‹ Histoire, géographie, statistique du tabacChapitre 5 sur 24 · AMÉRIQUE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE MÉRIDIONALE

Colombie — Eqtateur

at Colombie.— L'usage du Ubac n'était pas moins répandu chez les peuples de l'Isthme do Panama. Waler, on parlant d'oux, dit : " Les Dariens (de 1' Isthme de Panama) ont du tabac qui pousse chez eux ; mais il n' est pas aussi fort que celui de la Virginie, soit parce qu' ils ne le transplantent pas , soit parce qu' ils ne savent pas le cultiver. Quand il ost sec et nettoyé, ils lui enlèvent ses côtes, puis ils mottent ensemble deux ou trois feuilles qu'ils roulent en long, laissant un petit vide au milieu. Apiès quoi,

ployer les cultivateurs cubains à la direction des culture . et d' établir un fort droit <i' entrés sur lea tabacs étrangers. Mais pour retirer des béuélices d'imc telle reforme, li fau irait une convention, qui réunit dans une môme euteuto le liuntcmala. le Honduras et S. Salvador. La question doit, en attendant, être discutée par f Assemblé* Nationale (ffr. Dipl. a. Cons. Kep., London, IS'.W. — Cuitemata, n." 213». p. 8).

(1) Cir. DipL a. Cons. Rep., Lon ion, Honduras, n." 2019. p. 5.

(2) Cfr. DipL a. Cont. Rep., Loudoo, IHU,',.— Honduras, o." l-lio. p. 3.

(3) ItwiRitaln. 1. c. p. »).—(■») LewinfMR. i. c. p. 34.

(■>) Return. Estadisl. II Sevcion Agricula (Isn3'93>. San José, 1895. p. 57. (rt) Return. Etutdist. Secciun Comervinl (|HS3-y3), Saa José, IS'.Mt, p. 201». 0) Monogr. Esladtst. Il Sercidn ( omereial (IH'.OJ, San José. .K<«s. p. XV. (8) Uemoria Hacienda y C<»»* r ™ (IHU7). San José, l«»7. p. XXXt. (U) UwiMtain, I. c. p. 23.

Ooms - UMoin im Tmhtt. i

ils en roulent d'autres par dessus, jusqu' à ce qu'ils aient formé un cylindre de la grosseur du poing, et long de deux ou trois pieds „. Il confirme que 41 quand ils se trouvent en compagnie, et qu' ils veulent fumer , un jeune homme allume une extrémité d' un de ces cylindres, jusqu' a ce qu'elle soit presque carbonisée, et mouille le reste do manière à ce qu' il ne brûle pas trop vite. Cela fait, il embouche le cylindre et souille la fumée dans le nez de tous les assistants, mémo s'ils sont deux ou trois cents. Alors les Indiens, assis sur dos bancs mettent les mains sous leur nez en formant un tube pour recueillir la fumée, qu" ils aspirent si fort, que ceux qui les observent ne peuvent douter qu' ils ne soient heureux de cette espèce de jouissance „ (h. (Voir ci-dessus, p. 18).

Depuis plus de deux siècles et demi la bonté ties Ubacs cultivés en Colombie est reconnue partout (2). De môme que les tabacs <lo la Havane, les tabacs colombiens sont les plus appréciés pour les cigares, et. ont les feuilles mouchetées de jaune (8). C'est lo véritable tabac Havane , qu* on rencontre le pl.is dans les cultures de la Colombie , et dont le produit s'exporte principalement en France. Pourtant, depuis quelques années est apparu dans les cultuies de Colombie ce terrible cryptogame appelé Phytophthora (Nicotianae) qui, par bonheur, y est encore localis* (4). Les tabacs qui s'obtiennent dans les vallées d'Ambalema et de Carmen sont très recherchas par les fabricants. La Colombie produit non seulement le fumeux Cuinare {Tabac de ta Ciieva), mais aussi le célèbre tabac d'Ambakme; seulement la bonté de ce dernier a décru depuis plusieurs années, probablement à cause de 1' épuissement. des terrains de production, d'où la nécessité dans Inquelle les cultivateurs se sont trouvés de prendre de nouveaux terrains soustraits au pâturage (5t. Les feuilles les plus appréciées comme enveloppes (capes) étaient celles de Chiron (Giron), qui ont été pourtant victorieusement remplacées aujourd'hui par les pareilles de Sumatra.

L' industrie nu tabac est tenue en grande consideration à Tolima. Les femmes et les enfants sont tous employés à la fabrication des cigares , dont les meilleurs sont expédiés à Bogota et dans d'autres villes. Pourtant, la production était primitivement plus grande, les terres n'étant pas épuisées comme elles !>• sont à présent. Actuellement le principal centre de production existe dans le département de Bolivar, qui produit ôuO[o du total de tabac exporté de la République. Il y a 20 ans, la quantité totale de tabac exporté était d'environ 4 mille Tonnes, pour la valeur de 2,5 millions de dollards. En 1891 elle fut de 3840 Tonnes, pour la valeur do 1480 mille dollards (fi).

I^es doux principaux centres de production sont, comme ou a déjà dit , les départements de Tolima et de Bolivar; mais dans le premier on ne cherche pas à faire revenir cette production à sa prospérité primitive, tandis qu' à Bolivar on fait tous les efforts possibles pour la retrouver. En effet. I' exportation de ce produit qui était à Bolivar d'environ 82 mille L. Ster. en 1895, avait déjà atteint 48 mille I„ Ster. en 1896 , et il en restait encore une certaine quantité prête à être embarquée. Son principal marché est Brème (7).

Dans ces dernières années I' exportation du tabac de Barranquilla s' est beaucoup accrue, à cause de la giande augmentation de la culture dans les départements de Bolivar et de Tolima. Pour le premier la culture se fait dans le voisinage de la ville do Carmen, et pour le second près de la ville d'Ambalema. Ce tabac est très apprécié et

(1) W»l»r, Voyage (108 h (tu Dampicr, Voyage, 1715, IV. p. 22 i); — Ccoke. I. c. p. 4i ; — Bllliii|t, 1. c.

(2) Billintt, lobaeoo. p. 31*3. — (3) Fairbolt. Tot«ieea. p. ('>. — (*) Wtgiwr. lathikhitllitr, ô.e éd. p. 208. (h) KiMlinf, iter Jttbak, IWB. p. S.

(0) Cfr. Dipl. a. Cons. He},.. Loudon. 18'J.Y— Colombie. n.° 3tu. p. 11. (7) Cfr. Dipl. a. Com. Rep.. London. 1WT7.- Colombie, n." IÛ50, p. 24.

très demandé en Europe. Los cultures répétée» sur les mémos terrains sont malheureusement a présent en train do lea épuiser , au détrirnont de la qualité primitive de lu marchandise; si bien que le total du tab.ic exporté en lt>95 arriva à peine à la valeur de 32 mille L. Ster. (1).

En 1896 on a embarqué pour Brème 35 mille aeroon* (balles) do tabac a Baranquilla, et en 1897 on a exporté de Carthagënc 38 mille balles de tabac du poids de 5 millions de livres, pour la valeur de 115 mille L. Ster. (2).

La production de 1897 a été de 4,307,725 Kg. de tabac grège, et 359 Kg. do manufacturé, et elle a été presque entièrement importée en Allemagne (3).

b) ïquiteur - Les tabacs de l'Equateur sont très connus «l ins le commerce, surtout ceux de Esmeralda* (4) ; mais la production du tabac n' a jamais atteint dans cette immense région l' importance qu'elle mérite par rapport aux autres cultures, telles que celles du cacao, de la cmne à sucre, et de l' indigo. Le port principal d'exportation est fourni par la ville de Guayaquil (fit, qui sert de débouché aussi aux contrées septentrionales du Pérou. En 1SV»2, 25753 Kg. de tabac en turent exportes (6). On ignore la quantify produite par cette région; niais on en exporte annuellement pour plus de 150 mille Kg. Le revenu de l'Etat est de 0.023 Marks par habitant (7).

On a exporté de l'Equateur, en 1894, 2 mille quintaux de tabac pour la valeur de 4502 L. Ster., dont 57 quintaux fuient exportés de Guayaquil, et !e reste des autres ports (8). On a exporté aussi du port du Guayaquil, en 1895, t>41 quintaux pour la valeur de 1442 L. Sterl. |S>); en I89fi, 1»>2 quintaux pour la valeur do 405 L. Ster.; et en 1897. 73 quint, pour la valeur de 164 L. Ster. 1 10).

Venezuela — Tumi dad — Curaçao

«) Venezuela. — Si le tabic que produit le Venezuela est très célèbre (Voir plus haut, p. 7) en revanche la littérature s' y rapportant est fort mince. Il semble cependant que les Espagnols, après avoir introduit la culture du tabac dans l'Ile de Cuba 1 1580), en y apportant les graines du Yucatan I' ont aussi entreprise dans la même année au Venezuela, et particulièrement près de Varina (11).

Le tabac qu'ils obtenaient était aussi bon que celui dit deB Amazone* iVoir plus haut, p. 9), bien longtemps avant que les Anglais n' en aient commencé la culture en Virginia (12).

(I) Cfr. Dipl. a. Con*. Rep.. Londm. isuc.— Colombie, o." I7ii», p. 8.

i?) Cfr. Dipl. a. Con*. Re}>.. Loudon. IS'.IM.— Colombie, o." '20S8. pp. 18, •„'■».

r3> DermiUciftiir, I. c. |>. 70.— (4) KitiJiaf, I. c. p. s.

(.*)) Ou exporte aussi du taba<- du port de Esmeralda rFerguiton , I. c. p. 'Jrtô). ol en 1ST*.» on eu a expo'io 3 mille quintaux (Lack, 1 obtiev,,, |«Sr}. p. 14J>.

(rt) D»rm»ta*eïer, I. c. p. 77. — (7) Lewinatein. la>mkkon*um. p.

iS) Cfr. Dipl. n Con*. Hep.. London, 1895.— Equateur, n." ir.2*. p. 13.

(9) Cir. Dipl. a. Com. Itep, London, isufi.— to,unteur, n." Iti'.e p. 12.

(10) Cir. Dipl. n. Com. Rep., Loodoo, 1*08 ... tyiiaieitr. a." '-HMï, p. 10.

(Ill Vanna est peu oloiieiié de Cumana. C'est un petit vill-iRe. où les Espagnols out une plantation (IrtSI).— Villa** fameux par son lah.ic. .|ui passe pour lu meilleur du moude (Diaeler, JVoi/re.r« royage italour du Monde. |. p. Ho).

(I.'i BUIIai». Totia p. t . • Le Varimm ff»<wj<«-« (Voir plu» haut. p. 9) était a cette époque une des sortes ies plus fines i>arnn les taises connus, et était exporté pour le Portugal et 1" Kspagne il. c. p. 4-J). Ki> plus du Venezuela, la culture du tabac nu aussi répandue alors par les Espagnols dans la Colombie et au Brésil . et sa grande réputation fut aiusi aflirmée vers l'année ItiOo ( I. c. p. 47Hj— Porter ajoute que les produit» du Rio Negro et .ie Cuinana oui un parfum exquis l'autre sorte.

Mais si lea Espagnols commencèrent la culture ilu tabic au Venezuela , et contribuèrent à le rendre fameux, ainsi qu' ils l'avaient fait pour celui qu' ils cultivaient dans l' île do Cuba, les aborigènes s' en servaient déjà avant I' entreprise dos Espagnols. En effet, ils remployaient largement il l'exemple des Caraïbos et. des Aztèques, soit en fumée, soit en poudre, et spécialement dans un but medicinal. Il suffit de rapporter ce qu' en disent De Gomara (1) et De Herrera t2). Les grossiers habitante des forêts de l'Orénoque savaient, comme les gnaids de la Cour de Montezuma, que la fumée du tabac était un excellont narcotique, et à cause de cela ils l'employaient pour trouver le sommeil après les repas, mais aussi pour se procurer un doux assoupissement, qu' ils appellent rêver les yeux ouverts (8). (Voir ci-dessus p. 20).

La culture du tabac se pratique aujourd' Uui principalement dans trois régions, qui sont: les environs du port de Cumana, la Lagune de Maracaïbo, et les Andes de Merida. Les cultivateurs ont la coutume, comme ceux du Brésil ot de Philippines, d' asperger les feuilles sèches du tabac avec le suc délayé du pavot (4>.

D'après Humboldt 1,6), lo tybac do Cumana pnr la bonté de son arôme vient immédiatement après celui do Cuba et du Rio Negro. Il en décrit la culture spéciale (I. c. III. p. 71). L'espèce cultivée est la A*. Tabacum ; la X. rutttien y étant inconnue ( 1. c. III. p. 75>. Mais après l'introduction du Monopole U77N), la culture fut bornée a la seule vallée de Cumanacoa, duns la province do Cumana (I. c III. p. 71); de sorte que le produit de la vente fut, au commencement du dix neuvième siècle, de «00 mille piastres (I. c. IX. p. 273).

Dans les Etats-Unis du Venezuela , où à présent il n' existe aucun Monopole des tabacs, la production a diminué dans les dernières années à cause des événements politiques et des révolutions. De Varlna , de Cumana et de Capadura on exporte le tabac eu feuilles (6), tandis que d'Aragno et de Carabobe, on obtient celui à chiquer. Los cultivateurs n' emploient pas d'engrais , mais tachent au contraire d' employer los terres nouvelles (7).

Le produit indigène , qui était de 870 mille kg. en 1881 , et celui retiré des semences de la Havane, sont principalement exportés pour New-York (8). L'exportation

connue daus lo commerce mus le nom de Varinas. pousse dans le Nuevo Keyuo de Grenade, et n'est pas uioius renommé (Iropiiral Agriculturist; cfr. Fera nitoi. I. c. p. 22). — Mais le fameux Kanaster de Variua ne se prête pas à la mauufaeturc du cigare; sa production va toujours eu •iiuituuaot, nu bénfitk-e du tabae de Cumana, avec lequel on fait de bons cigares (t. t.. Ùenlleman 's Knueh Brevier. 1880. p. 29).

(I) 0« Gamin , à propos de l'ivresse que se procuraient les naturels du Venezuela, dit: « Para mas abuudancia loman humo por las minces de ttnayerlia, que mucho enrôla brin y quita en senlido* (I. c. p. 20H).— Cepcndaut, les liabitauU de Vanna, ainsi que ceux de tout l'Etat, mâchent aussi une substance appelée ehitno. C'est une espèce de gélatine qu'ils font avec les feuilles bouillies du tabac Varinas, mêlées à un alcali, dit hurado {natron des Egyptien»), et récolté prés du lac de Merida. Ces deux produits sont le Monopole du l'Ktat.qui en tire un gros revenu anuuel (Billlait, l. c. p. 3\iô) ,

Ci) De Htmra (ttittorin general de ha ffechos, etc. 1720. Dec. VI, lib. I.flap. I. p. 2, année 1536). ou pariant des Indiens du Venezuela, dit: « tisaban tener mmhas mugeres . sin gtwrdar ntnguu pttrentesio, i se aprortxhattan macho del humo del litbaco. » (!>ec. VIII. lib. V. Cap. XIII. pag. III. année i~>i'i,: « 1 los naittrales. intra las que tieiiem. usun del Tnbaco, i el Agttacolla , que es otr-t yerba, qu? it lodo ttpliead ». (Uec. VIII. lib. VI. Tap. XIII. p. I3t>, anuée I.VjO): « Inmbien ttt'tn mtwho del 1nfrtt.ro. ptirtt .Www*, (orriiaienlas. i doloros de Cubera, i lo loman moli'io en polve, por Ut* nitrites, t beben cl çumo. t lus haee pttrgar, i tumbien lo utan los CasUllanns. »

(3) Cooke, I. c. p. 4* — Billing*, I. c. p. 133.— i4i Kittling. lier labak. 1XU3, p. S.

(•"•) Htaibela't et Benptairi, Voyage aux régions equinoriales. ISI7.

<6) UwiMteht, Oie Belastung des Jabaks, IH94, p. tVi.— (7) Semier. I. c. III. p. 340.

(H) Dtra.tatittr, Die Geographisehe Verbreitvng und dtr labakbaus, 18'J6, p. 7rt.

des tabacs du Venezuela est de 0,2 Millions de kg. (I). En 1864: tabac exporte 613 mille kg. pour la valeur de 524 mille fies.; consommé 4032 millo kg. pour la valeur do 4483 mille fres.: heet. cultivés 6300 (2).

Un 1894 on expoita du district do Caracas 173 mille kg. de tabac pour la valeur de 12 1 mille boliv. (A); et de Ciudad Holivar , en 1895, 11 mille kg. pour la valeur de 360 L. Ster. (4) ; en 1896 , 70 mille kg., pour la valeur de 2 mille L. Ster. (5) ; et en 1897, 110 mille kg. pour la valeur de 5 mille L. Ster., en augmentation notable sur l'année précédente (6).

b) Trinidad.- La quantité de tabac importé à la Trinidad (Voir ci-dessus, pp. 7,17) on 1898 fut de 131 mille livres pour \i valeur de 25 mille L. Ster., dont la moitié pour la consommation intérieure. Il faut comprendre dans ce chiffre le tabac en feuilles pour 124 mille livres ; lo tabac manufacturé pour 45 mille livres , et le reste en cigares et cigarettes. L'exportation du tabac pour 1898 représente une quantité de 18 mille livres (7).

c) Gnr&çao. — En 181*4, on a impu té dans l* ilo de Curaçao pour 117 mille Florins de tabac; en 1895 pour 131 millo Flor. et en 1896 pour 101 mille Flor. (8)

D' après les notes coloniales du Gouvernement hollandais , dans l' île de Curaçao il a été importé, eu 1897, des cigares et des cigarettes pour la valeur de 154,765 Flor. et du tabac en feuilles pour 60,767 Flor.

Guyane

Le tabac devait être cultivé à la Guyane même avant qu' elle fût visitée par les Européens (9). Sir Walther Raleigh, en y débarquant en 1595 96, put observer qu'elle en produisait de très bon. Il était même offert aux étrangers par les indigènes, à l'abord facile, en échange \Y autres marchandises (10).

Biet observe que les Galibes, autrement dit les naturels do Cayenne (France èquinoxiak), emploient (1652) un tabac pareil à celui du Brésil (11), mais qu' ils l'appellent tamoûi (12) au lieu do return. Il décrit les dures épreuves auxquelles les indigènes soumettent ceux qui aspirent à dovenir médecins, c'est-à-diro Piaye; et, entre autres, il y avait celle de boire le jus de tabac (13).

<l> Sehmer. 1. c, . affirme qu' en m\ îi rut exportée celte quantité de tabac; d'où il résulte que la quantité indiquée pour la produetiou par D«ri»4me«ier est très inférieure à la vérité. Dans la décade

I87i>-7y on a exporté 3170 livre* (Lock. lolutr-co. ISifl. p. 223). ("i) Annuario Suitistieo del Venetuela, (Caracas, I8-S4. p. 4.

(3) Cfr. Dipl. a. Cans. Rep.. I.ondoo. \*'Jb.— Venezuela. n. ù l*)2. p. X.

(4) Cfr. Dipl. a. Cm*. Rep.. Loudon, I WW.— Veneiuela, n.° I7(W, p. 2.

(5) Cfr. Dipl. a. Con*. lie}>„ London, IK'JT.— Venetuela. n." 1933, p. 14.

(6) Cfr. Dipl. «. Cous. Rep., London, IstiH.- Venezuela, n." 2094, p. 17.

(7) Irade .Valut.. Trinidad. \m>, p. II.

(Si Cfr. Dipl. n. Con*. Hep., London. Hf'M.-Curacao, n." 2047. p. lit.

('.») La r.uyane fut visitée pour la première foi* par Vincent* Jam Plnienle eu I4y9 ( cfr. Fr. L»h< de Gomiri. I. c. 11. cap. Ko).

(10) Raleigh, Discovery of empire of Huyam. I'm (in De Brv. Vertssima deteriptio ntlHgationis in regionem (iuianam, l.VJtt).

(11) Blet, Voyage dan* ta Frame èquinoriale. 1*Î4, p. 'S.W>.

(12) Blet. I. c. p. 428.

(13) Cette étrange médecine le fait aller haut et bas, et luy fait vutder le sang; cela dure plurieur* jours (Blet, I. c. p. 3S6).-I.*s Tamauacs et le» Maipuri. de la Guyane, se servent de» feuilles du mai» comme papier a eigarvtles. selon la coutume meneaine déjà notée par Cortet (Certe , I. e. p. 47>-

Les aborigènes do la Guyane anglaise emploient comme pipe un tuyau creux (appelé Winna), qu'on croit fait de 1' écorce du fruit du manioc, et qui croit sur les bord» du fleuve Berbice (1). Billing! dit de son côté que la cheminée de la pipe est faite avec le fruit du palmier dit Areca (2).

Au Surinam les esclaves employés aux cultures vont presque nus, et leur nourriture quotidienne consiste en quelques ignames et un peu de légumes. A peine deux fois par an ils reçoivent une modeste portion de poisson salé et quelques feuilles de tabac, qu' ils appellent swety muffo (S).

La Nicotiana rmtica se cultive encore dans la Guyane, et elle n' y fut jamais non plus récoltée à l'état sauvage, tandis que Humboldt et Bonplaad y avaient récoltées sauvages et spontanées la N. pauiculata, la -V. glutitwsa et la N. andictAa (4).

Enfin, les terres de la Guyane sont surtout, excellentes pour la culture du tabac (5).

Dans la Guyane hollandaise la production annuelle est de plus de 56 mille kg. ; la consommation par téte est de kg. 1,32; la dépense est de Marcs 7, 11; et le revenu de l'Etat est de Marcs 1,89 par habitant, tandis qu' à la Guyane anglaise la consommation par téte est de kg. 1,15; la dépense est do Marcs 5.11); et le revenu dell' Etat est de Marcs 3,32 per habitant («).

On a importé en 1894 dans la colonie de Surinam pour 92 mille Florins de cigares et cigarettes; pour 68 mille Flor. de tabac en feuilles, et pour 36 mille Flor. d'autres qualités de tabac. En 1895 ou a importé pour 51 mille Flor. de cigares et cigarettes; pour 25 mille Flor. de tabac en feuilles , et pour 24 mille Flor. d'autres qualités do tabac. (7)

D'après les notes coloniales du Gouvernement hollandais, en 1898 on a entrepris sur une grande échelle les essais de culture des Ubacs sur le territoire de Surinam. En 1897 on a importé dans la colonie 10935 kil. de cigares pour la valeur do 43736 Flor.; 26272 kg. d'autre tabac fabriqué pour la valeur de 36781 Flor.; et 58675 kg. de tabac en feuilles pour la valeur de 26403 Flor. La plus grande partie du tabac fabriqué vient de la Hollande; les feuilles grèges sont fournies en majeure partie pir les Etats- Unis de 1' Amérique du Nord.

Brésil

On doit au moine Carmélite français André Thevet la première notice sur la présence, la culture et l'emploi du tabac au Brésil (8j. 11 faisait partie de l'expédition, que lit au Brésil Nic»lo Duardt Villagagnomo, en l'année 1555 , et y demeura environ trois

(1) Cook*. I. c. p. «5.

(2) Billing*. I. c. p. Mil. — Cï> Ferrari», Cutlunu anlieu e modertto. IS34. XIV, p. 157. (4) HonbeMt et Boaplaoo, Som genera et spo-icu pluularum. til. p. 4.

(">) Forrario. I. e. XIII. p. 47.— <»i> Uwlastola. Iter labtikkunsum. l»97, p. iRi. (7) Cfr. Dipl. a. Con*. Itep.. l/ondon, ISUtt— Paramaribo, u." 170S. p. II».

(B) Ko 1500. le Portugais Pooro alvaru Cabrai, ijui voulait doubler l'Afrique pour retrouver les trace» do Vaaeo «a Gaaia. se trouva lancé dans l'Océan, ce entraîné par le courant il arriva il 22 Avril 1500 tin vue d'un comment, qu - il dcsigiu par le nom de Sunln-Cru:. Ce couliueiil est le Brésil actuel; et il en prit possession au nom du Roi do l'omi|(al (Barres, Decada prtmeira de India. 1. c. 3J, in Raaitie. Kaccolia di nutigazioni. ringgi. etc.).— La terre aiusi hap' isée. SantaCru:. par llntu Cabrai (c'est-à-dire le Brètil) conserva ce nom peniaul le seizième siècle. Cepeudaui les français l'appelèrent Brésil , et ce nom a if u i par triompher . parce que le nom de Brésil éiait déjà adopté par les Européens pour désiguer uu bois exotique, qui servait à teindre en ruuge la laiu<> et le coton. Ku Hall* déjà au douzième siècle uu appelait ce bois brètil, brasilly, brn.cUi», brastle, et Mirttori eu parie (Antiq. iUiL t. 11. Diss. XXX).— Quoique ce bois ait été employé au» lime, I3.tue, M.tne et Ij.me sièclesuussi en Kspagoe et en France, on u' eu conuaissait pas la provenance exacte. Uaus les cartes géogra'

mois (li, »lu 10 novembres li»5& au .SI Janvier 1556. Il observa aussi dans ce voyage le tabac, ap|>elé pai lea Brésiliens Fetum ou Betum, Pdum ou Hetun (2), onomatopée imitant le bruit des lèvres dans l'action de fumer. Et comme la plante s'appelait aussi Pyluma, on désignait sous le iimn de Pytutmtyba, la plantation; de l'ytmm-pita le cigare, ot de Pytuma ati lu poudre de tabac (3 t.

Thevet s' étend longuement sur 1' usage du to bac chez les Brésiliens , observant aussi qu' avant de se mettre en voyage Ils employaient le Ptlum. Les feuilles en étaient récoltées avec soin et ensuite sécliées. Pour les fumer , ils les enroulaient dans une feuille plus grande (de maïs ou do palmier», en formant un petit cylindre, dans lo genre d'une chandelle. Ils allumaient co petit cylindre par un bout; en aspiraient la fumée par la bouche , et la rendaient ensuite par le nez a pour fairo distiller par le cerveau les humeurs superflues, „ et aussi u pour ne pas sentir l'aiguillon de la faim et de la soif „ (il Les indigènes aussi se servaient largement du tabac, fumant môme des pipes non dissemblables à celles, qui furent postérieurement adoptées en Europe, d'après la figure reproduite de De Bry (5).

Thevet ajoute ensuite au 1. c: " C'est une folie de croire que (ainsi qu'on a cherché à le fairo entendre) les sauvages se servaient de la dite herbe pour guérir les plaies et les ulcères. 11 n'y a pas d'autre usage, hors celui indiqué par moi „. Il nie ensuite que " dans la Floride !a fum^e de cette herbe puisse maintenir les barbares sans manger pendant quatre jours „. Il dit, enilit, qu' ; ' au Brésil il y en a de deux sortes : une qui a les feuilles plus larges que l'autre, et qu'on pourrait supposer l'une mâlo et l'autre femelle „ . Pourtant la figure qu' il en reproduit correspondrait a la Nicotiana Tabacum, var. braailiemi». Cornes (nec Lk. et Otto).

Giovanni Lerio , qui en 1556-07, C est a dire immédiatement après Thevet , alla au Brésil comme Pasteur d'une colonie de Huguenots (H), dit quo le Pelum avait los feuilles

phiquesdu I4.me et du 15.me siècle on appela Brasile une ile de l'Atlantique a peine découvert Piiiro

Martir* 4'Aa|M«ra raconte que Celoeib. dans son second voyait?, trouva à Haït) dea forêts de ce bois, qua lea imitent appellent venlno, et les Espagnols Brnsile ((tceanica, Itoc.. !.. 1. IV. p. 11). Qunnd on obierva ensuite que la terra de Sanla-Crut donnait beaucoup d'excellent bois de teinture, e'esfci-dire la brasile, les Kran.-als changèrent moine en Brasile > nom de cette terre (cfr. Congrès des AmMcanistes, Luxembourg, 1877. Vol. I. G»ftar»l. La Découverte du Brésil). — Cependant K antra (Um die Krde, Leiptig. IHH1) dtt: < que le nom de lirasil était déjà cuunu en Orient pour le tabac, même avaut la découverte de l'Amérique ; sans compter qu' il existe en Asie des espèces de Nicotiana. qui manquent eo Amérique». — Or les espèces de Nicotiana. auxquelles Kwitte fait allusion, sont la N. chinenris et la AT. fersira, toutes deux introduites d'Amérique eu Asie p;»r des navigateurs. Quant au nom de Brattl , on ne doit pas s' étonner qu'il ait éré connu en Asie, comme en Europe, même avant la découverte da ■le l'Amérique. On donnait, en effet, le nom de Brésil on de Brésillel a un bois rouge, fourni par las marchés d' Asie à ceux d' Europe , et qui provenait de I' arbre coouu aujourd' bui sont le nom de Caetalpinia Sappan. U, indigène des Indes Orientales (et aussi de la Chine et du Japon), d'ob on l'importait depuis l*f temps les plus reculés. IK»s espèces pareilles, telles que ia Vaesalpinia echinota, indigène de la Nouvelle Grenade, et la C. crista des forêts du Brésil fournissent un bois rouge semblable. Les voyageurs Européens ayant trouvé très répandu à l'état sauvage un bois rouge, leur Brésil, dans les nouvelles terres découvertes par Alvarex en Amérique , donnèreut immédiatement le nom de Brésil à cette région de I' Amérique, caractérisée par l' aboudauce de ce bois. Si bien que, pour distinguer la nouvelle provenance du bois rouge , on donna le nom spécial de Brésil de Per. nambuco au bois rouice qu'on importail d'Amérique. — Plus tard, en Perm, on a lopta aussi le nom de Brésil pnur le tabac, que les Portugais y importaient directement du Brésil , comme on donnait le nom de Virginie a l'autre sorte importée par les Anglais de leur colonie de la Virginie. (I) Stella, Il tabacco, HitW, p. 20. — (2) Fernsns, labar. p. 9.

(3) Splr und «irtiet. Jfc»»e in Brésilien. I. p. 215; 111, p. 1224.

(4) Timet, Cosmographie universelle, |.',75, lib. XXI. p. 627 (avec llg.)

(5) 0e Bry, Bistoria brasiliana, 1590. — (6) Tines , Cose utili e poco note (trad. ttal. 18Ô4, p. 129),

pareilles à celles do la Grando Consolide (Symphytum officinale); ce qui confirme ce qui avait observé Thevet. Il se trouve aussi d'accord eu rapportant l'usage qu" en faisaient leB Brésiliens; en effet, il ajoute que le tabac est très estimé chez ces barbares, qui, après avoir récolté les feuilles de la plante, les réduisant en fascicules, et les font sécher dans leurs habitations. Ils enroulent ensuite dans une feuille différente celles qu'ils ont desséchées, et les fument ainsi par la bouche ou par les narines, et en abusent même s'ils doivent livrer bataille „ (1).

Dans la région des Amazones tous les aborigènes , hommes et femmes , fument. CJuand ils ont consumé leurs pipes, ils font des cigarettes, enroulant le tabac dans une écorce mince comme du papier , appolée rowarè. \j\ cigarette allumée fait le tour des assistants, et chacun en aspire deux ou trois bouffées de fumée. Les enfants aussi sont admis à ce plaisir (2>; mais on fumuit aussi dans des pipes (3).

Sous le titre de Petume sive Tabaeum Pisone écrit ce qui suit: " Le Ubac, dit Petum des Brésiliens, était tenu eu grande estime, depuis les temps les plus reculés, par les naturels , dans les Indes Occidentales , et était sut tout employé pour soigner les blessures'. A peino les Européens en eurent-ils pris connaissance , qu' ils en examinèrent toutes les vertus , en usèrent et en abusèrent même pour leur plaisir. Si bien que la fumée du tabac infecerit la terre entière, tandis " virescem heiba in natttli hoc solo (Brésil) ad solatium aegrorum suppeditare soUt „. Il ne trouve dans le Vieux Monde aucune plante, qui puisse dépasser les bienfaits rendus par ces trois plantos américaines: la racine de Manioc (4), la Coca, et le Tabac. Il passe enfin à la description de la JV. Tabactim, dito Petum, qui est le tabac mas, parce que c'est le plus grand, et il en donne

(1) L*d* Imihm, Navignlio in Brntiliam America* (etr. 0» Bry , I. c. I, p. 201).

(2) Edward'» Voyage up the Amnion (err. Cook*, I. r. p. 44);— Billing! , I. c. p. 133.

(3) Killekrtw and *yrlek, Jobaeco leaf, 1897. p. 5 avec ligure, — Lerie, au I. c, remarque en outre que Beazoai commit une erreur bo croyant qua cette herl>e était la même que celle que les Mexicain!) appelaient labaco, et les Caraïbes Coiobba; et qu'il u - avait jamais vu cultivé jusqu' alors dans les jardins de Frauce le vrai Petum bnuiliense. parce qu' il ne pouvait pas y pousser à cause du climat froid.— Mais peut être se trompet-il en ceci. Faisant aussi abstraction, d'après Seadbier, du fait bien connu, que les anciens Hiésiltens avaieut i'ahi ude de fumer aussi les feuilles de la M. Langsdorffii, le mot l^etitn ou Velum devait aviur pour les brésiliens la simple siguitioatiou de tabac . indépendamment de tout autre distinction entre la Nicoliana ruttica et la X. labaeum, puisque toutes deux servaient au même usage. C est pourquoi le mot Petum devait désigner siinpieineui lu tabac chez les Urosilieos, ainsi que chez les Caraïbes les mots Coio'jba, Yoli, Youli, Yoeuli (herbe de iajoie.au dire de Rince Paai), et chez les Mexicaius ie mot Yell (qui devait peut-étr« aussi siguiller joie). — Cependaut les Mexicains employaient d'autres noms pour distinguer le tabac de l'une ou l'autre espèce. Ainsi, en gardant toujours le radical Yelt, Uyell, Yetl, ils se servaient du mot Pycielt (Pyr-ielt) pour désiguer le tabac aux Meurs jaunes (c'est-à-dire la .V. rtisitai) . et nu mot Quauhyelt yQuau-hyelt) pour celui aux rieurs roses (c'est-à-dire. ia S. labticum). Ceia ressort do l'iuterprélaliou de la siguillcation de paroles semblables rapporlées par Hsrnaadtz de Toled*. Il est même possible qu'il n'ait pas flté assez précis en intitulant te chapitre déjà cit«: lie Pycielt seu labtir.o, taudis qu'il aurait plurét dù dire: De Byelt teu lahaco. — Il faut ooter enfin que la parole Pycielt, rapportée ci dessus, se tran* «formait en Pycvel et Piekrelt , et celle de Quauhyelt en celles de Quauhyell ei Quauhyelt . ainsi qu'il a été dit (Voir plus haut. pp. Il, 12, V. l'J. '-'0. 21).

(A) En effet, les Indiens liraient de la raciue de Manioc (tatropha Manihol) la farine dite Cassawa (voir plus haut p. 13). qui leur servait comme chez nous le froment (from Ptrnetr in De P(tw> Rechercha philosophiques sur les Américains, Londres. I7"l. 111. p. 30). Dans lu Guyane irancaïae cette fécule porte le nom de cipipa. Les naturels de cette partie de l'Amérique, dit Aublet (Storia délie piante délia Guiana francete). savent tirer un grand parti de la racine de manioc, aussi pour taire diverses boissons appelées par eux : rieoK (liqueur acide, rafraîchissante , savoureuse et nutritive) ; cachiri (liqueur enivrante, comme le cidre de poires); paya (liqueur fermentée, pareille au vin blauc), voua paya (liqueur piquante, comme le cidre). Le suc de manioc constitue uo condiment qu'ils appellent

cat/iou.

la figure , quoiqu' il «lise que d' autres en admettent deux et même plusieurs espèces (1).

Sendtaar (2) résume de lu manière suivante ce qui a rapport au tabac au Brésil. Il dit d'abord que ni la Nicotiuna Tabucum (3), ni la N. ruslica, n'y sont spontanées, mais que la culture en est pratiquée depuis plus de deux siècles dans tout le Brésil. Le tabac de Caclioeira (4> de la province de Bahia est célèbre, ainsi que celui de Cearâ, et de Rio Negro, dont on fait le commerce en cordes. Celui de la province de Para fournit une poudre très odoriférante (5). Les anciens peuples du Brésil employaient aussi comme tabac la N. Lunysdorffii, la désignant sous le nom de Petum ou Pety (de pUer, absorber), si bien que Lerio (I. c.) ufllrma, que le Petum était différent de la tiicotiam. Aussi les feuilles de la A". Utngadorflii se roulaient en cigares, et se fumaient comme celles de la N. Tubacum. On conserve encore chez les naturels du Brésil l' usage (suivi également par ceux de l'Amérique du Nord) d' offrir à fumer un cigare allumé en signe d'amitié. Ils se servent du tabac pour calmer les douleurs de rhumatisme, et contre la morsure des serpents venimeux ; dans ce but on suc»; la blessure faite par le serpent, et on introduit immédiatement une feuille do tabac dans la bouche pour y neutraliser le venni sucé. La môme espèce de feuille est employée au Brésil, et dans le reste de l'Amérique, comme sinalagogue, dtaphoiétique, émétique, drastique, akssipharmatique, anodine et narcotique. Le Pttum des Brésiliens correspond au YeU des Mexicains , a la CoJioba des Haïtiens, dite aussi Tamoui par les Caraïbes, ï'ppmoc par les Canadiens et Sayri par les Pé ruvions.

(1) Neeaii De India* utritttqu* rc naturals et medica , l«oO, (p. 200) : CeUbris hstrba Tabacum tire Pelume, quae Hrasilienstbus Pciùiu dicta, per omnes fer* India* Occidental**, antiquitus ipti*

incolis m pretio abitit ad vulnera tmprimts curanda (p. 207): « i'elume.ttt* Tabaci atti duas,

alii i dures dederuat specie*. Ego marts. \d est majoris , tantum Iconem et descriptionem exhibeo. (Tab. p. 206). Il dit qu'il a les munies pareilles a celles de i'OxylapatUi, et qui, tnauquaut de queue, embrasseut la lige et les brandies. Ses Heurs soin un -partie blauclies, mi-partie purpurine*. (La tig. ressemble à la .V. Tabacum, var bratitieiuis, Cornes). — La syphilis devait eu outre être comoiuue méaie riiez les Brésiliens, puisque PImm aie « quae qutdem tues (tndica) huic regiont (Hrésil) est Endtmia, et Hubas ab Ihspam* , alque Mi.i a brasttiums appellalur (De Jndiae utrtutque rt natur. et me dica, 1UÔS, p. 43).... Ego ulcéra cancrota...... restitut l'idi remediis, quorum oasis erat turent Jabaci.

Ita ut jure menlo vegetabilts luiee païuicea llcrba Saucta ab Uisuants (dictai, vulaeraria ludica a Cansrari* » (I. c. p. 45;. — Ferrari*, ajoute; « Ou sait qu' uu des remède» employes au Hrésil dans des grandes maladies, et eousuiéré comme très eflicace , consiste à souiller de la lu.née de tabac sur le malade, qui supporte pativiuiiieut cette opération, peudaut que le méJecio marmotte quelques mot* >. {Costume anlieo e moderno, 1X14. XIV, p. 71).

(2) leadtaar (iu Martli ht. bras. ISôO, X. p. IUI).

(3)Ceci démeut l'assertion du Capitaine Burton, que le tabac pusse spou ta aé nient dans le Haut Hrésil, et )' est indigène (Billtne*. I. c. p. 134).

(4) Cest observé par Farrarla dans la remarque suivante: « La fameux tabac du Brésil n'est cultivé que dans le district de Caetioeira, .listant de qumie lieues de Ualiia. Cette culture est fort lucrative (Costume anlico e moderno, 1H34, XIV. p. 27>.

(à) Les aborigènes du Hrésil se servaieut de ceruius :uoulius à. main pour moudre le tabac. Ils cousisteut eu uu mot lier daus lequel on pile el ou pulvérise les feuilles, au moyen d'un petit cylindre de bois, long de HO cent. Cet instrument est fait avec le Jararanda, autrement dit b<vis de rose, à cause de l'agréable parfum qui s'eu dégage, et qui se comuiuuiqu* au tabac pendant sa préparaliou Glfiisll, Viaggio intomo al Olobo tu lia Magenta, 1075, p. 41).— nu se servait, aussi pour le même usage, des graiues d'uue cerlaïue piaule leguuuueuse, qu'où récoltait et qu'où pulvérisait Sdlgueusemeut. D'après Huaifealtt, celte poujre, appelée Mtupo par les Uttauiaques, serait produite par les légumes d'uue Acaeta, et aurait une actiou très stiiiiumute sur ie uariues, jusqu' à occasiouuer de nombreux éteroueiiieuts à ceux, qui u' y août pas habitués, Sou usage rend les combaitauts furieux ( BU Uses, L c, p. 133). Les aborigènes bré.nieus out été les luveiiteurs, et sont encore les meilleurs îabncauts de ubac à priser. Leur expérieuce eu cette matière leure doune un goût si rafltoé, qu'ils ne le cédant eu rieu aux menteurs consommateurs européens. La bouté de leurs poudres et I' appareil pour las préparer n'eut été dépassés nulle part (Bllllues, I. c. p. 218).

\svms\» — iiwvtrt au i%%Mc- f)

Relativement aux tabacs cultivés , Sendtner distingue ensuite la var. macrophylla , (peut-élre originaire du Mexique, et qui pouvait aussi comprendre la var. brasilienxijt); la var. mbcordata, qui est une macrophylla à base étroite (peut être un produit hybride de la var. macrophylla avec la var. fruticom), et la var. undulata (synonime de la var. lancifolia) (1).

Il semble que les Européens aient commencé vers 16Û0 la culture du tabac dans la province de Bahia, d' où elle s'est ensuite répandue dans les autres régions du littoral. Parmi ces dernières on ne tarda pus à se distinguer celle de Pernambuco. Quoique le meilleur produit provienne de la province de Bahia, on obtient aussi d'excellents tabacs dans tout le Brésil, des Amazones au Rio Grande (2).

Le tabac s'exporte du Brésil de temps immémorial , et dans les trois derniers siècles il devait constituer une des plus importantes mnrcliandises, que les Portugais en tiraient. Ferrario dit, en effet: "Une production comparable seulement à celle du sucre, et particulière à b province de Bahia , est celle du tabac recherché non seulement au Portugal, mais aussi en Espagne et dans toute la Barbarie. Il forme une partie essentielle de la cargaison d -i navires qui veulent faire le commerce de l'or et de l'ivoire, de la gomme et de l'Imite, avec plusieurs places de la Guinée et de l'Afrique en général,, (3).

Depuis quelques années , et précisément à partir de 1848 , la culture du tabac a pris une grande extension au Brésil, En 1872-78 , cet Etat a, en effet, exporté 16,900,774 kg. de tabac, pour la valeur de 17,075,778 Fcs., daim lesquels la production de 1' Etat de Bahia entrait pour 14,583,407 kg. (4).

On a exporté de Bahia pour 250 mille L. Ster. de tabac en 1892, et pour 505 mille L. Ster. en 18«3 (6).

En dehors de Bahia (G) le tabac est cultivé dans les Etats de Minas Geraes, Bor-

(1) Sandtasr. I. e. p. 1»V0, désigne aussi le* caractères de* variétés cultivée» au Brésil: Mcoliana labacum, (var. cultae iu Brasilia):— I. var. macrophylla, Schruok (syn. S. gigantea, Led.: .V. latitsima Mill.): foliit. ban dilatala. amplexicaulibus. carollae limbo angulis rotundatit, mucronatit. — 2. var. Mt&corrfafrr.Seodtner: fnliiM latissimis, bati contrictis, subpetialatis, ulrinque nuriculit parrulit. corolla* Umbo angulis roiundatis. mucronatit. — 3. var. undulata, Sendtner (sya. iV. y barrent» t. H. R. KtU.): foliii lanceolatis, acuminalis, undulalis, superioribus lineari-lanceolatts , rorollae lim but anguUs acuminatts. Cependant SorftMr (I. c.) se tait absolument sur la N. frulicota. taudis que MUIsr l'appelle même labac du Brésil (Rio Parana !). et aussi Baumhanastei- (Miller. I. c p. 185, f. I.)

(2) Leek, lobacco. IB86, p. 144.

(3) Ferrari*, L c XIV. p. 100.

(4) «ImMa, L'agriculture et le* industries au Brésil, 1889. p. 217.

(5) Cfr. Dipl. a. Com. Rep., Loodon. IMK.-Bi-aril, a. 1764. p. 12.

(S) Le Brasil tobacco est largement cultivé dans plusieurs régions du Brésil (■Ulla|t, Tob. p. 479). La plus grande quantité provient de Bahia; puis viennent en seconde ligne ceux de Para. Rio Grande. Sau Paolo. Minas (Klitlbig, Ber ïabak. p. H). I^s tabac du Rio Negro est doué d'un parfum aromatique supérieur (Ferguttea. All ab. tobacco, p. 22). L'autre, appelé lapa jot, eat le plus tlu qui se produise dans la vallée des Ainazoues (Fsriuisen. I. c. p. 204). — Dans la proviuee de Bahia les tabacs sont grossiers dans les districts d'Alagoinhas ut de Sauto-Amaro; lins et soyeux et d'un arôme agréable dans le districts de Cruz-iias-Alinas. Entre ces deux extrêmes il y a toutes les qualités intermédiaires, ainsi qu'il arrive exactetneut pour les tabaes de Cuba. Pour rendre les produits plus délicats, le* cultivateurs emploient la méthode adoptée à Cuba, c'est-à-dire de tirer la semence des rejetons des plaote* mires (tiémor. des Manufactures de VFJat, Tabacs. Pans. I8H9, p.«s.).-Mais. tandis que le Ubac du Brésil est très aromatique dans les lieux d'origine, et qu'il peut même rivaliser avec quelques aortes de la Havane, celui qu'on obtieut dans l'Amérique iu Nord, avec les graines originaires, perd son arôme au bout de la seconde année (■Wings . I. c. p. 134). — Les cigares faits avec la feuille de la race Brazilian aromatic sont remarquables par la' supériorité de leur arôme. I«et lauri cigarettes sont également fort appréciées. Les fumeurs les plus exigeants du tabac de la Havane trouvent aussi à celui du Brésil un arôme agréable et un bon gout (Bllllagi. I. c p. 308).

bâ, Amazones, Para, Matto Grosso et Rio Grande (1), et son exportatiou s' est accrue dans les proportions suivantes: en 186061 elle fut de 4,608,987 kg.; en 187071 de 18,275,736 kg.; et en 1879-80 de 22,539,572 (2); en 1886-7 de 22,987,98 (3).

Almeida rapporte on outre ce qui suit: " Il en coùto da croire que le Brésil, qui exporto en moyenne par an 20 millions de Kg. de tabac en feuilles ou en corde, représentant une somme de 15 millions de Francs, se pense obligé d'importer annuellement des cigares et autres préparations de tabac pour une somme totale de plus de 3,500,000 Frcs... Cela paraîtra inviaisembtable, quand nous aurons dit que beaucoup de nos tabacs, de la province de Bahia expédies on feuilles à Hambourg, nous reviennent sous lo nom de cigares de la Havane. L'industrie de la fabrication des cigares et de la préparation du tabac a fait cependant d'immenses progrès au Brésil depuis quelques années. Il y quinze ans à peine, on no voulait fumer, soit dans la pipe , soit en cigarettes , que le Ubac des manufactures nationales françaises; et le cigare de Havane authentique, ou de fabrication allemande, était de rigueur pour 1' homme à la mode. Aujourd' hui les tabacs de Barbacona, Rio Novo, Pombà, et d'autres lieux de production, ont la préférence pour ceux qui aiment lo tabac fort, et plusieurs manufactures de Rio-<ie-.Taneir« préparent un tabac à fumer d'un faiblesse graduée entre lo Maryland et les qualités que nous vouons d'indiquer, qui supporte parfaitement la comparaison avec les tabacs étrangers. Pour les cigares les fabricants de Bahia n" ont pas fait moins de progrô* , et déjà nous avons vu des amateurs, fins connaisseurs, ne pas savoir auquel donner la préférence , d' un Havane authentique, ou d' un Bahia d'une origine que ne pouvait être discutée. Les régions de 1' Etat de Bahia (qui produit lo tabac avec lequel se font nos cigares, qui viendront sans douto avant peu détrôner les Havanes) ont toutes les conditions requises pour donner un excellent produit. Comme celles du district de la Vuelta Abajo, ces terres sont sablonneuses, extrêmement fti.es, meubles, fraîches sans être humides (Voir ci-dessus, p. 9). Dans toutes les provinces du Brésil on cultive le tabac, qui y vient avec ses qualités spéciales que lui donne la nature du sol, ou le mode de préparation, qu'on lui fait subir. Dans l'Etat du Para le tabac est serré au moyeu d'une liane, qui 1" entoure de façon à ce qu' il soit garanti du contact de 1' air; et c'est probablement grace à cette précaution, qu' il acquiert un jrome tellement pénétrant, que les ouvriers qui le coupe, pour en faire des cigarettes, sont obligés de se relever de 2 en 2 heures , pour ne pas être incommodés.... Lorsque l' industrie aura fait des progrès dans cet Etat, qui s'est cru assez riche jusqu' ici par ses produits naturels pour ne pas songer à augmenter ses richesses, il eat certain que la culture du tabac y prendra de 1" Importance, et que la fabrication des cigares et des cigarettes recevra un grand développement „ (4).

A présent le tabac est cultivé partout duns l'Etat de Para, mais la majeure quantité s'obtient dans les districts do S. Miguel de Guama, d' Ourem, d'Ir.tuia, d'Arara. et de Bragança. Le produit ne suffit pas à la consommation intérieure dei Etats de Para et des Amazones, et il est exporté eu très petite quantité, quoique la qualité on soit considérée excellente (."».

Le documenta officiels publiés chaque année à Rio de Janeiro par le soins du Ministre de l' agriculture classent le Ubac en feuilles immédiatement après le café , le sucre et

(I) Le tabac est cultivé aussi dans les Etats de Piauby. Cearà. Paraliyba, Alagoas. Sergiite. Riode-Jaueiro. Para;ii. Goyaz lAlmtidi. L c. pp. 174 18'.»), »i de San Paulo (Pials, Estado de Sno Paula ; Heiatorio d§ ÉHOT, Sao Paolo. I*W).

C-') Mlia, lxi t Kaiserreieh Brasilien, 1HH-J, p. m.— (3) MmaMa, I. c. p. "J IH,

(4) AliMite, L'Agriculture et 1rs industriel nu Brésil, Rio de-Jaoeiro, 1«S>. p. HO.

(5) Ctr. DipL a. Cons. Ut», Loudoa, -Braxit. a." M', p, I*.

le coton, dans la nomenclature, par ordre d' importance, dos divers articles d'exportation du Brésil. Toutes le provinces do l'Empire produisent du tabac; le plus estimé des fumeurs brésiliens, pour la cigarette, est reçoit 1 dans l.i province de Goyaz. Mais, quant a présent, la culture du tabac n* a atteint un développement digne d" int?n?t, au point de vue des relations extérieure* du Brésil, que dans le seules provinces de RioGrahdedo Sul et de Bahia.

La culture n* est soumise au Brésil à aucun impôt ; mais le tabac en feuilles paie à l'exportation des droits considerables (environ 10 i)\o) (1).

La production actuelle et annuelle du tabac , dans le seul Brésil, peut aujourd'hui ne évaluer à environ 80 millions de kg. i2). Le revenu qu'en retire l'Etat est d'environ 67 mille Marcs. Cette statistique est incomplète; les notices précises manquent sur la production et le commerce du tabac dans plusieurs Etats du Brésil (3).

L'exportation rtunie du Brésil, du Pérou et du Chili monte a 2«,5 millions de kg., tandis que la production arrive à SO millions. La différence est consommée ïi l' intérieur. Après Bahia c* est Rio-de-Janeiro qui tient la place la plus importante pour l' exportation du tabac <4).

Pérou — Bolivie

a) Pérou. — Les historiens qui ont trait»* de la conquête dos régions occidentales, et de leur découverte advenue de K>24 à l.">34, ne font aucune allusion ii des cultures indigènes de tabac. Ce furent donc les Espagnols qui en introduisirent successivement la culture au Pérou (couquis par Plçarro en 1527-30), au Chili (couquis par Valdivia en 1548), et en Bolivie, avec des semences retirées du Guayaquil et de la Havane. Les indigènes s'appliquèrent à la culture de la plante nouvellement importée, qu' ils appelèrent sayri, et dont ils se servirent pour fumer, pour priser, et comme herbe médicinale (ô).

Ils avaient aussi l'habitude de répandre par terre des feuilles de tabac a j'endroit où ils devaient passer la nuit, pour se défendre contre les serpents veniinoux (6). Les Indiens, de leur coté, considéraient le tabac comme un talisman capable de calmer toutes les tempêtes; et quand ils voyaient la mer s'agiter et arriver une bourrasque , ils jetaient

(1) Cfr. Mètnor. d. Manufael. de VEiaU Pans. 18H'.». p. 88.

Ç2) Kittling, Uer labak. 1893. p. H. — Au Hrt'ssil, eu plus de la Xieotiaua Tabacmn. on devait cultiver depuis les temps les plus rtM-ulés la .V. rittlica, qui. ainsi qu'on l'a expliqué plus haut (pag. 31). correspondait au ubac dit féminin (par Thevst): qualitlcation qui lui est restée morne plus tard, lorsque elle fut introduite et cultivée <su Europe, puisqu'on avait I' habitude de dés'guer la S. labacum comme tabac masculin. Salr et Martins (I. c) ont observé qu' elle était cultivée sur uue grande échelle, principalement sur les rives du fleuve des Amazone» . et ue l'ont jamais trouvée à l'état sauvage. Le tabac de cette region était même très estimé depuis l'époque la plus reculée, puisque Acugsa rapporte que le tabac, qu'on trouvo en quantité prodigieuse le loug de cette rivière (Amazones.), est fort apprécié des indigènes; et il «joute que. s'il éta:t cnl'ivô avec le» «oins qu' exige cette plante, ce serait le meilleur tabac du monde (D'acuana, UeUilion de la Hinère de» Amazone*, trad. frt Com tenillt. 10». p. 110).— (3) Uwlnitein. I. c. p. ?J.

<4) tchtrttr. I. c. p. Ï44. — Cependant I' Ktat de Rio-de-Janeiro n' a jamais été producteur de tabac (D* ZtHiry. Lo xtato di Rio-de Janeiro. Ko m a H'Jfî. p. Ml). La quantité que lui est attribuée provient de l'Etat de Minas et de celui de Goyaz. dont les produits sont exportés par la douane de Kio-de- .laueiro (Jumetda , I. c. p. 2.8). Let terrains de I' Etat de Habia . a de quelques eudroites de l'Etat de Minas et de Goyaz. sont spécialement propres pour lui dooner les qualités, qui distinguent le tabac de l'Havane (Almlaa. I. c. p. 218).

(5) Sarclllatto «t la Vega. Uisloire des Yneas, rois in /Vnm (trad, lawlela. 1715. 1. p. BUI; II. p. 3I«).

(9) S."«t».r (in Hartii FL bras. 1856. X, p. 1W3).

immédiatement une grande quantité de poudre de tabac sur les vagues. En général, ils attribuaient à cotte plante une vertu surnaturelle; ils la croyaient capable de prodiges, et l'employaient avec une foi religieuse contre les dangers ou les événements imprévus afin de le* vaincre sûrement. Par exemple, ils en aspergeaient la terre avant de livrer baWille ; ils le brûlaient sur le fou sacré en honneur de leurs idoles, pour calmer leur colère en cas do calamité publique, et en aspirant alors la fumée ils croyaient leurs péchés pardonnes (1).

Les Péruviens appellaient aussi le tabac Petum (2), selon Neaader; Picielt, selon Monarde» , et Perebecenuc, selon Heraandti de Oviedo (3). Faisant abstraction de ce dernier nom, puisque, ainsi que nous l'avons déjà dit (Voir plus haut, p. 16) il ne s'appliquait pas au tabac même au Mexique, il est évident que lo nom de Petum est celui employé au Brésil, tandis que celui de PicvU était adopté au Mexique. Il est donc clair, jusqu' à l'évidence, que les Espagnol» y ayant importé le tabac du Brésil aussi bien que du Mexique, eu avaient également importé les dénominations, qu' il avait dans les deux régions respectives. Et même, selon Hernandez de Toledo (1560), les Péruviens distinguaient le tabac en Ppdeti et Picéelt (que correspondait à la N. rustica), et en Quauhuetl ou Sayri (qui correspondait à la N. Tabacum). Mais, cette distinction, ainsi que la dénomination respective, a un rapport direct avec celle, que les Mexicains avaient l'habitude de faire, comme on l' a remarqué plus haute (p. 20). Humboldt , après avoir confirmé qu' au Pérou on appelait le tabac Sayri (4), ajoute soulomont que les Péruviens, et les Mexicains, fumaient et prisaient le tabac (5).

De la description faite par Ruiz et Pavoa do la sorte de tabac qu* on y cultivait , appelée Tabaco vtrdadero (6), il résulte que cette variété pourrait bien correspondre à la Nkotùuui Tabacum, var. hamnensùt, (Lag.) (7,.

Fermond rapporte que les indiens Guanas, errants dans les plateaux de Chaco, sur la frontière de la Bolivie, cultivaient vers 1812, une espèce particulière de tabac à longues feuilles , qu' ils appellaient Pety pucu , Guar. La hauteur de la tige était telle (4-5 m.), que la récolte des feuilles devait se faire à cheval. Les négociants brésiliens

(1) HMnotr, labaeulogia, 1022.

(2) Oo doit pourtant tenir compte qu'à cetie époque on comprenait sous le nom de Pérou uoe région beaucoup plus étendue que le l'érou actuel , ou pour mieux dire toute la région contenue entre l'equateur et le Chili (cfr. De Gênera. HtsU gen.de la* Indien, in Bibl. Aut. Esp. 1878. L p. 270).

(3) Hamajrfei da (Made. Mil., \L cap. V.

(4) Le moi Snyri signirie herbe. quasi pour indiquer que le tabac devait être considéré comme l'herbe par excelleuce. I)e plus , dans I' Amérique du Sud . <V autres peuples le désignaient sous des noms divers: les Omaguas, petema ; les Maypures, jema ; les Chiquite». piti* ; les Vîlelas , tutup; les Tamaoaques. carat (Ceeka, I. c. p. 21).

(5) Haaieeldt. Etsai politique mr le royaume de la Soucelle-Expagne . :sil , II. p. 444; idem. Viaggio al Meisico. alla nuotxt CmnaUi ed al Peru (trad. Barfelerl, IH32 V. p. 170). Le Ubac du lîuyaquil (voir plus baut. p. 27) mole à celui de la Havane sert à l'aire les limpion* des dames péruviennes. Le mot limpion vient de limpiar (nettoyer), et désigne de petits rouleaux de tabac, de 4 pouces de long sur V ligues de diamètre, entourés par un III très blauc qui se tire peu a peu, à mesure qu' il se consume. Les dames mettent de tempe eu temps le bout lu limpion a la bouche pour le mâcher uo instant, et pour s' eu frotter les dents, qui deviennent plus blanches et plus belles après cette opération. Mats le» femmes du peuple en exagèrent l'usage, et sont horribles à les voir aveo un limpion entier à la bouche. Cette habitude et celle de fumer, qui est uuu moi us à la mode chez les hommes, produisent une grande consommation de tabac en feuilles. Le tabac 4 fumer provient de Saua. de Moyabamba, de Jeao de Bracatnoros, de Llulla, et de Cbillaos, oh oo en recolle beaucoup et d'excellente qualité {Prétest. Met. g en. voy. 1750, XIII, p. 350).— (0) Relx et Paves. FL Per. IL p. 15.

(7) On doit aussi remarquer dans cette sorte les notes caractéristiques du Peruvian tobacco . seloo Bllllsgs (I. c p. 3W).

l'introduisirent dans leur culture, mais la qualitS du tabac .'tant inférieure quoique abondante , ils cessèrent de la cultiver (1).

Frwler, à propos du Pérou (1712), obs «rve que le tabac était déjà un article de commerce; et, parlant de l'usa jo de la coca i2) chez ces Indiens, il dit qu' ils s" en ser» vent comme quelqu' un fait pour le tabac, en la mâchent sans l'avaler (3).

La culture en est limitée presque exclusivement aux regions septentrionales du Pérou, dans les zones de Tumbez et de Jaên, et se rencontre à peine au centre, dans la zone de Chanchamuyo. Cependant il n'y a, peut-être, pas aujourd' hui d'autre région au monde, où l'usage de fumer soit aussi commun qu' au Pérou. Le riche et le pauvre, l' enfant et le vieillard , le maître et le serviteur , la dame et le nègre, la mère et les filles, tous fument, excepté quand ils mangent , dorment , ou sont à l'église. La forme la plus adoptée est la cigarette, faite avec un tabac finement tranché et enroulé dans une enveloppe de papier, ou de feuille de maïs. Seuls les ouvriers et les cultivateurs de tabac fument dans des pipes de craie. Les c* gares coûtent plus cher que les cigarettes, et ne sont pas inférieurs à ceux de la Havana (4).

Environ 500 à 600 Tonnes de tabac sont expédiées chaque annéo de la région de Jaen à Lima. La qualité n' est pas bonne ; malgré cela il est employé à Lima pour la fabrication des cigarettes (5).

L'exportation du Pérou oscille ordinairement entre 300 et 400 mille kg. (6). En 1894 on a exporté do PaitaPiura 342,874 kg. de tabac <7), sur une production de plus d'un demi million de kg. La consommation est de k. 0,23 par tote; la dépense, de Marcs 0.60, et le revenu à l'Etat, de Marcs 0,86 (8).

Importation en 1804: Cigares de l'Havane 17 mille nolea (un *o/« = 5 Frcs.), d'autre proven. 27 mille soies; cigarillos de l'Hvane 81 mille sole*, d'autre proven. 2 mille &ola>; tabac en feuilles de l'Havane 14 mille aoles, de l'Am'-iique mérid. 30 mille aoles. Exportation en Allemagne : 863 wte* (9).

b) Bolivie.— Le tabac récolté dans la Bolivie est d'excellente qualité, patticuliéremcnt celui qui croit dans le département deTarija (et de La Paz, a Canamina). La culture de cette plante donnerait également d'excellents résultats si elle était faite avec soin et intelligence (10). Très estimé c'ost le tib ic des Missions do Boni (11).

Le tabac exporté de Antofagasta a été, en 1894, do 1Ô18 kg. (12).

(1) Farts** labnc, p. 107.— Il s'agit certainement de la Uhmannia lomentw, Spr., aujourd' hui connue aussi sous le nom impropre de Nicotian* <>olost>;a. Ao>lr.

(2) Parmi les végétaux cultivé* au Pérou, mèn e avaut la dominations des Yncas. il faut noter la coca, indigène du Pérou, de la Bolivie et du lirô-sil, qui est un narcotique comme l'opium, le stramonium et le h/lschuch. Les Yncas en constituèrent un monopole pour la noblesse et le clergé, ainsi que les Etats modernes ont fait pour le tabac. Les augures péruviens màcliateut la coca avaut de faire leurs observations. On employait la coca daus les sacrifices au Soleil. Les serfs >ie la glèbe devaient la cultiver dans les vallées dus Andes, l ue impératrice fut surnommée Mama Cttca , et les Espagnols eu drent un privilège qui dura jusqu* à lu lin du siècle dernier (Sevttar. cfr. AwUind, lô Août iWI). l'our les détails relatifs à la i-oca et à son usace. consulter Cooks (I. e. p. 'i«5 et suiv.).

(3) Frailer. Relation du royage aux cùte* du Chili , du lïnm >•( du Orcttl (17 12). 1717. II. p. M*. <4) Bllllafs, I. c p. M4.-(r>) Or. Dipl. a. Com. Rr)> , Loudon, IH'.W.— Peru, u." 2117, p. 17.

(6) SctHrtsr. I. c. p. 144.— (7) Daraislasttsr, I. e. p. 77.— <«) Iswiftttel». I. c p. 3H,

(9) Eêladitt. gêner. Comercio ejtier. del Peru. Lima. «'.C>, pj.. 132. 133. 312, m.

(10) Btaoceal at Van, République de Bolivie, fans. IHH7. p. Ti.

(11) Renseign. slat, et géogr. de Boline. (imies, ISW. p. Ct. — Il existe un titubre-poste de la Bolivie de la valeur de I centavo (uu sou), qui porte pour embiéme la piaule du tabac, avec l'indicatiou : Ley de labacot, certainement eu souvenir d une loi relative au tabac.

(12) Cfr. Dipl. a. Cons. Rep., Londou, Wïl.-Bolivia, n." ISU, p. VI

Paraoiav-Uraouay

a) Paraguay. - Quand le Père Sepp.cn 1002, se rendit au Paraguay, il y trouva la culture du tabac très répandue; mais elle av. ut «lit y être introduite par les Espagnols, et spécialement par lea Missionnaires, car elle n'y avait été" observée ni par Juan Diai de Solis, qui découvrit le Paraguay en l">lf>, ni par Sébastian Cabot en lô26, ni enfin par Halderich Schmiedal, cjui y voyagea de 1534 à lôû4 (1).

Pourtant , il serait intéressant de savoir d' où Fairholt a pu tirer l' indication que les Espagnols, en pénétrant au Paraguay, trouvèrent que les indigènes employaient déjà cette herbe (qu'ils aujourd'hui appelaient Pety) (2), môme comme arme d Tensive; car, dit-il, dans la lutte corps à corps, ils trempaient des feuilles de tabac dans l'eau, et en aspergeaient, les yeux des ennemis <:li.

Quoique le nom de Pety ait rapport à l'origine brésilienne du tabac, on ne doit cependant pas exclure la possibilité, qu'on y ait aussi introduit des sorU'S d'autre provenance. En effet, D'Orbigay, qui visita cette région en 1831), y remarqua la culture d'un excellent tabac, semblable à celui du Chili, d'où il supposait qu'il avait été importe (4).

La consommation du tabac au Paraguay est énorme, et va jusqu' à 6 kg. par an, pour chaque individu t.5). Son usage y est général ; même les cnf.mts , dès leur plus

tendre jeunesse , apprennent à faire le cigare Du nom Pety du tabac sont venus les

autres de pelygun (instrument pour lo fumer); itehjnguara. (avaler la fumée); apetymbù (émission de la fumée par la bouche et les narines) (0). Même quelques dames de la bonne société ne dédaignent pas de recevoir leurs visites en fumant (7).

Lo tabac est «ne des principales productions actuelles du Paraguay. Et quoique ces régions soient absolument adaptées à cette production, les cultivateur n'y apportent pas tous les sois nécessaires a cause de l'absenoe de concurrence. Do plus, ces tabacs sont généralement gras, corsés et forts, parce qu' ils sont ordinairement cultivés dans des terres fortes (8).

En 1892 on a exporté de 1' Asuncion 1,144,686 kg. ; et 1,287,448 en 1893 , spécialement pour les ports de I' Europe septentrionale (9). Muis I* augmentation de la pro-

(1) Vera hittoria admiraneUie narigalionis, quam Hulderich Schmitael ab anno iS3t ad annum IBB-t in Amsricam juxla lirasiliam êl Rio de la Plata confecit, Norîmbergne. 1599.

(2) DwiMfMy, Du labac au Paraguay, 185.

(3) FairtMll. lobacco. p. 131».

(4) Certainement les sortes de tabac cultivées actuellement au Paraguay sont de* hybride» de la var. brasiliemùxhavanentit, ainsi qu' il sera démontré à sod lieu. Leek affirme aussi que la semence primitive ilu tabac fut importée de la Havane au Paraguay, excepté une sorte particulière, dite latxico bleu (petiholy), dont l'ongiu* est inconnue. Le tabac préféré est uo tabac jauoe (pelypora). et croit principalement dans le département de Viiia-RIca (lock. I. c. p. 178).

(5) Selon UwiMtsI*. la consommation par lote est de kg. «.0*2 ; la dépense, de Marcs 0,29; et le revenu pour l'Ktat, de Marcs 0.90 (1. c. p. 35).

(6) Dsnrsay, I. c— (7) Ceekt, I. c. p. V<7; — BHIUji. I. c. p. 134.

(8) J. t, Cenllcman '» Itawh Brerter, IftSO. p. 2U.— La production, qui était à peine de 2 millions de livres en J82D, mouta à 15 millions en 1880. Lue grande partie de la récolle est transformée en cigares, dont la fabrication est presque exclusivement confié* aux femmes (leek, I. c p. 178).— L'extension de la culture du tabac, qu" eu l*J3 s'élevait à 1,413.977 linot (Ji«o*=cieu varat: rara~-i).mi metr. q ). c'était réduite à HSfl. 217 iioos ea 18U4 (Sautes. La Xepùblica del Paraguay, Asuncion. 1897, pp 82, 83;.

('J) Les cigares fabriqués avec les feuilles du Paraguay, qu'on exporte en Kurope, ont un arôme agréable, et peuvent être considérés comme les meilleurs de toute l'Amérique méridionale. Ils brùleot bien, sans arrière-goùt. de manière à satisfaire les consommateurs les plus exigeants (iUllnes, I. c p. 307.).

duction du tabac dans la République Argentine obligera le Paraguay à chercher pour son tabac de plus larges débouchés en Europe. D'après lewiistein, la production moyenne de la période 1893-95 fut de kg. 4,791,660, dont kg. 1,759,290 furent exportés en Europe (1).

Cependant, des dispositions spéciales ont été prises par le Banco Agrictjia dd Paraguay pour en améliorer et en augmenter la production dans la région. On a cherché non seulement à introduire de l' étranger des semences de tabac meilleur , mais aussi on a chargé des techniques de rendre la culture de la plante plus rationnel, restant pourtant à charge du Banco de faire sécher et soigner la feuille, pour mieux la préparer à l'exportation (2). Dans ce but on a institué des spéciaux êecadfiros dans les régions de Valenzuela, San José, Barrero grande, Altos, t'aacupè (31.

b) Uruguay. - Dans 1' Uruguay , au contraire, la culture du tabnc est très limitée. Elle a atteint péniblement l'extension de 350 hectares (4), en 1592-93.

1/68 cigares y sont importés de la France; le tabac en fouilles, des Etat Unis, du Brésil et du Paraguay (5).

Importation : tabac et cigares en 1893, pour la valeur di 57 mille L. Ster. (G); en 1895 , pour la valeur de 46 nulle L. Ster. (7) ; en 1896 , pour la valeur de 250 mille dollaids (8).

Chili

Au Chili (9) la culture du tabac a été introduite fort tard; Frtiior (I.e.), en efTet, tandis qu'il parle des plantes, qui s'y cultivaient et s'exportaient (1712), se tait absolument sur le tabac. Lorsqu' ils l' eurent connu, les Chiliens ne fumèrent quo des cigarettes entourées de papier, longues de 2 pouces et demi, selon l'habitude espagnole. On les nommait ttojitaa (10).

Le Monopole du tabac fut supprimé en 1880; mais ce produit, n'est pas une marchandise d'exportation (11). A cause de l'abolition du Monopole de l'Etat la culture du tabac a fleuri de nouveau. Mais si la production a augmenté dans les Andes Chiliennes, la qualité, au contraire , laisse beaucoup à désirer, si bien que les feuilles les plus fines de tabac y sont importées du Brésil, et même de l'Europe. En 1888 , l' importation des fouilles, des cigares et des cigarettes monta à 90,913 kg. Pourtant, depuis quelques années on a adopté le tabac iocal pour les cigarettes; mais on n'a aucun souci de l'améliorer, ni de l'augmenter (12). La production indigène est 6 millions de kg.; la consommation par

(1) Uwlnitdn, 1. e. p. 3T».

(2) Memoria dtl Banco Agricôla del Paraguay, Asuncion, lt$U7, p. II.

(3) Cfr. La Democratia , Asuncion I8U8. n." 5245. — Pour corroborer toujours de plus en plu» la patriouquo initiative prise par le Bunco Agricôla du Paraguay daus le but d'améliorer la production indigène et d'augmenter 1' exportation. l'Auteur a exposé ses considérations qui ont été. reproduitej ensuite dans la Revitia mensual «te lu Repùblh-a >M Paraguay. II, o." 21. Asuuciôo. 1887, p. i r >".

(5) Cir. Dipl. a. Cont. Rep., London, 1897.— Uruguay, u." 2020. p. 5. (t«) Cfr. Dipl. a. Cons. Rep., Loudon, 1#J5.— Uruguay, n." I.VJ4. p. «. (7) Crr. Dipl. a. Cons. Rep., Lnu.ion, 18SJ6.— Uruguay, n.° 1749, p. !«. <K> Cfr. Dtpl. a. Cont. Rep.. Undon. 1«W7.— Uruguay, n." 20-J7. p. 12.

(V>) L'usage du tabac est moins répaudu au Chili que dans, les autres régions occidentales de l'Amérique du Sud. Cela tient au plus grand uvage de la coca, comme narcotique, pratiqué par les naturels de la Holivie, du Pérou et de la Colombie (Billings. I. c. p. I3>).

(10) CMkt, I. c. p. 47.— (Il; «ehsrwr, I. c. p. I44.-(I2; Osrnutiefltr, I. c. p. 77.

tôte , de kg. 2,01 ; la dépense, de Marcs 1,00; et le revenu pour 1' Etat, do Marcs 0,50 (1).

Rtf puuugi'E Argentine — Pataoonie

a) Eépubliquo Àrgentiae. - On consomme annuellement dans la République Argentine environ 8 millions de kg. de tabac , dont la moitié seulement est produite par la région, et la plus grande partie par ios province» de ïucuman et de Corrientes. Mais la culture peut s' étendre avec avantage aux provinces septentrionales, car elles jouissent d'un climat analogue à celui du Brésil. 11 suffirait de brûler ces forêts, et d'en cultiver les terres.

En 1894 on a exporté 84)71 kg. de tabac de la République Argentine. Dans le département de Tucuman environ mille hectares furent cultivés en 1881 , avec un produit île 1 million et demi de kg. Toute la superficie employée à la culture du tabac dans la République Argentine atteint le total d'environ 7 mille hectares i2). Actuellement, environ 1000 hectares sont consacrés à la culture du tabac dans le Tucuman, et environ 500 dans le Sal ta. La production totale est d' environ G millions de kg. pour toute la République (3). Tabac importé, en 1895, pesos 2,293,413; en 1896, j>f*tf 4,069,547; en 1897, jmsos 2,972,501 (4).

b) Patagonie. — Los peuples de l'extrême partie méridionale de l'Amérique, de la Patagonie, fument aussi. La pipe des indigènes est en forme d'écuelle, taillée dans une pierre, et munie d'un long tuyau. Quand le tabac est allumé, tous les assistants fument à la ronde (Hutchinion). Chacun aspire une bouffée de fumée, mais si forte, qu' il est difficile de se l'imaginer. Tous les muscles du corps entrent quasi dans un état de convulsion pendant cette inhalation, et la pipe passe tout de suite au voisin , tandis que du nez et de la bouche du fumeur précédent la fumée sort souvent sous la forme d'un nuage si épais, qu'elle rend son visage invisible pour quelques instants (5).

Les insulitires de la Terre du Feu emploient aussi le tabac sous forme de poudre à priser, et la réclament avidement aux navigateurs car ils l'aiment avec passion (6).

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