I. c. II. p
(7) Bércngar. Giogr. de Bluklag. I7K0. IX. p. 77. — 18) Cooks, I. c. p. 42.
<•)) Richlaoltfl (cir. ••ttrmuii's. Geogr. Vitth. 1*73. VII); — Von Sebarw, I. c. It. p. I<R
(lu) Cooko.l. c. p. 42. -(1 1) Qrosi.r./Je la Chine, 3.me éd. MID. lll.p. 213— ( 12) Isirslr*. Fl. Cochin. 1793.
(13) Quoique ies Chinois connussent les Japonais de temps immémorial, le commerce éunt interdit entre les «tem peuples: n peine que'que embarcation échangeait elle furtivement de marchandises de temps à nuire. Mais après l;i conquête des Tartarus 1 1644) lu commerce fut autorisée entre la Cluue et le Japon, ainsi qu'avec les autres peuples <Bé>M|«r. I. c. IX. p. 233). Cela explique i' introductioa des méthodes de cuiture japonaises suivies en Chine depuis la dernière moitié du dix-sept léme siècle.
<14> Billings, lobacc. p. 37.1.
à Erfurth. On 1* y désigna sous les noms de Chimnischcr- , Turhisclier- , ou Podrtisclier Tabak, et aussi de Ostindischer Tiibak, correspondant au nom anglais tet Indian tobacco. Cette forme était aussi cultivée pour usage médical en Chine et dans l'archipel de la Sonde (1).
La N. chinensis est donc étrangère à la Chine. Elle y a été importée, et n' existe dans cette vasto région, qu' à l'état de plante cultivée (2). C'est précisément cette Nicotiana d.ms sa forme originairo, c'est à dire N. ftuticosa, qui fut appelée en Chine yêii ye (3) comme on 1' a déjà dit plus haut (p. 2GÔ) et aussi yen te'uô 1 4). Ceci posé, la supposition d' Anderson que la Chine possède un plus grand nombre de variétés de tabac, que tout autre contrée du monde (6), n'a aucun fonde.nent.
Enfin, Satow (6) affirme justement que la N. chinensis, cultivée en Chine et au Japon, est à peine une variété de la N. Tabaeum, et n'est pas du tout originaire de la Chine, comme on l'avait cru d'abord (7).
Cela explique comment le tabac chinois , obtenu avec la N. fruticosa , a beaucoup plus «le force que le tabac américain (S), et par conséquent peut être très nuisible , si l'on en prend trop (9).
Mais , dans le siècle dernier , le soin quo l'on prenait des feuilles était encore imparfait. Tandis que des locaux sont considérés nécessaires pour cette industrie dans les Indes Occidentales (Amérique), en Chine on n'en reservait aucun, les producteurs ne se
(I) MchMiUch. Ù*t lobak. p. 4'.».
(•.') Farksi. Hamtlay, An Enumeration of all Ihe Vlants known front China, 1887-ViU. (:») La Farina . I. o. p. '>4.1.-(l' Haffmann et Schultei Som$ ind. d un choix de pinnies du Japon el de la Chine (ofr. Jottrn. Asial. 4.nie Sér. XX. Paris. IH-1-. p. 31 1).— (■">) Htndernii. i. c. p. 1*7.
(0) Rata. Zur Uesehichte der \erhreilung des InOah.t in Ost Asieli ("err. Pttarw inn's. Geogr. Millheil.
is7H. pp. '.'l.vi:).
(7) lothar Backer 0, e. p. (W4) dit que, quoique la A*, chinensis sost considérée par les botanistes comme une véritable espèce, elle est dérivée, d'après Sdiouw, «tes anciennes cultures, mai» toujours postérieure» à Ijfii.).— Il est opportun d'observer qu'en réalité la -V. chinensis n'est pas un* writable espèce, mais à peine une forme particulière de la .V. fruticosa (Voir Cames. Monographie du genre Sicotiana. !*.«», p. 9). Et en nme les Port «(tais trafiquaient beaucoup alors avec le Brésil, patrie de la .V. fruticosa. la S. chinensis sursit ainsi dans I' Asie Orientale, comme une form* dérivée par acclimatation de la .V fruticosa originaire, importée pour la première fois en Asie par les Portugais.— Backer ajoute que la .V. chinensis. ayant ses rouilles avec de» queue», ne peut dériver de (a A', labacutn, tandis qu'il est jilus probable que beaucoup de formes de S. labacum, particulièrement la tnacmphylla. ont pu dériver de la S. chinensis (\\ Il émet celte hypothèse pour prouver comment lu type original de tons les tabacs cultivés est précisément la N. chinensis. originaire de la Chine.— Mais, la pairie de la A T . chinensis. qui n'est elle-même qu'une forme de la A*, fruticosa, n'est pas. ne peut pa* être la Chine, mais bien le llrésii. patrie de la A', fruticosa. Becker, tout en niim-ttaut que la S. fruticosa doit être considérée comme la plante mère de tous les Ubacs, ajoute .[tie les botanistes l'observèrent pour la première fois dans I' Afrique du Sud fl. c. p. «4'.'). Il est vrai qu' » la rigueur les botanistes ont pu connaître d'abord cette espèce par les cultures qu'on en faisait dans I" Afrique An Sud; mais elle y avait été introduite du Brésil par les Portugais . qui trafiquaient au Cap depuis la tin ou quinzième siècle, ainsi qu'on l'a dit plus haut tVoir il p. I.V)i.— Il est curieux d' observer comme Backir se contredit lui iiiëine eu affirmant le manque de notices prouvant que les tabacs cultivés en Asie y existent à i'état sauvage, et supposant en même temps que leur pairie doit être dans les montagnes comprises entre la Chine et 1' Hiinlousfan ('.) (I. c. p. Son autre assertion est également inexacte, quand il dit que i'Aste produisait tant de tabac, qu'on eu exportait en Kurope. dès IBIiï, de la Chine et de .lava (I. c. p. >W.i\.
fX> Kn Amérique, on ne cultive pas la A", lahacum, car. fruticosa. mais d'autres variétés de la S. la'/arum. Il faut pourtant observer qu'actuellement en Chine, comme au Japon, on cultive b-aucoup d'autres sortes de tabac dérivantes de la var. macrophylln et de la var. brasiliensts (Voir Contt , Monographie du genre Sicotiana, Naples. 18' Hi, pp. l.Vl'.lt. qui sont iu<);ns fortes, que le tabac primitif apporté par les Kuropéeii".
(0) la Farina. I. c p. 24.1.
préoccupant pas du dommage , que la pluie pouvait causer aux feuilles qu'on mettait à sécher. A peina cueillies de le-ir tige, on les pendait à des cordes pour les faire sécher, sur le champ même sans aucune couverture. Chaque cultivateur et sa famille surveillaient leur récolte, et cela était considéré comme suffisant (l). Lu culture, qui est très fractionnée, et la surveillance des feuilles constituent l'occupation principale de la famille rurale (2). Haussmann dit à ce sujet : Dans beaucoup de régions de la Chine les cabanes des paysans sont ordinairement entourées de petites plantations de tabac. Chaque famille en cultive la quantité nécessaire a ses besoins. Les feuilles , à peines séehées, sont réunies en petis tas , qu' on comprime fortement sous de gros morceaux de bois, et qu'on hache finement ensuite pour la consommation. Un en cultive diverses sortes dans les provinces de 1' Kmpire ; mais la différence do lour force semble dépendre du sol ft du climat. Au Nord le tabac a une couleur g>'m 'raleuient plus paie qu' au Sud. Le tabac chinois est ordinairement plus faible, que celui d'Amérique (3).
A cause de l'habitude générale de fumer les Chinois ne léduisent pas la feuille en poudre à priser. Ils cueillent les feuilles bien mûre*, les cardent, comme nous la laine, et les mettent ensuite sous le pressoir, sous lequel on les réduit en galettes écrasées (4). Actuellement la couleur des feuilles du tabac produit en Chine varie du jaune pale au brun, ou couleur chocolat, et l'odeur, le goût ou la saveur varient de l'agréable au fort, suivant le terrain, la culture et l'apprêt des feuilles , qu'on plonge ordinairement dans une solution d'opium pour augmenter leurs qualités narcotiques.
Dans les localités île la Chine, où l'on ne cultive pas le tabac, il y a le long des routes de grossières cabanes, dans lesquelles les coolies (colporteurs des marchandises) s'abritent pour préserver leurs marchandises, et par conséquent le tabac, des injures de la pluie (ô). Mais le produit chinois est aussi consommé à l'étranger. Celui qui t-st concentré en ballots dans ce but à Canton est fait avec des feuilles séchées au grand air, et on 1' exporte aussi aux îles d' Océanie, où l'on fume dans la pipe et encore sous forme de cigarettes ainsi qu'on le dira plus tard.
Au dix-septième siècle le tabac coûtait peu en Chine, à peine un sou lu iivre, avant que la consommation n'en devint générale; mais le tabac japonais était plus estimé (6). Tour un sou on pouvait avoir une tasse de thé, une pipe de tabac ut un verre d'eaudo vie ^7). On estimait il y a cinquante ans la quantité uV tabac produite et. consommée en Chine, vu I' insignifiance de l'exportation à cotte époque, à 12 millions de picutu, ou 8 à 9 millions de kg. (8). Actuellement une partio du tabac exporte est préparée selon 1' usage et le goût chinois , étant destinée aux nationaux qui vivent dans les colonies, loin do leur patrie ; uue autre partie est. envoyée sur les marchés européens, surtout en Angleterre, partant de Shanghai et de Hong Kong (!»)• L'exportation du Ubac
(I) Suintait. I. c. 11. p. 173. — Il faut pourtant outer que c-t état de choses s'obierve partout, où l'industrie ou tabac u" a pas été prise nu sérieux.
('.', Mac Artnay, Voyage ttans l'intérieur de ta Chine, M':' !'/. (trad. Casttra. Paris, an. 7. Képubl. III. p. -214),— Von Scherzw. I. c. HI. p. 100
i.3) Haïuimann, i. c. 111. 1S-1S. p. -JUl.
(I) U Gentil. A'iioro naggto inlorn» al mondo, (trad. Mal. Veiit-zia. 1762. II. p. 13).
(o) Mortau in Saint Miry, Voyage en Chine. I7'.W. I. p. <K — Il faut pourtant remarquer qu'au siécie der.aer le tabac était encore importé eu Chine, où la production >iu;i tulèrieuru à la consommation locale (Rémuiat Xouteaux mélangea asiatiques, Is-J'J, I. p. 'X,-, quoique la quantité produite aiors lût d<ja considérable (Andtrtai, 1. c. p. 1S7).
(f>) Pré.Ml, I. c. VI. p. 4SO;- Storia gen. vtaggi. Vcu. tu. 17W, XXIV. p. «57.
(7) Oaltporta, I. c. V. p. 3*4. - (S) Lanllaa, f. c. V. p. 300.
i'Jr la- «Jouverneiiieul chinois cxiite sur lu sort m du tabac un droit correspondant à Frs. Î.40 par Kg. Hiuiimann, I. c. III. 1H4H, p. MEt).
grège et du tabac manufacturé, qui était d'environ 4 millions de kg. en 1889, a atteint en 181*3 le chiffre de 6683 mille kg. <1). On calcule la valeur du tabac exporté à 1,336,226 taê.s, cl la quantité à 118,886 Pieuls (2). Le tabac est exporté de plusieurs ports, comme de Swatow, qui a une spécialité [.our le préparer. On en a exporté 28 mille piciils en 181)5 contre 24 mille en 1891. Kioukiung présente au contraire une diminution en ayant expoité 47 piculs en 1693 , contre 'J3 mille eu 181)4. L'exportation du tibac en feuille ou préparé présente une diminution à Hankow: elle fut de 44 mille et (ki mille piculs en 1 895, contre 6ô mille piculs eu 1891. Plus de 18 mille picuis de tab ic préparé furent exportés d'Atuoï en th'/'j, avec une augmentation de 11 mille piculs sur 1891 (3).
TlKKE.STA.S-
Avant la moitié du dix septième siècle les peuples du Turkestan n'avaient aucune notion du tabac. Kn effel , Carpim en 1246 (4ï, Ascelino en 1247 il. c. XXVI. p. 260); Rubruquis en 1253 (I. c. XXVi. p. 270) ; Jenkinson et Johnson en lôô9 (ôi, n'eu parlent pas . tandis qu' ils ont observé plus ou moins les us , coutumes et les productions ngraires do ces vastes régions.
La première remarque eu fut faite par Tavernier, qui, voyageant eu Arménie vers ltsôû , observa que le Chef de ru caravane donna au Capitaine des Tatars (t>) deux ou trois livres de tabac <T). Cela indique qu'à cette époque 1' usago du tabac comment; ut à se répandre dans toutes les régions limitrophes de la Perse: c'est à dire dans le Beloucliistan et l'Afghanistan (Von [ lus haut, p. 203), ainsi que dans le Houkara et le Turkestan en général. Cet usage put surtout se propager dans ces immenses contrées au moyen des caravanes faisant, le commerce avec la Perse (8). On ne doit pas omettre que plus tard les Mongol» et les Russes y contribuèrent. Aussi les Tatars appeloi ont-ils le tabac Tamer comme les Russes (9, , et Tnttiiti comme les Perses et les Turcs < Rh.
J.es hommes et les lemnus tataies se mirent ensuite » fumer le tabac avec passion, en prenant l'habitude dés l'Age de 10 à 12 a-iS. ils préfèrent le tabac chinois; celui de Circassie est consommé seulement par les pauvres, qui le mêlent avec l'ecorce de bouleau, autant pour I' épargner, que pour en diminuer la force (11). La sociabilité des Tatars est poussée si loin , que s'ils se trouvent en campagne, el que 1' un d'eux ail un peu de tibac pour fumer, ou de viande pour manger, il le partage tout de suite avec ses compagnons, si minime qu'en soit, la quantité (12>. Pour fumer, ils emploient tantôt la pipe turque, tantôt le narghilé persan (13).
Les Tatars ont une manière de voyager très fatiguante. Quand ils changent de cheval, ils vont au pas en fumant la pipe, et, à mesure qu'elle se vide, ils redoublent
(I) Darmitaedter, I- c. p. (>7, — (2) L«wlutel«. i. 0 p. 47.
(3) Cfr. Dipl. n. Cons. llep. f.ouJou. Is'.Hï. — china, u. lsirj. t.. 3e.
(4) Sloria générale des naggi . Venena . 1757, XXVI. p. -■37. - i/» Privotl . I. c. Vit. pp. 3ï'l -110. («> Selon Stahleaotrg le premier peuple, qui lut appelé par les Ctuuois lata ou latar e»t le peuple
louttome. ••»*» f'î'iiiois donnèrent ensuite ce uom à d'autres peuples touchant à l' Occident , et culte notion va«ue «tes Trttnrj fut importée en Kurope par Marc* Polo et par les premiers Mtïsiouuairvs catholiques (elr. Sommier. f'n' estate m Siberia. ISSô, p. 21).
(7) Tavorntar. Let six royages en Turquie, en l'erse et aii.r Indes, l<i7.>, 1. p. 18.
(S; Burnet. Reise nach Indien und Bitkara. I. p. 241.
<,'.») Laaal. Voyage aux iste* de C Amérique, 17.4. tl. c 23, p. Mil.
(10) Farminl 'labac, p. — \W plus iiuut, pp. 120, 22S.
(U) Gaielie, Voyage en Sibérie. I7«7. II. p. 'JS. — tl2> 0» Il Montra;*. Voyages, 1727. il. p. 45. (13) VereeckagalM, iclr. Cbarton et Trovo*. i. c. XVI. 1*72, pp. 33. Il >. — <*u y représente le salon d'uue famille tatare, 40111 .pjeiques meurtre» fument la pipe, d'autres de tret élégant» narghilés.
la vitesso de leur allure (1). Et comme ils sont des courriers excellents, capables de parcourir jusqu'à 500 milles en dix jours, pour résister à l'excès de fatigue ils absorbent, chemin faisant, beaucoup d'opium (2).
Les Mongols, y compris les Kalkas et les KaJmouks, qui occupent toute la région indépendante de la Chine, et qui, sous le nom de Tatars de l'Occident, s 'étendent jusqu'à la Mer Caspienne, n'ayant pas l'abitude de cultiver leurs terres, iis reçoivent le tabac de» négociants chinois (1746), ne l'échangeant pas contre de l'argent, dont ils ignorent P usage, mais contre du bétail dont ils sont grands éleveurs (3). Cot échange , que les tarlares Kalkas faisaient avec les Chinois du Xord, est signalé dès 1688 par Du Halde Il remarqua que les Kalkas cédaient leurs animaux aux Chinois, pour avoir ou échange du thé et du tabac; et dans ce but ces deux marchandises étaient tirées (1698) do Pékin par les marchands (4).
Les Kalmouks, comme les Kalkas, sont grands fumeurs de tabac et grands buveurs de liqueurs fortes (5). Ils fument surtout après chaque repas dans des pipes de cuivre d'un seul morceau, à la chinoise i6ï. Pallas dit, en parlant des habitudes (1768-72) sociables des Kalmouks: Ils n'ont qu' une seule p pe pour fumer, et la fument ensemble, y compris les femmes, se la passant de 1' un à I' autre. Si on leur donne du tabac ou des fruits, ils les partagent immédiatement avec leurs amis (7).
Les Kirghiz (8) portent pendu à la ceinture, suivant 1' usage chinois, un petit sac
<l> Hwde, Voyage de la cote de Matabarà Constantinople, en tSIl (rra-i. de j'ainsl. Paris. 33!»).
(2) Macemald KliMlr, Voyage don* l'Asie mineure etc. tsci. (trai. Perrin, lui*, t. p. 144). — Ces peuples sont dépravés et abrutis pur l'usage de i' opium et .lu wiaka. qui «si uu mélantçc formé do P extrait de chanvre et du tabac . capable de produire u» horribie état d' ivresse iReelm . I. c. VII, p. !2s). Vemchagulne observe, à propos de i' usage du nm'Ad, que la mendicité eit admirablement organissée daus l'Asie centrale. Les mendiants (duranà) sont. groupés en escouades; chaque mendiant a son quartier à exploiter, et ie .soir en rentrant dans les asiles iknlentérkhani) il rend compte de sa recette, Puis, après avoir fumé du nacha très lorr. et bu du Knkw ( liqueur très enivrante faite avec l' infusion de capsules de pavots) ces meiid:aots s'endorment u' un lourd «oinmerl, pour recommencer le lendemain à importuner tes geus... Presque tous les duninii sont .les ivrogues endurcis, et de grands consommateurs d'opium... Ces asiles abritent aussi: le fumeur de mac/mi. qui n'ose, ou ne peut satisfaire son vice au logis; l'ivrogne, qui vient boire l« kuknar.ta U bavard, qui y apporte, lu* nouvelles du jour, ou vient en chercher... Il existe aussi des boutiques, véritables chenils, oil l'on fume l'opium: elles sont entièrement lapidées et couverte* de nattes. I.e fumeur, couché, aspire .m tuyau d'une pipe ia fumée de la petite boule d'opium, maintenue par un autre mineur avec une petit» pince, à l' orifice de la pipe. <»ti dit que le fumeur arrive pius vue et plus sûrement à ta démence, que le mangeur d'opium (cfr. Chartoit et Trivet. I. c. XVIII. Ih::',. pp. 323 40!. — L'abus de l'opium et du hachich laisse des traces visibles chez les geus de Km va. Les enfants oot une jolie plustonomie; mais la vivacité disparaît chez les a.lultes et la décrépitu ie arrive prec jcemeut i.Recle», I. c. VI. p 5t'-').~ L'opium était jadis une marchandise d' imputation au Turkestan; il venait surtout de ltoukhari (Khe rochklae. Itinéraires de f Asie centrale, in Recueil d'itin. et de royages dan* r.isie Centrale et CErtrème Orient. Paris |«7K. p. Mi. - Aujourd'hui ùti le cultive avec autonsauo i supérieure (depuis IStW) dans le pays ne Kuidja. En IH74 la valeur .ie l'opiun exporté de ce pays dans l' Kmpire chinois fut de 332 mille roubles. La superficie du terrain cuitivé était du 3/J-"> hectares (Rictus. 1. e. VI. p. ~*U>. (3) Oilaperte, I. c. VI. pp. 343. 347.
(4} Du Halde, Description de l'Empire de la rhine, IV. pp. 133. 137. 140. 144.2011. 2 >7. .">03 ;— 6ir> bllloo. Voyage de Du Halde. IV. p. 500; — TlMkewtM, Voyage à Pékin. 1*27, i. p. 20.
(5) Préveit, I. c. Vit. p. IH. — A la p. ix ((. c > une femme ut are est représentée, tenant à la maiu une pipe allumée. Une autre fleure de Kalmuuk fumant la pipe est reproduite par Veriicrwguine (cfr. Chilien et Trêves, 1. c. XI. t*H p. 302). Il observe pourtant qu'on y lu-tic du mauvais tabac (I. c. p. :i00). Il donne aussi la figure de la pipe . dont se snrvetir tes 1res robustes Kaimouks des steppes de l'Oural (cfr. CtiaMea et Trêves, I. c. XVHI. IK73. pag. 212).
()» Tchlattehell. Voyage dans l' Allai oriental. m\ p. il», tab. Xll.
(7) Pallas. Voyages. II. p. I'i2; — Bunji. Ledeburs Iteise durrh d/is Mtai-Cebirge, IH30. 111. 5l'J. (H) D'après Radlof i.Elhnogr. Uber*. d. Inrkesl. Sibériens, u. d. Mongolet, Leipzig, lSS3i le nom
(Kaita) , dans lequel ils mettent lo tabac et lea accessoires pour le fumer 11). Mais ils le sucent aussi , et dans ce but so le mettant entre les lèvres et les dents (2). Ils l'aiment, passionnément; et pour gagner leurs bonnes graces il suffit de leurs en donner (3): ils le préfèient en poudre (4). Ils reçoivent le tabac pur les caravane-» venant «le la Bouk.irie, de la Chine et de la Kussie (.">).
Les peuples de la région de Masanderan , vois la Mur Caspienne , sont pas-nonués de tabac, au point île ne pouvoir s'en passerai). Le Turcoman fume ordinairement après le repas le tsceltm , qui ressemble au narghilé ; mais 1' embouchure, au lieu d" être en veue, est en bois et a la forme d' une courge, et quelquefois môme c' est une courge (Voir plus haut, p. 218). Sur la partie supérieure, A l'endroit où devrait être le tuyau, •leux trous sont ouverts , 1' un en face de 1' autre : sur le premier on pose les lèvres pour aspirer, sur le second ou appuie un doigt de la main qui tient l'appareil, pour ouvrir ou fermer ce trou , selon que I' on veut fumer plus ou moins fort (71. Le Turcoman aspue précipitamment 3 ou 4 bouff ies ; et , prolongeant ensuite la dernière aspiration autant que ses poumons le lui permettent, il pousse une grande bouffie en passant la pipe ii son voisin. Il prend alors un air absorbé ou inspiré, en pliant le corps en avant... Le tabac qui vient de Boukliara est liés fort. Pour le fumer on l'écrase avec les doigts, en lo met dans le fourneau de la pipe et. on l'allume avec de l'amadou ou des charbons ardents. Les femmes, à part quelques exceptions, ne fument pas; tandis que les hommes fument de toutes leurs force*, et ont toujours, aux cotés de la chemise, une sacoche pleine de tabac. Même pendant la nuit, si le Turcoman est tommenté par l'insommie, il se lève, et allant à la recherche du nécessaire pour fumer , il entre dans les tentes où ii peut trouver du feu , sans que personne y prenne garde. Parfois le propriétaire demande : yui va là ? et laisse le visiteur fouiller dans la cendre et allumer sa pipe... Beaucoup d'hommes pi isent une espèce d'herbe sèche pulvérisée, qu'on mêle au tabac, en y ajoutant un peu d' huile de sésame qui lui donne une couleur noirâtre , et lie le mélange (8).
Quoique les Tatars importent, ainsi qu'on l'a déjà dit, le tabac de la Perse et de la Chine, ils le cultivent partout (9). En 1804 Bolchoi planta le premier sur les bords du Syr-Déria le tabac de Khiva {tamiak) , qui y réussit à merveille et fut préféré à colui de Boukharia. Les feuilles en étaient longues; la tige, ligueuse; le goût et l'odeur, très agréables quand on le fumait. Il ne lui parut pas inférieur au tabac turc (10). Il le trouva cultivé aussi eu 1803 par les Khirghiz, et il raconte même que pour apaiser les tourments de la faim il en fumait souvent les tiges (I. c. p. 157).
Dans la vallée du Zerefchan, vers la Boukharie, verdoient de vastes champs cul-
de Kir g hi î viendrait de Kirk. quarante, et de JAt % cent, noms de deux tribun Usbru enstant encore aujourd'hui. M.ns <i' après mie de leurs légendes le nom de Khirghiz viendrait de Kirk-Kit . les quarante ji-uues tilles.
(1) Uvillto. (Uogr. unir de Hill* Brun, 1H62. V. p. 175. — (2) VtrMChagvlM. I. c. p. 232.
(3) Bolcboi <eh\ Eyrltt et Malte-Brun, I. c. XIX. I8.>3. p. •'••'>)•
(4) VerMCtaftiilM (oir. Ourla» ta Trtw». I. c. XVIlt. 1*73. p. 24K).
('») M*y«r. Rtise durch dit Sungnrisr.he Kn x'isen .S(e,>;w», ia U4*t>»urt Rfue dureh das Altai- (le hirge. 11. p. 474; — Sltwars, SiOii ische Briefe. p. KÎH. (t.) Btraaaar, Gcugr. de Buiehlrvg. 1780. VIII. p. 'M.
(7) VamMrv douue la ligure <le C imé-rieur d' uue lente turreunanne, oil I' un des assistants fume dans in pipe spéciale de cl-s contrée* clr. Cbirlan et Trtva», I. c. IV. I Ml W p. 2.V2). I.e Ueng (chanvre) eat .ievenu pur la suite le narcotique i.ivon de» Krurghiz. après qu'on eut défendu aous peines sévères le vin et le* boissons spir.turuscs (i. c. p. 27l>).
(5) BlacqiMvilla (< lr. Chartaa et Trim. I. c. VII. 1WS7. p. 37).
<») Uvallét, Uéogr. umv. de MalUBnia, IH02. V. pp. 170, 182. 187. (10) Cit. Ejrrlèt et Halta-Bru*. I. c. XIX. 1823, p. 190.
tivés en mais et en tabac (1); mais comme ou n'y fume jamais, un n'y fabrique que île la poudre à priser (I. c. p. 308*.
("est en Boukharie, que )a plante de tabac est le mieux cultivée et largement (2), surtout dans la val I tie <lo la Kachka i3). Le tabac qu'on obtient à Karseey est vraiment excellent (4), et on en fait de grands dépits à Rouk luira |5>. On eu exporte en grande quaniiié de la vide de Carchi , qui est une des principales «talions des caravanes, allant de Caboul à Samnicande (I. c p. 155).
Généralement le tabac qu' on produit dans le Turkestan ne subit pas de préparation, et sert ainsi à la consommation des naturels (G).
SlHIÏRIK.
«i ÏÏBage et culture.- On ne sait pas avec précision quand l'usage du tabac pénétra chez les peuples de la Sibérie (7). Klaproth garde un silence absolu à ce suj^ t , tandis qu' il parle des échanges qui se faisaient entre les Chinois en 16S4 (S». Relativement à l'usure général, après cette dernière date, on n'a que la notice rapportée en I73>1 par Gmelin, où il raconte que les prêtres de Sibérie (appelés Dtmtt) avant de donner un conseil demandé, triturait à sec entre leurs mains un peu de tabac à fumer, qu' ils jetaient ensuite dans une tasse d'eau de vie. Après avoir bu cette infusion, ils prononçaient leur oracle |9). Mais a cause du contact perpétuel do ces peuples avec leurs voisins, et surtout avec les Chinois, I' usage de fumer ne manqua pas de pénétrer partout, or. do se icpandre parmi eux comme parmi les autres peuples. Ainsi, le Surmate, en compagnie de sa pipe, traverse sur un léger traîneau les immenses steppes de la Sibérie; et sa fumée seule éclaire parfois le sombre et monotone horizon de ces solitudes (10).
Ces peuples ont l'habitude, grâce à l'échange de leurs fe iirures, de recevoir le tabac (mauvais, du reste), et le thé, des Chinois (11); ou bien ils achètent de la Chine le tabac jaune (appelé Tachar) pour 16 Kopeks la livre, et le tabac noir à 20 Kopeks lo baschlscha (12).
Le tabac est cependant cultivé en Sibérie, principalement dans les districts de Tomsk, d'Ycnisscisk et d'Irkoutz; mais surtout dans les jardins qu'on pont fumer plus tot. Il y pousse bien, jusque dans ies régions supérieures, audessus de l'Amour, et est toujours
(1) Raaïe» (cfr. Recueil rfïfin. et de voyages, Paris. 187H, p. 27S).
(2) Malte-Bran, Gèagr. univ. (a.me éd. HmoL Pans, IV. 1H4I. pp. «.\t. tiiS). Ci) Roclu», I. c. VI. 1881. p. 502.
(4) Vtaggto piltoretca net le Indte Orientait. Torino. 1870, p. |5U. — (5) lirtnwi4Jirt (cfr. Eyrias et Hllta-Bri». I. r. XXXI. 1820. p. 1«8), Le ubac V est appelé tamoh (BttrnM. I. e, I. p. 241).
<0) Amadoll. Iticordi d'un viaggio nelle steppe del Kirghitan. e nel Turkestan. 1870 (cfr. Boll. Soc. Gtogr. Util. VII. 1*72, p. 101).
(7) 11' après du récentes éludes «tliiioloirii|ues . le nom «le Sibérie vient île c. lui d'un peuple aujourd'hui disparu, ou plutôt, ayant fusionné avec lea Tatars de i'Irtish (afflueut de l'Oln), ei qui portait le nom de Sibir ou Sb'ir, de la race finnienugorsco {Soc. Géogr. Paris, C. R. n. 6 7. ltftKi).— La Sibérie lut coooue des Kusses en par l'entremise d'un habuaut des euv:ron* d' Arkangel. appe>é AnlU. Elle fut conquise eusuite par uu Chef de brigand*, sous le régne de J«m Basilid* (Ch»p|>o i"Aiitirach*. Voyage en Sibérie. 1 7«î I . Amsterdam. I7«W. 1. p. 247) — Elle a pris sou nom de la ville di Hibir. capitale d'un Kkiaoat tartart- conquise par les Russes eu 15Si' (cfr. Gr<i|oirt. i. c. p. I7K5).
<tf) Cir. Eyriki et Klaproth, Sour. nnn. voyages. 2.me Sér. X. lH2^.-(9) Cfr. Prévoit, I. c. XVIII. p. 102.
(10) Baldi, li labacco (cfr. S-uenza del Popolo, Miiano. 1809. u. 24, p. ii).
(11) Co*e. Nouvelle* découvertes de* Itusses entre l'Asie et t Amérique (trad. 0««iou«lor,!7HI. pp. 301, 302. 307);-Palla». Voyages. VI. p. 37U;-Pré*Mt. I. c. XVIII. p. 192.
(12> Paliai. I. c. V. p. 2I0.-I0U Kopeks valent un rouble, ou 4 francs, et chaque livre équivaut a 40(1.5 gnimtnea.
cultivé dans les jardins avec les légumes, les courges, et d'autres plantes (1). Ce furent les Cosaques que tentèrent. ça et là la cult ure du tabac enS.béne. Partout où le climat le permettait, ils le firent dans le but de se piocurer do quoi fumer dans les différents postes, où ils étaient détachés. Il fut cultivé avec grand succès dans les région* orientale* de la Sibérie, jusqu'il <'ti faire un grand débit avec les idolâtres; mais alors on ne savait pas en cueillir les feuilles a temps , ni les préparer. Le goût qu' il conservait le faisait appeler sMcntarhun. On ne le vendait, que 15 ou 20 Kopeks la livre, il cause de sa mauvaise qualité, tandis que celui de Tscherkask coûtait 40 Kopeks, et même davantage. On vendait même 60 Kopeks celui d'Oudinsk i2).
On ne doit pas s'étonner de voir la culture du tabac réussir en Sibérie, si l'on se souvient de ce qui a été dit à propos de cette culture en Mantchoune (Voir plus haut, p. 261.et suiv.), et dans les provinces situées au estrémités septentrionales et occidentales de la Chine.
b ) Eigions de Titar» et des Bouriat*. - Kn Sibérie aussi lea Tatars aiment beaucoup à fumer le tabac (;<). Us ont cela de commun avec tous les auttes peuples de la Sibéne. Us s'y habituent des l'âge de 10 et 12 ans. Us préfèrent a tout autre le tabac de la Chine; celui de Circassie seit seulement aux pauvies gens, qui le mêlent a l'écorce de bouleau, autant par économie que pour en tempérer la force (l. c. p. SlH). Les Tatars , après un dîner de cérémonie, se livrent au jeu, a la danse, au tabac (I. c. p. 120). Gmelin rapporta (I73it) que les femmes talares de Sibérie fument aussi le tabac. Cue u'elles le voyant bourrer sa pipe, lira la sienne de sa poche et lui demanda du tabac. La pipe une lois allumée, elle uvala .a première bouffée de lumeo, et l'offrit a une de ses compagnes, qui ht de même. Les nommes, jeunes et vieux, ont lu même habitude, car c'est un usage général chez ces Tatars d' avaler la fuiinv de tauacil. c. p. 162). Les Tatars Khirglnz de la region de Tom no tout que le coiiuneice ue Ubac et de chevaux (.1- c. p. lobj. Les Tatars de» région» de 1' Uby sont très hospitulieis ; et en échange de leurs lOlitesses, ils n'acceptent qu' un peu de Uibac a luruer 11.20). Chez eux aussi Its femmes fument Ja pipe (i), et comme toujours avalent la fumée <ô). Leur pipe est en cuivie U'^O) (tt). C'est la petite pipe chruorse ordinaire ij/umu), qu' eu fuma plus de 20 lois par jour (7), et qu' on lait venir de Chine, ue moine que le tabac (8).
Les bounais pie la Sibéne, mais oiiginaites des steppes de Mougolie) portent pendues à la ceinture, selon la coutume des Maiiictioux et ues Chinois, ta pipe eu la tasse à thé (y). Chez les Bouriats (à likouuki dans les létes nuptiales Jes invités reçoivent de l'aibul une pipe ue tabac, qu' Us fument sans descendre de cheval. Tout le monde fume le tabac tfumaki) sans exception, même tes entants des deux sexes. Ils se servent de pipes de bois u'uue lorme pamcuuere, do pipes en argent, en métal, ou de pipes chinoises en cuivie \yun*u), si petites, qu'on en peut fumer jusqu' a 20 eu une heure (.10).
c) Bégion dea ToungouMi. - Les Toungouzes ont dù apprendre des Mandchoux l'usage
(1; Kaha uud Aa4r««, Stbirirn und dm Amurgehiet, II. p. "4.— i^ij PaJIa*. 1. c. V. p. tt-4. (3) Garait* 'en. Prévoit, i. c Will. p. y.*,.
(i) 8*11... Voyage... dan* dirertet cuntreet de t'Aue (<ru<l. ue l'an*.. Paris, I7<)7, I. pp. 73-74>. l>> Mraaaar, iieugv. de Sfltctitng, 17714, I. p. '-'.15. - (ij, IX Liai* (elr. Prévatt I. c. Will. p. .Vlî). O) P»Um. Vuyage: V. p. '-'J.— Omlin (tir. P««v«tl, I. c. XVUI. p. hfcj;— Baargi. lue Vùtker Hunlaud, l. p. l;t5.-it»j fUcuu. i. c. Vi. ISttl. p. 747.
.10> Cir. £ ? rlti <m Maila-Bran. i. c. XXV. Isi'5, pp. J'.'T. -I0«;eaaral. Re.ten m RuuUmd.l pp. 'JW, 30V,-Er»i», 8«rahtat Anwiten tUr Krdund Vulker Kunde, l. p. 7l>.
l'uni* -y/M»..ir. du Tata* ÏC
du tabac, ayant la même origine (1), les mêmes moeurs et le* mêmes coutumes <2). Ils aiment beaucoup (17.01 le tabac (3), et éprouvent une grati'Je jouissance à le fumer (,+). Kn Sibérie les femmes ne quittent jamais la pipe pendant le travail , et cet usage eat général chez les Toungouzes (5). Le» femme» toungouzes fument, ainsi que les linmmcs, beaucoup de tabac chinois. " Les femmes toungouzes fument de grosse* pipes.... Tous les adultes fument, tt ce qu' ils demandent d'abord c' est le tabac. r (6). Dans ce but (7) elles portent toutes un petit sac en peau pour y mettre le Ubac, la pipe et le petit poignard. On ne peut les approcher, qu' avec la promesse de leur offrir du tabac. C'est un plaisir de voir avec quelle avidité eiles le prennent, l'enroulent en paquets dans du papier, et le gardent dans leur bas (8). Gmelin raconte que voulant bien recevoir une famille de Toungouzes , il leur offrit du tabac de Chine , et une pipe de
cuivre du mémo pays La femme aimait beaucoup fumer ainsi que son mari et son
fils. Le inaii commençait par bourrer la pipe, rallumer et en tirer quelques houfPes de fumée Il la présentait ensuite à su femme , qui la passait à son tour au fils , celui-ci enfin la rendait, au per--. Kt ,a pipe passait ainsi do l'un à l'autre, jusqu' a ce qu' elle fut mut à-fait consumée l'.tt.
Primitivement les Toungouzes recevaient le tabac exclusivement de la Chine, l'échangeant contre leu s rares et précieuses fourrures (10). Ils eurent aussi ensuite le tabac grège importé en feuille, avec les pipes de Chine, par les Cosaques (11), qui faisaient ainsi de bonnes affaires commerciales, dont ils retiraient un bénéfice considérable (I. c. p. 104). Les Toungouzes n'ont donc pas d'autre tabac que celui de la Chine et de la Russie, dont ils font un grand usage. Ils avalent la fumée, assis à l'entrée de leur tente de cuir, près d'un grand feu; et ils arrivent à être tellemeut grisés de fumée, qu' ils tombent par terre, sans connaissance. Les femmes alors, profitant de l'état d'ivresse (12) deleurs
i l i Mail» Brun, Gèogr. unir, (ô.me éd. Haat. V. 1841, p. 43).
i,2 1 D«l*pari«, i. c. VI. pp. 322-23.— Cela vieurirait u i' appui ae 1' opioion de N*r»MiskJ<ld. lorsqu'il dit qii<- des le commencement du du septième siècle toutes le* race* sibérieoucs, hommes, femmes et entants, étaient des tumeurs passionnés iNor*Mtk|5ld, Lu Vega. MiJano. IB82. II. p. VA).
(3) Bill, Voyages... dam diverses montrées de l'Asie (trad, a. l'iingi. l'uni. ITttfl, I. p. 100);— D«li- ••rte. t. c. p. 322.— (4) Halte-Bru*, i. c p. 43.
<5) Emu* (efr. Eyriès et Klaprsth, Xouv. ann. voyage*, 2.me Sér. XVII. 1X30. p. 300). Lear.», En SiOcne. p. 1(52.
(7) 1-e* leuimes aussi (1746), suivant comme les hommes lu coutume des Muntchoux, portent pendus à la ceinture lu pipe et les autres instruments pour fumer (Dalaa«rte, I. c. VI. pp. 322 23 ; — Ftrrarl», i. c. VI. p. ïlOj. — Ou appelle lu bourse à tabac tchaplourgn, et lu pipe djtire; elles sou: toujours de provenance chinois*» (0* Sabir, m Xouv. Ann. Vovog. O.me Sér. 1851, II. pp. 327-8).
(«) Ctr. Prfmt I. c. XVIII. p. 22<i.— ('.)> Ctr. Prowst, i. c. XVIII. p. 325.
(Pi; La Braya. Voyage* dan* la Moscovie. en l'erse tt atix Inde* Orientate*. Rouet) 1725. IIL p. 4*?;— Prévost. 1. c. XV111. p. 333.
(Il) Waaasr. Mémoire* sur la hume, la Sibérie (trad, d. I'allem. I7W. p. 101.— Les Coaaques établis en chérie, homme* et temme*. sont très avides d' eamie-vie et de tabac (Baitvar, Voyage*... de Billings . i7859i. l'aris. ISO"-'. I. p. IIS); et. partout oit ils le peuveut . ils cultivent uu p«u du ubac (Palla*. Voyage*. IV. p. 12).
il'.') I.ts hamtauu des régions baignées par le Jenissei prennent aussi le Ilyotcyamut. Ils eu hachent menu ies leiii'.rs et la raciuc. et eu verseut les parcelles dans la bière en fermeututioo, ou déjà faite, lu seul verre ne cette mere rend fou celui qui lu boit. Il se met a parler sans savoir ce qu'il dit. Ses sens .sont troubles jusqu'à n'avoir plus aucun sentiment de la mesure. S'il marche, il a' imagine reucontrer des obstacles lusurmoutables. li voit a tour moment l'image terrible d'uue mort prochaine et mévitabie. Ces habitants se serveut souvent do cette plante pour se moquer, à tour de rôle, le* uns .ies autres. C'est pour ce motil qu'ils la déjiguent par la qualification a" enivrante (ctr. PréfMtj. c. XVIII. p. 338). - Consulter C**k* (.. c. p. 332) et suiv. pour les détails relatif* a l'usage du ju> squiame et d'autres solanacées.
maris pour satisfaire leurs goûts amoureux, so prêtent mutuellement, à leurs intrigues, sans jamais so trahir (I. c. p. 130).
En 1787, La Péroute observa que les insulaires de la grande lie de Tarrakt, ou de Saghalien (1), tous fumeurs passionnés acceptèrent du tabac avec beaucoup do gratitudo (2). Ils ont constamment la pipe à la bouche, et comme les Mandchoux (beaucoup d'ont-r 'eux étant originaires de la Mantchourie) ils portent pendue a la ceinture la petite le mi se à tabac avec les instruments nécessaires pour le fumer (1. c. III. p. 65). Leur tab ic était de bonne qualité et à grandes feuilles. Peut-être le rotiraicnt-ils de la TarUrie (?) selon les hasards des navigateurs; mais leurs pipes, et peut-Otto aussi d'autre tabac, venaient certainement d' une île du midi, probablement du Japon. L'exemple des marins no put pas les décider à priser la poudre (I. c. 111. p. 43) (3).
fi) Bégion du Kamtchatka. — Les Kamtchadales, qui s'étudient a imiter les étrangers (4), prirent aussi le gout do fumer le tabac, peut-être en primier heu des Toungonzes , en retirant la feuille de la Chine (I. c. p. If. p. 3S8), et de l'Ukraine (I. c. II. p. 391) (5).
Le tabac de j'I'kraine (Voir plus haut, p. 115), qui vaut 10 fous la livre, leur est vendu 9 francs (1730)... Primitivement, du moins, pour en avoir une livre des Russes il fallait donner les 4|5 de la peau d'un reuaid, qui valait exactement 9 francs (ij).
Kn 1793 une livre de tabac on feuille, qui coûtait à Kaztn ô Kopeks (ou ;>"> continiest , se vendait chez, les Kamtchadales 3 roubles (ou 303 Kopecks) (7). Cependant, malgré son prix élev< ; , Cook, arrivé au Kamtchatka ou 1779, fut obhgi de se fournir de tabac, ear depuis un an, pondant son voyage en Oceanic, ses marins u' avaient pas pu s'en procurer dans les ile.s qu'ils avaient visitées (H).
Les Kamtchadales aiment donc passionnément le tabac , qui a été introduit chez eux, peut-étie même avant les Toungouzes, par les Russes (9). Tous, hommes et femmes, fument, ou chiquent le tabac. Ceux à qui des voyageurs omirent du tabac en poudre se le mirent, non dans le nez, mais dans la bouche. Leurs pipes ont la même forme que
(1) L'Ile de Saghaiien (Sakhalin) appelée au*si Tchoha, et, par les Japouaia, Okou Jesso, fui visitée pour la première fois, eu !*43. par le ua-.iKaleur hollandais fltrrltt à» Vrlet.
(2) Mlltt-Msrttu, Voyage de La PératiM. 1797, lit p. K6; iV. p. 7\
(3) Les nonces données par La Pénutt furent confirmée!) postérieurement par Krattattin .Reise um die Well in den Jahren IH03-4) . IL pp. 73, !7>).-Ce «ont le» Ghilinks do la région de l'Amour, qui apporteut habituellement à ces insulaires le tabac de la Mantchourie (0* Sabir, I. c. p. 343).
(4) Knchenlnnlkow, HUt. et deteript. du Kamtchatka (trad, riu russe. 1770, 1. p. liW;.
<.V Les Kamtchadales out l'habitude de s' exciter avec une matière indigène, faite avec l'.4*«rieus musenriun . eoimu des Russes sous le nom de Mnchù-mora. On le mange sec . ou on en boit l'infusion dans la liqueur fernieiit*e d' Kpiloliium. Cette habitude occasionne une espèce de treiuoltimeut des membres, suiv; d'un é;at d'ébriété et de délire fébrile. Ceiui qui en prend avec mo i -ration devient puis léger, plus vu. pius gai. plus fort et plus intrépide. Eo somme, ce champignon cause !«•« mêmes effels que l'opium, excitant à des actes étranges, et procurant des visions fantastiques, des hallucinations extravagantes : on s'en sert surtout lorsqu'on doit tuer quelqu'un. Si l'on est déj.i ivre de ce champignon, ou recueille l'urine dans uu récipient: on la boit à son tour, et elle procure la même
ivresse que le champignon même La dose modérée est d'au moins -I champignons; nmi pour se
griser il laut en manger une dizaine i KrartitltlnnJktw, I. c. I. pp. MX. I ô2;— Delaatrl*. I. c. VU. p. 2i*3).— l'our les détail* relatifs à i'mage de ce champignon, consulter Ceekt, I. c. p. 33d, ot tuiv.
(<!) Ofr. Prévoit. I. c. XtX. p. 32*. — Les Kamtchadales « aimant, extrêmement le tabac » pour en obtenir îles (tusses, leur cédaient les riches peaux des autmaux. qu'l's avaient tués à la chasse (Meant, Viaggi dalla China alla eosta Sord O'est d'Amené», I7*s. 2." ed. il. I71HJ, I. p. I l)
(7) Saeer, Voyage... de BIHUft. ITxT.ÇI (trad. Catléra, Pans, Hn.\ 11. p. 214).
(*) Ceeae. ïroisiàme Voyage. I77«x> (trad, d. l'.mgl. l'an,. I7*i. III. p. 2.VI-.
<?) Ctxt, Sour, déeowertt's de* Uttsset entre CAsie et C Amérique (trad. Otmttinier, 17*1. p. 143).
les pipes chinoises. Elles sont donc petites, mais en os. Quand ils fument, ils so gardent bien de renvoyer la fumée ; ils l'avalent, au contraire, avec volupté (1).
e) Région des Ostioks (2| , des Samoyèdfis et des Tarants. Selon Millier , chez les Ostiaks des deux sexes le tabac est en grande faveur (3); mais leur mode de fumer est très différent de celui employé généralement. Ils prennent d'abord un peu d" eau dans la bouche, et. aspirent ensuite le plus possible de fumée, qu'ils avalent avec l'eau. Après H ou 4 bouffét-s, ils tombent par terre, sans connaissance. Ils restent ainsi étendus pendant un quart, d' heure : les yeux fixes, la bouche ouverte, le visagft couvert d' écume et de bave sortant des yeux , île la bouche et du nez. Us ressemblent à des épileptiques en convulsion. Ils sont quelquefois victimes de cette étrange façon de fumer (i). Tantôt ils restent soffoqués; tantôt ils s'évanouissent. S'ils se trouvent près d'un fleuve, ou d'un lac, ils se noient; si c'est près du feu, ils se brûlent. Les mères habituent leurs fils à fumer étant jeunes , croyant quo cotte coutume peut leur servir , parce qu" elle provoque l'excrétion des humeurs formées par le poisson cru et les mauvais aliments dont ils se nourrisson (.0).
Le Bruyn raconte qu'une ries dames d'un prince des Ostiaks lui offrit un petit baril de d' esturgeon, jaune comme de l'or, et que lui, à son tour, lui donna de l'eau-de-vie et du tabac , qui constituaient pour eux des choses très recherchées (6). Un peu de tabac et un verre d'eau de vie constituent un paiement chez ces peuples encore ignorants (1720) de toute monnaie 17). C est ainsi qu'ils troquent une oie sauvage contre deux feuilles de tabac, ou une pipes (8), la leur étant faite avec une petite pierre canve, à laquelle est adapté un tube de bois (9). Pour leur plaire il suffit de leur offrir du tabac (10). Le tabnc et l'eau-de-vie leur procurent une ivresse longue et complète, mais détruisent petit à petit leur race ill).
Les Ostiaks de l'extrémité orientale de la Sibérie sont idolâtres, et ont les mômes coutumes que les sauvages de 1' Amérique du Nord. Le tabac constitue pour eux une grands ressource peudant les chasses d' hiver, où ils sont exposés à un froid terrible, et quelquefois même à la faim. Ils le fument, mais ils préfèrent le prendre en poudre (12). Ils ne le trouvent jamais assez piquant, et pour le renforcer ils le mêlent, aux cendres de l'agaric (champignon, appelé TBchaga, Ostiak, Jaeham) , qui pousse dans les fentes des bouleaux et des peupliers. Cette cendre est fortement alcaline. Après s'être bourré
(1) Da Latsapi, Journal historique... 1790. I. p. 235.
(2) l.e nom des Ostiaks ue se trouve pas mentionné dans les chroniques russes avant le seizième siècle (SoMiittr, Ostiacchi e Samoiedi dell'Ob, in Mantagazu, Arrhiv. Antrnp. XVII. Kirenze. 1H87, p. 77).
ÇA) Baraaaar. Géogr. du BlUcKInj. 177fi. I p. 2*.<7. -De* ltt'.)2 Ubrand loa» avait ohserv • que les Oitiaks. hommes, femmes et entants, étaient tous des tumeurs passionnés {Dreijtîhrige Heite mtch China. 1704. c. V.).— Les femmes, comme ies homme*. iorerromp«at leur travail your se mettre une pincée de tabac eu poudre, mcié de cendre, entre les dents et la lèvre luioiicurc (Somniar. Cn'etlatc m Siberia. 18*5. p. 424).
(4) Cela est aussi continué par La Bruyn. Voyage, 172T., III. 353.
(.">) Ofr. PravoaL I. f. XVIII. pp. 518. 532;-DalaBaHa. I. <•. Ml. p.
Ith La Bniyn. I. c. III. p. 352.-(7) Bail, Voyagea... I. o. II. p. W.— <H, Cfr. Privait. I. c. XVIII. p. 539.
i'J) 0a Liila (cl'r. Prévost. I. c. XVIII. p. 532}.— Aujourd'hui, au contraire, les Ostiaks se servent de pipes de métal plutôt élégantes, suivant In lijture rapportée par Saatmlar tUn'eittnte in Sioert/i. 1885. pp. 243. 433).
(10) Karniloft (1802). )□ Sour. Ann. Voyng. 113". 1*47. t. p. 277;— Cuiras (1817). iu Sour. Ann. Voyag. IHT, 1847. IV. p. 20.-<ll) Raclas. I. c. VI 1881. p. 67.».
(12) yuatid vieul la mauvaise saison ies "stiaks passent leur temps dans les cabaues portatives (yourtes, a bavarder, à rire, saus ïaire autte chose que noue du the. manirer. lumer, et m fourrer des prises de tabac dans la bouche et dans le «e* iSemmkr. I n'eatntt in Siberia, 1885. p. 423).
le nez do ce tabac, ils se bouchent les narines avec de l'écorce de saule. L'action de cette poudre piquant* leur cause uue espèce d' inflammation sur la figure, qui les garantit du froid, et ils évitent ainsi d'avoir le visage gelé (1). Ils mettent toujours auprès de leurs idoles (2) un cornet plein de tabac en poudre et de l'écorce de saule, afin qu'elles puissent en prendre et se boucher le nez selon la coutumo locale.... Les Russes logés par les naturels profilant de l'obscurité de la nuit, pour s'en .noquor, prennent lo tabac des comète des idoles... Et, si les Ostiaks s'aperçoivent que le tabac manque, ils finissent par croire que l' idole est allée à la chasse (3). Mais, s'il leur arrive quelque malheur, et que l'idole n'y remédie pas, ils la jettent à terre , la piétinent et lu mettent en pièces. Ils ont également 1' habitude de poser auprès des ca lavres des leurs, en même temps que le couteau, la hache et le fusil, un cornet de tabac (4).
Les Samoyedee ont. les mêmes égards pour les cadavres, et ne manquent jamais de leur mettre la pipe et le tabac (5). Ils fument continuellement '.6i, quand il peuvent avoir du tabac par les étrangers; mais quand ils ont terminé leur provision, ils s'en passent sans regret (7). Us ont aussi l'habitude de chiquer et de priser (8). Ils reçoivent le tabac d'Archangel (9).
Les Tacouts ( 1 0) se sont également adonnés à l'usage de f'imer (11). Donnez leur de l'eau dévie et du tabac, et ils ne vous demanderont pas à manger (12). Fumer est un usage général, adopté même par les femmes (13). Ainsi que tous les peuples de l'Asie Orientale, ils *e servent de pipes au foineau très petit, qui sont fumées en un moment (14). Kn plus de la pipe indispensable ils portent pendue à leur ceinture une boite contenant du tabac mêlé à du mélèze pulvérisé. Dans ces régions, Busses et indigènes (1822) ont aussi l'habitude d'avaler la fumée, et ils s'enivrent ainsi quelquefois jusqu'à rouler dans le foyer, autour duquel ils sont assis. Eux aussi prétendent qu'en avalant ia fumée le corps se réchauffe, et devient insensible au froid (15). Us préfèrent le tabac de Tcherkask (16). L'indigent yakout troque ses propres fourrures contre quelques onces de tabac de Circassie tl7). (Voir plus haut, p. 116t.
f) Bégion des Koriaks et des Tchonktehis. (18) -Les Koiiaks, de même que les autres peuples de la .Sibérie, aiment énormément le tabac (W). Pour les gagnci il suffit, comme
(1) Pallas, I. c. V. p. l'Jif, — Wt|inr. 1. e. p. 21*. — Emana, 1. o. I. p. 677.
(2) Quand un membre de ia famille trieur). ies Ostiaks sculptent uue ligure <ie bois iliaule de '20 à 30 centimètre»;' pour conserver sa mémoire nans leurs grossières habitations. Ils ne manquent jamais <lc mettre à ses pieds, avec d'autres instrument», une tabatière et une hourse remplie de tabac à ruiner (f»w»i*r, I. e. p. 352).
(3) Pillai, I. c. V. p. 140.- (4i C(r. Farrario. I. e. 1*31. VI. pp. 225. 2?.».
(5) CIT. Ferrari». I. e. VI. p. 242.-<«> Cir. Farrarla. I. c. Vi. p. 240.-(7i C(t. frémi, I.e. XVII! p.?,|2.
(H) Semialer. Sole etnologiehe d, un riaggin in Siberia (itr. «a»t»aaiiaMrr/i per VAntrop. X. Kireiue. ItfttO. p. 5«2). Sammler, dans sos livre: Vn'estale in Siberia. IH85. donne iv* Huîtres des una- Hères aduptées par le» Samoyè les : tabatières d'ecoroe do b»uii\iu (p. 4'29); d'os (p. 420>. et d'os <le renne (p. 431;. Knilu, il donne auui la dgure dune élégante pit>o saiiiovode (p. 44V!).
{'.I) Ermin, I. e. p. 300.
(Ifi) Les Russes ne connurent les peuples Yaeouts. qu'eu 1020 :8*u«r. I, c. I. p. 2n5).— Ils se rutlacbcut à la raee ougrierine, avec mélange d'élément* mongols (Grégairt. >. c. p. 101 1).
(11) Oall, AU:>kti, 1870. p. 521.
(12) Unrovaki (cfr. Charton et Trima. >■ c. VI. p. 37WI3) Eraiaa. I. e. p. 3>ai.
(14) Millar. Veber Tungusen urni Jatiuten. I*x? (Cir. Haalaaaiia . Arrh. per V Atttrnpolognt. XII. Kirenze. 1**2. r . 304).- (15) Wraaael . in Sour. Am: Voyag. W, 1*44. Hi. P- «7-
(L«> Galittla. in Sour. Ann. Yoyog. 135". 1ST,:, m. p. |'.M.-(I7) Billing*, I. e. p. 217.
(IK> Tribu ougrieuue de ia Sibérie du N. K. (comme les Y..cuulsi: cfr. Grégoire, 1. e. p. 1X67.
i IV) li'après Vagal les Koriaks apprirent des Kuss«s l'usage île mmer le tabac et de boire l'eamie vie (<:ir. Sour. Ann. Vuyag. 6.me Sér. l*5»i. IIL p. 152).
toujours, de leur en offrir, et ils l'acceptent comme lo cadeau les plus amicable (1). Ils s'enivreut aussi à force d'avaler ie tabac, jusqu'à tomber par terre... Une sueur froide leur inonde alors tout le corps; la bave coule de leurs lèvres; la respiration est pénible et la toux continuelle. Quand ils so sont mis dans cet état, ils croient avoir fumé délicieusement Cl. c. 1. p. 26?!). Ils ont la coutume de terminer leurs cérémonies funèbres en s' étourdissant avec le labac et les boissons fortes < I. c. II. p. 90 ). Us se servent de petites pipea à la japonaise , qu' ils remplissent sans s' arrêter jusqu' à ce qu' ils soient rassasiés do fumée... L'économie du tabac est excessive; le fumeur arrive jusqu'à gratter l'intérieur des tuyaux des vieilles pipes, pour en fumer les raclures (I. c. I. p. 262).
Enfin, l'habitude de fumer, ou do chiquer le tabac, est générale aussi chez les peuples de l'extrême orient de la Sib 'tic, appelés Tchouktchis. Ils ont les mômes mœurs et les mêmes coutumes que les naturels des Ajoutes (2) ot de l'Amérique du .Nord (8).
(1) 0* Lassais. Journal historique-.-. 17%. II. p. 99. lia 103. 218.
(2) Caxa. Sour, decour. des Huttes entre i'Atie et V Amérique (trad. Damawilar. 1781. pp. 55, 143). Le tabac est uue chose indispensable pour les insulaires Ajouts (Venlaninan. cfr. Noue. Ann. Voyag. l-'4°. 1848. IV. p. 1 17). Les Aiéouts (ou Aléoutiens) ressemblent aux Jakouts de Sibérie (Grifalra I. c. p. 3«).
(3) Les Tchouktchis sont ie seul peuple de la Sibérie, qui air. conservé son indépendance, et qui ait repoussé toutes les tentative» Je conquête ties Russe* (Caaka, troisième Voyage. I779-80, trad. il. J'aogl. Paris, 1785, MI. p. 250). — Quoique lu mot Tehiouktchis son pris dans le gens de homme, leur vrai nom serait 'louschis, sel ou Hoaper, c'est-à-dire, confrères ou confédérés. Us appartiennent à la raae des Esquimaux (ttranaal, Malluctikine. in A'our. Attn. Vuyng. 103", 18-14. ill. p. xti). - La rassemblante ethnique est grande, en effet, entre le* Tcluuuktcbis de l'Asie du Nord et les Esquimaux (leur nom véritable est Huskte. selon 8réa,olra. I. r. p. 7"?) de l'Amérique du Nord, (trace à eux la transition des types est msensible entre les aborigènes du Nouveau et ceux de l'Aucieii-Moude. De l'Indien du Nord de l'Amérique uu Jaknut et au Bounat ies croisements ont cré' toutes .es formes intermédiaires I.' évidente analogie de type entre les Tehiouktchis et les Esquimaux. ia communauté de
coutumes, l'emploi de mêmes matériaux pour fabriquer leur instrument*, etc.. ont fait supposer que les deux peuples du Nord appartiennent à une race antérieure qui, chassée par une race plus puissante, fut obligée de se réfugier sur les rives de l'Océan oiacial 'Raclai, le VI. p. 790).— Ainsi, selon RM. la race des Esquimaux se trouve presque entièrement au Nord de l'Amérique, et peu développée dans la ï'ioéne Orientale. Malgré l'uniformité des coutumes chez ies peuples de cette race, tant en Sibérie qu'en Amérique, de nombreuses raisons ethniques induisent à penser que les Esquimaux constituent une race particulière, non asiatique, mais américaine, et que, partie d'Amérique. «Me a traversé ie détroit de Behring, et s'est répandue d'une manière limitée dans ^extrême Sibérie Orientale {Congrès des Amé.ricanisies. Luxembourg. 1877. II. p. 327). - Srlngtaa aussi estime que dés les tempa préhistoriques, les races américaines vécurent complètement isolées, tout en admettant que des échanges commerciaux nient été fait depuis les temps tes plus reculés, à travers le détroit de Behring (cfr. Minlegaua. Arch. Antrop. XXIV. Firenze, 1894, p. 200).— Ainsi s'explique la communauté des coutumes chez ies peuples de l'Amérique et du l'Asie septeutriouales. Eu effet l'habitude de se bouclier le nez avec du tabac en poudre, que l'on a vue en usage chez les peuples du Nord de i'Asie est aussi commune aux Esquimaux, qui pratiquent cette excitation spa>mndiqtie (Dstmotitln* . Hist. n»t. des races humaines, 1820, p. 258). dans le but de mieux résister aux effets nuisible de la gelée. — t." idée des Toungouzes de considérer le tabac comme uu don de l'Etre Suprême (Tiadamann, 1. c. p. 271) est également commune aux Indiens de l'Amérique du Nord. Le cérémonial du Calumet (Voir pius haut. pp. 42 43) que les Indiens observaient avec beaucoup de religion, était absolument semblable à celui suivi par les peuples de l'Extrême Nord-Est de l'Asie, ainsi que Millar put le constater chez les habitants du Détroit de Behriup (cfr. Prévost. I. c. MX. p. 370;. — Quand Bahring et TichlrlkoB touchèrent les Iles voisines du Détroit (1741). les insulaires leur pieieutèreut ie ealttmet. ou pipe de pa:x. comme *ymbo.e d'amitié, ainsi que cela se fait aussi chez, les peuples ie l'Amérique du Nord (Coia, I. c. p. 2'»5). Ei Coxa njoute:Tiluerolt ( 74.V;,eu débarquant aux îles Alêiiutiennes. pour se rendre ies indigenes favorables, dut leur offrir du tabac et des pipes (Cost, I, c. p. 20j. — Cependant , d'après Plenlsncr , Couver neur nV Okhotsk, eu 17»iti. le* Tchouktchis exerçaient alors uu gran t commerce d'échange* avec les habitants de r Amérique du Nord, traversant tous les f> jours ie D'-tr<>;t de H. itring , ei «bordant A' tie en ile te long <iu parcours, ces iies élaut situées a la suite i'uuc de l'autre (Casa, 1. c. p. 2W7). • • on Ignore de quelle époque datent ces échanges : mais il n'est pas téméraire de supposer que le trallc
NordenthjOld rapporte que chaque indigene porte une bourse pour le tabac, et une pipe ressemblant beaucoup à celles «les Toungouzes. Le tabac y est. de plusieurs sortes, et vient de la Russia et de l'Amérique il). Quand la provision est épuisée, on a recours aux équivalents indigènes. On y préfère, à ce qu'il .semble, le tabic à chiquer employé ordinairement, par nos matelots, et pour l'adoucir on y mêle de la mélasse. Les hommes ont aussi l'habitude, dès qu' ils ont un peril, morceau de sucre, de le pulvériser et de le mettre dans la blague il tabac. Le tabac est souvent mâché d'abord; puis on le fait sécher derrière l'oreille; enfin ou le serre dans une boite que les indigènes portent exprès pendue au cou, pour le fumer ensuite (2). Lex garçons et les lilies de dix ans, à peine, mâchent, de grosses chiques de tabac, sans jamais rejeter la salive (8).
Le seul moyen de gagner le oeur des Tchioukt.chis est de leur offrir du tabac, ainsi que le constatent Cook |4), De Lesseps <5), Sauer (<>), Wrangel (7), et Lutke (8). De même que les Yacout-s ils acceptent des Rosses le tabac de Tcheika.*k. Pour chaque sac d'environ 16 kg., qui ne vaut pa* plus de 7ô roubles papier (un rouble-papier valant francs 1,06-1,14), ils cèdent 10 peaux de renard, ou 20 peaux de maître, qui se paieraient à Yakoutsk do 150 à 175 roubles papier (9|.
NordenskjOld, qui avait jeté l'ancre avec la Vega dans la baie de Kolioutchine , sur la cote asiatique do la partie septentrionale du Détroit, de Boni ing, après avoir raconté la grande surprise manifestée par les indigènes Tchiooktchis a la vue de son navire, ajoute que ces sauvages, hommes, femmes et enfants, allaient et venaient sur la plage avec une animation insolite , craignant évidemment de perdre cette excellente occasion de se procuret du tabac et de l'eau de vie en échange de leurs produits indigènes (10). Dans sa première rencontre avec les Tchiouktchis en 1875, il leur distribua des cadeaux, surtout du tabac et des pipes hollandaises. Le tabac était en feuiilos attachées en paquets; les pipes, en craie; et chacun en reçut autant qu'il pouvait en tenir dans les mains (11). Kt il continue ainsi : " Les seuls objets d' échange, que je possédais, étaient du tabac et dos pipes hollandaises. Du tabac je n' avais pris que quelques douzaines de cordes,
enirt- c»s peuple* américains et asiatiques ait existé dans les temps les plus reculés. Etant douoô ce contact fréquent, la communauté .tes coutumes était inévitable. Cela explique, en outre. comment les uoms .in tabac, qui sont labakh. lahicakh, laghicàk riiez tes Esquimaux de l'Ouest (Dell. i. c. p. 504) correspondent à ceux de latok et Tahkuna chei le» Daiureis de l'.siaska (Dell, i. c. p. .ï"3) . et de l'extrême Sibérie orientale.
— Door, l'usage du lubac a dû se propager de l'Amérique du Nord k la Sibérie du Nord Est. et tinn vice versa, comme l'ont cru faussement quelques ethnologues (Ttataneim, 1. c. p. 274). l.es croyauces religieuses américaines sur le tahae étant circonscrites aux peuples asiatiques septeatnonaux . toisins <ie l'Amérique, prouve jusqu'à l'évidence que le tabac ne peut pas être originaire de l'Asie, car s'il avait vraiment été asiatique, sa patrie et sou tis;ige auraient, on se trouver, non dans la froide Sibérie septentrionale, mais dans le* rég.ous plus chaudes de l'Asie, ainsi que cela s'est passé pour l'Amérique, puisqu'il s'agissait d'une piaule essentiellement iroplcaie.
(I) Les Tolliouktcllis reCuvciH leur tabac uon-seuieiiient de ia Russie (Cexe. I. c p. 144), mais aussi de l'Ile américaine de K.ur (Ostrovnoî) sur le Meuve Aooui , oil ils vont l'acheter tous It» atn (Dell. Alaska. IH70, p. 514: N«r4«itik|ll<. La Vf sa, Milaiio. II. p. '.«). — Le tabac constitue uo article de eomnierce important pour le» Tcinoukicliis. qui iv (roquent avec les K<quim.iux >;Dilli«ft. Tofrncoo.p.142).
('.') NerdMiaklSId, Im Vega, Miiauo. 1HH.;, li. p. U7, f. 7.— lieux de cas pipes se trouvent reproduites tu Tlsdeeieae ('. c. ta h. XVII. ff. I. {'i) C»»kt. The seren stslers of the steep. London, p. 97.
(4) Coek, Troisième royage (trad. o. l'ungi. Kins, !7Sô, VI. p. 4'.!).— (5) De Leatept. c. 11. pp. 28. 21t. 34.— (li) Sever, Viagvio nella Russia asiatica fatla dal commodore Billings (trad. Ressl, Milano. ImO, II. pp. .".H, 303>.-(7) Wre«»»l (Isilj, cir. Suitr. Ann. Voyag. 103°. 1S44, III. pp. 72-5.-<S) Uilke. Voyag. autour du Monde. |H£>. ||. p. J77.
<») Vojel. m Sour. Ann. Voyag. O.me Sér. 1SÔ5. IV. p. -m.
(10) NordenskjOld. KrpédHwu polaire suédoise de itlîs. hnssage du Sord Est. 1879. p. 7.
(II) Nerdeeik|0ld, La Vega. MHauo. 18*2. I. p 314.
sur la quantity quo Monsieur Sibiriakoff projetait d'introduire en Sibérie pour le .Ienisseï; mais quo jo distribuai très largement. Des pipt»s de Hollande, au contraire, j' eu avais beaucoup, et, quoique trop fragiles pour les doigts grossiers îles Tchiouktchis, elles me fureur, très utiles pour les petits échanges, et aussi pour uouner à une foule d'indigènes rassemblés près du mon navire , ou encore aux enfants afln de gagner leurs parents 0- c. I. p. 320). Les femmes de la tribu des Tchiouktchis accordaient, leurs faveurs aux étrangers, et se considéraient très heureuses d'en recevoir en échange des verroteries, des boutons de métal, et du tabac B (I. c). Pourtant, Sauer observe que ces feinints n'étaient pas les femmes 1 -gitimes des indigènes, niais tes prisonnières enlevées aux Américains leurs voisins, avec lesquels ils sont fréquemment en guerre (l). Toutes les femmes fument et chiquent, et, même les enfants dès l'âge le plus tendre. NordenskjSld observa une fois un bambin, qui pouvait a peine marcher, qui prenait mémo encore le sein de sa mère, et qui fumait, chiquait et buvait son bon ram (rhum) (2).
Les Tchiouktchis se servent d' une pipe pareille à celle des Esquimaux (8) , mais ayant un tuyau plus court et plus large (4). Le tuyau est rempli (comme quelquefois aussi chez les Esquimaux) d'une fine raclure de bouleau, qu'on retire après quelques mois, tout Imprégnée de la matière oléagineuse du tabac, et qu'on fume à son tour (5). Cela n'empêche pas qu' on se sert aussi de toutes petites pipes, it la japonaise. Kn général , ces peuples avalent la fumée comme les autres peuples de la Sibérie (6), surtout le soir, quand ils veulent s'endormir. Les Tchiouktchis ont également l'habitude (comme tous les Sibériens) rte. mettre la pipe à coté des cadavres au moment de les ensevelir (7).
De ce qu'on a expos 1 jusqu'ici, il résulte clairement que le tabac n'est pas indigène des terres asiatiques. Ce soin les Européens, qui l'introduisirent en Asie, en l'important d'Am v rique. Le nouvel usage y pénétra au commencement du dix septième siècle, et s'y propagea avec une étonnante rapidité. Seuls , les Tchiouktchis de I' extrême Xord-Est de la Sib-Vio l'employaient de temps immémorial; mais ces peuples, ainsi qu'on l'a déjà dit, tivaient la môme origine, la même langue et les mêmes coutumes que ceux de l'Amérique du Nord !
(I) laittr. Viaggio nella Russia ariatica... I. c. II. p. IÔ4. <•>) N«*M«|«4. La Vgga. Milaoo. 188.'. II. p. 93.
(3) Les Esquimaux ainsi, hommes femmes et enfante, .liment immr>liTément le tafeir. Ils eu avaleut ia lumée.et à cause de celte habiru ie tomhenr par terre en «Mirant dans une surexcitation lamnoraire. Ils préfèrent plutôt chiquer ou priser, que fumer f Bancroft, The naître races of thr Pacific States of Xorth America, I. I87.\ pp. «S. 7«. 133).
(4) Ou trouve doux Heures .le ces p<pt>i reproduit** par Tiattomaiiii ((. c. tab. XVII ) et par killings. I. t. V . U:}.— C, Dali, Alaska, 1X7". P . 81. avec llg.
(rt) Nar«M»kj«M. ïji Vega, 11. p. v«3.— (.7) NartftMiJtlt Krpéd. polaire, pp. 34.
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