (12), de Sari» en 1612 (13), de Van den Broeck en 1616 (14), et du Père Philippe de la S. Trinité en 1630 (15).

<l) SetHai. I. c. p. IX. -(2) MalIfBrwi, Oéogr. uni», tô.iiio éd. Hart. Parts. !V. 1*41, p. 46b).

(3) Voici les propres parties de TMtMot: Car eelut des Indes, non plus que celui de Perse, ne rant rien, et ne se peut fumer un "t'ec une bouteille pleine d'ettu [nnrghileh}... Cest pourquoi ceux qui en portent de bun aux Indes y font un grand gain (i. c. p. ÙAA). Ceia prouve clairemeut .pie jusqu'au IPB3 le* Hindous et les Persans n'avalent fan aucun progrès dans la culture .iu tabac. -Lo l«r? oo a export* de Hagdad KI3 balles Je tabac pour nu.- valeur d'environ 'irt nulle I.. Sterl.. et nue augmentation quadrupl». par rapport â la quantité qu'où y avau exporté* 1' année d'avant (cfr. Dipt, a. Cons. Rep. London. 1897. — Turkey. Bagdad, n. âuuft. p.

(4) aUcdonald Kinneir. Voyage d. CAsie min. l'Arm. et le KourdislJii. 1*13 (tra.l. Psrria, ISH. II. p. ■iu , .'j.

(5) La culture du tabac se pratique sur une vaste échelle dans les mouUwiies de la province de Mosoul; mais, à cause des exigence* de» employés du Monopole. les commerçants out subi dernièrement de sérieuses perte», au grand dommage de commerce (cfr. Dipl. a. Cons. Rep. Lou Ion . ÎK'/Î.— lurkey. o. IU64. p. !0).-<rt) Settial. I. c. p. «A -(7) Oleartas. Voyage.... p. Sl'2.

<*) (Oasre) Voyage en Perse. i*07 <J, Pari*. ISI'.t. I. p. <J3;— Jaabert (cfr. Etrt»» et Malls-Boia , Sour, ann. voyag. XIII. 1AJ*>. p. Jl'ji.-Lottur Hackar dit avoir observa en 1S53 dans le K mrdisiau Jeu plantations d'une forme particulière de tabac, qu'il appelle .V. chalduica , très estimée dans la localité, et qui avait les corolie» avec le bord couleur pourpre-saoguiue iLsthar Backar, in Satur. 14*). p. «50).— Il parait peurtant qu'il n'y a pus sujet d'en former mie nouvelle espèce comme u le croit , ctr elle correspondrait à celle que les Persans appelaient déjà labac d'or. c'est-à dire & la S. Tabacum. var. macrophylla purpurea, qui y avait probablement été importée du Japon , où on la cultivait depuis longtemps. Cela prouve, eu outre, qu'en passant des Indes en Perse, la culture du tabac m répandit petit à petit de cette dernière région en Mésopotamie et dans le Knurdiatao . ces terres étant ies plus voisines de la Perse.

(1»> Aballada (Sultan) Description générale de V Arabie (in La Roaaa . Voyage fan par ordre du Roi Leal* XIV dans In Palestine, I7I7>. ■ (lu) Thtvtt, La Cosmographie. 1575. 1. f. 117, et suiv.).

(11) Sharps*. Um <clr. «for. gen. riaggi, Veoezia, 1751. IV. p. |HS).

(12) BideUlea, 1610 (cfr. Stor. gen. riaggi. Veneziu. 1751. V. p. 4»). — taris. I0T-* (cfr. Stor. g en naggi. Veuezia, 1751, V. p. (14) Cfr. Privasl. Hist. gen. royngis, Vill. p. W2.

(15) Fillppo <*lfa *S. Triait». Vuiggi orientait. 1«W0, p. 351.

Mais il y a plus. Sans (1) ne «lit rien du tabac tandis qu'il décrit minutieusement le b;inquet que lui offrit en 1616 lo gouverneur de Moka, et qu' il remarque qu' après le diner on présenta aux Anglais de l'eau, dana laquelle on avait fait bouillir du café , alors inconnu des Anglais, et qui avait un goût amer (2). Il dit ensuite comment ils passèrent après lo repas dans la salle, où l'on procédait aux fumigations de matières aromatiques : telles que I' ambre-gris, le bois d'aloès, etc.; mais il ne fait aucune allusion à l'usage de fumer, tandis qu'il est noioiie que peu de temps après cet usage devint un besoin impérieux pour les Arabes, coin nie pour tous les Orientaux.

Les Arabes appellent le tabac JJackan (3), et aussi Dukhan ou Dutten (4). Eh ! bien, le mot arabe Dacchan signifie simplement fumer , selon Forskal (5) ; mnis comme les Arabes pauvres avaient, et ont encore, l'habitude de fumer le haschich, autrement dit le chanvre, pour se procurer le Keif, c'est-à-dire la jouissance i6), pour ce motif ils appellent aussi Dacha le chanvre (7).

(1) tarit, i. c. V. p. auu-.-Mwat. I. C I'M. II. p. 133.

(2) Van in Brotck ra^arte que les Hollandais observèrent pour la première fo:s «il loltt le café à Moka, fait dune espèce île fève noire, cjne les Arabes mettaient dans l'eau bouillante pour e n boire l'infusion avec délice (crr. Prêtait , I. c. VIII. p. 4U2).— La parole arabe Knhicah ou Cahuah (que les Turc» prononcent Cahreh) aiguille boisson, ei spécialement celle qu'où fait avec la fève dite Buun. appelée t'nhual el Bunniat. La plante du café se cultivait seulement (!) daus le Yemen (BBichlnj, I. c XXVU. p. 203; - Oiulej, 'travels in various countries of the East, 1810, 1. p. 341;— Béranptr. I. c. VU], p. 4H3).— Selon firaiMlldier. l'usage du calé. connu tit- temps immémorial en Abyssiute, d'où il est originaire, fut introduit ensuite en Terse (S7.~>), en Syne, eu Kiiypte. en Arabie, à Constantinople ( 1 5T»4), à Venise (1615). à Marseille (1644). à Londres (HIS2). et à Paris (1075) (cfr. Caartm et Trivos. I. e. XVIII. i873, p. 335).— Saaayt croit que la boisson noire des Lacédéinoos était le eufé (Iraret», 1<Î32. p. 86).— Kaaaiptar remarque que l'usage du calé à Coos'annuople (ut observé dans le* lieux publics (Voir plu» haut. p. 118) eu IfilO. et qu" îi (ut introduit à l'an» par TfcévaaaU qui avait beaucoup voyagé en Turquie et eu Perse. Il ignore depuis quelle époque cette boisson était eu usage cliex les Arabes. Moka est la région privilégiée du calé (Amoeii. Krot. p. 123). — Brart vaute celui de Cilla, province au sud de Narée (ïrax^els.... 1791, 11. p. 411).— Ou commeiica à l'employer quan i uu Uuphti d'Adeu, l'ayant pris en infusion, en relira un graud soulagement dios une maladie. Ce (ait lit la renommée du café et l'on eu créa des débita public-. Uu Chérif de lu Mecque le défeodit; mais ia prohibition excita le désir des Arabes. Ce fut alors que ce nouvel usage se répandit en Syrie el eu Kgyptu. et vint s'établir solennellement i Constantinople, où l'on ouvri: des locaux spéciaux pour la boisson à ia mode (Otlaporta. Le voyageur françoi*. 4.me éd. I. c. II. pp. 302, 36*).— Ou raconte à ce sujet que le premier qui but à Aden le sue notr comme ou l'appelait- alors (quinzième siècle), ou cuvé rouge sanguin, fut un certain fMin Dhabtuin, pieux mui>hti (religieux) de l'ordre des Soils, qui ayant été en Perse en 1420. y trouva établi l'usage du caié, qu'il apprit. Mais cette nouvelle boisson fut défeudue parce qu'elle troublait le cerveau et grisait comme le vin, et les Iraiixgresseurs Je la défense étaient fouettés publiquement.— I<e calé avait été déjà transplauté en Arabie par les Abyssius de KafTa, d'où sou nom; et de l'Arabie son usage passa au Caire. Les premieres boutiques de café fureut ouvertes à Stamboul eu 1554, sous le règne de Solinaa III. Les premières noti< es eu Europe fureot envoyées à Venise par Prospéra Alfiaa, célèbre médecin et botaniste, consul de la iWrénissiinu République en Kg} pUî. qui écrivit a ce sujet eu I'M à Giovanni HaraaM (Roasi 6. B.. ,V« paesi delt'ltlam, IW7. p. Irt0>.— Oonc, avant le quinueiiie siècle aucun auteur arabe ou éiraugtr ne Hi iiieiiiion de la levé aromatique (cafe). «Jtioique cette plante lui d'ongiue éthiopienne, on ia cultiva sur une graude ochelie eu Arabie... Elle es( indigèue du pays de KalTa. dont elle a pris ie uom... l.es Européens ont soutenu des guerres pour eu étendre la culture, lis ont occupé de vastes territoires eu Amérique, en Afrique et dans les îles de ia Sonde; lis ont capturé et forcé au travail des millions d'esclaves! Aujourd'hui l'Yemeu produit » peine la deuxcentième partie du café cousomnié daus l'univers. Mais ce café que les Arabes preunent en décoction, et non en infusion comme les Kuropéeus. est le meilleur du globe , et son aréme nV»t surpassé tout au pius, que pur ceiui des Yuucas de Itohvie (Raclus, I. c. IX. ISS4. p. 872».

13) Ftrmaad. IitUac, p. V.— (4,1 Tiadtainn. I. c. p. i«4. — (."») Cfr. 0* Caatoll*. i. c. p. 115. (0) NiaMltr, Description de C Arabie. 177'J, I. p H2; — MtnUlt* et Malts-Bran. Gèngr, Pans. 1*13, XI. p. 80. ^7) Les Arabe* out l'habitude de se plouger dans de douces liaduriuatmiis eu prenant du haschich. Celui qu' ils fument plus particulièrement avec le ta'nae «si uu produit de la Cannabis indien, et non

Tami$ier indique 1' étrange habitude qu' ont les Bédouins , et aussi les femmes de quelques tribus d'Arabie, de se mettre dans lu bouebe du tabac finement pulvérisé, de l'tHendie sur la langue avec une petite pince, et de le frotter sur lea denta. Ils appellent le tabac Bortugal (1).

de i:i sativa. comme quelques uns le préteudeut. Il a quasi ia propriété de l'opium, car il enivre et affaiblit les faculté» mentales. Les Arabes le consomment, sinon comme le <.vif. souvent et volontiers. rî bien qu'il» rappellent l'herbe pur antoitomasie (haschisch ne signifie pas autre chose que herbe). et ils le chanteut comme le source de toules le* vomplés. I.a Cannabis indien atteint son maximum de puissance enivrante, quand «ils est détienne et commence à monter eu graine. Ses parties les plus actives sont celles de ia cime (RsmI, I. e. p. 203).

Le Catha, dont on a déjà parlé (Voir plus haut. p. 15*) eit une des plantes précieuse* pour l'éco. nonne domestique des habitants ou Yemen . et correspond a l'arbuste dit Celastrus edulit. C'est un arbuste dont les feuilles tendres oui une action excitante sur le système uerveux , supérieure ù cello du ibô ; et qui possède à un moindre degré les propriétés emvr.iut.s du haschisch (Rtelut, i. c. IX. 18S4. p. 871). Ou eu a fait ne grande* plantations duns le Yemen (Ddeit. Intornn ad alcune esploraziom . nelf Arabia Méridional», ISHiK 10 Csra, Cwmw.X. I«8i>.'. 0. p. Iffl. - RomI continue ainsi: L-s Arabes passent leur temps â màclier te 'M nulham. <Mi mu du dit (la feuille ne ia t'elasirinée Chatha edulit, découverte par Fondai) une cou&ommaiioti cxtraurtiiuaire uaus tout le Yemen, quoiqu'il coiit* autant et quelquefois plus cher que le clé. Cette piaule se cultive partout. Les Arabes niàclieut celte feuille surtout vers midi, a cause Je su propriété cxiiiiuraiite. Quan t on n'en abuse pas, elies tortillent. eiciteui l'appéilt et procurent une insoumis agréable, saua cepeuuaut nuire à la santé, l/eur abus produit à peu pies tes mêmes effets que eeiut ae l'opium, et pour ce motif les musulmans pieux out cherché, mais eu vain, ae les combattre. Maïutuuaui. eu pius de les mtu-lier or. eu prépare des boissous, eu laisaiu macérer les leunles .i*us Teau. Quelques peisooues preuneul môme les graines qui ont les propriétés uaicolique» a uu plus baui degré (ftMti, I. c. p. '.'it.îj. — La consom nation du 1<>I est ooiic devenue chez les Arabes uu objet de iuxe. comme le tabac chez les Européens et le beiei chez les HiutloUs (Vahwtla. Iravels. II. p. -t J l >- — Le chut est au-dessus de l'opium, comme celui-ci est au-dessus du vin. Cepeuuaut cette leudie oe s'exporte pas. devaut être uiàebee irjKlic. Au Yemen uu amateur aisé eu consomme puur ô ou «i 1rs. par jour (FreiMl. L'Arabie vue en /«.'/#; cfr. Jour». A'ial. «me Sér. XVII. l'aris, iSîi, p. 13). — Botta, vuyageaut Uaus le Yemen observe ce qui suit sur l'usage du A'tff : il est iait avec les brandies ^rejetons) au Celastrus e<tulit, qui, comme le calé, est originaire île l'Abyssiuie. Ou lo cultive au Yemen avec uu soin extrême. Ou en mastique les rejetons i«s p. us teu.ires, qui ont uue propnéié «xcitaute, quasi euivranie. lis ilélasseut du travail, empochent le soii.meii, et perniettcut ue passer uue graude partie de ia uutl eu conversation. Personne ne dort moius que l'iinligeue <iu Yemeu, et il parait qu'il u'eu uoit pus souffrir, ia longévité y étaut fréquente (tir. Soitv. Ann. Voyag. \AS" W2, i. p. 2;3). — Seiou Cnittestfn (ltf*>) ics Sauaites sont très amateurs >le fumer (') la feuille au AVif. lis preii u knl que ceia rejuuu l'esprit et stimu.e l'appétit; au coutraire. sou usage immodéré provoque des spasmes. Ces peuples eu prennent habituellement après chaque repais, et uue fols l'habitude prise lis ue peuveut pius s'en défaire (cfr. Nour. Ann. Voyag. SB" IH40, II. p. U.S). — Il est certain que l'usage du Ktit est antérieur chez les Arabes a celui du tabac (Dt Sacy. Chrestom. arabe. I. p. -lltf;— La Heou». lratte ht$lor. orig. cafe, 17lb\ p. 320).

(I) Tamlilsr. Voyage en Arabie. 1*40. I. p. 377.— La parole ûortugat dérive évidemment de Portugal, autrement un des Portugais, ue qui ie» Arabes ont pu avoir ie tabac pour la première loi*, tepeudallt, Lslhar Bttkar (I. c. OoO) parle ue l'cxislouco d'uu tabac arabe, auquel aurait lait allUsiou Fabis Colonna (k'piirasit. p. 142). tout eu déclarant qu'il n'a jamais trouvé ce texte. Mais Fiiio Col»nna (i. c. I02t>. p. H 2) a propos d'uu mauuscrit arabe tVoir pms uaut, p. 7'J), dans lequel ou parle ue i' Eupatorium, relevé l'eirauge coniusion qu'on avait laite de cette plante avec le tabac; et il cite l'opiuiau autorisée d'uu écrivaiu araiie: Sed media aliquot H i spam utuntur planta hac (Tabaco) de (-iy«j essentia el nribut locuti tumus ; qui occidentales msdiet sunt e.v regione ttoetica , ittudque eurum vernacula lingua Arratnanda dénommant. Sett medici Arabia* et Synae atque Aegypti su pradictam planlam ignorant .'—Si le tabac avail vraiment été conuu ties aureus, et paruculioreuieut de* Arabes, le graud savant Ssrapisa eu aurait cerlaïuemeut parlé dans son muvre considérable : De simplicibut medica mentor um htslorta (m 1er p. Mutoflo, Ij62). nu n s'occupa de toutes les p. antes adoptées pour l'usage médical, ou autre, depuis l'antiquité lu plus reculée jusqu' a son époque. Paus cet ouvrage (qui coutieut par surcroît ia nomenclature polyglotte de toutes les piaules connues alors daus l'aucieu monde) u'esl pas fail la muiii.ire ullusiou au tabac, taudii qu'a ia i. 118 ou parle des trou»

L' usage du tabac a dû pénétrer en Arabie ver* la moitié du dixseptiemo siôcle par la voie do Maseate. Le Pére Vincenzo Maria (It rapporta à ce sujet co qui suit: I.b Roi de Maseate étant un sacerdote, il défendit i' usage du vin, do I' eau de-vie et de fumer In tabac , qui constitue i' occupation continuelle des Orientaux , comme prédisposant il Y incontinence.... Celui qui veut être dispomé pour le tabac , doit être déji parvenu a I' U'ie mûr, et payer la licence (2). La ville de Maseate était en 1656 le contre du commerce des Européens. Elle avait d'abord été pendant de longues années sous la domination des Portugais. Dès cette époque les Arabes de Maseate se privaient non-seulement de caf \ et de thé (boissons prohibées par les lois religieuses), mais ils avaient aussi ie tabac en horreur; et celui qui en portait dans leur pays était brûlé sans miséricorde (1692i (8). Le réformateur Abdulwehhàb proclama cet usage un péché, et comme ses secrétaires, qui gouvernaient en Arabie, étaient fort redoutés, on fumait avec prudence, presque furtivement (4). El-Abba»si, à propos de I* interdiction de fumer à la Mecque, raconte le fait suivant : Un soir que je marchais à la tête de la caravane dirigée vers Médine, entendant du bruit derrière moi, je tournai la tête, et je vis un des conducteurs de dromadaires qui. un gros baton a la main, menaçait mon intendant, et voulait l'obliger à s'en aller, .l'accourus immédiatement pour m' informer de 1' affaire. L'Arabe, transporté d' un saint zèle, répétait toujouis: Ah ! Siui Ali Bey , quel pécheur est celui-là! Je lui demandai de nouveau: Mais qu'a-til fait? Et i'Arabe r 'pondit: line doit plus continuer à marcher ; il n' ira pas à Médine; non , je ne le permettrai jamais. Mon domestique était complètement abasourdi, et je répliquai: Dites-moi donc quel est son crime? Et l'Arabe : Oui, Sidi Ali, il fume le tabac, ce «rand scélérat ; il n'ira pas à Médine : je ne le permettrai jamais, if parvins a grand peine à le calmer, en lui disant que mon domestique étant un ebérif marocain ignorait les ordres d' Abdulwehhàb. Je lui promis en

jusqummes il* Oleecorida et de Pline, gui v distinguent aiosi: 1. Flore purpurea ; 11. Flore luleo ; lit Flore albo. f Voir plus haut . p. 1H ). — Si ia Xicoliana rutliea avmi été vrai meut ornriuaire l'Orient, comme i' infirme totkar Becker, les auteurs arabes, observateurs attentifs des qualité» des plantes, auraient certainement du ie savoir, mieux que personne. A commencer de Slraelee . qui ne pouvait avoir aucun indice du tabac à son épuque. même comme plante exotique, il est positif que ses successeurs, écrivains aussi, attestent que les médecins de i'Arabie. de la Syrie et «te i' Kgypte iKUoratent ia nouvelle plante, employé* depuis peu par les médecins d'Kspajtne et de Portugal. Ceci posé, on s' explique que le uom de llortugal ait clé donné au tabac par ie* Ré-ioiiiiis. puisque les Portugais traliquaicut .tau» ia Mer Koujre depuis l« seizième siècle, et s'établirent mé.ne en Abvssidie. d'oii ils furent expulsés en lOW. Donc, si ia .V. rustira u' est pas originaire de l'ancien monde, il va de soi que la A T . humitu. Uesf. l.k.. ne peut pas non plus être originaire de V K|?ypte . comme le soutient Becker <l. c. p. 030). celte espèce prétendue «Haut à peine une variété de la S. rut lira. — Eudu Je tabac étaut aussi connu eu Arabie sous ie nom hiudoustan de Bujjirbhnng. sus meutiouué (Voir plus haut. p. l'.Xl). cela c iitlrtue que les Arabes ont du le recevoir des In. les Orientales avec lesquelles ils trafiquaient, d'abord par les Portugais et ensuite p.ir les Anglais et les Hollandais.

(i) Vincent* Maria, de S. te Catherine de Sienne. Il vinggio alflwlie Ortentali, 1<57'2. p. 449.

Cii II faut observer que cette dispense .ie l' internctiou de fumer est tout au moius une forme de l'impôt. (|ut tut établi pour la première fois et presque à la mémo époque eu Europe, sur la cou sommation ou tabac (Voir plus haut. p. UJ). Ce furent les Yahhàbites. qut détendirent le tabac comme enivrant, r usage en étant cootraire aux dispositions du Prophète et de -es disciples. i|ui loterdireut lee eubstaoce* euivrantex. Mais les Vahhàbites ue fout plut la loi en Arabie, et partout, où ils ne .îomineut plus, on fume au matin au soir iFreisel, L'Arabie vue en IHJS. cfr. Jour. Atiat. time Sér. XVII, Paris. pag. M). Pendant la dominatioii des Vahhàhites le tabac ne pouvait pas être vendu publiquement; mais comme tousles liélo'Jius de l'Iledjaz l'uimaieul passioua meut, quelques fournisseurs le vendaient en cachette, nou eucore sous le nom de docaan (tabac), mais sous celui de besoin de 1' homme (Barckktrt. '. c. p. 4T).

('J; Ovingtoe Kir. PrévMt I. c. IX. p. 4.').

<4) Ail Bey El-Abbaesi, Xiaggi in Afnca ed ,n Attn del M3 al 1807 (trad. Tleani. Miluuo. ItMtt. lit. p. 1U0).

Ouste — llmoir* 4» 7'utwe. 9J

son nom qu'il ne le ferait plus. Il voulut que je le jurasse , et que je jetasse sa pipe et son tabac. Seulement a ce« conditions il lui permit de continuer le voyage.— Ce réformateur avait en effet compté la consommation du Ubac parmi les graves péchés (1. c. III. p. 195).

Malgiô les défenses et les punitions, ce nouvel usage surmonta tous les obstacles, et parvint à devenir un besoin impérieux aussi chez les Arabes. Tavernier, en traversant le Tigre, eu 1651, eut besoin des services des Arabes, ot il remarqua que ceux des confins de l'Assyrie (actuel Kourdistan) demuidait comme salaire, au lieu d'argent, du tabac, ou des biscuits (1). Seeizen narre que, pendant qu'il voyageait dans la région de Mkés, un Arabe à cheval, armé de lance, le rejoignit. Alors son guide lui offrit sa pipe, que l'Arabe accepta nvec désinvolture, et qu'il emporta (1806) (2). Et Burckhardt raconte qu'en allant à Djedd;ih il emporta de Souakim ( Voir plus haut, p. 1611 une bonne quantité de Dhui ra et de tabac, ces deux denrées constituant le meilleur obj-t de trafic sur les côtes tie l'Arabie (3).

Ainsi l'usage de fumer se répandit tellement parmi les Arabes, qu'il n'y a personne, grands ou petits, hommes ou femmes, qui ne le pratique fortement. Il leur sert de distraction, seuls ou en compagnie. C'est leur amusement après le repas, leur médecine à jeun, et. la première politesse envers leurs visiteurs (4). Apres le diner ils se réunissent en groupes pour prendre le café et fumer (5).

Les Arabes se traitent entre eux sans e'-remoiiie, ne tenant aucun compte des différences sociales : le Ptince, le Seigneur, et le dernier des paysans se réunissent pour causer et fumer leur pipe ensemble comme des frères (6), et ils ont 1' habitude de se mettre assis à terre à fumer la pipe persane (7). Ils passent les journées entières à hm er et à boire du café |8), et quand un visiteur se présente, ils lui offrent tout de suite la pipe (9). l'our l'Arabe le bonheur consiste à dormir au frais , se baigner souvent, fumer son huka (narghilé), et jouir de la compagnie de ses femmes (10). Du matin au snjr ils ont continuellement la pipe à la bouche, et en attribuent l'introduction aux Européens ! Les femmes aussi fument (1 1). La femme arabe oisive, étant considérée comme niges (impure), et ne pouvant aller à la mosquée, ni lire les livres suints, passe le temps à se parfumer ;ivrc des bois odoriférants, qu' elle fait brûler sur des brasier, ou a fumer le narglulé, mollement étendue ; et rêvant les yeux ouverts, elle étudie de nouveaux projets de mariage, le divorce ^tant permis (12). Les Princesses fument également (13).

L'usage du tabac s'étant répandu généralement cliez les Arabes, ils ont pris l'habitude de fumer dans des pipes persanes, qu'ils appellent Kiddra, Buri, Ankira, Narduchil, faites avec des noix de coco pour les gens communs, do verre ou d' argent et d' or pour les grands Seigneurs. Ils ne coupent pas les feuilles de tabac, mais bs les brisent avec les doigts, et les humectent avant d'en bourrer la pipe (14). Ils changent l'eau du Kiddra à chaque renouvellement de tabac (15).

M) Tavarniar. I. c. II. p. '>»•.— (•>> Saabaa. io Malta-Brim, Ann. Voyage*, lsoo. VII. p. 100.

(3) Burckhardt, Travels in Nubia. 181.», p. 4(17.

(4) La Roqua. Voyage de t' Arabie heureuse. I7I<«. p. .'4'».— (.'>) La Roqua. I. c, p. 2.73.

(fi) Maretllut. Kimembranie intorno ait Oriente, in ■arovaccM. liaccolta di viaggi. 11. 1841. p. 143. (7) Martalluf. I. c. IV. p. 57.

(5) Aaami. Choix de voyages modernet. Pari», au VIII. H. p. 13J;— La Raqua. I. c. p. 'XX>. {'.<> La Roqua. Voyage de l'Arabie heureuse. 171tf, p. 60.

(10) Ougrantfora. Voyage dans Vlnde et au Bengale. 178H-<J0. Pari». 1801. II. p. 247.

(11) Maritl. Voyages (tant Ciste de Chypre. In Syrie et la / tito'ine (trad. il. l it. Nîuwieit.1791. II. p. 8).

(12) Roui. I. c. p. "Jit".— (13) La Roqua, \oyage fait... dans la JMlestme... p. 304.

(14) Nkbuhr. Descriptùm de l'Arabie, \"% I. p. Si.

(15) Rc-lativenieut » l'appareil qui sert à ruiner. Nlabuhr {Voyage en Arabir, 1780) observa qu' eu

El-Abbassi racoute que le Sultan, chérif de lu Mecque, fumait, dans un narghilé mis dans une autre pièce avec un tuyau, qui traversait un trou pratiqué dans le mur (l).

En général, les Bédouins de l'Arabie l'étrée, après avoir dîné, ont l'habitude de fumer les niirghilr-s de tombals, les chibouku de jebeli, et les cigarettes do stambouli, alternant avec les excellentes cigarettes de Moka parfumé (2).

Arabie, comme «n Syrie et en Egypte, i' habitude île rester a fumer dans les cafés est générale. Il serait difficile d'expliquer sans uoe raison physique le goût du ce peuple pour le tabac, qui remplace les liqueurs fortes qui lui sont mtcrdites. Ce goi'u lui a fait raffluer la formée; la matière des pipes: celles du peuple so m très simples, consistant en un fourneau de lurre culte et un tuyau de bois; les geDs aisés les veulent d'uue matière plus précieuse, plus ornées et avec un tuyau recouvert d'étoile pour pouvoir le mouiller dans les grandes chaleurs pour rafraîchir la fumée. Dans une gruude partie de l'Asie ou emploie ia pipe persaQe qui eu faisant passer la future à travers l'eau frakhe, lu rend plus douce et plu* agréable. Eu Egypte celle pipe persane est faite .i" uue noix de coco, à moitié remplie d'eau, et de deux tuyaux dont l'un corn mu ai quo avoc lo fourneau, et l'autre avec la bouche du lumeur. fumer avec la pipe persane ne se fait pas seulement comme divertissement, mais quelquefois aussi pour réchauffer les poumons avec ia fumée chaude, quand ou crami uu refroidissement, l'usage des liquides alcooliques n'étant pus permis (I. c. I. p. 12.»). -Les Orientaux fument presque toujours pour éenapper a l'ennui. Les Arabes, malgré leur tempérament sec et lu chaleur de leur climat, fument encore plus que les habitants des provinces septentrionales de l'Asie, lis se servent d'une longue pipe, ou de la pipe persane. Uue cuutume particulière à l'Arabie consiste eu ce que les gens distingués portent toujours sur eux uue boîte avec des bois parfumés; et ils mènent un petit morceau de ces bois dans la pipe des personnes auxquelles ils veuleut donner uu témoignage de couaidératiou particulière. Cela procure au tabac uu goût spécial et uue odeur agréable (i. c. II. p. ISSU.— ■«■lellt et Malt* Brun, I. c. XI. 1803, p. »U;-f.rr«rlo, 1. c. 1831. IV. p. 293).— A l'.idda (Kjeddat.) du Burekliirtt ( Viaggi in Arabia, cfr. Mirmocckl. Kaceolla di luaggi. XIV. IH44. p. 37) il y a des boutique* iréqueuiées par les fumeurs de hachtch ; préparatiou composée au fleurs de chauvre et ,ie tabac, dout l'usage procure uue espèce d'ivresse. Dans tontes ces boutiques ou emploie lus pipes pursaues. qui sout de trois sortes: 1. la chedra, la plus grande, qu'où pose sur uu trépied: elle est ornée éiégammeut et ne se trouve que dans les maisons particulières; 2. la c/uce, appelée es Syrie l'argili (uarginlô), plus petite, mais fournie à sou extrémité , comme la première, d'uu long tuyau flexible, par lequul on asp re la îuuiée. (Les longs tuyaux flexibles pour les pipes persanes viennent du Yémen, et sont travaillées avec beaucoup d'art: BureMurdt, I, c. p. 47. Oil trouve reproduite dans une Table la ligure d'uu narghilé lumé par un Arabe n Moka, dans l'ouvrage de Oirtnàfrt: Voyage dam l'Inde, 17W.H), II. p. IS7j; 3. la 6««ri . qui consiste .uns uue coque de uuix de coco brut, c .uleuaut de i'eau. ei dans uu gros tube, au lieu du tuyau flexible. (D'après La Roqu», Voyage de V Arabie Ueureute, 17H>, p. It}« les Arabes appellent le coco Xardgil. Les cocos viennent des lu des Orientales, des pays à su'Oc de l'Afrique et des régions des Somalia... Les coques des plus grands servent à fabriquer des pipes persanes ou beuris ordinaires, ainsi qu'un l'a déjà dit. et les plus petites à faire des tabatières: Barckhardt. 1. e. p. 47).— Lu pi|ie est la compagne fidèle des gens de la basse classe et des marins du golfe Arabique, qui ne la quittent jamai-. Le tabac qu'on fume daus les duux premières pipes vient du Golfe Persique; le meilleur est celui de Cairaz (Voir plus haut, p. 22H). Uue qualité inférieure, appelée tom6«c, vieut de Baîra et de Magdad ( Voir plus haut. p. Celte feuille a uue légère teinte jaune, est plus forte que le tabac ordinaire, et ou ia lave pour l'adoucir. Le (abac dont ou bourre U bsuri vient du Yémen; il est de la même espèce que l'autre, niais de qualité inférieure. Le commerce en est considérable à cause de la quantité prodigieuse, qu'on eu consomme dans i'lledj:ir ou eu embarque aussi une graude quantité pour l'Egypte. La pipe ordiuaire est peu usitée daus l' Uedjaz, excepté par les soldais turcs et les Hoiouins. Le tabac provient de 1' Egypte ou du Setmaar. d" oii ou lu trasporte à Souiikim (Voir plus haut. p. Irtl). Très peu de tabac de Syrie arrive dans le golfe d'Arabie.— SeetiM rapporte que daus une fouille faite dans les terres d'Ei Hamad eu l»KS,ou trouva des pipes avant uue forme différente des modernes, or, il existe la tradition chez les Arabes nomades, que ces pu>es appartenaient jadis aux Tocueurs. peuples qui habitaient cette contrée avant la venue de Mahomet (i fr. Mail* Bris. Ann. voyage». 1H0U. VIII, p. 294). — Rien ne s'oppose à ce qu'on ait découvert de* pipes antiques eu Arabie. On a déjà dit plus h.iut (p. 231) que les Arabes étaient de grands consommateurs de hachich depuis les temps auciens ; il n'y a donc pas lieu de s' étonner qu'on ait amsi retrouvé des pipes antiques daus cette région. Du reste, des pipes semblables out été trouvées dans p usieurs eudroits (Voir plus haut. p. 3).— (I) Ali 8«y EI-AMeui. I. c. III. p. loti.

(2) AreeMtl-VItCMti, Diario rfi un viaggiu in Arabia l'elrea, W>.\ Torino, IH72, p. IW.

Le tabac est une des plante* industrielle aussi cultivées eu Arabie (1). Les Arabes du | oit de Miikullah, dans l'Hadramaout, se rendent tous les ans à l'île de Djebol-Tiur (ment des oiseaux) au Xord-EU de Mayet, vers le cap Guaidafuy, pour charger le guano destiné à fumer leurs plantes de tabac (2). On exporte annuellement ties cotes de Sowakill environ mitle balles de tabac de la valeur de 50 mille piastres (3).

Le lanac produit dans le montagnes de I' Arabie i'étrée (1813) est d" une cuulour vert foncé quand il est sec, et ressemble comme apparence et comme goût à celui du Sennaar.... Ce dernier arrive sur les marches du Yémen (Voir plus haut, p. 161) apporté par les négociants de Souukim (4) , qui se le font transporter par des chameaux (5), tandis qu' on le cultive beaucoup d;tns le pays (6). En 1814 , le tabac se vendait a la Mecque aux prix suivants : le bon tabac de .Syrie à 6 piastres la livre; !o tabac commun a 1 piastre et 30 paras (un para est 1[40 do piastre); le tombac, ou tabac pour les pipes persanes, à 3 piastres (7).

La ville de Moka tire aussi son tabac du Golfe Persique (8), où on le cultive dans les îles Krisch, Kiis ou Kenn (9).

En 1814, il y avait a Djeddah 31 boutiques, <»ù l'on vendait du Ubac de Syrie et d'Egypte, du tombac pour les pipes persar.es, des fourneaux de pipes, des tuyaux flexibles et autres. Le tabac d'Egypte môle" avec celui de Sennaar est le moins cher et le plus recherché dans tout l'Hedjaz. Il y en a de deux sortes : l'une dont la feuille sèche conserve sa couleur verte, qui vieut de la Haute Egypte, et s' appelle ribbè ; I' autre a la feuille brune. Celle ci est la meilleure; elle pousse autour de Tata (Voir plus haut, p. 167) à midi de Siout (10V

A Djeddah on trouvo le tabac ou a 1* état grf-ge , ou tout au plus sous fvrmo de cigarettes. Il y est importé exclusivement de Constantinople. En 1898 on y a importé pour 2500 Cwls, de la valeur de 37 mille L. Sterling (11).

La Régie Impériale Ottomane des tabac a augmenté son importation à Djeddah en 1894 de 7ô00 L. Sterl. de cigarettes et de (abac, ou du 20 0|0 ; mais elle n'y importa pas de tombelï, ayant été incapable de supprimer l'active contrebande, qu'on en fait à Aden, à travers le Yémen (12).

L'importation du tabac a Djeddah, faite exclusivement par la Régie Ottomane fut en 1895 de KM*) Cwts, pour la valeur de 30 mille L. Sterl. (13).

c) Syrie. - L'usage du tabac était inconnu en Syrie jusqu' à la dernière moitié du

(1) RtclM, I. c. IX. 1884. p. 872.

Ci) Redira, i. c. XIII. p. 8-19.- (3) WrilstaL Travel* in Arabia, Il p. 64.

(4) Deiuis 1W2 il a été constitua la Société of lomhak. qui a bu .lu Gouvernement Ottoman le Monopole <:o loules les sortes de tabac consommées dans le Yémen. Par conséquent tout autre commerçant ¥>t utiu île ce négece. et ia Compagnie a institue un service de vigilance pour ivuer la contrebande Kiie a importé. eD 1893, dans le Yémen pour 95 nii.le L. Strrl. de tabac (dr. Dipl. a. Com. Rep. London. 1894.- Turkey , Jeddah , p. 15). Kn 1895 i.i m<>me Régie Ottomane y importa 3.5 nulhous de k|t. de tabac de i» valeur de 165 mille L. Sterl. (cl'r. Dipl. a. Com. Rep. Ixrndon, 189Ô.— Turkey, Jeddah. o. 1825, p. 8)

(5) Barckhardt, Tmrels in Suhia. 1819, p. 292.

(f>) Nict-iihr. 1. c. I. p. p. 212.— L'auteur oe dit neo Je I'espoce qu' on y cultivait; il est cependant certaiu qu'on y retrouve encore aujourd'hui la Sicolùma ruslica. var. a.iiatica. G) BiireWiart I. c. \>. 217.

(H) B4rt«|*r. Géogr. de BOtchinj. 1780. VIII. p. 492. -(9) Ti«4««aiui, I. c. p. 218.

ClU) Burckhart, I. c. p. 17.- (11) Clr. Dipl. a. Cons. Rep. London. 1894.— turkey. Jeddah, pp. «!. II.

(12) Crr. Dipl. a. Cons. Rep. I.ondon. 1893.— Turkey. Jeddah. n. 1622. p. 2.

(13) Crr. D<pl <>. Com. Rep. London, i 89(5.- 7 urkey, Jeddah. n. 1825. p. 4.

dix-septième siècle. Le Pèro Dandini (1), qui visita la Syrie en 1596, n'en parle pas à

la p. 51 de son livre, tandis qu'il observa alors: Les nobles prennent de bon malin

uce certaine eau, qu'ils appellent Cant (cnf-M , quo I' on fait avec une herbe (?) venue du Caire ; et quoique l'apparence en soit vilaine, elle est excellente pour l'estorrae. Aucune mention n* en est Alite non plus par le l'ère Philippe en 1631 (2); n« par Tavernier en H>38, qui décrit les eampagt es et les cultutcs de Syrie, ainsi que ses marchandises et son commerce (3). Ces peuples étaient, au conti aire, depuis longtemps adonnés au hachich et à l'opium (41.

(1) Oajtaal, ilissione ajtosloUea al Patriarca e Maroniti del Monte. lAbano, ICfîrt. Ci) Fllippo «alla SS. Triait*. Viaggi Orientait, p. tfô. et su;v.

(3) Tavtrniar, Les six voyage en lurqute. en l'erse et aux Indes. Ifi'.r.'. II. pp. US. I7'J.

(4) Dolrfmarv (your, recherche» sur les Ismaéliens ou Baihinietis de Syrie, l- i 54; clr. Journ. titiat. ôme Sér. V. Pan», 1&V>. p. 54(5), h propos .lu ha<:hi?h . dont ces peuples f uit una si grande consommation, dit: Vers la flo de l'année 120(1 :e Sultan Boltiara, qui se trouvait encore eu Syrie, ordooua d'abolir le Monopole du haehwh (chanvre), qui rapportait déjà loin» drachmes par au. Makrliy et Novalry (Histoire des Mamelouk», 1. i, p. Xi; cfr. totd. p. 37) ajoutent que k- même Sultan commanda de punir ceux qui eu prendraient... Il prit celte tne-ure surtout naos le but d'éviter les crimes, qu'on commettait dans le délire produit par 1' usage du chanvre... On sait que ies diverses préparations du chanvre étaient désignées sous le nom générique de hn^hv-hah. Et c'est précisément à cause de l'usage immodéré qu'en faisaient les Ismaéliens de Syrie, qu'ils reçurent le uom de Hachîckiu, dont on a fuit assassins, L'usage du hachîrh était d'ailleurs répandu en Asie Mineure depuis le commencement du quatorzième siècle. -0» «tcy (clr. Malt* Brun, Ann. d. Voyages. MU. p. IKKi). en c ullrmaut qu'une tribu de l'intérieur de la Syrie avait pns le nom y assassins (d' Uiickiehim) , ajoute ; Les Ismaéliens ont i-r.eu cette dénomination à cause de l'abus qu'ils font d'une liqueur euivranle connue dans tout l'on, ut sous le nom arabe de haehich. Les feuilles de chauvre, et quelquefois d' autres parties de ce végétal, forment la base de la preparation prise comme liqueur, ou dans les confitures, ou en pastilles sucrées, ou eotin sous forme de fomentation. I,' ivresse produite par le hachîch provoque une sorte d' extase analogue à (eiies que les Orientaux se procurent avec l'opium. C'est une espèce de délire, qui s'il se renouvelle fréquemment conduit au marasme et à la mort. Celui qui éprouve cette ivresse perd la roscience de soi-même . il arrive à commettre des acte* brutaux, et à troubler l'ordre public. Ceux qui s'abandonnent à cette passion sont appelés en Orient Basehaschins. d'où vient que les IsmaélieDs lurent appelés Assassin» par les Historiens des Croisades. — La Roqua raconte qu'eu présence de

■ ambassade en Palestine on présenta au grand Kmir. dans un petit 7ase. de la confiture faite avec la plante que les Arabes appellent Benge \ Bonghe). Cet mot est un diminutif A'opinm; et c'est uue iliose. qui en a presque les mêmes qualités, et produit les monies effets, mais avec moi us de force. Il en prit la grosseur d'une noix, versa dessus une tasse du café et fuma ensuite uue pipe de tabac. Il ajoute que cette confiture particulière faite avec la juwjuiame. ou le chanvre, a la propriété de procurer d'abord l'ivresse et ensuite le sommeil. Les Arabes se servent fréquemment do cette espèce de thériaquo préparée tantôt à base de jusquiame, tantôt à base de chanvre. L'Kmir le pria d'eu prendre une petite dose, qu'il lui offrit aimablement a la pointu de sou couteau. Il lui parut impoli de refuser. Le goiit de la drogue ne lui déplui; mais elle i 'assoupit, et le dt rêver toute la journée; et. en effet, I'Kmir la prend exprès pour rêver. Il lui disait même que lorsque la tuériaque commençait à agir sur l'organisme, il voyait en songe les lutes, ot tout ce qu'a aitnait le plus au inonde. Ses vapeurs en montant au cerveau, raniment i'espnl. furt. lient la mémoire et facilitent les raisonnements pour soutenir une longue conversation. Mais l'ambassadeur remarqua au contraire que l'usage de celte herbe lui avait affaibli les nerfs: ils tremblait si fort que ses mains n'étaient plus capables de tenir aucun objet (La Rofl,u«. Voyage fait par ordre du lloy Lotit XIV dan* In Palestine. 1717. p. 15). — Le même La Roque eu observant les coutumes dei habitants de la Palestine, qui abusent de l'opium comme du chanvre, remarque que lorsq' ils ont pns k- l'opium, ils restent profondément afsoupis. Si l'on tiro un coup d'arquebuse, ou qu'on crie dans leur oreille, ils s' éveillent en sursaut ioui troublés, comme s'iis revenaient de l'autre monde. Le terrible est que Us habitués ne peuvent plus s'en passer sans mourir de reuret. On les désigne sous ie nom <V Afiun» (■!' Opium, suc du pavot), ou consommateurs

■ f opium (Ophium), et ils passent leurs journées à fumer du tabac. Kn s 'éveillant . ils sont toujours de mauvaise numeur. C'est vraimeut amusaut d'observer les consommateurs d'opium, ou de chanvre (•appelés aussi lertakit, de la préparation soua iurme de ihériaque). chanter, rire et bavarder quaud conimeuee l'effet de la drogue, et. vice versa, deveuir pâles, taciturnes et intolérants quaud il s'éveillent du profouu sommeil dans lequel ils étaient piougés. Les consommateurs d'opium et de chauvre son

C'est Bréwond qui a fait en 1652 les premieres remarques sur l'usage du tabac en Syrie. Il observe, en cffot, quo Icp Turcs portaient toujours une bourse attachéo à leur ceinture , affectée à cet usage,... et il conseillait par conséquent à ceux qui voulaient voyager dans le Levant do s'habituer aii3si aux courûmes orientales, et particulièrement à prendre du café et fumer du tabac après chaque repas (1). Peu de temps après, en 1656, le Père Vincemo Maria de S.te Catherine de Sienne (2) allait d'Alep à Edessa, où un prêtre arménien le recevait en lui présentant le café et le tabac, selon la coutume (I. c. p. 66). Les Turcs, dit-il, passent leur journée à. jouer aux échecs, à. boire du café, ou à absorber le tabac en fumée, qui sont les occupations ordinaires (1. c. p. 47). Et il apprit si bien des Turcs à boire le café, qu'il s'y habitua lui aussi (I.e. p. 63).

Voici d'autres détails relatifs à la Turquie d'Asie sur la coutume orientale d'offrir du tabac et du café au visiteur. Quand on va chez un Turc , après qu' on s'est assis, il a 1' habitude de vous présenter une pipe de tabac et du bois d' aloès. On prend la grandeur d'un pois de ce bois, qui est gras et fait beaucoup de fumée, et après 1' avoir mouillé on le met sur des charbons allumés dans un petit brasier. A mesure que la fumée se répand , on fait tourner le brasier autour de la barbe, de la tfito ot du turban dos visiteurs pour les parfumer. On leur verso en même temps de I' eau do rose sur les mains, et ils s'en mouillent la birbe et les cheveux pour mieux conserver le parfum du bois d'aloès (3). Les Turcs ont l'habitude do présenter à leurs hôtes des pipes allumées, dont le tuyau est long de 2 à 8 pieds. Les fourneaux de ces pipes sont plus grands et plus commodes que les nôtres. Ceux de Negrononte et de Thèbes sont faits avec une terre naturelle, qu'on taille avec le couteau aussitôt qu'on l'a retirée do la carrière, et qui durcit ensuite (4).

Briano (5) dit, à propos des habitants de la légion d'Antioche, que c'est pour eux un' espèce de besoin de recourir à la pipo et au café, comme aux compagnons nécessaires dans les pays orientaux. Celui qui croirait quo cette pipe et ce eufé sont sem blables aux nôtres serait loin de la vérité. Nous n' avons aucune idée du tabac et du café d'Orient, ni de la manière dont ou les prépare. Les Turcs qui les considèrent comme de grandes jouissancas ont mis une sorte d'étude à les raffiner. Mais, soit à cause de cette étude, soit à cause de la meilleure qualité des produits, ou qu'eu traversant les mors et en venant sous des climats différents ils perdent leur véritable nature , ces produits d'outremer ne nous donne qu'une faible idée de ce qu'ils sont dans leur climat natal. Les sucs du tabac orientai sont agréables au palais , et la légère vapeur qui se répand dans 1* air, flattant i* odorat , produit une sorte de torpeur délicieuse qui , sans troubler les facultés intellectuelles, les entraine dans le domaine de la joyeuse fantaisie (6).

blâmés par le» Musulmans sévères, qui les considèrent comme ors gens déréglé». On raconte qu" un prédicateur, déclamant un jour coDtre cet usage. s'aoïniii si bien, qu'il tomba de s.t poitrine un cornet de thanvre (qu'il prenait souvent) au milieu de i' auditoire. Mats sans se laisser troubler par cet incident ridicule, il s'écria: Voiià l'ennemi'. Voii» le démon, dont je voua parle', garde* vous-ea pour qu" il uu se jette pas sur l'uo de vous, et n'en fasse sa proie. — h se tira ainsi de ce mauvais pas; mais uu poète qui assistait à i'iucideui, lui envoya le leadctuain uue opigraiume, pour l'avertir qu'il devait plus prêcher d'exemple que de paroles, et qu'avant d'examiner les comptes des autres, il ferait bieo de payer ses propres dettes (La Ream, I. c. p. 17).

(1) Bréneml, Yiaggi fatli nell' Egilto. lUT'.i. 111. p. 2. (S3.

(2) Vinceuo Miria (de S ic Catherine de Sienne;. U viaggio aile întiie Occidental». 1672.

(3) Tanrniar. Recueil de jtlutieurs relation». 1081. p. 46*.

(4) Tournetort. Relation d'un voyage du Levant, 171*. II. pp. 54,56. (">) Briaae. La Stria e VAtia Minore, 1H41.

(6) Il faut remarque pourtant que 1rs sortes de tabac eu'tivées dans les terres de l'Empire Ottoman sont ixraucoiip plus délicates et plus parfumées que celles j'Kurope. qui sont comparativement beaucoup pius grossières.

Pour ce motif, beaucoup de voyageurs partis d' Europe ennemi* du tabac et du café, ayant (Hé forcés de les goûter en Orient, ne purent plus s' en passer, même après être retournés dans leur patrie. Une tente, la pipe et le café sont donc les compagnons indispensables d'un voyage en Orient (1. c. p. 404). Briano remarque ensuite l'incapacité des troupes command ées par les pachas de Damas, d'Alep, et d'Adana, dont ks soldats restaient à fumer jour et nuit (182ii) sous la tente (I. c. p. 222); et il continue en disant que lo Moines de Syrie, abandonnant leur ancienne austérité, s'adonnèrent aussi au tabac et au café (1. c. p. 241). Il reproduit, enfin, la figure d'élégants narghilés dans la Table relative à la maison d'Adeeb à Antiocbe, et dans une autre représentant une scène de pèlerins de la Mecque, campés près de cette ville (I. c. p. 899).

L'usage .le fumer, s'étant ainsi répandu la culture du tabac (UUtûn), ne pouvait manquer à s'introduire dans toute la Turquie d'Asie. Elle commença, solon d'Harvieux, en 1680 dans la Syrie, donnant le meilleur produit à Lalakié, l'antique Laodicée. Puis, en 1753, on s'appliqua à la préparation des poudres à priser (1).

Les champs de Latakié nu tardèrent pas à verdoyer sous les plantations de tabac (2). La plante prospérait aussi dans la région de Milletz ; mais le produit de Latakié était le meilleur de Turquie (3). Elle est actuellement abondante dans toutes les montagnes de la région (4); et lu long des cotes (5). Cette culture, introduit* vers 1680 à Latakié, fut bientôt célèbre par la bonté do son produit. Un Missionnaire, qui parcourait cette région en 1695, observait: Dans la campagne de Laodicée (Latakié) croissait en grande quantité cet excellent tabac, appelé tabac du Levant, ou dAlep. Les marchands fiançais qui viennent le chercher paient à la douane 6 écus le quintal (6).

A partir de cette époque le tabac commença à devenir le princtpal commerce de Latakié (7). Shaw observe à ce propos : Depuis quelques années les habitants de Latakié cultivent beaucoup ie tabac, et en tirent un très grand profit. Cette ville et les environs se sont enrichis en peu de temps par le commerce considérable qu' on en fait. On en expédie tous les ans à Damiette et à Seandarée plus de 20 mille balles ; ce qui porte un grand préjudice au commerce analogue de Salonique (8). Le Latakié étant estimé le meilleur tabac du Levant (9), les marchands s'y rendaient (1780) de préférence à tout autro endroit pour en acheter (10).

Les cultivateurs de cotte contrée procurent au ubac un arôme spécial par des fumigations de bois de cèdre du Liban (11), ou de bois de pin d' Aiep (Pinus halepenais). Solon Thiselton Dyer ce tabac enfumé de Latakié ne s' obtient pas avec la N. rustica , niais avec les panicules de fleurs et de capsules do la N. Tabacum (12).

Cette marchandise se consommait non-seulement à Constantinople et dans d'autres pays d'Europe (18), mais surtout en Egypte (14); et par un privilège exclusif (15) son commerce s' exerçait avec Damiette et le Caire (16). Toute la récolte d' Alep se con-

(I) Tiadtmaaa, I. c. p. 214. - (2) Lacas. Voyage au Uvanl I7U. p. IB1. - (3) Bswagar. Qéogr. de BDsdiIng. 1776, VU!, p. l«J7.-(4) Vol M y. Oeuvres complète!, 1821. II. p. ISOO, III. p. 07. -(5) ■alto Bru ■. Géogr. untv. (ônie éd. Heat, Pans, IV. IH4I. y>, 477;.— (6) Voyage d'un mtssionatre. Paris, 1730, p. 351; (Rautaelet d» SaairiY) Mém. géogr., pltys. el hist, tur V Asie. 1707, IV. p. 32.— (7) Lieu. I. e. p. 103.

(Sj Skiw. Voyage dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant ( trail, de l'augl. 1743, p. 5U).-(9) Imln, Voyage à ta mer Rouge (trad. Narrai»*, I7U2. 11. p. 434).-(10) Inrin, I. «. II. p. 337.

(II) Bâclas, >. c IX. 1884. p. 7<W. — (12) Fergaisea, 1. e. p. 167.

(13) Btreaaar, Oéogr. de Blscfclai, 1776. VIII. p. 200.

(14) Utrallte. Uéogr. unir, de Malto Bran. 1802. V, p, 75.-(15) Vetosy. I. e. 1821. 11. p. 300.

(16) Satllal, I. c. p. 127.— Psckck* obs«rve Justement & ce propos (Voyages en Orient, irad. Eytem, 1779^: Latakié. qui d' existait pour aioai dire pu» il y a uo demi siècle . don avaut tout une partie de sa spleuaeur actuelle (1737) au commerce ilu tabac, qui s'exerce avec Damiette (i. c IV. p. 88), en se servant au besoin du port de fiouad. i'sutujue Aradus (I. c. IV. p. 102). -Cette observatiou de Pockecka confirme la date de l'introduction de la culture du Ubac à Latakié.

contrait aussi à L;iiakié et à Alexandrette in. Olivier raconte que le tremblement de terre, survenu le 26 Avril 171)6, lit éci onler si subitement le dépôt public d-'s tabacs, édifice grandiose situe près du port de Latakié, que personne no put se sauver. L'Aga, se» employés et 400 ouvriers péiireut, (2).

Kn 1870 on a exporté d' Alexandrette pour 1' Kgypte 01 tonnes pour la valeur de 6JJ80 L. Steil.; pour la Turquie 24 tonnes pour la valeur de 19:0 L. Sterl.; pour l'Angleterre ôl tonnes pour la valeur de 2530 L. Sterl. (3).

On a fondé récemment une Compagnie avec un capital souscrit a Constantinople et à Beyrouth pour la vente du Tumbeki en Syrie, ainsi que pour la vente du tabac et des cigarettes en Syrie et en Palestine, moyennant un contrat avec la Régie Ottomane du tabac. Cette convention a été avantageuse pour les deu:; Compagnies, puisque de Septembre 1894 à Mars 180.') la vente du tabae est. montée à 218 mille kg. avec une grande augmentation sur l'année precé iente ; et la vente du Tumheki d'Avril 1804 à Avril 1895 est montée à 700 mille kg., contre 6f>5 mille en 180:1 La culture du tabac a aussi augmenté en Syrie, et 630 mi lie kg. furent déj.i officiellement enregistras en 1894, pendant qu'on organisait une active surveillance sur le iittoral.

\jc district de Latakié, qui fotnit abondamment le tabac connu sous le nom iVAlwu Rika, consommé surtout eu Angleterre, mêlé avec le tabac am'-rican a ét'- aussi compris dans la sphère de la Régie; et la culture en a naturellement diminué (4t.

En 1807 on a exporté de Latakié pour 30 mille L. Sterl. tie céréales et de tabac dirigés sur Halte et la Grande Bretagne (ô>.

L'usage du tabac est général dans la ville d'Alep (îii, où les femmes passent plusieurs heures de la journée à fumer (7). Dès qu'elle est mariée la jeune fille syrienne (de 10 à 12 ans) fume sans aucune retenue Je tabac de Latakié (8). L'ouviier, le commerçant, tout le monde a la pipe à la bouche dès que leurs moyens le leur permettent. Le tuyau de la pip? est fait, de blanches de rosier, de cerisier, eLc, dont les meilleurs sont longs do 5 à 6 pieds et garnis d'argent (0). Le fourneau est en argile cuit; on le change souvent, mais la même pipe peut aussi durer pendant plusieurs années. Quelques personnes fument à la mode persane, avec le mirgetry (10), mais seulement le tabac persan, qui a un môme agréable. Ku luinaut dans cet instrument, et se nettoyant bien la bouche après, il ne reste ni goût, ni odeur. Les gens du commun , imitant les Seigneurs, se servent dans les calés d'appareils semblables, mais en fumant du tabac local, humecté avec de l'eau ou une infusion de raisin passée, en y ajoutant quelquefois le shecra (11), pour le rendre plus fort. Ou y fume tant, qu' il s' y forme vite une

(I) Sestinl. I. e. p. 12?.- Ci) Olivier. Vmggio m I'ertta. IV. p. 'J!!.— (3) lock. Tobacco, ISS'i. p. 20-.I.— (4) Cfr. Itipl. a. L'uni. Rep. Loimou, IK'Xj. — Beyrouth, u. 162tl. p. 10. — (ô) Cir. Dtvl. «. Cons, llep., l.oujon. 1898.- Or i/roUlA, u.21 10. p. \>\ - (0) Delaaerla. Le voyageur françoi*. 4. me é>i. I"2, 1. p. 49. — (?) Dalaporto* I. c. 11. p. 'M: — RuimII. 2he natural nistory of Aleppo, l?.VJ. tab. X\ 1. - isj Pallé et Galimbart. Voyage en Syrie et dam VAtie Mineure. Puns, 1M40 I. p.vrj.- (,'.»> Ratsell. I. c. p. 82;-Detaaerte, <• c ' P- *•>■-{ ><>) RuimII, I. c. <ub. XV.

(II) Le theera parait ë're U même chose q-.:e le beng indien; oo ie lume avec les feuilles «1rs tiges lemelies UU cuauvre. Celles et w>nl u" aboiu pulvérisées, puis mise» dan* du papier buiui>ie et recouvertes «ie ceiiures chaudes, jusqu' a ce qu'e.lcs forilieni uue espèce <Je pâte, qu' nu presse d'abura ciinnie dus galettes cpi" ou coupe en petite loua nue», et qu' od fait sécher eusuiie. Ou eu met environ* uue iieinwf>«c7(>ne. îiié.éi) de tabac daus lu pipe, ou plutôt daus ie narghilé. Cet le minée enivre jusqu'à la loiie. Quelques grains ineices avec ties mat teres odoriférante*, connut! par exemple le* ligues secue*. pris à l'intérieur, produisent le même effet. Ou altlrmeque les acide» en paralysent les couaéqueoces. GataM a remarqué la même surexcitatiou produite par ie chanvre. L' opium u' est pas recherché aes habilauts d'Alep comme .le ceux de Constantinople; seulement les gcus déréglés le prennent (Reatell , I. c. p. 82). Cet usage , qui est aussi un moyen de aissoiutiou . dissipe V ennui et égaie i' espru ; mais au bout de quelques auuéc» il uutruit la mémoire, i' imagination el la force, et réjuit 1' homme eocore jeune à uue précoce décrépitude (Dataport», 1. c. I. p. 50).

atmosphere de fumée épaisse et iricspirable (11. Les marchands assis devant leur» boutiques fument leur pipe pendant toute la journée (2).

Les habitants il' Alep s' occupent beaucoup de la culture du tabac (8). Près de la ville on ne le plante que dans les jardins; mais dans les villages environnants, jusqu'à lu ou lf> mils de la cité, on en fait des champs entiers. Toutes les collines de Chogré à Latakié (41 le produisent «u telle quantité, qu'il constitue la base d'un commerce important, surtout avec l'Egypte (5). LVspùce qu'on y élève est la Nkotiana major tatifoHaifi). Le tabac, qu'on obtient à Kt-pso r-t. à Suweida (l'antique Seleucia Pieria) est. le meilleur de Sytie (7), et est transporté sur tous les marchés de la Turquie d'Asie iSi. En 1737 cette cuit ure était déjà, introduite sur les collines de la région de Saphet, à l'est d'Acre (9). Dans la province d'Acre, sur les collines voisines de Sour, on obtient des tabac aussi bons, qu'à Latakié. Ht il y a mémo une localité, dont le prodoit, qui possède un parfum d'œillct, est réservé pour l'usage exclusif du Sultan et de son harem (10).

Dans la région du Liban le meilleur tabac, s'obtient sur le territoire de Chakif (11). Seuls les Druses, qui l'habitent, n'en usent pas (12), tandis qu'on le fume partout. La maîtresse de maison , revêtue de sa plus belle robe , voulant bien accueillir ses amis, leur offre tout de-suite les pipes et le café (1:3).

L'usage du tabac était ignoré à Damas (comme dans le reste de la Syrie et. de toute la Turchie d'Asie) avant le dix septième siècle, car Sauvaire n'en dit absolument rien dans sa traduction d'un manusciit arabe du seizième siècle, relatif aux us et coutumes des habitants de Damas (14). Brêmond non plus n'en fait, aucune mention en 1052 (15), tandis qu'il signale la nouveauté de 1' ouverture «les locaux publics do café dans cette ville (|«).

(I) Ru»i«ll. I. c. p. H.' — (2i flaaan <cfr. Charton et Trèvsi. I. c. XVI. I*72.p. I'.»).

<3> BOichisg. I. e. XXVI. p. 211; — BOwipr. I. e. VIII. p. 353. — (4) twttel. I. c. }>. 122.

(">) Ku IS'.»7 ou ;i exporté au territoire d'Alep, seulement pour Alexaudrette. 55 tonnes de tabac pour la valeur a" environ I mii.e L. Sler. iCfr. />i>f. a. Cons. R<-p. Undon . ISD7. — Turkey. Aleppo. ». 2i W3, p. 7).

(<'■) Rutiell, I. c. p. 17. - Mai* ia sorte. qu'on y cultive aujourd' hui . «si uuo hybride delà var. mncrophylla «t A« ia var. haraneutit. c'est à dire ia sorte du tabac ordinaire eiiltivé en Macédoine.

(7; Btranoar. I. c. VIII p. 3»12. («> la*all«V I. t. V. p. 73. — Ç.i) fococka, I. c. Ill p.

(in) Valaay. I. c. 111. p. 72. — l>uns l<-s ro)t> vit montagneuses, ou I'ou exerce la culture du tabae. on eu dsruiKUe de trois sortes; I. Abtt-IUlia . ou Dgebelt. qu' Ou obtieut dans les montagnes de Nessérie (Ausarie) . et qui acquiert un arôme spécial en étant enfumé de Novembre à Avril avec la famé* de I'ozct* {Querent lUx, ou 0. rerr sr. 2. .s<-h<ik el-B'-ni, pareil au précédent, qu'il remplace souvent; 3. Dgidar. qui comprend plusieurs aortes de force moyenne, bon ma chu, et puur cette raison grandemeut consomme- à l'intérieur. Ias piateau .le Kour.i se distingue par son promit plut.1t fort; mais celui qu'on obtieut daus les viliaues de Lehail rt de Serai est meilleur. Le district de Cebail (r.ebel) dans ie Kesrasau (Castravaii) pivdur le taoac le meilleur et le plus cher de Syrie (Lack, loàncco, ISS/i, p. 20S).

(II) Lavallé», I. c. V. p. 70. — La contrée située au midi du Liban produit, uco quaili très ordinaire, conoue sous le* noms de Satili. lanoné et lakibv. ou, eu içénéral. sous celui de Vermont. VAbu-liiha s'obtieat de la sorte A'rlrn el Oazel, et est la meii.eure; le Bonati est de seconde qualité (Loek. 1. c. p. 20S). Le lumbeki se produit encore aujouru' liui dans le Liban; mais sou produit sert de iiie.ange au tubac ordiuaire consommé par toutes les classes. (Clr. Diyl.a Oint. /tep.Loudon, tH'JÔ.— Beyrouth . n. 10211. p. 10).

(12) Parttr. I-ire years m Damascus, 1*55, II. p. CM. - (13) Brian». I c. p. 2tW.

(14) Sauvaira, Description du Damas (clr. Jottcn. AjiVH., li.me Sur. lit. l'an». Irt'.U, p. 251, et suiv.).

(15) Brénoat), Vtaggi fattt nell'Kgitto, Ifi7'.l.

(Itl) Brsaiofit' (I. e. Il, p. 252) rapportait qu'eu 1052 où avait ouvert depuis peu à l'amas des locaux public» dits Ciarcuis, ou boutiques oii l'on vendait iiu café, peu différents ite nos hôtelleries. IJ ajoutait qu'avec ia graine venue de la Mecque, cuite au four et moulue, ou faisait une boisson etiaude. qui « rafraîchit l'ardeur oe l'estottiHC. réprime les vapeur», réjouit l'esprit, enlève la soif et ia faim, et empêche ia sommeil ».

Coma -UitMrs *» Tab*. SI

Une lois lu mode du tabac introduite, ces habitants s'en passionnèrent grondement. En effet, selon porter: Les hommes de Damas ont l'habitu le de rester toute la journée accroupis sur une plateforme de bois à coté de 1' entrée de leurs magasins, fumant le narphilé. Cet instrument (ijiii coûte jusqu'à 2 mille piastres quand il est très beau! est fait quelquefois d'une simple noix de coco... I,es cafés sont, très fréquentes; non-seulement on y prend la délicieuse boisson (le café), et le sorbet, mais on y fume aussi le narghilé, qu'on a le so n de maintenir toujours rempli de tabac (1).

Le doux far nietite distingue aussi les Turcs de Beyrouth, comme ceux de? autres endroits musulmans. Ils restent accroupis sur leur divan, ensevelis dans la plus complète inaction de corps et d'esprit, et fument d' indicibles pipes de tabac... Presque plongés dans un sommeil énervant, ils aspirent avec délices la fumée de leur narghilé, paraissant complètement absorbés dans la contemplation des spirales de la fumée du tombeki (2). Ils sont heureux en voyant se dérouler ces spirales de fu.iiée, après qu' elles ont traversé l'eau du narghilé et le long parcours du tuyau élastique , qui fait communiquer la bouteille avec lour in-uchc (3).

Briano (4), en reproduisant dans une Table spéciale une boutique de café à Damas (5), dans laquelle on observe la plupart des habitués fumant des pipes turques, et quelques autres des narghilés, ajoute : Assis sur de petits tabourets de bois (hauts de 6 a 7 pouces) chacun tient sa pipe 1 la main, et en aspire lentement la fumée, en se récréant,.... et en avalant le café fort et parfumé, que le mfetlgi est venu lui apporter pendant cette bienheureuse extase (l. o. p. 299). Le mémo Briano observe, en décrivant la maison d'un riche marchand de Damas: Aux quatre coins de la salle, sur quatre autres étagères plus hautes.il y avait de nombreux trophées de pipes, dont les tuyaux, les tètes et les extrémités resplendissaient d'ornements. L'or, l'argent, les perles, les diamants et les bois les plus précieux avaient été mis en naïve pour taire ces inutiles instruments... Sur un signe du maître chaque visiteur prend la pipe qui lui plait , et un esclave la remplit immédiatement île l'o-ioraiito feuille de Latakié (1. c. p. .1111. Les Arabes du désert, ou de l'almyre, viennent en foule à Damas, parcourent losbazais, se réunissant en groupes devant les boutiques des marchands de tabac , de selles et <!' armes (1. c. p. 285). On vend aussi daim ces bazars des pipes do Bagdad (I. c. p. 30!)».

Dans les bazars de Saïde (l'antique Sidon) seules les boutiques des négociants de tabac offrent un coup d'o-d agréable. Des vases de cristal, ornés de fleurs et d'arabesques en or, contiennent les diverses qualités de tabac , et leur conservent ainsi leur arôme particulier... Un Turc ne déploie vraiment un peu d'activité, que pour faire sa provision de tabac (6).

Robinson (7) remarque le modo spécial et recherché , dont on y cultive lo jasmin, pour en laire des tuyaux de pipe. Aussitôt que la plante a atteint une certaine h tuteur, on en attache les rameaux les plus longs aux branches des arbres voisins, et on fixe à l'autre bout des susdits rameaux de lourdes pierres pour leur faire prendre la direction verticale. La braucho de jasmin, bien percée , y remplace le cerisier, employé ordinairement ailleurs un même objet (I. c. p. 192). Et il ajoute: La pipe en usage à Damas est le plus souvent le gosèh, espèce de narghilé, qui a' en diffère, que parce qu' il est

(D P.rtor. I. »•. I. p. si.

Ci) F.n ISS4 la ville ne Dama» importa de Hag.la.l 1313 sacs <ia tombeki de la valeur de 1074 L. Sl*rl. {Look. I. .-. p. 20Hj. -(3) Pcllé et Balfmberti, I. c. 1. p. 'Xi. (4) Brian», l.a Sirm * VAun Minore, 1*41.

(.'•) Une autre Tahle représentant les calés ie Damas est donné par »«llé et 6tl»mk*rt (I. c. II. p. 2.1). <t!) Pill« et Galiaibert. I c. 1. p. Sô.

(7) Rabwtoi», Vwggéo in Stria e in FaUstim (iu nUrowcchl, WiccoUa di riaggi. Proto, XIII. 1884).

plus portatif (1). Il se compose d'une noix de coco, contenant de 1' eau, à laquelle est fixé un tube dioit, long d' environ 10 pouces, sur lequel ost. lo récipient pour le tabac (lombtk), et pour le charbon allumé. Le; tube et mémo le vu90 sont quelquefois en argent richement ciselé (1. c. p. 280). Celte iudustrie piit peu à peu à Dama» dos proportions colossales; Laorty-Hadji émanerait 7fc fabrique» de tabac, et 4;i fabriques de pipes , parmi les établissement.-) de cette villo (2). De toutes les villes orientales , qui fabriquent, des pipes, c'est Damas qui exticuto les plus longues et les plus ptéciouses 1,8).

En 1664 les habitants de la Palestine aussi commencèrent à fumer. L'ambassade française, se piésontant «levant le granit Emir chef d-.-s Arabes du disert, lui offrit punit d'autics cadeaux du TaUtc du Itrèsilii). L'ambassade rejoignit l'Emir à son camp situe à une journée d'Acre, et le trouva fumant dans une longue pipe à la turque. (Il en donne la llguie, I. c. p. 7). En recevant I' ambassade, et au début do la conversation, l'Emir lit. présenter selon la coutume turque, à ceux qui la composaient , des fruits et des rafraîchissements, du tabac a fumer et des pipes allumées (1. c. p. U).

Briano raconte aussi qu* en le recevant le Cheik de la ville de Jéricho lui offrit la pipe et le café (5). li dt que ce Clieik restait étendu entoure de ses esclaves à la porte de son habitation, paressant tout le jour, fumant continuellement la pipe et buvant du café (1. c. p. 114). En leprësentaut la ville de Jaffa, il reproduit la figure de Turcs, qui fument tranquillement leur chibouk ( I. c. p. 70) (6). Il observe que, quoique tout le monde fume, les Ills ne se permettent pas de fumer, ou do boire de café on présence de louis paients ( 1. c. p. 8<i ). Seulement pendant le jeûne du liamasan les Turcs arrivent à s'abstenir , selon leur rile, «le priser, ou de fumer le tabac ( I. c. p. 32).

En Palestine on fume toujous. Le soldat turc fume, même en montant la garde à la porte du Saint Sépulcre (7). Les hommes passent leur vio dans l'oisiveté, fumant lo tabac; et ce sont les femmes, qui doivent tout faire, et souvent même procurer la nourriture à leurs maris fainéants (8). Ils portent uno ceinture, «I' où pondent la pipe et la blague à tabac (0). La pipe fait même partie «lu rito nuptial. Quand on forme le cortège pour accompagnei les époux â l'église, les invités donnent une pipe au mari (10).

La culture du tabac, introduite en Palestine pendant le dernier siècle, y donne d'impartants produits (11). Hasselquiat l'y observa des cette époque près de Bethléem (12), et Volney la remarqua à Nazareth en 1880 (18).

■ l.i i»a lubrique à Damas .ie nos beaux tuyaux (naOrîg) du narghilé. Ou couserve au Musée préhistorique de Renie (h. -'TWO) une pipe en terre cuite < le celie» do,it se servent les Haurùai» et les It-Vmunis, qii.nd i s voyageut) appelée But »u Ba-Jjus,<\ ui appartenait au fameux Ein.r des Druses do Huurùti Ibrabiin-EI-Ahrae i Colin) . Crotutctt del Muter, preistoricoetnogra/ico di llama, tu Bail. Soc. geogr. Uni., Ser. IX. I.SSI, pp. S3, hTi), — (•-> Lavallte. Geogr. un. de MaUe-BriM, I8IW. V. p. SO.

(3,1 Macdonald Kinneir, Voyage dan» VA»te Mineure... tst:t (trad. Pétrin, 1*18. I. p. lïti).

(4) La Roqua, Voyage fml par ordre du W»j Ledit XIV *nn la l'ale.tline. 1717. p. ."».— I.e iinm .le lalrttc du Brésil, déjà usité en IVi se an commencement du dix septième siècle (Voir plu» haut. p. ?M) prouve une luis .ie pins que «<i fareut les iiavi^.ueurs Puriuir.ua qui (les premiers de tous ies Européen») tirent connaître Vas»?* «in tabac nos la Turqtné d'Asie, et y introduisirent ce commerce, qui lut porte ensuite duns l'intérieur par le» caravanes, ob ies Européen» n'avaient pas encore tau pénétré leur trafic.

iô) Briano. I. c. p. l-ll». - ('Vi Pelié et Galimbtrt donnent la ligure d'autres Turcs, ayant chacun leur pipe, à, JafTa (I. c. p. 110) et au Mont îles nlmers il. c. I. 12).

17) Bida fefr. Cbarlan et Trêve». I. e. Xld. IsTo. p. Iii.'i.- (*) Pl.ralli. La Palatine, fKt35. p. -'30. ('.'; Piarottl. I. c. p. (loi Piarotti. I. e. p. r*00.

(11) Machina, I. o XXVII. p. >l ; -Bérenaer. I. c. VIII. p. -'7*; -Balte-Bran, G, -agi: unir. (5. me éd. HlioL Parts, IV. is.ll. p. 477 ; Lavallée, I c. V. p. 71.

(12) Haatelauiat. Voyage dans le J.erant (trad. Hydeaa. 170.». 1. p.

(13) Valney. Vinggin in Hint ed ni Egitio (trad. Rotai, m MariBOcehi, Uaeeolta riaggi, 1*11, I p. 3HH.i.

On obtient ordinairement en Syrie 2 millions de Kg. de tabic par an. La culture s'étend aujourd'hui jusqu'à lu région de Bitlis, près le Tigre (1). D'après des nouvelles de origine anglaise la production annuelle serait d'un million de Kg.: environ le double de l'estimation do la Begie Ottomane. Un y produit aussi du Tumbeki; nuls il est de qualité si inférieure, que pour l'employer il faut le mêler avec celui qui vient de Perse. On eu produit pourtant pour la valeur de 72 mille L. Sterl. (2).

d) Arménie et Anatoli*. - Eu 1701 la culture du tabac était déjà introduite en Arménie. Tournefort observait d'immenses champs de tabac dans la région, qui entoure l'Ararat. 11 fait même la curieuse inflexion que cette plante se trouvait aussi dans le paradis terrestre, puisqu'elle fait, les délices de ceux qui s' en servent, et prospère aussi bien en Asie, qu'en Amérique sun lieu de naissance. Il soumet cette question (?) aux Botanistes (3).

Selon l'habitude, les Arméniens sont aussi très paresseux: il n'ont d'autre occupation que do fumer le tabac et faire p;<itrc les t roupeaux, pendant quo loin s femmes doivent pourvoir à tout (4). Dans les bazars arméniens les vendeurs turcs, graves et muets, fumont la pipe, ou le narghilé, devant leurs boutiques, en attendant le client (5). Erzeroum est le centre du commerce entre la Turquie et la Perse. On y importe aussi de cette dernière région du tabac et des branches de cerisier (Voir plus haut, p. 226) pour faire des tuyaux de pipe (6).

Par ses voyages en Asie-Minenre Chandler apporta un nouveau tribut h Y histoire de l'usage et de la culture du tabac dans 1' Empire Ottoman. 11 observe que quelques Sultans ont prohibé l'usage de cette plante, comme celui du café; aussi que l'habitude de fumer, aujourd'hui si générale, était une nouvenuté à Constantinople en 1610 ! Et mémo vers cette époque on fit promener pour être exposé au pilori un Turc, qui avait transgressé les ordres du Sultan, et, comme châtiment suprême, on lui fit porter une pipe à travers les narines (7). Alors les Turcs ne cultivaient pas cette plante étrangère! Ils se contentaient d'acheter le rebut du marché anglais, ne sachant pas encore discerner la meilleure qualité. C'est alors que le café fut importé d'Arabie et on ouvrit en 1534 le premier café à Constantinople. Et les Anglais, qui firent connaître aux Turcs l'usage de la plante originaire d'Amérique, autrement dit. le tabac, apprirent d'eux, on échange, l'usage du café originaire d'Arabie (8).

Chandler raconte aussi que les Turcs passent leur temps à fumer le tabac, et a boire le café avec une gravité vraiment comique (!. c. 1. p. 340), et que 1' Aga de Souki lui offrit, en le recevant, la pipe pour fumer et du café (I. c. I. p. 334). Lucas (Oi fut traité de la même manière par l'Aga de la vilie de Brousse (I. c. 1. p. 1161, et par celui de la ville de Césarée (I. c. I. p. 182). Chez les Mahometans le capitaine, qui est un vrai tyran pour ses inférieurs, tient à honneur de bourrer la pipe de son colonel (10). La grande passion do ces peuples pour io tabac est encore confirmée par le fait rapporté par Lucas < 1712»: les Tourcomans de la région de Facaules, qui s'étaient présentés avec

(I) Oarmitaedter, I. c. p. ôi- -<,-) Cir. l)ipl. a. Cous. Rep. I.arjuou. IH'.*3. u. l~"Ji>, p. 7.

(3) Toiimetort, Rel. roy. Levant, II. p. IW.

(4) Latallée. I. c. V. p. «>.—(.-»> payroll* (cfr. Chtrton et Trim, I. C. N. S. II. IS7.">. p. iVJ).

(fi) Malle Bi an, Gèogr. umr. (S.nie éd. Haul, l'an*. IV. 1*41. p. 4W ;-Lavall4«. I c. Y. p. Eo 1«*4 Krzeroum importa ue Perse '." nulle often v lombrki .te ia valeur «le MM L. Sterl. (Lock. i. e. p. *>'J). (7; Voir phis liant, p. 1 1'.».

(H) Chandler, Voyage dam l'Asie Mineure et en Cria i 1704) ir.i.i. 8m«lr, Isoij, II. p. 31. Ou a traité U question du eufé à propos <ie l'Arabie (Voir plus haut, p. \rJl>. l'.>) Lacaa. Voyage dans lu tirèce, l'Asie .Mineure.... 1712. (10) Hamilton, Hesearrhe* in Asia Minor, IS4*J, I. p. -'>>.

l'air menaçant comme s'ils voulaient dévaliser sa caravane, se contentèrent, au contraire, de demander du tabac et du cafe" (1).

Quoiquo V tisane du narghile (2) existe* aussi en Asie-Mineure , on y fume géné raiement la pipe dont la valeur correspond il la position de son propriétaire. Il y en a de tout prix. Le pacha de Nidegh (l'ai.tique Cadyna) avait une pipe au tuyau de jasmin, ou de cerisier, garni d' une étoffe de soia , enrichi d'or et d" argent. L'embouchure est ordinairement formée d'un bout d'ambre jaune, dont la valeur est toujours en proportion de l'opulence du propriétaire (A). Ainsi le pacha Topatck avait un cabinet plein de pipes, dirigé par le trhitok Mchy (maître des pipe*), terminées toutes par un bout d'ambre , et dont plusieurs valaient de 4 a (5 miile piastres (f).

Il y a a Smyrne tout un quartier affecté spécialement à la vente des pipes (ô).

Dans la région île Magnésie, d'où l'on tire la fameuse terre de pipe (6i, on voit lo long des rues de misérables, où un Turc alimente toujours du feu pour allumer la pipe et. servir du café aux passants (7). Le tabac produit dain les environs de la ville de Magnésie jouit justement d'une bonne réputation (8).

Les Orientaux évitent , à ce qu' ils disent , beaucoup de maladies grace a 1' usa^o fréquent dee bains, do la pipe et du café (9t.

(1) Lacas. 1. c. I. p. W2.

(2) Album des Missions.... II. p. 78. -On y voit représenté uu group* do Derviche» a Broute, dont le plus vieux fume au narghilé.

(3) MscsoMhi Kinntlr. I. c. I. V . lTO.-<4) «sodoMle Kl.-.lr I. c. I. p. I4fi.-(S) Himllle.. I. c. I. p. 57. (fl) Eskichehr {i'antique DonjUieum). si fréquentée en Asie-Mineure pour se» eaux thermales , a

surtout uuo grande importance pour ses gisements récurne de mer (nuigrusi(e) . dout elie a le Monopole.- Les négociaot* autrichiens, arménieus et turcs expédient cette maguésite surtout à Vienue. mais aussi à l'an», à New- York et à S. Francisco, pour la fabrication de» bouquins et des fourneaux de pipe. Les progrès de là chimie oot permis d'r.btenir une marchandise semblabie. que seuls les plus habiles couuaisseurs de mogne-nte peuvent distinguer de la véritable d'Aoatolie. De 3 mille caisses expédiées de cette contrée en I8ÔO. oo est arrivé a 10 mille caisses en 1881, c'est à-dire à environ 2 millions de kg. de la vaîeur de 4 à 0 millions de fres. (Btelus. I. e. IX. p. 57tt).

(7i Hatulquiit. Voyages dans le Lemnl (trad. Et'»"- I. p. SB).

(H) Scbibert. Iteise in dus Morgenland. iXJt>:i7. Krlangen, IH40. I. p. 375.

("J; F lachst {Observations sur le commerce, I7H0, I. p. -452) dit à ce sujet; Il est vrai que l'habitude de prendre du caté avant de se coucher empêche de dormir; mais cela vien de ce que nulle part comme en Orient ou n'est habitué à prendre autant d'opium, l'ai connu des gens, ajoute-t-il. qui en prenaient des dose* si fortes, qu' elle* auraient plougé tout autre persouue dans une léthargie éter" nelie. lis eu fout de» pilules (appelées nphion) avec le suc du pavot mêlé d'opium. D'autres prennent seulenirul le suc du pavot. Ces pilules procurent le sommeil, servent de cordiaux dans différentes maladies ei donnent du courage dans le danger. Les Jauuissaires et les soldats ue partent jamais su us en faire tron>iou : et il» en prennent toujours avant d'aller combattre II. (i. c. 1. p. 45J). - Haitslqulll raconte qu' un Derviche, qui voyageait avec lui eu 1751, manquant d' opium depuis deux jours était tombe dans un étal à faire compassion. Il avait maigri, et il était eu proie â un tremblement de tous les membres, accompagné de vertiges et d'évanouissements. Cet habitude est plus commune chez les prêtres, les boissons alcool iquos leur étaut défendues. Les soldats ont au contraire la j'eriuission de boire de l'alcool, car l'opium les rendait stupides et dégénéré* (Hassilquitl. I. c. I. p. '-Î57). Quoique l'opium s oblieuue aussi daus la région de Smyrne (Tswsltr, Les six voyages... I97U. I. p. KH), ta plus grande quantité est récoltée à Aphiom Carassan . dont tout lu terrain est cultivé eo pavot. Celte vnle est le ceutre de production et de veute d'opium le plus important chez les Turcs (Tavsrslsr. I. c. p. W). i.o effet, sur le territoire d' Atiiim-Kara Hissar (chateau noir de l'opium) ou cultive une grande quantité de pavots, dont oa lire 30 nulle livres anglaises d'opium, que les uégocianls de .smyrne vietiueut acheter. Dau» les bonues années ou en produit jusqu' à Ho mille livres (■•easnsld. Kiniieir , I. c. I. p. 350). — DsikbIz, qui observa en 1X55 la récolte de l'opium dans la région de l.idja. rapporte ce qui suit: Les femmes commencent l'incision des capsules vertes, ayant un diamètre de 10 à Itt cent. . quaud le soleil a fait disparaître la rosée. A midi on interrompt les incisions pour faire au soleil (e suc qui eu jaillit. Avec le morne couteau ou recueille te suc condensé sur

Dès 1737 Pocokc avait déjà observé quo c'était le territoire de Mélasse (Mylase), qui produisait le meilleur tabac turc, le Lalàkiè excepté. Il était même supérieur à celui de Salonique , et constituait pour ce motif (avec le coton et la cire) le principal commerce de cette ville (1). Et môme, eft 17<>4,la seule verdure de ces campagnes était fournie par cette plante, qui récrée la vue, quand elle est en flour (2). Jusqu'alors, on y pendait les feuilles de tabac, aussitôt récoltées, liées en cordes, contre les murs des cabanes (3).

Eu général , la récolte du produit se pratique en Anatolie , non en arrachant la plante entière, mais eu cueillant chaque feuille ayant atteint sa grandeur et sa maturité normales. Ou attache alors les feuilles par 4 ou 5, et on les suspend à une corde pour les faire sécher au soleil; après quoi ou les réunit en tas. La grande difficulté est de connaître le point juste de k-ur dessèchement, ce qui ne s'apprend quo par l'expérience. Si elles sont trop sèches, eliis se cassent en les entassant; si elles ne le sont pas assez, elles risquent de moisir dans les tas (4). La cultuio du tabac fut observée par Macdonald (5) ; et aussi auparavant par Olivier dans les plaines qui entourent cette ville (C); par Chandler, en 1764, sur le territoire d' Ayasolouk (7) ; pur Beuscher, Schulz, en 1826, dans celui de Trëbizonde (8). Le tabac constitue actuellement la principale production des terrains humides de Samsoum et de Bâfra, dont le produit est expédié a Constantinople du petit port de Kundjaz, ou Kumjugaz (9), ou Kumjaas (10). En Ama- 8ie (11) ce fut un Français, qui fonda la manufacture de tabac (12). Trébizonde est le centre du commerce du tabac produit en Asie Mineure (13).

Hamilton rapporte que le gouverneur Osman pacha retenait le Monopolo du tabac , que les provinces de Samsoun et do Bâfra produisaient en grande quantité. Ce Monopole lui rapportait annuellement 8,5 millions de piastres, dont il y envoyait seulement un demi-million à Constantinople, gardant le reste pour lui (14). Et il uj tute : Tout le produit de l'Anatolie ost emballé et expédié à Constantinople. Les feuilles grèves, déjà sèches, so vendent sur place de 8 à 10 piastres le batman (chaque balmun représente 6 okes, environ 8 pences la libre; Yoke équivaut à 2,."> livres, et la piastre vaut environ 2 V, pences) (15).

les capsuies coupées le jour précédent. On mouille avec la salive le suc récolté, on le met entre deux longues feuilles de pavot, et ou le conserve dans une pièce bien aérée, jusqu'à ce que les feuilles qui l'enveloppent soient dessécbé«s. Ou ie met alors dans le commerce, ou falsifie l'opium en y ajoutant, la raclure des tètes en recueillant du suc concentré. Cette fraude fait augmenter d'un tiers le poids de l'opium, qui devient alors comme marbré. Dans les boutiques de vente on uilsille l'opium, en y ajoutant du jauue d'o uf et de la chair de fruit, et quelquefois aussi du sable et des grams de plomb (cfr. Charted et Tram. 1. c. XVL 1872, p. 348).— Les régions les plus productives eu Asie-Mineure étaient autrefois: Karalussar. Kouicli, Serii. BogndiUch et Kaiabhissur . et la récoite montait de 'iTiOO à 4O0O caisses. Après 1803, quaud les prix commencèrent à s'élever très huit (à Londres à 40 shelling-* la livre) la culture s'en répandit dans toute i' Anatolie. En 1809 la Turquie d'Asie eu produisit eu tout Kg. 370,001. Environ un tiers de :' opium exporté d' Asie-Mineure prend lu voie de Constantinople, «l deux tiers celle de Suiyrue; taudis que jadis cette dernière viile était t'escile d'où partait toute i'ex poriation pour i' étranger (Scharzar. La riUi économisa Uet popoli... p. 10);.

(1) Paeaka, Voyage en Orient (trad. Eydais, 1775. V. p. '.W); - Bitching. 1. c. XXVI. pp. 37, 01.

(2) Chamlter, Voyage dans VA*ie Mineure (trad. Servoir, .BOB. II. p. 1»). -(3) Chantier, I. c. IL p. 34. (4; Haaiilton. I. c. I. p. 290. -(■*>) Mactfonaltf Wnaalr. I. c. I. p. 4T.-{«) Olivier, I. c. IV. p. 100.

(7) ChamUar. I. c. I. p. 314.— La sorte de tabac Ayasolouli est cultivée en quantité considérable dans le district de l'opium, et tout le produit est exporté eu Europe, les naturels uyaul uu puissant préjugé coutre cette piaule iLack. Tobacco, 1HS0. p. 207).— (S) Cfr. Journ. Asiat., 3.me Sér. I. Pans, l J 30, p. 34.

(9) Racltti. I. e. IX. I*S4, p. 565.— (Hi) Hamilton. 1. c. I. p. 294.

(Il) Le t.ibac du district d' Augura est de bonus qualité: mais cette culture te:ii à disparaîtra à cause des mesures fiscales de la Régie Ottomane des tabacs (cfr. Dipl. a. Cons. Rep. London, 1893.— Turkey, Angora, u. 1024, p. 10).— <:2) Oupra, Voyage en l'erte. I8»7 <>, 1'ans. Isi'.i. 1. p. 39.

(13) Lavalléa, I. c. V. p. 42.-<l4) Ha-iiltoii, I. c. 1. p. »».-(! 5) Hamilton. I. c. 1. p. 290.

L'ensemble de la production du tabac en Anatolie monte à 13 millions de Kg. Elle est peu considérable dans la province de Smyrne (1), mais très importante dans celles de Trébizonde, Samsoun et Bâfra. En 1894 on a exporté de Samsoun 5 millions de kg. de tabac, et de Trébizonde 2 millions de kg. (2|.

Ou a vendu à Samsoun, en 1897, pour 108 mille Ctvts. de tabac, de la valeur d'environ 813 mille L. Sterl. De Trébizonde on a exporté, en 1897, pour 35 mille Cwte.de tabac pour la valeur de 6f> mille L. Sterl.; et 2521 dots, do Tombeki (en transit do la Perse) pour la valeur de 20 mille L. Sterl. Dans la même année on a importé pour 88(H) Cuis, tic tabac hach A pour la valeur d'environ 20 mi:le L. Sterl. (3).

La production du tabac serait dans 1' Empire Ottoman de 30 millions de kg. (4) ; mais, d'après Scherzer, duns la seule Turquie d'Asie, la production serait, aujourd' hui do 32 (?) millions de kg. (5).

Japon •

a) Introduction et usage.- Tandis que l'usage du tabac se répandait, ainsi qu* on l'a démontré auparavant, au commencement du dix-septième sièeie des Indes en Perse, et successivement dans la Turquie d'Asie, il était introduit en même temps par les mêmes navigateurs européens au Japon, aux Philippines et dans les lies de la Sonde.

Remettant l'examen des documents relatifs aux Philippines et aux îles de la Sonde au moment où l'on traitera de l'introduction du tabac en Oc^anie, nous passerons seulement en revue ceux qui regardent, le reste de l'Asie, en commençant par le Japon (6).

Il; Le (abac exporté de Stti.vrou croit exclusivement ù Ayasolouk, près Eplièse. et dans ia vallée de t!ayst«T. Le produit d'Ayasoiouk es: presque «-iitu-rciiieul consommé en Turquie, de préférence à ceiui de Magnésie: ce dernier, le prime ea quantité, mais uon en qualité 'cfc Dipl. a. Vont. Rep. London, l»*î. Smyrna, u. tfî. p. 1"-'), — C-'j DarmsUeftor. I. c p. 54.— (3) t'fr. Dipl. a. l'on*. Rep. London, l8<>7.-7i(»Aey, Irebuond. u. 'Mti, pp. «.Il: i. c. 1H'.»7. n. IStM. p. ï: I. c. IMM, n. HMO. pp. 4. «.

(4) Seeder. Die Trop. Agric. 111. ISSS. p. s>:. Sur ces JO millions de kg. 15 millions seraient produits par les provinces européennes .3 par l'Auatoiie et par la Syrie,

O) Schenor. La vthi enon. dei popoli (tra I. Roacali. IH W. p. 135).— Voir plus haut. p. 123.

(fi) Le mot Japon se prononce Xiphon uans le pays. 11 est ii' orifice chinoise, et dérive de Ji. phon (naissance du soleil). — Marco Pal* a désigné cette repiou par le nom de Xipangu (et non Zilut un . ainsi qu'où lit dans plusieurs é. litmus) Cette parolu correspond au mut chinois Jy-pon- Rue (royaume de la naissance du soleil) (Cit. Oomoat o'Urvllla , Voyage pitlor. ISIM, I. p. 383) , qui s'écrit aussi Jy iva Kueh (<ïr. Raclai , 1. c. VII. 1*8:2, p. tt'Jl). — Il taut noter que Coleab, quand il aborda aux i es Caraïbes crut être arrivé aux lies Zipangu. mdiquées pas Bare* Palo ( Ctr. Prévoit I. e. X. p. 500i. — Après avoir découvert (eu 14U7) U voie maritime rour arriver aux Indes Orientale*, les Portugais étuudirent leurs explorations upro« 1510 aux résous de I' Extrême Orient d' Asie, et commencèrent à exercer leur commerce avec iu Chine. Ce fut dans un .le ces voyages (eu I Al), qu'uu de leurs bâtiments, battu par la tempête, a!<orda au Japon (Bottro, Relationi ttnivertali , 1071. p. ls*.»; -Tareniler. Recueil de plusieurs relations, IW|, p. 6; -Moires, Viaggi dalla China alla cosia SordOresl d' America. Napoii. ud. 1796. III. p. '.MO), et précisément dans un port de ia province de liiiuuu. Ftrikaadai Henoei Pialo lut donc le premier Européen, qui posa le pied, après la tempête, dans la terre japouaise pies de Satiouma. liepu;* lo.-s, et particulièrement eu 154'.», les Portugais entreprirent des relations commerciales avec le» Japuuais (HDbner . huteggiata inlorno al mondo , trad. Lettons. l«7'J. p. 372; - Kaeaipfer, Histoire du Japon. 17-t», I. IV. c. 5. IL p. 50) , ayant éié bien reçus même par les i'rinees dans leurs Klats. car les Japonais sont toujours avilies de nouveauté ( Adami , Choix de voyages modernes. Paris, an. VUI, IL p. 'S'Ms .—Avec les navigateurs les missionnaires Intervinrent bientôt pour la diffusion du Cnnstiauisme. et les premiers parmi eux lurent les Jésuites portugais Xavier et Goa ( BartoJi, lslona délia Compagma di Ûesit. L'Asia. Napoli. IH57. II L. p. 12 ).— Les communications avec les Européens étaul ou ferles, les Espaguols résidant à Mauille, et les Hollandais rési iaut dans les lies de la Sonde commencèrent aussi a tr.illquer ( eu 10 9 , sous I' Empereur Ooyoxal-Toano}. Et même eu IC3S les Hollandais remplacèrent les Portugais à Destina (HObiior. I. c. p. 374), et y fondèrent leur première factorerie (Montr. I. c p. 363).

Les Japonais no connurent le tabac, que vers la fin «lu seizième siècle Led voyageurs et les missionnaires , qui parlèrent déjà des us et coutumes japonais , ainsi que des plantes cultivées par les aborigènes, soit pour l'industrie, soit pour l'économie domestique, ne disent absolument rien du tabac: ainsi Bartoli en 15ûu (1); Lintscotan (2); Froi» (3); Organtino (4); De Noort en 1Ô99 (G); Valignano (0): Carvaglio (7); Pasio (8), etc. D'autre part, 0e Rosny , eu traitant des us et coutumes des anciens Japonais et des plantes qu' ils cultivaient, tirant ses notes des anciens ouvrages chinois (de la période 960-12601 ne dit rien se rapportant au ubac (9). Reclus . enfin , parlant des végétaux japonais, dit clairement: Les plantes cultivées dans l'Archipel sont toutes orientales, à l'exception du tabac et de ta pomme de terre (10).

Le tabac fut donc introduit, en Chine et au Japon par les Européens, probablement par les missionnaires catholiques) 11). Il s'y acclimata comme les autres plantos(12); il y fut connu seulement après la venue dos Portugais (13), et il y fut désigné par le nom de Tatnbako. L'espèce introduite fut la Niaoliaw chiwtutUt (14).

L'histoire del l' introduction du tabac et de son usage chez les Japonais a été retracée exactement par Satow, savant ethnographe et secrétaire de la légation anglaise à Tokio (lô). Voici un abrégé de ce qu'il dit à ce sujet: Non seulement les notes historiques, mais aussi le nom même de Tabako (lt>), démontrent l'importation du tabac au Japon par les Portugais, qui y étaient désigné sous le nom de Hauban (M), 11 y fut avant le Christianisme, le pain et les armes à feu. Il faut noter ce qu'en rapporte un médecin de Nagasaki (nommé Saka) dans une chronique écrite précisément à 1' époque de l' introduction du tabac. En 1607 il écrivait: Depuis peu de temps le tabac ainsi appelé est venu à la mode. Il a été apporté par les Nanbans, et il a de giaodes feuilles , qu' on coupe et qu'on allume pour en avaler la fumée. Deux ans après, ou lit dans la même chronique : Depuis deux , ou trois ans , on emploie un article nommé. Tabako par les

(I) Barloli, hlari'i delta Compagnia dt GesU. L' Asia. Napoli. 1*57. lit. p. taudis- qu'il traite tiu cltù <uié;.-(2) LkMscotan, Xarigalio in Orientent: lu 0« Brv. Ind. Orient. ITv.W, «u II. p. 07, où l'on décrit la préparation Je i;i délicieuse boisson le Chaa (thé/

Ci) Froi». Atriti del Giappone del Romii, l.W..— (4i Organtino, Letlera annua del Giappone

del /.">!'.'<. Koma. 1.VJ7.— (5) 0* Noort. Voyage, clr. BOongtr, Collection... I. p. 24'.». (0) Valifnaao. M fera nul Giappone del i't'J'J, Vcm-xia, li>03.

(7) Camjlio. Supplement detfannua del HUM nul Giappone fino al teat. Veueaia. I'ï"3.

m Pttio. Leltera annua di Giappone del UUH. Uom «. i'S03; Ire lettere annus del Giappone dnl UUKi al too-,, Itonu. IR08.

(«) 0* Rotnv . Police* sur let ilea de V Mie orientale (Japon), clr. Journ axial. 5 me Sér. XVII. 1S41I, p. 357. et suiv.-(ll>) RtClUI, I. c. VU. 18K2, p. 742.

(II) Von Sclurmr. Fachmanmsche Berichte û. d. ostei-r.-ung. Krped.. 1S72. II. p. 21 a.

(12; Kawanoura, Noie sur l'acclimatation en Chine et au Japon de végétaux et d'arbres étrangers (Herue Se. naL appt. XT' Paris. 18'JO, pp. 1200- 120-.»).— (13) Thunkora, Voyages au Japon. 179». II. p. 273.

(14) Holmaan et SchultM. Xoms mdtg. d' un choix de plantes du Japon et de la Chins, (fir. Journ. Asiat. 4.IU6 Sér. XX. Paris, 1<>2, p. 3; i). — Il est nécessaire Je remarquer que la A'ie. chinent** aval t déjà été introduite et cultivée dan* les lubies (Voir plus liaut . p. 22) avant itVlre importée au Japon, o'oil i-lie passa eu Clone comme on le dira ensuite.

(15) Satow. The introduction of tuhacco into Japan (cfr. 'lransaet. Asiat. .V. of. Japan, VI. I. p. OS); Rtla. Zur Getchtchte des Verbreilung des ïabaks and liais m Osl-Asien. (cfr. Palaraiana. Mit- IhetL h. 24. 187*. pp. 215217).

(Hi) clr. RoMthil Herb. Amboin. 1750. VIII. c. 40;— Grotiior. lie la Chine, 3. me é i. IHp.t. III. p. 213;— Thunlitrf, Ft. Jap. p. 01.— Le tabac y rut aussi appelé lumbroco et Bajjerbliang (cfr. Ftrmoad. labac, p. 01. Ce dernier nom, qui est nmduustau. ainsi qiïou l'a dit )>Jus haul (p. l'JO) -sert à prouver <pie le t». bac arriva au Japon après suu lutroductiou dans les Iodes.

(17) Les Japonais désignaient sous le nom de Sanban (barbares <lu Sud) les Portuirau. et en se- • conoe ligue les Hullauuais et les .\uglais (Hamtl, Heise narh Corea. 100»; cfr. Prévoit, I. c. VI. p. 236;— Slor, gen. tiaggi. Veuezia, 17ô6, XXV. p. 187).

Xanbans , dont te délecte toutes lets claies de Japonais , et qui est considéré comme un curatif de toutes les maladies. Dans une autre recueil de 1005 on trouve les notes suivantes: Cette année le tabac fut importé par les navires Nanbatis, et semé près de Nagasaki. Les habitante de la capitale (Tokyo) le fument beaucoup et cet usage s'est ainsi répandu rapidement dans tout le territoire (1). La ville de Mokubu, chef-lieu <lu district homonyme dans la province d'Osumi, au Nord-Est du golfe de Kogashiina, devint célèbre à cause de son tabac; d'où dériva aussi le nom d'Okubu, par lequel lea négociante désignèrent le tabac de pays en pays pour en rappeler la provenance. Celui qu'on produisit successivement dans les provinces de Satzouma, Higo et Bungo (dans l'île de Kiou-Shiou ) acquit aussi une bonne renommée. Il faut conclure de la propagation du tabac du Sud au Nord de l'Empire Japonais que son introduction eut lieu dans la partie méridionale de l'Empire, dans laquelle il put être conuu, apporté par les navigateurs européens vers la fin de la dernière moitié du seizième siècle (2), et par conséquent avant d'être cultivé à Nagasaki, selon les chroniques déjà citées. Cependant l'usage du tabac

(I) Klaut donnés ces documents sérieux et irréfutables, ou oe s'explique pas >'Oiiiriieiit Lothtr Bsck*r ,i pu affirmer que dès L5**4 lu .lapon produisait une quantité do tabac supérieure a ses besoins (Urthir Beeker. Ut Amerika die lleim/U der gebauten labakxtrten t cfr. Satur, 1880. p. 043).

Ci) D'après les autres documents qui seront énunimés par ia suite, il ait tout au p. us admissible que l'usage ou tabac ait pu être conuu ties Japonais vers la il □ du seizième siécie. parce qu'il était pratiqué par les navigateurs européens, qui y trafiquaient; mais il n'est pas probable qu'il ait été immédiatement adopté par les indigènes. — A propos il faut reproduire intégralement la lettre suivante, que nous avons reçu de Mr. H. Ntaur* (de Tokyo, .lapao. 24 .luin, 1**9): Sometimes iu 15 tu. century, when Christianity was llrst introduced to Japaa by the Portuguese, the people began to use tobacco, and the people in Ktu-Shiu where instructed la tho hab:t. About the year I.VJ5 smoking was quite com mou io ibe eastern part of Japan; but there is no mention of the cultivation of the tobacco plant. About the year isyrt tobacco seen was lirst imported to Japau from some toroigu country, and cuifi vated in i tie town of Ebusuki <iu the province of Satsuma). Tins was the lirst occasiou on which it was cu.tivated in Japan. The Hriuce Khlmatiii (chief of Satsuma at that time) presented these tobacco seed to the Court noble in Kioto, and the seeds were planted on Haoayatna, a mountain in the province oi Yamaslnro, and the plant received the name Hanayama tobacco. Tuere after seeds were planted iu several ueighbouries towns aud provinces. — It is also said that about the year I(iu5 tobacco seeds were brought from a foreign ship, and they were llrst cultivated in Sakura-baba. in the town of Nagasaki. Aller a time a travelling Ituddhist priest, who was a native of Shiuano. brought the tobacco seeds at Nagasaki, aud seat them to lus native province, and aiso to the province of Kai. and after this the tobacco plants were cultivated over the eastern part of Japan. — About the year 1B52 a Chinese Buddhist priest griving to sec the Japanese Buddhist priests loved smoking, admonished tbem through the medium of Chinese poetry. As smoking became very common throughout Japan, the Prince Toksaawa HMetafe, who was Dud Shogun in Jjpau, prohibited the use of tobacco as it was of no ben i tit to the people.— In the August 10j7 be again prohibited smoking; but the prohibition was not attended to. In the year 1009 he prohibited smoking a third time, aud also i lie cultivation of the tobacco plant.— In the year 1011 be still again prohibited tbe use of tobacco, aud in the September of nest year be ordered that if any person sliould sell tobarrco, his property should be confiscated, and he given to the person who informed against him. aud that any mao who arrested a person carrying tobacco on horse buck, should receive both the horse and the oaggage on it, aud that tobacco should not be planted any where in Japan.— In year 1015 smoking was very common, and the ofllcers who served (he Shogun iu Yedo used tobacco, anil therefore a sevoro order was issued, that if any person belonging to the military class used tobacco, his properly should be confiscated.— In the next year another severe order was issued: any persou who cultivated tobacco plants or sold tobacco should be inprisoned , and pay his cwn ti pen ces l'or a period ol 50 days fur a commoner, aod 3») days for a farmer; aud inni each larmer who li\ed iu the same town with the tobacco grower a line of one sen sliould be iaieu . ami on the child municipal officer ol thai town a line ol 50 ten should be iiillu-ted.— Afterward edicts were issued many times prohibiting ibe use ot tobacco; yet the people did not submit to them. At tins tune near. y ml pcopie used tobacco, even iu lha Mikado's palace many persons smoked , as cau be proved by a japauese poem . made by the Mika 10 of tiiat time.— About the year Iti-M smoking was aiso common among tbe Damns, so tue rules agaiust smoking

Conn —Uùioir* il» Tab*. 13

fut adopté au Japon, connue plus tard en Chine. Déjà en 1(509 (1) il s'était constitué dan* la capitale» doux rlulm dp fumeurs, dont la mauvais conduite nuisit, d'ailleurs, à la renommée du tabac ; ot on fut obligé en const'*] nonce à en interdire l'usage. Comme tirent en Knrope Urbain VIII et Jacques 1.er et autres (2), ainsi au Jupon le grand Jyeyatu émit en 1(512 un décret interdisant l'usage et le commerce du tabac sous peme de la confiscation des biens. On renouvela souvent cet édit; mats avec le même succès qu'en Europe ! Quelque» écrivains japonais d'alors blâmèrent le nouvel usage; d'autres le louèrent. Les boutiques pour la vente du tabac prirent pour enseigne une feuille de cette plante (Sa tow 1. e.)

Ces noies de Satow sont pleinement confirmée» par ce qu'ont rapporté d'autres écrivains à diverses époque», surtout par la lettre de Nomura (voir la note ci-dessus). l,o fait que l'introduction du tabac au Japon a eu iieu par 1' interventions des Portugais est certifié aus-i par Thunberg i.'i), Haldane (4). Oliphant {■>), et Metchnikoff ((!).

Les Japonais ne tardèrent, pas à taue entrer le nouvel usage i ; tranger dans leur cérémonial ; eu ellV-t, quand on recevait un visiteur en UittJ, ou lui offrait, le tabac pour fumer en même :etnp-> qne le tain (thé) pour boire (7),

were l>econuug less severe than formerly; and it w.-et only prohibited to cultivate tobacco ou rice Heiiis. or in vegetable ^ar.ieu^. — lu Hit? years HS74I07» the same orders were giveu to the people, and lu the your I»57v> the order was again given, ana also Hie law Court* refused to listen to auy contention roatiug to tobacco. — lu the year HK»3 smoking was proiiloited to any servants, while tbey were waning ou itieir master during a visit or call. In the year WW it wa» ordered that policemen should {in rouuu the roads day an : night, and arrest any person, who smoked on the road.— tn December 170J it was reported that as although the cultivation of tobacco was prohibited . some people still cultivated it. so I. -oui the iirxt year tobacco culture would be allowed to the extent of oue half the urea used during toe current year, aud the onicials of each towu or district were ordered to report by February ilie amount of laud <m which they expected to grow tobacco duriog that year, before 17tW some of Tokugawa Jhaguus used to smoke, aud they had tobacco pipes wuh tubes ol Silver and bowls of brass. In the year I7H'J it was prohibited to ornament tobacco pipes wuh Silver. Colli or Brass.— As the year* rolled on. many people adopted the use or tobacco, and it w as cultivated throughout Japan , and now it was become one of the largest productions of the country*, which is very seasonable as the people are fond of smoking, ana the demand tor their supply is very exteusive.— At the preseut time the best tobacco are cultivated at ihu-.uk i. Uumi la the province of SaUurua; Kokubu. Shimt.izu, Sakur.vjima in the province oi Osumi; Nagasaki in the province or Hizeu; Vatsushiro in the province of Higo ; ShiUMuosekt in the proviuce ol Nagato; Kakatsui ID the proviuce of Hitchu; Vamauioto aud Hatton m the province -of Tauba; Takasaki, Jwasakt. .Ishiwura, Tate in the proviuce ol Kodguke; Komatsu in the province oi Rat; Juouye, Ois.ika , llosluua id the proviuce of Shitiano; ilatauo m the province of Sagami ; Tuslnro, Sen to and ^mraishi in the provioce of Mutsu; Matsukawa and Sagawa in the province of Iw.iki; Akaio iu the province of Hitachi: Oyain.i aud Taueguchi in the province of Shinioisuke; Tate aud Chlchibu in the provmca of Musasbt; Yosuino iu the province of Yamato; Taobara in the province of lyo; Handa, Yamashiro and Nodaia iu the province of Awa; and Hetsukuso iu the province of Yetsuchiu. There are other uoted tobacco growing places in .lapau. but they are too numerous to be tneutioiied here. — Ki tract from HtUugu Yen to roku(7o- /Mica culture at Otumi and Satmma).

(\) HoaUnui l'avait aus-i remarqué eu lOil (Dcnkicuritige Oesandtchafl an den Kaiser zii Japan, p. 344).— t«> \"ir plus haul, pp. 05. iC», 103. III. 114, IIH.

(3) .Yom«» (Tabacn). et ipsa planta et usu*. a lusilani* tine dubto pnmum introductum fuit (Tkunbtrg. flora Jap. p. 'Jl).-I.e labac est même la seule tuanjuo du séjour de* Portugais au Japou (Thuntarj. Voyage» au Japon. 1770, II. p. 3ihi).

(4> Halduit. Subtropical rultioition fefr. F«rjuiion. I. c. p. .Vt).

1,5) Oliphant, La Crna ed tl (Happone, imsswne ilH.'it.Yi), di Lord Elgin (trad. d. l'angl. . Milano. IStî'.i, II. p. Iï4).— (<5) Metchaikoll , L' Empire japonais , 187s, p. '.»4.— I,ui aussi dit que les Portugais y importèrent le tabac au seizième siècle.

(7) Mtwfetl», I. c. p. .Vil. — Oliphant dit à propus du iho japonais ; Je u' ni pus eu i" occasion de juger si vraiment le thé du Japon est supérieur a celui de la Cbiue, ou seulement préparé u'une autre manière; mai n a un goût beaucoup pius délicat. Selon S\*tM la plante est assaisonnée avec anchois

Dans le cérémonial solennel chez lea pins liaut.es autorités, nomme los Gouverneurs, on avait aussi l'habitude d' offrir (U»9<)> aux visiteurs du tabac et du thé, qu' on leur présentait dan* un vase contenant aussi la pire. Les étrangers étaient reçus ainsi à la Cour, dans les Ministères ot dans les bureaux importants de l'Etat. Partout les hommes et le femmes fumaient du tabac, et buvaient du thé. Le tabac est ordinairement haché très fin, et se fume dans de petites pipes (1), dont les accessoires font partie du luxe des Grands (2).

Fumer est devenu pour le Japonais un véritable besoin de I' existence , il n' y a peut-être pas de nation , où cet usage soit aussi général. Ou no voit pas au Japon un seul adolescent, qui ne p.;.rt avec soi sa blague à tabac. Los (Vînmes et les jeunes filles fument toutes, unis seulement à la maison (il). Les feuilles finement iiach.-es en fils de la grosseur d'un cheveu, fumées dans do petites ph.es, dont le fourneau est grand comme un dé à coudre, répandent un atome déiicat. et enivrant (4).

Les Japonais ont toujours du I'm alloue'', «lu matin au soir, hiver comme été. Les hommes et les femmes, assis autour du foyer, fument en faisant, bouillir l'eau pour le thé, dont ils font une grande consommation (oi. Aussi y a t il deux objets d'usage général, qu'on trouve dans les demeures de toutes les classes: ce sont le chibut (brasier) , et le

salé*, et arresé avec un liquide i.t.tei.u avec les graines do ebaus re. tes Japonais le préparent quelquelois en le faisant bouillir oute la journée, laissant ia décoction sur le feu (Oliphant. I. c. If. p. 11).— Les Japonais font du thé *er< et du ilié noir; tuais ce dernier est mauvais, et ressemble seulement par la couleur à celui de Clone, dont il d. D'ère totalement pour le goût et l'arôme. Ils le boivent chaud ou froid, mais sans sucre; iis prennent le plus souveut du thé vert, mais comme gourmandise. Ils le réchauffent d'abord sur le feu. jusqu'à ce qu'il perde de sju odeur, et le plongent ensuite dans l'eau bouillante. Cela procure â ia boisson une odeur et une saveur particulières, qui plaisent beaucoup aux .lapouai* (Eyrits. Voyage -le Golovnln (1*1:1) Paris, 1818, I. p. I3i»).— Pour obtenir du meilleur thé. il faut faire boinlir l'eau dans un vase en terre cuite et non en métal; calculer exactement la quantité nécessaire de ïeuiJIes et ii' eau pour un uonibrc déterminé; le boire 1res ebaui et immédiatement après l'infusion, et n'en faire jamais un second. Le meilleur se produit dans ia province d' Udji. et après dans celle de Kiroto . Hllbner, l'nsseggiotn intorno ni monda, trad. Letsona, 1S7'.I, p. :ï2'.i). — Le thé lu plus estimé est celui qui rend l'eau verte; li «»t médiocre s'il la ren t jaune, et inauvai< s'il la rend jaune, et mauvais s'il ia rend rongeât re. Au lapon le Uoi et les grands Seigneurs ne boivent que la décoction de Heurs le thé. parce qu'elle» sont plus salulaires que es feuilles, et d'un goût piu* agréable (Tawaitr, Recueil de piutienrx rebutons, l'-si. p. -.tG).— I,a même plante fournit les différentes qualités. Le- jeunes l'eut lies qu'on cueille au mois de Mars donnent la boisson : a plus parfutnée; la récolte d'été est plu.- abondante, niais moins appréciée. Pour ce motif on ne fait au Japon, que du th.vert très parfum.'-, très aimé des naturels, mais peu répandu eu Europe... Vu kg. de thé (lu se paie jusqu'à une ceutame de irancs I MttcniUkoll . I. c. p. '.t-/. — Les locaux & tho sont très eummun* dan* toutes les vil, es, grandes et petit» s. du Japon, et purl cat le nom de Uiayn. Ce sont même des lieux de dépravation, dans lesquels le» parents pauvres mettent, moyennant salaire, leurs jeunes lilies pour divertir les clients licencieux i Malte Bnui , G< : ugr. l'un:, .'..me éi. Huai, ts-|l , V, p. Werner . hie

l'reussische K'itedition n«< h china, Jnmtn «nd sinni, J lue éd. IS7J, p. :«7).— Pour plus a np;« s tu tice* relative* à i\i*o;e du thé au Japon, consulter Armlnjon. /( Ciapp-nte el il naggi,, d-lla --or relia ll<igrnt<t net /si;,;, innova. I*'.'J. p. r^—Won Scharwr. 1. c. II. p. -JUI. |-".t pour la cérémonie du thé. consulter Dathaiea, Quelques notices sur la cérémonie du Hic nu Jupon f.-fr. Schaialtz , In!. Arch f. Kthn. VU. 1SO.I. p. 1)7..

0) lUaropler. I, c. H. p. I .».%.— (0,. Mtm. tViW.e de voyages modernes. Pans, an VIII. II. p. :ly|.

Ci) Les Unîmes japonaises ont même l'uabitua» de porter la blague a tabac et ia plue pendues à leur ceinture (Armlnjen. I. e. p. CtUli.

f-t) Die Preumtehe Krpedilitm ntich Ott-Atten i tsiio), Herliu, Ixtij, |. \>. \} '>i, Mé-tue élo.gn.'-s de leur patrie les Japonais conservent l'iiahituîe de fumer immodérément. Ainsi D» teittpt uarle d'un Japonais, qu'il avait rencontré au Kamtchatka . et qu, fumait presque eonnnuellement. La pipe cjurte. garnie d'argent, eontHii-.it très peu de taoa-, d'où ia nécessité de ia remplir n tout moment. Fumer était un tel besoin pour lu;, qu' il se faisait une grande violence pour s'arrêter, au moi:;* à tabie. pendant le dîner (0» temps. Journal hist. <)<i rouage du t'omit- de La Pérou». 17iW, I. p. .'.Ci.

(5) Eyrièi, Voyage de Galaraln. t*t:t, Paris, lit:*, 1. p. -««S.

tabaccobon (boite à tabac). Grand» buveurs de thé, grands fumeurs, grands bavards, c'est, autour du brasier, quo les Japonais passent leur journée (l). D'après Humber (2) l'histrion pour se reposer, la représentation étant finie, allume aa pipe à celle de quelque voisin complaisant (3). Ce n'est pas rare de le voir, d'abord, sous son déguisement, fumer ensuite tranquillement, la téte recouverte jusqu'au nez d'une énorme et grottssque figure de monstre.

(1) 0« Beaavoir. l'èkîn, Yeddo. San Francisco. 3me éd. Paris, I872, p. 150.

(2) Huaifcer, in CKtrtm et Trêve», It Giro del Hondo. XIII. 1870. p. 3*2. — Il en donne la figure, pp. 302-3.

(3) Chez les .Japonais la pipe de bambou verni a la longueur d'un quart de bras. 1/ embouchure et le fourneau sont eD cuivre. Ce dernier est très petit. Il ne peut contenir, que la quantité d'un de de tabac, encore bien bourré avec le doigt. La pipe se consume tout-de-suite, puis se nettoie et se remplit de nouveau. La iiimée se rend par la bouche et par le nez. Les grands Seigneurs font servir à chaque fumeur une boite longue d'environ ua demi-bras, large d'un quart, et haute de trois doigts, vernie en brun et nnir. La botte contient des pipes, du tabac et trois tasses, dont l'une est ordinairement en porcelaine épaisse, ou en hois recouvert de métal, et sert à contenir les cendres, dans lesquelles on met le charbon qui doit allumer ie tabac; 1' autre est destinée n recevoir les cendres de la pipe après que le tahae est consommé, et la troisième sert .ie crachoir. Quand, en allant faire une visite, on ue croit pas trouver de pipe, on se fait porter la sienne par un domestique. Les gens du peuple ne sortent presque jamais sans In pipe et le tabac. La pipe est enfermée dans un écrin pendu à la ceinture . près de ia hanche droite. Le petit sac de tabac est tout au plus large comme la main et un peu pins court; il se ferme supérieurement par un petit converti* d'ivoire. La blague s'attache à la ceinture par un petit cordon de soie, et un bouton d'agate ou de cornaline; elle est ordinairement eu soie tissue avec des fleur* d'or i»u d'anrent (ThMbtrg. Voyages au Japon. I"'.*?. IL p. 273). Les longues pipes se mettent à la ceinture comme un* épée. ou se font porter par un serviteur < Nerc'titikieii' , ï/i Vena, Milano, ltW2. II. pp. 252, 2-7I). — Au Japon la pipe inspire un culte universel et profond, presque religieux. Le Japonais oubhera tout, excepté sa pipe qu'il porte dans un élégant écrin avee une blague à tabac particulière . ornée souvent de broderies et de breloques, et qu'il met à la place où nous mettons la montre. C'est la eomnagn* indispensable de l'homme et de la femme. Pourtant cette dernière, fumeuse assidue entre les parois de son logis, ne se permet pas de goûter les parfums de la feuille nicotienne sur la voie publique.— La pipe japonaise n uoo construction . qui lui est propre. Elle est presque exclusivement faite d* uo long tube recouvert de métal à ses extrémités, dont I' une reçoit le tabac haché très fin. et en toute petite dose, dans une cavité superficielle. On peut dire des Japonais qu' ils fument en quantité liomiopatique; ma s. en revanche. ils fument très souvent. Hommes et femmes ont l'habitude de rendre la fumée par le nez, rarement par la bouche. C'est un acte du déférente courtoisie, une marque d'affecliou et de sympathie d'offrir et de fumer ia pipe allumée, en nettoyant d'abord {'extrémité, qui était dans la bouche. C'est ainsi que fait le peuple du moins dans les conversations intimes et amoureuses, et surtout les jeunes filles libres <mausou*é*\. qui. dans les maisons ft thé. représentent les Kelln^rinen des brasseries allemandes (Santal, fnforwo al viondo a bordo delta R, Corretla Garibaldi, ilrmorie di riaggto. im. v. 309). — Le» pipe», pendues à un petii cordon de soie, s'attachent à un bouton extérieur du vêtement, près de la eeiuture. Le tuyau est généralement en bambou, avec un bouquin eu bronze, ou en alliage de métal, délicatement travaillé, l-e fourneau est de la même matière, mais extrêmement petit. Ou roule une pincée do tabac, en forme de pois, et on J'absorbe eo une seulo et longue aspiration, conservant, selon l'habitude orientale, toute la fumée dans les poumons. Ayant toujours ces ingrédients mus la main, un Japouais peut fumer cinquante do ces pipes dans une matinée (OlIphaaL La Cina e il Gtappone. Mission* dt Lord Elgin, 1857 5» . irai. Milano. IW.) , II. p. 129).— \/o grand Seigueur japonais porte pendu à la ceinture tout lu matériel compliqué nécessaire pour fumer: ., pipe, blague à tabac, allumettes, mèche, etc. : une véritable aruiierie. Toutes les doux ou trois nnuutcs il prend une pincée du sou tabac jauue haché, fait uni: vraie mauusuvre pour l'allumer . tire deux ou irois bouffées de fumée, et son plaisir est fini (De Beauvoir, Pt'kîn, Yeddo, Sttti Francisco. \*>?2, p. 151. — Les boutiques à pipes en ont un grand assortiment. Le tuyau est en bambou, de la loiiïueur d'une niaiii. el quelqueiois laqué Le fourneau est en métal ainsi que l'extrémité supenéure du tuyau, souvent finement travaillé, ciselé a reliefs. et enrichi -ie métal précieux. Il est de couleur blanc-argent ou jaune d' ur. couleur cuivre, de fur ou a' acier selou tes différents alliages métalliques employés, à nous complètement inconnus. Quelques pipes de luxe sont entièrement eu métal (Die Preitssische Exiicdilvm narh 0*i-A*ien, IHftti, Berlin. IHM, I. p 3M;— Tiedemann, I. c. tab. XV).— l'ar conséquent,

Dès le dix-huitième siècle les Japonais prenaient aussi du tahac à priser. Ils n'en fabriquaient pas; mais ils le recevaient des navigateurs chinois, bien conservé dans de petites bouteilles de verte transparent, de couleur verte. Ces bouteilles venaient d'Europe et particulièiement «lu Portugal (1).

b) Prsinctian. — La culture du tahac serait duc aussi à l'initiative des Portug lia en 1605, dans le territoire -le l'Heizen, à Nagasaki (2), d'où il se serait étendu jusqu' à Satzouma dans la metn- île de Kiou-Shiou (8).

I-e produit est niai:' n clair; il ressemble au tabac turc, mais il est plus délicat. Le meilleur est celui de Sitzouma et de Nagasaki (4). La plante s'est bien acclimatée dans toutes les terres de 1' Empire , donnant un produit moins fort et moins parfumé que le tabac turc (5). pourtant, du temps do Kaempfer, le meilleur se produisait sur le territoire de la ville do Minco à Niphon (61. Celui de la province de Tzyngaron est fort, foncé, et d'un goût désagréable , tandis que le tabac de Satzounia est doux, agréable quoique fort, et d'une belle couleur jaune clair ; celui de ;\agasaki est doux , peut-être encore meilleur au goût et de couleur foncée. I.e tabac de Sinday est très bon (7).

Des le début de l'introduction du tabac au .lapon on y cultiva la Nicotiaita TabacunnH); d'où les noms suivants: Taboko (tabac en feuilles); Fanna Tabako (tabac en poudre); Tabako ire (tabatièrei; Tabuko uttrit (fumer !:> tabac) (9).

Sa culture est actuellement répandue sur toutes les terres de 1' Empire. Les Japonais , de même que les Européens et les Américains , préfèrent le tabac doux et refusent les espère fortes de toutes les légions. Ils cultivent toujours davantage les tabacs américains et européens, dans l'espérance d'obtenir avec l'augmentation du produit une future exportation. Les meilleurs Ubacs se t'ont a Higo et dans les autres provinces du •Sud; les plus estimés des indigènes «ont ceux de la province de Satzouma (10), ainsi que nous l'avons d-'-jà dit ci-dessus. On obtient de bons produits dans les régions de Kokowbeu, district tie la province d'Osutni, où on prend des précautions except ionelles pour la culture du tabac (11); de Tate, de la province de Kadzuke; d'idzum et d'Isubuki, delà province

I' art spécial liu ciseieur de pipes est florissant au Japon. On en trouve dos dessins dans HDkntr. Vastegtala inlorno al mvndo. tr.-ni. Lettons. IHflO. p. 35Jt; — Huaibar. in CfiarHiaa et Trèvaa. I. c. Mit. 1870. pp. 3*«. 3S8; Blllhrçl. lobaccu. 1*75. p. 173.

Au contraire des Chinois, les Japonais ne fument pas l'opium, lis eu ont toujours niter. ht. par des traités spéciaux l'introduction dans l'Empire, sous peine de murt pour les importateurs (Hachis. J. c. VII. 18KL\ p. H3fi).

(1) Tkaabara, Voyage* au Japon, 17%. IL p. SI.— On parlera de ces bouteilles de tabac à priser à propos de 1'iutroduetioii du tabac en Ctitne.

P) BUIIaes, lobaeco. p. 371.— Voir plus haut. p. 24S. et suit.

(3) Natal, bit L-indmrltchafl Javans, 1*?7. p. 7a— nu obtient dans cette Ile beaucoup de tabac d'excellente qualité. Celui de Satzouma peut être comparé aux qualités les plus doutes et les plus lénères de tabac turc (Olglloll. Vuiggi., nulla Magenta. IS75. p. 3.VS).

(4) OHatuM, I. c— «ttckalkolt. I. c.;-(5) Malehalkofl. I. e.-(«) Kaanaftr, Hitt. nat. au Japon, i7l"J. Il p. lt<5.— <7) FerfWMM, I. c. p. 43.

(5) Thunkara, 1. c. II. p. -73. — [.a seule forme «le tabac «|u'on y cultivait d'abord était la A*, chinensis. Aujourd' tiui pourtant on y a répandu d'autres formes de J.n .Y. labncum (Samlar, Die 'Irop. Agrir. III. ISHH, p. 344).— Eu effet la conformation des feuilles varie selon les provinces, à cause des différentes sortes qu' on y cultive. Ainsi, dans quelque* unes les mutiles sont arrondies, dans d'autres elles sont étroites et pointues: .lins d'autres encore. lO'iRues et épaisse. Puis quelques unes les (leurs sout de couleur .ie pourpre, plutôt clair. Quoique les plantes survivent à l'hiver, on les ratseme chaque printemps. l>e toui les tab.ics asiatiques les feuilles Jaunes Japonaises sont les plus estimées (8llllfl|S, lotrticco. IS7S. p. 4t r.').

<'.»> TNabera, Voy. au Japon, II. p. -'.i);— Tbvnbera, Voyage en. Afrique et en Asie, I7vm. p. 3I\*. (10) Râla. Japan, ISSti, II. p. 15*.— (il) Billiaft, I. c. p. 37'i.

de Satzouma; d'Ishidzuba, de la province do Setzou; de Chichibu, do la province de Mu aaabi, d'Yamamoto, de la province do T.imba; do Kioto, de la province de Kadzousu (Voir ci-dessus eu note , p. 249). Le montant do leur produit est de plus de 22 million île kg. (1); plus exactement de 22,7 millions de kg. (2). Mais Lewin stein rapporte que la pro duction indigène est de 91 millions, de kg. (peut-être de livres?); l'exportation, de 1237 mille kg.; et la consommation par habitant, de kg. 2,17, avec une dépense do Marcs 1,69; et un revenu pour I' Etat , do Marcs 0,13 par téte (3).

Le tabac japonais se consomme presque entièrement dans l'Empire : la petite portion qu* on exporte est presque toute absorbée par le marché anglais. Le tabac pour 1' exportation se classe selon les provinces productrices, dont les principales sout: Satzouma, Hysen et Higo. Le tabac de Satzouma est à feuilles épaisses; ceux de Hysen et de Higo à feuilles minces. Le tabac brûle bien , quand les feuilles , après avoir été soumises à une forte fermentation, sont finement hachées. Presque tout le produit japonais est exporté à Londres, où ii est foi t apprécié à cause de sa faculté d'absorber beaucoup d'eau. Et, quoique son prix soit à peu près doublé par le droit d'entrée , il a un marché actif, précisément à cause de sa puissance d' absorbtiou , étant employé pour les poudres à priser et pour entourer les cigares ordinaires. Le piix du tabac japonais, qui était a peine en 1860 de 2 à 3 doliards le picul (environ 60 kg.) , e*t monté on 1869 à 7-16 dollards. Lo marché principal est à Nagasaki , d' où l'on a exporté 2 406 picuU en 1868, et 8159 en 1869 , dont 70 0[0 furent dirigés sur I' Angleterre. De Hiogo et de Osaka on a exporté on 1869 à peine 480 piculs (4).

L'exportation du tabac on feuille du Japon pour l' Angleterre a été eu 1871 do la valeur de 941,7iJO L. Sterl., et en 1872 de la valeur do 1,666,350 L. Sterl. (5). On signale pour leur bonté les tabacs de Hizen, Hitachi, Nagato, Awa et le fameux tabac do Satzouma. Pour 1884 l'exportation en fut do plus d'un milliou de Marcs (6).

On a importé en 1800 au Japon pour 215 mille Yens de tabac manufacturé, et «mi 1896 pour 843 mille Yeiu. On y a aussi exporté en 1S9U pour 135 mille Yaw de tabac manufactuié, et en 1896 pour 254 mille Yens (7).

A Y okohamn, en 1894, le tabac importé fut de 126 mille 'ivres, pour la vaieur de 12 mille L. Sterl.; et le tabac exporté fut do 2K>6 mille livres, pour la valeur de 24 mille L. Sterl. L'importaliou fut de tabac manufacturé, et I' exportation de tabac grège. Le bilan commercial de ce produit vaiia peu en 1S95; mais il faut pourtant ajouter à l'introduction pour 80 mille L. Sterl. de cigarettes tb).

L'exportation du tabac en feuilles du Japon a été en 1896 de 1617 millo livres, pnnr ia valeur de 16 mille L. Sterl. contre 272U mille livres, en 1895, pour la valeur de SA mille L. Sterl. (9). On n'en exportait plus eu 1897 que 987 mille livres, pour la valeur d'environ lu mille L. Sterl. l'?tte diminution de l'exportation est due à la plua grand-demande de l'intérieur, en vue de la nouvelle loi du Monopole du tabac, qui devait entrer en vigueur le l ,r .liinvier 1898 (10t.

(1) Oarmitartlar, 1. c p. fl7.-(2) Schtrur, Vila t-eon. <lei vopoli... I. c. p. 145.- (3) UwiMtaln. i. c. p. IV.

H) Vm Scharnr, Ftfhmâimitche DencUtë it. cf. oslsrr. un*. Krped. na<-h Sutm. Chttut, H. Japan (tfWH-71)- Sluttgari. 1872. I. p. 3s». -Le moine Auteur parla ensuite des modes d èlevaiçe et de iwoiia du tabac au I. c. II. p. 213.- (5) Mintictlcki Eritw, (itapponc, lu Boll. .Soc. geogr. liai. XI. Is74. p. V),».

(6) Stmltr. Dte Imp. Agr. 111. 188H. p, :î-i4.

(7) Cfr. Dipl. a. Con*. lltp. Loudon, Wl.—Jajxtn, a. 44it, p. S.

(«) Cfr. Dipl. n. Com. Rep Loiision, ISP5.— Japan, u. IrtnO. p. r>; ibid. I-W, n. ;77'J. p. 12. (î), Cfr. Dipl. a. Com. Hep. Loudou. 1W7.— Ja)«in. n. l'Xil. p. 21.

(10) Cfr. Dipl. <i. Cons. Hep. Loudon. IS9H. -Jopnn. n. 2J«U. p. 27. -La Kièle du Japon a récemment approuvé le projet de loi proposé par le Gouvernement pour l'institution du Mouopole du tabac (à partir ou 1er Janvier 1S9K>: limité cependant à la feuille grège. Tout le tabac cultivé au Japon (en-

c) Dépendant*. — Les Japonais (1643) se rendaient tous 1rs ansà I'ïIb do YessoOl, ilont les insulaires ignoraient encore la culture du sol , et ils y importaient, parmi diverses choses, le tabac, les pipes de cuivre, et les boîtes (2) pour conserver le tabac (3).

Ces insulaires aiment beaucoup le tabac , maie ne peuvent pas le cultiver. Aussi, sont-ils très heureux quand aln-nle quelque naviro japonais, qui leur en apporte |4). Ils 1' obtiennent , en donnant en échange le produit de leur pèche (5). La Pérouse raconte qu'étant montés a tK>rd de son naviro ils s'assirent, en rond sur la dunette, et. y fumèrent leurs pipes... Parmi les dons qu' on leur offrait on s'aperçut vite que l'eau-de-vio et le tabac étaient pour eux les choses les plus précieuses; niais ce furent malgré cela celles, qu'il fit distribuer avec paicimonie, car le tabac était nécessaire à son équipage, et il redoutait, d'ailleurs, les conséquences de l'eau-de-vie (6). Les naturels de Yesso adoptèrent les coutumes japonaises; ainsi que quand il so présentait un visiteur, ils lui offraient tout de suite du tsiu (tiré) et du tabac à fumer (7).

Golovnii (Si, ayant observé que, pour gagner les Kourilis (Aïnos aussi), les Japonais leur offraient du tabac, profitant de ce goût (I. c. I. p. 43) tit une provision de ces feuilles pour avoir en échange des marchandises de cette ile, telles que de l'ail sauvage et de la Sarantta {Liliutn bulbiferum), qui est. le pain des Kamtchadaies (1. c. I. p. 44). Dans les échanges entre les Kouiilis et les Japonais, les premiers cédaient aux seconds des peaux de loutres marines et de phoques, et en recevaient en échange du tabac (9), des pipes, etc. (I. c. I. p. 55), car les Kourilis aiment beaucoup le tabac. Ils obtiennent en échange do dix ailes d'uigle un cylindre do tabac en fouille. Beaucoup lo chiquent, d'autres le piisent; d'autres enfin ont appris des Japonais à le fumer dans les pipes (I. c. I. p. 56). Golovain raconte le fait plaisant, qui lui est arrivé lorsqu'il fut prisonnier des Japonais. Ceux-ci louaient aux prisonniers leur pipe de peur qu'ils ne suicidassent avec le tuyau. Mais ils abandonnèrent ensuite cetto précaution, et décidèrent que les prisonniers pourraient tenir leur pipe eux-mêmes, à condition de mettre a I' ombouchure une boule de bois de la grosseur d'un «tuf do poulo. Les prisonniers rirent beaucoup de cette nouvelle mesure, et rirent comprend ie qu'ils pouuaient plus facilement s'étrangler avec la boule de bois qu'avec le tuyau de la pipe. Les Japonais en rirent à leur tour, mais répondirent que les lois >le leur pays ordonnaient de surveiller les prisonniers pour les empêcher de se suicider ( 1. c. 1. pp. 143, 274 ). Il remarqua , enfin , que dans le district de

viron iài mille quintaux) «r.i acheta à des prix déterminés par itt tjuuverocmeut. et vendu par lui aux particuliers et aux fabriquants. Ce Monopole est l'objet de sér.euses critiques de la part de la presse technique, à cause ues difficulté* certaines, que rencontrera le ilouveriieiiieut japonais. Si i'ou considère que. ce tabac est très délicat , et par conséquent se. iiétéiiore facilement . le dommage ne peut manquer avec 1* agglomérai iou. Lu Gouvernement ue don pas espérer uuu pm« tirer un grand avantage de l'exportation, puisqu' il n'y a que l'Angleterre qui aujourd'hui en acheté, en moyeune. à peine de H à 9 iiul.e quintaux par an (cir. // tabticco, Roma. IW7, u. ■•)

(I) Le nom de Yeto ou Yen), eu rhiuoi* ffidi, siguirtait harffires à écreritses. Ce o'esl pas la dénomination a un pays, niai» celle d'un peuple, qui s'appelle dans sa propre langue Aino ou Ainou, (Cora. Cosmos, I. IS73, p. -U). — Le nom officiel de l'Ile est Uokkaido (WaoMtc et Jmioa. Noliiie del l'isola de Yeto od Hokkatda, cfr. Cora, Cosmos. X. IStW<>j, p. SU). Le nord de i'ile est peuplé d'euvirou 100 nu 'lu Aiuos, qui *oui encore presque sauvages (Grégoire. I. c. p. 'Jo>S;.

<;J; Les boites a tabac se fabriquaient (UY11) «a métal iTitiingb, tu Matte-Bni. Ann. Voyag, XXIV. p. Irll). — <;S; llecueil de voyages nu Sard, Roue». I"i»l, III. p. 51.

(4) riUliijfc. m ■alfat-Brm. I. c. p. iiKi .-(."o Waoaaor et Jaaton. I. c. p. 2.U.

(0; La PéroiM. Viaggio interna ni Jtotido. (ira i. Potraechl. Miiau >. 1SI>, III. 117;.— La figure li'un Aïno de I'ile de Tarrakai. runiaut sa pipe, es: rapporte par Tledimaïui (I. c. tab. XVI). ("j Recueil de voyages au Sord, Rouen. I7IS1. 111. p. l'.M. (8; Eyrlti, Voyag* de M. Colomb). Mt-13. Pans. Isl8.

{'•>) Ceia est égalenieut cou tir nié par Kracheiiiuiikow, Htsl. et descrip. du Kamtchatka (trad, du russe. I. p. 3'Jtt).

Sangar (Kouriles) les naturels cultivaient près des habitations un jardin, dans lequel ils élevaiont dos arbres fruiliers commun^ en Europe , ainsi que du chanvre et du tabac (I. c. I. p. 151).

Le Missionaire Gaubil, qui, en 1721, observait les) productions des îles Lieou-Kicou et les usages «les naturels, ne fait aucune mention du tabac (1). Mais ces insulaires no tardèrent pas à en connaître aussi l'usage, car Dumont d Urville rapporte U. c. I. p. 343) qu' ils accostaient avec leurs canots les bâtiments, qui s'approchaient, pour offrir du poisson aux navigateurs et obtenir en échange du tabac et <1" autres denrées chinoises. On y fume la pipe ( 1. c. I. p. 345 ) même dans les réceptions solenuelles ; mais le tabac de Chine doit être meilleur que celui de ces iles (1. c. 1. p. 348). A la Tab. XLIV. llg. 3 (I. c. I. p. 350) il représente un aborigène qui fume sa pipo. Le Japon aussi (1. c. I. p. 385) y envoie son Ubac et des pipes (2). Les Japonais y importèrent aussi leurs usages. Beechey raconte qu'en 1826, le Mandarin, Gouverneur des iles LieouKieou , maintenait continuellement près du feu le vase à thé, et avait a portée de la main des petites coupes avec du chai bon pour allumer -sa pipe, ou pour recevoir la cendre quand il avait fini de fumer. Il ajoute qu' aussitôt que les Anglais furent débarqués, les indigènes leur offrirent des pipes et du tabac, en témoignagno de sympathie, les invitant à fumer et à prendre du tin 1 (3). 11m pourrissent dans ta paresso; étendus du malin au soir sous les arbres, ils ne font que fumer et boire du thé (4). Cependant, grace a la douceur du Ciiniat, ces iles produisent du tabac excellent (5).

a) Introduction usag». — On a prétendu que les Chinois connaissaient depuis plusieurs siècles T usage du tabac (6); mais cette opinion est démentie par - le manque de documents et de notes, quand on a traité les ns ot coutume et les produits chinois avant le dix septième siècle. En effet, les écrivains suivants n' en font aucune mention: Biot, qui parla des 119 et coutumes ainsi que des plantes cultivées par les anciens chinois jusqu' au sixième siècle avant l'ère vulgaire (7); Pauthier 1.8); Marco Polo, qui parcourut la Chine dans la dernière moitié du treizième siècle ; Johnson (1559) , quand il paria des plantes employées alors par les Chinois (9); Thovet 1 10); Liatscotan , en décrivant avec de nombreux détails I' usage de préparer ia délicieuse boisson du Chaa ( le thé) (11); Deribadeneyra, en indiquant les principales productions agrairos de la Chine (12»; Goei, enfin, qui parcourut la Chine en 1003 (13). D'ailleurs tes Synologucs s'accordent pour affirmer que les u-uvres chinoises no font aucune mention du tabac avant la fin

(I) Lettre* édifiant** et curieuse*. Paris. Recueil, XXVIII. p.

(■2) Album de* Mituons... I. p. I.V2. On y réprime un insulaire ruinant une pipe •!<? forme japonaise. (*.5> Bttchty, lu Eyrikt et Kltprolk. I. C 11. Sûr. XX. IS3I, p. 73.

(4) Cfr. iVonr. Ann. voy. «S me S*r. IK5T. IV. p. 172.

(5) KUprott, id Ejritt el Milto-Bran, I. c. XXI. 1*24. p. -'la-.-Maltt-Brm , Gèogr. univ. (trad. Hurt, 5.me é<i. V. iS41, p. litt).

(rt) Bell. Voyage*... dan* diverse* contrées de VAiie (irai. d. J'anjrl. Puns. I7ew. I. p. 3H7). (7) Blot. Sur les mœurs de* ancien* Chinois, selon Cki-King (cfr. Journ. Asial. 4.ma S«r. II. Paris- 1Mb. p. 307. et iinv.).

(S) Paulkicr. Relation du \oynge de K'hiéoa au comm. du XUl.me siècle, à V ouest de la Chine (ctr. Journ. Asial. ti.me Sér. IX. Pans, l«fi7. p. :w. et miv.).

('Jj Clr. Sturia g en. rmggi. Yeuczia. I7.X. XXVII. p. :>;«.— (lu) Th«v*l. La Cosmugr. I à75. t. f. ioi-

(II) LlnUcotan. Narigatiu ni Orientem (clr. D* Bry. Ind. Orient., I.V.là. 11. p. 67).

(l'J) DtrioateMyra, ffisiortit de las hlus del Anhipielago. y Rnynos de la Gran China, lartana. Cuchinchina. ilitlacti, Sum, Cumboa- y Juppon, lOll. (13) Cfr. Storm geu. naggi. I. c. p. m

Chi.vk

du seizième siècle. Et. en vérité, un ouvrage chinois puni en 160O et intitulé /'mm T«au Pmesao, cVst-;Vdi'.e "liait.' dos herbes p.uïicniicivincnl. utiles ou médicinales natives tlu pays „ lie dit. absolument rien du tabac i l). Kt. . nu contraire , les dessins <io !a porcelaine chinoise de la collec-timi île Urcs !e, mointent, fréquemment des figured ayant, rapport au tabac, mais après l'année 17iXJ ç2).

On peut admettre qu' il existe en Chine la tradition qu' on y fumait déjà au treizième siècle (3); mais il n' y a pas de document prouvant que le tabac ait été la plante employée à cet usage. Tout au plus peut-on supposer que le» Chinois avaient adopté dnns ce but une autre plante, et très probablement le chanvre, ainsi qu' on I' a dit à propos des fumigations que pratiquaient les anciens (Voir plus haut, p. 2). Il faut donc f.iiie une sérieuse distinction entre l'action de fumer, l'usage d'y employer d'autres hoibos, et celui de fumer te tabac proprement dit (4).

Cependant, jusqu' au dix sept ième siècle, les Chinois n'eurent aucune idée de l'usage du tabac, maigre le commerce que les navigateurs européens avaient commencé à exercer en Chine dès le siècle ptéeédent. On verra bientôt comment les Chinois reçurent le tabac des Japonais, presque à la même époque où les Européens leur apprirent 1' usage de l'opium, qu' iis ignoraient également. (5t.

(1) TMMUUM, I. c i>. 2».

(2) Klcmm. Allg. Cultur-Oejtehtehte fier Venschhe.l, VII. p. 47;-D. CwmMU. I.e. p. 1 1 4; - HtuitiMim. Voyage en Chine. 111. IMS. p. >r,l; -v«« Scktrur, Fâ<:hm,<n. Der. o»ttrr.-ung. Erp. 1872. 11. p. 100.- L'arnimatioti .le Nmmim» , qui du que le tabac et le mais suut communs à la Chine et au Nouveiu- Mou.ie (m E-tslern Attn and Western America) est regardée par Viaiaf comme d'étant pus basée sur ■ifs .iocuuieuU sérieux (Vininf , An inglorious Columbus . IHS.1, p. 07). Kt ce jugement de Vlnlnj est d'autant plus aillons.-, que Je même auteur reproduit in ligure «1- deux fourneaux de pipe en pierre, représentant chacun un ééphant (I. c. p. tiOtf. flf. 27, 2S) découverts, l'un en IH70 à Jow.i. l'autre dans i'Illiuoi.s.- La reproduction de l'image de l'éléphant en Amérique prouve, tout au pius, que le* aborigènes américains out pu avoir connaissance de cet animai asiatique, mais n'a aucuue valeur pour l'indicn'ion de la patrie du tabac— Vinlno, racoote. dans sou ouvrage cité ici. qu'un missionnaire bouddhiste. Hwuy Mm, en remontant par l'Asie iineiilafc el descendant par I' Ain '.rique Occidentale, avait pu arriver au Mexique environ nnlie aus avant les Européens; do mémo qu'on a appris par d'autre* sources ie contact des peuples asiatiques avec les aborigènes américains (Vuir plus haut, p. 49). Mats queis qu'aient été ies rapports ayant existes dans les lumps précolombiens entre les deux contiueois. rien n'autorise à croire que le tabac lut connu et en usage dans l'ancien continent avant la découverte de l'Amérique par ies Européens.

(a) FairiiclL lobacev. p. I.*>7.

(4) Si ies Chinois avaient employé le tabac depuis les temps anciens, comme OU l'a prétendu à tort, lis auraient certainement po^édé aussi les appareils pour s'en servir, soit sous la tonne de fumée, soit en pou.ire. Ii est au contraire prouvé qu'Us importaient, spécialement de Batavia. 1rs pipes et ie» tabatières prises sur te modèle de cell-s d'Europe (Ou K»ld«. Description... de V Empire de la Chine. I7.i5, II. p. 172).- Si ie labac avait été vraiment indigène de leur pays, les Clnuois, passés maîtres dans l'art de la céramique, u'auraient cert-alueiiii-ul pas eu recours à uu instrument européen pour l'employer. La plaute avait été importée par les Européens, et ils se servaient égaiemeut des instruments européens pour l'utiliser!

(5) LTaprès J'en-ts'tto hang mo de L» Schi Tiehin l'opium lut introduit en Chine eu l-V.Hi, où il prit aussi le uoin de A fuyung (■•ttg«r, Ihis Opium in Indonésien, Stuttgard, l*s7; ctr. Kvrue colon, intern. Amsterdam, p. 15,.. — Selon Mofts. l'opium fut d'abord adopté esclusiveinuiil par les Mandarins, qui le lumaieul comme elci'am, aussi bien au travail qu'aux plaisirs. Ils en offraient à tous ceux qui les visitaieut. soit comme objet de curiosité, soit pour leur taire lionoeur. et persoun.. n'osait le refuser. L" habitude s'en rcpuudll peu a peu dans le classes riches, parmi Jes lettrés, les nob es et le* persouucs qui, par leur position, approchaient ies Mandarins. Sous le nom de tabac d'honneur il arriva à la connaissance du peupie. qui le lunia .l'abord par amour-propre, puis par plaisir. Actuellenient il n'y a pas un .îistr.ct de la CUiue où l'opium u'everce sou empire: il régne .iaas ia cabine de i' lodigeul comme dans ie pal.iis du Souverain. Le <iou> eruemeul est impuissant à remédier au mal , car il a tout ie monde contre lui. En vain a-t-il décrété Ja peine de mort coutre les fumeurs

C 0 M*-HiêMr, du J«6m 8«

b) Bégiona aeptontrioniltt et occidentales. - Le tabac était inconnu en Corée avant. \c dix-septième siitclc. Un mémoire d'un Coréen anonyme, écrit après l'année HCô. mais

ri' opium (dont la figure esi reproduite ilanB une Tahle exprès). La propre femme rie r Empereur HiM-Fani n'a pas craint je violer ses ordres «ans son palais, ("est mie source abondante je revenu pour les Mandarins, car le» Clnuois, qui dennent boutique de ce genre de tittinc. évitent let procès, à force de cadeaux à l'autorité, qui fern.e les j eux. Oil pretend que ie tau foi (Gouverneur) de Sliang- Hat économise ainsi un miLion de Frcs. par an. Le (tout de l'opium est irrésistible dés qu'on a comment* à en prendre. Il faut une rare énergie pour y reuoncer, et l'on y risque même lu vie. car l'estomac prive de cette drogue, dont il a pris I" hnhitudc, se contracte eu produisant des douleur» terribles. Les Chinois commencent à 20 ans à en initier une pipe par jour. Les grandit fumeurs vont jusqu'à * pipes; mais ils succombent ddiis I' espace le ô a )•> ans. L'opium se fume dans une pipe de terre rouge. Elle est longue de 2D à 25 cent., ut I' une de ies extrémités a un petit trou, oaus lequel ou introduit la petite boule d'opium, baignée d'essence de rose. Car l'autre ex inimité, qui est ouverte, on aspire lalumée en 4 ou 5 longues bouffées. Ciinque dose <lc fumée produit d'abord une espèce de de vertige, puis, à ce qtf .1 parait, une exrase pleiue de volupté. Les tumeurs sont porté* alors dans une grande salle de repos ,t .-oue'nés à la renverse, les uni voisins des autres, sur des nattes. Le sommeil provoqué par l'opium dure de 4 a .'. heures, après lesquelles h> fumeur reste abattu et énervé pendant deux ou trois heures. L'usage .le l'opium abrutit. Ceux qui s'y abandonnent sont reconnais^ satiles t'i leur maigreur et a leur air hébété. Le jeun» homme commence à fumer en cachette, à l'insu de ses parents et de la lamilie; et e" est pour t.- molli, qu' il va dans les tiouttques. tenues ordinairement par des femmes de réptitatiou jouteuse. Après ce premier pas. le fumeur rentre à in maison mécontent et de mauvaise humeur. Et le voi.à qui met petit :i petit le désordre dans la famille inrapabie d'aueuu commerce, d'aucun travail. Il ne pense pus qu' à satisfaire si passion, à rallumer le fe'i qui le brûle. Il hypothèque les terres, vend le mobilier, ia maison, jusqu' à « a femme et ses enfants qui. au fond de ieur eo-ur. stmt contents de se né ivrer de cet infirme. Son derni-r sou dévoré par les usuriers, le malheureux se lait soldat, ou tombe dan* les mains de s >eiétés secrètes, et devient un élément d'insurrection. Tel est le chancre qui mine et démoralise la Chine: chancre procuré sans scrupule par l'Angleterre humanitaire, si vigilante et si susceptible, quand i, s' agit de philonwie. 11 est impossible de passer à Wonsiwg et de voir ces grants weiring ships, surchargés d'opium et hérissés de canons, sans éprouver une secrete indignation. C'est le droit du plus inrt, le triomphe au lucre sans pudeur et saus principes! (Moget. in Charton et Trêves. Il Giro <M Mondo. Milano. II. IX/Ï4, pag. 3DK). — Quand ou fume l'opium . uue langueur délicieuse pénètre dans tous les mouvements du corps, chasse le plus petit sentiment de malaise qu'on' pouvait éprouver auparavant, et exulte l'imagination... Lame devient en proie aux puis douces îl.usion»; ,« doute, l'ennui, le chagrin disparaissent, pour faire place à la joie et à l'espérance (Oiihaut-Cflly . Yiifrxto mtorna at Gloàa , i#2(>-2i>. trad! Botta. Napoli. 1842. p. «Xi). - Seiou Thompson œ Indochine et tu Chine. 1*51. trad VaMouun, l'aris. I87y.. p. 72) ou ne peut jeter, sans uu sentiment d'horreur et de dégoût, un regard dans les boutiques fréquentées par les rumeurs d'opium. On est rebuté sur ie seuil par l'impureté de i'atmospnère imprégnée de fumées malsaines, par l'aspect des fumeurs livides, étendus sur les tables, eu proie aux cauchemars pius morts que vus. Quelques uns de ces malheureux tranchent leur existence eu absorbant une sorte de résolu de cendre d'opium et d'eau; une Uns ce poison avalé, ils n'ont plus qu'à s'étendre nu coin d' uue rue. sur quelques tas de poussière: ia mort ne se fait pas attendre. — A propos de ces lieux publies. Santini ajoute: Les fumeurs d'opium offrent uu spectacle rebuta ut. On les voit dans les floirem ltoots (lieux de reudez-vous de la jeunesse galante) honteusement étendus, stupides, abandonnés daus uue léthargie répugnante, plus voisins de l'animal que rie I' homme; pendant que ceux qui ne sont pas encore complètement vaiucm par les vapeurs stupéfiantes s'embrassent et s'approchent eu baillant de leurs femmes, avec une itutiirérence. qui oblige a s'é.oigner. Là. on boit, on fume jusqu'à l'hébétement, et ion s'abandonne à ia puis b.sse et ia plus umnianie prostitution du plaisir (Sanllnl. I. c. p. 37*5; — Holao. I* Japon, 'nid. Rolland, isô.i. I. p. 251 ). — Thompson commue en disant: Aussi daus les soi disants Cttfés-chnntanU la salie du rez-de-chaussée est entièrement occupée par les différentes classes d' étroits eumpartimeo's, ayant tous un canapé et les accessoires nécessaires aux fumeurs d'opium. Le service est fait par des jeunes liile>; ies unes préparent les pipes, les autres jouent du luth, ou chautent de douces mélodies dont l'effet s'unit à celui de l'opurn pour transporter le dormeur au pays des songes (Thompson. 1. c. p. 73). - Les munies mêmes, remplis de tendres sympathies pour les faiblesses humaines, poussent l'nospita.ité jusqu'à préparer l'opium pour leurs botes (Thompson, I. e. p. 171). — Pans I" Alhum /'es Missions <X c. I. i>. •'>'>> ou voit représenté i' intérieur d'uue tabagie, où l'on observe trois fumeurs d'opium, ou soi-disant tabac (C honneur, étendus. Les

certn incluent avant la conciliate <\o la Chine commencée on IGXi par W Tatars Aland-

appareils pour le fumer sont décrits eu oxtails: ils soin uuu petit» lampe, une épingle longue de 12-15 cent, et une pipe dont le tuyau a H ceut. 'le diamètre sur 311.35 tie Jonguour, et esi surmonté vprs l'extrémité fermée u' u»e boule de porcelaine. Celte boule est à sun tour traversé pir une cheminée » peine large connue une épingle ù cheveatu. L'opium qu'où prend, à l'état liquide, est la plupart du temps contenu dans une coquille. On prend une goutte de cet opium avec l'épingle, et ou la chauffe légèrement à la ll.imme de la lampe Celte goutte se gonfle et se sèche, et on la met ensuite dans le petit trou de la cheminée de porcelaine. Ou allonge alors la tô'u appuyée sur un coussin, avec la main gauche, ou approche la pipe de (a lampe, lundis que de la droite on pose avec I" épingle l'opium brûlé sur le irou. »>u absoibe ainsi la fumée par une longue et unique aspiration. Celui qui veut se rendre compte des funestes effets de i' opium ne doit pas les comparer à ceux du tabac qui sont inoffensifs. mais n reux de I' alcoolisme, qui influe fatalement ù' une nuiuièru sinistre sur la santé, l'intelligence et Je caractère. — A Macao ii y a des jeunes Mies libres employées à fournir l'opium aux fumeurs. Ceux-ci. étendus sur des divans n'ont rien autre à faire, que d'emboucher la pipe préparée par la métisse, qui, avec une épiugie d'argent, introduit la dose nécessaire dans le fourneau de la p i><". et l'a lunie ensuite à la lampe. A'.or* commence pour le voluptueux fumeur l'extase de l'unie et la torpeur du corps. L'ubus de ce narcotique mène à la langueur et à l'abrutissement: mais quand on a une lois g- ùlé le calme lascif qu'il procure, demi veille et demi sommeil, il devient impossible «le renoncer à celte jouissance. La cherté de 1.1 marchandise, la perte Je la santé et de i.i raison, rien n'arrive a combattre cette habitude passionnée, '''est une ivresse somnolente, doui on il' use pas impunément. Cependant tes Chinois et les Malais ne mâchent pus l'opium comme les Turcs, mais le minent, et i cause de cela ne t,-mi>ent pa» daos le frénésie furieuse, dont les Musulmans de Sumatra et de Java donnent de iréquent» cl sanguinaires exemples iDuroant d'Urvilla. Voyage pittoresque. 1*14. I. p. '-'*'-'). — Les fumeurs d' opium sooi aussi représentés par HUtxier (Ptisieggiata intorno al mondo. trad. lesions, I»7y, p. 4.M|.— Quoique Pliieiel/emeut défendu, l'opium est cultivé dans presque toutes les proviuces de J'Empire, surtout dans le dupé, le Setclioueu et i'Yumau. Le produit qu' on y rbient est, cependant. moins es»: imé que ce. m des Indes (Roclu*. I. c. VII. p. 5741. — Rej Elias,

parcourant en IH72 la Mongolie 011-; ieuiaie. trouva le pavot largement cultivé dans la province de K<<uei llvat'liétig. La taxe payée par us cultivateurs aux autontées de Shausi (pour violer la loi contre la culture <iu pavut) est d'environ nulle caisses par mois pendant la récoite (cfr. Cora, l'onnns. II. IH74, p. 74). — Kn 17411 on ccnsnnimait à peine une demi livre d'opium par au a Pékin; ou l'y nommait Vff-jiten (Lathes cdtf. et cm:. Pans. 1743. Recueil XXVI. p. «3); tandis que de 1S18 à 1x34 la progression .le la consommation montait de 5 a 15 nulle caisses. On calcule qu'il faut annuellement une livre pour (Xi habitants Ournont d' Undllo, I. c. I. p. .«-',< — A Canton seulement, les uar, gateurs eu importèrent en lis-iH pour 13 millions de piastres (Diuiaut-Cillv . i. c. p. 4 ">). — En 1837 .' importation s' é;eva à '-'A mule caisses qui. au prix de <50o piastres i.i caisse, coûtèrent *Jo,400,0iJO piastres, équivalent a lii'J miliums <ie fraucs (La Farina. Ui China. 1843. IV. I. XII. p. 1U°.) — Ou en vendit, en I 14. pour '-".fi millions de francs (Oliphant, I. c. II. p. 403); et même, d'après les recherches u'Alcock. pour millions de francs iMogei. I. c. II. 1864. p. 30tf>. — Eu 18(50 l'imporlatiou de l'opium fut pour la t'Inne de 3.^.Hi.i'4*i Kg. pour la valeur de -27«, - J Ki.S'.'ll rrcs. (D* Beauvoir. Pékin. Yeddo. Son Francisco. 1h7j. p. ho> et pour ia valeur de 274 millions de fres.. en IS7'.». Ainsi cette importation, qui étail eu I7'.t> de 303 uiil.e Kg. eu Chine, monta à 5540 mille Kg. eu IH7'J iRsclut. 1. e. VU. 1HJ4-.'. pp. 51I5-7). — Toutefois, en Chine par le fait de la contrebande le prix de 1' opium va toujours en diminuant: un Kg., qui valait 145 1res, en |is*J. ne se payait plus que 1 Hi fres. en IKS'.) (Scherxer, Lu vihi ccuiiom. itei pojioU~. p. 15»). — Lu Cmoo le commerce de l'opium est le Monopole des Anglais, qui y imporu nt ies diverses variétés, qu' oa désigne, selon la provenance, nous les noms de beiinres, ytilnu. matica. turc. La Compagnie des Indes tira de ce commerce, dans la i>iv:uière moulé du siècle passé, un héuétlce net d'environ un milliard et demi de francs (Viaggio delta Sorara... IL p. 'i 1 .»!»). Actuellement a> 1 louveruèineiu Indien gagne chaque année de lât) â 'Jin millions de francs iRoclus, i. e. VII. pp. 5;i5 7).— Consulter aussi pour le commerce de l'opium: Hauttmaïui. Xoyageen Chine. III. 1S4H, p. H.V, — Von Seherzor, Fa^hmon. Per. ôtterr.ung. Krp. 1H7-2, 1. p. 3UU. — Les Chinois eompmiueut, pourtant, qu'en 111 trod tissant l'opium dans leur pays, les Anglais espèrent les affaiblir et les énerver. Et ils s'écrient: Si le sentiment .lu danger ne nous met pas en garde, nous serons bientôt ou bord du pr-c.piee et pies de la ruine' il» Farina. I. c. p. H M). Mais il en est de l'opium comme de l'eau- (le vie.uu tabac, dujeu.de tous les vices physiques ou moraux: il n'existe pas d'Etat qui ne spécule sur ies vices île ses uatiouaux. aussi bien que sur ceux ues étrangers. C'est ainsi que le Gouvernement de l'ékiti, avec le droit d'entrée sur i' opium lies Indes et de la i'erse. a constitué un de» plus surs

choux (1) , traitant des us et coutumes et. de lu production agraire ilea Coréens n* en fait aucune mention (2). Les Coréens n'ont pu le connaître que par les Japonais, après la grande expédition, que lit Hideyoshi en 158G contre !a Corée (3), qui fut définitivement envahie par eux en 1598 (4).

Hamel rapporte ce qui suil, relativement à l'introduction de l'usage du tabac chez les Coréens: Depuis 50 ou 60 ans (avant 1668) les Coréens ont appris des Japonais la culture du tabac, dont ils n'avaient aucune idée. Ils apprirent que la graine de cette plante avait été importée du pays dit Natnpankouk (la Hollande), et pour ce motif appelèrent la plante Ndnipankoy. L'usage en est si gén 'rai aujourd' liui à leur tuition (écrivait Hamel en l(Hi8). qn' il est commun aux deux sexes. On voit fumer même des en fants de 4 à 5 ai;s. Quand on apporta le tabac pour la promiore fois en Corée, les habitants le payèrent au poids de l'argent: ce qui leur fit penseï que Nampankmk (la Hollande) était un des meilleurs pays du monde (ô). Ils désignent aussi le tabac sous lo nom do Tam jm.

Les pipes adoptées par les Coréens étaient pareilles à celles des Japonais, et à celles que les Chinois adoptèrent aussi plus tard, d'après les figures rapportées par Tiedemann (6), Zuber (7) et Reclus (8). Ils appellent la pipe Yenk tcau; et Sùh/o, ou encore &kkatt, une bouffée de tabac (9). Les nobles et les riches prennent du tabac haché très fin , selon I' usage japonais, qu' ils font mettre dans les fourneaux de leurs pipes par îles pages, dont c'est 1* unique emploi. La classe pauvre apporte pour les fumeurs des feuilles do Vola nianus coupées grossièrement. Ces fragments, mouilles avec la salive, font des petites boules, qu'on met au fond des fourneaux des grosses pipes (101.

Deux fois par an les Coréens se renflaient à Pékin, pour payer leur tribut à l'Empereur. Ils y exerçaient en même temps quelque co.mnerce. Ils y apportaient, entre autres marchandises (1721), du Ubac finement haché, dont on faisait une grande consommation eu Chine, et que les Chinois préféraient île beaucoup à celui qu'ils produisaient eux mêmes (11).

revenus de son Trésor. Dans presque toutes les provinces <ie l'Empire les négociante et les Mandarins se partagent de grand* bénéfices sur la marchaudise prohibée.... — Il est jusie d'observer, eutiu. que. pris avec modération, l'opium ne produit pas d'effets pernicieux .... I.a majorité des tumeurs a'opiuiu se contente de quelques bouffées de fumée inoffensive*, pendant le travail: et c'est précisément dans la province oii i" ou fume le plus, dans le Setcliouen. que la population se distingue par sou luielhgence et sou act vité (Reclm. I. c. VII- pp. .TOCi-T). — Pour plus de details, lire ce qu' o.i a dis plus haut, p. •JOô. à propos de la production de 1' opium aui ludes.

(1) Après une longue lut'e (Iftlfi 44) ies Mandchous renversèrent la dynastie des Mings, et établirent celie «ies Ttt-tlUgi, qui règne eucore de nos Jours (Ricfctholeii. cfr. Boll. .Soc. Geogr. iUil. 2.* Sér. VII. ISSU, p. î'xi;— Grégoire. I. c. p. -UV.). — (2) Schentr M. F.. Mémoire sur la Corée pur un Coréen anonyme (cfr. Joum. asial. S. me Sér. VI. Pans . IHtC», p. IflO).

(3) Satow, Rela, m Peternua*. SltHhetl.. i.e. pp. 215 17.— Les Chinois appellent la Corée AViuiï (à cause de l'élégance de ses montagues et de ses femmes), que les naturels prouonceu t Kori, el lus Japonais /Curai. Les Portugais et les .Missionnaires i'uuc appelée Core ou Cora. Mais son nom o/Uciel est lehiosen, c'otàdire s< rcmlr tie taurore iBninialli. La Coreu steondo gli ullimi ringgi ■ , cfr. Boll. Soc. Gtogr. ttfil.. -»." Ser. X. !HH.'>. p. 17t>>. ou Ir/iaonan 'Grégoire, I. c. p. .Vin). — (4) Trigtucl et Rlcel. JJritratu nella Vhiwi âei l'adri délia Comiwtgnta di tïtsU. trad. Soziief, Napoii, ltV22. p. 2H2.

(5) Hamel, Reise nach Corm. 10IW (cfr. Prevott, I. c. VI. p. TiVi;— Gloria gen. riaggi. Veuezia. I7.V1, XXV. p. 1ST). — Il laut observer que. sous le nom de Nampan, aussi bien au Japon qu'en Corée, ou comprnimt nr>n->eulement les llj/laiiduis, mais aussi les Portugais, et un général tous les navigateurs Européens ( Voir plus haut. p. 248). — Deleft ■ri» (i. c. VI. p. :V»D) a répété, et continué en 174«, tout ce qu' avan du Haaiel sur l'usage du tabac Chen les Coréeus.

(«) TMmmm. I. c. tab. XIV.-(T) Z*»ir (1*30) cfr. Chorion et Trovee. I. c XIX. 1874, p. 132.

(S) Recloe. I. e. VII. I8M2, p. Ofl'.t.

(<•>) Koike, //re, Jahre ire Corea, IXS7 fclr. Sckmelii, Inl \rt-h. f. Klhn. IV. 18111, p. 26). (Kl) Koike, i. c. p. 30.— (Il) Bell, Yoyaget... i. c. II. p. 200.

Lo tabac constitue h présent une des principales productions agraires de la Corée (1). On l'obtient surtout dans les endroits élevés (2) ; et selon les différentes provenances on le désigne duns le commerce pur les noms des divers lieux de production, tels que Namô, Kàso, Seiso (3).

Chez les Coréens lo " doter farniente „ est encore encouragé par l'excellente qualité du tabac local. On confectionne de très gros cigares, longs d'environ 4 pouces ; de sorte qu'en les coupant en deux, chaquo moitié conserve la forme d'un cône. Le bout pointu de ces sigares se met dans le fourneau d'une longue pipe , dont le tuyau a plus de 3 pieds de long. Pourtant, quoique ce tabac soit très doux, il n'est pas agréable, surtout lorsqu'on le fume selon la coutume des Coréens orthodoxes (4).

Lo produit actuel est susceptible d'amélioration, cru les méthodes de culture et de dessèchement des feuilles sont défectueuses. On fait sécher les feuilles en les pendant dans les greniers des habitations, où elles prennent un mauvais goût, qui peut satisfaire les Coréens, mais non les étrangers (îjj.

Une ordonnance, tout en faveur du tabac japonais, a été récemment émise en Corée, d'après laquelle l'usage de la pipe est interdit dans les rues. Il est bon de noter que la pipe coréenne, longue d'environ 3 pied*, était l'indispensable compagne des naturels. On a donc adopté d'autant plus les cigarettes de manufacture japonaise. Pourtant on a repris depuis peu l' usage d' une pipo beaucoup plus courte que la première ; mais le tuyau est; fait de manière à pouvoir s' allonger après que 1' employé de la police est passé. Ce jeu du tuyau de pipe, qui s'allonge et si; raccourcit selon les circonstances . commence a devenir d'un usage commun. A Chemulpo on a import? du Japon en 18'J4 pour 32 millions de cigarettes (6).

L'usage du tabac, à poino introduit en Corée par les Japonais, se répandit bientôt chez les Tatars de la Mundchourie (7) , qui devinrent des fumeurs passionnés (8). Ils commencèrent, dès lors, à porter pendue a la ceinture la bourse, dans laquelle ils mettaient la pipe et le tabac (9); et quand ils recevaient des visiteurs, ils leur offraient de fumer, selon la coutume japonaise. Les domestiques apportaient les pipes (lu), qui étaient pareilles aux pipes chinoises ou japonaises (11). Ces dernières étaient eu métal blanc, travaillé à la perfection (12). Pour épargner le tabac les Mandchoux avaient aussi l'abitude de le mêler au l'oli/trichnm, . n a des copeaux de bois de pin (13).

Dana la ilandchourie méridionale tes Tartarus ne sèment ni riz, ni fi ornent, mais seulement un peu de tabac (14), dans los terros voisines des villages le long du Heurt) SckwMr M. F. un Recueil 'film, et de royages dan* V A$te centrale cl V Etlri-me Orient, l'an*. 187S. p. 58).- Cl) Recllli. 1 e. VU. IKS2. p. «7\ - (3) Koicka. I. c. p. M.

(4) Ch. i>ipl. n. Cons. Hep. I.oudo i. IH-.<7. — Coren. ». 43a. |i. 7. (.">) Cfr. Dipl. a. runs. Rep. I.mnion. 1 S'JS. — Coren. n. iVM. p. il. («) Cfr. Uipl. a. Oui*. Itep. I.omioii, l#j~>. — Corett. n. ISwi p. x. (7i Salaw, Raia, ni Palarmaaa. I. c. pp. 2i.>l7.

(5) Martini. Soru-s Alius sinensis. MY., p. l'.»;— Du HaJae, cfr. Star, gen.ri»ggi, Veiiezia, XXV. p. FieuJiofl. L'umbiisinde... vers l'Empereur de la Chine. WCi, il. p. 110;— Raelui, I. c. VU. i«Si, p. -'•il.

(fi Martial. I. c. j>. I'.*.--Mar1ini . De ',etlu larliirtco historta, l'iV>. p. Nteubtft , i. u. 11. p. 110;— La Pfrome. Viaggio inlurnu >il muitdu (tr:u. Patracchi, Miiano. Isl.">, lli. p. .'7). (10, Marliai, Novus Atlas sinensis. KY>. p. 1'.»; — NI«uK«fl, !. c. II. p. II;'.

(Il) Il faut pourtant observer que ce tureut le-* M.mdeboux, qui importèrent oIibz lei Cbiuois uonseulement le labac (aiifi qu'où lo uira sous pou), mais aussi les pipes japonaises avec lesquelles ils fumaient.-- (12) La Pérwaa. I. c. III. p. Ô.V— ( 13) Tladamam. I. c. p. i'À

(14) cuilure till tabac est possible eu Matidchoune. puree que si l'hiver y est très IroM. l'été est d'une chaleur quasi tropicuie. même au bord de la iner. oil la température s' «love jusq' à 'M" ■ Reclua. I. e. VI. 18SI, p. s:i2).— On iioit aussi observer que le tabac a été cultivé par les Costques dans des région de la Sibérie beaucoup pms Iroidus que la Mundcbourie, ainsi qu'on le dira eu sou lieu.

ve (1). Lo tabac de Maddiourie est le meilleur <le tout l'Empire <2); et par dessus tous les autres celui des environs de Girino (Kh rin) (3). Il pousse principalement dans la plaine de Liun , où ii y a de gras depots du limon de fleuves (4) , et jusqu'aux pieds des monta Chochzier, où on l'appollo damhi (5). Lo plus renommé est celui de Leaotong (6).

La ville de Veî hien, dans la province de Cliantuug, qui forme une grande péninsule entre le Golfe de Petchili et la Mer Jaune, est le centre où vont les produits de Mandchourie, et par consequent le tabac (7).

Ce sont précisément les Mandchoiix, qui, après avoir appris I' usage du tabac des Japonais par l'entremise des Coréens, l'introduis rent à leur tour duns l'Kmpiro Chinois (8), quand ils en firent la conquête i9).

(1) Om Hald*. Decriplion de Cempire de la China et de la JarUxric Chinoise, 173/i , VI. paç. 13;- Farrarlo. Costume itntico e moderno. VI. 1831. png. 331.

(2) UvalK*. Geagr. unir, de MftHt-Bnin. 1*02, V. p. 260.

|3> RscJus. J. c. VII. I8H2, p. 33?. -Le district de Khinu (cité ci-dessus) produit non-seulement beaucoup d'cxcelieut tabac, niais il y croit en abondance le fameux Gin teng , en laogue mandchoue Orhida. c'està ■dire, la reine des plante* Malto-Bru». Uéogr. unir, .xiue éd. Huot. V. 1841. pp. IO.>n..— Le* finnois le nomment Jeou -chenu, et il correspond au Fnwtx quinquefulium. ou au Pan*.* rem (Von Sc*«ri«r, Oslet-r. ungar. E.ip. II. p. lui).— Sa racine est employée par les Chinois comme la panacée universelle coutre toutes les maladies (Schanar M. J., in Recueil d'tlin.. I. c. p. 50).— Ce* racines sont de lu grosseur d'un doigt. Eilfs se cassent si ou les plie; et quand elies ont dégorgé dans i' eau , elle» deviennent diaphane» et couleur J;iune d'ambre. Eue once de ta meilleure qualité conte .">" dollar»; de la moyeu ue. 5; de la dernière, I. l.e ginseng se trouve d'abord e» Corée et aussi au Canada, eu Eeuusylvauie et en Virginie; mais les Chinois l'apprécient moins, car cela coûte très cher do le chercher dans les loréta américaines, rebelle qu'il est à toute culture (Vinggio... délia fregala Xorara. Vienna, II. p. 254).— On préteud eu Chine qu'on a douué à la racine du Gin seng ce nom de rejn-esenlatton de l'homme, parce qu'elle a une certamu ressemblance avec les parties génitales de l'homme. D'où les admirables qualités qu'on lui attribue, élant employée dans beaucoup de maladies, et pour ranimer la faiblesse causée par l'abus des plaisirs sensuels iO«lipod». i. c. V. p. 47J). El e est cepeudaut employée par les Chinois et les Japonais plus comme aphrodisiaque, que comme excitant i Laval lé>, Géugr. unir, de Malte-BrtM, 1802. V. p. |H>.— Elle est si estimée, que le» Empereurs de Chine envoient des gens exprès pour en la récolter. Comme elle est très rare. l'Empereur pensa faire (1721) un grand présent au Cïar de Russie, eu lui en envoyant deux livras... L'infusion de cette racine est vraiment .'oriiliante (Bill. I. c. II. pp. 37-8).— 1.6 Gouvernement chinois l'an cueillir tous les aus le gin-seug sur les moutagnes les plus escarpées pur 10 milie soldats t.iriares. qui doivent en recevoir «raruitemem clucuu deux onces du meilleur, qui leur sont payées au poids de l'argent (BBichlnj. Suora Geogr.. trad- Ja- (emane . 177'J, XXVII], p. 2. r il).— Eorln . le Gm-seng se trouve a l'état sauvage sur les montagnes ou Tartaric, vers le 40" de lat. nord. Lex mé iecius chinois ont écrit des volumes sur les propriétés de cette plante. L'infusion de sa racine est certainement tonique, reconstituante et excitante. Ses feuilles sont plus efficaces que celles du meilleur tlié, à la place duquel ou les prend dés qu'il est possible de se les procurer (Lettres ëdif. et curieuses, l'uris, 1732, Recueil, X. p. 160. Ou y donne la ligure des racines et des feuilles à I. c. p. 173).

(4) Rlchttiottn fefr. Bull. Suc. Geugr. Uni. 2" See. VII. lt«2. p. SSO): — Gialiali. Vwggw.... sutla Un genla. 1*7.\ p. 547.-<;.> Mack, m Sour. Ann. Vuijag. «i.uie Sér. ISM. |. p. 203.

(»'>) Conk*. Ihc lei-cvi sisters of Sleei>, Lou. ion, t >. 42.— t7j Reclus, i. c. lfS2. VII. i>. 317.

(5) Reclus, I. c. VII. p. 237. .V.I7.

('.•l Les Mandchoux commencèrent à fonder leur puissance vers IWi, ei à partir de cette époque soumirent peu à peu toute la Chine, i.i Mongolie, ie Th be:, et la petite Houkhurie. pendant l'espace de presque un .Mecle. La race actuede rdgoauie eu Chine (Jyuustie des Tiiat ou des Tittinsi appartient aux Mandchoux. qui de leur coté ne soul que des Tuugouses (Klaproth. in Eyrlè» et Malte-Brin. JVour. Ann. roy. 1821, IX. p. 130). — Ce (ut Vanllco. roi des Turtares orientaux, qui en Itilli, pour venger le meurtru de son père, entra avec une puissante année en Chine. Il s'empara en peu de temps de la province de Laotang.... et. avançant toujours, pénétra .tuas la province de l'ékiu. Il s'approcha eusuite >iu palais Royal, si bien quo l'Empereur crut pru.ie.it do prendre la fuite, et de se retirer uaus les contrées australes iTo$I, 1/ India Orisnlale, l«7«. II. p. 3' i e»? fort pro liable que i«s Coréens ont aussi contribué à répandre l'usage du (ubac chez les Chinois , car l'.'iuo Coréens, que le Koi de Corée envoya au seoours des Chinois, prirent pari à la guerre qu'irs soutinrent en IHIH contre tes

A l' exemple des Mandchoux , les Chinois (lea unions septentrionales devinrent bientôt de passionnes fumeurs de tabac. L'usage de fumer so développa chez les habitant* de ces contrées plus que dans tout autre région de la Chine, et fut adopté par le* personnes des deux sexes, mente dans un age très tendre. Des garçons de moins de dix ans, sortant «le» maisons dans la rue, poussés par la curiosité de voir passer des étrangers, ont constamment la pipe à lu bouche (R Les Chinois ont du suivre pour le tabac , comme pour le reste, les coutumes des Mandchoux, leurs conquérants. C'est ainsi qu'ils adoptèrent la mode de porter une bourse, qu'on pendait à la ceinture , à côté du couteau t.). l.cuis pipes étaient en fer (H), comme celles des Mandchoux, qui éta eut d'ailleurs pareilles aux pipes japonaises, et avaient le tuyau en bambou (4).

11 est évident que l'usage du tabac devait aussi s'étendre petit à petit, dans les régions occidentales et dans le centre de la Chine. Cela n'eut lieu, que dans la dernière moitié du dix-septième siècle, car avant Hitt."», Nieuholf, qui observait déjà chez ies Mongols 1' usage du bétel , ne dit rien du tabac «ôi. Mais dès <pje les Mongols du Nord eurent appris par les marchands chinois (fil 1' usags du tabac , ils devinrent des fumeurs passionnés i?/; au contrail e, les Kalinouks de Mongolie fumaient avec le tabac, et peut «îtro à son défaut, les feuilles sèches de Lnpy.i et d' Artemùiu (8). On y fumait aussi l'opium (ÎH. 11 n'est pas impossible que le* Mongols de l'Ouest, aient reçu 1' opiuui et le tabac des caravanes venant , dans un but. commercial, de Perso et de Tartarie , étant donné, comme on l'a dit. plus haut, qu'on cultivait le tabac en Perse depuis le e> milieucement du dix-septième siècle (Voir p. 22">).

Comme la conséquence naturelle de l'abitude de fumer, la culture du tabac s'introduit et se répandit, en même temps dans les régions , qui longent la frontière septentrionale de la Chine (10), La nouvelle culture dût commencer dans les régions voisines de la Mandchouiie. Ce fut , eu effet, h Souan hoa fou-fee. Introduite d'abord dans les terres moins élevées (11), ede s'étendit peu à peu en s'éloignant de la frontière. Ainsi, en 1720, Bell observa à quelques itilles à l'est de Pékin, surtout aux bords du fleuve, de grandes plantations de Ubac. Le» Chinois, dit il, I' appellent Tharr, et en t rent un profit considérable, car en plus de la consommation de l'intérieur do la Chine (où les personnes de toute classe et des deux sexes fumenti, ils en envoient de grandes quantités aux Mongois et en Tartarie, oit on le préfère à tous les autres. Ils ont l'habitude de le couper finement, et ils le sortent dans des petites bourses, dans lesquelles ils plongont

Tartnres envahisseurs <S«m««J«. Histoire universelle de In Chtne. Irai, du port. ltW7. p. ï83).-6lj(l»l) continue que. d'après une versinl acr-lilé.-. le tab ic passa d'ahord du Japou en Curé ; et d* Corée •-il Maudcliourie; et quau î la dynaat.e actuelle l- itnpnt flvnptrj de* Mingi en Ki'Sl. «-lie aurait apporté le tabac en Chine (Cijlioll, Viaggio... sulln iîlgenl'i, IS75, p. 517;. excepté dans les pravuice* méridionales et nu lut>rai. mi il fui directement importé par les Kuropéens, ainsi qu'on le verra sou< pi>u.

(Ij Slamlon. An Embiiitxij I» China. I7J7, II. p. 17!. — (2) Tt»»i, L' India ortenUile . (>7'î, II. p. 31,1.

(3) Gérard (cfr. Eyrl»s et Miltt-Bran. Saur. Ann. Votjag. ISJ1. X. p. 113).— (4) 8tauntM, I.e. tl. p. 173.

<!>) Ni«uh»«. l.'innl.atMtie... rers V F.mpurrur de In Chine. UKV>. 1. p. «îV, 11. p. *»>.— L'usage du héiel euirainut même beaucoup <ie iiiXf. ie» «James chinoises se le faisaient apporter daas les v.is.-s en ur. tans ex pré- {Iteeneil -rotaerraliom curieuses, fans, I740, IV. p. l'Ji).

<«'., Cfr. PrtKOil, I. e. VI. p. 5S5.— (7) Béretijer Ç.éngr. tie BOtctiiog, 17S0, IX. p. PU.

(S) Bunge. Leëebur llette dureh Mlnî Ge'.xrg IHZio.

(VI) l.- s territoire-» .te Kul.ija. sou» l'Admiuiutraiioo russe, étaieut utilisés en part. e pour ia culture <iu pavnl. Ofricit'ilemeur ia fabrication et I' exportation de P opmtu fursnl prohibées jusqn" en IS7S; mais déjà depuis quatre ails ia superlk'ie des terrains consacrés à la plant* prohibée dépassai; trois tmlie hectares, et la valeur île l'opium importé d m* l'Kmpire chinois atteignait un million .le francs (RMlu*. i. c. VII. ISS'J. p. 175).

(10) 8iau«lM. I. e. 11. p. l73;-Poui*itl(M (cfr. CMrton et Trim. // Cn-o del Mondo. V. HSC,, p. 274).

(1 1) Mm ArtiitT, Voyage dans lintér. de la Chine.i7<Jt\>l (trad. Cstlirs. Pans, ail 7 d. I. Kép. 111. p. 214).

les pipes pour les remplir sans toucher lo tabac avec les doigts. Sots goût, est très doux, très différent du nôtre (1).

Ellis remarqua que cette plante croissait d'une m inière extraordinaire flans toute la région de Sang yin-n. Ses feuilles étaient d* une largeur peu commune , et avaient un goût très doux ; sa hauteur atteignait. 4 pieds (2).

Le labac (do même que le thé et l'indigo) est apporté par de grande» caravanes à la ville de Tsing-cheou, située dans le bassin du fleuve Jaune, grande foire du commerce chinois <:î). Toutes les provinces du Nord et. de l'Ouest, comme Pékin, Shansi, Ciiensi, Soutchouen, en produisaient. (1687) (4), car cette culture (1690) se pratiquait généralement dans les piovinces septentrionales et occidentales (5).

D'excellentes qualités de tabac et d'opium tfii s'obtiennei. dans la province la plus occidentale des provinces du nord de la Chine, celle de Kansou (7).

Le tabac cultivé en Mongolie, considéré comme le meilleur de la Chine, fournit la provision annuelle de l' Empereur (8); mais o i a du I' y cultiver ilans la dernière moitié du dix-septième siècle, car il n' y a pas été observé auparavant par Martini (0).

c) Bégions oriwtalcs et méridionales. - Ën mémo temps que les Chinois des contrées septentrionales apprirent l'usage du tabac par l'entremise des Corées et des Mandchoux (V.plus haut, p. 261} ceux des régions du littoral et méridionales l'apprenaient directement ties Européens, qui y trafiquaient dès le seizième siècle. Il est notoire, en effet, qu'après 1510 les Portugais naviguant le long îles côtes orientales de l'Asie (10), abordèrent en 1517 pour la premièie fois en Chine, et que, sous les ordres de Ferdinand et de Simon Perez (11), ils débarquèrent à Macao, et fondèrent à Canton une petit* colonie en 1567 (12). Les Chinois trafiquaient en même temps avec les lies Philippines où, ainsi qu'on le dira en son lieu, le tabac avait déjà été introduit par les Espagnols. Dès 1609, selon Saris, 40 navires chinois partant de Canton (Kouang-tong) se rendaient aux Philippines dans un but commercial (14). Ce fut par ce commerce, que ies Chinois du littoral «lu Sud

( I) Bell, Voyage*... dans direrscs contrées de l'Atie (tra<i. d. I' angi. Paris, I76fi. I. p. 387);-D«la- ■•ft*. I. e. V. p. «ft-W EUH. I. c. II. pp. 3. 5.- (3) R»clw, ». «. VII. pp. 382, 3wt.

(4) Lt Cotnl». Soliveaux mémoires sur la Chine. 4.mc éd. 1*01. I. p. lu*.

(5j Du Hilde. I. c. II. p. 7ti;— ICecueii tf observation! curieuses. Paris, 174'.», IV. p. :i<52.

(D) Quoique l'opium de Kan sou soit intérieure à celui il» l'Inde, c'est le plus renommé de la Cluoe. oi coustitue pour celte raison sou principal article d" exportation. On J'estime autant que celui des régions de Schiausi (RicMhotan, 1. c. p. 947).— p-aus cène dernière région, le pays du ter et du charbon lossile. qui a fait du tabac un de ses pruduits principaux, s' esi malheureusement répandue aussi la culture du pavot à opium, el les cuauips /es mieux irrigués servent à produire ce poison, qui y fan plus de victime* qu'en aucune autre province (RicfctholM. i. c. p. \>iU}.—Çi) Richlhoten, i. c. p. 5Si

(H) Album des Missions... i. c. I. p. I i».— (9) Martini, lté àetlo Uirlnnco, l(iV>; Hocus Atlas Sinensis, lôoô.

(10) Kwaiptar. I. c. p. 50.

(11) Et» 1517 quatre uavires portugais et quatre uavires malais conduits par Fernando Ptrtt d* »«drade arrivèrent à i' ile devaut le fleuve des Perles, el ensuite jusqu' à Canton. Les Portugais lireul plusieurs tentatives pour s' établir à Cjniou el à Knig-po , qui étaient devenus les deux principaux yorts de la Chine, se substituant à Zaytou: et ils s'établirent tluulemeni à Macao, en 1537 (Riehtiiolen. efr. Boll. Soc geogr. Util 2." Ser. VIL ISSJ, p. 703,».

(12) La ville de Macao (en ehiuois Ngao-iiien) , occupée délimtivemeut par ies Portugais en 1563 iCr*B0lr», L <■"• P- 1261). étatl devenue eu Kilo un grand centre de commerce maritime, par l'ueuvre des fort ugais, car toutes les précieuses marchandises chiuoises étaient embarquées Élans ce port pour être transportées et vendues au Japon et aux Philippines . où l'ou chargea;! de l'argent en barres (Palatox, Histoire de la couqiwslt de la Chine par les lartares, trad. Collé. 1723. p. ->tH).

(13) Les l'ortugais y Jureul aumis nus 1517; les Anglais, eu l'>34 (Grégoire, I. c. p. 3ti'J).

(14) Sarii (dr. Frév»»t. I. c. II. p. ISV; V. p. 3 , .i7>. — Quoique les Espagnols se tussent emparés des Philippines des I' année 1504, us eurent un commerce moins jinporlaut avec la L'tiiue, que les Portugais, lis se boruorent a quelque trade avec Canton et Macao iRlchtnofw. I. c. p. 7tH).

puieiit connaître l'usage ilu tabac directement des Européens (1); mais seulement apiès 1*110, puisqu'on n'en parle pus avant cetto année i2).

Satow. sappuyant sur les anciens documents chinois, affirma que chez les Chinois <lu Sud ce produit des Espagnols, résidant à Manille , eut beaucoup du succès (il). Cel.v est aussi continue par Bretschneider, que le tabac fut introduit de Manille sur le littoral de la Chine au dix septième siècle, et qu'il y était complètement inconnu avant, cette époque (4). L'usage en devint général depuis lois dans les régions du littoral, même chez les femmes, dont la beucho restait déformée par la pipe tô), et il occasionnait des effets presque semblables à ceux de l'opium (6).

Nous empruntons à Henry les notes relatives à l'introduction du tabac sut le littoral de la Cliit.e. Elles sont basées sur des documents indiscutables, et prouvent absolument quo I" introduction du labae sur le littoral de la Chine est due aux Européens. Cela i. 'suite jusqu'à l'évidence de la lettre que nous transcrivons textuellement en note (7).

(1) Oïl H*lde, Description... de Cetiipire de la ( tune, 1730. I. p. 1*5.

(2) TriDioei et Ricci. Enlrata mila China d,-i padri délia Compagnia di Gesit ttrad. Sonhti. Napnli. W22, p. 2*V-'>.-<3> »»l»w. Rala. ni MtfMH, Mitlh. I. c l>. 2I.V17.

(4) Bretachnaiaar. Bnlanicon Sinieum. Notes on Chinese Botany. London. 1?S2, p. 11'.».— Cette ouiuioa s'appuie aussi sur l'autorité d'un certaiu Yio-LB. écnvaiu chinois. <jut affirme que la plante tam pa ku, lut importée de.» Philippines uaus m Cluue méridionale (KoKieu) iGlglioli. Viaggio... s alla Magenta, IH75. p. 547).

.;."■) 0««on1 d'Urvlll*. I. c. 1. p. 282— (<)) Raclai. I. c. Ml. 18*2. p. 5U7.

(7i Two spe. tes of tobacco are cultivated tu Cluua al the present day : Sicoliana ruslica. arid .V. labacitm. Tin- latter species being by t.r the moat common. I myseif have ouiy seen .V. riistira hi cultivation in small gardeu plot* in the inountaius oi llupeli . a' elevations vuere th- oilier species wouid not succeed; and the product seemed to me disagreeable to smoke. In tiie provinces oi Yutinaii and Szechoao and m Formosa the tobacco winch Jhave aiways seen is .V. labacutn. Tnere i« no evidence of any exteuded cultivation of N. rustica. — Tobacco is kn <wii to the Chinese as >/en. the character for « am ke » Mm; generally written to express I ho word. Occasioned)' another ciiaracier with the Mine sound is written, and tins character aucientiy bad another sound and syndication. The plain is kuouo as yen-Wait. i.e. « smoke herb >. — ItegAMiiig the introduction of tobacco into China. J wili first quote iroui BratichnalaVa valuable w ,rk (Early European Researrhe* into the flora of China, p. 27). — La Canto iSowe-iu.r Memories sur l'elatde la Chine, Hans, M'.XS. I. p. KWi reports that tobacco la cultivated near I'ekiug and iu the provinces of Sli.msi. Chetisi . Suchwaii. La Conta seems to be the lira! (>, European . wlio uonces tobacco id China. It is now a well established fact, that tobacco was tirât miroducei loco China (hroiujb the sea-porta of Kukieo at the end of Hie la th., or the heginniiii; of the 17 th. century.— Iliseussing the cliiue.ae planta known to Uaaaain, BrttiehiHHaor (loc. cit. p. 104, has the following: -« Sieottana rurlica. h. (Turkish Tobacco! universally smoked in China. Jiicoliana frultrosa is described by Lummus and Millar as a Chinese plant. But as Hooker has proved (Bol. mag. U-.M17) it is u Jmia known plant received from (iuinea, Braul aud the Cape of (iood Hope >. — As J have said. Sir. rusliea is ouly slightly cultivate i in Ch.na , and there must be some mistake here on BreUchiMidcr'i p.irl.— In Hongkong, Sotes and Queries (I. p. (12, lKii7) Mtyara, a renowned Chinese scholar, wrote <»a articie on the introduction of tobacco into CUiua; and to this J must refer you, as J have not the book here. J luve the following 3 notes, taken from this article, which deals with the subject from Chinese sources: i" Yaa-UI caiix the plant tanpaku. and saya it came from the I'hiJippiues ; 2" Li Sia-haaa. says it was introduced into the Chang Chao prélecture in the province of Fukieu; and that lu the 13 th. year of thu reign Tuna Cb'anj (doll) tobacco whas prohibite.i;3- The \Yu fi lisicu Sink says tobacco w as introduced at the eud of the Wan U reign limiCD) iuto Clmng-Ctiaoaud Tsfian-Chao. m Kukien.— There are few notices of tobacco in chiuese books. The Pén 7s' no Kong Mu, ilie uational Materia Medica . wir.ch was tira: publisiied hi \b'M) . makes no nx-n t ion of tobacco.— In the Kioang Ch'un Fang Pu. cap. '.*2, fo.io 28 (thesaurus of BoUiny, I7SS). there is an extract from the SttihWuPils'au. The latter hoot, according to BreUchaalder iBotanicon Sintcum. I. p. 53), was published the in begiuuiug of tiie 16 tii. century; and m a note (1. c. p. 54) he »»ya another treatise with the same titie by a iiUTerent author, is also of the Mlnf dynasty period. J have no means here tu lixiu accurately the date of either work; and can not say from winch the extract, of which J now give a trauaiatiou, was taken: « Y tu 'Is'ao (smoke-kerb), alio called

Coaza -Butoir» i» Taba* Si

De tout ce que nous avons recueilli jusqu'ici il faut conclure quo I' affirmation de Stauntoi est inexacte, ijuarnl il dit qu'il n'y a pas île tradition se rapportant a l'importation du tabac en Chine, ou au moins dans ion Indes, où il est cultivé et consomme sur une grande échelle. On doit également considérer comme sans aucun fondement «on autre opinion, qu'il est possible que le tabac ait été trouvé comme lo ginseng (1) à l'état sauvage dans des endroits particuliers (mais par qui?) dans l'Ancien on le Nouveau-Monde (2). Mais si les documents déjà indiqués ne suffisaient pas , il faudrait rappeler ks récriminations d'un Mandarin chinois, qui dans un i apport officiel adressé au Consul américain à Canton, après avoir pu lé des peines menaçant les iniroducteurs dn tabac en Chine <3), termine p.ir les mots suivants : " Nous vous prions, cher frère, d'en donner avis au Président de votre pays, afin qu'il sache qo.e V immomiiee adoptée pour fumer est prohibée dans notre celeste Kmpire „ (4).

Oixon (f>) , après avoir remarqué que les Chinois ont I' abii.ude de diner deux foi» par jour, vers Ki heures du matin et f> heures du soir, ajoute que les commerçants pas-

€ Yenrhiu » (smoke ■ wine). I's taste is Inter warm and poisonous . it cares colds, rheumatism, etc.; mut disv.pates malaria: but if lu» much i» eaten. iitllaniiii.itji.iii eusues, i lies blood is wasted aui ones years oi hie are shortened. That produced in Kukieu is the best, the Peking product being inferior. It is planted in sprimr. (lowers in siuuiner; and iu auiumn the leaves a.e gatlierei. aim dried Die leave* w hen rut up look like llu« hatrs. The uppermost leaves of the plant are called K n lu (a cover f»r the lievv) ». Although ih:» extract makes uo meutioii of the foreign origin of the plaut, or of its use iu smoking nr as suufï, yet J tlnuk it is an account of the tobacco plant. The author jpcaks of a cultivated piaut; the places he mentions I'ekiiig ana Kukieu are those where tobacco was probably Itrst cultivated. The liryii'p and cutting ist of the leaves luto Hue hairs like stuff is what u done on this niomeut by the clmie.se w hite tobacco. Ail these point tobacco, ana to tobacco ouly. — This is probabiy the llrst reference to tobacco to cliiuese book*, aui an uncommonly eariy one. — In tin Hua Cktng (Mirror of Flowers, KWS) there is au undoubted aud accuratu mention of tobacco. This book gives the synonym Uinpaku. which, according to writing m Chinese language, p. 342, represents Ihe tnaiey word « Jambacaa ». J have not the Hua Ching here lo reier to — Iu the Chaug Ch 10 officiel Gazette there is an account of tobacco under the name lltnpaku: but whether there are any detaus concerning Us early history in that part. J do uol know, a* J have uot the work at hand.— In tuc Ckih Wu Ming, the best and most recent native work on Hotaoy (IS48), XXII. folio 73, there in a drawing and description of the tobacco plaot under the name, yeh-yen (i. e. wild tobacco). The author states that it is cultivated everywhere, aud that it occurs wild (') in Yunnan. So far as J kn'jW. ihe tobacco plant does not oecome naturalized iu any part of Chiua, though garden escapes occasional. y occur.— It is asserted somewtiere that tobacco w is introduced into North Cluua by way of Corea aud Japan; but J have no notes concerning this.— lu H. Cordler"», Dictionnaire Bibliographique des ouvrage* relatifs ii l'Empire Chinois (Cans, Leroui), there may be some references to tobacco iu China; but J have not this work to refer to.— With regard to tobacco in China iu the present day, piei.se i-onsint tlie Chinese Customs Reports, aud Returns of Trade, .'Iwetow 1868 70; Ten ow lisSH, 1*75; Swaiow |M74i China 187*, Hauhnw IKS4. 'K>, "y|, 'J-; Chinkiaug !H88, l«9u; Meugho IHSS; Menglsz 1»S'.», IK'.Kl. IM'JI. istl.'; Amy ism), t HO i . IS'.r.'; I.atie ItfJO. Wuku loVl: Fouchew I8<JI; Tiuuisiu 1892; Kiukiao* l-'.ij— The ports from winch t tie largest quautitees of tobacco are exported, yearly always to other Chinese ports and to Hongkong, are Hankow, Kiuktang. Wenehow, Amy, Cautou, Swatow, Wuku.— Mvngtse, Yuunan, I settch. I »'.»'>. A. H»nry.

1 1) Voir pius haul, p. '.Ni','.

<■>/ SUunlen, An Embassy to Chine. 1797. II. p. 173. — Les plantes de tabac qu'on a cru être sauvages, et par cousc<)Ueut luiigènes en Afrique et eu A*ie, doivent au contraire otre considérées comme des sujets issus de précédentes cultures et devonus sauvages (Voir plus haut. p. IH4i.

<M> Reitixll rapporte qu' il existe les documents te quelques éJils prohibitifs se rapportant au tabac, et émanant des Kinperciirs Montis. O.ius ceséiits cette piaule es*, considérée comme étaut

pernicieuse cl introduite par tes Européens ( Description àe V ilindoustan . tr.id. Smiche-ielehe,

Paris, 1*0». 11. p. :U7) (Von- plus haut, p. t'->ll).

(4) SalTray, (cir. Chart** et Trim, I. c. XX. Ih74. p. 22ti ; .

<•'•» Otaw. Voyage autour ita monde. <;x:,xs ,rra t. L«ktt. I'.ir.s. I7SI, p. 1341.

sent le reste du temps à fumer du tabno, à twire du tliw (1) et à faire des visites à leurs voisine.

fl) La plupart îles botanistes s'accordent à voir <lans le pays d'Assam (Voir plus liant, p. 'J05) la patrie liu thé. Au dessin de la valide de Hranmapoutra ou trouve cet arbuste partout à I' état sauvage, de la hauteur d'environ 0 mètres. Daus les montagnes des Nottas il atteint jusqu'à 20 mètres. Même avaut que la provincu d'Assam apparilut aux Aurais, en un u égociaiit, Robert Bract (cfr.

D* Schlnatnwnlt, Result of a .identifie mission to India and High Asin. IV. p. l'iî) avait découvert le premier cette "plante luiigène; tuais douze années passèreut avant qu'on en installai la première culture, auprès de L.ikliinpDiir et dans les terres d'ail tiv on del Soubmsiri. Le •luuveroement. à qui le jardin appartenait, dt venir cultivateurs clunon du Fo-Kieu... Aujourd'hui I' exportation du thé des Indes égale la sixième partie do celle de la Chine avec tous Jes pays du globe. — Ce fut de l'Assam que (dans des temps très recuiés et que Hunter appelle préhistoriques) ie thé fut nitroiuit en Chine. En IH34. sous le gouvernement de bird Btnting . on institua un comité» jour introduire dans 1' Inde la culture du thé... A présent (ltCfi-Ki» V exportation du thé indien en Angleterre est de 40 million» de livres (ntenteanna, Indm, '.•» ed. Milauo. 18*4. I. p. - Le Oui tihéj est la feuule d'uu arbuste semblable au myrte. Dans quelques provinces la feuille a la même grandeur que ceîie du basilic, et dans d'autres elle ressemh.e â ce/le du grenadier quand il e>t jeune. I,es Chinois la font sécher au feu sur un instrument de fer. auquel ou l'attache (Semtdo, Hht. univ.de ht Chine, trad. du port. IW. p. 2'.»>. °u le ?aie un ou plusieurs écus la livre (Trignncl. En'rata ntVa China Aei Padri delta Cornpaguia di Cesit. totla dai commentai-! di Ricci, lo"-".\ p. 13), ou parfois quelques liards, selon la qualité (Breton!, Varie osterrazioni naîtra le rein nom unireiitU di Bolero. 1071, p. 14) — Le lay (thé) se cultivait en HSJ3 dans deux proviuce* de ;a Chine: cehe du Nankin, uii vient Je meilleur lay. appelé Cha . et celle do Chiucho; et il y se cultive en telie abondance, qu'elles peuveDt eu fournir le reste de la Chine, le Japon, le Toakiu . la Cochiuchiue et plusieurs autres royaumes, ou l'usage du 7ay est si commun que celui qui n'en pren i que trois fais par j >ur est regardé comme modéré ifUMMfc». invert rouage* de la Chin*. Itfcfi, p. t'J). -Oa considère comme étant le meilleur celui qu'on produit eu abou.iaiR'e à Tchau eheou fou. dans la province de Naukio (Sonnerai. Voyage... trad. Sonnisl, I. c. p. 345). — Le thé rouge est très fort, a 1' nréme très délicat, aussi digrstir que ie café, et ne diffère du thé vert que parce qu'il reste soumis pius longtemps a l'action de la vapeur. Le thé vert, moms fort et plus rafraîchissant, reu i une infusiou plus légûre. que la feuille, étant légèrement séehée au soieil. reste verte (Oliphant , La C§na e il Qtaupnne. Missions dt Lord Elgin. tK.~> "•.»!» , Mi Inuo, lmiH, I. p. 13."»). — Cilla rapporte qu'on servit a I' Ambassadeur auglais Amherst un thé pareil à celui qu'on offre seulement les jours de cérénion.e. Ou l'appelle you thien; c'est un thé vert, à petites :euilles et très parfumé. Le thé réservé à I' Lmpereur s' appelle maotehou. et provient seulement des jeunes feuilles de i' arbuste (Ellll , I. c. I. p. 337 >. — Le thé vert se prépare avec le, leuuies de la même piaule que ie noir <cfr. Evrièe et KlapreHi, i. c. ls?.i. il, Sér. t. XI, p.23ii); cepeu iaut le premier ■•e prépare principalement dans le K'anguan, le second dans le r'o-Kien i Stauaten, I. c. 11. p. *).—!.« luoi Ihè, vient précisément de Ko-Kten , tau us que les Maudanus I' appelleut- toujours Isrhia (La Farina, La China. 1843, I. liv. II. p. 'J3I), - Itaiis >a province de llupeh, ainsi que dans celles de Kouei- Chan et de lluuau , on produit I' incomparable thé Vhongo. Les thés jaunes de llupeh euvoyés en Russie paraissent proveuir de la province voisine. Ngan llwui. Il y eu a un amer, ressemblant à un très fort thé noir, qu'on cultive dans la province de Yiinau . sur la frontière de Laos, dont ou fait une pate qu'où prépare en pain» ronds, petits et grands, selon la qualité. Le Hupeh se vend aussi sous forme de pavés corn pacte-, taillés, qm ont uu peu 1" aspect d' un paiu de tabac Cavendish. Les provinces de r'olsien et de t heîi Ki.ing produisent incontestablement les thés les plus Uns (Oliphant. I. c. II. p. -i<>}. - ou cite parmi les tiiùs noirs le t iutchon et le pe/mo: parmi les verts le haytren. le perle, la powtre à canon, et le shoutang. nu procure au thé un aréaie agréable eu le nie'ant avec ies feuilles de VOten fragrant \ Malte-Bran. Géogr. unir. 5.me él. Huot, V. p. I H 1 1 >. — i >a croit que les feilliles de thé étaient employées comme méiecnie dès le troisième sie - e, et comme boisson depuis ie six. «me. L'u ancien auteur chinois eu vante ainsi les mérites . • Le tué modère les passant >; fait disparaître la latigue: réveille les idées; baunit l'iueriie; rend le corps plus léger; rafraîchit e; écJaircil ie cerveau ». Sa culture lut implantée dans le .iistric de H hea. province de Wu yi. et s'étend maintenaiit eu Asie sur -.28" de latitude »-t air de longitu ie. Ku plus de :' énorme consommation f.nte en Chine, ou en exporte chaque année ôO millions de livres. Les deux qualités de thé, le vert et le non-, ne provjenueut pas comme on le croit du Ihea riridit, et du Ihea Hnhe-i. mus du m > te .iur-reut • ie préparation des feuiiles. La couleur vert est souvent falsifiée par un mélange d'indigo ef.de erais pulvérisée. L' arôme lui est procuré par ie (leurs de Jtuminum .s-f mitfe , d Olea fra gratis, de Car-

Ce furent les Jésuites, qui Assignèrent au:; Mandarins l'art de priser avec élégance le tabac. Les trois fleur de lys sont à présent la seule enseigne pour la vente de la poudre à priser (1). Les Chinois, qui prisent cette poudre, ont un mouchoir de poche de couleur, en plus du blanc qu'ils portent pondu à la ceinture, qu'ils gardent toujours plie, et qu'ils eut)' ouvrent seulement, sans le déplier, pour s'en servir. Richeiet parle d'un Mandai in de Canton, qui prisait beaucoup le tabac portugais, et qui, au lieu de se moucher avec le mouchoir ordinaire , se sorvait de petits morceaux de papier préparés exprès, chaque fois, par le domestique qui l'accompagnait (2). On fabrique a Canton des petits pots en verre (sur lo modèle de ceux venus d'Europe), dont on se sert beaucoup à Pékin pour conserver le tabac de Portugal (3), afin de pouvoir l'offrir à d'autres, ou le consommer directement (4). Mais comme on ne consomme ce tabac (1774), qu'à Pékin, le commerce de ces petits pots n'est pas important en Chine (51.

Cite fois I' usage du tabac introduit par le commerce avec les Européens dans la province de Canton, on devait inévitablement y établit des plantations pour le produire. Le Roux en obseiva de nombreuses dans le département de Kiong Teheoti l'ou (til. Elles étaient pratiquées sur les terres bordant les rivières (?», et l'on y cultivait deux espèces différentes (8). Rondot raconte qu'il a trouvé écrites sur une enseigne de boutique à Canton, les paroles suivantes: " Mous avons de vrais tabacs de Tcha pou et de Hang-tschéou, dont le parfum s'est répandu au sud de Kianli nan. Nous leur faison subir une préparation supérieure et une excellente manipulation. Célèbre tabac du district do Chili ma Ou vendait cette marchandise a :>ô centimes le demi-Kilogramme (9). On cultive aussi le tabac dans le provinces de la basse région du fleuve Azur , surtout, dans cellos de

dénia florida. de rose, etc., car il eu mauque à l'état naturel. Pour le parfumer on met une certaine quantité de feuilles de thé à côlé d* une égale quantité <k< fleurs, et on les lai Me ainsi pendant 24 ou 4S heures. On a cherché, à came de son prix rémunérateur, qui est d'environ 3 shelling* ta livre, à en introduire aussi la culture daiis Himalaya, à Java, et dans ,cs Erats-Unis d'Amérique [Viaggio... délia Xoeara. Vienna. IW>3. 11. p. 2W). — Dans ies endroits publics, qui ressemblent à nos cafés, dès qu'entre uu client, uo eo/ant chinois lui apporte une taw. et après y avoir jeté la dose de thé nécessaire, verse de l'eau bouillante par dessus. Quand la décoction a pris une belle couleur jaune, le ("liiuois la boit, bouillante, sau» sucre ni lait, et sans l'aire attention aux petites feuilles, qui tingeul à la -surface, et qui servent ordinairement une ou deux fuis à faire une n-'Uvelle décoction. Ces endroits sont toute la journée pleins de gens buvant du thé et minant des pipes Me» Chinois par principe ue fumeut pas les cigares» de tabac imprégné -l'hu'.ie. passant le temps à traiter leurs affaire», ou tout simplement à le tuer iYiaggio... delta .Vow/i. Vienna, lst«. II. p. -'ô'»).— Voir aussi Hiatsmaiw, Voyage en Chine, III. IK48, p. '.M4;— V«i Scherzer. Fachmàn. tier, usterriing. Ktjk 187'J, I. p. 334;— Wtmer, Die preussische F.'-ped. 2." éd. IS7I1. p. % 2\~.— Kn ISii'.l sur 4 l'.C.M mille rrc». moutaul de l'exportation des marchandises chinoises, le thé figurait pour 21354* mille 1res , dont 148101 miile frc*. pour la seule Angleterre (De Beauvoir. l\ ; kin. Ve-tdn, San Francisco . :i.me «t. K'J, p. "•)). -Relativenieut à la fabrication du thé, à sa falsification et à sa dégustation, cousuiter Thenpton (in Chorion et Trivet, I. s. N. S. 1*75. p. 370).

(I) Heclui. I. c. VII. I8HJ. p. .-y.»;.

(-.') RiehtMt, Relation d un voyage tu Chine, isufi (cfr. Juurn. Asinl. ;!.me sér. VU. I*3'J, p..V.>l)„ (3) Voir plus haut. p. 'J.vJ.

(4 ' Les sens riches de Canton preuuent généralement uu tabac de Portugal, qu" ils font venir de Macao, et qu' ils conservent pendant de longues année- dans ces fioles de verre, parce que la quaine s'améliore en vieillissant. I,e peuple, nu contraire, consomme le tabac de Canton (Hanuminit. Voyage en Chine, lit. I*4S. p. '>»32>.

(~>i Mémoires concernant... les arts, les miritrs, les magot, etc.. des Chinois, Paris, 17s.', VJU. p -jr>7.

(O.i Li Rem île» Hiuttsrayei. l'rospettn al lu» le dell' hnpero delta C nu (trad. H. Siena. I*»5, \>. )*>;,,

(7,i Mercin it Saint Héry. Voyage en Chine. I"'.'«, I. p. 71.

(*) Dumeiil-aUrville. Voyage pin. 1S34, I. p. V.t.Y— Les deux espèces étaient prubaoiernent ia .V. labacuin et la .V. rnttira. ainsi qu'on l'a dit plu* huit. p. -JitY

(,'J, Roixlot, Vue promenade dans Canton \lst: f) (cfr. Journ. asiat. 4,tne Sér. XI. Pans, 184», p. 41).

Nanchian ft tie Ko Kien, et il y forme la base d'un commerce important. Il est cultivé (•gaiement en abondance dans la fertile région du Cher.si, dana le bassin Kougo (1).

Le tabac fut introduit dans les ilea ; on en produisait boauoup à l' ile Hay-nam , où lea navires européens, allant à Canton, faisaient toujour* escale (2). Cela expliquerait son importation dans cette ile.

L'usago et la culture du tabac se propagèrent largement chez lea insulaires de Forinose (3) vers la moitié du dix septième siècle, apportas par les Hollundais. L'importance de cette culture fut signalée dès cette époque par Ou Halde (4), et successivement observée par différents auteurs iô). Thompson rapporte ce qui suit ù propos de la grande consommation, qu'on en faisait: La, hommes, femmes, enfants, tous étaient munis de pipes de bambou , dont ils faisaient un large et fréquent usage. Et il raconte : Après quelques instants une vieille femme s'approcha de moi, et m'offrit sa pipe. Je n'avais pas encore accepte sa ■►olitess' 1 . qu'elle me demanda mon cigare, en tira une ou deux bouffées, et se mit tout de suite à sourire à cause du plaisir extraordinaire, qu'elle éprouvait à goûter un tabac inusité. Le cigare passa alors de bouche en bouche, et me fut rendu après que chacun en eut aspire une seule bouffée de fumée (6). Les enfants do trois ans à peine fument la pipe de bambou ; les femmes la portent plantée dana les cheveux, et. le tabac dans un petit sac pendu au cou (7).

on ost sans données Mir l'époque, oir l'usage du tabac a pénétre au Thibet. Le Père d'Andrade (S), qui parcourut cette région en 1U25, ne parle pas du Ubac , tandis qu' il remarque les coutumes et les productions des Thibétains, les marchandises qu'ils introduisent en Chine, parmi lesquelles il signale le Cha (9), c'est à-dire, le thé, ce qui permet de présumer qu'au moin* jusqu'à cette époquo les Thibétains n'en avait pas connaissance. C'est donc beaucoup plus tard qu'ils purent en apprendre l'usage par les Chinois; et à partir de ce moment ils eu importèrent les feuilles noa-seulement de la Chine , mais aussi du Ueiigalc et du Boman (10). Ils cultivèrent ensuite le tabac dans la région de

(I) fltelat. I. c. VII. pp. 429, 450. —A I.» p, on donne ia ligure de la pipe adoptée par les mineurs <iti la rot nui supérieure ou Meuve Azur. Le tuyau est très long et le fourneau tout peut (Reelai, i. c.).— "il veil lait en JS43à Sliaug-lluï des tubes Oe bambou pour jupe* qui avaient jusqu'à *> pieds de long. Ils élaietil eoquel lenient exposés daus les boutiques, et plusieurs étaient urués de (lues incisions (Sotte.

Ann. Wiijng. 104*, 1SX-I. IV. p. .'04).— (.'j Oa MaMa. Deuripliun de V Empire de la Chine, I73tt. I.

p. rM;-Stona gen. vinggi. 1755. XXI. p. 3»C>.

CS> L'ile Kormose (belle) fut découverte et ainsi uommée par les Portugais eu 1512, KJie reçut des établissements japonais en 1H20, et hollandais en Hi34 (flraaaira, I. c. p. 7»4). Dans les aunées suivantes ies Européens commencèrent à y trafiquer, et surtout les Hollandais (cfr. Malte Braa, I. c VIII. p. 35Ij.— Après y avoir ét«* jetés pour la première |\ns par une tempête, ceux ci s'y établirent (Recueil d'obtere. rurieutr* , Pans. 1749, I. p. 50). et y construisirent uu château eo l»'>34 (Prtvoal, Hitt. gtn. ruyag. I74S. VI. p. 5Mi.(4) Oa Halde, I. c. I. p. 17S

(5) Dalaparte. I. c. VI. p. 17;- Prémt, J. c. VI. p. 5S;— Stor. gen. riaggi. 1755. XX!. p. 122; — Béranaer, I. c. IX. p. 155;-KUprot». m Etrlk* et ««Ile-Brun. I. e. XX IH23. p. I l'.i;— Oumortt d'Unille, I. e. I. p. 342.

(»'., Tlvoiwaiwi (en: Charton et Travel. I. c. N. S. 111. l*7f>. p. 2I2l— li douue aussi la ligure. (I. c. p. 245; des pipes dont on se sert. — H" autres ligures «le pipes «ont rapportées laos V Album de* Muiout, I. e. I. p. '->».- (') Noetaliai. L holt Fuimutu (cfr. Mem. Soc. Geogr. iMt. V. HJV. p. 227k

'Si D'amlraee. A'uoro troprimentv del gran Otiata o ivjgtiani dtre dei Regnt del liOet (irad. de l espnçii. Gabrlelll, Napoli. |f»27).

l'.b Les Tbib-Wanis peuvent se passer de tout excepté de thé. pour lequel ils dépendent de la Cm ne. a cause du Monopole qu'elle exerce de cette denrée... Le* fliiuois importent aunuenement au Thibet prés .le 4 millions de kg. .le liié. pour une valeur d'environ ■) mil. ions de irancs <RmIm, I. c. IS82.

vin. p. '.i-.i.

• 10; Ternar, Ambiuceria <il Itbel ed ni liuUtn (trad. Farrarlo, Miiano, ISI7. 111. p. 131};— Farraria, 'o Jlitwie aniic» e moderno, IS-'il. Vi. p. 53 (Voir pius liaut, p. 204).

Choung (1), et les habitants des montagnes purent ainsi en retirer le produit de la plaine (2). Actuellement cette cullure s'exerce également dans la plaino do Dekkan (3).

Les Tliibétains sont partout recounaissables : on les voit galopper sur leurs petits chevaux, avec leur longue pipe (4t. L'industrie manufaclière s'exerce aussi pour la fabrication de pipes élégantes (f>> , de grande valeur (6i , car les Vizirs môme fument la pipe (7). lia font venir les tabatières du Bengale (8). Lorsqu'ils manquent de tabac, ils prennent les feuilles de la rhubarbe, à l'exemple des montagnards de I' Himalaya (9).

On a déjà dit que les Tliibétains retirent aussi le tabac du Boutait. Cette plante était, en effet, cultivéo dans toute la plaine voisine du Bengale, longue de plus de huit lieues , baignée par les affluents du Brahtnapoutra (\.0). Cela prouve que les habitants du Boutan (11) ont plutôt dû connaître l'usage et la culture du tabac par les Hindous, que par les Chinois. Dans le Boutan le tabae et le the constituent la base d'échange pour la vente et l'achat des marchandises ()'2). On se sert aussi dans cette region delà poudre, et par conséquent de tabatières (Li). Turner raconte à a» sujet, qu'un chef religieux (Seubah) lui donna à examiner sa tabatière, et lorsqu'il voulut la lui reudre, il le pria de la garder (14).

Le tabac n'a dù t-ire connu au Nepaul tl5) qu'après 1769. On n'en trouve aucune mention dans la description du royauté de Xopnul écrit» par le Père Joseph, et communiquée par Shore (16). Mais a défaut de la culture, l'usage du tabac dût y pénétrer vers cette époque, car on l'y importait depuis 1792 (17). Lu culture y fut ensuite commencée; mais probablement à cause de l'insuffisance de la températ ure ( 18) les feuilles restent petites,

(I) Uvallte, Géogr. umv. de Milb>Briui. 1S02, V. p. l'ir. Eyrle» et Malte-Brvii, XIX. 13S-\ p. 157. (3) ■ajiteoui*, Indm. i'ed. Milauo, 13*4,1. p. 131. -(■»> MMteaMU. I. e. II. p. U.— (Voir plusluut.p.2U3;. Ç>) Les classes riches seulement fument avec des pipes élégante», t .» ti .i i s que. faute de pipe*, les

montagnard* out recour» à uu m»yen vraiment ingémeuv Di Schlaginwfit lu duo fit ainsi: Dans I» Hautelude nous .irons vu les naturels turner ii° une minière fort étrange. Ils pratiquent deux trous dans la terre argileuse, à brève distance i' un <i«s l'autre, et lis les réunissent au moyen d'un peut lube «i tué à environ deux pouces au dessous du niveau du sol. (la met le (abac dans uu de ces trous, et on l'allume avec un morceau de charbon de bois: Is fumeur approche sa bouche de l'autie et eu aspire la fumée avec une vive satisfaction. Dans les régions neigeuses nous avons aussi vu les Tin- Wtaios faire la même chose tans la tieuce durcie, après l'avoir légèrement foulée avec le pied. Ltabac y brûle très bien quan t le charbon allumé est bon. et celte fumée leur réussit uon seulement pour combattre les basses températures, mais aussi parce que de cette façon ci le est presque entièrement débarrassée de ses huiies (De Schlafhiwelt. Results of u scientific mission to India <tiut High Asia. 111. 1S13, p. 25).— (tl) Vtaggio pittoreseo nelle Indie Orientait, Torino. IH70. p. 114.

(7) Gérard (cfr. Evrlt» et Klapretti. Sow. Ann. roytges. 1*3!, II. p. il4).— {«> Tamer, I. e. 111. p. 131.

(9) C»»k». Hip serea sinter* of the sleep. London, p. 100.

(10) Malte Bra*. Gêogr. unir, 5.t»ie él. HeeL V. 1811. p. I34;-Uv»llée, I. c. V. p. is*.

(II) Us peupies do la région du Hjutaii, aius; que ceux ie la vaste contrée mouiagueuse de l'Himalaya, out aussi l'habitude de fumer le chauvre Himliten. Account of Srpal. p. -Mi-,— Fraser, Journ il of a tow through Himalaya, p. -.'| j,.

il'-') Dtlaporte. U royageur fraif.ots. 4 me éd. 1774, IV. p. 473.

i.3) Haus le Itcutan ou faisait ies tabatières avec .es fruit» de I' KutinVi souviens , que les indigenes appellent gelou. Les pauvres gens s' eu servaient également duns d'autres parties de i'lude (Collai, Cromica del Uuseo preistorico ed etnogra fini di Homa, anno II. IHSôHiï, Kama. |S*3. p. l'I ».

(14) Turner. 1. c. I. p. 7.V

(15; Les Chinois appellent le Nepaul Si polo, mot. sanscrit Sep>H>i (laibealt Heart, llisl. il. I. runquête du Sepaul par ies Chinait, /*!>:.', cir, Jown, Asiai, 7. nie Sér. X I. Paris. |s7S). qui signifie lasse de ri: iKUpreth. Description dit ThtOtt. cir. Sow J>um. Asiat. VI. Cans, 1*3'>. p. 34>i>.

(t«) Cfr. llerherches asiatiques. Pan-. l*ir,. II. p. 34*. et suiv.

(17) Kirckpatrkk, in Mill* Brun. Ann. royagvs. XVII. p.|s:,.— Les Népalais contractèrent aussi i'abnude de priser le tabac, et. a sou défaut, de prendre même de ia poudre d'ée-irce de Khoioden Iron.

(II?) Il faut remarquer pourtant ( |iie ie ciimat du N.'-paul -.st plutôt v-liau i comparativement à celui du Thibet KUprath, Le. p. 34(5).

ressemblant ;i «-elles du Persician qu'on cultive aussi en Macédoine. On y cultiva cette forme, qu'on distingua par le nom de A', ncpaknsis, et qui diffère do la forme fruticoaa non-seulement par la petitesse des feuilles (1), mais surtout parce qu'elle est un hybride de la /ruticom x tnacrophylla, cultivée d'abord au Japon, puis en Chine (2).

ih Ucage général. — Gr.lce à la domination établie en Chine par les Tar tares Mandchou x (Voir ci-dessus, p. 202), l'usage du tabac eut l'honneur de pénétrer jusqu'à la Cour du Céleste Empire.

Isbrand Ides rapporte (1693) que dans un banquet solennel, donné à P>ikin en son honneur par l'Empereur, on servit après le diner du th 1 et du vin du Uhin , pendant que le vice Roi de Pékin r-t les Mandarins invités s'amusaient à fumer. Il nota, par la même occasion , que les Chinois d 'sigiuient le tabac par 1* nom de yen , c* est-à-dire fumie (3). Cependant, d'après Ruraph, les Chinois appellent aussi le tabac Run, qui rappelle le nom brésilien JWm» (4), et Loureiro (5) remarque enfin que la plante était appelée Cuy thuoc Ilin, ou encore yen ye ((S).

Dès cette époque les Mandarins passaient la plus grande partie de leur temps à fumer du tu bac mélo à des substances aromatiques et quelquefois à un peu d'opium (7).

Le ta bar; fut plus tard également employé sous forme do poudre à priser. Le missionaiie Dentrecolles écrivait en effet de Pékin, en 172(>, quo l'usage de priser le tabac était trop récent en Chine, même à la cour (S), et que cet usage, était adopté depuis un siècle eu ce pays seulement par les grands Seigneurs, à l'exemple de l'Europe (9).

(I) Cu lab c se mit.ve aussi dans quelques J.ir.iius de ia rémou .ie Laditk (Woorcrofl . in Saur. Ann. Yoyag. UT.". IW3. I. p. 3»W>. et dans la région montagneuse il» Kala (ftJO); mais la plante y est s.ms vigueur à cause lie lu busse température il. e. p. 11-11).

i') Voir Comti. Monograpfiie du genre Sicutiana. Naples. 1st)'.», p. U.

(3) Cir. Prévoit, I. c. V. p. .VJH; — Storia gen. viaggi, Vencïia. 1755. XX. p. l'JS.

(4) Runpti. Uerb. Ambotnenxe (rr.i.i. Barauu». I7.V). V. pp. -JJ5rt). — (."•/ liariirs. Flora Cochinc. 1793. (»S) Lothar Bocktr (i. c. p. fi'jii) cherche de mvr un argumeul <ie ces noms pour prouver l'origine

asiatique iiu tabac. Il dit. en elTet : « Le tnbuc était appelé eu Chine Jlyn (fumée) et Hyna au Brésil; la pipe était appelée Kuhn en Chine, et Khuni au Brésil; dou -, ce furent les Hrésilieus qui reçureul des Clitno.s >e tabac et le nom ► -Kt pourquoi ne serait-ce pas précisément le contraire f autrement .ht que ce Jurent les Chmo.s. qui reeureut des Portugais le tabac brésilien et sou nom* D'ailleurs coy signille herbe, et «/moi- pi-at aussi é;re la lomiptiou de taboc. La paro.e hun peut également rire un diminutif de l'etun. nom brésilien du ubac, ainsi qu'on l'a déjà dit <Vuir plus haut. p. 31). Kl ceci est aussi rccnunu par 0e Candoll* (Gt"Qgr. rég. p. 110).

PmI é'Enjoy fi*« iwdectne et la magie en InduChtne. cfr. Rerue Scientifique, 4.me Série. Tom. V. D. 2ô, lsy<;, p. 7HO) a remarqué qu'«>< langue annamtle, remide. médicament, se traduit par le mot tabac ,ihu(r). L' e xpression est au moi ru curieuse: elle est peut-être explicable . si l'on songe au rôle que les plantes jouent dans la médecine du p>iy*.—Si Cou considère l'usage médical auquel or. destinait aussi ie labac chez les Hrésilieus (Voir inus haut. p. M), il f.ut présumer que les Portugais en important le labac dans l'Kxtréme-Orieut y ont tait connaître noii-jeuleiiirnt l'usage de ie fumer, mai» aussi celui de l'employer comme médicament. Rien ne s'oppose donc à ce que les Aniiamites aient doniié au nouveau reuiéie constitué par le tabac le nain de thuoe . puisque dans les siecios passés celte herbe était tu remède par excellence, le iiiéiiicmiicul universel, la Panacée a tous les maux, ainsi que l'apyeièroul les Ktlrapéeus (Voir plus haut, p. *0). — P'apros les orientalistes le mol chinois Hin signifie léger, imperceptible, qui sont les attributs «ie la fumée; li est donc fort possible, qu' il ait été adopté eu Chine pixir aéilgoer aussi la fumée du labae. Yen et In ont également la siguiUcuiiou de fumée; mats ie premier e*i employé plus généralement, tandis que l'usage du second est limité à quelques dialectes de la Chine. Toujours selmi les orientalistes. Khun ne aiguille pas pipe. Le son de Kwan est employé daus le seus de tube, ut à la rigueur Yen-Ktonn pourrait vouloir dire pipe. Cette parole se iraduu par Yentung, ou Yen-lai. Le mot lung est presque syiiouime de Ktean.

(7) Stanton, I. c 11. p. 70;— «se Artney, I. c. III. p. 214.— (S) Lettres édifiantes et curieux**, Pari*, 1731. Recueil. XX. p. 307.-C') La Farina. La China. 1. Iiv. 11. p. -U\

Moreau rapporte qu'eu 1794 l'Empereur de la Chine, voulant honorer lea membres île l'ambassade hollandaise, leur offrit des cadeaux consistant principalement en des petits sacs brodés pour mettre le tabac , et en petits flacons de verre pour ie tabac en poudre (I). Or, le tabac à priser, pi yin, a du être également importe en Chine (2) par les Européens, et socialement par les Portugais t;î). Il est rare de voir un Mandarin sans un élégant petit tlacon de verre plein de tabac à priser (4). Le Mandarin en prend une pincée de temps en temps, et la met sur le dos do sa main, ou la garde entre le pouce et l'index pout rapprocher de son nez et l'aspirer (iï). Le tabac n'est pas la seule matière adoptée en Chine pour cet usage: on y prise aussi quelquefois le cinabre pulvérisé (6),

L'usage du tabac, étant en faveur dans les das-es élevées , devait naturellement se répandre dans les autres (7). Les Chinois modernes se passeraient plus facilement de thé, que de tabac. Ils ne peuvent pas rester un quart d'heure oisifs Siins avoir la pipe à la bouche. Ils fument partout , même dans la rue. Comme leurs pipe» sont de la grandeur d'un dé a coudre (t>), ils s'amusent à la bourrer et à l'allumer souvent (9). A chaque visiteur qui se présente on offre tout de suite, de bon rieur, à boite du thé r-t à fumer du tabac (10). Cependant, sut tout à Canton, on fume d'excellente cigares de Mai.ille, et on se sert aussi du narghilé indien, avec lequel le tabac indigène, qui est léger et doueeàtie, acquiert un goût très agréable (11). C'est pourquoi les Chinois désignent le tabac par les noms les plus doux, voulant ainsi célébrer son mérite (12). bs le mêlent quelquefois aux feuilles du Xelumbium sjtedosum (13).

Partout où ils émigrent, les Chinois eonseivent jalousement l'habitude de fumer. C'est ainsi qu'ils ont grandement contribué à répandre l'usage du tabac chez les insulaires encore sauvages des iles de l'Océanie. Depierris dit à propos des Chinois émigrés en Californie: Cette race asiatique, habituée à fumer l'opium (1 4), tend a modifier sensiblement ses coutumes et a s'itdapler à celies des Européens et de*i Améticains, avec lesquels elle se trouve en contact, eu renonçant à se plunger dans les vapeurs enivrantes de l'opium, pour s'étourdir avec la l'ornée narcotique du tabic, le fabriquant sous toutes les fontes. Cette fabrication, dont ils tirent un grand profil, contribue beaucoup aussi à les acheminer vers la consommation de leurs produits. Ainsi, ils fument dans leurs boutiques pour y attirer les acheteurs, surtout louis compatriotes qu' ils tâchent de gagner à la nouvelle coutume par leur propre exemple. Et ceux-ci, quand ils sont cou-

il) Moreau de Stint-Miry, Voyage en Chine, I70H.

(2) 01(11*11. Vinggio... tulla Ma genm. 1875. p. «30.

(3) L'usage île priser le tabac hit introduit e:i Chine par le» Missionnaires réitdaut à ia Cour (C««ke. 1he teren titter* of the sleep, Lou ion, p. Hrt).

(4) Mac art**,. I. c. 111. p. 2l4:-HtMiM»i, I. e. III. p. 2rt2.

(.'») Staunton, i. c. II. p. !73.-Seiou Haiismaan les Mandarins se servent d'une peine spatule d'ivoire pour extraire la poudre de tabac (p'-tw) du Duooo, et pour In priser ils se ia mettent sur la phalauge supérieure du pouce (I. e. lit. p. 2(12).— ('!) Sbuatia, I. c. p. 173.

(7) Idea l»brand (clr. Priva*!, 1. c. V. p. 514).

(H) Selon i'abitci Je japonaise, ssusi qu'on l'a déjà dit ù propos du Japon (Voir pius haut, p. 2^1). ('.») Vo«i Sebemr, Fnehmân. lier, osterr. uug. Erp. 1872. 11. p. 100.

(10) falla». Voyage duns V Empire de Russie «•( dans l'Asie septen., 177». V. p. 271.

(11) Main*. Le Japon, trud. Rtllaad, Is.V.t, I. p. 127.

(12) Eu Chute, comme au Japon, It) takic. tanpakut, est désigné de diverses façons : Le parfum <iu Ciel; la reine des herbes: lu plante Jiviue; herbe de longue vie; herbe de la vigueur et de la force; l'ami de l'oisiveté; herbe du plaisir constant; Iierbe de l'amabilité; herbe de l'amour, des itrauJes rélleiious, qui donne Jn vie à J'tiiue (elr. Il lafatccu. Itotna. IS.r?. n . 2).— (13) Caaka, I. c. p. 300.

(14) Un i» dit plus haut {p. 257) que les Chinois apprirent aussi l'usage ue l'opium après la venue des oavires européens. Depiarria ne serait donc pas dans le vrai, en croyant que l'usage de l'opium était ancien chez lea Clnuois.

vertis ù la mo in nouvelle , rivalisent .)' ulégauce avec tes blancs pour fumer le tabac. Ils vont, «ians le-» rues, même en compagnie ilu toau sexe, le cigare ou la pipe à la bouche, comme les plus éteiiaiits fanatiques américains il).

L'usage de fumer fat aussi julopto par les femmes. D'après Thompson, celtes île Pëkin passent leurs soirées a fumer, tout en surveillant les jeux <Jo leurs enfants i2). Elles fument, même ilans la me, comme t'a observé Isbrand, en 1G03, le jour do la fête solennelle du 7 Janvier, dédié à la procession de toutes les statues, que d'innombrables femmes attendent dans les rues (3). Cela explique pourquoi on met dans les trouaseaux îles jeunes filles, qui se marient , une bourse do soio pour le tabac et. la pipe pour le fumer (4L Mac Artney a vu fumer des fillettes do 10 ans et encore moins. Quand elles se mettaient sur la porte de leur maison pour regarder les passants, elles avaient toujours une longue pipe il la bouclio (ô). Ku effet, en Chine dès quo les enfants ont acquis une adresse suffisante pour bourrer la pipe, ils sont, instruits par leurs parents dai s l':w t de fumer, non comme jouissance habituelle, mais comme préservatif contre toutes les maladies contagieuses tù). On estime que tes fumeurs chinois atteignent l'énorme chiffre de 3UO millions, sans compter les tribus de la Tartarie et du Thibet (7).

fi) Deaicrrla. Le UiIhk: IS-JH. p. 364.

(2) Tbeiaaso*. I. c. p. 173. - (3) Mas \%bnU (<-fr. Pravoal, I. e. V. p. 514).

M) Tiaiti*, Co** utili e ;,oeo note (trad, irai. IsrM). - <■',) Mm Artnay. I. c. III. p. -J 14.

i«.i Aiiferaea. A narrative of the brittnh emfx>t*y to China, /~!>?o/. London. 17'Vi. p. !S7 En rii. ne un fumait généralement In pipe; seuls les Ken» <iu peuple se permettaient de fumer I** r-uillcs <i* «atmc enr-ulées «ou» forme je cigares (Awnali. I. c. p. iiô), — Tout, le monde se sert de la pipe à petit fouriu-uu métallique de lornie Japouaise (Email, lu Eyrits et Kliprsth, I. c. '2. nie Stir. XVII. ISIXI, p. 47). Le fourneau mé:a iique y est appelé : ganta, ganga. ou Kangta, les Japonais étant le* premiers qui cm fait coi. naître l'usage du tabac aux Chinois du Nord. l'Ius tard ies Chinois, surtout ceux du Sud. einplovetent les pipes et les tabatières de forme européenne. Dans eu but ils importèrent ■le Hmavra ik-s éi-nihe* de innue pour les modeler sur les formes européennes, et ils les vendaient 10 sous In pièce (Di HaMe. 1. c. IL p. 207;-Prtv M l. I e. VL p. 202;-.Ston<r gen. riaggi. Veoem. I7ôrt. XXII. p. W). — Le» Chinois adoptèrent le bambou pour tuyau de pipe (Mac Arlaay. I. c. 111. p. 2141. Ils ont l'étrange habitude de tenir >o (• urueau nu u-ssus de leur tùtc quai d ils sout au milieu do la foule, pour pouvoir commuer de fumer à Taise Elll», Voyage en Chine, tra i. McCarthy. IHLS, I. p. •J>4).— Non moins étrange «-m la coutume adoptée par les juges chinois qui. lorsq" ils sont en fonction, ont derrière leur io» deux domestiques debout, lté temps à auire I' un d'eux passe sous le bras du juge te tuyau d'une longue pipe, qu'il retire bientôt après, le juge se contentant d'aspirer seulement doux ou trois bouffées de fumée (HOfcaar. l'atteggiata intnrno al globo. trad. Lesaeaa, 1H7U. p. 5)1. La p. Ô84 reproduit la ligure de celle singulière manière de se servir de ia pipe). — L'usage qu'on t ies Chinois de porter la blague a tabac pendue à la ceinture fut introduit, comme on l'a dit plus haut (p. "Jt'ilt). par les conquérants Mamlchoux. Ftrrarie (Costume antieo e moderno. IM3I) dit. en parlant des voteniett's des Chinois, qu'us portent une ceinture à laquelle pendent la montre, le couteau . Je mouchoir, et une bourse de tabac eu poudre ou à turner (i. c. I. p. 3*4).— Holaïas ajoute qu'en ("Une l'homme porte a la ceinture une bourse de tabac, un couteau avec sa gaine, une pierre a lusil avec i .quelle ies Chinois allument la pipe avee une dextérité merveilleuse (Kolmet , Viaggio m Chtna e lartaria net 17'Ji'J. trad. n&l. M i In no. |8I". p. J/.V)). La bourse est otMioairenient uu soie jolinieut brodée (Pallas. I. c. V. p. ÎA'j). <>ti peut eu observer la ligure dans l'ouvrage de HettMrotti (Costumi... iti tutti i popoh antirhi e nxoderm . trad. OiUal. IS'.r.', II. p. IS, ttg. 71). Aaelut donne ia ligure ne plusieurs pipes chinoises (i. c VII issv.'. pp. 436. BI4). la Coeiftt reproduit relie ,i'uu colonel aveu la petite pipe chinoise habituelle a la bouche (Souvenu* mémoire» sur la Chine. 4me éd. 1701, I. p. 'JU . D'UrvIII* reproduit cede u'une dame chinoise fumant la même pipe (Voyage pittoresque. I»34. I. p. 3IS). HRbntr rapporte celles de deux joueur» d'échecs avec la plue ordinaire (lab. XL. f. 4, 1. c. p. 4S7i. et d" nn Mandarin avec sa pipe (I. c. p. 4M). Quand ies Mandarins sortent, lis se fout toujours suivre par un serviteur, qui leur perle, entre autres objets, la pipe et la blague a tabac (Album des Miss, i. c. I. p. 54; il eu rapporte la tlg.) — Ou a auisi adopté en tanne les Houhan, avec la forme indienne (Hlbaar, I. c. p. 4'J7, eu •tonne la ligure), et une sorte spéciale de pipe à eau: c' est uu curieux usteusiio do enivre, dans lequel on fume uu tabac terreux dit «Ami ym, oiut et parfumé avec .es (leurs de VAgtaia odorata (Glallali. I. c. p. 03o).-(7) Caska. lhe teren titters of the sleep, p. 42.

Com* —Ui*Mr* da Tab*». M

Les qualité* de tabac que les Chinois omploient pour la pipe , en hachant et pulvérisant les feuilles, sont nombreuses (1). Rondot en énumère une quinzaine: quelques unes sont coloriées, «l'autre» trempées dan» l'opium, d'autres tonéfléex 1,2».

Les principales sortes de tabac à fumer (appel '• yen ihip) , qui se consomment, à Canton, sont: le chang-hin, qu' on tire de Namon-fou, et qui coûte 1 1 taéls le picid (frcs. 1.H9 le kg.); le chu-hin, plus fort <|ue le précédent, qui vient de Chiu-hatig-fou, de Luiit-chao et. de Thé Kiang, et qui coûte 2 1res, le kg.; le lou si-ktm , encore plus fort , qui vient de Sin hoé et qui coûte 1 fr. 50 le kg.; eiilin le soé hin, qui vient de Lant cliao, de Sin hné et do Namon-fou, sour forme de poudre fibreuse, et qui coûte 2 fis. le kg. (3).

e) Production. - La culture du tabac a dû se répandre en Chine dans la dernière moitié du (lix-sfptîomo siècle. Elle fut observée alors (1668) par Navarello (4), tandis que Kircher no le cito pas dans sa description des plantes cultivées en Chine jusqu' à cette époque (5i. Kilo s'introduisit peu a peu dans toutes les régions du vaste Empire (6), et. y occupa des champs d'une extension pro ii pieuse (7). Actuellement on produit le tabac dans toutes les provinces mais en plus grand quantité dans les terres septentrionales et méridionales, particuliëi émeut dans les zones du Ilupeh, Sz'tschwan (8), Yûuaou e de Kweitschaou. Le meilleur produit s'obtient à Pi kien (9), ainsi qu" à Cheh Kiang et dans les districts <ie Sinhwiiï et de Nanking dans le Kwantung. La culture est absoltnneiit libre (10).

Grosier, dans sa nomenclature de l'usage et de la culture du tabac en Chine, suppose qu' il en était indigène (?) et non importé do I' Amérique (11). Loureiro aussi dit qu'en Chine, et in Cocuinchiue, ou cultivait une forme spéciale de flicotiana frulieem (la N. chinensis) tunquam nattva, sans se douter aucunnement de son origine américaine (12k

Pour anéantir la supposition de Grosier, et jusqu' à un certain point celle de Loureiro, il suffit de réfléchir que, si les Chinois du Sud purent connaître l'usage du tabac par les Européens, ceux du Nord , au contraire , apprirent des Japonais , ainsi qu' on I' a déjà dit (p. 2G0), non-seulement 1' usage, mais aussi 1' art d' élever la plante. C est aussi prouvé par la méthode do culture et do précautions, déjà en usage au Japon, quo suivirent scrupuleusement les Chinois (13); et grace à laquelle il purent ot tenir de la Nicoliana chinensis, qui est à peine une forme cultivée de la N. fruticosa, des feuilles claires, légères, au tissu soyeux (14). On obtint en Orient, une feuillo si fine pour cette lï>ruie de tabac, qu'on 1881 olle fut importée en Allemagne, ot. cultivéo à Wciinar ot

(l) Dans les réfions lia Suit les rumeurs se servent de Ubac haché très tlo; au contraire ceux .in Nord se contentent de broyer grossièrement les feuilles sèches pour bourrer la pip* (Cooke, i. c. p. 42).

(2> Rondot Elude pratique du Commerce d'exportation de la Chine, p. 212.

(3) Hauitman», Voyage en Chine. 111. 1st*, p. 262.

(4) Cit. Prévost. I. I*. VI p. 4S0; — Staria gen. riaggt, Veneziu. 1736, XXIV. p. 67. (ô) Kirctitr. China Monumentalts, 1667,

(6) Aidirso*. A narrative of British Embasty to China, 17'Ji 9i. London, 17%. p. 71;— Von Schtrztr.

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