LE TABAC EN OCÉANIE
Archipel i>es Philippines
Quoique les îles Philippines aient été découvertes en 1521 par Magellan ( qui par parenthèse y fut assassiné) , les Espagnols n" en prirent possession que beaucoup plus taul, sous le règne de Philippe II, dans lu dernière moitié du seizième siècle (11. Après s' y être établis en 1565, ils y introduisirent d'abord l'usage, puis la culture du Ubac avec des graines américaines (2). C'est ainsi qu'ils introduisirent, également en 1670, la culture du cacao du Mexique (3).
On ne sait pas exactement à quelle époque, a couitneucé la culture du tabac aux Philippines; mais il semble que cela a dû avoir lieu vers Tannée 16i*i (4), à peu près en nrôme temps que les Portugais l'installaient aux Indes. 11 est certain que le tabac n'y avait pas été introduit avant celte date, car les écrivains et les voyageurs qui s'occupèicnt des us et coutumes de ces insulaires et de leurs productions, n'y ont pas fait la moindre allusion. En effet, Thevet tô), LinUcutaa v6>, Deribadeoeyra i "i, De Torres (8), n' en rirent aucune mention.
I\i Lm iif» Philippines, découverte» par Magellan et Pifilettt le 15 Mars 1521, furent nommées kl arch'ptbtgu de Stm Lnznrii... Rulz Lopet 4* Vlllalcbot changea en 1543 leur uoai primitif ou ceiui qu'elles portent encore aujourd'hui, en donneur ilu Prince des Asturie-i, ip.ii tut ensuite Philippe II. A ia cinquième expédition, en I.W» (après 4 expô »iti«>«» infructueuses) Mlauel Lopez da Legaipi en tit il conquête définitive, 44 ans après leur découverte (Maneeslo. I. e. p. 4*5; - Préïoat, I. c. X. p. 'S7C>;— Baranjer. Gnogr. d. Blecalif. IX. p. \m,— Viuggio intunw ni globo dell/i fregatn austriaca Xoitra, Vienna, Il p. I05;-0réflelre. I. e. p. 1515).
Ci) Careri, Voyage (cfr. Bérenaer, Collection... 11. p. "54 1 >. — Liéjà en Hi'.X'i le» Espagnols avaient acclimaté aux Philippines de nombreuse» plantes du N/UveauMonde, et parmi elles le tabac.
(3y tetuvarat reconnaît ia parfaite exactitude de ce Lut, quand il afrtrme que le cacao et le tabacne saut pas indiques îles Pmlippiiit-s, mats ont été importées de la Nuuvrlte-Espagae (Sonnerai, Voyige au.i- Indes Orientales et à la Chine, 1*X>. 111. Utfi; — Prévoit, I. e. X. p. 417,1. Les Espagnols y iQ'rolui. sireut, toujours de l'Amérique, aussi t'ananas qu' us appelaieut l'o/tn* (Prévoit, I. c. X. p. 415;.
(4) BMIIeee. Tobnc-o, p. 4«-\-<5> Tktvtt, la Cosmographie 1575. t. (. i:W.
(fi) Unlacotwi. Stingutio in Oriente», fin De Bry. Ind. Orient., iryjsj.
(7) Oeritadeaevra. Uittorùt de lits Islns del Archipiel-igo. y licifUos de tu Unm China. ïtti-tnritt, Cuchinchintt, Mutant, Sinn, Cambo.c y Jnppon. H50I.
(8) De Terrea, Ittlaxione bn-re .. <-on iettera <innun del ltK">. Milauo. 10" O.
OBHia -Uitolr* iu Toi»* S7
Qrace au contact des Espagnols le peuple des Philippines fut biontflt en proie à la passion immodérée du tabac: il n' y eut plus un moment do la journée où hommes et femmes, quels qu'ils soient, n'ait son zujarro à la bouche (I). Le8 enfants mêmes au sortir de leurs langes ont cotte habitude \2). On y abuse vraiment du tabac partout. A Manille >.3) on ne reste jamais sans un cigare allumé: on fume pour aiguiser 1' appetit, on fume pour digérer, ou fume parce qu' il fait chaud, on fume parce qu' il fait froid. Les femmes ne fument pas moins quo les hommes, même elles préfèrent aux petits cigares ceux qui sont longs d'un pied et gros en proportion (4).
Les Negritos ( Nègres ) apprirent aussi des Espagnols à fumer le tabac (5). Ils en devinrent très friands, et offraient leur miel aux blancs pour en obtenir (6). Lafond rapporte qu' en 1S20 pour les apprivoiser ils leur offrait des cigares (7).
La Pérouse observe qu' une calamité terrible tomba sur la têt« des habitants des Philippines (dont les naturels sont aussi appelés taguLs t sous forme de l'impôt sur le tabac. Celui que produit l'île de Lucon (Si est le meilleur d'Asie. Chacun cultivait autour de sa maison la quantité nécessaire à sa consommai ion, et le petit nombre de vaisseaux étrangers, qui avaient ta permission d'aborder a Manille, en transportaient dans toutes les parties de l' Inde. Il a été promulgué dernièrement (9) une loi de prohibition, en vertu de laquelle on a enlevé aux particuliers toute les plantes pour les transporter dans des champs, où on les cultive au seul profit de 1' Etat. Le prix a été fixé à une demipiastre la livre; et quoique la consommation ait grandement diminuée, le gain journalier d'un ouvrier ne suffit pus à procurer à sa famille le tabac de chaque jour. Tous les habitants sont d'avis que deux piastres payées en plus de la taxe ordinaire, par les contribuants, auraient rendu au fisc un revenu égal à celui de la vente du tabac en
(h Detoitart donne la ligure d'un métis des Philippin*» qui fume un gros cigare (Voyage (tant les deux Océans l'ari*. 184*. t>. 30')).— <2) ■Ilot-Murtau. Voyage Ac La Ptronoe, Pari», 1797, 11. p. 351:— Kobebvw. Kntdeckungs Ueise, 11. p. 130.
('i) l.'ile de Luçen fut conduise en 1391 par Lopez, qui y fonda la ville de Manille (Mear*s, Viaggi.. I. c. Ill, p. ',M4). Selon Gréfolre (I. c. p. 1234/ Manille appartenait à l'Kspagne depuis 1571.
(4) Marryal. Borneo and the Indian Archipelago , p. 125.— I^es femmes de Manille ont un secret admirable pour donner des rendez-vous. Comme tout le monde y fume, hommes et femmes, et qu'on y fabrique .fes cigares longs de 4 à 0 pouces et Rio» d' un p^nce . ii est rare de rencontrer dans la rut- des femmes surtout des métis, qui d" aient pas un tnbu?» (cigare) à la bouche. l-es homme* eu quête .l'une aventure oui aussi le cigare à la bouche, et lorsqu'ils rencontrent une femme à leur gré, ils lui demandent la permission d'allumer leur lafrico. l,a femme donne le »ien sans hésiter, et pendant que l'homme allume sud cigare, il s'engage une conversation que la femme peut faire durer aussi longtemps qu' ii lui piait, sous prélex'e de laisser allumer le tabtico (Le Geatfl , Voyage dan* les titers de l'Inde. 17S|, H. p. I14\ — tjuand uu navire arrive dans ie port de Mindanao, les insulaires vont a. bord demander aux passagers qui descendent s'ils veulent loger chez quelque domestique, dit camarade si c'est uu homme, pagaly si c'est une femme. L'étranger ayant pris le logement paie ce qu'on lui sert, excepté ie bétel et le tabic (efr. Prévost, i. c. X. p. 4','ô; - Fortifie. Coutume anlico e mndemo. ls:il. VII. p. tf), qui lui sont fouruis gratuitement, surtout par les pagalys qui espèrent que la vertu de ces plantes voluptueuses, rallumant les feux de l'amour, augmenterait le» visites ne l'étranger et. par conséquent, leurs gains. Les femmes des classes élevées sont libres de Taire les pngnliju. et très peu s'en privent (Oolaaorto, 1. c. IV. p. 114); dans ce but eiles prennent la liberté de causer publiquement avec leur bote. Je lui offrir leur amitié, et du lui envoyer eu radeau du Ubac et du bétel i Prévoit, I. c. X. p. 4'.'.V,— Forrario. I. e. VII. p. U7>.
(5.1 l.'iie des Nègres produit depuis peu des tabacs de très bonne quailté (Bllllflj*. Tobacco. 1875, p. 404 '. i'<i Jordan* Y Morera, L'Arcii/el»go délie h'iltppinc (efr. Poil- Soc. geogr. Util. 2." Ser. XI. 18*6. pp. tu>4 "> — Litond. Vtaggio nella l'ulmesin (cfr. MarmeccJii. l(-ux: dt >uaggt. IVato. XIV, 1S44. pp.p>J 3).
iS.i Ralzol donne la ligure des pipes des aborigènes Vgorro:s et Uuinani de l'iie de Lucon (Nabot Volkertidiide. 18x7, II. p. 4i.j.
il») Le Monopole du tabac fut établit aux Philippines en I7S7 parle(iouverrieur)»»oBaK«(Via#^io... delta frétilla Sortira. ISir.j, p. 183).
évitant de» «iésordim Tous les points tin )' tlo ont été menacés d'insui actions, et il a fallu employer la troupe pour les réprimer. Une armée «l'employés est payée pour empêcher la contrebande, et forcer les consommateurs à s'adr«8ser aux bureaux nationaux; mais beaucoup «le ces malheureux ont été assassiné*. Ils ont été piomptement vengés par les tribunaux, dont la justice est bien plus expéditive pour les indigènes que pour les étrangers il).
Le Monopole du tabac et la taxe sur les liqueurs spuitneuses constituaient en 1316 le principal revenu du Gouvernement (2). Kn efter, en 1820, le seul .Monopole du Ubac rapporta aux Philippines 357,283 piastres (S), et en 1867, quatre millions de dollars (4).
Malgré cela , te Gouvernement espagnol institua un Monopole particulier dans e?s îles en 1871. La culture était libre, mais le seul acquéreur était le Gouvernement, qui achetait les tabacs sur de* prix établis par lui-même. Plus tard, à dater <le 1882, cette restriction fut supprimée, et les cultivateurs eurent, la liberté de l'exportation iû). Il y eut, en effet, en 1882, un changement complet dans la culture et l'industrie d*-s tabacs dans les Philippines. A la suite de la suppression du .Monopole, la culture, la fabrication et le commerce du tabac devinrent absolument libres à partir du l.er Janvier ] 882. De nombreuses fabriques surgirent de toutes parts; mais beaucoup ne purent i 'sister aux difficultés de la période de transition , et furent obligées de fermer. Il resta pourtant 284 établissements nouvellement édifiés, dont J«J> très important avec près de 8000 ouvriers , tandis que tous les autres compris en employaient environ 12700. Pour adapter autant que p ssblo le tabac et les cigares au goût européen , on fit venir des coutre-maltrrs d«; Cuba, de l'Allemagne et de la Belgique. En 188;» IVxportation montait à environ 9,885,000 Kg. de tabac en feuilles pou: la valeur de 11,870,000 Pres. , et à 146,408,000 cigaies, pour environ 8,500,000 Fies.; en 185)0 , à 8,200,282 Kg. de tabac giège, et a 109,800.000 ciguës, et en 1891 à 9 millnns de Kg. de tabac grège , et à 91 ,700,000 cigares. Ces ch:fl'res ne donnent pas des résultats très satisfaisants pour la nouvelle organisation, car is ne dépassent ni en quantité, ni en valeur, les dernières années qui précédèrent la suppression du Monopote. La "consommation inférieure îles Philippines était à l'époque du Monopole de 18"» millions de cigares. Au point de vue de la consommation européenne , il n'y a une les produits des d stricts de Cagayan et d' Isabela de l'île de Luçon (8), qui aient de l' importance, les autres productions n'étant pas selon le goût des Européens (7).
Dam pier dit à propos du tabac de Mindanao: Les Hollandais viennent y acheter aussi le tabac qu'elle produit en abondance, plus que tout autre île, ou tout autre co.itreo des Indes Orientales, excepté Manille. La qualité eu est excellente, mais les habitants ne savent pas profiter de ce commerce cumme les Espagnol* de Manille, -leeiois, ajoute t-il, que les Espagnols ont apporté les premières graines de tabac de Manille à Mindanao, do même qu'ils l'avaient, introduit, do I' Amérique à Manille. La différence entre le tabac do Mindanao et celui de Manille consiste en ce, que le premier est plus brun, et a les feuilles plus larges et plus épaisses que l'autre, étant cultivé dans un tel rain plus gras. Le tabac de Manille est d'un jaune vif, clair, de grandeur médmere. doux et agréable à fumer (8),. Pu paquet de 40 à ôO feuilles se vend un rè»l si c'est du Manille, taudis
(I) Miltt Maraau. Voyage de ta Péroui». tans. 17<.<:. 11. p. 351. <2) Ellis. Voyage en Chtm C'r.vi. Mac Charttiy, Isis. n. v . •»■*>.
Ç.i) Eyriac et MaltcBrin. I. e. 1727. XXX. Il \>. as.- I) Von Scfctmr. !■■><■>< auhi H-r. mlerr.-ung. Exp. 1ST.'. I. p. 105.— (5) CfV. Il Tfibncco. Koma. IS'.IS. II. il. -M.
(6) Aujourd'hui prt-Mpie tout \f commerce ■lu titlmc cit >Uu* les mal us ae ..a Société KsaaKliule « Compania Ueneral ne l-i'taros ► \cfr. Il Jatmreo, 1. e.).
(7) Schcrw. hi ri la économie» dei popali (tr.nl. Roccall. p. 1501. {*) Dcnfitr, Suite du voyage autour du Monde. 1715. II. p. 12.
qu'on pouvait avoir pour ce prix ton 1686) 10 à 12 livres de tabac do Mindanao (11. Malgré cela, ce dernier s'exportait également (2).
Ave.- leur célèbre Manille les produits des Philippines tiennent le premier raug en Asie, à cause de leur importance sur le marché universel. En apportant le tabac dans •.'es îles, ks Espagnols y trouvéïent ie soi et le climat si favorables à cette culture, que la plante y acquit un arôme presque égal à celui des bons produits de la Havane. Le tabac de Manille est, en plus, très fort. On l'envoie à Cuba à cause de ses qualités aromatiques, et on l'y mêle probablement à celui de la Havane. Mais malgré ses mérite*, le tabac des Philippines n'a eu jusqu'ici qu'un marché relativement limité en Europe. Ceia s'explique par la mauvaise préparation de la feuille, et aussi parce qu'il n'est p.is rare de trouver des insectes dans les cigares de Manille. Environ les 2|5 du produit vont en Espagne; la grande quantité de tabac el de cigares qui reste est consommée en Chine, an Jupon, dans 1" Inde et dans les autres Etats d'Asie (-Ht.
Les districts de l'Ile de Luçon , qui produisent la plus gr.ip)de quantité de tabic, sont ceux de Cagayan >-t >'e liisaya (4), qui donnent une moyenne annuelle de 1W mille quintaux, dont près de so mille sont expédiés en feuilles en Espagne, et le reste, sous forme de cigares , se vend tous les mois ;i l'encan {al martitia) par petites quantités dans l'île même. La moyenne du prix est de S à, 10 dollars le millier de cigares (Cor tudos) (5). A Manille on ne cultive qu' une seule qualité de tabac (6), dont le prix varie suivant la grandeur de la feuille. C'est une des espèces les plus fortes et les plus narcotiques, mais on ne la méic pas d'opium, qui est très c'ier. Pour faire les cigares on n'ajoute au tabac qu' une quantité infinitésimale de colle de riz. Comme à Manille hommes et femmes fument sans cesse, pour que la consommation du pays n'empêche pas d'avoir toujours la quantité nécessaire à l'exportation, il est interdit aux particuliers, excepté dans les ventes aux enchères, d'acheter plus de 1000 cigares à la fois (7).
Dans la production du monde entier, calculée à 4 mi'lioiis (?) de quintaux (8), Ltiçon entre pour 1|10 et Cuba pour 1 1 12. D'autres pays donnent une quantité de tabac beaucoup pius grande en comparaison de Lucon et do Cuba , mais pas un ne surpasse ces deux colonies espagnoles pour la bonté de la feuille (9) , qui constituo un besoin aussi
il} Daiapitr, ttou». royage autour du Mande, 1715. H. p. 12 — (2) Mnth, Viaggi dalla China alla casta NardOcetl <T America. Napoli. 2.» eu. 179»!. I. y. 153.
(3) Sebwitr, I. c. p. 150.
<4) on le cultive aussi dans It distrid 'ie Ygarotes; mais le tabac produit à Bïsayos est inférieur à celui des deux autres districts Billing, Tobacco, p. 37*).— I. ; bo ;té <iu produit des Philippine* dé . roll dans l'ordre suivant; 1." Cayngan et Itabela;-'.' Ygarolet; 3.° Mindanao; i." Bttayas; 5." Nuoea Ecita. 1..1 supériorité de la production de Cava*™ est ,iiie au limoo du fleuve, que se dépote tous les ans sur ces terres (Lack, Tol/oao . Issr.. p. l.'l). — Dans i"lle de Luçoo les plus grandes cultures se trouvent .inns les districts de fayaçnii et de la Nuova Kcisa (Billings. Tobacco. IR75. p. 378). — Oa préfère généralement le tabac de Oipan; mais celui des districts del'asy, I.aglag et Latiibuuao dans la réirmn d'Ilorlo. de Maasin et ae Ley ta est apprécié pour la finesse de soo aréme, ainsi que celui de Cagayan quand il a quelques années de conservation. La feuil'e est. employée à la confection des cigares, qui sont en grande partie consommé'» aux Indes et eu Kipagne. K Ile a la même couleur que les autres tabacs; mais elie n'est pas poreuse, tt pour cette raison ne brûle pas bien. Sans ce défaut, cette feuille serait presque sans rivales pour les ei«ares (Billing*. I. c, p. 403).
(5} La moitié un produit actuel est consommée dan* la région mémo: un quart est vendue en cordes {carottes) pour les autres régions d'Asie, et le reste est envoyé en Espagne en feuilles et en cigares (Bllllnis. I. c. p. 1*2).
(6) La Sicatiana labacum. L. var. haranetuis.
(7) Ces restrictions existèrent jusqu'en IH82, époque à la quelle le Monopole fus aboli, comme on l'a déjà dit.
(8) Il y a cinquante ans ce chiffre était déjà beaucoup au-dessous de la vérité.
i'i) L'excellente qualité du tabac de Manille était déjà bien connue au siècle dernier (lonmrtt.
bien pour l'Europe civilisée, que pour les poupins sauvages. Quoique l'archipel des Philippines soit fort riche en tout* 1 si «rte «le produits du sol , les trois seuls articles importants du commerce d\ exportation do l'Ile de Ltrçon sont: ie tabac, Tabac i ou chanvre de Manille {Mum texiilis), et le sucre Les porte-Cigares en feuilles de palmier ,
ou autre matière, sont très jolis, mais très chers; les plu-» élégants jusqu* à 80 florins. La fabrique de cig-ires de Bitiondo est superbe ainsi que celle d'Arroceros, où l'on ne fait, que des cigarettes en papier. La première occupe 8000 personnes, presque toutes des femmes, dont quelques unes humectent lea feuilles de tabac, et leur donnent une forme particulière en coupant les bords; d'autres recueillent et préparent les morceaux coupés pour en faire des cigares La fabrique de cigarettes emploie près de 2000 ouvriers. Chacun d'eux prépare 150 paquets de 25 cigarettes par jour. On calcule que toutes lea fabriques réunies confectionnent tous les ans de 1100 à l-'OO (1) millions de cigares et de cigarettes. (2).
Déjà quarante ans auparavant 1500 hommes et 3000 jeunes filles (3) étaient employés dans la vaste manufacture de Manille à la confection des c gares. Chaque groupe d'ouvrières avait un surveillai! chargé de vérifier tous les cigares avant de les réunir en paquets de 32. Un emballeur les enfermaient ensuite »lans de petites caisses, qui en contenaient 1000, ou même 500. Et tout procédait avec le plus grand ordre et la plus grande propreté (4).
On distingue à Manille jusqu' à 36 qualités diverses de cigares fabriqués. La plus estimées est connue sous le nom de tercera superior. Uuo boit*! de 1000 cigares de cette qualité se vend 8 piastres. Il paraît cependant que les qualités surfines, qui jouissaient jadis d'une grande réputation, ne s' y fabriquent plus (5).
u La grande manufacture des tab- tes à Manille est sur une place La manière de
fabriquer les cigares est simple, monotone et bruyant Chaque femme a un petit
marteau avec lequel elle aplanit la feuille avant de la rouler autour d'une certaine quantité de tabac pilé , pris peu à peu dans un tas , qui occupe toute la table. Les doigta et le marteau remuent machinalement (ainsi que sa langue) produisant un ensemble de
bruits assourdissants Les cigares impériales n.» 1, d'une grosseur énorme, coûtent 30
dollars le mille; les cortadm, n." 2, de dimension ordinaire, n' en coûtent que 8. Il n' y a qu' une qualité de chaque mesure, aussi bien pour la forme de la Havane, que pour celle de Manille; mais en général les plus grands cigares sont faits avec )o meilleur tabac... Les femmes, payées en raison du nombre de cigares fabriqués, gagnent de G à
8 dollars par mois (fj) Ln consommation du tabac aux Philippines est cinq fois plus
forte que l'exportation. Les habitants des deux sexes et <!«• tous les ages sont toujours enveloppés dans un nuage de fumée; maigre cela, leur nombre justifie a peine la pro-
Voyage aux Ind. Orient et à la Chine. I8U0, Ml. p. 393. — Soimliii .-gout* en note que les carottes de Manille étaient renommées dans les (odes Orientales pour leur goût agréante. Ces Carottes étaient longues de 4 à 5 pouces, et faite» avec de» feuilles de tabac roulée* le» uoes sur le» autre». Elles correspondaient au stgaro des ludes Orientais». Cela eat aussi confirmé par D'UrvMI* {Voyage pitto resque. 1834. L p. 245. tab. XXXI. t. 4).
(I) On estime qu'on y fabrique annuellement 1200 milious de cigares (J. 8. Gentleman 's Ranch Brevier, 1880. p. V»-). — (2) Viaggio intorno al globo délia f régala auslriaca Xocara, Vienna. 1863. II. p. 183.
(3) La fabrication des cigares est exclusivement eonriée aux femmes. Il y en a aujourd'hui, seulement à Manille, 4 mille qui sont employées dans les manufactures. Les hommes fabriquent les cigarille* et les spagnolettes pour la consommation intérieure. Ou cnlcule que 21 mille femmes, et I.'hK) hommes seulement gagnent leur vie dans la fabrication du tabne. Une eiganère gagne de 30 à ôu fres. par mois: salaire qui suftlt largement à son entretien (cir. // Taéncco, Roma. l&M, 11. u. 20).
(4) Ownwit fUrvIII*. Voyage pittoresque. 1834. I. p. 24&
(5) Hmmmmim», Voyage en Chine, III. 1*48. p. 405.— (6) Il y a cinquante aos!
portion de la consommation générale ,. <I). Les cig uës de la meilleure qualité, dits/îww, sont destinés exclusivement a la Cour «l'Espagne (2).
Selon Semler, les Philippines produisent, annuellement 46 millions de Kg. de tabac (3). Sur cette quantité on a exporté en 1S95:
Tabac en feuilles des provinces île Cagayan et laabela . 6,084,100 Kg.
, ,, de V île Visaya 6,5(58,500 „
„ „ des autres îles 2,473,900 ,.
10,726,500 Kg.
Cigares et cigarettes 1,285,100 „
Total 12,011,000 Kg. (4) L'exportation de la feuille grège fut de 316 mille picuia en 1898, contre 220 mille eai 1896, et de 157 millions de cigares en 1897, contre 183 millions on 1896 (5).
AlWHIl'EI. UK LA SoNDR
a) Java.- Malgré qu'on ait crû que le tabac était indigène de l'île île Java <6), et qu'on l'y employait avant l'arrivée des Européens, il existe «les documents qui démontent complètement cette opinion erronée.
Rumph commence par déclarer ne pas savoir si la planto était exotique, ou indigène des Indes Orientales, tout en remarquant qu'on la trouvait dans presque toutes les lies des Indes Orientales, même dans les endroits, où les Espagnols et les Portugais n'avaient pas encore pénétré. Son doute se fonde aussi sur la tradition des vieux Javanais, :iprè9 laquelle cette plante était employée à Java avant que les Portugais y abordassent (1496...?) (7) , mais exclusivement pour l'usage médical , tandis, que par une croyance unanime on admettait que I' usage de fumer avait été enseigné aux Javanais par les Européens |8). Mais, ajoute Rumph, la supposition que h (abac est originaire de l'Orient est combattue par le fait qu'il n'ost connu dans tous ces endroits, que sous le nom de Tabaco ou Tambaco; tandis que s'il en était vraiment indigène, il aurait du y être dé signé par des noms divers, comme diverses sont l*s langues qu'on y parle (9).
(I) OIlpfcMt. La Cina « ,1 Giappone, Mission* il, Lord Elgin. IH57-5H. M.laoo, IMS. I. p. 49. -<2) Har ryat Borneo and Oie Indian Archipelago, p. 125.
(3) Sealer. Die 'lropische Agrikultur, III. 1*<*, p. 343.
(4) DtreieUMtter. I. c. 85.
<5) CtY. Dipl. a. Cons. Rep. London. 1H«8. Philippine, n. 2133, p. (I.
(6) La parole Java dérive de jatea nut (Poni'-um ttaticum), qui constituait If principal aliment des aborigènes (Otimont d'UrvIlle. i. c. II. p. 257).
(7) Les Portugais y abordèrent ver* 1511 . les HollAudaîs ver» lô'.W. La Compagnie des Inde* de Hollande fut peu nprès créée, et Hatavi.i fut foodée.en ISID.sur le» ruines de .(nuira (Grégoire, I. c. p. I0ô2>.
(8) RhumpMi (Herbarium Amboinense. 1750. I. V. p. 225): A senioribut inlellexi Jamais, qui ttlud a parentibus iterum attdiverant, tabaci plantain ta J<na fuisse nntam. anlequnm i/>i fuerunt Por. tugalti, h. t. ante annum Chrisli IIW (f), neuliquam >-ero ad suctionem. sed tantum modo ad usum medieum; unanimo enim consensu Indi atténuant sese labaci suctionem a > Eiiropaeit discidisse.
(9) Le tabac était appelé par les ustureis Tabaco (Dînent fUrvillt, I. c. II. p 2M). lamaku. Jambaku (Ql|<i«ll. Vtaggio.. sulln Magenta, 1875, p. 13h^ Jombaku, 'lambraroo. ou lambraku comme duos le reste de la Malaisie (Fernené, Jabar, p. 9;— Leste». Martiaet. Les Polynésiens . 1880. I. p. 214). et .Solo (Otto Kent», Vin die Erde . Iss|), Sala iFtrjesion. I. c. p. 2KV7).— Le mot étranger 'mbacu, employé par les naturels de tiMite l'Indonésie pour désigner le tabac, prouve que ch nii>t est entré dans le langage de ce peuples quand l'usage de fumer était introduit chez eux par les Européeus (M*tz>»r. Das Opum in Indonésien. 18>7, cfr. Revu* colon, intern.. AmsterJain, p. 15). Et même les naturels Javan.ua appellent aiivi jji>e l'instrument pour limier {Thiinbera.. Voyage ait Japon, 171*5, I. p. 415).
Comme preuve du peu de fondement du doute de Rumph , il y a aussi ie fait que Bonzio, médicia à Java, dans son ouvrage Medicina Itidorum (1641-42), en pariant de toutes les plantes indigènes employées comme médicaments par les peuples do 1' Asie Orientale et de ses grandes lies, ne dit rien du tabac, quoiqu'il connût la nouvelle plante en usage alors en Europe. Si le tabac avait été vraiment indigene à Java, il n'aurait pas échappé à l'examen du savant médecin qui y résidait.
Dans le magnifique ouvrage de Leemani, où sont représentés, dans un grand atlas de 4 volumes in folio, les bas reliefs reproduisant les coutumes et les usages des anciens peuples de Java, on no voit rien figurer, qui ait aucun rapport avec le tabuc et ses appareils (1).
Aucun des voyageurs (Drake , Cavendish , etc.) , qui visitèrent ces lies au seizième siècle, ni aucun des écrivains des choses relatives à ce siècle, n'ont jamais fait allusion à l'usage du tabac dans les lies de la Sonde et de l'Océan. Un n'en trouve aucune mention dans Thevet (2), ni dans la relation des voyages à l'Extrême-Orient en 1596, où on parle des plantes alors connues, employées ou introduites à Java (comme l'ananas), des coutumes des naturels, et de l'usage du bétel (3).
Houtman (<fr. Prévost, 1. c. Vlll. pp. 100-121), parlant des usages, des coutumes, et du commerce des naturels do Java et des iles voisines i lô97), ne dit rien ni de 1' habitude de fumer, ni du Ubac , malgré le séjour qu' y faisaient les Portugais. Et Prévost (I.e. VIII. p. Ul), énumérant les marchandises, qui se vendaient (1595) sur lo grand march' 5 de Bantam, véritable foire de l'Asie signal 1 ? le bôtel et YAreca, mais garde un silence complet sur lo tabac. Et ce qui prouve vraiment qu" il y était inconnu , c" est que lo mémo auteur ajoute (1. c. VIII. p. 143) que los naturels passaient lour journée à mâcher du bétel entourés de leurs femmes, et que (I. c. Vlll. p. 14 4) lorsque les Seigneurs sortaient, ils étaient toujours suivis de l'esclave, qui portait lour boite de bôtel.
(1) leenuuu, Boni Uoudour itaru l'Ile de Java, 1874.
(2) Tkevet, La Cotm., IÔ75, 1. f. 4-4, et suiv.
(3) S. M. â. W. L.. Prima pars descriplionis ttinerit navalis in Indium itnenutlein, Amsterdam, I5U8. toi. 24 et sutv. — 1/ usage du bote) ue «levait pas non plus erre très ancien étiez les .lavauais. On lit, en effet, dans l'ouvrage du Lmomui (I. c. p. OS.'): 1> semble quo ces peuples u'out pas eouou non plus le «ri (bétel), devenu indispensable aujour.i' hui à tous les insulaires de i* Archipel. On ue trouve nulle part la ligure de l'usieusile néces-saire à sou usase: nulle part on ne voit reprè<enté. personne ayant prés de soi la boite de lin, ou lu serviteur qui le lut prépare; taudis qu'aujourd'hui cette boite est uu des principaux objets de luxe du Seigneur.— Cependant , dans lus derniers siècles l'usage du jiri (préparation de bjtei) devint général à Java, comme dans toutes les regions indiennes et malaises. Ou éteud avec une cui.lrr sur la feuille du «'ri (bétel) uue petite quantité de terra jzponictt (substance d'une saveur auiére agréable; et ua peu de ehiux vive; on y ajoute de i'areca, qui est un narcotique, et on fait une petite boule pour la màch-ir. Tout Javanais, homnw ou femme, porte toujours avec lui uue boite de «ri (Dûment d'Urrllls, I. c. 1835, 11. p. 2tW».— Il convient d'adjoindre au bétel ("ambre et le cardamome. Les Européens s'y babituèrent aussi uu point de ne plus pouvoir s' eu passer (Roggeewin , \uyage, 17'.".', cfr. Béreeger, Vulleclion ... V. p. Les femmes lioll.tudatses nées à Java (1743) nièueut uue vie 1res licencieuse, passant leur temps à fumer Je Ubac et à mâcher le bétel (Delaeerts, I. c. IV. p. WJ>. Lorsqu'elles se couenent . une de leurs esclaves est uniquement occupée pendant la nuit a leur gratter la peau, et à leur présenter le bétel dès qu'elles se réveillent (I. c. IV. p. l'.M). Quand les Ccigueurs sortent, us se fout porter la boite de bétel par uu domestique exprès (I, c. II. p. 131).— En elTec: « Les l'rinces javanais maliométans se font suivre par des serviteurs portant de très élégantes boites d'or et d'ançeut conteuaut des petit» morceaux de bétel; car à Java aussi ou aime à prendre une composition de feuilles de bétel, de gnmàir, qui s'obtieut pir uue détection de bois d'A'-vjoirt ( A reca .') Culechou, ou de Tiauclea gnmbir , de noix d" areca , et de cliauxvive, mais au lieu <ie la maetier, on la garde entre les lèvres et les dents, en la suçant jusqu'à ce que la bouche soit ple:ue de salive couleur du sang, que les l'rinces rejetteut <i;.ns des crachoirs d'or, les gens riches dans .ie petits vases de cuivre, et les autres dans des noix de coco » (Viaggi... delta frëgata tforara. II. p. 141). Voir ce qui a été dit plus haut sur l'usage du bétel (pp. 193. 202, 210, 363).
Enfin, il décrit lea plantes employées par les naturels (I. c. VIII. pp. 151-55) et se tait sur je tabac.
Pyrard (en 1601) parle aussi de l'usage du bétel et non de celui du tabac (1). En outre, dans les relations des voyages à Java de Michelburne, en 1605; de Keeling, en 1607; de Middleton, en 1607; de Sharpey, en 1608, (cfr. Storia générale dei vUtggi, Vonezia, 1751, IV. ) , il n' est fait aucune allusion a l'usage du tabac en parlant des coutumes de ces peuples.
6otardo Arihus (in De Bry, 1ml. Orient., 1612, IX. p. 38) parle avec détails des produite (ÎG06) de Java, mai? n'y fait pas figurer ie tabac. Pourtant, à la p. 18 du supplément, au vol. IX, on lit que les Seigneurs de Java, lorsqu'ils sortaient, so faisaient suivre de gens qui devaient, selon !a coutume, leur servir le Bètél, YAreca, le Binanga (Banghe? c'est à diro le chanvre), et Tabaeca cum pertinentibus ad earn fiatulis. Et comme 6. Vercio observait en 1611 que depuis longtemps (1596) les Hollandais y habitaient, on doit supposer quo très probablement le mot tabacca se rapporte au tabac, et non à la liqueur orientale spéciale désignée par la parole qui y ressemble.
A l'arrivée des Européens à Java les principaux produite de l' île étaient certainemont : le riz, les légumes, l'indigo et le coton. Ce fut le commerce avec les Européeus, qui y ajouta les deux autres produite de I" Amérique , le niais et le tabac , et un de l'Afrique, le café (2). Raffles (3), qui fut gouverneur à Java, put constater dans les Annales do ectto ilo quo l'usage de fumer y fur importé par les Hollandais en 1601. Cela est aussi continué par Crawlurd (4), et par Porter (5). Et comme eu 1611 les Hollandais construisirent le château de Batavia et s'y établirent, ainsi s'explique que l'usage du tabac se soit rapidement répandu chez les naturels des îles de la Sonde. Ce qui mettrait on douto I' opinion do Fairholt que les Portugais aient vraiment importe lo tabac dans l'île do Java (6).
Les Hollandais à Batavia boivent beaucoup do vin et d'eau-do vie et fument le tabac. Hommes et femmes agissent do même. De Choisy vit une petite fille de 6 ans, qui apprenait à fumer à un petit garçm de 4 à 5 ans (7). Ils rev>ivetit leurs visites sous les portiques de leurs maisons à Batavia , et à mesure qu' arrivent les visiteurs, on leur présente tout de suite du tabac avec une pipe et une coupe, qu'on met devant eux pour y mettre la cendre du Ubac (8). L'heure ordinaire de ces réunions est de 6à9 heures du soirée. Les Européens y vont pour so reposer du ti avail de Ia journée ot pour passer la soirée ensemble à causer , â fumer et à boire du bon vin (9). Ils ont aussi I* habitude de mettre sur la table un narghilé allumé pour la commodité des hôtes, ainsi que des liqueurs et des confitures qu'en sert à la ronde ( lut. I/u-age d'offrir du tabac et du vin à ses hôtes existe aussi pour les réceptions soleimelles. De Choisy raconte que lorsqu'il fut reçu par le G 'néial commandant à Batavia, des serviteurs nègres lui présentèrent immédiatement du vin et une pipe bien allumée, pendant que les dames présentes mâchaient du bétel, suivant la coutume iudigôno (11).
(I> Ouval, Voyage de Français Pyrard de Laval t»i>uv. ci. l'un*. KiTli. II. p. loi).
ÇJ> Vtaggio inturno al gloho dalla fregaUi autlnara Sot-ara. is;,7 51). Vienne. IH63, II. p. 115.
(3) RaMat, Description of Jara, y. HT».
(4> Crawfnro, lltst. of Ihe but. Archip. I. \>. lui;-flifliall, i. c. |<. l'Jv.-Cooka, lh* teven titlertof Uie iteep, l.omion. p. 25.
(5) Parlai-, 'Iropù'al Agricultural (rir. Faraaataa, I. {>. 21 >.—(») Falrhall. 'Ivtnn.vo, p. 158. O) Da Cholty, Journal ilu Vuyage de siain, l.mv é.i. 16S7. p. 227. (8) Staimtan. An Emt»u*y lu China, 17117, I. p. 2";8. i,V) ThiMbtra, Voyage au Japon, 17'JC. I. p. J'.ij.
(10) Umm.Voyage à la Cochtnvhme. iraà. Malla-Braa, l*'7, II, p. 7*. -(Il) Da Chatty. 1. c. p. 234.
L'usage du tabac put ainsi pénétrer vite chez lea naturels Je Java, peut-être même dès les premieres fois qu'ils furent en contact avec lea navigateurs européens. En effet, Scott, chef de la factorerie anglaise à Bantam (l), parlant (16021605) des Javanais, affirme qu'ils sont paresseux et passent leur temps à mâcher du bétel, mais qu'ils n'ont pas moins de passion pour le tabac et l'opium (?.).
Comme d'ordinaire, le nouvel usage pénétra chez les aborigènes en commençant par les classes aisées, et, de môme qu'en Europe, ce furent les Souverains qui duront en donner l'exemple. Ainsi, d' après Schouteu, 1' Empereur de Mataram (1658) quand il sortait se faisait accompagner d'une suite nombreuse de femmes, qui remplissaient différents emplois, et enti 'autres celui de lui fournir le tabac et le bétel (3). A la Cour du Sultan de Bantam les Heines avaient à leur service des servantes; les unes pour leur servir le tabac dans dos boites en or, tes autres pour bourrer les pipes qui étaifnt, très longues (4). Quand le Souverain de Bantam recevait on audience solennelle les envoyés européens, leur faisait tout de suite présenter (1748) du tabac ft des pipes sur des plats d'argent (5). De Choisy raconte aussi que le Roi de Bantam ayant été fait prisonnier (en 16S5) par les Hollandais, Us lui permirent de garder son harem, et de fumer à volonté (6).
Il était donc naturel que ces Souverains et ces Chefs, voulant fumer royalement, adoptassent des appareils splendidps et dispendieux, à l'exomplc de ceux des Souverains des Indes, le faste de la Cour ne permettant pas de faire autrement. Et naturellement aussi les riches propriétaires, imitant les Souverains , employèrent de très coûteux lull) Cfr. Privait Hist. gen. royag»». 174fi. I. p. 416.
(2) L'histoire de ( usante de l'opium eu Indonésie est encore fort obscure. Il De doit pas être antérieur à l'arrivée et à l'installation des Européens, qui l' y oat introduit probablement avec le tabac <M«tta«r. Dos Opium in Indonésien, 1887; cfr. Iterue Colon. Intern.. Amsterdam , pp. 14-15). — L* usage de l'opium est général et invétéré chez les Javanais. L'opium se mange et se fume. Daus le premier cas oo le tait bouillir avec des feuilles le tabac, de bétel ou autres, pour former un liquide épais, dit Madat. Si i'oii doit ie fumer, on ie fait bouillir jusqu'à ce qu'il devienne consistant; oo l'appelle alors Ichandu. et ou le fume en petites boules dans des tuyaux de bambou. Les peuples de l'intérieur, mai'heui l'opium cru; sur les cêtes ou le fume, comme daus les autres ilea du mémo Arcbipel. Pris à petite dose, il procure une ivresse agréable;» haute dose il produit une folie aux effets pernicieux, riiitaut a ia veugeauce et à l'assassinat; ou u'eo peut plus penire l'habitude, quand on l'a contractée (Raffles, cfr. Ejrtti et Malts-Bru, Août. Ann. voyag. 182!. XII. p. 170).— Les Javanais font avec l'opium une espèce de marmelade, qu'ils mettent sur la pipe quaud elle est remplie. Quelques aspirations de cette fumée suffisent pour s'étourdir et s'enivrer. Si l'on en lume uue grande quantité, oo devient furieux et féroce. Les gens ivres ii'opium courent dans les rues en criant amok. Le premier passant a le droit de les tuer, comme la loi l'ordonne (Therteri , Voyage au Japon. 1790, L p. 406). — Catk lilt, eu parlant de ces iimock» à Batavia: Kn cet état ils se précipileut dans lea rues et courent furieusement à main armée, tuant les gens qu' ils rencoutrent, quaud ils ne sont pas tués eux-mnmes, ou au moins arrêtés... Ordinairement ce sout de malheureux esclaves hindous, qui s'abandonnent à cet excès, quaud ils ont Mibi un tort grave ou uu outrage, dont ils ne peuvent pas tirer veugeunce autrement (cfr. Prévtst i. c XX. p. «01;— Mans. Chou: de royaget modernes. Paris, an VIII. II. p. 316).— Selon O'Urvillt. pour fumer l'opium les Javanais se servent de pipes de bois, tels que la canne, de la forme .l'une flûte, dont le tube est ouvert au bout qu'on met dans ia bouche, et fermé de i'aulre (selou l'habitude des l'hiuois; voir plus haut. p. 258). Ou adapte à i'extroiiiité fermée un petit récipient en cuivre, daus lequel ou met le tabac finement haché, mêlé d'opium. Le fumeur aspire cette lutnee. qu'il avale u'abord. et rejette ensuite par le nez. Quelques bouffées suflisent pour produire l'ivresse, On exagère, dit-il. quaud on raconte que les consommateurs d'opium tombent dans des fréuéties furieuses et sanguinaire*; peut-être l'ivresse sert-elle de prétexte à des vengeances préméditée* (Dumviit. 4'Urvilla. I. c. II. p. 2firt).— Pour avoir des détails plus circonstanciés sur l'opium, consulter ce qu'on a dit plus haut. pp. 192, 20 ». 205, 211, 214. 220. 24!,. -i67, 203, 264. 278; et sur l'usage du etiauvie (hatchisch) voir pp. IU3, W5, 210. 217. 231, 237. 27«.
(3) Cfr. Prévoit. I. c. XI. p. 310; - Oslaiirt*, I. c. IV. p. 140.
(4) DMCMéra, (cfr. Eyriss et Kltyrslk. I. c. 2.me Sér. 182V, XL p. l'J>;
(5) Maaarto, I. c. IV. p. 12fl.-(«) 0» Cftalsy. 1. c. p. 215.
Cous* -flut.ifi 4u lat— sa
struments pour fumer. Ainsi Mural, richissime banian (1) de Batavia, avait le narghilé (houkah) le plus cher qui soit connu. Le vase pour l'eau était en cristal de roche taillé et incrusté de diamants. Le tube élastique pour aspirer la fuméa était long de 10 mètres, recouvert de filigrane d'or et orné d'améthystes ot de topazes de Ceylan. Cet appareil pour fumer avait coûté 200 mille roubles (2).
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, l'usage du tabac pénétra même dans les plus basses classes chez ces insulaires, qui en avaient tous pris la passion (3) et l'estimaient tellement, qu' ils en offraient aux crocodiles. Il faut noter à ce propos, que c' est une croyance générale chez quelques tribus de Java, qu' ils ont des parents ayant pris la forme de ces animaux, et , pour se les rendre favorables , les aborigènes se rendent périodiquement aux bords des rivières du pays, et leur offrent du tabac et du bétel (4).
C'est ainsi que depuis lo plus pauvre ouvrier, qui tache de se procurer un peu de tabac et de bétel (5) , jusqu' a la grande dame, et à la métis qui n* a pas d' autre occupation, que de s'habiller magnifiquement et dé rester mollement étendue sur les nattes à mâcher lo bétel (6), l'usage du tabac devint commun et général à Java, et pratiqué sous toutes les formes. On avait déjà l'habitude de le mâcher (7) comme le bétel, ou, pour mieux dire avec le bétel, en employant le tabac du pays (8). Ils avaient des boîtes d'or et d'argent, divisées en plusieurs compartiments pour mettre les noix d'areca, les graines de cardamome, le bétel, la chaux et le tabac. Ces ingrédients mêlés ensemble et enveloppés dans une feuille de bétel, constituaient un mastic d'un goût très piquant, et d'un usage très commun i9). Mais on y pratique aussi l'usage de priser le tabac (10).
Les Malais de Java fument avec des pipes de cannes vernies (11). Haïmes rapporte qu'ils portent une petite boite bien garnie, en canne de l'Inde, dans laquelle ils ferment tous les ustensiles nécessaires pour fumer. Ils roulent le tabac dans une espèce d'herbe particulière, ou dans une très légère feuille de papier, et fument ce rouleau comme une pipe, on l'appelant rigarra. La boito ost attachée a leur ceinture par un cordon; ils la portent à peu près de la mémo manière que les soldats anglais portent la giberne. Ils éprouvent aussi un grand plaisir à m:\cher notre tebac (12), et à le fumer mêlé à l'opium 1 13). Lee femmes et les enfants le fument aussi dans le houka \,14).
On importait des îles Philippines, comme de Mindanao, de gros cylindres faits avec la feuille roulée de tabac, de V épaisseur d'un bras d' enfant (Voir plus haut , p. il)3). Ces cylindres, dite Manoccoa . se fument en entier , ou se taillent en petite more aux, et se fument dans des pipes de bois dur, appelées Tsjœpa par les Malais (15).
(1) Ranibiis (c'est-à-dire marchands): nom de» Hindous de la caste des Vahuas, qui l'ont surtout le commerce sur les côtes occidentales de i'HindôusIan. en l'erse, ou Arabif. et vont par caravanes, jusqu' aux froutières de la Chine et de la Russie (Greaolr*. I. c. |i. 17'J).
(2) Colvaiom, Dat Buch v. labak. liffi, p. M*. - Consulter ce qui a otA dit sur la pipe à eau. pp. 197. '218. pour plus amples détails. - (3i Dolaoort*. i. c. IV. d. 132. — (4) Cook. Voyage autour du Monde. Pari*. 1774. VIII. p. IS0.-<5) RilfUt < clr. Eyrlè* et «alUBron. .Voue. Ann. Voy.:g. 1X21 . XII. p. 168).— (ti) Ferrarle. Costume anlico c moderno, VII. 1831. p. 50.
(7) Le tabac est généralement plus mâché que fumé par ies Malais, qui out presque toujours une grosse chique de labac entre les lèvres et ies gencives, sans compter le petit paquet de .fin (bétel) (6*911*11, I. c. p. 138).— On verra eu son heu comme l'usage de chiquer se retrouve dans plusieurs endroit» do l'Océanie, où l'on doit croire qu'il a été introduit par les Malais, dans leurs nombreuses immigrations.
(8) Barrow. 1. C. II. p. 174;— Parkinson. Voyage autour tlu Monde, trad. Heart. I7 , .)7. 1, p. 31 1;— Ferrarlo. 1. c. VII. 1831, p. 58. — Cette habitude leur uoirctt les lieuts. surtout parce, qu' ils en liment l'émail pour qu'elles ne soient pas blanches comme celles des chiens (Raffles, cfr. Prévost. I. c. XII. p. 15*),
(9) Stamfon. I. c. 1. p. 281. -(10) Parkliuoa. I. c. I. p. 31 h-Dumoiit o'Urvltl*. I. c. 11. p. 288.
(Il) Forrario. I. c. VII. p. 50.— (12) HoIimi. Maggio in China e larlaria net 179S9S, trad. iuI. Milauo. 1*17. p. 47.— (13) thtmost s'Urvillo, I. c. IL p. 280. -(14) Parkinson, 1. c. 1. p. 311.
(13) Riaph, 1. c. V. p. 225.— Cne lois l'usage du tabac adopté par les Javauaia,ii se répaudit avec
Quoique J'imnge du tabic ait pénétré dans l'Ile de Java.au début, du dix-septième siëéle, la culture n'a du y être introduite, qu* beaucoup plus tard. Un effet , Saris parle de» produit» naturel» de I' i ! e de Java, eu 1609, et ne fait pas mention du tabac, que les naturels fumaient pourtant avec passion (1). Cela prouve que les Européens I* importaient ahrs pour a consommation, ainsi que l'opium etl'aloes; ou plutôt que la nouvelle culture du tabac était encore insuffisante. Cette culture augmenta pourtant peu à peu, de manière même a constituer une marchanda* d'échange et de trafic pour ces insulaires. Et vraiment, quand en 1700 Dampier jeta l'ancre dans une baie do Java, le9 Malais ayant appris quo le navire était anglais, s'empiesséient de lui portei en cadeau des noix de cocu, des bananes, du tabac et plusieurs autres chose* (2). Sous le nom de Tumbaku, le tabac était cultivé par le* indigènes, non seulement dans les plaines, mais aussi dans les montagnes jusqu'à 4 nulle pieds au-dessus du niveae du la mer, à Bator, à Djong, et encore plus haut, jusqu'à 7 mille pieds (3).
On cultive actuellement dans i'ilo de Java la Nkotùtna Tabacum, var. hacunensùt (4); mais on a commencé par y cultiver la N. Tnbacum, var. fruticosa. Cela est confirmé par l'autorité de Burmann, qui s'expiime textuellement ainsi: Javanka sptr.imina différant f'oliis owiuluH oiato luhteuiutm , in qutbundtiin petiolatis , neutiquam ampkxkntdïlms , me decuneutibuis, jmmctda luxa (5). Il s'agit précisément de la variété de tabac que les Européens avaient introduite d'abord dans les Indes et ensuite au Japon. Mais co.nme elle pénétra en Chine par l'entremise des Japonais, et ies spécimens en furent rapportés plus tard, mais à tort, comme une espèce autonome à la .V. cltinensis , il faut eu conclure que ce fut justement cette variété de tabac, qui fut d'abord introduite et cultivée à Java, apportée par les Européens (G).
rapidité c.ez le» naturels île» iles voisine*. Bank* et tolaiMter qui voyagèrent av»c C»»k (i-fr. Prévost. I. c. XX. p. ."'>) j., ce ut eut que le* insulaire* de Sjwh (dans l'Archipel <ie Java), hommes et femmes, avaient (1770; la mauvaise habitude de mâcher du tabac et de I' areca; il* s'y habituaient dès I' enfance , et, ne faisaient pas autre chose du malin au soir. Ili mêlaient toujours au bétei et à l'areca une espèce 'ie cliriux blanche tirée des pierres le taille ou des coquillages, et ils y ajoutaient souvent un peu de tabac, ce qui rendait leur bouche dégoûtante, l.e tabac infecte l'haleine: le bétel «t la chaux noircissent et garent les deuts... Les insulaire* de Sawu fumenr. quand ils ne mâchent pas te bétel. Il* roulent un peu de tabac et le mettent à l'extrémité d'uu tuyau loug d'cuvirou six poucei. fait li'une leuilie de palmier et gras comme une plume d'oie. Comme cette sort» du pipe ne contient qu'une petite quantité de tahao. les femmes surtout, pour en augmenter l'effet, avalent la fumée. Il esi juste de remarquer, pourtant, qu'il y avait uan* l'Ile beaucoup de facteurs hollandais, qui y avaient aussi introduit ia cuilure du mais. — l.e labac est également cultivé dans les Iles voisines de Java; on l'exporte même de Ba.i (Eyrlta et ■alla-Brua. I. c. VIII. p. '240): et il constitue une des productions principale* de Sumbawa iMalla-Srwi. Gwgr. untv. 5.me éa. Hoot, IK4I, VI. p. i'X).
(I) Cir. Prévost. I. c. II. p. IM.V-(J) Dampter. Voyage amour du Monde. 1715. V. p. 152.
ÇS) JiMfhua. Jam (trad. Hawkarl, is,v.\ I. p. |S4>.
(4) Le tabac llarane s'obtient avec des graines luirodoites directement de l'Ile de Cuba, et non de Manille. Le plus lin qu'en promise aujourd'hui daus l'I e est de couleur jauoe (Crawlaré, Hitt. of the Indian Archip. I. p. 4i>*i). — <-">> Bsraaan. Flora indien. 17tiH, p. 54.
(6) Cela démontre le peu de rondement de l'afitrmation urée par Lotbar Baktr (1. c. p. (M4) d'une publication dont il ne cite pas l'auteur) sur la culture du tabac a Java, disant que l' Hrrîbl/ïtlerigen DjnviHahok. à feuilles pénolées, était native de cette Ile {'.'.). — il s'agit évidemment de la .V. fruticos/t. à feuilles cordées, et précisément de la iV. pttiolaris. qui. de même que la N. chinemis. est à peine une forme particulière de la S. frultcoga. importée déjà du Hrénl dans les lude» par les Portugais, ainsi qu'on l'a du pins haut <p. 201). — La fticotiftnn herzblnlterigen correspond exactement a la S. peliolam, qui n'est pas non plu» une espèce véritable, mai* le promit du croisement de la frttticosii Xmacropliylfa. Cet hyorule constitue la aorte de tabac qu'on cultive depuis le siècle dernier aussi en liane, et qu'eu y désigue sous le nom de tobacco moro, peut être a cause de sa provenance orientale (due aux Missionnaires), ou p.irce qu'elle avait aussi élé cultivée d'abord par les Maures.— Cette sorte hybride de labac , obtenue peut être primitivement au Japon, a' est iargemeut répandue
Ordinairement les Javanais font sécher les feuilles vertes au soleil, et les courut en petits Ills, qu' ils enroulent onsuite dans des fouilles sèches de Musa. Les Malais font ainsi des petite cylindres qu'ils appellent Roncfws, et qu'ils allument par un bout pour le sucer de l'autre (1). On fait aussi des cigares exquis (2); et pour les améliorer encore le Gouverneur hollandais a envoyé récemment à Manille des élèves pour y apprendre la fabrication des cigares (3). Mais les conditions climatériques de Java sont moins favorables que celles de Sumatra à la production d'un bon tabac, étant donné qu'il y a souvent des périodes de plus do deux mois sans pluie. Cependant le Ubac y est fort doux,... et s'obtient principalement dans les fertiles régions de Kârfu, de Làdoc et de Banumas, exigeant des terres riches. On alterne souvent sa culture dans les plaines avec celle du riz (4). C'est ainsi quo les meilleurs tabacs do l'Ile sont ceux des districts de Djokjakarta, de Sourakarta, terres dites souveraines , et de Bezoeki. Ensuite viennent en seconde ligne les tabacs des districts de Loemadjang , de Kédirié et de Banjoema9. Le principal centro de fabrication est Pékalongan, et on y emploie surtout des Chinois (5). Les cultures se font dans les résidences de Rembang, Sourabaya, Samarang, Choribon, et Tangal. Le tabac produit daus les résidences de Préanger, Pékalongan et Kodu est exclusivement consommé daus l'île et dans l'Archipel (6).
A Pékalongan les tabacs sont (commu à Sumatra) mis dans des balles du poids de 80 Kg. Il y a cinquante ans on exportait annuellement de Java près de 5 millions de livres de tabac, qu'on expédiait à Sumatra, Bornéo, Celebes, et en général dans les Moluques. En 1847 on en envoya aussi 146 mille livres à Brème (7). La production , qui en 1870 était de 107,100 balles, du poids de 8568 mille Kg. (8), est montée en 1893 à 219,966 balles, du poids de 17,597 mille Kg. (9). On a exporté de 1' ile de Java (en
ensuite dans les cultures des Chinois. Les ouvriers chinois étaoi ceux qu'où employait le plus i I» culture du tabac daus l'ile de Java, il faut présumer que ce furent eux aussi qui l'introduisirent à Java, en l'y important de leur patne.-Crawturd (I. c. L p. 400} dit que cette sorte de ubac avait les feuilles épaisses, d'un vert foncé, plutôt arrondies et d'un goût très fort. Eb'. bien, c'esr précisément cet bybridu qu'on cultive beaucoup au Japon et en CuIuh; mais à cause du climat, de la culture ou de la préparation, les feuilles en sont Unes et très ustimées. — J'ai cultivé en \#Jê uue sorte de tabac, venue de Java et appelée Silook, arec l'indication qu'elle était exclusivement élevée par les aborigènes de l'intérieur de l'Ile, et non par les Européens. 1 -es plantes que j'ai pu obtenir appartiennent à la fruUcota. et prouvent absolument que la première sorte de ubac cultivée daus l'Ile de Java était la fruUcota, la même qui avait été peu de temps auparavant, et, toujours par les Européens, importée du Brésil et acclimatée dans les ludes et le Japou. Pour de plus amp.es renseignements sur la A*, labacum, var. fruUcota {S. chiiuntit). voir pms baut. pp. 201. 248, 274.
(1) Rumph, I. c. V. p. ',£25. — Qiglieti <l. c. p. 138) ajoute que le tabac bâché très flu est aussi enroulé dans les feuilles sèches de Aip«, pour faire ies cigarettes appelées rokok par les Javanais.
(2) Démet é'UrvIMe, 1. c. 11. p. 2oU— <3> Tleéeaaaa. I. c p. 241.— (4) QlilielL 1. c pp. 138. 168. (• r >) Epp. Detcrtpt. de Pèhalongan (cfr. .Vonit Jnd. Orient 1847, II. pp. 48).
(6) FsriUMSn, I. c. p. 44.— <7) Tledeauwa. I. c. p. 241.
(8) Ce cluffre est bien différent de celui donoé par Vela, qui estimait à peine la récolte de 1873 à 1 160 mille kg. (cfr. Cera, Cotmot, V. 1878 7D, p. 314).
(V) Dar«*taa«i*r, I. c. p. 62.— Il est certaio que depuis une trentaine d'années la production du tabac a toujours suivi une marche ascendante, non-seulement & Java, mais aussi dans toutes les Indes Hollandaises, dont la production sur le marché européen a beaucoup augmenté d'importance (l'exportation, en 1882, fut de 26537 nulle kg.), depuis que cette culture, affranchie de toute entrave, a pu •'exercer librement à Jiva et à Sumatra. Le produit de Sumatra est très supérieur à celui de Java; on le préfère surtout comme feuille pour capes, et son prix est souvent quadruple de celui de la feuille javanaise. On fait actuellement des efforts pour obtenir de meilleurs produits» Java aussi avec l'acclimatatioo du tabac de Sumatra (cfr. Il tabacco. fc>ma. 189», III. o. 28, p. 8). Le tabac des deux grandes Iles va exclusivement eu Hollande, d'où une bonne moitié est expédiée en Allemagne. Les
totaux d'exportations ont été: ou 1880 de kg. 3,1975 *>, 18SI. kg. 6.761UJO0; 18*2, kg. 8,366,500; 1883, kg. 12,468.000; 188», kg. 29,686,000 ; et en 1890, de kg. 34,400.000. Mais il faut tenir compte, comme
1896) pour le Hollande 197 mille balles do tabac, du prix moye.i do 0,4»l centimes, pour la valeur de 13 millions do Frcs. (cfr. Boll. Conx ). La production fut do 87 millions do livrea anglaises en 1894; de 35 millions en 18'J7 (l). D'après les notes officielles gracieusement fournies à l'autour par le Gouvernement Hollandais, la production du tabac a atteint, en 18y7, dans l'île do Java le chill'ie de millions '29 A Kg. Eu 1S96, l'impur Union du tabac a été de 1803 tous, et l'exportation de 28,217 tons.
6i Sumatra (2)- Le tabac a été connu l'oit tard par ces insulaire*. A l'époque où le capitaine Conk voyageait en Océanie, vers le milieu du siècle dernier, cette plante n'avait pas encore été introduite à Sumatra.
Aussi les navigateurs qui y abordèrent avant Cook, et lesMissionaires qui s'y établirent, ne tirent aucune mention du taha; avant le dix-huitième siècle, quand ils parlèrent des us et coutumes de ces naturels et des productions il" la grande ile. Scheffer, en 1529 (3); G. M. A. W. L, en 1Ô9<> (4>; Davis, eu 1Ô99 iôi; Neccio, en liîol i»>>; Lancaster, en 1602(7); fiothard Arthus, en 160/ (8); Beaulieu, en 1621 i«J); lu l'ère Premare, en 1098(10); et Loppin en 1710 (11), n'en dirent rien non plus.
Avant l'arrivée des Européens ces insulaires consommaient beaucoup do bétel (12); mais avant le tabac ils prirent de l'opium, qui leur avait certainement été aussi apporté par les Européens (13), et dont les effets rassemblaient à ceux du chanvre, qu'ils connaissaient déjà (14).
eoiupeusaiion à cette exportation, d'uue importation de cigares qui u'est pis à négliger, et à laquelle OD attribue une valeur moyenne le ô.tfïO.O'i* r'ivi. (Sebtrnr. La rit» economic* <Ut pop-Jli trad. Rm- «II, p. 151).
(1) Cfr. Dipl. it. Cons, llep. Ixmdon. IH'.W.— Jam, n. 209T>, p. .">,
('.') C'est en 1173 qu'on a eu la première iwtire «loaeernaut Sumatra. A celte époque des voyageur* arabes la visitèrent et la décrivirent sous les noms de Hnmni, Lamerv, ou Sabormti. Uo siècle plus tard Marco P»l0 l'appela l'ettle-Jaca. Les -uîigénes lies régions voisines i' appellent Andelis (Dûment d'Urville, I. c. 1*34. 1. p. 1 7.%> — Le Portugais Ffautlra y aborda en I5*s. et les Hollandais s'y établirent eu 162.'. (ThMiptoa, L'indv Chine et lu Chine. IKtil, tra.i. Vattanare. Paris. 1*7», p. «), ou eu 1628 selon Gréfl,»ir« (J. c. p. In-W).— ÇS> Scheftr, Le discours de la narration de i. el «. Paraaatler, IH83, p. 61, et suiv. — (4) 0. M. A. W. L. 1+ima part -d-seriptionit ilmerts tt'ivalit in Indian 0/vrn<<i<«ro,Amstardam I.V.W. f. 17. et Miiv.-(fi) Cfr. PrdvMt I. c, I. p. 373.-<6) Getfctrd Arthut. m 0* Bry. Ind. Orient., 1000. VIH . pp. 13. 5*. -(7) fir. Prévoit. I. c. I. p. 3«.».— (s, Clr. De Br», Ind. Orient., 1012. IX. p. '.'s, et suiv.
Ci) Cfr. Privait. I. c. IX. p. 32*.— ( lu> Cfr. (Roiisielot de Surjy) Mém. geogr. pliys. et hitt. sur f Asie, etc. 1797, III. p. IS-23.-(H) Cfr. Lettres èdif. et curieuses. P.ins. 1743, Recueil, XXVI. p. 2VK).
(12) Scktfltr {Le discours de la navigation de J. et H. Paraiantier, 1X83, p. 61) fait remarquer, à propos de l'habitude, qu'ont les Malais >ie Sumatra de pren :re .mftofre Çbétel). que c'est une feuille qu'ils tiennent en grande estime <ir>29). e; qu'ils màcheut souvent avaut et après les repas, mêlée à ue la chaux éteinte. Klle parfume I' baleine et rend un suc qui rougit les dents et les conserve. D'après Garcia de Orta. médecin du Vice Km des Indes (Aniwiilum... hisloria, 1367. p. 92). le bétel m ilalamr vocatur Hêtre; in Dean, (iuzarate et Canam. l'am; in Malaio. Siri.— Les appareils employés par le» Souverains pour le bétel coûtaient fort cher. BmiiIMu (tir. Prévost, I. c. IX. p. 328) raconte que le Roi d'Aehim. qui le reçut en 1021, lui rit présenter du bétel dans un vase d'or, dont ie couvercle était pavé d'éineraudcs.
(13) Comme tous les peuples d'origine malais, les naturels de Sumatra, et surtout les habitants du littoral, aiment passionnément l'opium. Le pavot qui produit ce narcotique ne poussant pas daus l'Ile, on eu importe du Bengale jusqu'à 200 cause» pur au. L'opium arr:ve en disque» de 5 à 8 livres, roulés daus des feuilles sèches. Les insulaires le mâchent, ou le fumeur, lu première manière est préférée par les Turcs et beaucoup d'Orientaux; les Malais, au contraire, aitiieut mieux la Secoude. Ils s'enivrent jusqu'à la frénésie et à la folie; et. ain.si surexcités, se préciptieut daus les rues avec des intentions homicides. Oq trouve à Java (ainsi qu'on l'a dit plus haut. p. £J7) a'euragés fumeurs d'opium (Dement tflrvlll*, I. c. I. p. ItCi).
(14) Kn 1688 les naturels de Sumatra cultivaient et employaient une herbe dite Ganga ou Bang ( Cannabis tndica).(>D raconte qu'on fait une infusion de cette plante avec une liqueur qui étourdit
L'usage de fumer le tabac s'insinua d'abord dans l'île de Sumatra chez les habitant* de la côte (.1), gui, tout en continuant à mâcher leur bétel, commencèrent aussi à fumer !e tabac avec des pipes de b.mihou verni.. (2t. Le nouvel usage fur naturellement bien accueilli, surtout par les métis hollandaises qui, de même que leurs* compatriotes de Java, avaient l'habitude de passer la journée movement étendues, à milcher du b Hel, à boire du thé et a fumer le linwj, ou autrement dit le chanvre td), selim r usa^e musulman. On y fume aussi le tabac non-seulement avec la susdito pipe, mais aussi enroulé dans des feuilles de palmier (4>.
L' usage du tabac, étant devenu commun chez les Malais de la côte, dovait forcément gagner ceux d- 1' intérieur, quoiqu' iis vécussent, à l'état sauvage. Court rapporte qu'il existe encore dans l'intérieur de "ile de Sumatra 1 1815) des sauvais (appelés Orang- Kubus), avec lesquels on t: atîque ;\ distance. Pa> exemple ou depose du tabac dans un endroit donné, ou toute autre chose pour leur usage; ils ies prennent et y font trouver ilu miel, ou d'autres dent ■•'•es en échange '.ô). Cet. usage se propagea peu à peu dans les 'les voisines de Sumatra, telles que Nia*, Baton, Xasau, occ. iMarsden, I. c.)
Comme conséquence naturelle de 1" usage du tabac , la culture de la plante commença à l'ile de Sumatia, dès le Siècle dernier, dans les champs des régions de Badaug, Benkulen et l'alambang. Toutefois l'impôt talion du tab *c chinois y continua, parce qu'il était plus fort que le tabac indigène (Mariden, 1. ci. Un le cultive aussi chez les Tobas- Battaks. Le tabac à fumer est différent de celui il chiquer, qui ont mêlé au tirih , autrement dit au bétel. Pour fumer les indigènes emploient do grandes pipes élégamment ornées, en cuivre, et quelquefois en bois (G).
Ce sont les cultivateurs de tabac de Java, qui ont implanté cette culture à Sumatra. Les premiers essais dépassèrent leur attente: ils obtiuret un tabac supérieur, par le goût et les propriétés particulières delà feuilles, à celui de Java (7). Cela explique comment la production du tabac, qui n'était dans cette ile que de lsô mille francs en 1865, avait atteint, en 18S4 le chiffre important de 28 millions de francs (8).
Il est maintenant universellement reconnu que la tabac de Sumatra est meilleur que celui de Java, et on le préfère pour ies capes de cigares; si bien que son prix est souvent quadruple» à celui de Java. l«e produit îles deux ilea de Java et de Sumatra est
critn qui ia bon, et produit des effets . qui varient suivant tes différent* tempérament*: les un* tionueui. d'autres éprouvent peuiaut quelque» heures une galle al.aut jusqu'à la loJiu. Pour ces causes diverses celle piaule est très estimée des naturels (Daiaptor. Voyage autour du Monde. 1715. II. p. 153).
(1) ■*»«•■, Hist, de Sumatra. ITss. I. p. 140; II. p. S'A
(2) La pipe adoptée p.ir les Hattak* est reproduite par Thxkmawi, I. et. XIII.
(3) Graal. cfr. Privttt, I. r, VIII. pp. 4*5, 4*:,
(4) Damant d'UrvIlle, I. c t. p. 1S5.— On enroulait le tuhac lluement bai'tié dans l.t feuille du palmier îftpa. {Xecpack), et l'on en faisan une cigarette appelée rocko (cfr. Hiitmvm , I. c. p. '1A\). — Il tst à remarquer que le même nom de rocko était employé par les Malais de Java (Voir plus haut, p. 300); il est donc permis de supposer que l'usage du tabac avait probablement pénétré chei les Malais de Sumatra par l'entremise de ceux de Java, qui le pratiquaient depuis le commencement du dix sep-
(5) Cfr. Evrlè» et Mtllt-Bnw. .Vcror. Ann. Voyag. XIV. |te>. p. 310.
Iti) fijglioli {Soles on the Ethnographical collections formed by Dr. Modl(M»i .. in Central Sumatra; dr. Schmritx. Int. Arch. f. Ethn. VI. I8U3. p. 120) a reprudult ies figures des bohes à bétel, et des pipe» adoptées par ies Battaks.
(7) l.a supériorité exceptionnelle et notoire du taoac de Dell est due à ia grandeur, à ia tiuesse et à la »ouple*se des feuille*: qualités pour lesquelles ou !e recherche aujourd'hui partout, comme un préeieui é émeut pour cape* (Kljtllnj, Der lahak, p. 10).
(8) Mémorial des Manufactures de VÈtat. latoc*. Pari», 1884, 1. p. 445.
presque exclusivement importé en Hollande (ainsi qu' on l'a déjà dit plus haut, p. 300), d'où une bonne moitié va en Allemagne (1).
o) Bornéo. - L' usage et la culture du tabac ont dû pénétrer fort tard dans l'île de Borneo (2): certainement pas avant le sir-cle dériver , car De Noort en 1601 (3); Careri, en 1634 (4); et Cowley, en 16X."> if>), n'en firent aucune mention, tandis que ces voyageurs avaient noté les us et coutumes, ainsi que les productions des insulaires de Bornéo.
L'usage, sinon la culture du tabac, pénétra certainement chez ces peuples dans le courant du siècle dernier. En effet , Forrest (6) remarque que les bateliers y fumaient presque tous (7); et d'Urville observe que ces insulaires ont une véritable passion pour le tabac (8). Tous , hommes et femmes , y ont la bouche déformée par 1' habitude du bétel et du tabac, qu'ils mâchent continuellement, on on gardant un peu entre la lèvre
(1) Ou calcule qu'on vend chaque auuée du tabic de Sumatra sur les marchés hollandais, y compris une petite quantité obtenus a Java, pour près île <VJ million» de Murk*. Les achats allemands entrent pour environ 28 million» de Mks. dans crue -somme (Semler. I. e. 1*88. III. p. 354) -La grande renommée à laquel.e le tabac de Dell est arrivé eu peu d'années a i'ongiuu suivante. Eu 1*02 un Arabe attira, le premier, l'attention d'une maison de commerce de Batavia sur le district ne Deli. oh l'ou produisait ie poivre et le tabac, et d'où l'on pouvait espérer, pur conséquent , une bonne production pour le* marchés européens. On décida une expédition à Dell en Mars 1803 à laquelle se joigoit I. Nienhuya, uti planteur de tabac de Java, dans le but d'étudier le ti-rrain de brli et d'examiner s'il était propre à cette culture. Muni des moyens Financier* nécessaires p >r une mais»u de Rotterdam. Nlenlurra envoya eu F. u rope en 18(55 les 50 premières balies de tabac, et ISS eu 1*1S. Ce produit attira tellement l'attention des gens experts dans la matière que . sur i" avis d'un commerçant de tabac (A. Cléoveatj. us riclie banquier d'Amsterdam, P. W. Janiten. se décida à aider puissamment i'eiitreprise de Nieahaya. qui était venu en Kurope dans ie but de faire de la propagande pour cette industrie, qui se présentait dès son début sous de si favorables auspices. La récolte de 18tfs se vendu Pres. 4.50 le kg.; ce qui •ucouragea naturellement beaucoup l'entreprise. Kn 1869 ClteiMt »e rendit à Deii afin d'y acquérir de nouveaux terrains pour une Compagnie, qui se tonnait à Amsterdam sous la protection du même Mnaion. et de la Société Commerciale des Pays-Ban. Clamant mourut au bout de ciuq mois: mais cela n'empêcha pas ia constitution de la Compagnie, qui se forma, eu effet, le 28 Octobre IHri» . arec un capital de 30-j itnlie gulden, équivalant à GOO mille fraucs. C'e.si ainsi que fut fondée ia Deli-MaaU chappy, pionnière îles cultivateurs de tabac à Dell, qui produisit (en 1893) 52,759 balles detabac.de 80 kg. chacune, c'est-à-dire ie tiers de la production totale de l'île (Pratt, in the U. S. Tobacco Journal. New-York. Il» OeUihre 189."». u. 12). Cette production qui n'était que do 4 mille k*. en 1884. montas. 100 mille kg. eg 18*4 ( Kittling . I. c. lu), et à 15.421 mille kg. en I8'J4 (Oarmitaeiltr , I. c p. 5>). l.o tabac export* pour la Hollande, qui était en [HIU de 50 halles vendues pour la somme totale de 4 mille Pis., atteiguil eu 1X96 l'énorme chiffre de 189 mille balies, qui, au prix moyeo de frs. III. furent vendues pour environ 3-.' millions de Krs. icfr. Bolt. Com.,. D'après les uotices officielles que j'ai eu par le Ctouverneiiieiit Hollandais ce chiffre dépassa mime 3rt militons de Krcs. en 1889 et en 1893. L'exportation actuelle du tabac des Indes H»»landai»es est d'environ 35 millions de kg. (Sehomr, I. e.p.M4).
(2) L'Ile de Bornéo lut découverte eu 1521 par le Portugais Seorjai de meneser (Mearei , Viaggi dalla Chin-i alla cotta SordOrett d" America, iîSSi). Nupoii, 2.* ed. I79tf, 111. p. 193). — Les Portugais commencèrent à s'y établirent en 152'1 (BDactilnf. Xuoca Geogr., trad. Jagamann. 1779. XXVIII. p. 233).— Les Hollandais commeucèreut à y trafiquer eu 1*>9 (Cereri, m Prévoit, 1. c. XI. p. 484); mais ce ne fut qu'à partir de i'auuée 1748, qu'ils y exercèrent uu commerce actif et régulier i «autel le et Malte Bran, Geogr. Pans, 1804, XII. p. 407,.
(3) Os mort. Voyage (clr. déranger. Collect... I. p. 255. et suiv.).— (4) Careri, Voyage (cfr. Bérenger. Collect... IL p. 230, et suiv.).— f) Cowley. Voyage Wlr. Bérongar, Collect... 111. p. 298. et su;v.).
(fi) Forreat, Voyage nu n Moluquet et à la Xouv. Guinée, trad. DomsmUar. Paris. 178'J. p. 433.
(7) Forrest (I. c. p. 430) ajoute que lus Malais mêlent l'opium liquide à une certaine herbe appelée Madal, et qu'ils s'en servent pour la turner dans de grandes pipes, dont il reproduit ia figure à la tab. 27. — A Bornéo, les hommes et les femme* out également l' habitude de l' opium (cfr. Eyrwa et Klaarotti. 1. c. 1828, XXXIX. p. 173).
<*) Ounieirt d'Urville, I. c. 11. p. 23'.h-«arrT4t, Borneo and the Ind. Archtp. 1848. p. 77.
supérieure et la gencive (\). Les enfants fument aussi les cigarettes Les Dajakis Js
Bornéo se servent de pipes si lourdes, qu' elles peuvent servir d'armes ;\ l'occasion (2). 11 semblo pourtant que juaqu' en 1824 la culture du tabac n'ait pas été introduite dans cette île. car cette marchandise figurait alors dans 1' importation , surtout de la Chine et du Japon (3). Elle fut certainement implantée plus tard dans l'intérieur de l'île, puisque les habitants des côtes échangeaient les produits de leur pêche contre les denrées provenant de l'intérieur, et principalement contre le tabac <4i. Le village Labany, situé sur un haut-plaleau, à environ 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, en produit en abondance (-5).
Le tabac est beaucoup cultivé par les Dyaks et le peuple Bruni. Les naturels ne savent pas le préparer; mais le produit des Bruni est très apprécié par les Européens (6).
En 1865, on importa du tabac à Surawuk de la Chine, de Sumatra et de Java, pour une valeur totale d'environ 3;i mille dollars, et de 1' opium pour environ 40 mille dollars; tandis qu'on en exportait pour environ mille dollars de tabac (T), et en 1884 pour 36 mille. Dans cette même année on en exporta du Nord Bornéo pour 2 mille dollars, et de Sandakan pour 1537 dollars t<i».
La culture du tabac fut installée à Bornéo en 1883 par la Chinese Sabuh-Uompcujny. A la suite de résultats favorables , on institua la London- Borneo- Toba-xo Company en 1887. C'est ainsi qu'en 1S94 on obtint, 10,151 balles, du poids de 812,1(10 kg., dans les régions de Banelbay, Marudubay, Sandakanbnv. La plus grande partie du produit de Bornéo est envoyée en Hollande (9>. Ce Ubac i ensemble beaucoup à celui de la Havane (10). En 1895 on a exporté pour la Hollande 18 mille, au prix moyen de 103 Fies, pour la valeur d' enviton 2 militons de Frcs., et en 1896 on a exporté 18 mille balle au prix moyen de 86 Fies., pour la valeur de 2,282 mille Frcs. (Cfr. Boli. Cons.)
(1) Bov*. Vutggio del Gorerttolo (eu. Cera, Cosmos. Turino. lil. IS75-76, p. 269V, Gteréane, Una esploraxione a Borneo. Mt>3 <ctr. Boll. Soc. Oeogr. Util. XI. IK74. p. I'.H>; l»mm, Martinet. Les Polynésiens. 1880. I. p. 242. -Ou sait que les Européens installèrent la culture .lu tabac dans les meilleures terres des Philippine», de Java et de Sumatra: mas» cette nouvelle piaule est tellement eu faveur chez le» aborigènes de Bornéo, des Moluques et de Timor, <]iie non-seulement les naturel» la cultivent, sans le concours des Européen», mais que c'est une des choses ie* plu» appréciées. Il» ne se contentent pas da fumer et de mâcher le tabac. Schwahtr a observé que les Dajnkis fuut une vilte eu mouiilant avec leur salive des débris de tabac, eu formant des boulottes je ia grosseur d'Un ouiif de ptxeoi), qu'ils se mettent à l'intérieur de la livre intérieure pour les sucer. MichleltM ajoute: l.e mauvais tabac est bâché dnemeut. et employé à iure de grosses cigarettes, recouverte» de feuille* do it tua. Ces cigarette*, qui sont surtout fumées par le» femmes, réclament de grands efforts pour être consumées, à cause de la mauvaise combustion du tabac. Oo là. probablement, la nécessité do faire avec les lragmeuts des feuilles le» boulettes dont nous avons pane (Ratztl. Volkerkunde. 1*87, 11. p. 423).
(2) Nor4»»t«j«l<. La Vega, MiUno. 1882. 11. pp. 317. 'XL
(3) Cir. Eyrlis et Ktaprotti. 1. c. I&2H, XXXIX. pu. 173-74;— Marryat I. c. p. "7.
(4) Gitréam. I. c. p. U'«:-ftov», I. c. p. 52.
(5) Bov». 1. e. p. 271. — li faut noter pourtant qu'on cultive également le maïs dans l'iuléneur de i'iie <l. c. p. 2tt«;— Glerdaae. c. p. lyili- Le tabac a donc dit y pénétrer eu mémo temps que le maïs, plante indiscutablement américaine.
(6) L««k, loàaeco. ISSt», p. 142.
(7) Beccari, Cemw dt un riaggio a Borneo. iSUtl. (cfr. Bull. Soc. Uéogr. Hal. 1. 1SW. p. !'.«). (Si Lock, i. c. p. 142.— En IHH5 l'exportatiou dépassa ia valeur de 5e mille dollars, pnvenaut surtout
de Sandakanbay , et de I'iie ,ie Hauguey. Ku !**(! ou en obtint en grande quantité à Kanguey et à Marudubay. Cette culture, exclusivement . ourlée aux Cniiiois, est très appnk-iée par la Compagnie de Bornéo <Cfr. Dipl. a. Cons. liep. London. I*S6\ — Borneo, u. 'M. p, 5i.
('.») Darmstaedter. i. c. p. (13. — ( lu» Sctierier, La vita einmomicn det popoli . (in BibL Eton. Torino, 18°A, H. p. 144). — Le tabac des rr-gions septentrionales de Hornéo a certaineuieul un superbe avenir, car les résultat» obtenus jusqu' a present ont prouvé qu' il peut lutter avec les meilleurs tabacs de Dell (Sumatra) pour capes de cigares si recherchée» i.Ftrf ukw, i. c. pp. 1H2. '-"J'.», 2*). 241)
Nouvelle-Guinée
L' usage du tabac a du se propager très tôt dans la Xouv<"ile ■« i mnûo (1) (ou Papouasie), et presque tout de suite après son importation aux Philippines cf. .1 .Java, au commencement du dix-septième siècle.
Kn 1615, Le Maire observa que les sauvages des îles Mua, Irau el Arimoa, dan» les mers de la X. Guinée, lui offrirent du tubaco (!!) et des vases chinois; et comme ils avaient aussi de très beaux verres coloriés (conteries) , il en conclut qu' ils devaient les avoir re<;us des Espagnols, qui y trafiquaient déjà.... Il eut également, du tabac des aboi igeiies des auties petites lies du Nord de la N. Guinée (2).
Il nous faut remarquer à ce sujet que Schouten et Le Maire>'naviguant, en 1 H 15, duns les mers de la X. Guinée rencontrèrent des canots de provenanco inconnue, montés par des Malais. Ils observèrent que ceux-ci possédaient du tabac, et avaient les oreilles ornées de baguettes de verre bleu, ou vert, données certainement par les Espagnols. Ayant rencontré ensuite deux auties pirogues de Malais pourvus aussi de tabac, ils les crurent natives des Moluques, et remarquèrent que quelques-uns de ces Malais disaient quelques mots espagnols, et que l'un d'eux portait mémo un chapeau espagnol (3).
Deux siècles s* écoulèrent sans aucune autre notice concernant le tabac chez les aborigènes de la X. Guinée. Ce fut après ce long intervalle de temps que recommencèrent les notices relatives au tabac. En 1824 , Duperrey observa que les naturels du Noid Ouest de la X. Guinée cultivaient, eu plus du mais, le tabac dont ils faisaient des paquets pour les troquer avec les marchands malais et les équipages dos navires européens. Il remarqua en mémo temps que ces indigenes avaient déjà dos relations commerciales avec les Malais et les Chinois (4). Les navigateurs de VAstroLxbc observèrent également, en 1827, que les Arfakis, habitants des côtes XordOueat de la X. Guinée, cultivaient le mais et le tabac to). Lauterbach le vil aussi cultivé dans l'intérieur de la région du fleuve Gogol, dans la baie de l'Astrolabe (6), ainsi que dans les collines du
< I) Cuti* Ut- fut découverte eu lot 1. par le Portugais Abrau (Grigolra, I. c. p. 14'.W ;— Outrent «nirvitla I. c. 11. pp. IHTîT.et visitée, en l.VÎ'i, par le Portupais Da MwtZM . <|Ui l'appela fa pua . da nom des aborigènes Cera, lu Charron et Treves. I. c. XV. IH7-2. p. :*>">). — /tyw» dérive du mnlais Orang papwi. ou ixipuifflli. qui signifie homme* noirs, au* cheveux frisés <6ljlloli. Viaggio... sittta Mit/tenta. |K7."i, p. M'.T). — Selon d'autre», papua viendrait du pua-pua. i(ui signifie il.ms le iausace des naturels brun, noir i Hardial. Hist, de Java, p. 4). Kile fut visit ■'•«> eu l'ril par I' espagnol Alvaro 4e Sauvetfra (Letton, MaritMt htt foiynésien*. I. c. I. p. 4J>, ipn l'appela Xmt»eUe-Guinr<: !l-V». parce qu'elle *>; trouvait sur la même latitude que ht (initiée africaine (Mentell* et Malie-Bnui, Géogr. XII. I*>4. p. -V.HI. et que les mdntèn.s des deux ile» *e res*emWawut <flhil»*r».v IV autres prétendent que ce dernier nom a et» 1 propos'' par l'Espaittiol Orlli 4e Rei en 1S4\
Spllberg et La Maire, speculum Orientait* occidenlalisque In'ttae narigationum. Itill Is, l.uçd. liât. I »>!•.». i p. UW. 10.'. — Quant à -u présence de vase» rlrnni» çhe/. ce» insulaires, il faut remarquer que liés celle époque (e«i t'Iimrus indiquaient avec les .tlw»rtgùiies des Moluques, qui les t Toléraient aux autre> étrauiters ( Halte-Brun, Geagr. unir.. .ïnie éd. Huot 1*41. VI. p. 448..
(3.1 .'De Brette. Histoire de* navigation* aur terre* australe*, Paris, I7CU. I. pp. 40». H>.\ 4> Danonl «TUrvill*. Voyage ptltore*<iuc. Il pp. IXrt-".
(4> Diwtrre», Voyage autour <tn Monde sur la rorrelte Coquille. t*ï:' :'■">; letton «t fiamol. Zoologie. I. p. -Ml.— T». Dûment d'UrvIlle. I. c. II. p. PJ3; - Damont <T Urvllle. Voyage de l'Aslrolat»:. IHV.- .'M ; Histoire du r»yoge, IV. Part», 1*3-. pp. ôstt, f*W.
Ko La régiou de la baie de l'Astrolabe (colonie alieuian lei produit aujotir V oui du tabac ou li -.une .piaillé, «i. "elle couleur, et de llu tissu. Le tabac de cette hate, produit il- \mi. lut embarqué pour i'Kilrope |' .r ia t'ompague -x-i l'Astrolabe; et ou eu exporta, eu |stt|. uour Amsterdam 33'. I. i.ies. e..u. leuaut euv'.rou '*' nulle kn:.. qui se vendirent tvè-i bien, à ! sii. «'. pences le l|- ht:, - l':ie st-- .ij.i-expédition lu même produit de i>c' ball.-s. couieuailt euviron mille kc. , Or laite pour lire» le ta même année s un bon prix. La qic.ntré le tabac exp'tri«te t->-iv|:iut cette année lut de 17 on supê-
Coiia. - SM<».r. 4u i'.W a .'
cap Croissiles (1). En 1873 , Beccari eu observa !a culture sur le mont Arfak (2), et à Arubeilaki (3), toujours avec celle du maïs (.4).
Dans la région des Arfakis les naturels sont toujours pourvus de petits cigares , faits avec un peu de tabac roui* dans un morceau de feuille de Fandanim (5) , ou de Musa (6), et quand ils n'ont pas d'autres ornements pour le nez , ou les oreilles, ils y mettant ces cigares (7). Ils ont l'habitude d'onterrer leur morts en face de la porte de la cabane habitée par le défunt , et ils renouvellent tous les deux jours sur la tombe les provisions de nourriture et de tabac (8). Ils cotiser vont le tabac ainsi que le airi (bétel) dans des tuyaux de bambou (9). Les naturels d*»s iles situées au Nord de la X. Guinée emploient dans le même but un panier [nawèn) fait également en bambou (10). Oe Clercq rapporte que ces derniers indigènes cultivent le tabac, qu' ils appellent Sambaoe (11), dans les petits vergers qui entourent leurs habitations (I. c. pp. 223, 239), et le portent dans de petits sacs pendus à un mince cordon autour de leur front et qu' ils fout passer derrière les oreilles (I. c. pp. 220-21 1. Ils adorent fumer. Aussitôt qu' ou leur promet du tabac, ils déposent lea arcs, les flèches et les lances, et se présentent accroupis pour en avoir (!. c. p. 240). Aussi De Clercq ne manquait-il jamais (1887) de distribuer aces insulaires, assis en rond, du tabac et des verroteries pour les apprivoiser (1. c. pp. 200-21). 11 dit que les insulaires de Jamna cultivent aussi le tabac (sabka), et le fument enroulé dans un morceau de feuille .sèche de pimng (Muaa). Dans les maisons on a des petits sacs exprès pour le conserver (12); mais les naturels do la N. Guinée Hollandais le gardent dans des récipients de bambou sculptés (aàsà). Ils fument le tabac encore vert et fade , qu* ils cultivent avec le mais , le roulant dans des feuilles de Pandamu. Ils préfèrent pourtant celui que leur donnent les étrangers (13).
L'usage du tabac existe également chez les naturels des contrées occidentales et méridionales de la N. Guinée, qui mâchent aussi le bétel (14). Cerruti raconte qu' eu dé-
neure à celle de l'année précédente (cfr. Dipl. a. Cons. Rep.. London. 1895. - Germany, n. 382, p. 04). — Ru 1898 oo en ven.iil 123 balles sur le marché de Hréme. du poids d'euvirou 20 mille livres (lieuls. Kolonialblall 18U8, p. 386). La New-Ouinea Company y apporte une. graudo surveillance (Saoobeck. , Oie KuUurgew'ichse d. deuts. Kolonien. Jena, I8W, pp. -.20(5 220, aveu rig.).
(!) Wllkoi, U. S. Expl. Exp. p. 337, Philadelphie, 1*>5. cfr. Fln*eh, Ethnol. Erfahrungen u Ueleg- Huche aus der Sûdtee. p. 649. Wien. 1 88* 33; - Mactav (1870). cfr. Cora, l'oimoi. Toriuo, 3871. II. p. •>m. — (•>) err. Boll. Soc Geogr. itaL XL 1874, p. 657. — Les uaturels du l'iuténeur saut appoiéi Encta méms ; ceux du littoral se distinguent eu Pnpus (des plaines) et en Arfakis (des montagnes) <0«jurrev. Voyage autour du monde sur Ui Corvette Coquille. IHSÏ2.~>; Lmmm ei Garool. Zoologie, l'art», 1826. I. p 88). — (3) Cfr. Boil; Soc. Geogr. ital. 2." Ser. 1. )87i5. p. 5.*}.
(4) Cfr. Boll. Soc. Geogr. itaL X. 1873, p. 70; — De Albertii. Alùt Suont Guinea. 1880. p. 51 — Dt Albert!» observa que les féroce» Arfakis deviurent tratluhles après lu venue des Missionnaires lioii.iudais (I. c. p. 150).— (5) De Alberto, I. c. p. 00.— (6) Macloay. I. c. p. 284.— (7) Bsccari. m Huit. Soc. Geogr. iUtl. X. 1«73. p. W. — (8) De Albertii. I. c. p. 151; - Dooorrtï. L«Men et Garnot. I. c. I. p. W.— >:•.); Gtglioli, I l'nj.ua delta S. Guinea, cfr. Maatogazza. Arch, ver CAnlropologia. l-"ireiize. 1874. 111. p. 150; — Macloay ils70> cfr. Cara. Cosmos. Torino, 1874, II. p. 283; - - Friaamann . m Ann. Yotjag. ;**J. H y. 2.VJ — (10, De Clereo. Le isole hociuinbar. Mo, Wiak del SorddeUn S. Guinea lUomlese u-fr. Cara. Cosmos. IX l.vtrt-88, p Jllj.
(11) Le tabac est. aussi appelé Sambacni par les naturels ite ia baie <ie llumbuli iBgccarl . lu ManlBga.it*, Arch, per CAntrop. Flrouze, 1876, VI. p. 367), et par d'autre» roko (Lyno, Sew Guinea, Lonuon, 1885, p. 32).— Ce mot de roko attesta une fois de plus l'importa tmu malais du tabac, cette dénomination •taut exactement celle du dialecte malais de Java et de Sumatra. La, en effet, le» petites cigarettes faite» avec les débris de tabac roulés dans une feuille sèche de iït}*>, ou de Musa, s'appellent justement rofto* (Voir plus haut . pp. 300 . 302.).— (12) D* Cltrc*. Le isole Jamna. Mast Mast . Moar e la tjaaggvt oppotta délia S. Guinea (cfr. Cora, Cosmos. X. I88SHH>. p. W).
(13) D* Clerca, La baia ds Vandemen e del Geelrink (cfr. Cora, I. c. p. 130, et suiv.).
(14) Do Alborti*. Alla Suoca Guinea. 1880. p. 352.— I.' usage du bétel est très ancien chez ces abo. rigènes. fehoutea et U Maire l'observèrent déjà eu 1615, quand ils débarquèrent ù la N. Guinée (Oo Brosiei» I. c I. p. 40.)). — Maatogaiza (Sludi antropologi'i eit etnografici sulla uuout Guinea, 1877, I. p. 30)
barquant, en 1870, au Sud Ouvcst de la N. Guinée au milieu dos Papouas-Onen, un Papoua vint lui demander du tabac en échange de noix muscades, et il remarque que les indigenes cultivaient aussi le maïs (1). En plus du tabac et du maïs, ils cultivent la canne à sucre, les bananes , les courges et les haricots , qui y ont évidemment été importés par len Malais (2). Ces derniers , ainsi que les Chinois immigrés aux Moluques , firent aussi contracter habitude du commerce aux naturels de la N. Guinée (31.
Macleay (4), remontant en 1875 le cours du fleuve MaiKossa (ou Baxter), trouva la canne à sucre cultivée avec le tabac. Il ajout* textuellemeut : " Un fait indiscutable c'est qu' aucune des plantes cultivées par les Papouas, à l'exception peut-être du sagou, n'est indigène de la X. Guinée. Elles ne sont même pas indigènes de la Polynésie ( I. c. p. 379). Il raconte encore: (I. c. p. 232) Débarqué près deia embouchure du fleuve Katoua, au village de Muhatta , je trouvai les Seigneurs assis en rond sur une natte. Ils croyaient probablement que mes compagnons et moi nous entrerions dans leur cercle pour luiuer la pipe de paix (5). Ce qui se fait en aspirant et en avalant par un gros
remarque que l'usage iiu bétel appartient plus particulièrement aux Mélanésiens, quoique ie* Malais et les Javanais l e praiiqueut également. — Selon Leaaon, Martlaat (Les Polynésiens, 1880. I. p. 37) les naturels, habitant les forêts de l'intérieur de la N. Guinée, diffèrent de ceux du littoral, même pour l'usage du tabac, car ceux de i'intérieur ne le connaissent pas (11), tandis qu' ils màcheut continuellement le bétel.— Eb - bieu. l'usage de mâcher le bétel, commun à la race malaise fut, sans aucun doute se)on Oiiparrey.et contrairement à I' opinion de aUirtaaana. importé chez les Papouas par lus Malais, qui y immigrèrent (Daatrrar. Voyage... de la Coquille: Uaaoa et Gantai, Zoologie, I. p. 93).
(1) CIr. Cera, Cosmos, Toriuo, 1«73, I. pp. 274 5.
(2) De Alkertta, Alla Suoia Guinea, 1880. p. 148.— Il faut remarquer, à propos de ces indigènes, que 4a albartia trouva le long de la eotc beaucoup de Papouas ayant embrassé l'Islamisme, convertis par des Missionnaires de celle religion. Leurs Chef* (des Papouas Oiien) sont Malais, et foot le commerce d'importations malaises depuis une époque ignorée. Ils ont fait de grands progrès duos la civilisation, jusqu'à avoir des armes à feu (Da Alaerfts, I. c. p. M?}.— Mais comme depuis le dix-septième siècle les Maints cultivaient le Ubac et le mais, importés chez eux par les Européens, ainsi qu'il résulte des documents déjà cités, il ne peut exister aucun douta qua même sans le traQc entre les Papouas, les Chinois et les Espagnols, le contact coutiou et immédiat des Malais aurait largement sur» à expliquer l'usage et la culture du tabac et du nuis chez les Papouas.— Selou A. B. Maier, ie tabac cultivé dans ia N. Guinée, surtout par les montagnards Ariakis , u' est pas de mauvaise qualité. Les habitants du littoral le reçoivent de ceux de l'intérieur eu leur céaant en échange les marchandises, qu'ils tirent des barques des Malais trafiquant sur les cétes. Mais, tandis que le» Malais ont aussi l'habitude de mâcher le tabac, les Papouas de l'intérieur ie lu nient seulement daos des pipes de bois, et ceux du littoral roulé en cigares. Us fument très souvent, à courts intervalles, mais en consumant pen de tabac à fa fois, et en émettant aussi la fumée par lu uez. Eu mettant la bouche ? l'extrémité du tuyau de la pipe ils aspireut la fumée si liruy.iiiimeot , qu'on peut toujours deviner la présence d'un Papoua, même sans voir de fumée dans le voisinage (Ratxel , Vtïtkerkttndr . 1887, 11. p. 258).— Frlataaan avait déjà remarqué qu'à l'exception «ie quelques Chefs, les Papouas n'ont pas l'habitude de mâcher le tabac. Ils fument aussi beaucoup de gros cigares (cfr. Ann. Voyag. ISOfi, II. p. 25»). L'ette coutume de fumer de gros cigares rappe la celle des haoïtaoU des Philippines, qui fument ies plus gros cigares connus (Voir plus haut, p. 200).— Il faut en conclure que si les Papouas ont appris •les Malais l'usage des cigarettes, ils ont do apprendre des Espagnols des Philippines celui de fume" d'énormes cigares. Il' ailleurs, si l'on consulte la carte etlioograpnique compilée île Gerlaaa' (l*r>) sur l'ouvrage: Waltt. Anthr. d. Saturcôlker. annexée au vol. V., on y trouvera la dispersiou géographique des Papouas dans l'archipel des Philippines et des Moluques. Ce expliquerait comment les coutumes relatives au tabac ont pénétré chei les Papouas parleur contact avec les Européens établis aux Phi" lippluta. et par les Ma aïs immigrés eu ludouésie et aux Moluques.
(3) Duaiont d'Urvllle. Voyage... de VAsIrolabe, i8 >C> 2V; Quoi et Gaiaiara, Zoologie, I. 1830. p. 31.
(4) Cfr. Cora, Cosmos. Torino. lH7r»7f'.. III. p. 2.V',.
<T.) Ici Mieliar se trompe! Fumer eu cercle . chez ies naturels de la N. Guinée, n'a aucun rapport avec la guerre et la paix, qui serait le même usage que celui du rnlumel chez les aborigènes de l'Amérique du Nord (Voir plu*li»ut,p.l2).-0l«lleH<in lut.) exc.ut également eeitcsiguillcatioii chez les Papouas.
tuyau i)e bambou (l) une <|U:n>tiC'* oV la fuuioo do détestable tabac qu'ils cu!u\'«»iit „.
(I) Banki et Sslaodar. <|Ui naviguèrent avw Co»k. ont éié les premiers à siguaier ce tube. Eu septembre 1770, ils observèrent que ies naturels till Nor.i cl OU Sud-Ouest tenaient ù la limit) uu instrument complètement lucounu d'eux, d'oh il sortait lie la fumée sans aucune ex piusiou (Journal a~un voyage autour du Monde; Frétille. Supplément au r,jyag« de Ds Bewoalavllle. Neuchàtel , 1 p. 1.77;— Halte Brun. Géogr. unir. 5me éd. Huai. 1841, VI. (t. 4U8). Il leur III l'effet d'ua étrange mousquet jeutul iiu leu et lie la minée (HawkesNortli, An account of the Voyages by Byron, Wallis. Cariant and Cask. I.uu ion- 177:!, III. c. IX. p. (1.V5).— Koltl l'y observa plus lard, eu 1826 (Uetze door den iceinig bekendca Zuidelijketi Uoluktchen Archipel... Zaiduteslkust ran SieutcGuinen. IH'jôtt. Amsterdam, li'ZA). — Huiler donna la première explication de «ou emploi, eu .supposant que c'était un situai adopté par les naturels coiiime moyen tie communication entre oc* personnes éloiguées i'uue lie l'autre. Il reproduit, comme preuve. In ligure d'un ludigèu* tenant eu l'air avec la maiu un Je ces tubes émettant beaucoup <ie fumée (Sal Mailer , Rrizen en Onderzoekingen m den lnd. Archipel 1**8 30, Amslsr.ialu, 1*77 . iu Kon InsMuut roor en Valkeakunde ran <V. Indiè . II. AM. pp. I -IÎH) .— Jeaat conteste, nu cou
traire. que ce tube puisse servir ie simili ruinant (WaBa, Signtttrohr. oder labakspfeife ( lu Scaneltx. Int. Areh. Klhn . 1888, I. i. 1-4).— Mais les voyageurs des vingt dernières au nées ont observé que si ce tube de bambou pouvait s. rvir parfois de signal avec sa fumée, il était beaucoup plus souvent employé connue pipe. Ces pipes, étant lailes d'une canne de bambou, seraient pareilles a celles dont se servaient ,i.*j» au seizième siècle les Chinois et les Malais pour fumer I' opium et aussi le tabac iVoir plus haut, pp. 2 VA i'.»7j. lit comme les finnois etHes Malais trafiquaient, dès cette époque, avec les habitants des Moluques. il est très probable qu'eu apprenant l'usage du labac des Malais et peut •'■ire aussi des Espagnols et des Missionnaires musulmans, les l'apouas adoptèrent pour fumer lappared le plus simple, qu'ils avaient sous la main, le myau de bambou à la chinoise, employé d'abord par ir-s finnois, et ensuite par les Malais je Java pour fumer i' opium et le tabac (Voir la ligure du tuvau. dont se servent les Ma.ais, iu Titdenaaa. I. c. lab. XVIU ). — Ce lurent donc les Malais qui importeront l'usage du tabac eu N. (iuiuée avec l'appareil spécial, dont us se aervaiejt pour fumer le labac nié e u'opiuui, dont ils avaicul contracté l'uabitude. gràoe à l'euiremise des Européeus. depuis le dix-septième siècle (clr. Dansât d' Urvilla , 1. e. Il, p. 23t}).— Ou peut le déiuire également de ce fait rapporté par Daatrrey, qu'après s'être répandus daus les Moiuques et d'i>uires lies de la l'oiyuésie. les Malais s° aventurèrent aussi dans les lies des Pupouas, ei pénétrèrent daus le Nord de la N. G muée, où lis touièreut plusieurs villages et se fixèrent (Daaerrey, Voyage... sur la Coquille; Laissa et fjaraet. Zoologie, l'aris, Ihjii, I. pp. 41 2i. — 11 se forma alors au Nord .le la N. Outline uue véritable l'ace de meus (Segro malaise) produit.- par .e croisement entre ies Malais immigrés ut les l'apouas ludigènes t Quol et Ganaard. Zool. du Voyage de I V rame, pp. I l I).— Relativement au commerce avec les finnois, sans compter les Malais, n faut remarquer que Doperrey retrouva chez les l'apouas de la N. Guinée une lorinc .le chapeau chinois. qu' ils avaieut eu. sa u s aucun doute, par les mêmes marchands chinois, qui tialiquaieut sur les cotes de la N. liuiaée environ cinquaute ans avant le voyage de la Coquille eu Itî-'J- •'."> iDiiaerrsy, Laissa el Carnal, i- c I. p. 7t>,i — Ceci posé, ainsi que le tabac a vin être importé en N. Cuiuée. de même la pipe de bambou a du y être adoptée avec la forme chinoise employée par P'h Malais. Mais conclure de eus 1 til> que le lab.e.' -.'.Ml mdigeue .le la N. Guinée, et que l'appareil particulier emploie pour lu fumer ait été mvuuié p ir les Papouas, c'est uue erreur daus laquelle s'. ut lombes Finsch \ l eOer Saltirpriniukte des iceslliche StUsee, I8<7, in Deuls. Kolonial Zettung, 1887. p. ISi et d'autres avec lui. comme loest (tu Schaiallt, lut. Arch. Kthil., I8*j, I. p. 184). — O t ouseive au Musée l'réiiisturiqiie et Etlni. jjr.ipuique de Home nés pipes employées par les uatureis de la pé uittsule .Su i Est de U Nouv elle-Guiuée. Ces lustrumeuts sent absoniineui pareils à ceux dont se servent les Malais de Java pour fumer le labac et l'opium (Voir plus haut, p. 'Ml), lis sont, eu effet, construits avec un tube de bambou long du .*>;,' centimetres et gros d'environ ô rent., avec i'écorce travaillée. Eue nés <ieux extrémités .iu tuyau est ouverte, .'autre fermée. >»n fan un trou prés du bout fermé, et l'on y in ruite à aiigle droit uu aune tube de bambou de peut diamètre. Seion Lyns, une jeune fiJ its applique sa bouciie à rcxtrémité ouverte au tube, et .-n asptraiii fortenieut, le remplit de fumée, et passe ensuite ie tube a i.i roude aux assistants, eu fermant hermétiquement le bout ouvert avec .a paume de ia main, et en faisant aspirer a chacun uu peu de fumée, soit directement parle trou, ou au moyen du tuyau susiudtqué (Lyita. Xew Gumea . Londou , 1885. p. 92). — Ces mêmes pipes de bambou ijxtuoau; caractéristiques se trouvent reproduites in UsIL PieHurêtqutStw-Guitua, Uudoo IH77, lab. XXV;il;-Ed g a^arta|laB. An Album of the Weapon., of the Xatires of the l\xc,fic Islands', Maiiciicsicr. 1S1KJ. tab. 1518. f. 5 fcfr. Cellai, Cotlezione etnografica de'la penisola !*ud etl delaSuova Guinea formata dal O.t Lamaarte Laria, p. 7, in Boll. S'/cietà Geogr. llal„ Octobre 1801).— Scaatltz dit qu'i s metleut ordinaireiiieut sur ie colé ouvert du tube de» tampons de librrs de coco pour filtrer la
Il observe en niéniit teinptb que chez c.-s insulaires les anciennes oulumes «tidparaitfsont rapidement avec le progrès de la civilisation et de ses alliés: le rhum et le tabac C. c. p. L\%).
Les naturels de Jlohutta sont de. ^ramls fumeur*, tout en ne cultivant pas le tabac, «lui constitue même uue des maiclnudises qu'ils recherchent le plus daiis leurs éch.ur {tes (1). 0e Albertis «lit qu'un vieillard des environs de M ohatta vendrait, sinon sa femme, certainement, son ame. peur avoir du tabac (I. c. p. 432). 1.' offre* du t duc est donc le moyen d'obtenir des Pupouas ce qu'on désire, et d'échanger des présents (£). Les insulaires de Darnley, grands funn-uis aussi, avalent la fumée, et la rejettent par intervalles. Ils se servent du long tuyau de bambou ordinaire, du bau bau p ipouan (3>.
Les sauvages habitant, les bords du Fly (4) connais -eut tous l'usage du tabac. Ou n'en plante pas à l'embouchure du ll.-uve; mais un le cultive beaucoup dans l'intérieur, et le produit sert vraisemblab.ement d'article d'échange entic les «ii vet ses tribus, allant même jusqu'à la nier, où on doit le troquer contre «les coquillages, dont les naturels du centre sont ainateuts to). De Albertis, ajoute aussi que 1rs indigènes doivent largement cultiver le tabac, car il en avait tiouvé en grande quantité séché et préparé de manière à pouvoir être facilement transporté. Autant qu'il en put juger, ce tabac était d'excellente qualité <l. c. p. ;>84i. Les plantes, dit-il, sont tort belle*, très grandes, aux feuilles longues et larges (!. c. p. 342j; mais comme on les coupe encore vertes, la qualité du produit h' est pas aussi bonne , qu' elle pourrait être il. p. GGi. Les naturels en conservent les graines dans lems habitat ions tl. c. p. :«*S>.
Loria dit que les naturels des environs «lu Port Moieshy (G) seivent volontiers de
fumée avant qu'elle n'arrive « la louche iHeilrôge îitr Ktttitographm von .Xru Guinea, m ScIhmIii. int. Arch, f. Elhn.. Vlll. IS'.Ci, p . .Mi, lab. XV. Dit. '.•).- Mantofazza observe que ics pipee papv-uaues sout les plus simples qu'on puisse imaginer (.Siuiti amr-ijt. ed elnomutflci sulla S. Guinea, IS77, p. 48. I. IX. lig. 717, 718, 7'JtJ'l: «t il représente en mûin<- temps deux «tuis de nsmi»ùii pour conserver le tabac (I.e. p. HO, tlif. Slto, VuO). — D» Albtrils (I. o. p. '.'I; ivpiviuit .nissi 3 pipes de ho:s: avoe un vrai lourueau, et la troisième avec un bouquin, dont, selou Schmslty (I. t. p. I i7, avec ri tç. ^ ou se sert souvent duus la N. Guinée Anglaise et â Borneo, et qui est un o'uu tube île bambou ayaat au centre uu uuml avec uu irou uu milieu. Le plus gro< bout du luyuu sert du lourueau; i'auiro, plu» petit, su mut duns i* bouche. La pipe coiiuiluue e,r uppe.ée ruOiuii lu', iceo par les Papou.s. et hoga à Ara n (aunteiaua. Studt anlr. etn. sulla V Guinea. IS77. I. p. '<)). Les N.iur.is de M-tiula l\ipue.ieiii marabj; ceux «le Mausiuum roOian saba -o. et ceux ue II il. au Vkà .«k Albsrtlt. Le. p. 507). -Kli ! bien, l«s mois hvga et Vga un r jvelent ils pas i-laireiiMiit leur origine Je llukka, dénomination par laquelle les Hindous désignent leur pipe * (Voir plus haut, , p. I '7j. P faut, en couc.uiv que les l'apou.is out un également adopter 1rs noms lie lubacii, de tanibaeo, eic, quau.i les e;i;oii;er» Kspaguois, l'itinois ou Malais, ni tro.iuisirtut le tubac clie/. eux. Le tabac est piaule erotique, et oar conséquent eu augure ù la N. tiuiuet' (I) D» Alkartis. i. c. p. 2v<7. — {•>) Album des Mutions Catholique*, IV. p. 31.
(3) D» Albarti», I. c. p.ltVi.-.Mobaua élaut situe »ur le ue ron de Torres,el l'Ile je Daroloy se trouvant dans ces eaux, ou «'explique lacileaienl que le ItauOau ait passé le détroit, qu'il ait pénétré chez les Australiens au Queeus.aud oi. petit à petit, eliei Ibs siuvages de I iiiténeu . Il f «ut donc croire que le tube <ie bambou, dont se servent aujourd'uui le» ab>ri*Hiies australiens leur a été apparié par les Papouas. de la même manière que ces derniers >'uvaieut vraisemblabieiueut reçu ou des Chinois, qui remployèrent les premiers, quand il commencèrent a fumer l'opium, au seizième sic-le, ou bien des Malais de Java, aiusi qu'on l'a an plus haut (pp. 258, -'.'7i.
(4) La NouveUe-tîuihée était presque incounue il y u 40 ans , lorsque le capitaine Blsckwws par courut le fleuve des Mouches, ou Ply River (Ckalnrars, I. c. p. 810).
(5) Da Altmih. I. c. p. 500.— h reproauu .unis nae tab, exprè». tl*. 18, deux pipe* de bambou: l'uue, avec uu simple trou, l'autre avec le irou muni d'un petit tube d ois lequel ou met la feuille à brAler. Ces mêmes pipes sont employées avec quelques petites inoditic.ilioiis a MohatU et sur le parcours d i Kly (1. C pp. 351. 384>.-V».ir aussi Btccsri. lu UtAL Soc. G«,gr. liai. ±" Ser. t. I87«, p. «7S.
(0) Ce p.rt prit sou nom du cap. ■•raaby. qui le visita le premier en 1871, a boni -lu navire anglais Battliik (Lsria, m Boll. .Sue. Gengr. tl :(,' Ser. IV. isn. ... !>»7).
porteurs moyennant un peu île tabac (I. c. 3.* .Ser. III. 18tx>, p. -189), et que sea porteurs vantaient beaucoup 1' excellente qualité du Ubac qu' il leur donnait. 0- :{ - ft Ser. IV. p. 909). Les Papouas n' appiéciont, que celui fabriqué en forme de fuseaux ; peu leur importe la qualité. Pour les échanges avec les indigènes la monnaie courante est le tabac; le voyageur doit donc en avoir toujours unr- bonne provision (I. c. 3* Ser. III. 1890. p. 574). Aujourd'hui, pourtant, les indigènes ayant commencé à comprendre la valeur des monnaies, préfèrent les Livres Sterling à leur équivalent en riz ou en tabac (H. On cultive aussi ce dernier dans les terre* de l'intérieur de la région de Port Moresby {?,), où on le troque facilement contre du sel, des verroteries et des couteaux (3).
Fiotch, qui a vu le tabac cullivé pour fumer par les indigènes du Sud-Kst de la X. Guinée, assure qu'il est lout -à-fait, semblable au nôtre, à la Nicotiana Tabacum, d'après ses observations. Il l'a encore retrouvé chez les naturels du Nord-Est , il I* a toujours vu cultiver dans les jardinets, qui entourent les habitations. Un cueille les feuilles encore vertes, et on ne les laisse pas fermenter, mais on les fait sécher au feu. Ainsi préparées, on les fume immédiatement dans le tube de bambou ordinaire {baubau ou Kira), qu'on fait passer à la rondo parmi les assistants, sans excepter les femmes et les enfants. Les indigènes du Nord Est fument aussi le tabac roulé dans la f.-uille sèche d' une autre plante ; mais cette espèce de cigarette est si difficile a fumer , qu' ils lui préfèrent de beaucoup nos bouts de cigares (4).
Les naturels des Moluques (5) durent apprendre très tôt d<>8 Européens l'usage du tabac, et se mirent à cultiver la plante dans leurs iles, mais après les Malais de Java. Ils la semaient déjà en 1639; cependant leur produit était moins bon que celui qui était originaire des Indes Occidentales t6).
On ne trouve aucune notice sur l'usage et la culture du tabac chez ces insulaires, avant 1639, chez les voyageurs et les missionnaires, qui se sont occupés des us et coutumes, ainsi que dos productions de ces peuples. Bartoli, eu 154? (7); Pyrard, on 1601 (8); Spilfterg et Le Maire, en 1615 (9), n'en disent rien.
Il eât pourtant probable que ces insulaires aient connu l'usage du tabac avant 1616, car, ainsi qu' on 1' a dit plus haut (p. 8<).">), Schouten et. Le Maire rencontreront , cette même année, dans les mers de la Nouvelle-Guinée deux pirogues do Malais, muni* de
(1) MiltMa, Progretti netla S. Ouinta Britannica nel 1887 (cfr. Cora. Cotmos, IX. 1886-88. p. 'Mi).
(2) 4rw.lt, L'eicurtione nella N. G ui nea <cfr. Itotl. Soc. C.eogr. UaL 2.» Ser. IX. p. 221).- (3) Mac Gr» tor. Spedtiione dalla bain Redtcar alla catena Owen Stanley (cfr. Cor». Cot mot. X. I»W^90. p. W0).
(4) FlaMk, Veber Naturprodukte der tcettlichen ftûdsee, ni DeuU. Kolonial Jfeitung, 1887. p. 18;— FiiMk, Ethnol. Erfhar. u. BelegtL p. 201, Wieu, 18M-'J3;-FI«»eli. Sutnoafahrten, l.eipug. ISS», p. 58.- Uaus ce dernier ouvrage Fiasco donne, à la p. 208, la figure .le deux naturels: le premier qui aspire la famée par l'extrémité onverte du bau-bau, peudaut que te rouleau de feuilles de tabac brûle, fldié dans le trou percé près de l'autre extrémité fermée du bau-bau; ia second aspire directement la fumée par le trou latéral, ainsi que cela *e pratique quand le bau-bau passe à la ronde pa-mi les assistants qui attendent pour fumer.— (S) Les Moluques furent découvertes, en 1511, par les Portugais (BUndotlo. I. c. p. 422; — firoflolro, I. c. p. I3«l), qui les possédèrent pendant longtemps avec les Kspagoola (BU- •ehln«, I- <■• XXVIII. p. 319) ; niais les uaturels les en chassèrent ;.vec l'aide des llollauiais (Meant, Viaggt... 111. p. 207), qui les occupent eucore.-<6> BUoooalo. Voyages (irad. Wtopelori, 1727, I. u. 42Ô); Promt. I. c VIII. p. 375;— Béronoor, Géogr. d. BBichioa, IX. p. 381.
(7) Bartoli. lttoria délia Compagnia di Getu. L'Asia, Napoli. 1857. II. p. :ï>.
(8) Ornai, Voyage de François Pyrard do Laval (uouv. éd. Paris, ;079. 11. p. 104).
(9) Soilberj ei La Mairo, Speculum Orientant, Occidentalitque Indiae navigalwnum, IÛ14-I8, Luj. Hat. 1019. p. 101. et suiv.
Archipel des Moluques. — Celebes. — Timor
tabac, qu'ils crurent être indigènes des Moluques i l). Mais pendant le dix-septième Biècle la culture du tabac aux Moluques ne dût pas avoir grande importance, car elle ne fut remarquée ni par Cubero en 1678 (2), ni par Careri, en 1696 ($), quoique lea Européens, qui y étaient établis depuis 1659, l'aient fait cultiver en même temps que les pommes de terre par les esclaves noirs qu' ils faisaiont venir dans leurs colouioa, comme dans les Antilles (4).
A Amboine (5) (la plus importante des îles de l'archipel des Moluques et résidence du Gouverneur Hollandais) l'usage du tabac devint commun aux indigènes ainsi qu'aux étrangers. D'Urville raconte qu'après un banquet somptueux, que lui avait offert le Gouverneur Morreet, en 1827, l'atmosphère de la pièce se remplit immédiatement de fumée de tabac, suivant la coutume hollandaise (6k La, dans toutes les réunions, il est d'usage de scivir le thé, le café, et aussi des cigares, qu'on n'oublie jamais dans les colonies Hollandaises. On y fume mémo pondant le diner , au dessort , en présence des dames, avant d'enlever lo couvert (7). Duparrey y a vu aussi cultiver lu tabac (8).
Les insulaires de Célèbe* ',9) fument et mâchent le tabac avec le bétel (10). Ils cultivent le tabac comme les autres plantes étrangères, telles que le manioc et le maïs (11), à la suite du trafic exercé par les navigateurs européens, et a l'établissement des Hollandais dans ces îles (12). Ils aimaient autant le- tabac étranger que lo bétel indigène (13), et l'offraient aussi à leurs visiteurs. Oampier (14) raconte qu'en le recevant, en 1687, le Sultan de Buton lui offrit du bétel, du tabac et des noix de cacao (15). Ces insulaires poitent toujours à la ceinture une bourse conteiiaut du tabac et du bétel (16). Cette coutume tatare suivio par les riches (17), s'explique par la présence des Chinois, qui sont les étrangers les mieux accueillis en ce pays, où ils importent le tabac (18) Les insulaires do Célèbes mêlent l'opium au tabac, et lo fument avant d'aller on guerre pour «5 donner »
(1) (0* Braaiat) Hiil. narig. aux terres atutr., 1760, L p. 4U6.
(2) Cabtro ttUttia*. Peregrination del Mundo. I«*2. p. 371. et suiv.
(3) Carari. Vovag* (ct'r. Béraïaar. Collection... H. p. 348, et suiv.).
(4) D'AriMMla, lliitoire de la Conqwte de* hles Molucques (irad. .te l'esp. Amsterdam . ITOt». lil. p. 334).
(5) Découverte par les Portugal» ou 1515, occupa* pur eux eu 15(5-1, elle fut prise par les Hollauduis en Itfrtî (Cr4f«lr«. i. e. p. *-t plu* i.iri par les Anglais eo I7'>i, ou en 181-2, sbIju DiifMmy (Voyage... de la Coquille, I*-- -'>;— t»n»i» <<t Oirnot, Zoologie. 1. p. 375).
((i) Burnout 4'UnrilU, Voyage... de C Astrolabe. IH'iti-'i'.t; Histoire du royage, IV. Paris, l>*3'2, p. KA\
(7) RatMll, Wallaea <iu Charto» et Trtvt*. t. c. XVII. 1873, p. 308;.— (S) Duaarray, I. c. I. p. 3*4.
('.>) Le» Portugais, qui la découvrirent dès 151-J <6r«g«4ra. Met. Hist. Géog,:. tM73, p. 4U7>. s'établirent à Macawar à partir de I.V.-5 (MalU-Brun, Géog,: una:, ri.me éd. Huât, 1H4I, VI. p. 448). Les Hollandais les eu ont i-liaMù ver* l'KKi et »Vu emparèrent (Oanaat d'UrrlII». Voyage pittoresque, 1835, II. p. •-•13). pour avoir le monopole des epices. Depuis |fVï7 les chels indigènes oui re.onnu leur supériorité (Gréioirt. I. t. p. 4M*>.-(Ht> D» Amtzaga. Vi'ggio... delta Caracciolo, IV. p. 4'.»4.
(Il) Otraionl 4'Umlla. I. c. II. p. 2f.'.-(l2) Prévost. I. •: X. p. 473.
(13) L' lialiitu.it- du bétel est générale eu Malaisie et aux Moluques, ainsi qu'on la pratique des rives du Oange jusqu'à la Mer Noire, tu plus du ta race Malaise, toutes les populations liiéiauésieuues de l'Océan l'acitlque pratiquent l'usage du bétel. M les l'oiyuésiens se contoutout de la boisson, dite Kawti, faite avec le l'iper methyslirum. cela dépend peut être de ce que leurs ils* n'eut ni l'Arecn, m le Pi^er betel «Lésion, MartlMt Us Polynésien*. 18S0, I. p. 3tiU;.
(14) Banaitr. Voyage autour du monde. 1715. 11. p. 141.
tir.) Il faut remarquer que ie cacao lut importé de l'Amérique au Philippines par les Espagnols, comme on l'a dit plu» naut (p. -'M. La préseuce du tabac et des non de cacao aux Moiuques prouve jusqu'il l'évidence que les Kuropéeos (Kspaguuls. Portugais et Hiuaudais) y avaient importé les deux piaules.— (iti) Prêtait, I. c. X. p. 4M. -(17) Bartiqir. Geogr. de Bfltdtiaa. 17»), IX. p. 370.
(15) tUlU-Bma, liéogr. unir. (5. me éj. Hiiat, 1*41, VI. p. 448>.
du courage et se rendus insensibles à la douleur des blessures. Il» se servent du même moyen pour s'enivrer et se procurer ainsi «les gouge* aux visions erotiques (1).
On cultive aussi lo tabec à Celebes (2), quoiqu'il y soit importé par les Chinois comme l'opium par les Hollandais i:t);mais en si petite quantité, qu'elle suint à peine à la consommation locale. Les peuples Bantiks le cultivent selon la mode de Java , et le parfument avec YltatrackU).
Les montagnards de la partie orientale de Flores eu portent les fouilles sèches à vendre dans des paniers plats. Leur produit est plus renommé, t,uu celui de la région d'Endeh. Ce dernier, coupé encore vort, est mis, après avoir été artificiellement séché à petit l'eu dans des cannes d<- bambou bouchées à leur extrémité avec des feuilles de Pantlantis (">). Ainsi prépaié il ■ st mis ensuite en vente (6).
Les aborigènes de Timor (7) s'occupent rarement. Lit Chef de famille passe presque tout son temps à fumer pendant, que sa femme et ses enfants lui préparent la feuille du tabac à fumer, ou à mâcher avec le bétel (ft). Lits tetanies de l'Ile de Timor ont '-gaiement la délestai-lé habitude de mâcher le bétel (0) cl le tabac. Et même les femmes galantes sont plus courtisées, quand elles ont la lèvre supérieure soulevée pur une petiteboule de tabac assaisonné de chaux (10). Le tabac, désigné sous le nom de Sbaut (11), se cultive otdimtiiemi nt dans les plaines (IJi, surtout dans les terrains humides (13), ainsi que le cacao, et presque mutes les plantes alimentaires européennes (14). Les insulaires de Timor l'appellent ;«Wi*/, et ont invuiité un appareil spécial (Aimli) j-our en hacher les feuilles. Is piaulent le bout pointu de l'instruitn nt dans le sel , et taillent très lin avec une iFuranij), bien affilée, les feuilles mises dans un trou loin! situé à l'autic bout de l'appareil (10).
Orw-nltivo aussi \*S'kotiana Tabucum dans la Timor LiutiHD.et dans l'ile de S ivu (17).
(1) Prévett, I. c. X. p. -Wil.— lJ:in» l'ile de Célnbes l'opium (ophium) se tire de plantes, qui poussent sur les tombes, dans les montagne* et dans es régions sauvages et pierreuses. On le récolte prat. quant des incisions dans ii-*. têtes des pavots, d'oii l'on tire une liqueur qui se coagule ensuite et dont les petites boules se vendent au poids de i'or. L'eau, dans laquelle on eu tait dissoudre une seule, donne un «oui exquis au tabac, laciliie ia digestion, tortille l'estomac, et. avec ("ivresse, procure des songes délicieux, l.'abus de l'opium est nuisible, car il affaiblit l'orgaiiisrue. Iiébeta I' esprit et amène uue mort iente et eertame Bérenjer. Oêogr..de BOtchlne.. I7HO. IX- p. 3«S;- Oelaaerte. i. e. IV. p, 157). Quand ces msuiaires sont ivres <i > pniin ils passent d'un eicés ne fureur à un prolou i ;i".atetnetil (Malle Bmn. Grugr. unir. 5-iue èd. Huot. 1 . VI. i-. 4 17 >.
l'J) Malte-Brun, Crogr. unir. i.",.me >> i. Huot IS41. VI. p. 44.'><: — Rmiell, Wallace (efr. Caartoti et Trêve*. I. i-. XIX. IS74. pp. loi '.' .— BUichiitg , .\uorn geogr. (trad. Jigemum. 17711, XXVI I. p. 3ao);-l«. telle et Malle-Brun, Orogr. XII. 1h-i i.- j>. 4 17.— ■ I Feraime», I. e. p. 14.
(.'•) Ainsi i|u* on l'.i déjà d:l. >'.• mode de sécher ie tabac est aussi pratiqué par ies Papouas (Voir plus bai l, p. 3lo). «in «1 m t penser qu'us l'ont a:'|»"s des M.il.i:s.
(fi) Weber. Kthn. Sol. tV,rr /•'/.<►■<■.» und t>lei,rx, I.eideti. |S»i (supp. III. Int. Arrh. f. Kthn. p. -M).
..7) Les Hoilati ni:- s'étabbr-tit -bus l'iie de Tenor -n |«I3 (Lesdienati H. in Malte-Braa. Ann. toyag. XVI. p. -S|).U region «rtetiii.J« apparMeut aux Cor: ne us. <".-<i le dernier reste de la pu.ssaucu des I'ultouga;s dans ces mers! {Grégoire. I. c. y. Itlol ). — iH) Leicbenaull I. e. p. 2»*3.
('.») A propos lies appareils adopts pour le I •*»«•! <ians /arebmei de Timor, consulter Te» Katt, JW- Iviige tur h.lhnog. (ter 'Ituuii'grvppc fui SdimelCt, Int. Arch.*f. Kthn. VII. iK.il. p. H'2; \'1||. 1SV5, p. |).
(H» Ange. I'tuseggintn mturtto ni Mn'i'lo, IsIT-Ji) iira-t. nal, 0. » Napon. IS30, II. p. 6ô).
(Ill Van Kogendorp <cfr. Malte-Bran, Ann roytig. IsoV. VI- p. iiSYl.
il'-'. Buouwl d'tlrvllle. i. c. II. p. u'VH. — ■ ;3- Van Hoaendorp, I. c. VI. p. 2*4.
1.14) Frevceaet. Voyage tir decntirrrt'.ft tttt.r term nttslr 'les, mon />'»/. Pans, 18)5. pp. 332-3.— t.a culture iu eaeuo pi -les pùuit.-s européennes, l'ait.- in-c eeiu- iu tabac, prouve clairement que i-ette dernière piunte a été uni. .m, te d ..ns l'iie de T. nor par tes Kuropéein. ainsi que les autres.
(If,, Ten Kale. I. <•- VIII. I*.<5. t :i b. 111. 4. 4-.
( Hi, Import un the «cienlf/fc retulh of th« ro>j«ge lof the Chatltngtr) iHT.f ïO. Botany, I. IWo. tasc. 111. p. I7I.--I7. Coek. iVemiec royngr icfr. Béresjer. Cotterlum... VII. p. :m>.
Cook observa en 1770 que les naturels de cette dernière île mâchaient le b 'tel, fumaient le tabac et en avalaient la fumée pour en augmenter l'effet (1. c. VII. p. 811).
Poi.YNKSIR SeI'TKXTMONAI.K
a) Archipel das Mariannes, -Quoique les insulaires cbs Mariannes aient, .'-té en contact continuel avec l<s Kspngnols des Philippines des la dernière moitié du dix-septième siècle (1), ils n'adoptèrent l'usage du tabac qu'à partir du dix-huitième siècle. Il ne le connaissaient pas avant cette époque, car De Noort en 159« (2); Spilbarg, en 1651 (3); Hermite, en lf>25 (4); et Anson. en 1743 (5), n'en fir.-nt aucune mention.
Les aborigènes mâchaient continuellement une herbe (b'-tel), qui selon Gobiei (1701) devait leur tenir lien de tabac (0). Mais dès qu'ils eurent t'ait connaissance avec cette plante, les plus raffinés la mêlèrent au bétel (7), à l'opium, ou à d'autres drogues excitantes. Telle est , selon De Pagès (8) , la première notice , qu' on ait sur le tabne aux Mariannes.
Kn mémo temps que l'usage du tabac se répandit dans ces iles. on en commenta la culture. Arago observe à ce propos, en 1819, que les natifs des Mariannes ie cultivent autour de leurs cabanes , et le fument , ou le mâchent toute la journée : c'est à croire qu'ils ne vivent, que de tabac et de bétel (9). Et il s'écrie: J'aurais deviné que le pays appartenait aux Kspaguols. en voyant le honteux abandon où on lo laisse (l. c. p. 158). Tout le monde y fume. On voit dans presque toutes les maisons des enfants de 4 à 5 ans le cigaie à la bouche. Ceux que fument les femmes (1828) sont d'une grosseur démesuiée : c'est tiès éV'gant J'en avoir de 6 pouces de long, et de la grosseur de 3 à 9 ligu-H(lO). Ces insulaires passent leur journée, se contentant de quelques grains de maïs, et de pain fait avec la Ttuca pitmatiiùla; mais il leur faut, dix cigares (11).
b) Archipel del Carolines. - Le tabac a pénétré aux Carolines (12) après les Mariannes.
(1) Ces lies ru, fin découvertes eu 151'.) j«ar Magellan (-11 ir.JI, selon Grégoire. I. c. p. I2UT». qui leur
donna d'abord le nom de V>/<ri 1 Spilbarg el La Haïra, Sper Or Indiae navig. 1611 is Lug. Bar.
1619. p. ITjj ), el qui ie* appela ensuite, en 1.721, Iles des Larrons, à cause de l'habileté à voler des aborigènes. - Loeet 4el Lagaeal eo prit possession en ITirtj au nom de ia Couronne d" Kspagoe, et elles passèrent ..iors sou» I» dépendance ie» Espagnols des Philippines (Anion. Voyage autour du Monde. 1740.14, trad, de l'ang. l'an», I7ÔO, III. p. 121). -Mais sous Philippe IV ou les appela dérl i»M ivement les Mariannes, en honntur de aUrie-Anee d'Autriche (femme de Philippe IV. et mere de Chariot II), qui y envoya les Missionnaires iMalta Brua, Géogr. unir, "..nie à I. Muet, IH4I. VI. p. . "nie;.— Ils y organisèrent U colonisation eu llViS, et eu liî#> le» Espagnols olitiurent 411e les naturels se missent à nlrjver les graines, qu'ils leur avaient dotinéus (Daaiont d'Urvdle. 1. e. 11. p, 4H7i. — Ce fut Jonc sous le (•ouvernement espagnol que la production du mais, du ru et du tabac constitua la base oe la culture île ces lies (Otimont o'UnrIlla, I. e. H. p. Am).— (2) Cir. Bereaatr. CoHection... I. c. I. p. 238. et suiv.-i3) Cfr. Be ronger. I. c. I. p. 2i»3. - (A) Cfr. Berenoer. 1. c. I. p. 374. et siiiv. — (5) cir. Bérenger. I. e. IV. p. 310, et sui».-(6) Cfr. Promt I. c. X. p. 368.
(7) Si l'usage du bétel es» limité dans l'archipel des Carolines à la seule lie de l'alaos (Pelew). il est commun , nu contraire, daus tout l'archipel de» Mariannes. Il faut remarquer que les iles de l'elew et des Marianne* ■«ont les plus voisines .les grandes terres, où cet usage est générai (Letoon. Martinet, I. c. I. p. 3tS9). — U semble que l'usage du bétel, iguaré aux Curo.uie* Orientales, a «té pratiqué de temps immémorial aux Marianues. Le cigare est une importation récente lOumont 4'Urvill*. i. c.H.p.4'.M).
(8) Pa Pagio, Voyage autour du monde, 1707 7 (i. Berne. 17H3, I. p. 111.
(0) Arago. ftmeggiata attorno al Mondo, 1X17 ■if) (trad. it. 6. A. II. p. 1 :«*>;— Waltz. Anthro}tologt* der Naturrôlcher. V. 2.", IR70. p. 78.
(10) Dament eTUrvIII*. I. c. II. pp. 478.483. I.es fumeuses des Mariannes y sont- représentées aux tah.LX. f. 4 et LXiH.— La forme du cigare des femmes de» Mariannes prouve absolument qu'elles out suivi la mode des femmes philippines (Vo:r plus naut. p. 200). -(Il) Arago, I. c. Il p. I2H.
(12) Le» Ile» Carolines lurent découvertes par ie Portugais Racha, eu 1526. et visitées successiTe-
Ceana -Butoir* du Tait. 40
Jusqu' en 1723, non-seulement cette- coutume ne fut certainement pas adoptée dans ces iles, maid on n'y avait, aucune connaissance 'lu l'n'inent, tie I' orge, ni du mais, qui y furent introduits pot.it à petit par les Missionnaires esp ignols i l). Quanti les aboi igànes virent pour la promièie fois, en 1695, les K il o bits fumer le tabac, ils en demeurèrent tout surpris (Ji. Ht. cependant., au dix neuvième siècle la modo île fumer y a pénétre. Kilo est suivie, comme ans Mariannes , par les femmes (3), et même par les hommes, oui ont en plus l'habitude de mâcher le bétel et le tabac (4).
'•> Archipel des Sandwich. Le tabac a dû pénétrer dans ces ik-s ptestpie tout -k; suite apiès leur découvoite (5); en effet, si Dixon, en 1 7S7 (6), et Vancouver, en 1794 (7), n'en parlent pas, Parkinson «lit. au contraire, -pie ces insulaires connaissent déjà le nom et I* usage du tabac i8i. Quand on leur en donnait, ils le mettaient dans leur bouche. Il semble qu'ils uiit de frëipientos communications avec les Russes, car ils répètent souvent le nom tie Jiooski/. Ils tiennent leurs denrées avec les étrangers potti en recevoir du tabac (9). Kn 1S:H les Mission naît es protestèrent, éu erg;quemeiite contre l'abus tpi' ils en faisaient. (IQi ; d' autant plus qu'ils avaient la mauvaise habitude d'avaler la fumée et do la garder dans les poumons (11).
Les naturels ont la tc utiime, dit d'Urville, en 1S31 (12i, de s'étendre près de leurs demeures, passant leur temps à fumer la pipe et a déguster la Kuwa (13). Les enfants
meut ensuite par *l«aro do Saavetfra ( lâL-.t), Ray Lopez Villalobet ( l.>4->43,. et par Ni««el Looez (l»K) (Pennui, L'arcipelag" dette, Caroline t dell- liions, in Roll. Mot. geoxr. tint. Ser. •>.+ X. |a<», p. "•£»).- 1 semblerait, pourtant, que les premières c: ie* plus e*ai-:es notice* stir rus lie> aient été apportées aux Philippines, bu IDSri, par uuc barque battue par la tempête ut cou'eiiaul des uiurtgéues. Les Espagnols le* nommèrent d'abord Xourelie* IVitltppine* . «t ensuite Caroline*, en honneur de leur Koi Chatte» II i «Jalto-Briia, Geogr. unir, ."i.nie éd. Haet. IS4I, V|. p. .iti.Vi; m.us les Kspagnol* se sont conteutés d'y envoyer quelques Missiounire-s (Grégoire, I. c. p.
(I) Canton, in Lettre* édif. et cur. fans, l*.'s. Recueil. Will p. 18'.!. ut suiv.
I?» (RouiMlot d« Surgy). Mém. géogr. phys. ri Ai*/, sur l'Asie. I7C.7. III. p. 04: Deeioiit d'Urville. ,. c. 11. p. Xi.VA.-a, Artgo. 1. c. III. p. 33.
(4) Arago. I. .-. 111. p. 3S;— Lutta. Voyage autour dit monde (1*29). It p. 309;-Walti. Anthr. d. Sa- Htrrolker. Ik7o. V. •-'.nie part. p. 10*.
(">) Le» iles «le Sandwich lurent découvertes par Cook en IT7S iMilet Muraaii, Voyage de La Percute, Paris. 1797. I. p. l-*2).— Cook leur donna ce nom en l'honneur .lu Comte de Sandwick (premier lor.i de l'amirauté h cette date, cfr. Grégoire, I. c. p. UVl). sous l'administration duquel il enrichit la géographie tir découvertes nombreuses et importantes {Meetello et Malte-Brun. Geogr. XII. l8tM , p. 4SI). I> y fut assassiné (ZimmarmaiMi. Iternier voyage du Cap. Cook, trad. d. i'aii.. Iterue, 17H.J, p. 79). en 1779, par ie naturels Grégoire, 1. e. p. iU7).
(U) Dixon. Voyage autour du morule. ITS.;s.s. Paris. 1789. p. So,
(7) Vancouver, Voyages de déconcertes (-rad. Henry, Paris, au X.).
(5) u* habitants des Sandwich appel.eut : para (Oupertey. Voyage de la Coquille. Msftf ■>:>;— Letton et GarMt, /uol. 1. p. '.'Sri) le tabac : Kntpo. ie tabac à priser; ipu paca. U l'iyr; pu èpaca, fumer le tahae (Dthaiit-Cllly. Vinggi» niloruo al globo. lsï<;>:>. trad. Botta. Napoli. |H42. p. 540).
i9) Parkimaa. Voyage autour du monde, iraa. Heary. I7.*7. Il, p. l'ô9.— (10) Colvnbui, I. c. p. 3»J.
1.11) R*i»y, in iVotit*. Ami. Voyag. «.me Sér. rViJ, I. p. S7.— il.') Dumont d'Urville. I. c. I. p. 407.
(13) Cook remarqua toul de suite cette habitude des insulaires de boire ie Kauxi. Il dit qu'on le faisait arec Hiifuooi) de lu racine de poivre, et qu'on le buvait «vaut le diuer, avec accompagnement de ciiants rehcieti» (Cook, Irai*, voyage, H70 m. trad. d. i'aogl. Caris. I7«Ô, VII. pp. 130. 1>I). - It ajoute que c'était un tmtçe nuisible, qui fusait vieillir très vite. Heureu.semetit que seuls les Ctiels en avaient le pnviiove (Cook, I. c. p. hô;.-OIxo« Vexpr;nie ainsi sur se sujet: 1/ Ara (înfusiou de la racine du il per methytlieum) n'est employé, que par les Chefs, qui se le fout préparé par un domestique expies. Cette liqueur peut enivrer, eu engourdissant le cerveau. Sju usa^e est pernicieux, et tait couvrir la surface du corps de pustuies Naurbes semblables à la lèpre (Dixon, Voyage autour du monde, t'x'rSS, trad. Lotus, l'atis. I7H<J, p. i.V.i. — on traitera des détaos sur la préparation du Kara, it propos des tusulaires de l'Archipel de U Société.
aussi fument (1). L'usage ilu tabac fut adopté (1810) do même ]>;ir 1» Itoi dos Sandwich, qui funntit sa aussi pondant les réceptions et Us cèri'inoiiie-s officielles (2). Ses femmes fumaient également (3).
Cent dans ce siècle que la culture du tabac a été introduite dans eea iles, toujours par reiitieiiii.se des Européens (4>; mais le produit obtenu est détestable (5). On a importé en 18W) dans les iles Hawaii pour 39 mille Ls., et en pour 4») mille Ls. de cigares et d'autres assortiments de tabac (G).
Polynésie Austkale
ai Archipel d» la Société. — Avant l'arrivée des Eut opi'ons les naturels des iles de la SecK'tO i7) ne connaissaient pas I* usaj»«r du tabac. Cook raconte mémo qu' en J7H8 un des Chefs, ayant avale une des feuilles de tabac offertes par les Européens, en souffrit jusqu'à ce qu'il les ait rejetées (S>; mais on consommait beaucoup de Kara (t») dans ces ile» avant la venue des Européens.
(l> Kotiabua, t. c. II. p. 17.— ('.*) Arago. i. c. 111. p I ").',— Ouroont d'Urvilla, I. c. I. p.JfUt.— (3) Kotaalma. I. o. II. p. 17. (4) MMf, i. c. I**.». IV. p. -2W. i/o Da Vtflgny icir. Chartoa et Tre*a«, I. e. XIX. 1*74. p. 3>). («} tir. Dipl. a. Cuits. IUji. Lo.nieu. IH'J~. — H- iwamn hl<iwl. ». 19 n». p. II.
17) Les Les de lu Société oui, dit ou. été découvertes par Quiroi, cri 1000: mais, canine pour d'autres Oéeoiiveite* .111 jaloux Ijoiiverucmen 1 .les Kspairouls, Il nouvelle n'en fut pas i: vuljtuéc. Ile sorte que Wallo*. en I7ti7. et Bougainville en I7i'S. crurent cuaeuu les avoir découvertes p- tir s <:i propre compte iftha. L« isole dull* fU/cteliî, Sole del mifrgio sull-i l'itritwvil», IHH.S. ;n Cora. Cosmo*. V|||. ISH4-N. r >, p. -.•«•?;- Grégoir», I. c. p. Ik>4). ..*) t ir. Bfraagar, Collection... VU. p. &>.
t'.'j Lafond. Vittggio nelta l'oit netia <efr, «ariaeechl. lt>w,e>tlUi Hi ri<t#gi. !'rat.\ |K4l. XIV. p. loô).— Ho emploie ordiuairoiueti: eu p.nyné.ie le l'i/icr >ne-tl>>j*lftttn pour preparer lu h-> .«on spintueuse dite K'irn. ou plutôt tint, ainsi 411' au l' ; r 01, même avaui a •• •U (U«'; • • des l'.paitiiols, » mais servait, exclusivement il taire 1.1 eftiWi't, qu* ou mettait aussi dam des jarres auprès .tes .-■•.-Livres. Les < 'Juliens employaient aussi les pommes .je terre pour préparer celle buisson, tandis qu'au contraire les Carail.es se servaient au muuio-, appelant la bo.isou nuib>/ ei ui-u; les Hréiiliens la nommaient <-<i)nun. La ctt»sair< lies Caraïbes, faire ave.; ie m>mi<><- (Voir puis Uni', pp. iX'.yi) ressemblait à none tuére comme for. c et comme ou eur. et enivrait la.uleî.leat ilasto*. Martlnit, /.e.» Puti/wn'ils. JShii. |. p. JV.o.— La liqueur K'ir-a e-a d'une couleur jaune brune, d'un içuiït .mux et avréaL.e. Kl le réeli mire ."estomac, et produit une espèce ..l'ivresse absolument dilToreure de .-eue. qui ré.u.te 4e s substances alcooliques, ear l'ivroiÇiie e<>:i serve lou'e sa iuc; «té .l'esprit, quoiqu'il éprouve un tremblement des membres, suivi-- .ie faiixesse et d'une mi iiicil.ie soiiKio ciice. l.'lialii'uie .te la Kurd est répandue .taris toute* les lies .lu l'aciliiple. concile le 'irlfl chez les Malais et les lliini.ois, I*. .puim et ie vtmt'-hou .-ne/, les Chinois, la rht-ht riiez les Mexicains, ei lu r.-.vi . lie/, les lu.Lens 4e i'Ameri pie 4u Nu i. I.'. ,1.11s de la K'irt eii.-eii.tre uue tnaia.iie cutanée «Relaie, qui se niaiiu.s'e p.r .1.-, pu-tules ( l'ioggtv -MUt Suritrti. II. p. J'.'S). -Branch! .iécril ie mon- 4e preparer ia Kuril, ainsi qu'il i'ol.>i-rva aux les Ki.iji (ou Vil 1 oil on la eoiis,mm« comme en N. r.mnée. .tout .«* naturels maelieiit aussi le h.>ei e*. ruinent le latrie (Carta, // coniiiitnte nuo<n*im<t. \*te. p. W,,. Ii i;:: Le .lir-.-teur .ie l'opération. ay..nt fait situe à ses voisins, lioiiue À eliacun un morceau .1e racine ii>ii'a're lu Piper methyttivum. pour qu'il le uiitclie, e:ir celte liëiicieuse h-'.sv.n . qu: 4 oine les nausée^ .11:1 Kutopé.'ii>. est le résultat .ie la salive tt 4e ia rac ne 4o l'iper. L' opération de la mastication e»c Kéliéraletiient arc .luplie par de» jeunes tilles. protial> rtiieii: parce qu'on 1rs trouve plus propres e' ayant le meilleures .L-u'v A ieur délaut. on ies remplace par n'importe qui. même par Je vieux soiials ayant fumé la pipe, l ue hl» la racine 11 acnée . on en recueilie une certaine quantité dans ie Kur.t (,,,-ul . v.,se 4e I. jis e» forme de écusson. et ,"on procède à la phillratiou du liquide à travers Une étoffe, qui re»»e:id.ie a .je la II lasse »tro»»>re. l'uis l'art roosis'e à aifiter lo liquue ie manière .i ce que tout le su- se mêle bien avec i"eau; ainsi préparée, on la 00 n (cfr. Cara. Cottnot, V. |k7s. p. o'J.J). — Les Knropé-n. eu nr lerdireut .'usate; ruais <• s vieux Taïtiens, méprisant les Inmsons uieo-, npie* étrangères, fou' tout au lliou ie pour se procurer uue racine ie liitrit, ill p., van' que.') le 1 .|s ,i isqil'a -*> lr.ee..... L' e. i».v de l-.'liarcie qu* eue proi.in «»t du ne i.e ^-iire que eeue le l'op 1..01 1 Vuigjtt» •MUt Swtra. III y '.*l 1. — Consu.ler noss: p -ur plu. y';.p,e, leia.is -or la K iro ...u Ant. Rtttal. Vo,'jVerAr<fi«/e. ;f*7. Il p. l'y;-.— 0a Raciiaa, m .\<>ur An h. V'/ytitr. <i. me Se.-. II. p. If.;— Waltt, Anlhr. d Siluir,,ilier. 1*7',', VI. p.-V.r,— 0« km*t»H,Vun-gi; ti':ir<;.i,nn>ir,g,t;„ > „ed> U-i H. eve. edu Vw*i<A<>, t»HI-H /.K-ilUa. \**\ II. pp.'.'.i. i C..I I* -
L'usage du tabac pénétra à Tahiti (1) a la suite du commerce avec les Européens, et la culture y fut implantée par les blancs, à partir de 1789 (2). Les insulaires, qui dédaignaient toutes les plantes importée s. adoptèrent, au contraire, le tabac avec enthousiasme (3). Dès lors 1' abitude de fumer se répandit chez les indigènes ; si bien que la Reine de Tahiti dégustait sa sigarette en se promenant dans la ville de Papêiti, accompagnée d'une de ses dames (4 t.
Le tabac est devenu une «les passions des Tahitiens. Us fument tous : hommes, femmes et enfants. C'est étonnant les voir avaler des bouffées de fumée s uis sourciller. L' usage immodéré de fumer et des boissons spiritueuses a altéré le son de voix de beaucoup de femmes : mais malgré tout, leur haleine est restée fraîche et pure (5).
b) Archipel das UarquisoB. - Les insulaires des Marquises (6) n' ont appris 1' usage du tabac qu'au dix-neuvième siècle. Cook , qui observa en 1774 leurs us et coutumes , ne parle pas du tabac (7). D'après Pailhès (Si, ce fuient les étrangers, qui en introduisirent l'usage, principalement les Américains. Et même ces derniers offrent toujours aux clients, qui entrent dans leurs boutiques, une pipe mise à leur disposition sur le comptoir. Les indigènes ne manquent jamais de s'en servir (i. c. p. 27G1, de même qu' ils en fument toujours une, chez eux, après les repas. S'il y a des invités, la pipe passe de bouche en bouche à la ronde (I. c. p. 279) , selon l'usage des aborigènes Américains du Nord. Les femmes aussi fument la pipe avec passion. Pailhès raconte qu'en 1872 une i nsulaire, ayant fini sa pipe, lui demanda du UitHika (I. c. p. 2»b). il représente à la p. 2W une de ces insulaires fumant sa pipo (9).
(I) L'Ile de Tahiti, fut visitée par Qiirot eu 1000, et par BoiaaimMIt en 1708. mais elle fut reconnue par Cook eu 1769. Ui iusulaires furent convertis nu Ciinstianisuie par les Missioutmtres unifiai*. Quelques déportés, échappés de Hotany Hay. s'y réfugièrent en 1803. et y furent biuu accueillis (Gré|0ira< i. c. p. 185-1).— 1,2) Rho. I. c. p. 315.
(3) Ftrrarlo. Coutume anlico e moderno, 1*31. VII. p. 280; -Malto-Brwi. Gcogr, unir. 5.me éd. Hoot, ItM I . VI. p. Kl.— Ces notices précise* prouvent 1'iuexaciituJe do l'ainrmanon des navigateurs de Ja Cood Hope, qui, ayaut abordé eu 1822 à Tulnti, prétendirent que le tabac et le coton croissaient à l'état sauvage dans celte Ile (ci'r. Ecrits tt «ait» Brun. I. c. XX. 1*23. p. 232).— De plus. Diparray rapporte qu'il faut compter le tabac parmi les plantes utiles pour iecommerce.il pousse à merveille à Tahiti, et s'y est naturalisé au point de couvrir de grandes éten iues de terrait). Les naturels lui oui douoé le nom de YV'.m ; . et se rappeiient tré- bien que ce fut le Cap. Cook qui l' importa (Voyage... de U Coquille. 1*22 25; Lotto* et Carnot, Zoologie. I. p. 280). - Ku 1805 ou comptait à peine 200 hectares cultivés. Trois aus après, la culture s'étendait sur 2162 hectares, grâce â une Suciéié ADKio-frauçaise. Le tabac y (Igurail toujours parmi les plantes cultivées Do Awtiaja, Yinggia... dtlla Caraeeiolo. II. p. ««)
(4; Rho. I- c. p. 211.
(5) 0* BlMiix. in Nour. Ann. Voyog. 104.". 1844. IV. p. 356:— DoIttMrt, Voyage dam let deux Océam. Paris. IR48, p. 274.
(fi) Eiies furent baptisées ainsi en honneur de la Marquise de Mondoça. fr mine du (iouverneur du Pérou, par IT.spagnol Mondana, qui les découvrit eu 1505 (en 15 >4 . Grégoin, I. e. p. 1303). Les autres Iles du jtroupe furent visitées plui tant, à diverses reprises, par Cook eu 1771, et p ir Ifiarahatn et Marchand, en 1791 Lalond, Viaggio nflla l'olinexia , cm: Marnocchi , lisiccolta di viaggi . Prato, 1844. XIV. p. lo). — Ku I5'.>5 Mondana y lit semer du mais par ses matelots (cfr. A'om". Ann. Voyng. . 101". 1844, 1. p. Il H).
(7) Bérengor. Collection... MIL p. 220, et suiv.— Cook remarqua, au contraire, que ces insulaires se servaient de la racine du poivre (Piper melhyxtir.um connue symbole de paix (Cook. Voyage dam V Hémisphère austral. Paris, 1778. |||. p. 222).
(8) Charton et Trtvoa. I. c. N. S. II. 1875.
(!•} Giglloli dit qu'il possède une 1res belle pipe, dout le forneau est fait d'une dent de baleine, et le tuyau d'un os d 'Albatros. Le geiire de la sculpture est spécial aux iles Marquises. Par une coin, cideiice intéressante il a aussi une autre pipe eu bois, très beau spécimen de l'art sculptural particulier aux Maor.s de la Nouvelle Zélande. Kile appartenait à un chef indigene influent des Ara» as.
c) Nouvelle-Calédonie. - Le tabac était inconnu dans cet Archipel avant l'arrivée des Européens (1). D Entrecasteaux (2) et Forster (3> n'en font aucune mention en décrivant minutieusement les us et coutumes des aborigènes. Pigeard rapporte eu 1844 , que les marins du Buci'phale essayèrent de leur faire fumer du tabac; mais ils y renoncèrent, parce que ces insulaires en étaient Tort indisposés (4 t. De Roches ajoute qu' en I85&, débarquant à l'île Rosse], pour apprivoiser les naturels il leur présenta «Ju tabac et des pipes; mais ces barbares ne daignèrent même pas le prendre. Ils en ignoraient jusqu'à l'usage : ignotance étonnante, qui ne peut s'expliquer que par leur complète séparation du genre humain , tandis que les entrepreneurs australiens avaient propagé l'usage du tabac dans toutes les îles d'Océanie qu'ils fréquentaient <ô).
Cependant l'usage du tabac a dû pénétrer an commencement de ce siècle dans une des îles de l'Archipel. Les Européens qui s'établirent à la N. Calédonie y introduisirent avec succès le tabac, le yin et le brand;/, comme lo remarque Garnier. Le tabac (6) eut seul la faveur des indigènes, car les Calédoniens n'aiment pas les liqueurs fortes... Aussi le tabac devint-il la passion dominante près tous, hommes et femmes. L'enfant marche à peine, qu'il commence à fumer dans une pipe grossière un tabac spécial, en tablettes, humide, de mauvaise qualité, et, souvent si fort, qu'il rendrait malades nos fumeurs les plus endurcis. Le Calédonien dédaigne d' ailleurs le tabac faible et dit : AU same grass t«da ressemble à de l'herbe), liais, quoique lout le monde attribue à ce tabac l'origine de presque toutes les maladies île ces indigènes, aucun représentant du Gouvernement français ne s'en préoccupe ; au contraire, les fonctionnaires paient mémo leurs services avec ce poison (7).
Dès le début de la conquête des Français, en 1853, la monnaie courante employée envers les indigènes, consistait en pipes et en tabac. Tous fument: enfants et vieillards; femmes et jeunes fl les se voient avec une pipe dans les cheveux, ou mise en pendant d'oreille, truand ils n'ont plus de tabac, ils offrent leurs services, ou dépensent tout ce qu'ils ont gagné, pour s'en procurer (■>). Garnier raconte qu'un jour un enfant vint, seul dans une pirogue, lui apporter «j francs demandant en échange des pipes et du tabac. Il apprit ensuite que eut argent provenait du pillage d' un bâtiment français (9). La Nouvelle-Calédonie produisant en abondance le bois de sandale , depuis 1823 environ, 1rs Anglais y vont faire de nombreux chargements de cette marchandise, qu'ils portent en Chine, où l'on s'en s» rt comme parfum. Ils donnent en échange aux insulaires différents objets parmi lesquels I-- tabac et. les pipes pour le fumer (I. c. XVI. 1872, p»g. 103). Garnier rapporte encore qu'en 1864, pour payer à un Chef indigene les aliments, qui lui avait, été fournis, il lui offrit du tabac, des pipes et des étoffes (I. c. XVI. 1872, p.
Ces lieux pipes représentant, selon lui, un nouvel ustensile, introduit pur les Européens avec l'usage du tîiba» , inconnu auparavant dna» ces Iles: mais la pit'e y a pris, en quelque sorte, le caractère ethnique <ies jeux peuples (Glflioli , Note elnologiehe dtlle isole Marches», in Mantejiu» , Archirio per I'Aiilruiiologiii. XVIII. Kirenze. ISSS, p. •:',•>).
(!) NouveiluCalêdouie lut découverte et liaptisé* par C»»k eu 1774 (Ouatant i'Umill», I. c. H- p. 4 »;- Weill, I. c. VI. p. r,22); puis Visitée par D'EatracMlaau , en 17U3 et 17U4 (Gra«aira. i. c. p. Ifâi).
(2) D'EatraceslMui. Voyage, p. 3T>*».— (3) Damant d'UrvIII*. I. c. II. p.
(41 Sour. Ann. Voyag. li.V. 1*47, 111. p. »«.-(5j Cir. LUnirert» illustrai». IV. ItfW. p. 23ft.
(8) Ce furent les Français qui. vers IS<14. implantèrent dans les terres de la N. CuIé<lonie la culture .ie la canne à Miere, du cale et du labac (cfr. Malta Bran, .4;in. Voyag. 1*97. I. p. 274).— Elle appartient à la Frnttce ilepuî.s le 24 sept 18 .3 iGrtgoIr», I. c. p. 3T»2).
(7) Cfr. Cherté* et Tram, I. c. X. 1*68, p. 2«r..
(S) Album des Missions catholiques, IV. p. 42.
<li) Chirton et Traira», I. c XVI. 1872, p. 182. Au I. c. X. IsiW, p. Jô-i, ou représente uu indigène rumaut U pipe.
138), Lob marchands vont de tribu en tribu pour vendre, eiiti 'autres choses, des pipes et du tabac. Trois pipes on terre cuite content Frcs. l,5u; une livre de ubac, 4 Frcs. La passion do fumer est si violente, que le tabac est toujours la première chose qu'achète, l'indigène (I. c. X. 1865, pp. Jt>34). Quand on interrogea le Chef de l'Ile des Pins (fait prisonnier en 1864 par les Français) pour savoir ce qu'il désirait, il ne demanda que du tabac pour lui et sou compagnon (1. c. X. 1868, p. 282) (lj.
La production indigène est actuellement de 12 mille Kg.; l'impoi tnt.ion île 30 mille Kg.; la consommation par habitant de Kg. 0,81, avec une dépense de Marcs 5,24, et un revenu pour l'Etat de Mares 2,16 (2).
d) Archipel du FMJL- L'usage- et la culture du tabac ont du pénétrer en retard dans l'Archipel des Fidji (Viril (3). Kn 1827, D Urville remarquait t[w ces naturels ne mâchaient ni bétel, ni tabac (4i. GVtte derniéte plante y fut ensuite introduite et cultivée (5). Les natifs l'emploient sous forme de cigarettes entour>Vs de feuilles de bananier (G).
Actuellement îes natifs de l'Archipel des Fidji ont l'étrange coutume de se faire agrandir énormément le pavillon «le l'oreiile pour y n )*•'([>•. comme- dans une poche, la pipe. Je tabac et d'autres objets d'usage journa iei (71. Le produit qu'on y obtient .s'approche beaucoup de celui de 1' Ain Tiqur; mais son arôme est difî 'tent, et les qualités
(1) Foriltr (Florulae inxularum auxtraliutn prodnnnus, I7s*j. p. |*i J i » : Xicdiiina frutirosa foliis suàpetioUitis, ample.ricaulibun. Inweolatis. flitribu* uctili.t. va aie frutescente iHotanicrs insula, prope Xoram Caledonia m). -Il est certain, ainsi hm" oit i'a ni plus li nit, qu' on cultivait déjà largemeut à eeitc époque lu X. frulicotn (appelée ensuite ,V. rhtn-ntis à cause ie se» ■iifl'<>c*"ijtes cultures) aux ludes. uu Japou et ru Chine. La présence tie J i X. frttUcosn im» «ne des iie» <ie ret Archipel s'éxplique «loue par le commerce qu'y faisaient les Chinois, mémo avant les Kurupéens. I, faut eu conclure que, .si i' usage du tab.tc et la culture de sa pl.itite ont pu être introduits par les Chinois «tau» quelques iles tie cet Archipel, ce rureut ersinn- lex Knropéeii» qui les y répandirent par leur trafic et leurs immigration* successives (Voir pins haut. \\
(2) Lewhutola, I. c. \\ 71.— On importa dans la p-riode IS'.H •'.<*,. tant .ie tabac que J' opium , pour une valeur .ie 191 mille rrs. <ctr. /trjit. et. Cons. H«p. I.oniou. In'.*). — .Ver- CfiWwiw. n. 1743. p. Kir, m, en WXi. pour )'.*> mille Krcs.(cir. I. c. IH'.O. u . l'.Ml, p. 'x.
(3) L'Archipel îles Fniji. découvert par Taunan. eu lt>4'3,visité ensuite par Cook, il a été occupe, puis abandonné par ies Aurais vers |siw 'Grt|oirt. I. c. p. 74'>t
1,4) Oumont (TUrvilU. Voyage... de V 'Astrolabe. Histoire du royale. IV. I'ari>. In!-», p, Tu.'.
(ôy Drak» del Castillo, lllustr. Florae insular, maris l'arifiei. VII. IrW. p. '.ViO, cfr. Saeaiana.
<«) Waltz. Garland. Ant ht: d, Xnlttn-lkr,' , V|. p. — r- ai.iir .remployer le ubac indiquerait qu' ils l'apprireni des l'apoua», pmot que ties Mai.us i.V:.,ir pins haut, p. »*>.t. Actuellement ou produitaussi le in.iis dans ce» 'lies. Kn I*ï'7 ou en cvpora p >ur IS mille t>nsl<«h Carie /( Continente nuurtsstmo, ouia I Australasia Urilitnnicu UUtstraUi. Tonuo. IMW. p. '.'l'.tj. t'eia prouve que le tabac a du être impurto dans ces ilus. ainsi que le maïs.
Çi) Branch!, m Cara. Cosmos, V. |H7«-7'J. p. 3'.'H.— Flnsch aïlirme qu'aux Iles Knlji la majeure parue au tabac consommé «tau eu -tivé par les indigène*, avant môme t|ue les Ktiropéeus n'y fussent érabii» (Fintch. l'eber Saturproduktr. der irestltchen Suduee. lu Iteuls. Knlomalzeitung, IHS7, p. IKi. - l'eia peut être exact; mais cela ne prouve «n aucune façon nue ie tabic y soit indiuene. Ues ie dix huitième siùcle il est plus ou moins employé e< même cuitivé dans la t'oiynéste ; et il n'a pas été uo cessa ire t|ue les Européens s'y établissent ile par ile, pnur ipie cel usage s'y répandit. t.es lusulaires. qui l'avaient reçu des Kuropéens. l'ont a leur tour propagé successivement chez ceux qui l'iguoraieut encore, t.e (abac et ie maïs ont même «lté les deux plante» étrangère» adoptées ie plus vite, et cultivées bientôt largement en Océan te. comme dans tout le Wux-Moude. s. ce sont les Malais qui (ainsi qu'on l a du plus haut. p. 3u7) ont très probablement introduit l'usage et la culture du tabac et du maïs en N. Gu uée. on doit supposer aussi que ce sont les l'apouas. qui ont lait connaître le tabac aux nature ;, de l'Archipel des Kioj:. Kn quelque lacju que ce soit, ces insulaires obtiennent le tabac, dont ils ont besom, nonseuJeiuent de leur culture, qui est iiisiitiisanîe De Amataga , I. c. 11. p. IS'.'j. mats surtout des navigateurs, qui t'importent pour i'éctiaug»-!' couire les marchandises indigenes (Da NcMi, m Xoui: Ann. Voyax. «.me Sur. IHiil, H p. i!,.
fines dégénèrent après ano promièio i .Volte. Cep.-udant s'il était mieux préparé, ce tabac ponrraiL avoir un marché on An^Vi-i ..■ M).
«•> Nouvelle-Zélande.- A s-anr ]'ui civ»'..- .les Euiopénns l'usa «e «lu tabac et des autres narcotiques étaient inconnus .),in< cet Archipel c2). Ku < ffct, Banks et Solander, qui voyageront on 17f>9 avec Cook, ne l'observèrent pas, tandis qu' ils examinaient minutieusement les us et coutumes .le ces insulaires Ç.i); Surville, qui un 1 770 d 'couvrit et étudia toute la côte orientale (41 ; Cruise, qui en ISIS» y demeura pendant. 10 mois (">»; 0' Urville, qui y signala pour la première fois, en 1812, la culture du fi ornent tOi, ne disent rien du tabac.
A la suite de leur contact avec les Européens non-seulement les naturels apprirent l'usage du tabac, mais ils s'y livrèrent immodérément (7), fumant presque continuellement i8). Toutes les femmes sont belle* (il y a même ilea métis «l'une rare boautél ; mais elles adorent tomes la pipe , qu' elles ont à la bouche même quand elles sont richement et luxueusement vêtues (9). L'habitude de fumer le tabac est passée à l'état de manie chez ces insulaires, aussi bien pour les hommes, que pour les femmes. On voit des enfints port 's par leur mère, leur arracher la pipe- île la bouche et fumer. Ils préfèrent !es pipes «le ci aie ayant un tuyau juste assez long pour le tenir dans les dents (10). Ils fument même au bain (1 1).
La culture du tabac a été introduite eu Nouvelle-Zélande (12) avec des graines importées de Virginie il 8). L'importation des boissons spiritueuses et du Ubac a été de la valeur d'environ 400 mille Ls. en 1897 (14). On ne peut pas prêcher la production indigène; mais l'importation est «le 630 mille kg.; la consommation par habitant est de Kg. 0,81, avec une dépense de Marcs 10,88, et un revenu pour l'Kt it «le Marcs 7,25 (lô).
Australie
n) Généralités. - Ce furent Européens qui introduisirent le tabac en Australie (16). (I) Lack, loborro. I8*C.. p. |."«u.
cj; l.a Nvuvcilc Zé au.ic lui découverte par Tumi*, eu 104'.' oWlot Muroau . Voyage <tê La Nroato,
l'aris. 7«.l7. I. j>. 121). Cependant jii^ju - au .i<>b.ir<jU«iiu-at lin capitaine Cook. eu I70U. elle fut regardée
comme une terre myslént use et iiioutiue (Bozzoni. Cenni utile eonditioni delln S. Zelnndn- cfr.
Roll. Soi: Gettgr. Uni. •» Ser. V. ls*>. p. *0). i.e r.ouvernement anglais eu a pris po««ssion en 1840 (Grdjclr*. I. c. p. 2f>»>.
(3) Clr. Pré«o«t. . c. XX. p. 43o;— Kelolton Je* Voyage», Paris 1774. V. VI.
(41 Cfr. B4roi»|HS Collection VI. p. 343;- Malte Brun, Gèopr. unir, ô.ne éd.. Hoot. 1841. VI. p. 533.
(5) CIT. Eyrioi et Maite-Brvn. I. c. XXII. I*\!4. p. 73. 01) Oanont tfUrvill*. I. .-. lt. p. 384.
(7) Gatta. Il llenme dei Maori nelli y nom Zelnndn (cfr. Boll. toc. Geogr. Uni. 8» Ser. X. iWî, p. 220').— (8) Dlolteitbaeh. 'Iraceh in Xenc-ZeaUmd. 1843. II. p. 20. ('.»;. Boticnl. I. c. p. :KC>;— W»IU. I. c. VI. 1872. p. 01.
(!••) Viaggio delln Sortira alturno r>l gloho. 111. p. 'J-2.-l.es ligures tie ces pipes très courtes, fil mtVs par ies naturels, ont été reproduite* .bins i' Album des Mission» catholiques. IV. p. M* par fil- «Mali. Viaggio sulln Magenta, p. sa.'.; et par Ralnl, I. c. II. p. 108.
ili) Corlo, H continente nuorissimo. Torino, iww. p. Iwi (avec flir.).— (12) Carte. I. c. p. 187.
(13) Faraa«*oii. 1. >•. p. 3" ni. - .14) Corto. Il continente nuoritsimo. Torino. 1808. p. 182.
(15) Ltwlnttein. 1. c. p. 72.
(IG) Ou sait qu' un Hollandais aborda en Iftlrt f« In ciltc occidentale «le l'Australie; en 1618. Zoackon découvrit nue autre partie de cette cote; en Irtl'.i Van Etait visita un port delà région septentriooale; eu 1027. Van Nuita. découvrit une autre grande partie de la cote occidentale; en 1628. Carpaater découvrit le grand golfe de Carpentaria; eullil.eo lOss. Daiapbrobierva les coutumes des habitant*, et donna les premières uotices sur leurs moeurs, qui furent plus tard , complétées par Cook en 1770 (Tencfc.
Les voyageurs qui la visitèrent successivement, tels que Oampier, en 1688 et en 1099 (1); Robertson , en 17G5 (2, ; Banks et Solander (3) qui voyageaient, avec Cook en 1709 (4) ; Labillardière, en 1792 (51; et Perron, en 16001801 (6), ne parlent pas de l'usage du tabac chez les aborigènes.
Mitchell, qui pénétra, en 1831, dans les regions inexplorées de l'Australie, situées au nord de la Nouvelle-Galles du Sud , remarqua que les sauvages ignorait- nt. I' usage du sucre et du tabac, car lorsqu'ils pillèrent Ips bagnges» de la caravane, ils détruisirent toutes lea provisions qu'ils ne connaissaient pas, sans en exclure le tabac. Il put observer, au contraire , que les aborigènes voisins de la colonie anglaise susmentionnée , préféraient le sucre et le tabac a toute autre chose (7>. Cela s' explique par le fait du contact de ces derniers naturels avec les Européens; tandis que ceux de I" intérieur , n'ayant aucune relation avec les étrangers, ignoraient complètement l'usage du sucre et du tabac. Aujourd' hni les aborigènes dos enviions do Sidney, à moitié civilisés par les Anglais, amiont beaucoup le tabac, et demandent toujours quelques sous aux Ruropéens, qif ils rencontrent, pour s'en procurer (81. C'est ainsi que les Anglais ont amené la dégradation (?) de la race native par la prostitution , I' alms du tabac et des breuvages alcooliques (9).
Voyage à la baie botanique. Parts. I7*i. p. 181 ).— Cependant, les recherches fane» par H*|er. au Rri. lith Uuteum, mettent désormais hors de doute que Gelltavme It Testa, pilote provençal, avail 1~>4la connaissance très exacte de l'Australie, car u la mentionne daus u>ie carie géographique portant son nom. et déposée au Ministère ie la Guerre, à l'aria. I.a carte géographique présentée par Rotz au Roi Henri VIII. d'Angleterre, dans les premières années de son régne . fait aussi mention d" une ferre auslralis. séparée (ie l'ile de Java par un détroit (Certe. I. c. p. rt). D'après le même Ma)»r i Early indications of Australia, etr. Maki Soc. London), le* Pondais y auraient aborde avant IMO. On trouve sur d'anciennes cartes cette terre indiquée sou» le nom de Grande-Jara ou lerre-australis. 11 faudrait attribuer à un certain Miaoel Bodies de Heredla. pilote espai-noi (portugais, selon Grégoire. I. c p. 149) la reconnaissance de cette terre en lùrtl. Kn lfi«6 un navire hollandais parcourut une grande partie de la côte septentrionale (et ies Hollandais doonèrent au pays le nom de Nourelle-IIoltande, efr. Grégoire, i. c. p. 140). Ensuite plusieurs autres navires hollandai» abordèrent tautot nur un point,
tantôl sur uu autre point de l'Australie Sampler la visita en 16*8 et eu l'Ut'. Cook, accompagné de
Banks et de Selaedtr observa eu 1770 la region nommée pur lui News- South- Wales , et ia visita en 1777 (efr. Gietloll. Viaggio...- sutla Magenta. 1875. p. 738). (I) Daapier. Nouveau voyage autour du monde. 1715. V.
Ci) Roberisos. Voyoge aux terres australes. 1767. dans lequel il cité r la p. USA les produits qu'on oblient duns ces lerres.-<3> Cfr. Prévost. 1. c. XX. p. 4H.r,-Béree|or, Collection... VII. p. 25rt.
(4) Ces voyageurs furent les premiers, qui vinrent en contact avec les sauvâtes de la Nouvelle. Galles du Sud ( 1770).-Cetie colonie, la première de I'AUsf-alie. lui fondée en 1778 par le commodore ►Mlles, qui établis i Botany Bay les déportés ou comtc-f* (Greooiro. I. c. p. 809).
(5) Labillardière. Relation du voyage à la recherche de La Porosis, l'an», an VIII. d. I. Kép. fr. (0) Perroa, Voyage de découvertes aux terres australes. Paris. 18^7.— Selon ce voyageur on trouve
en Australie deux espèces de Nirotiana : Tune est la A', undulata décrite par Ventant, et qui lut eusuite introduite dans le jardin de la Malmaisom l'autre, qui n'est, du reste. . jti'une variété de ia première (Voir. Cènes, Monographie du genre Nicottana. Naples. 1899, p. 39. et sut v.). est native de l'Ile Tiecrès (I. v. II. p. 301) . et se trouve dans les sabies arides de ses plages <!. c. II. p. 367). Il fait observer aussi que les aborigènes iguoreut la propriété de cette plante, comme de toutes celies qu' ils possèdent (I. c. II. p. 3«0>.— Ici l'auteur se trompe. On verra bientôt comment les indigènes australiens mâchaient les feuilles de cette Nicotiana. qui est d' ailleurs commune dans beaucoup de parues do l'Australie, et empoisonne parfois les moutons qui en mangent.
(7) Mitchell, Vtaggi nelfinterno delt Australia (cfr. Naretocchi. Racroila di viaggi, XVI. 1844. p. 16H/,^|lalta-Br»fl, Gëogr, umv, 5.me éd. H set 1841. VI. p. 4iifl.
(8) Dolessert. Voyages dans les deux Océans. Paris. 1748, p. iriO.— On y voit représentée une famille d'aborigèues. dont l'un fume une pipe de forme anglaise. Il y a aussi la ligure d'une femme tenant dans la main droite uu tube fumant semblable à ceiui des Papouas, que nous avons déjà décrit (Voir
plus liaut, p. 3U8).-(9) Corte, 1. c. p. 48.
Bank» et Soltnder, voyageant avec Cook en 1770, observèrent donc que los naturels de la Nouvelle-Un Iles du Sud avaient i' habitude du milcher une certaine herbe. lia le rapportent «le la manière suivante: Nous ne savons pas si les natifs connaissent quelque plante narcotique dans le genre du tabac; niais nous avons remarqué que beaucoup d' entr' eux avaient constamment dans la bouche certaines feuilles, de la même façon que quelques Européens mâchent lo tabac, ot los Asiatiques le listel. Nous n'avons pas vu cette plante; mais à en juger par les petits morceaux qu* ils rejettent, on doit supposer que c'est une espèce do bétel (?) , quoiqu* elle no produise aucun effet, nuisible sur les dents et les lèvres (1)- Lsbillardièr* ajoute (en 1792» que ces feuilles mach/es par les naturels appartiennent au Piper, autrement dit au bétel (1. c). Mais aussi cette croyance était inexacte, car ces feuilles étaient cueillies sur de plantes sauvages de la yicotiana euaveole»* (syn. N. undulata, Vent.), ainsi rjue Helms l'a démontré récemment(2).
(1) < d . Voyage» autour du Monde. Paris 1774. VII. p. !Mfl;-Walti. G.rtiiwJ. Anlhr. d. Xaturrôlker, VI. p. 72fi.
(2) Helm. Anthropology, in Irant. R Soc. Soul/i Australia. XVI. Sydney. 1X95.— A propos de l'habitude qu'out les Australiens de mâcher les feuilles de la Sicoliana swtveolen* , Htln» rapporte ce qui suit: < Ce fut une surprise pour moi de constater que les naturels lies tribus <ie l'Kverard Range et du HJyth Range employaient cette iiicotiuiie. J'avais déjà remarqué comme une chose étrange, que leurs lèvres et les emus de leur bouche ot.uout tachés d'uue légère couleur d'un vert-jauuàtre. que ,\' attribuais à l'usage de quelque mets particulier: mais je découvris plus tard que cela venait de petit» rouleaux de la nieotiane indigène, qu'ils suçaient. J'ai reproduit le mode grossier de pré parer et d'employer cette sorte de tabac daus le c Sommaire de mon Journal ». oil l'ou voit i la tabic XXX deui aborigènes ayant un de ces petits rouleaux entre les lèvres. Quoique ces tribus aient découvert 1rs propriétés stimulantes de la Sicoliana suareolens. il parait qu'elles ignorent i' autre narcotique plus puissant, le ptluii > Uuhoisia Hoptcuvdtt) . qu'on trouve également dam beaucoup de contrées des mêmes régions. Ces deux plantes furent trouvées par uous daus uutre voyage lie i'K. verard Range au Barrow Range, et aussi en traversant le désert de Victoria, mais avec des condition» variables de quantité et de développement. I,.t Xicotiana suareolen* croit plus vigoureuse dans les terrains marécageux voisius île l'Kverard Range et du Hlyih Range, ou quelques unes de ses feuilles ovales et presque glabre arrivent a la rjiuueur de plus ne dix pouces, et à la largeur de quatre pouces» tandis que la plante atteint plus de 4 mètres d* hauteur. Au Cavenagli et au Barrow Range, ainsi que dans les dune» de sable du désert le Victoria , la plante se rabougrit, se rapetissant à dix pouces de hauteur avec des leuiiles d' une longueur d' un demi pouce à un pouce et .lemi . plus ronde» ei pius put mes. liait* les tribus du Barrow Rioge et <iu désert de Victoria je remarquai Tabseuce de l'usage de cette plante, et je suis sur qu'il est Inconnu îles tribus Ju Fraser Range et des pL.ines de Hampton, l.a plante fut observée au >ielà du Fraser Range, et je crois qu' elle se rencontre très rarement dans la région, qui s'étei.d eotre Yiigarn et le Miirchison. .le n'eu ai pas trouvé nue seule durant notre voyage dans cette région; mais comme toute la vie de la végétation o:«il arrêtée au temps lie notre parcours de cette contrée, le fait de n'en avoir pas rencontré ne peut pas être cousi.iéré c-iume mie preuve absolue de son absence. Tout ce que j' ai pu constater, c'est que le» Nègres du Murdim-ii n'eu ont aucune connaissance .le sais seulement que l'usage comme stimulant de cette piante indigene est adopté uniquement pur les tribus du l'Evefard et du Biyin Range. I,a. dans le terrain numide u s régions marécageuse», la plante pousse à la perfection; et connue des mêmes conditions favorables peuvent se trouver aussi dims quelques unes de régions situées plus au Nord, l'usage de cette plu te pourra s'y répandre, mus jamais daus la direction occidentale, l a Unooisia Hoj/icoodii. ires estimée de quelque* tribus -lu West-Queensland, se rencontre également dans tonte la région central* australienne. On la récolte daus beaucoup a'oudroits du désert de Victoria, et je ne doute pas qu'elle ne s'étende jusqu'aux limites occidentales. Je u'a> limais remarqué que ente piaule so:t employée par les indigènes; j' eu conclus qu'ils en ignorent les propriétés. Ii me semble pourtant que ies leuilies et les tiges de ce iiareotique, déjà préparées, sont connues au-delà des contrées oil l'on récite usuellement le pitttri. Par conséquent (es indigènes . qui »e le procurent nu moyeu d'échange», ne le ciniaisseut certainement pas a l'état naturel, car l'usage eu serait beaucoup plus répaudu, étuui douué surtout le grimu uésir que la piupart d'entr'eux éprouvent .te cette .ir< gue enivrante, une fois qu' ils l'ont goûtée (I. c. p. -MX), •
Relativement à la préparation de celle uicoiiaue.il du: « 1-e» Nègres avment euenli du i,ib»e indigène, dent j'ai parlé, qu'ils appellent ukiri, I s .e iiuo-li iieni, ou plutôt le suçaient eu le inoHaiH à i'iu- Coin* - HiHrtr* <f« lat»* «I
Ce sont les Européens, qui ont introduit la culture du tabac en Australie ; mais dans quelques localités seulement. Les sortes successivement importées ont été les suivantes: Havane, l'ara, Virginie, Floride, Connecticut, Maryland, Turc, etc. (1), et, plus récemment , le Manille et le Sumatra. Selon Billings (2) , les graines du Manille de la Havane, obtenues pendant nombres d'années dans le jaroiti botanique d' Adélaïde, ont été ensuite largement distribuées pour être cultivées en Australie (I. c. 369). Les feuilles du Manille qu' on y produit, brûlant facilement avec des cendre résistantes, rivalisent avec celles de leur lieu d'origine, l'île de Luçou (1. c. p. 359). Le Havane trouve aussi un rival, mais moins redoutable, en Amérique (I. c. p. 360). Généralement la plante y prospère et promet d' arriver à la célébiité des produits similaires obtenus on Amérique (I. c. p. 484).
On cultive iiujoord' luii le tabac avec avantage dans presque toutes les colonies de l'Australie (8). Le développement de celte culture a été rapide et important. En peu d'années des miliers d'acres ont été dédiés à cet emploi. L'importation du tabac, devant alimenter les manufactures locales, va diminuant peu à peu, à mesure que la production intérieure augmente. Actuellement le tabac importé sert principalement a la confection des cigares. On tait des efforts constants pour améliorer la qualité du produit indigène. Celui qu' on obtient dans les terres d'alluvion est plus abondant, mais plus fort: ce qui fait préférer les terres inoins riches. Les tabacs de Manille et, de Cuba pourraient à merveille se reproduire en Australie, à condition d'employer des terres fines, et de prendre les soins minutieux qu' exige cette culture (4).
Les notices précédentes sont confirmées par une relation manuscrite, que gracieusement nous a fourni M.r le Ministre {Secrétaire d* Etat à l'Agriculture de la Colonie Western-Australia, et nous la reproduisons intégralement en note , à cause de son importance (5).
téneur de la lèvre intérieure après l'avoir préparé de la manière suivante: Ou Me les cendres chaude» recouvrant ie sabie embrasé, et l'on y éleod le» feuilles vertu*, eu les y laissaut jusqu'à ce qu'elle* soient presque sèches; ceci fait, on met le» feuillus en petites b.ulettes de pute, qu'on tient dans le* dents, et qu'on cimente avec la salive. On les roule ensuite dans les mains en l'un ne .i« petit* cylindres de l'épaisseur d'un pouce, qu' on taie sécher pour les conserver. J'ai remarqué que ces indigènes gardaient presque loute la journée un de ces rouleaux en dedans de la lèvre inférieure, et qu'ils se ie mettaient derrière l'u renie pendant les repas. Ce suc leur *alil les lèvres et les cuius de la bouche; mats on en fait disparaître les trace* facilement (I. c. p. 393). Ces indigène* furent très conteul* quand Stralch leur donna du titbac, un orïraut d'abord aux plus âgés. Mais quand les vieux virent qu'où en oirratl aussi aux jeunes, its voulurent s'y opposer, les appelant jimba. comme indigues de cette faveur (1. c. p. 297) ».
Lei notice* fournie* par Htliat complètent celtes de (UU»I. qui ait à ce sujet: Les atiorigeurs en ployaient certainement des plantes narcotiques, surtout les feuillus de la Duboisia IHturi . qui croi spontanément à l'intérieur de l'Australie, et qui possède des propriétés intermédiaires entre l'opium et le tabac Ce sont probablement tes feuille* de cette pi.iote que Cook, et plus récemment Gr«i»ry virent mâcher par les aborigènes (Ratal, Vulkerkunde. IS*?, II. p. 55). Pourtant . quand Gréaarv , qui parcourut eu IStiO les contrées du Nord-Ouest de 1' Australie . affirme que le tabac (dont les feuille* étalent mâchées, mais jamais fumées par les aborigènes) poussait abondamment dans la région du fleuve Lyon <cfr. Grad, in Sour. Ann. Yoyag. ti me Sér. 1H63. IV. p. il fiut croire qu'il s'agissait tout au plus de la Sicotiana stiawolen* , et uou de la .V. labacum; à moius qu'on ne préfère accepter I' opinion de R«ti«l. qui soutenait, peut être avec plu» de ralsou. qu'il s'agissait du Pituri. Il ne faut pas oublier oon plus que les aborigènes du Queensland consommaient aussi le bétel, d'après la coutume malaise, comme on le dira bientôt.
il) FerantM. I. c. p. U3, — (2) Billings, Tobacco, 1875.
(H) HiiggungU délie rote di Australia, Firenie, 1853. p. 12.— (4) Billing*. Tobacco, 1875, p. 35'J.
(5) Ptrth. 27 agoslo IS'.J7.— «The indtgiucs < f Australia did uot smoke tobacco prior to the advent of European immigration. Women as well as men indulge m it freely at present, wherever tbey come in contact with whites. -Trials of growing tobacco have probably been made back at a considerably
Il n'existe pas de culture indigène dans l'Australie Occidentale, L'importation y est actuellement de 474 livres anglaises. La consommation par habitant est do kg. 2,iM> avec une dépense de Marcs 25,09, et un levunu pour l'Etat de Marcs 14,18 (1).
b) NouTtll» (Me du Sud (2) -Le tabac n'a pas dû être introduit dans cette région
early date in the history of the Colonies. Before the sixties a black c twist » tobacco was manufactured hi Sydney. Whaler* used to have it on board, and probaoly used it as barter in New-Zealand and the 1'aciltc Is ands. It was au inferior article, and is said to have contained a const durable quantity of Australian grown leaf. It was packed in tiers about 2 it 6 in high and 20 inches in diameter: thus readiiy distinguishable front the wider American tiers. None of this particular shape of tohaceo in such packages are now manufactured. But it is the earliest known manufactured tobacco in Australia, nod therefore its peculiar method of packtug is mentioued. lu (tie early days of the Australian Colonies noiluug black twist tobacco was used on the Stations (the Australian term for the homesteaits of the pastora lists). Tne above mentioned tobacco was known as « Sydney Twist » in contradistinction to the superfine < Barrais Twist : — Barrel's tunst. Anchor Brand id particular, was manufactured from the tluest Virginia leal in Kieimiond . and a superior class of smoking tobacco has never been introduced into Australia since. Alter the sixties the importation of this tobacco ceased. At the taking of Richmond a largo quantity of tobacco was destroyed and the articie rose in Me>bourtie, tu oue day. from II d to 3<(i in Bond wholesale. Krom 1863 to 18fi7 a pound of Barrel's lient, or other good Amerscau tobacco, coul i not be bought under 10/.— Trough this sudden rise 10 the price, caused hy the American Civil War. a powerlui stimulant was created for the pro.iuctiou of tobacco ou commercial I mes. In consequence considerable quantities of Australian grown tobacco came to be used in the manufacture of pipe tobacco, cigars aud snuff. It was generally mixei with American leaf, as in those day* the greater part of the locally grown leaf was very inferior aud often nad a vile smell. The growers did not uuderslaud tne proper methods ol curing. This art is butter understood now . but there is still room lor great improvement. Between 1841-4 and l*« I was enguged in a cigars factory, aud can therefore speak from actual experience . as 1 handled several hundred samples. Oui)' Hie better qualities could be used in part for rulings. For plug tobacco it was extensively used. It may be interesting to mention that on one occasion at this time a sample of Kigian leaf was submitted , which was large and of Une texture: hut when smoked was of a worse smell than the worst Australian grown ».
« The tobacco plant grows weil in many parts ol Australia, and auumberof varieties are cultivated in New South Wales . Viciona and Queensland. Probably New-South-Wales is the greatest producer. Kega.diug particulars on tiiese pouns the Agricultural Departments aud the Statistical Bureaus of the respective Colonics must be relerred to. Large quantities of pipe tobacco, cigars aod cigarettes are at present manufactured m Me, bourne. Sy.uiey and Brisbane, and also at Kremantle. Considerable quantities of Australian grown tobacco is worked up in the factories, but the greater part is imported leaf. About Sou'b Australia 1 nave no kuowiedge; but in WesteruAustralia the pi ant. IS as yet not cultivated as u commercial crop, but trials may soou be initiated ».
« Af New Norcia (a Benedictine Mission Station for the christianmiion ni the Australian oal.ves) however, tobacco has been grown for toe use of tiie Mission since the American War. Ouly sufficient is cultivated for local consumption, aud Bishop Stlvaée makes bis own snatT irom it. At the Ttappists Mission at Ueagie-Buy uear Broome suine tobacco is beiug cultivated for the use of Mission (H«Im)>.
(1) Uwinitoia, I. c. p. 79.
(2) La première Mutative de colonisation de l'Australie lut laite par l'Angleterre en 1787, avec la déportation des condamnés... C'est ainsi que fut fondée la première colonie dans la région, où s'éleva eusuite la ville de Sydney... En 1792 ou avait déjà mis eu culture 3470 acres de terres; 7825. eu I79S; et vers 1806 on en utilisait plus de 100 mule acres (0u««at d'Urvills. I. c. II. p. 320).— Ku l"ss ia ir.hu de Botany Bay. qui avait ten é d'empêcher le débarquement de Cook (IS ans atyiaravaut) v.t entrer douze navires dans son golfe, lis étaient commaudés par le capitaine Phillip, et portaient pies de mine Anglais, la plupart coudamnés par les lois de ieur pays à un exil involontaire si lointain, et qui formèrent le premier noyau de la future colonie. Phillip choisit pour le nouvel ét.ib.issement 1' endroit, qui prit pius tard le uom de « Sidney Cove ». La déportation avait été ordonnée par le grand ministre Pllt 11 y avait 757 forçats (parmi les mille débarqués), et sur ce uombre \\n étaient de* femmes. Le reste consistait dans la troupe... A partir de cette époque des colons libres commencèrent aussi a s'y établir. Crst seulement en iHôO que la déportailou cessa à la Mete South-Wales, e\ eu 1953 en Tasnanie (cfr. fiiflMi, Viafgio... sulla Magenta, p. 740).
avant. 178H, car Phillip (li n'en .lit rien, tandis qu' il parle à lap. 154 de l'acclimatation qu'on y avait faite des orangers, »l»>s citronnieis, «lu figuier, <le la vigne, Kc. cit. Kn 1788, Tench n'admettait pas non plu- l i convenance d'en introduire la culture, à cause de la difficulté d'écoulement du pioduit. d'abord et de la facilité de le faire venir du Cap de Bonne Espérance et du Brésil Kn pins il résulte des Sate storkhe délia V» loniu New-South- Mite* (vol. Il) que lo major Ross écrivait en 17SS à Camps (à Sydn-y Cove) que ]>our fournir sa troupe de tabac il devait se le procurer avoc 'aide du capitaine d'un navire anglais. Mais l'usage de cette denrée se répand. t tellement ensuite dans la colonie anglaise, que sa consommation atteignit bientôt un million de Livres Sterling par an il. c. III. p. 3Ô7). E<; 1798 on la vendait 24 shelling* la livre il. c. p. 727), ou Go francs le kilogramme.
Il est certain qu'en I7'J3 la culture du t.ibac n'existait pas encore dans cette région, puisque Malaspina n'eu dit rien, tandis qu'il s'occupe des nouvelles et importantes cultures du mais et des pommes de terre (4). Sel m Alchton (auteur du Cultivateur de finit» eu Australie), elle y fut introduite peu :>pn s l'installation des premiers établissements agricoles. Kile donna de bons résultats à Staneksbury , à Hunter et à Camden. Kn 1802, le tabac y était donc bien acclimaté, toujours par les Anglais, quoique cultivé encore en petite quantité dans les environs de Sydney (5). En 1804, le produit équivalait à celui qu'on importait d'abord de ses lieux I origines (6).
La première vente de tabac obtenu eu Australie, oi. préparé p ir un manufacturier américain, eut lieu le 8 Août 1822. Elle fut. annoncée publiquement en 1824 (7). L'importance de cette nouvelle branche d industin- est prouvée par le fait qu' en 1841 les droit perçue sur le tabac montèrent, à 8O1S8 L. Sterling (S). A partir de cette époque, 1820, la culture du tabac et. du froment se répandit dans ces i erres (9). Les concessionaires des terrains étaient, tenus de donner du tabac aux travailleurs 00). Le produit était de si bonne quai it--, que quoiqu'il ne reçut pas tous les soins nécessaires, il pouvait faire concurrence aux plus renommés. M lis la culture fut arrêtée dans son développement, à cause de la diminution Jes droits d'importation, qui étaient primitivement très élevés , sur le tabac étranger En 1844, on eu cultivait environ 671 acres; mais comme l'excès de nitre le rendait fort et <l •s.igréable, les manufactures de tabac, qui étaient au nombre de 15 en 1849, furent réduites à 6 en 1851 (12).
Ce produit a été dernièrement l'objet de soins tout particuliers pour la fabrication des cigares et des cigarettes OS). Mais, quoique fort estimé, sa qualité est tus nicer-
(I) PMuïp. Voyage >'i BolanyBay Or.» i. .1. ,'augî. 1791).
Vi) Toujours selon Phillip, n rosu'te .lu j.xiruul t- Shortlsnd <l"HS)que les aborigène* avaient maboul* de màclier le bàcei (I. c. p. iV). eu le mêlant à une pou Ire semblant* i la ehaux. et qu' il* obtenaient avec du crail (clr. Wilson). (>t usage était surtout suiv (selou le rapport de mur». 1780). par les naturels de ia partie s«ptfu<rioiiaie. rontuieo'ale et insulaire de l'Australie, qui portaient to<u>urs uu sac yeudu derrière le dos. et contenant leur bétel, qu'iis mâchaient continuellement (I. c. p. 4'Jô) — Ce qui ferait supposer que les Australiens recevaient le bétel, étranger à leurs régions, de* Malais traliquant le long des «'Ates septentrionales.
(3) TtflC», Voyage à la t>a>e botanique. Pans. 17«u, pp. 160-70.
(4) Cfr. Utils-Brun, Ann. voyages. IX. pt>. 340. 34.ï. 347.— (."•) FrtveoMt, Voyage de décourertes nu.r terre» australe», IHI5. p. •£«.—(«) Cfr. Msltt Brw. Voyages. XVlt. p. U5.
(7) tVUrvIile, en 1820. emt.arqiu uu tabac pour l'usage 'ie «on équipage, au port Jacksou Oumosit rUrritts, Voyage de l'Astrolthe. Paris. IS30. I p. I57>.
(H) H sa ton. Dictionary of Unies, p. 271.— {'.») Oaaiont o" Urvlll». Voyage pittoresque. IS35. 11. p. 290- (10) Cimnlsskini (cfr. Eyriks et Kliprotk. I. c. 1*2*. XXXil. p. 'J2).
(II) Jsmlisn (cfr. Evrlos et Matta-Brun. i. c. iBVft, XXXI. p. 304; XXXII. p. 7tS). (12) Slmmood», Commercial prod wis (cfr. Fsrivsion. I. c. p. 47).
(13) Ku iav> il existait oans (a N. Oalles du Siu 14 fahriques de cigares (Os BmHmj n Ann. Voyage*, 1867, II. p. 22).
taint*, variant d'un champ ù l'autre, mémo rapproché. Lo tabac, cultivé principalement sur la côte septentrionale (1), donne un produit, dont la qualité est très variable d'une année à l'autre. En 1872, ou en cultivait 667 acros, rendant une production moyenne de 1800 livre» par acre (2). La reçoit»! do 1880 atteignit le chiffre de 2,030,832 de livres. Une grande extension «le terrain serait parfaitement adaptée à la culture de cette plante; mais, maigri 1 le» progrès obtenus, sa production n'est pas encore comprise par les agriculteurs au pr.i: r, de prévaloir sur l'importation du tabac étranger (:v>. Une autre quantité importante est cultivée dans les districts de Tumut et de Hunter; mais a cause desoins qu'elle réclame elle est en grande partie confiée aux ChinoU. La sorte qu'on y cultive est surtout le Connecticut Seed-Ltwf, depuis longtemps introduit directement des Etats-Unis d' Amérique , qui est aujourd' hui le soi disant tabac indigène. On y cultive aussi les antres sortes américaines: Broad Ihileh, Maryland, While BurUy , Virginia, Havannah , ainsi que le tabac turc et la sorte Bird' s eye. On y a é^alern-mt introduit Une forme de N. ruslica, qui donne aussi, gtàce à I' irrigation, de fins produits dans les contrées méridionales de l'Asie, où elle est largement cultivée (4). Les cigares confectionnés avec les tabacs susmentionnés valent les meilleurs cigares de Manille (f>).
On paie dans cette Colonie un droit do shelling par livre de tabac indigène qui passe à la fabrication , quel que soit I" usage auquel on le destine (G). La production indigene est actuellement de l»10 mille livres anglaises; I" importation , de 2207 livres ; et l'exportation, de «00 mille livras. La consommation par habitant est de kg. 0,89, avec une dépense de Marcs 11.20, et un revenu pour l'Etat de Marcs 0.11(7).
c) Àttltrall» htnmu (Victoria) - La colonie >ie Victoria est, après la Nouvelle Galles du Sud, celle qui cultive actuellement la plus grande quantité de tabac en Australie, surtout dans le district de Waugarotta. En l'absence d'autres documents nous reproduisons les indices , que nous a gracieusement fourni Mr. le Ministre Secrétaire d' Etat de l'Apiculture de celte Colonie, à Melbourne, le f> Août 1897: "La culture du tabac y fut implantée il y a 40 ans environ; mai* surtout pour le lavage des moutons (8) , et s'étendit pour l'usage commercial, en 1802 83, pendant la guerre civile de I' Amérique du Nord, d' où l'on ne pouvait plus le recevoir alors directement. Aujourd' hui , c' est dans les régions du Nord-Est de la Colonie, qu'on le cultive le plus. Le produit servit d'abord pour la pipe; mais maintenant on l'emploie aussi avec succès pour les cigares. La quantité obtenue en 189G fut d'environ 830 mille livres „.
C est certainement des Européens, que les aborigènes apprirent, l'usage du tabac. Glglioli raconte qu' ayant rencontré des sauvages de la i.iibu des Echucas , il vit les hommes étendus devant leurs cabanes, fumant leur pipe, pendant que les femmes s'occupaient des soins du ménage Ils ne sortirent de leur apathie, que lorsqu' il leur
offrit du tabac haché. Les indigènes du Gippsland, que les Anglais emploie pour la plupart, reçoivent outre leur paip, un roul»an de tabac par semaine (9).
La Colonie prend le droit d'un shell, par livre de tabac grège, mais elle perçoit (ainsi que la Nouvelle-Galles du Sud) une taxe de ù shelling* sur chaque livre de tabac fabriqué (10). Le Gouvernement encourage par des prix la production du tabac (11). Environ un tiers
(1) Les localités les mieux adaptées à eette culture se trouvent daot la vallée de LyoJoi-h . et dan» les puvircos des villes ùe Wiliunza et .in Morphett Vale (F<M*|NMM, I. c*. p. 47).
(2) BHIUkj$. I. c. p. 3.H».-(3) 0* AnuMfi. Viaggio... delln Caraeoolo. IV. p 448.
(4) Stltti.rli.d. Tobacco. I8<J4. p. II. -(5) F«rgiiii«n. ;. c. p. IVV t6) Um\*r, l. c. 188*. HI. p. 3l>J.-(7) Ltwinitein, I. c. p. 73.
(5) Les premiers Mérinos furent introduits en Australie en l~9~ (D* fcmtil|». Viaggio.... délia Caraceiolo. IV. p. 441 ).-(9) QlfHoli. Vtaggio... tullu Magenla. 1875, p. 7TJ.
(10) femltr, I. c. 111. 1888, p. 310. -(Il) Corit, I. c. p. W.
du tabac produit dans cette Colonio s'obtient dans le district d'OxIey; le reste dans les districts voisins. Les meilleures terres propres à cette culture sonL leg terrains d'alluvion, le long des fleuves Ovens et King. Cette industrie a aussi été introduite dans les plaines de Mitta-Mitti , à Kewa , à Upper Murray, ainsi que dans les Comtés de Dalatite, de Bogong, et de Benambra, où l'on cultive à tabac une étendue de 1500 acres, dont le travail est exécuté principalement par les Chinois (1). La production indigène est actuellement de 301 mille livres anglaises; l'importation de 2560 mille livres, et l'exportation de 732 mille livres. La consommation par habitant est de kg. 1,01, et le revenu de l'Etat de Marcs 3,18 (2).
d) ftueenaland^) — Il résulte des notices, que nous a aimabloinent fourni Mr. le Ministre Secrétaire d'Etat à l'Agriculture de cette Colonie, à Brisbane, 12 Août 1897, qu'on cultivait le tabac depuis enviion 40 ans dans la région, mais surtout pour le lavage des mou tons. Il fut ensuite cultivé petit à petit partout, où l'on faisait de l'agriculture, île l'extrême Sud au Nord de la Colonie. Le produit est généralement bon; mais la préparation des feuilles laisse encore à désirer, et c'est pour ce motif qu'on la confie aux Chinois (4V On cultive les sortos suivantes: White Burley , Maryland, Kentucky, Con necticut, Havannah, Virginia, Turkish, Indian, Htiwjariitn, et une nouvollc variété pour cigares, appelée Fly Rioer {Voir plus haut, p. 309), et importée de la Nouvelle-Guinée (ô). La production indigène est actuellement de 470 mille livres anglaises; l'importation est de 440 mille livre*», et l'exportation de 52 mille livres. Lu consommation par habitant est île kg. 1,34, avec une dépense de Marcs 13,50,et un revenu pour l'Etat de Marcs 8,46 (6).
(I) FtrgiiHM. I. c. p. l.",7.-<2) Lewlattala. I. r. p. 78.
(3) Le Queensland est la première terre australienne découverte, en 1016. par l'Espagnol vaes 4» Tarrea. qui baptisa le détroit qui porte son nom. Le capitaine CMk en prit possession, en 1700, au nom ,ie l'Angleterre (Carta. I. c. p. 120;..
(4) Le tabac est une des plantes, qui croissent admirablement dans le Queensland, et il est étonnât» qu'on ne l'y cultive pas largement (Carte, I. c. p. 139). Il existe pourtant (1897) Il fabriques de tabae (Corte. I. C. p. 143).
(5) Les Européens, colonisateurs de I' Australie , afdrment que les aborigènes du QueeusIuoJ fumaient une espèce de tabac tudigene (Sicûhuna tuateolem). lis se servaient daus ce but d'une pipe particulière, faite avec une caune de bambou. Ou rend la canne continuelle en enlevant les nœuds, à l'exception d'un seul qui ferme un des bou:s de la canne. Ou pratique vers cette extrémité- fermée un trou pour contenir les feuilles routées» fumer. Oo met dans ce trou la base du roule iu de feuilles en forme de cigare, on eu aliume le sommet, et l'on aspire la fumée pur l'extrémité ouverte du bi'itou: quand on pense qu'il est bien rempli, on l'offre aux assistants assis en cercle, afin que cuacuu puisse absorber une bouffée ne fumée (Walte, fierlaaa. I. c VI. p. 7J.». D'Albertli vit aussi, en 18T4, à l'extrême Nord du Queensland, des naturels fumant avec ces pipes de bambou (O'AlaerHi. Alla Suova Guinea. 1880. p. loi).— Ceci pesé, il faut croire que ce' instrument, déjà aiopté par les Papouas pour t imer le tabac (Voir plus haut. p. 308) a été importé par eux, k travers lu détroit de Torres, etiez les aborigènes du Queensland. Et Ridai observe justement: 11 est pos-ible que I' usage de fumer le tabac ait été introduit en Australie même avant l'arrivée des Européens, cet usage ayant déjà été observé dans les régious septeucriouales par lake* ■aajlllirrar. On se servait dans ce but d' un long bacon de bambou, comme celui des l'apouas. de la longueur de 2 à 3 pieds. On remarqua également qu'on y fumait uussi it* feuilie* d'une herbe appelée Eugèma (flattai. Votktrkunde . ISS". II. p. 55). — Mais, q.ioique la Nicotiana tuaveolens. qui se serait adaptée a l'usage de fumer, fiit spontanée eu Australie, les abongénus la mâchaient st-tneineut. Avant l'iiiimigraliou européenne ce fureul doue, probablement ies Papouas. et peut être aussi les Malais, qui llreut connaître aux aborigènes du Nord-Est de l'Australie, avec lesquels ils se trouvaient en contact (cfr. Carta, 1. c. p. 4fl). l'us.ge du tabac, ainsi que le tuba spécial (fiaubau) qu'us emp. \vaieui pour le miner. Mais, au luu d'être tiré de ia Ntcotiana tuaveoleni, mcounue des Papouus et des Malais, ce tabac devait aussi être fourni aux natifs du Queensland uar ies l'apouas. qui cultivaient largement la AT. labncum daus leurs terres. Ils le Uisaieul parvenir n ces naturels pur k- commerce existant à travers le détroit de Torres (Voir plus haut, pp. 3O0. 310).-(tt) Lawhiitela. 1. c. p. 74.
e) Australie du Sud (11 — Il résulte de notices privées, que la cu:ture du tabac ne so pratique pas dans la Colonie de l'Australie du Sud, malgré les rares tentatives faites des 1846 par quelques immigrants allemands. Ces premiers essuis ne furent pas continués à cause de la sécheresse de l'atmosphère. Pendant la période 1840 49, le produit servait surtout pour le lavage des moutons. Muis les nouvelles épreuves expérimentales faites récemment ont donné des résultats encourageants.
Nous avons reçu aussi de Mr. le Ministre Secrétaire d'Etat a l'Agriculture de cette Colonie (Ad '-laide, 6 Septembre 1897) une relation dot lilloe sur les narcotiques employés par les aborigènes , qui lui avait été transmise put le Protécteur de cette région (2).
(1) Cette terre fut découverte par le Hollandais Nultt eo I<fcî7. .-t visitée ensuite par 4f Entrseastiain en 1792; par F Indira, eu 18>2, et par Collet Beakar. en 1831 'Corts. I. e. p. 120). Le premier noyau colooiai fut créé, eo par une Société anglaise, la South-Auslrttlin Aatocitttion iCort». I. e p. 122).
(2) Report by the protector of Aborigine*- In vol. I. of « Tne Aborigine* oi Victoria » by Brough Smjih, the Government botanist says: — « I cannot leant whether or not the native» of Victoria used any plants as narcotics or sedatives; hut in the Cooper's Creek District the blacks chew « Pitcher»e», which is believed to be a narcotic, and the men are very fund of it. As a stimulant it is said to be of marvellous power, and it is usea by au the natives of Central Australia. These leaves come irorn a plant railed « buboi$ta Hvpwoodti » an i € V. myoporoi'tes ». winch extends irom the Iiarling River to West Australia . but is of exceedingly sparse occurrence anywhere, the blacks chew the leaves to invigorate themselves during loug journeys through deserts. They carry U about in small fragments tied up la little hags; they also use it to exi-tte their courage in warfare, and a large dose eofuriates them — Tne blaeks now use tobacco when iney can get it, and Messrs Jardine, who have travelled much among them, say that before tobacco was procurable the blacks smoked the leaves of a large spreading tree — a species of Eugenia — ; these leaves evidently possessed some narcotic property.and they smoke to such an extent as to become insensible. Tne pipe used is a piece of hollow bamboo, about 2 1|2 feet long and as thick as a quart bottle. One of the smoking party Alls this with smoke from a funnel shaped bowl, containing the leaf or tobacco, hy blowing through a hole in the end ol the tube. When the bamboo is tilled, it is handed to one oi the men. who inhaies and swallows as much of the smoke as he can. and passing the pipe on to his neighbour. \ smoker has been seen affected hy one dose so much, as to lie hclpies* for some minutes afterwards »— 1 have aiso obtained the following inforiiiaiiou from the managers of the various aboriginal mission stations in South Australia, who have had many years experience among the natives. Mr. Sutton of l'oint Macl.eay Mission states: «I have made inquiries from iht* old natives here, and they ail say that nothing approaching smoking was ever indulged m among the aborigines before the coming of Kuropeaus, and from over 2d years experience among them 1 am sure they are correct 10 saying, so : have frequently had the experience of old men of their ttrsl smoke. These remarks apply to the aborigines of the River Murray aud Hie South Coast of South-Australia ».— Mr Lifter» of the l'oint Pierce Mission states: « I have questioned the oid natives respecting smoking, and they, all agree that, neither tobacco nor pipes were known before the comiug of the white men. aud thai no herb was used for smoking am knew nothing tu place of pi pes. King Tsmmj. who died same years ago al a great age. toid me while lie was liviog that the tlrst while peoph- he over saw. were near the I'oiut fierce Weds. They were saiiors. and ieit their ship some iistauce out in the liuif, and came ashore in small hauts in search ol water. Some blacks were there; hut mostly cleared off when the sailors tried to make friends. Tommy and a lew other.-, did not run away, the sailors gave them flour and tobacco, and taught them to smoke, which made them very sick, aud Uns was the firs' time they knew about wnne people aud tobacco. These remarks may bo taken as appiyiug ouly to the uatives »t Yorkes Peoiusula »— Mr. J. G. Rtntasr J. P. of Kopperamanua Mission Station near Cooper's Creek Far Northern Australia states: « The at>origmes before the coming of Kuropeaos did not smoke any sort of tobacco, or other herbs m pipes or other k:u.ts. like that instead of smoking they were quit* prepossessed for chewing, and I think are uuabie to livt without it, I am forwarding lo you three 3 kinds of herbs used by them lor chewing, viz: 1. Pitcherie. 2. Wirm. H. Parumilkiltîndra. The Pitcherie is growing in Queensland, and is very difficult lor them to get. If they can procure a few pounds, they believe a great commercial business is done, when they offer a blanket, or pur of irou) sers or ooe of the best of their weap ius for it. The f teirra » grows ui the sandhills, and i he natives burn the leaves aud mix the ashes with the Pttcherie when made soft first, bul do not use the « rn'rra » alone, while they cauoot do it without chewing ihey dry the « Purumilkitandra » (this
Et, comme cette relation confirme et complet* les notices déjà recueillios par Hein», ainsi que celles déjà citées plus haut, nous la reproduisons intégralement.
Cependant la production indigène est actuellement de 483 mille livres anglaises; l'importation, de 362 mille livres, et l'exportutioii de 207 millo livres. La consommation par habitant est de kg. 0,75, avec une dépense de Marcs 6,63, et un revenu pour l'Etat de Marcs 8,78 (1).
f) Tumaais. - Avant l'arrivée des Europe -ns les aborigènes de la Tastnanie (2) ne connaissaient pas non plus l'usage du tabac, car Morion, en 1772; Cook, en 1777 (8); Bligh, en 1788; d" Entrecatteaui ,. en 1793 (4); Pérou, en 1801 (5); Freycenet , en 1801 (6>, et Baudin, en 1802 (7), n'en parieur pas.
Ensuite les Européens , qui s' y établissaient petit à petit (8), y importaient pour fumer le taba: qui, des 1820, était soumis à un droit d'entrée (9). En 1819, quoiqu'on y fabriquât des pipes, le tabac n'y était p. s cultivé, et ne le fut jamais, à cause du climat si froid, qu' il ne permet mémo pas ia culture du maïs (10». Le tabac y est toujours importé (11). L'importation actuelle est de 818 mille livres anglaises; la consommation par habitant est do kg. 0,88, avec une dépense de Mai es 9,23, et un revenu pour l'Etat de Marcs 6,05 (12).
word mean* the pupil of a h-di eyejiiand mix M with the * Pitehme » which is the most favored article. On account of the difficulties in obtaiuiug (lit.- < Pitcherie », the tobacco now seem* to supply its place. It is easier tor our Mission Station to give them tobaccu, while on .-n-count of ant having tobacco they spend their blaukels, etc. for « PiV-herie » to the Queensland Datives, and we have to cloth them again, the stlppiy or tobacco to our natives costs us every ye ir from I.s. 90 to l.s. Hi). The young natives do not desire « Pttcherie • as much as th« oldest, but Ui«-y think a nun without smoking is no man. aud the old Luhr.is think a wife without chewing is no wife ».
(1) LswiSitala. I. c p. TO.
(2) L'expédition commandée par Tasmm, partie de Hatavia en 1«54'.\ eut pour résultat la découverte de l'extrémité uiéndioua.'e de la Terre de Van Dièmm (aujourd'hui lasmanie), qu'on croyait alors être le Contioeut austral et qu'où appelait déjà Xourelle-lloUande... Fumtts i'expiora en 1773. d'Entracastsaax. eu 17'.i2-3, et Pérès, eu 1X01 (Qlsliell. Ytaggio... sulla Magenta, pp. 73 J- 1 1 >. U-s Auglais s' étabhrent dans cette lie en 1*04. et trouvèrent dans les Nègres tudiguiies des ennemi* redoutables. Ils leur firent uoe chasse impitoyable, les tuèrent presque tous, et transportèrent If reste dans i' île Flinders. Aujourd'hui il n'y a plus un seul mdigèue <i .ns la Tasm.mie (Oréasir*. I. c. p. 1H63).
(3) Clr. BérsaaK, Collection... IX. p. :•».-(*> D'EntriciitiiM. \oyage. ISO*. I. p. 230. (5) Péron, Voyage (te décourertes aux terres australes, 180*. I. pp. 2:2H. 2H0.
(8) Frire».»!, Voyage de découvertes aux terres australes, 1SI3, p. VA.
(7) OiMiost ëUrvilli, Voyage de l'Astrolabe. Pans. IS33. V. pp. 41-45.
(8) Ko 1H03 on y établît une première colonie anglaise avec uo détachement de soldats de la N. Galles du Sud (Dtimoit rUrtllls , Yoynge de V Astrolabe, Pans. iKVJ, V, pp. 41 4ô) . I' Angleterre y ayant fondé un établissement pénitentiaire (Corl*. I. <\ p. U'.i.i.
i9) Clr. Eyrli» et Haïti Bru, I. c. XX. 1823. pp. l'Ai. 135.
(10) WiRlwsrla. m Erriès et Utile Bra*. Aour. Ann. Voyages. V. p. 200.
(11) Certi, 1. c. p. 152.— Il est étrange qu'on au pu affirmer 'par Billingi. I.e. p. 3îW>. que le climat de la Tasmame est si f.tvorahle au tabac, qu'on obtient jusqu'à deux mille livres par rier* de terrain, tandis qu'on en obtient à peine nulle daus la Nouveiïc-Gailes du Sud.— (12) Liwlntliln. I. c. p, 77.