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LA FORME DES RIVAGES MARITIMES

trer, malgré l'évidence, uiie régularité complète dans le globe, aient abouti à la conception de « la déformation tétraédrique » dont on a fait honneur à Lothian Green, alors que la première idée appartient à notre compatriote Jean Reynaud : « On est conduit, dit-il, à reconnaître qu'au fond le sphéroïde terrestre est affecté par un mode de contraction qui tend à élever sur l'équateur trois couples de continents et que l'anomalie la plus considérable de la configuration actuelle provient de ce que le troisième couple, n'étant pas aussi bien déterminé que les deux autres, il demeure à certains égards confondu avec le premier comme s'il n'en était qu'une dépendance. » Et plus loin : « C'est surtout quand on contemple le globe par son pôle austral que la triplicité paraît visiblement préparée. » (Terre et Ciel, p. 405. Paris, 1854).

Mais de telles spéculations n'ont aucune portée, puisque la distribution des continents est certainement très changeante avec le temps, la mer ayant occupé successivement toutes les régions de la terre. Nous en aurons des preuves qui ne laisseront rien subsister de l'hypothèse d'une déformation symétriquement réalisée par rapport à l'axe de la sphère.

La distribution générale des mers et des continents sur la terre a une analogie sur d'autres astres.

Si sur une carte marine, telle que celle de l'Atlantique Nord, on trace des courbes horizontales pour des profondeurs de plus en plus grandes, on reconnaît que ces courbes tendent progressivement à limiter des zones dont la forme est de plus en plus allongée. A 4.000 mètres on obtient des formes comparables à celles des mers de Mars.

Il y a cependant quelques remarques plus plausibles à résumer au sujet de la distribution générale des mers. Gomme nous l'avons indiqué, cette distribution se rattache au régime de la croûte terrestre pendant le refroidissement spontané de la planète. Or, diverses raisons et avant tout des résultats expérimentaux, qui méritent de prendre le pas sur de simples spéculations, montrent que la contraction a pour effet d'engendrer des ridements orthogonaux les uns sur les autres. Par exemple, si Ton étend une matière non contractile, du plâtre à mouler si l'on veut, en une couche très mince sur une feuille de caoutchouc préalablement distendue, et si au cours de la prise du plâtre, on laisse la feuille élastique revenir doucement sur elle-même, on voit la matière plastique se craqueler suivant deux directions perpendiculaires l'une à l'autre et se réduire par conséquent en une mosaïque très régulière.

L'ordonnance générale des blocs continentaux reflète la même circonstance et d'une façon très évidente. Le Vieux Monde, c'est-à-dire l'ensemble de l'Asie et de l'Afrique, forme un bloc grossièrement quadrilatère et dont le grand axe est dirigé du S.-O. au N.-E., tandis que le Nouveau Monde, c'est-à-dire l'ensemble des deux Amériques en fait un autre dont le grand axe est dirigé du N.-O. au S.-E., c'està-dire perpendiculairement au précédent. D'après l'expérience, c'est la preuve que ces deux reliefs se sont produits en même temps, par une même contraction de toute la masse corticale. La notion est d'autant plus intéressante qu'elle suggère des vues sur les conditions primitives de la masse cosmique, des-

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