AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE
Canada et Régions boréales
Si la culture du tabac , avant la découverte de l' Amérique , était fort répandue, ainsi qu'on l'a vu, dans les régions tropicales, elle ne manquait pas non plus dans toutes les terres de la zone boréale tempéréo. Et , tandis que dans 1' Amérique australe elle avait pour limites méridionales lea terres australes du Brésil, dans la boréale , au contraire, elle s'infiltrait jusque dans les terres du Canada. L'usage était, au contraire, répandu jusqu' à l'extrême Nord comme jusqu' à l'extrême Sud de l'Amérique.
On a eu des notices précises sur le tabac au Canada par Jacquet Cartier (1534) ,
(1) L»wlMt«in. I. c. p. 24. — Aujourd' hui le Gouvernement Chilien a rétabli le Monopole avec uoe Compagnie Muerait, moyeuuaot un contrat par lequel la Compagnie aura pendant SO ana le droit excluait d' importer et de vendre le tabac en gros dans la République (Cfr. Il Inbacco, Koma, IS99, Au. 111. o." 24. p. 10).
(2) Grtgtr. Oie Uepubltk Argentinien, pp. 107, 403.
(3) Sebirm, I. c. p. 144.— Le revenu de t* lilat est de Marcs 0.78 par habitant (Ltwlnakut, 1. c. p. 22).
(4) Anuuano de Ut Urec. g en. de tetaiiittica, Buenos-Aires, l»97, l. p. 21; l*Jt», I. p. 20.
(5) ■illliis, L c. p. 135.— (fi) Bllllni», I. c. p. 244.
Oouu-Jiuioirti» 6
lorsqu'il a découvert cette immense région (1). C'est un devoir pour nous de rapporter lea paroles par lesquelles Cartier décrit l'usage du tabac chez les aborigènes: u II y pousse aussi une certaine herbe , dont ils font de grandes provisions pendant tout 1' été pour 1'iiiver, qu' ils apprécient et estiment grandement, et les hommes seuls s'en servent de la manièro et comme il suit. Ils la font sécher au soleil, et la portent au cou enveloppée dans une petite peau d'animal en forme de sachet, avec une petite corne de pierre ou de bois : puis , à chquo instant , ils font une poudre de la dite herbe , et la mettent dans un des bouts de la dite corne; pardessus ils posent un charbon allumé. De l'autre côté du cornet il sucent tant, et ils s'emplissent de la dite fumée le corps de telle manièro, qu' elle leur sort ensuite par la bouche et par les narines, comme par un tuyau de cheminée, et ils disent que cette action les tient chauds et sains, et ils ne marchent jamais sans la dite poudre. Nous avons expérimenté cette fumée, et l'ayant mise dans la bouche, il nous a paru avoir mis de la poudre do poivre, tant elle nous a réchauffés „ (2).
D'autres voyageurs et missionnaires ont pleinement confirmé les notices rapportées ci-dessus, et observent quo k>s usages du tabac au Canada étaient communs aux mures peuples de l'Amérique boréale. En effet, Champlaia (1608) put constater que l'habitude de fumer était répandue dans toutes les régions du vaste Canada, et ensuite le capitaine anglais fiillam (1668) la trouva établie dans toutes les terres de la baie d'Hudson.
Oe Charlevoix (3) relativement à l'année 1645 dit que les aborigènes des régions occidentales du Canada, lorsqu'ils doivent traiter des affaires importantes, ont l'habitude de mettre au milieu d'eux un Calumet (I. c. V. p. 810). Et pour l'année 1721 il ajoute : M Le Calumet n' est pas moins sacré pour eux que le collier de porcelaine , car on le croit d'origine céleste, et on le considère comme un don du Soleil. Ou s'en sert plus souvent pour la paix que pour la guerre. Calumet est un mot normand qui signifie Chalumeau, et le Calumet des sauvages est absolument un tuyau à fumer. Pour les cérémonies officielles, le tube est très long et la cheminée est faite avec un* espèce de marbre (?) rougeatre facile à travailler, qui se trouve dans le pays d'Aiouer, au-delà du Mississipi. Le tuyau de la pipe est d'un bois léger, point de divorscs couleurs, orné de la téte, de la queue et des plumes des plus beaux oiseaux. L' usage est de fumer le calumet en signe d'accord ; et il est peut être sans exemple qu'on ait violé I' engagement pris par un tel accord. Ces sauvages sont convaincus que le Grand Esprit ne laisserait pas le parjure impuni. Si pendant un combat 1' ennemi présente un calumet, il est permis de le refuser ; mais si on l'accepte, il faut tout-de-suite déposer les armes. 11 y a différents calumet pour les différentes circonstances. Dans le commerce, quand le marché est conclu on présente un calumet pour le sceller: ce qui rend le pacte sacré. S'il s'agit de guerre, le tuyau est rouge ainsi que les plumes qui le parent. Sans aucun doute les sauvages, en faisant fumer le calumet à C6ux dont ils recherchent l'alliance ou lo commerce, veulent prendre à témoin le Soleil, quasi garant de leurs conventions, car ils ne manquent jamais de souffler la fumée vers I' astre. Mais qu' on doive conclure de cette pratique et de 1' usage ordinaire du calumet , ainsi que 1' ont fait quelques-uns , que cette pipe puisse être comparée au Caducée de Mercure, cela me semble d'autant moins vraisemblable que le Caducée n'avait aucun rapport avec le Soleil , et que dans les traditions des sauvages on ne trouve aucun signo de connaissance de la mythologie des Grecs.
(1) Cartlar Jacaaaa, Brief récit et succincte, narration de la navigation faite dam les yiei de Canada, vie. Pans, 1545.
(2) Cartier Jacquaa, Relatione délia terra nuova delta In Nuoi-a Franeia trovata neiranno 1534. Dans la aecoude Rtdatiou (1535), cap. 10. Ko!. 44D. io Ramuilo, III dolle Sarigasioni et riaggi , Venezia. 1505.
(3) Da Criarit»oi«, HiUoire de la nouvelle France, 1744, I, p. 410.
Il semble plus naturel, à mon avis, de penser que ces peuples sachant par l'expérience que la fumée de leur Peium abat les vapeurs du cerveau , rend la téte plus libre , réveille l'esprit et lu met plus eu état do traiter les affaires, en ont, pour ces motifs, introduit l'usage dans leurs assemblées, où ils ont sans cosse la pipe à la bouche. Après avoir longuement réfléchi et pris une décision on conséquence , ils ont cru trouver un symbole adopte à mettre le sceau à leurs délibérations pour contracter l' engagement de les exécuter, et ont adopté le calumet, qui a une si grande part dans leurs délibérations. Fumer, donc, avec la m<3me pipe en signe d' alliance , est la même chose que boire dans la mémo coupe, ainsi que font plusieurs de nos peuples... On croit aussi que le calumet a été donné par le Soleil aux Panis , peuples établis sur les frontières du Missouri, qui s'étend vers le Nouveau Mexique, parce que ces peuples l'employaient avant les autres, et en avaient transmis la tradition „.
Dom Pernely observe que loi squ' on entre dans les tabagies anglaises, hollandaises, flamandes, ou dans les concerts allemands, danois, suédois, on croit pénétrer dans une cabane de Caraïbes ou «le sauvages du Canada. La différence qu' ou y trouve est tout à l'avantage de ces derniers qui, avec une sérénité que confirme en vérité un air sérieux et flegmatique, fument agréablement leur pipe; niais, en même temps, on remarque l'affection mutuelle qui les réunit, ainsi que la satisfaction qu' ils éprouvent à être réunis. De plus, comme les Bramines des Indes Orientales ont l'habitude d'enivrer avec une forte infusion de saffran les femmes destinées a être brûlées vives, ainsi chez les aborigènes américains du Nord on a l' usage de faire prendre une drogue aux femmes et aux esclaves destinés a être sacrifiés, à la mort des Caciques. Et la droguo est faite avec les fouilles de tabac, écrasées et réduites en pâte , dont ils font des boulottes qu' ils font avaler à ceux qui doivent mourir; on leur fait boire ensuite un verre d'eau, qui, délayant le tabac, les met en délire et en do violentes convulsions (1).
De Smet s'occupo ausai longuement des mêmes usages suivis par los tribus sauvages des Montagnes Rocheuses (2). Il dit y>. 15): " Les principaux chefs m'invitèrent à un banquet solennel , me faisant passer par toutes les cérémonies de la pipe , qu' ils font d' abord fumer au Grand Esprit (3) la dirigeant vers le ciel, puis vers le soleil, l'eau et la terre,
et qu' ils font enfin passer de main en main, chacun en tirant des bouffées (p. 20):
Les principaux Chefs m' invitèrent à un conseil. Comme chez les Sejénes, il me fallut passer par toute la cérémonie de la pipe. Le Chef traça d'abord un petit cercle par terre , et y ayant posé un peu de fiente sèche do vache en feu , il y alluma sa pipe, puis il l'offrit au Grand Esprit, au Soleil, à la terre et aux quatre points cardinaux. Les assistants observaient la cérémonie avec le plus profond respect, immobiles comme des statues. La pipe passa de main en main , et je remarquai que chacun avait une façon particulière de la prendre. Ainsi, par exemple : celui-ci faisait tourner la pipe alentour avant d' en porter le tuyau à la bouche ; celui-là, en l' acceptant, faisait un demi-tour; un autre tenait la coupo on l'air, un autro encore l'abaissait jusqu' à terre, et ainsi de suite. Cette manière de fumer f-ut partie de leurs pratiques superstitieuses de religion... (p. 93): Le refus d'accepter le tabac signifie le refus d'accepter les pactes et l'amitié... Pour se rendre le Grand Esprit propice, les indigènes fument la pipe, dirigeant la première fumée vers la pattio du ciel où resplendit leur astre protecteur... (p. 206): Chez les nations occidentales c' est la pipe qui sert de trampum (sceau) , quand il s' agit de
(1) De P(â«r). Recherches philosophique* sur les Américains, 177 , II. p. 224.
(2) D« $■•(, Vtaggi aile montagne roeciose, 1847.
(3) Les Indiens diâtiugueui le boo esprit (Kitchi Uamtou) du malin (Uatchi Manitou), puisque la Diviuité est appelée par eux Manitou, et a son siège dan» le soleil; d'où l'adoratiou du soleil jusqu' a lui eoostruire et lui dédier des temples.
paix ou de guerre. Fumer en commun est un acte sotonnot d'amitié fédérativ* ; celui qui y est infidèle est déchu do tout droit à l'estime et à la confiance; il est réputé inl'amo, et s'expose à la vengeance divine. Quand la guerre est déclarée, la pipe et ses ornements sont rouges; d'autres fois elle n'est rouge qu' en partie. Ce signe et les modes divers d'orner les pipes font tout de suite comprendre à celui, qui connaît leurs usages, les désirs de la nation qui les déploie, et co qu' elle a résolu do faire. La pipe fait partie de toutes los invocations. En fumant ils so préparent à adresser leurs vœux au Grand Esprit, au soleil, a la lune, à la terre et à l'eau, qu' ils prennent à témoin de la sincéiitô de leur bonne foi et en garantie de leurs intentions. Et quoique cette coutume puisse paraître ridicule, elle ne manque pourtant pas d'un coté louable et avantageux. Ils savent, ab expertOy que la fumée dissipe les vapeurs du cerveau, relève le courage, disp< se à penser et a juger sagement. La pipe est aussi introduite dans leurs conseils comme prologue, et devient une sorte de sceau pour leurs décrets, les résolutions étant prises. Us l'envoient en signe de loyauté et de respect à ceux dont ils demandent les conseils, ou à ceux avec lesquels ils sont en alliance ou en pourparlers. L'opinion des sauvages sur les effets bienfaisants du tabac ne sera peut-être pas acceptée par tout le monde, vu que l'expérience semble prouver que la fumée agit fortement sur le système nerveux. Quant à moi, jo dirai comme los sauvages : Si la fumée du tabac est tirée et renvoyée par la bouche, elle produit indubitablement les effets d'un narcotique; mais si elle est absorbée par les poumons (ainsi que cela se pratique généralement chez les aauviiges», l'effet est tout autre. Faites en l'expérience r .
Les Indiens do Susquohannah, interrogés par des Missionnaires chrétiens sur l'origine des choses qu' ils possédaient, racontèrent à propos du tabac la légende suivante : Quelques chasseurs do leur tribu ayant tué ut cuit un daim, observèrent sur la colline comme une figure de jeune femme, ou plutôt un esprit, et pensant qu'elle pouvait souffrir de la faim, ils lui offrirent uu peu de gibier. Et elle, l'ayant accept* 4 et goûté, leur dit: V6tre courtoisie sera reconnue par une récompense quo vous trouverez d' ici à treize lunes. Ainsi advint-il; ils trouvèrent le mais poussé à l'endroit où elle avait touché la terre avec la main droite, les fèves où elle l'avait touchée avec la main gauche, et le tabac à la placo où ello s'était assise (1).
L'usage de fumer est commun aussi chez tous les peuples de I' extrême Nord tie l'Amérique, de la baie d'Hudson à l'Alaska. Les naturels, et parmi eux les Esquimaux, pour épargner le tabac (qu* ils ne peuvent certainement pas cultiver, mais qu' ils tirent du Canada) , lo fument mêlé avec l'écorce de bouleau et do peuplier ; ou encore ils se servent en guise de pipe d'un tube assez largo rempli de sciure de bouleau. Au buut d' un certain temps cette sciure imbibée de l'huile ou do !a graisse du tabac s' emploie soit mêlée avec le tabac, soit pour le remplacer (2).
Au Canada la production est limitée à la seule province île Québec, et est peu considérable (8). Sa production a été comme suit: en 18."j1, millions de kg. 0,5; en 1871, mil. de kg. 0,«; en 1881, mil. de kg. 1,1 (4); tandis que la consommation est d'environ 16 millions de livres anglaises, et par habitant kg. 1,44; avec une dépense de Marcs 4,76, ot un revenu pour l'Etat de Marcs 2,72 (G). L' exportation varie chaque année da 2U0 à fiOO mille livres; en 1807 elle fut d'environ 500 mille livres (6).
( I) 'Inttarco Whiffs, (cfr. Ferguston, I. c, p. :tnt;.
{•-') Billings. I. c. p. 141. -(3) Lawiititein. Die Jhlaalung tltrx lolnOit, IH>M. p. XI.
M) KlMltitn. Det latxiks. p. li— (5) Lewlntleln. Der i,tfjahkomum, Heriiu. If'.»;, p. 23.
«t) Cfr. Ihe Statut. V«ir-fe»>fc of Camdn for t*97, Ottawa. IWM, p. 237.
Etats-Unis d' Amérique
à) Généralité!. - Le Père Marquette, qui partant du Canada en 1672 parcourut toute la région ties grands lacs et arriva ensuite jusqu' à 1' Arkansas , trouva 1' habitude de fumer commune à tous les Indiens, et crut que les pipes (c'est-à-dire les calumets), employées par eux. pouvaient avoir une certaine ressemblance avec le Caducéo do Mercuro, qui chez les Grecs était un symbole de santé et do paix (Voir ci-dessus, p. 42). Fumer pour les Indiens du Nord était, une chose sacrée, un sacrifice fait au Soleil; la pipe était l'autel de ce sacrifice. Quand ils se mettaient en cercle pour une réunion, la pipe allumée passait de bouche en bouche. Et même ils offraient une pipe au Soleil, lorsqu' ils le priaient pour obtenir la pluie ou le beau temps.
Les mêmes observations furent confirmées par le moine Franciscain Hennepin (1688), qui, partant du Canada et suivant le cours du Mississipi, arriva au golfe du Mexique, et donna le nom de Louisiane à cette région. Il trouva l'usage de fumer établi partout chez les Indiens, dans l'immense contrée qu' il avait, parcourue. En effet, dans son ouvrage intitulé: Voyage curieux, 1704, il rapporte ce qui suit (pag. 149): 8 1) faut confesser que le calumet (pipe) est quelque chose do très mystérieux chez les sauvages de 1' Amérique septentrionale. Ces barbares s' en servent dans leurs affaires les plus importantes... C est une espèce de grande pipe à. fumer , faite en marbre (1) rouge, noir ou blanc. La tête est bien polie, et le tube, long de deux pieds et demi, est un roseau assez fort , orné de plumes de toutes couleurs et de cheveux de femmes tressés ensemble de diverses manières... Le calumet est le symbolo de la paix. Ces barbares sont généralement persuadés qu' ils leur arriverait de grands malheurs, s'ils violaient la foi du calumet. Toutes leurs entreprises de paix et de guerre, leurs fonctions ou cérémonies solennelles sont comme scellées par le calumet „ (2)... (p. 267); à propos des peuples des bords du Mississipi, il dit : " les Européens offrirent aussi aux indigènes du tabac de la Martinique, et que le chef de ceux-ci présenta un calumet do paix, fait en marbre (?) rouge, dont le tuyau était orné de plumes de 4 ou 8 espèces d'oiseaux divers... (p. 336): Le calumet de la paix se distingue de celui de la guerre par la différence des plumes „ (3).
b) Floride et LraieUne. — Il semble que la Floride ait été la première terre découverte de l'Amérique du Nord (4); on effet, en 1512, le capitaine portugais, Juan Ponce de Leen (5), qui accompagnait Colomb dans son second voyage, découvrait la Floride (tiorUa, in Ramusio, 1. c), et observait que les indigènes y fumaient avec grande volupté une feuille sèche qu'ils appelaient upawoc (6). La même observation Ait. confirmée par Giovanni di Veraizano (in Ramusio, I. c.) dans le voyage qu' il fit en 1523, ainsi que par John Hawkins, qui y débarqua beaucoup plus tard (1564). Ils confirmèrent donc ce qu'on savait déjà
(1) Oq parlera sous ptm do la composition minératoglque de cette pierre, qui est un" espèce de steatite rouge, dite CatUnite.
(2) Voir aussi Hmos^ii, lMs>ri:ione délia Luigmrw . (trad. Hal.) 1«86 . pp. 38, Kl. — Hnittsiii, Nouvelle découverte. IttSfi. p. 14».
(3) La tigure de celte étrange pipe est reproduite aussi par KWtbrsw and «Trie* , Tnbacro leaf lam. p. s.
U) Os Ovitdo, (I. c. lib. XVI. cap. II).
(5) Le 'ïl Mars 15l'2,.|our des Hameaux (ffisi-un Florida) , il avait découvert la péninsule qui termine au sud do l'Amérique septentrionale, et iju' il appela pour cette raison du nom de Florida. (Congrèt des Amèricanistes, Luxembourg, I. p. S.iX. Gra.lsr).
(«) Le mot upatroc correspond exactement à la XicoUam rustica . ainsi qu' il sera démontré quand on traitera de l;i découverte du Ubac dans la Virginie.
sur l'usage de fumer chez lea Floridiens, ajoutant que, gràco à cet usage, ils pouvaient rester parfois, en fumant, sans boire ni manger pendant plusieurs jours.
La culture du tabac fut ensuite introduite à la Floride , par P importation des semences de la Havane et de la Virginie. La partie occidentale de la Floride, tombée sous la domination espagnole, produisait du tabac qui était exporté en Espagne et en France. La bonté du sol rend le tabac excellent, ressemblant a celui de la Havane. La culture du tabac s'y est répandue un peu partout, mais en aucun endroit elle n'a réussi comme dans la région de Gadsden, où la plante prospère aussi bien qu' à Cuba , au point que les cultivateurs cubains même ne peuvent distinguer le produit de la Floride du leur propre. Le mode de culture est le môme, et le terrain ressemble à celui que produit à Cuba le fameux Vuelta de Abajo. Les feuilles sont réputées les meilleures pour les cigares, et atteignent par ce motif des prix élevés. Elles sout aussi mouchetées de blanc, comme les feuilles combustibles et fines de la Havane, avec lesquelles ollos luttent aussi pour l'arômo (1).
Actuellement la culture est limitée à la région de Gadsden, étant la seule dont les terres manquent de chaux. On préfère les terrains dérivant des bois (2). La production, qui était de 110 mille livres en 1870, est arrivéo à 860 mille on 1877 (8). M;iis, depuis deux ans cette industrie a reçu une grande impulsiou par l'établissement d'uno colonie de Cubains dans la région du Fort Meade, et la culture s'est ainsi fort élargio sur toute la partie centrale de la péninsule (4).
Le tubac pousse aussi vigoureusement dans les terres voisines, à la Louisiane, ainsi que la canne à sucre sur les terres baignées par le Mississipi. Le Perique et le Louisiane atteignent presque les dimensions exhubérantes du Comudicut seed leaf. Le Perique prospère dans la région de S. 1 James Parish, et est adopté pour la fabrication du tabac à fumer et à priser. On enroule lo tabac do manière à en former des carottes dont lo nombre atteint même annuellement le chittïo do 14 milliers, et chacune d'elles pèse environ 4 livres. Les cultivateurs créoles font deux ou trois récoltes par an avec P élovage des rejetons de la plante môme. Los épreuves faites avec des graines de la Havane, n'ont pas été encourageantes. La couleur de la sorte Louisiatie est noire et pat ce motif complètement différente de tout autre sortes cultivée dans la vallée du Mississipi (ô). Le développement de cette industrie est très entravé par les lourds impôts du Gouvernement français, tandis que les produits en sont si bons qu' on les vend jusqu' à 5 shelings la livre (6>.
c) Virginie. - En Mars 1684, Sir Walter Raleigh ayant obtenu de la Reine Elisabeth d' Angleterre une patente , qui lui assurait la propriété de toute terre découverte par lui dans l'Amérique du Nord, affréta à ses frais deux navires, et fit voile vers ce pays en Avril de la môme année. Les Anglais, partant de la Floride et côtoyant toujours le littoral, parvinrent à découvrir la région de la Virginie actuelle (7). Raleigh s'on retourna au mois de septembre suivant, après avoir ainsi pris possession de cette fertile contrée, appelée par les naturels Wingandacoa, et qui fut ensuite désignée par les Anglais sous le nom de Virginie, en honneur de Vierge Reine (8).
Le printemps suivant (1585) lo même Raleigh y envoya une tlotte de sept navires, sous les ordres d'un de ses parent», Sir Richard Greenville; et celui-ci, après être heureusement arrivé à sa destination, y laissa une colonie de 107 personnes; sous le comman-
(I) BHIIfljt. I. c. p. 334.-(0) DarmitMtftor, I. c. p. (>l.-(3) Wlmon, History of tobacco, 1878, p. 5.
(4) WMIi»y. A preL report, or the toil of Florida, Bull. o. 13. Dep. of Agric. f. S. A. 1WJK, p. 12.
(5) Billlitfl. I. c. p. 337.— (6) Bllliitgi, I. c. p. 7r..~(7) C«nd«n. Ann. rerum Angticarum, 1825, p. 415. (8) lia in honorem Klixabethae Virginis dtnominatmn, (C«m*«i, I. c).
domont du capitaine Lan», à Roanoak < 1). Ce fut alors que les Anglais entreprirent aussi la culture du tabac en Virginie, pour y en développer la culture indigène , et l' exporter en Angleterre (2).
En même temps Hariot, qui prit part à l'expédition de 1584, put observer que les naturels de la Virginie considéraient aussi le tabac comme un don fait par le Grand Esprit, pour leur jouissance; la pipe était sacréo, et fumer était un acte moral et religieux. Cependant, l'herbe y appelée uppdvon, uppueoc, apooke, correspondait certainement à la Nicotiana rustica, au moins à ce qui résulte de la description qu* il en a fait (8). Le même Hiriot fournit encore d'autres remarques sur les usages du tabac chez ces sauvages. Il dit, en effet, qu'en Virginie on nomme upptJeoc (4) la plante que les Espagnols appellent Tabaco (5) ; ot il njouto quo " ses feuilles séchées et hachées se mettent dans de petits tubes d' argilo et se fument par la bouche ; la fumée d écharge la téte des humeui-M et fait évacuer le corps. Les Indiens tiennent cet acte en si grand honneur, qu' ils croient qu' il est en usage choz leurs Dieux mêmes ; c'est pour oo motif qu* ils ont l'habitude de brûler des feuilles de tabac dans leurs sacrifices, et que pendant la tempête les navigateurs jettent en l'air et duns l'eau de petits morceaux de ses feuilles, pour la conjurer „.
Pour confirmer les détails fournis par Hariat , il convient de rapporter ici les précieuses observations, faites par Straehey , sur le tabac cultivé par les indigènes de la Virginie. Elles constatent, donc, que les naturels cultivaient un tabac, qu' ils appelaient apooke, mais qui éUiit pauvre, faible, et d'un goût mordant. La plante a les fleurs jaunes, comme la jusquiame, et les feuilles courtes, épaisses, quelquefois rondes; tandis que chez le tabac de la Trinité et de l'Orénoquo les feuilles sont grandes et pointues, la tige atteint une hauteur de plus du double, et les fleurs sont grandes ot belles (6). Il résulte jusqu' à l'évidence, de ces quelques indices, que Yapooke cultivé par les indigènes de la Virginie correspondait parfaitement à la Nicotiana nulica , qui y avait éti importée depuis les temps anciens du Texas (var. temna) , et non à la Nie. Tabacum , récoltée par les Espagnols dans le Yucatan, et cultivée par eux sur uue grande échelle dans les Antilles (Voir plus haut, p. 7).
Straehty (I. c.) nous raconte encore comment cec sauvages desséchaient les feuilles de l' apooke au soleil , et les réduisaient ensuite en poudre a priser , ou les hachaient pour les fumer dans des pipes de formes ingénieuses; quelques-unes représentaient des ligures d' animaux , des têtes humaines, et parfois le véritable type mongol. Les pipes plus anciennes étaient en pierre dure comme le granit, le porphyre et le basalte, tandis que chez les Mexicains et les Péruviens on en trouve aussi d'oxidienne. D'ailleurs les pipes les plus anciennes ont une grande ressemblance avec les pipes mexicaines anciennes (7).
(1) Camd««i. I. e.— Ç2) Tobacco Trade, 188b\ p. 2.
(:«) Hartot A briefe and true Report — of Virginia, 1588.
(4) Dao» l'Amérique do Nord le tabac est aussi appelé sema par les Algookina, et oyngoua parles Huron* (Ceeka. I. c. p. 21).
(5) Harlot. Brevis et fida narratio de Commodis Incol. Virginiae, 1590. in D« try, p. 19.— Il est dit textuellement: < Planta est sponte nascent ab indigenis Uppowoc nuncupata. Kt apvd occidentales Indos varia adepta est. Nomina pro locorum, in quitus nascittir, ratione, et usu. ltispani vulgo Tabaco appellant.
(6) Streets?. Jhe history of travel into Virginia, 10I0-,— Falrholt, Tobacco, p. 23. (Voir plus haut, p. 7).
(7) Malgré cela, Lsthar Bscktr n'admet pas que le premier tabac importé d' Amérique ait été produit par la S. rustica; et. qui plus est, niant que l'Amérique soit la patrie des tabacs, il se pose la question suivante: 1st Amerika des H et mat des gebauten labaktartenl et il s'efforce de le démontrer par une longue série d'arguments dans l'im oriaDte revue Die Xatur <I8**0. p. 03 1 et suivautes). Pour contester l'origine américaine de la Sic. rvtlica, Lolhar B«ek«r, à la p. 033 (I. c.) dit, que selon Mra
Nous en tenant donc aux relations de Hariot et de Stratha* , la culture du tabac était déjà en honneur un Virginie , mais limitée pourtant à la Nie. rustiea , dont les graines avaient ét>- sûrement (sous le nom de upateoe) importées de temps immémorial du Texas, c' est-à-dire de son lieu d' origine. Kt 1' on peut conclure que les anciens habitants de la Virgine devaient fitre aussi en relations avec les peuples des régions tro-
chey, (loïO), I" berbe cultivée par les naturels du la Virginie (c'est-à-dire Vapuh) n' avait aucune valeur. Kt comme un savait américain (qui?) a relevé qu'avant 1584 (c'est-à-dire avant l'arrivée des Anglais) le tabac était iocouou (c'est-à-dire, la Sir. labaeum) à la Virginie, il faut doue conclure que la >'•>. rtatica ne devait pas y être employée comme tabac— Eli! bien, le peu ou le manque de valeur, que pouvait avoir la Sic. rutliea . n' empêche pas le fait incontestable de la culture qu' en faisaient les indigènes. Tue chose certaine, d'après Hariot et le même Strieker, c' est que les indigènes la eultivaieut pour s'en servir. Kn admettant manie que le savant américain (dont Becker tait le nom) ait affirmé qu'avant l'année 1581, le tabac était incounu à laVirginie.il faut comprendre que seule la Nie. Iadacum n' y était pas connue. Et I' affirmation de I' américain s' appuie parfaitement sur la vérité, puisque, ainsi qu' il est démontré ci-dessus . les Auglais trouvèrent la S. rutlira cultivée à la Virgiuie. et que c'est eux qui y introduisirent plus tard la .V. labacum. importée des régions de l'Oréuoque et des Amazones. Ce qui est plus extraordinaire, c'est que Becker non plus n'ajoute pas toi à la découverte de la culture du tabac (et respectivement de la S. rutliea) . faite par Cartier au Canada (ISM), par Hawkins à la Floride (iSfiâi, à la Virginie par Hariot d'abord (1584). et par «raefcsy ensuite (1010); il n'accepte pas que le Flamand De Got* ait introduit en Portugal le tabac ne la Floride (puisqu' il parait que pour lui la S. rutliea n'est pas du tabac), et va jusqu'à mettre en doute les détails donnés par Meaardis sur t' liabitude de fumer , comme remède cbez les naturels de la Floride, et la découvorte de nombreuses pipes dans les UoundhiUt de l'Obio! (1. c. p. 632).
Cependant à propos des mound* Ampere a rapporté depuis peu, que dans I' Amérique du Nord . de la région des grands lacs jusqu' au delà du Mississipt. ou trouve des monuments funèbres (Uound) sous forme de terre-pleuis construits par une race certainement supérieure à la race indigène. Cette race, aujourd' hui complètement disparue, devait habiter ces régions au moins su siècles avant la découverte de l'Amérique. Il croit que cette race était d'origine asiatique et venue du Nord (Promenade* en Amérique , 1855). Les monuments se trouvent jusque vers le 4ii.me degré de latitude boréale, et très souvent le long des grands fleuves comme aux Etats du Tennessee, à I' Alabame et à la Floride. 1/ antiquité de ces monuments funèbres, ou l'on a retrouvé les pipes pour fumer dites op-toagun (opteagun. pipe, dériverait de upteoe, tabac, qui serait V upawoc des naturels de la Fieride, et de gun. instrument pour le fumer. Il semble pourtaut que le mot gun correspond à celui de Khuni du Brésil, qui signiOe aussi pipe. Or, le Khun, pipe, des Chinois aurait une grande ressemblance avec le Khuni des Brésiliens, et cela expliquerait comment par I' entremise des Portuguais, les Chinois auraient eu aussi avec le tabac le mot Khun, brésilien, qui désigne l'instrument pour le fumer. Mais on retournera sur ce sujet, lorsqu'on traitera du tabac en Chine) résulte encore du fait qu' ils sont souvent entourés d' arbres colossaux, dont le diamètre du tronc et ie nombre des ïones du bois prouvent qu' ils sont vieux de plusieurs siècles. Les pipes sont en argile cuite ou de pierres diverses comme la serpentine, la diorite. la steatite, le porphyre, ou d'une pierre rouge de pipe dite r#rf pipe Hone. Le red pipe ilone employé dans 1* Amérique du Nord, par les indigènes, pour faire les pipes, est une roche, ressemblant à la stéatite et è la serpentine, plus dure que la craie , mais plus tendre que la pierre calcaire. Il résulte de l'analyse que c'est un idro-silieate d' ailumiuium et de magnesium. Eu somme, selon Catlbi, ce serait uue sorte de steatite rouge , qu' on trouve encore aujourd' bui dans les régions du haut Mississipi.
Pour éclaircir autant que possible l'obscure question de ces monuments funèbres, des peuples qui les construisirent, et des pipes qui en viennent, c' est le devoir de cet ouvrage de rapporter les diverses opinions émises mémo récemment à ce propos.
Pirkmae. parlant des sépulcres des Indiens de l'Amérique du Nord, dit: «Toutes les fosses contiennent des pipes eu terre ou en pierre et quelquefois des objets de cuivre de fabrication américaine. I.e transport des pierres à pipe, qui venaient de ia célèbre carrière de piètre rouge de San Pietro. parmi des tribus distantes eutre elles d'environ I0O0 ligues, prouve l'extension de ce tratle.» (Parksue, Let Jêtuites dans V Amêrtque du Sord au XYll.me tiède, trad. Clermeal-Tennerre . Paris, 18*», p. 5H).
Robtrtioe (Uound-BuiUtert d'Amérique) ajoute (Congrès det Amèricantttet , Luxembourg. 1877. I, p. 3tf) : « Race mystérieuse qui a laissé une 1res large trace daus l' Amérique du Nord, désignée par
picales, de co qui a d6j;i .'té lit, <;'est qu' on trou /ait sculptées sur leurs pipes dV* tlgures d'animaux terrestres et marins appartenant à ces légions.
Il est à présumer que lorsque la première colonie anglaise, dont nous venons de parler, s'adonna aussi à la culture du tabac (1616), la première sorte de tabac qu* elle cultiva fut le tabac, indigène, c'est-à-dire Vuppowoc (Hic. ruatica). Mais plus tard les Anglais
In Américain* sous le nom de Builders Mounds, et dont les monuments (dits Mound*) toot des témoins silencieux et uniques de la race aujouid' liui complètement disparue, tandis qu' elle occupait principalement la grande vallée du Mississipi, qui comprend un espace de 2 l|2 millions de milles carrés.»... (I. c. p. 43>: «Sur les pipes extraites des Mounds (terre-pleins) de I' Indiana, de l'Ohio et de I' Minois on trouve sculptés des oiseaux, des reptues et d" autres aotmaui qui se rencontrent, aussi plus au Sud, aiusi que dans I' Amérique Centrale. On a trouvé aussi des cheminées de pipes représentant des têtes au iront écrasé. Il semble que cette race devait être originaire du Mexique,
et qu' elle se sera transformée ensuite au contact des l'eaux rouges de l'Amérique du Nord.» (I. c
p. 4U>: Les pipes des Mounds-Builders utaieut de deux sortes: J'uue très petite, ayant son fourneau sur une espèce de plate-forme courbe, qui servait d'embouchure; l'autre sous lornied'un aoimai étendu sur un dé percé d'uu tiv>u pour recevoir le tuyau. Au contraire, chez les ludicus qui vinrent ensuit* la cheminée est faite de manière à ce que le tube s'y adapte, et est plus commode à transporter.» ...€ (I. c. p. 53,: Sur les terre-pleins, dit 0* HsllwsH, ou a trouvé des arbres qui comptaient S ou 1> siècles d'existeucc. l.a race n' est pas vraiment préhistorique, mais précolombienne. »
P««t ( Congrès de» Amèrtcamstes, Luxembourg. 1*77, 1. p. 130; rapporte que « dans un mound de la vallée de Scioto lOIno) ou a trouve sept pipes, doul uue représente un Mauale ou LamautlD , qui vit exclusivement sur la cote de la Floride; uue autre représente le Toucau qui vit dans l'Amérique du Sud.»..-* (I. c. p. MM): Il semble que les mounds-builders élaieut plus babiles que les Indiens.
qui vinrent ensuite; mais les objets fabriqués sont les mêmes cbez les premiers et les seconds» € (I.
c. p. ir>l): Le soiu extraordinaire avec lequel us sculptaieut et décoraient leurs pipes (aussi bien les premiers que les seconds) indique que l'action de turner le tabac constituait uue cérémonie, eu môme temps qu' un divertissement»....* (I. c. p. 153): Ii eu cuuclut que les mounds buttders étalent uue tribu d'Indiens d'Amérique, appartenant a la même race que la race actuene, et qui atteignirent uu degré de civilisation aussi e.evé que les Indien» Puebio», qui se trouvaient depuis plus d" uu millier d' années dans uu état de prospérité remoutaut à uue époque antérieure; et que quelques-uues de leurs coutumes se sout retrouvées au seiu des Inbus du goile. même aux époques qui suivirent la découverte de Crlttspk* Csltak. Par conséquent, aussi eue* les peuples Aucieus l'ueblos, habitants de la régiou occidentale des Ktats-L'm.s a' Amérique, l'usage de fumer devait être uu usage commun. »
Barbtr rend aussi l'image d'une pipe t, r av. IV. tlg. 3), constituant I' unique exemplaire qu' il ait connu, retrouvé daus les ruines des habitations des aborigènes. Kile est en terre cuite, et sou on lice d'aspiration est directement proiougé de la clieiniiiée (I. c. p. Si).
Allan démontre que. par leurs émigrations a travers l'Australasie, les peuples du Sud-Ksi de l'Asie, transportés par les courants maritimes, ont apporté daus i' Amérique centrale et méridionale leur civilisation primitive: ce qui n'exclut pas la possibilité que d'autres peuples asiatiques se soient répandus daus I' Amérique du Nord , eu passaut par ie détroit de Uériug (l, c. p. 7'J). Et cela expliquerait comment ou a retrouvé daus ces anciens iiiouumeuLs des pipes, dont ies cbeiiiinées représentaient des létes de race mongole.
li convient de rapporter ici quelques autres documents pour confirmer la possibilité de relations précolombien ues ayant existé entre ies peuples de i* Asie orientale et ceux de 1* Amérique du Nord.
Briiuur d< Bourtwurg ( Monuments anciens du Mexique, Paleuqué. IrttVi, p. XX) rapporte qu' il est pariaitemeut étabu aujourd' tiui, grâce aux notes prises par les premiers voyageurs espagnols , et réétudtèe» par les américauistes actuels (OtlsUa. Emory- Barilstti. que les contrées du centre et des côtes occidentales de l'Amérique, des mes du Rio Une jusqu' aux mines de cuivre du lac Supérieur, ont été anciennement habitées par dos populations, qui ue cédaient eu presque rien pour la civilisation à celles du Mexique.
Quant à des navigations chinoises ou japonaises sur les eétes du Nord Ouest , assura (I. c bib. aut. Ksp. p. 'J8S) assure qu' à l'époque des expéditions de Certs* et D'Alarcan on ohservaitsur les cotes de ces régions des navires ayaut des peilicaus d'or et d'argent h la proue, chargé* de marchandises, et qu' on pensait qu' ils veoaieut de Cathay et de la Chine, parce que les matelots de ces navires faisaient comprendre par de» signes qu" ils avaient fait une traversée de 30 jours. Il existait en outre une tradition constante ebex les populations américaines de l'Océan Paciflque : c' est qu« dea Com. - llùivr. *, r«W T
durent y importer aussi la A7r. jTufoicwm / et morne le nom de Oroomiko (It, ainsi que celui o> ^wiflurojifMjïWMm (2), par lesquels il? rivaient l'habitude de désigner le nouveau tabac, révèlent clairement qu'ils l'avaient importe des regions de l'Orénoque et des Amazones.
Dès 1620 , on y introduisit une autre sorte de tabac , nommée SicM arented , plus parfumée et plus douce que les deux premières, avec des feuilles arrondies. Cette dernière sorte variait ainsi que les deux précédentes (Billing*, I. c. p. f>2) (3). Le meilleur Swwt-acenttd s* obtenaient mémo dans les répons comprises entre les fleuves York et James (4), d'oii il s'est répandu dans les autres Etats de l'Amérique du Nord (6).
Cela est aussi confirmé par Billings, qui dit que les plus tins tabac de Virginie s'obtiennent dans les régions montagneuses ; mais la production en est mince , comparativement a celle des régions du Dan et du James River. Los feuilles obtenues dans le Sud-Ouest de la Virginie sont plus délicates et de couleur plus claire; celles du James River ont une réputation universelle depuis 1620, où l'on en commença la culture (6), pouvant même arriver par les soins à avoir une couleur jaune clair (7).
De la Virginie le tabac fut ensuite introduit dans la Caroline du Nord , au Maryland , et enfin au Kentucky (S), qui est aujourd'hui la région américaine qu'en produit la majeure quantité (9).
hommes, appartenant a des régions lointaines, venaient autrefois d'ouire-mer dans les principaux pons de ces cotes, pour motifs de commerco (Bitumante, io Sakaaun, llitt. gen. de l>u cota* de Sueva K*i>ana. p. VII). Oj observait aussi des plaines couvertes do plantes, parmi lesquelles la vigne, le mûrier et la rose (coll. Ttrnaw, Catlanada. Rel. du voyage de Cibola, 1540, p. VM).
Or. la magnificence des monuments du Mexique antique, la sp.en leur et le< fastes Je» Cours. In majesté des temples et des idoles, ia somptuosité des rites religieux . ie* sacrifices, les mythes, les hyérogliphes. les traditions, semblables à celles de l'antique Egypte . de I' Assyrie et de l'imle, font naître dans I' ame le grave doute, si tout ceci ne soit pas le résultat d'une i nut u ion . ou bien uue même aspiration du génie humain!
Cependant, cette certitude des migrations des peuples asiatiques dans l'Amérique boréale avant la découverte du Nouveau Monde ne peut encourager en rien 1* opiniou. que .e tabac ait été aussi importé de l'Asie. Et en vérité, tandis que le* arguments positifs manquent pour affirmer son origine asiatique, puisque aucun des voyageurs ui des naturalistes, qui ont paroouru l'Asie avant la découverte de l'Amérique (ainsi qu' ou le dira en son lieu\ n" on a fait la moiudre mention, il est certain au contraire qu'il était si largemeut cultivé par les peuples des régions entourant le golfe du Mexique, et des autres régions întertropicales de l'Amérique, qu'on doit le considérer comme absolument indigène de ces contrées, et nou d'autres.
(1) Billiagi, 'Jobacco. p. 50.
(2) (Anonyme). Abhandl. ran dem Tabac/te. (.eipzig, 1781, p. 5.— On y lit que VAmazonenpetum se distingue du tabac brésilien dit return par ses feuiiles pointues, moins grasses, iiioms gommeuses et moins épaisses. Par ce mot fs il correspondrait à lu Stcotiana labacum, var. rirginiea <Agdh), diverse du lYium décrit et représenté par Tktval: ce dernier correspondrait A la A'. laOnrum, var. brastlienxi*. t'omes.
(3) il s'agit probablement de la Sic. labacum. var. nwcrophylla Sclirank. et par conséquent de la souche mère du Maryland actuel, sans exclure ia var. hamnenti*, souche du tced-lexif actuel.
<4i (Anonyme). Abhand. v. d. Inbacke, Leipzig. I7sl, p. 'M. — (5) (Anonyme) I. c p. '20.
(0) Bllllnjs. ïobacco, pp. ÏJo. :SS8— (7) Bllllatt, I. c. p. 23.— <H) Billinit. I. c. p. 75.
(U) Latkar Backer reconnaît que sous le régne de JacqiMS l.er les Auglaii introduisirent la culture du tabac en Virgiuie. particulièrement de la .V. lobncum et de la .Y. macrnphylla, les important des pays tropicaux (I. c. p. 032). Il ajoute que les nouvelles espèces de tabac introduites étaient meilleures que celles qui s' y trouvaient (qui étaient, ainsi qu'on l'a vu. des sortes de la Sic. ruitica). Mais pourtant, après avoir dit que les nouvelles espèces introduites provenaient des pays tropicaux, il assure que les espèces les meilluures y furent importées d' Europe (t). on les cultivait avant l'année 1810 (I. c. p. (i-V)).— S'il en était ainsi, comment Backar eipliquerait-il les noun de Oroonoka et de A ma xonenpelum, par lesquels on désiguait alors les tabacs àv Virginie» Ces deux noms sant le plus grave document pour démoulrer le fait, que les Anglais en prirent les graines dans les régions tropicales d'Amérique et non en Europe.
De plus nombreux détails ont été donnés récemment par Kitlebrew (1) aur cette importante question. Il rapporte donc: " En 1612, John Rolfe entreprit le premier la culturo du tabac en Virginie, et i ans après, avec l'assistance et la protection assidue du Gouverneur, Sir George Yeardly, les colons commencèrent à en tirer profit. En 1617, à son arrivée à Jamestown, le nouveau Gouverneur, Samuel Argall, trouva tout le terrain do Y intérieur converti ou un soul champ de tabac , tandis que les travaux publics , les constructions, les maisons , etc., étaient laissés dans un état de complet abandon. Ces colons, envahis par la fièvre de l'or, après mille tentatives infructueuses, après des efforts infinis accomplis sans aucun succès, épuisas par les maladies et les fatigues, découragés par la solitude , trouvèrent, enfin la force et le courage de résister à leurs misères en tentant la culture du tab ic. Et comme elle fut très remunerative, une véritable passion s' empara de ces colons, avides de s' attaquer à tout ce qui pouvait leur faire espérer un avenir prospère. Le tabac devint bientôt pour eux la base des échanges, la monnaie courante du pays, la mesure de tontes les valeurs, l'objet d'un dur labeur le jour, et de songes dorés la nuit. La première expédition d'environ 10 mille kg. fut faite pour l'Angleterre en Juin 1619, et comprenait toute la récolte de l'année précédente. Quoique Jacquet l. ,r ait, en 161N, frappé l'importation du tabac en Angleterre d'un droit de 6 pences par livre (c'est-à-dire 132 Francs par quintal) la colonie de la Virginie so mit à abattre les forêts pour cultiver le tabac, et en tirer sa subsistance „ (2).
" A la colonie composée d'abord seulement d' hommes , jeunes et célibataires , on envoya d' Angleterre en 1620 quatre-vingt dix jeunes filles respectables, pour être épousées par les colons, qui devaient donner on échanges les seules dépenses de transport, qui furent évaluées de 120 à lôo livres de tabac (S). Soixante autres jeunes filles suivirent en 1621. A partir de cette époque les liens sociaux se renforcèrent, et la colonie de Virginie fut constituée. „
u Le tabac subvint seul à tous les besoins de 1' Etat, à son développement , à sa civilisation et à sa culture. Au tabac seul, et aux prolits qu' elle en tirait, la néo-colonie dut son existence , puisque sans l'appui intéressé et la protection jalouse de la Mèrepatrie elle aurait, certainement été supprimée et anéantie par les indigènes. Mais comme les colons, infatués du tab.ic, négligeaient de produire mémo les aliments de primière nécessité, la Virginia Comjiany écrivait d' Angleterre eu 1621 au Gouverneur d'avertir les colons que, l'année expirée , ils ne devaient plus attendre do la patrie aucun aliment en échange du tabac. Oit décréta alors que chaque colon ne pouvait pas cultiver plus de 100 plantes , et sur chacune d' elles pas plus île 9 feuilles n' étaient tolérées , au lieu de 25 ou :V), ainsi que cela était d'abord permis. „ (4).
(1) «llaartw, in Western tobacco Journal, 18LW, n." 45:-Kill«brt» and Myrick, 'lotacra-leaf, IK'JT. pag. 4, et smv.
i'h L'importante emigration des Anglais dans leurs possessions américaines contribua surtout au développement de la culture du tab.ic, Jtcqu«t l.er ayant décrété qu' il* jouiraient dans eescolome* lointaines des mêmes droits que ses sujets habitant l'Augle'errc. Mais avec les hommes une grande émigration lies femmes d'Augleterre eut aussi lieu, et pour parer à cet inconvenient la Compagnie louionuieune contiu la veule du uba: à Londres (IBIS).daus les limites de !00 à .HJO livres, à ttO jeunes tilles ( Ndicht. I. c. p. y).— La culture du tabac se augmentai la Virginie, lorsque JactiM l.er interdit (UfcMj tout espèce d'élevage du tabac en Angleterre, et ordonna qu' on ue devait importer dans le Koyaume aucun autre tabac que celui de la Virginie et de la Hermude (Porter. Tropical Agricultttrixt, cfr. Fcrguiton. 1. c. p. 14).
(3) Chacune de ces demoiselles arriva à coûter environ '2 mille Francs (cfr. Mantegaïu. Igiene , 1871, p. IH7).
(4) Depuis Ht*-» l'importation annuelle du tabac américain en Angleterre montait à U somme d« 142 nulle Livres sterling (cfr. Mantetaua, I. c. p. las.).
" Jin 1629 , on limita à 3000 plantes ia quantité concédée a chaque groupe de cultivateurs ou à chaque commune , et 1' année suivante cette quantité fut réduite à 2000 plantes. Malgré cela la culture et la valeur du tabac continuèrent à augmenter. La récolte, qui était en 1621 de 55 mille livres, monta à 1500 mille en 1639. La valeur de l'échange, qui était de 9 pences par livre en 1633, monta à 20 pences en 1641. Cette même année on détermina la mosure du poids , et il fut établi que quatre barriques de tabac devaient former une tonno „ (l)
" Pour donner une idée des bénéfices que 1" Angleterre retirade sa nouvelle colonie, il suffit de rapi>eler le fait que, sous le règne d' Elisabeth, los droits réunis d'importation en Angleterre arrivaient à peine en 1590 à 50 mille Livres sterling; on 1676 , au contraire, on retirait du seul impôt sur le tabac la somme de 120 mille Livres sterling „ (21.
" En 1780 on institua en Virginie des Magasins <T inspections , dans lesquels trois inspecteurs étaient chargés de vérifier le Ubac dans les barriques, et d'en contrôler le poids , qui fut définitivement établi sur la mosure de 800 livres par barrique (3). Le tabac de rebut, ou non négociable, était brûlé en présence des inspecteurs. Les prix oscillaient do 10 à 18 shellings par 50 kg. „ (4).
" En 1759 l'exportation dépassa 60 mille barriq. De 1772 à 1775, inclusivement, on exporta annuellement de Virginie environ 100 millions do livres, ou 125 mille barriq. Pendant les 7 années de la guerre de l'Indépendance (do 1776 à 1782) , 1' exportation diminua considérablement, se réduisant à une moyonne d'environ 12 millions de livres par an. Dans les années suivantes, de 1786 à 1789, on expédia en Kurope un total de 27 millions de livres, dont la moitié pour l'Angleterre „ (5).
Ainsi qu' on l'a déjà dit plus haut, en Virginie on payait tout avec le tabac; et eu 1669, même l'amende pénale pour fornication, ou pour adultère, fut fixée à 5(J0 livres de tabac (6). Bunaby raconte qu'en Virginie (qui faisait partie du diocèse de Londres) les prêtres (ou Pasteurs) étaient, à cette époque, payés eux aussi avec du tabac. Il arriva qu'une année, où la récolte de ce produit avait manqué, l'Assemblée décida que les Pasteurs et les autres fonctionnaires seraient payés en argent, a la place du tabac devenu rare. Le clergé trouva cette réaolutiou injuste, et prétendit que ses appointements fussent payés en tabac, malgré le renchérissement de cette marchandise, attendu qu' il était obligé à la recevoir aussi dans les années, où elle était à vil prix. Les autorités anglaises donnèrent raison au clergé; la résolution tut révoquée, mais le peuple on resta irrité pendant longtemps (7). Le m âme auteur ajoute que les habitants de la Virginie vivaient sans se préoccuper du lendemain. " La culture du tabac leur suffit; pourvu qu" ils
(1) Ko 1003 la Virginie envoya 60 mille livre* de Ubac eu Angleterre (Cooke, I. e. p. 31).
(2) Cette somme atteignit ensuite l'énorme chiffre de 2 millions de Livres sterling en l8W,comme revenu net des taxes sur le tabac (Klllekrtw, I. e.).
(3) Au début du 18.roe <iècle la culture du Ubac était l'unique objet des préoccupations des colons de la Virginie et du Maryland. Leur tabac atteignit un tei degré de perfection, qu' il était regardé comme le meilleur du moude. spécialement celui cultivé le long du (leuve York; c'était presque le seul qu' on consommait en Angleterre. Celui appelé Oronoac et l'autre obtenu au Maryland éuieut plus chauds à la bouche . mais se rendaient bien aussi, parce qu' ils étaient appréoés eu Hollande, en Danemarc. en Suisse et en Allemagne. A cette époque l'exportation avait atteiut chaque année dans I' Amérique du Nord la quantité de 30 mille barriques . qu' ou veudait à raison de 5 Livres sterling chacune (Prévoit, UisL if. voyages, 1*23, XIV. p. 4*2).
(4) En 1744. on exporta de Virginie 40 millions de livres de produit, doot 7 millions restèrent en Angleterre, et le restant fut réexporté en d'autres pays (Nltscke. I. e. p. 20).
(5) Le tabac récolté anuuellemeut en Virginie s,e calculait, d'aprù* I" American Museum. 1788. à la somme de 6 a 7 mille Livres sterling {Ferraris. Costume maieo e modenw, 1834. XII. p. 125).
(tt) Nanbfaaa. Igiene, 1871, p. 188.
(7) Bernaky, Voyage dan* les colonies du milieu de r.\m<-rique septentrionale, 1778, p. 4«.
puissent contenter les négociante de Londres, et satisfaire lours propres plaisirs, ils ne désirent rien autre n (1). •
" Actuellement c* est la contrée Middle de la Virginie , qui présente la plus grande extension de culture. Kilo a une superficie onduleuse et coupée de collines et de vastes plaines en grande partie primitifs. Son terrain appartient donc aux premières formations, et est le résultat de la pulvérisation naturelle des roches cristallines. Actuellement le tabac pour I' exportation , lourd et foncé de couleur, so produit dans le plaines au sol gras et argileux; et l'autre, pour 1' usago local et de couleur clair, est cultivé dans les terrains légers , sablonneux et élevés. Le tabac pousse très vigoureusement dans les terrains calcaires; mais il est ordinaire et de grossière qualité, ainsi qu'il advient dans la région du Piedmont. Dans le district de Blue Ridge les collines sont pourvues d'un sablo clair, et, pour cette raison, offrent les meilleurs torrains pour la production du tabac „ (2).
Ainsi qu'on devait s'y attend ro , la culture du tabac alla en augmentant dès les premiers temps, et s'étendit peu à peu de la Virginie aux autres régions de l'Amérique du Nord, si bien qu'en 1670 elle se trouvait introduite au Kentucky, au Tennessée, au Maryland, au Connecticut, dans l'Ohio, dans la Caroline, l'indiana, l'illiuois, au Missouri, à la Floride et au Texas (3).
d) Iratncky. - Kiltebrew continue à rapporter (1. c.) que " l'Etat do Kentucky, produisant aujouid' nui uno quantité do tahnc deux fois supérieure à celle obtenue par tout autro Etat de l'Amérique du Nord, doit, l'origine de sa culture aux colons de la Virginie. Son terrain fertile, riche on argile, fut trouve éminemment propice à la production d'un tabac lourd et spécialement adapté à l'exportation; de sorte que, en peu de temps, l'Etat de Kentucky devint le principal marché de tabac pour exportation. D'après le système en usage, le tabac fut mis et préparé dans des barriques, qui étaient traînées jusqu' au fleuve Cumberland, et qui, chargées ensuite sur des bateaux, étaient transportées à la Nouvelle Orléans „ (4).
" Le prix de ce tabac resta toujours très bas jusqu' en 1820, oscillant entre 2 et 3 cents par livre. Après cette époque il accrut ainsi que sa valeur, surtout par suite de la concurrence ot du commerce local, qui commence à exister ves 1840. A partir de ce moment la production du Kentucky augmenta rapidement; elle arriva à 55 millions de livres en 1850; à 108 millions en 1860; à 171 millions en 1880; à 200 millions en 1887 „.
" Après la culture do la nouvelle sorte connue sous le nom de Burley, le cercle des torrains destinés au Kentucky à la production du tabac s'étendit avec une surprenante rapidité. La fameuse région du Blue Qraas (Poa a»npreaaa) renommée par ses superbes chevaux, par la magnificence de son bétail, et par la beauté de ses femmes, fut tout-
Ci) Blraaby, I. c. p. 5*.
(2) Klll«kr«w. I. c— (3) Tl.Onuu. I. c. p. 130.
(4) Ha 1785, Wilkinson, du Kentucky, s'engagea par contrat avec les autorités espagnoles de la Nouvelle Orléans à leur fournir le tabac, le transportant avec des barques. Il est à supposer que eu tabac était en majeure partie produit dans le Kentucky. Il est bien certain qu'on le cultivait avunt 1810 dans les régions centrales et méridionales du Kentucky et au Tennessée. L," exportation n'existait que pour la Nouvelle Orleans, jusqu' en 1833; mais n partir de cette année, des factories ayant été conslruites a Clarksvilie, on commença aussi l'exportation pour te marché anglais et ensuite pour les autres marches d'Europe. Ou institua des Magasins d'inspections à Uuisville en 183V» . à Clarksville en 18*5. dont les inspecteurs étnieut chargé* de veiller a Ij production et au commerce du tabac dans l'immense vallée du Mississipi. C est à leur influence bienfaisante qu' on doit que la production actuelle du tabac au Kentucky égale celle .1* tous les autres Ktats d« l'Union réunis (Killsbrew and Nyriek, lobacco lenf, iK>J7, p. 8>.
de-suito envahie par la sorte de tabac nouvollo et proférée. De riches villes el des parcs délicieux tombèrent sous la charrue du cultivateur pour faire place à cette nouvelle culture ! (1) „.
e) Tenneaaée.-" L'Etat du Tennessee commença à son tour à s'adonner à la culture du tabac vers l'année 1810. En 1H40, la Henry County primait toutes les autres en fait de production du tabac, ayant donné à cette époque presque un million do livres de plus que les autres comtes de l' Eut. EIIh se laissa vaincre ensuite par les régions dont Clarksville est le centre. C est aussi dans cette villo que furent faits , vers 1842 , les premiers efforts pour établir un centre commercial , non sans avoir à surmonter de grandes difficultés, à cause de la répugnance qu' «prouvaient les cultivateurs à donner une nouvelle direction à leurs expéditions de tabac, qu'ils faisaient affluer à la Nouvelle Orléans. Ce ne fut, en effet, qu' en 1845 qu" on ouvrit a Clarksville les premiers magasins d' inspections, où entrèrent et so vendirent les 900 premières barriques de tabac. L'année suivante d'autres magasins s'ouvriront, et Clarksville devint bientôt le promior marché de l'Ouest „.
a Louisville, Paducah, Hopkinsville, Evausville, 8a int- Louis ot Nashville sont des marchés plus variables , étant , à I' exception de Hopkinsville , situés d;ins dos régions qui se prêtent aussi à la production d' autres produits. Le tabac de ces marché* est expédié dans presque tout l'univers, an grand bénéfice de tous les Etats, mais surtout de ceux soumis au Monopole, qui tirent du tabac des bénéfices énormes „.
* Il est extrêmement rare de trouver réunies dans le tabac les deux qualités les plus essentielles: les grandes feuilles et le tissu tin. Cette heureuse combinaison se rencontre seulement dans un petit nombre de districts des Etats-Unis, où I' on produit le tabac d'exportation, et en premier lieu dans celui de Clarksville, qui vient très juste ment en première ligue, étant le seul où se trouvent réunies toutes les qualités désirables du tabac: c'est à dire la largeur de feuilles, la couleur, la subtilité des nervures et des cètes, le corps, l'élasticité, la souplesse et la finesse de tissu „.
f) Caroline. - u Avant 1852, la production du Ubac éuit insignifiante dans la Caroline du Nord. Depuis lors, pourtant, les choses changèrent à l' improviste. Deux frères, du nom de Sladi du comté do Caswell , qui vivaient sur une colline aride, situ>« entre deux fleuves, tentèrent quelques expériences de culture tie tabac dans cette localité après d'infructueux essais d'autres cultures, le terrain étant sablonneux, et tenu eu peu d'estime, à cause des alluvions aux quelles il éUit sujet. Les expériences entreprises par les deux frères Slade donnèrent immédiatement de bons résultats, et les voisins s'empressèrent de suivre lour exemple. „
" Le Ubac, cultivé dans ce terrain, présentait sur la plante uno belle couleur jaunecitron , et conservait son brillaut éclat même après la préparation par la chaleur artificielle. A cause du manque d'huile et de graisse le tabac gardait sa belle couleur jaune sous la plus forte pression. Il primait ainsi tous les autres tabacs jaunes; car le Missouri, l'Arkansas, le Kentucky et la Virginie produisent aussi du tabac d'un beau jaune, mais dont la feuille, soumise à la pression, se Uche et altère ainsi sa bello couleur naturelle. 11 est donc évident que les qualités du Ubac de la Caroline donnèrent une puissante
(I) A l'exception de ceux de la Virginie, les habitants «iu Kentucky sont les plus anciens cultivateurs de tabac aux KutU-Uuis. Actuellement les lerre» baiguées par la Greeu River en offrent les champ» les plus vastes du monde . produisant aussi les fouilles les plus larges. lis emploient les procédés de culture et les précautions en usage dans la Virguiie; ot lis les out si bien perfectionnés, qu' ils produisent dans leur rameuse vallée les meilleurs tabacs du commerce (eillUgi. I. e. p. :»>).
impulsion à la culturo du tabac jaune. Tous les terrains disponibles, vieux champs abandonné ou reconnus impropre» à toute culture, furent bientôt convertis en tabac , et se découvrirent excellents. Dans les lieux, où il ne croissaient que la canne sauvage, le pin, le persimou, etc., le sol, si l' on pouvait i' appeler ainsi , fut reconnu le plus apto à la production de la feuille dorée „ vl).
" On raconte des histoires merveilleuses de fortunes faites en peu d' années avec la culture de ce tabac. Un pauvre soldat licencié de l'armée après la guerre civile, eu 1807, sans un sou, et ayant ft flls, se réfugia dans la Caroline; grâce à l'aide charitable de quelques amis il put cultiver quelques acres de terrain inculte et le planta en tabac. Avec le seul produit de la première récolte il put non seulement payer les frais, mais encore soutenir sa famille et même acheter le terrain. Quand l'Auteur visita plus tard la Caroline, en 1880, il trouva ce cultivateur installé dans une élégante habitation, possédant deux ou trois propriétés et en plus 150 mille Francs, et faisant élever ses fils dans les meilleures institutions du pays „.
" Ces exemples se comptent par centaines , et beaucoup sont très récents. Nulle part comme dans la Caroline on n'a vu d'aussi rapides ni d'aussi importants changements de fortune. De vieilles villes misérables , des territoires et des propriétés abandonnées ont repris instantanément une vie nouvelle. L'argent retourna avec abondance; de nouvelles entreprises surgirent, des chemins de fer, des maisons, des magasins, des écoles, des églises s' élevèrent comme par enchantement. Et tout cela, grace au tabac cultivé dans un terrain considéré auparavant comme n'ayant aucune valeur „.
g) Autre» Rate. -Les colonies de la Nouvello Angleterre et New-York commencèrent à cultiver le tabac dans la décade 1640-1650 (2); mais la culture en fut vite abandonnée pendant plus de cent ans, et réprise seulement dans le sièele actuel (3). Il est certain que, soit à cause de la rigueur du climat, soit parce que la saison de culture est trop brève, la qualité de la feuille , surtout pour les produits à chiquer , qui s' obtient à la Nouvello Angleterre et a New-York est très inférieure a celle de la Virginie ou de la Caroline du Nord; tandis qu' elle est excellent pour les cigares, aussi bien par la finesse du tissu, que par la souplesse de la feuille, qui se peut difficilement égaler „ (4).
(1) tas régions septentrionales de la Géorgie, occidentales de la Caroline du Sud, le* terres blanches de l'intérieur du Teuneisée et de l'Alabama, les contrées montagneuses du Miasiisipl. de la Louisiane et de l'Arkausa*. les versants de« montagnes du Missouri, plutôt pauvres actuellement, pourraient toutes retirer d' importants hauéfices de la production du tabac jaune. On fait chaque année de nouveaux efforts pour l'augmenter. Les blanches et stériles terres qui entourent Tullalioma. au Tennessee, produisirent en 1890 du Ubac jaune aussi On que celui de la Caroline du Nord. Cette heureuse expériences ouvre un large champ à cette culture, qui peut ainsi se répandre sur un' extension de plus de 500 mille acres de terres dans le centre du Tennessee (KIHehrtw and styrtek. I. c, p. 12).
(2) En 1038 ce furent des «olcns Hollandais qui commencèrent la culturedu tabac; puis, eo I63U, les cultivateurs de Virgiuio ûmigréreut et y apportèrent leurs méthodes de culture perfectionnées (Billings. I. c p. 76).
(3) L'usage du tabac fut prohibé aux Etats Unis en 1650. par une loi parue dans le code de l'Eut de Connecticut (cîr. Gereea y De «cette. El taàaco en Cuba. 1W7, p. 13).
(4) Ce fut après la guerre civil© que la culture du tabac pour cigares se développa dans la vallée du Connecticut (Coniiecticut teedleaf). Meanwhile, la partie orientale de la Pennsylvanie et la partie centrale de l'Ktat de New- York, suivis bientôt par la vallée lieMiami dans l'Ohioet par la partie méridionale du Wisconsin, sont arrivés maintenant à produire plus de 100 millions de livres de feuilles k couverture (Killsbrew and Myrtes, I. c. p. 9):— (Billings. I. c. p. 77). Dansl' bio on en produit une qualité excellente, connue sous le nom de Xorthem-Ohio, qu' on prépare pour les consommateurs les plus raffinés d'Amérique et d'Europe. On y cultive pourtant aussi d'autres sortes, comme le Thick sel, le Pear Iree, et le Burley (Bllllaas, I. c. p. 3»U).
" Dan» l'ordre chronologique de culture, c'est la Pennsylvanie qui suit aujourd'hui pour la production de tabac pour cigares , fort apprécié pour sa belie couleur et aussi pour la solidité et la résistance de son tissu ; mais il est inférieur à celui du Connecticut (1) comme douceur d'arôme et souplesso de tissu „ (2).
" Dans les comtés du Missouri , où l' on cultive le tabac d'exportation, le sol est formé d'alluvion, riche de chaux, de magnésie, de potasse, d'acide phosphoric ue, de silice et d'aluminium, et recouvre des couches cai lanifères, l/cs meilleurs tabacs proviennent des terrains où pousse le chêne blanc, et sont souples et de couleur cendrée. Lour culture va toujours en augmentant , (8).
" Dans I' Indiana le sol est de diverses natures , mais il appartient à des plaines d'alluvion, dont les terres sont limoneuses et très fines. ïje tabac des collines est de couleur claire et a plus de valeur que celui des plaines „.
" Le tabac de l'illinois est généralement de qualité inférieure, parce qu' il provient de terrains calcaires „ (Killebrew, I. c).
Buriaby put observer que la principale richesse du Maryland résidait, dès le siècle passé , dans la culture du tabac ; et il dit que relativement à la Virginie cette région était un diocese (4). Avant 1810, au Maryland, 83 mille Nègres étaient employés à la culture du tabac. Cette culture, qui fournit le principal objet d'exportation, existe partout, mais principalement dans le voisinage ùu Potomac et des autres fleuves moins importants (6). Les terrains dostinés à ia culture du tabac lourd d'exportation {Shipping Districts,, au Maryland, sont à peu près de la môme formation que ceux de la Virginie. Dans les terrains fins et secs on obtient un tabac léger, rougeatro et do grande valeur. Dans les terrains gras en produit un tabac foncé, lourd et de qualité inférieure (6). Los meilleurs tabacs du Maryland, qui sont quelquefois couleur d'or, sont aromatiques, surtout ceux de la région dite Reine Anna (7).
Les tentatives faites pour cultiver le tabac en Californie (8) n'ont pas été couronnées
(1) Les meilleures terras à labae de la valiée du Connecticut sont celles des environs de Hartford: ce sont des terres d'alluvion, sablonneuses, marneuses, avec un peu d' argile..... A cause de la bonté de leur qualité les feuilles du Connecticut seed-leaf sont adoptées depuis un quart de siècle pour
couvrir des cigares ; pourtaut leur production exige des soi os assidu* ei un engrais spécial (ttllingi.
I. c. p. 314).— La culture du tabac est introduite daus I' Obio depuis euvirou un demi-siècle. On remarqua dès les premiers temps l'excellent résultat doaoé par le seed leaf et le tabac pour bacber. Le produit ressemble à celui de la vallée du Couuecticut. et l'on peut obtenir d'une couleur cannelle ou une nuance plut claire: mais la qualité se prête mieux i faire un excellent tabac liactié que roulé. Les cultivateurs de l'Ohio sont les plus habiles dans les soins qu' ils apporteut à la fermeutation de la feuille. Ce furent eux qui entreprirent le» premiers cette culture dan» i'Ouest, et qui la menèrent à bien, maluré de grandee difficultés et de premiers insuccès («illinaa. 1. c. p. 3JS).
(2) Ullebrsw, in Western tobacco Journal. ISWJ. n. 45.— (3j Gilmer*. History of tobacco, 1H78, p. fi.
(4) BuraaJjy, Voyage dam Us colonies du milieu de l'Amérique Septentrionale, 1878, p. 40.
(5) Fsrrarie, Costume antico e moderno. 1834, Xtl. p. 97.— («) Kllttbraw. I. c.
(7) J. t.. Gentleman 's Rauch Brevier, 188(1. p. 87.
(8) D» P(a«) observe pourtaut que les aborigènes delà Californie ainsi que les autres Indiens employaient et emploient un tabac sauvage {Cimaron), plante que la nature a refusée à très peu de contrées du Nouveau Monde , quoique plusieurs botanistes se soient imaginé qu' elle ne pousse que dans une seule localité, d* où on I" a ensuite trausplautée dans les Antilles i0« P<aw>. Kech. phil. s. L Atnér., 177 i . I. p. 202).-Or le tabac sauvage, auquel De P(a») fan allusion, don être la Sic. quadrivaMs, aujourd' but adoptée par les Peaux-Rouges du Nord, ou encore ia Sic. Clerelandii (Lock. 7obacco, I860, p. 3, 214). 11 est superflu de relever son atûrmation de I' extension du tabac sauvage, puisqu'il suffit de se reporter i ce qui a été dit à propos de la découverte ci de l'extension iiu tabae en Amérique. Ce tabac sauvage, au contraire, appartient presque exclusivement a la région de I' 0régon. — Pour remplacer le tabac, les Peaux Rouges de l'Amérique du Nord ont l'habitude de prendre les feuilles du Rhus typhina, du Rhus copaUina, de la Lobelia inflata.d* \" Arctostaphylus Vra-ursi.
(Ceehi, I. e. p. 107).
de succès d). I.« tabac Hamne dégénère facilement; mais celui de la Floride se conserve bien. Et comme le climat et le sol paraissent adaptés a cotte nouvelle production , on no néglige rien pour la frire réussir , spécialement dans les terres baignées par le Sacramento. Tour atteindre leur but quelques propriétaires emploient des Chinois, qui sont très experts dans l'élevage de la plante et dans les soins à donner au produit, et qui passent mémo leur vie dans les champs qui leur sont confiés (2).
Tableau de la valeur de l'exportation du tabac aux Etats-Unis, en 1877.
La valeur de l'exportation du tabac aux Etats-Unis, on 1877, pour les destinations suivantes est écrite en milliers de dollar, et ainsi répartie, en chiffres ronds:
Angletene (Milliers de dollards). . . 0S4P
Ecosse 357
Irlande 14
Gibraltar 21»
Canada tioo
Amérique anglaise 05
Indes occidentales anglaises 277
Afrique anglaise 2:12
Indes orientales anglaises 27 ;
Australie 235
Autres possessions anglaises 21 '
Espagne 050 1
Cuba 91
Porto-Rio 10
Possessions espagnoles 3
Allemagne 7U25
France 3541
Amérique française 123
Possessions françaises 142
Brésil 11
Chine 23
République Angentine 98
Hollande (milliers de dollards) .... 1533
Indes orientales hollandaises 2
Indes occidentales hollandaises. . . . 00
Mexique 71
Italie 2391
Venezuela 14
Belgique 359
Ja]*on ô
Colombie 128
Iles Sandwiches 19
Uruguav 04
Haïti . ! 88
S. Doiningue 3
Pérou 37
Amérique centrale 10
Chili 55
Danemarc 1
Indes occidentales danoises 10
Portugal 302
Possessions portugaises 47
Autriche 058
Liberie et autres pays 50
Donc, l'exportalion du tabac aux Etats-Unis d'Amérique, en 1877, a été d'environ 26 millions de dollards, dont 24 millions pour le tabac en feuilles, et 2 millions pour le tabac fabriqué (3).
Cette valeur énorme correspond a l'autre statistique d'exportation suivante, comprenant le total de millions di Kilogrammes exportés:
1873 (millions de K(ç> 107 lH7f. (millions de Kg) 1121 «80 (millions de Kg) 107 I IHK5 (mill, de Kp) 1 10
|HQO . — __ |'^>
U74 l.V.» IH7<.) ,«l t«H* W\\WXl I 04 (4>
(I) DtmitMdltr, I. c. p. 91;— Scbemr. La vita erimamien dei popoU. (BiW. Kcon. Torino, IH05. H. pag. 147).— (2) BIHUgi. 1. e. p. 330,,
(3) Gilmer*. Htilory of lobaeco, ;S78. p. 7.
(4) DarnttudUr, I. c. p. 03.— D'après UwlmUi* (I. c. p. 41). la production du tabac indigène aérait d'environ 4 ( .*ô millions de livres anglaise»; l'importation de 27 millions de livres, et la consommation par habitant de 3,0ft livres <k(t. 1.39). La valeur du tabac indigene serait d' environ 3« millions de dollard»; celle du labac importa de 13 millions de dollards: et celle du tabac exporte de 25 millions de dollards. Le revenu de IKtat par habitant serait de Marcs 2.6K. pour une dépense individuelle de Marcs 4.20-, mais ces chiffres paraissent très intérieurs a la realité. D'après Pearton't Magasin*. 1896, Décembre, p. flW. la consommation par habitant aux Etats-Unis eat vsluée i 43 Onees.
Cour» - Hi.toir, du Tmlat. *
L'Angleterre représente le marché le plus important du tabac américain. En ISt»r, elle en importa 90 millions de livres. Le Bird 's- Eye est la seule sorlo recherchée. Elle se reconnaît ù la section transversale tic la tige, qui a Inspect d'un <eil d'oiseau, et se cultive dans les districts de Green River, de Clarksville, de Burley, en Virginie et dans la Caroline du Nord. On y exporte aussi 2 mille barriques de White-Barley, et 10 mille de tabac de la Virginie, de la Caroline du Nord et du Tennessee.
Kn 1895 on a expédié eu France 35 millions de livres, dont 8 millions de Hurley: 9 millions de Kentucky; 16 millions do Virginie, et ie reste de Maryland et de Ohio.
Dans la même année 1895 on a expédié 24,6 millions de livres en Italie, dont 18 mille harriq. de tabac lourd du Kentucky, et 3 mille barr. de Barley et de Virginie.
Pour l'Autriche on a l'habitude d'exporter seulement l«s qualités fines pour ci, -ares, choisies en Virginie et dans le district de Clarksville.
Kn 1895, on a expédié en Espagne 26 millions de livres, consistant en grande partie de qualités intérieures de l'Ouest, à l'exception de 2 mille barr. de Virginie et de Barley.
« >n expédie ordinairement en Allemagne le German saucer, à feuilles corsées, destin ; à être saucé, fourni principalement par la Virginie, ot aussi en partie par le Tennessee et le Kentucky. Ou y ex) edie encore tin Spangled do la Virginie , de l'OAto et du Maryland ainsi que du Burley et du Seed-Leaf. En 189Ô T exportation Tut de 54 millions de livres.
On expédie chaque année pour la Suisse 5 à 600 barr. de feuilles à cigares icapes) fournies principalement par le district île Clarksville.
l'our l.i Hollande on expédie la même qualité que pour l'Allemagne, mais do feuilles plus légères, sous le nom de hatch saucer. On en a expédié 20 millions de livres en 1895.
on exporte aussi pour la Belgique la même qualité que pour l'Allemagne et la Hollande, sous le nom de Belgian-Cutter. Il s'agit pourtant d'une sorte inférieure destinée à être hachée. Kn 189» on en a exporté 25 millions de livres.
l'our la Danemarc, la Suède et la Norvège on exporte le tabac en le dirigeant sur Brème , où on le prépare avec une sauce de réglisse et du sucre. On y préfère , en général, les tabacs de Virginie et de Clarksville.
Les exportations pour la Russie et le Portugal sont inégales ot de peu d'importance.
Pour l'Afrique occidentale «Guinée) on expédie îles tabacs lourds; pour l'Afrique méridionale et septentrionale, der tabacs clairs.
Le» tiges et les cotes sont aussi exportées pour l'Allemagne et la Suisse, pour la confection du labac à priser et à chiquer. La Suisse seule consomme annuellement environ 2 mille barr. de tiges, contenant chacune 2 mille livres environ (1).
.1) KUIehrtw and Mrrick. 1. e. p. 54 et suit. — Pendant l'année fiscale IS'.rè'JW, les KtatsUois out produit: Cigare* n." <.517.sW.454 i Cigare!»** n." 5.1SS,I25.SKj2; et tabac hadiô . 3'J3.iKîO,405 livres. Itt ont importé: Cigares n.' 25,212,250: Cigaretie* n." 5,2:14.1100. Kl lis oui eijxirté: Cigare» n." 1,094,1^4; Cigarette» n." 1 ,0ca«H3,24 1 (Or. Il Tabacco. Koma, 1WW, aoao 111. n." 25).
Tableau de la production des Etats-Unis d'Amérique en millions de Kg.
et pour chaque Etat.
Virgiuio : 34,2 - 37,3 -
Pennsylvanie: 0,1 - 16,8 -
Ohio : 2,7 - 13,7 -
Tennesséo : 13,4 - 13,3 -
Maryland : 11,3 - 11,8 -
Connecticut : 0,2 Missouri 4,1 Wisconsin : ?
Indiana New York
Massacliusset: 0,03 -
Illinois : 0,2 -
West-Virginia: - -
Autres Etats: 0,5 -
Caroline du Nord - -
Arkansas
Kentucky : 24,2 - 77,6 - 108,5.
Les cultivateurs y consacrent les meilleurs terrains secs, et y apportent les plus grands soins. Louisville est le mardi»; le plus important de l'Union.
Les produits de James Rivei sont excellents.
La culture est très rationnelle ot alternative. Un y cultive les graines de la Havane (Seed- Leaf).
On y emploie les terrains jaune-clairs pour les
graines de la Havane (Seed-Lmf).
Tabacs lourds pour exportation , comme au
Kentucky.
Le meilleur produit est celui des contrées occidentales (Ba>ftabi(k). O.uuiquo les terres soient épuisées, comme celles de la Virginie, pour les cultures séculaires, ou n'en a pas amélioré la culture ainsi qu'eu ce dernier Etat.
On y cultive avec grand soin les graines de la Havane (Seed-Leaf).
Les meilleurs tabacs s' y obtiennent dans les terres claires.
C'est la régiou la plus septentrionale des Etats- Unis, où I' on cultive lo tabac. On y cultive le Seed- Leaf.
On y cultive les tabacs lourds, pour exportation. On y cultive les graines de la Havane (Setd- Leafy
On y cultive les graines de la Havane (Seed' Leaf).
On y cultive les graines de la Havane (Seed- Leaf).
On y cultive le tabac Spangled.
Occupe le 3 m » rang comme quantité de production, et le i"" 1 comme valeur.
Tabacs lourds, peur exportation.
Enfin, le total de la production peut s'évaluer actellement pour toute l'Amérique à 300 millions de Kg. par an, autrement dit, quasi le tie/8 de la production universelle (3).
( { ) Kiuli»f. Oer labak. IHvy, \>. ".—('-') Daruttueier, l. c. p. '.M.— Ii'aurê* Scherter (I. c. ) <a production •lu taUac aux KtaU-Uoi» fut de 244 iiiiliiou* de kg. eu IHW>.-(3J Kli*»»* I. c. p. 15.