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Deap seas deposits, expédition du Challenger, p

l'accompagne souvent et le tellure aussi, dit-on, mais en quantité très faible.

Bore. — Le bore représente une fraction minime, mais sensible, de la cendre obtenue par la combustion de certaines plantes marines, spécialement de Fucus vesiculosus, qui est une algue et de Zostera marina j qui est une naïadée.

Phosphore. — Pour le phosphore, la richesse en phosphate de chaux des ossements et en général de l'appareil squelettique de tant d'animaux marins, nous dispense d'y insister. Les cendres des végétaux marins sont elles-mêmes très richement pourvues en phosphates variés.

Aaote et carbone. — On en dira tout autant pour l'azote, l'élément essentiel de la matière animale et dont l'histoire chimique dans la mer est très compliquée, comme on le verra tout à l'heure. Il est associé au carbone dans la substance organique essentielle de l'eau marine.

Silicium. — Enfin, le silicium, sous forme de silice, fournit à des légions d'êtres, et tout spécialement aux radiolaires, aux diatomées et à certains spongiaires, la charpente fondamentale de leur squelette.

A côté de cette énumération des métalloïdes, deux mots sont nécessaires pour les métaux océaniques.

Potassium et sodium. — Le potassium et le sodium ont été déjà mentionnés à propos des corps auxquels ils sont associés tels que le chlore et le brome.

174 LES CARACTÈRES CHIMIQUES DE La MER

Argent. — On est plus étonné d'apprendre que les flots renferment de l'argent : il fut découvert par Malagutti et Leblanc dans la charpente de quelques coralliaires, de Pocillopora alcicornis, entre autres ; on le rencontre, d'une manière plus évidente encore, à l'état d'argenture, sur le doublage de cuivre, de bâtiments qui ont longtemps navigué.

Calcium. — Le calcium est extrêmement fréquent et nous verrons même qu'il apparaît comme un des instruments qui permettent à la mer d'accomplir sa fonction géologique.

Zinc. — Le zinc est relativement abondant dans la cendre des zostères : 1 pour 30.000.

Plomb, cuivre. — Le plomb l'accompagne, à raison de 1 pour 375.000 et le cuivre, encore plus rare, de 1 pour 500.000.

Or, bismuth. — Mentionnons simplement, pour avoir été découvert par des analyses spécialement précises, l'or et le bismuth.

Fer et métaux congénères. — Enfin, le fer et les métaux de sa famille chimique (chrome, nickel, cobalt et manganèse) se présentent en grande quantité et avec une grande variété de gisements. Le manganèse, à l'état d'oxyde noir constitue des accumulations quelquefois volumineuses, mais très légères et s'écrasant au moindre contact, sur les os tympaniques de cétacés ramenés des grandes profondeurs. Les Anglais les désignent sous le nom de tvad, qui marque leur ressemblance avec du coton (ouate).

Matière organique. — Parmi les matériaux en dissolution dans l'eau de la mer, on peut désigner sous le nom général de matière organique, des associations analogues à celles qu'on trouve dans la constitution des êtres vivants. On admet que toutes les parties de la mer en renferment et qu'elle est spécialement abondante à la surface, où elle représente, pour l'Atlantique nord (parages des Canaries et du Cap-Vert (29 milligr. 8 par litre d'eau. Elle décroît en profondeur, très progressivement, jusqu'à 700 mètres, où elle est représentée par 29 milligr. 2 eU sa proportion parait constante jusqu'au fond. Partout, elle contient de l'azote combiné à du carbone, à de l'hydrogène, à de l'oxygène, à du soufre et fréquemment aussi à du phosphore. Il faudra bien des travaux encore pour préciser les groupements et les associations de ces éléments. Dès maintenant, on a reconnu que l'azote est engagé aux états prédominants d'ammoniaque libre, d'ammoniaque combinée à l'acide nitreux, à l'acide nitrique, à l'acide carbonique et à l'état d'ammoniaque albuminoïde.

L'ammoniaque a été reconnue d'abord par Marchand et dosée par Boussingault. Dieulafait a reconnu que sa proportion est extrêmement variable selon les localités. Comme exemple, il a trouvé par litre à Ismaïlia 0 gr. 204 ; dans la mer Rouge, au cap Guardafui, à l'ile Socotora Ogr. 176; dans le golfe du Bengale 0 gr. 136 et en Cochinchine, 0 gr. 340.

Sans prétendre entrer dans la théorie chimique des réactions qui peuvent se développer entre les divers corps azotés de la mer, on peut remarquer que la décomposition de la matière albuminoïde dégage

d'une part du soufre, qui passe à l'état d'acide sulfurique et d'autre part du phosphore qui devient de l'hydrogène phosphore. Ces deux corps agissent surtout comme réducteurs : avec les sulfates, ils feront des sulfures et avec les phosphates, des phosphures qui, par oxydation ultérieure, redeviendront sulfates et phosphates.

L'analyse de certains calcaires marins, spécialement de marbres noirs des terrains dévonien et carbonifère, a révélé à M. Spring1 la présence de phosphamine, et il y a là de quoi nous procurer des termes de comparaison avec la mer d'aujourd'hui.

Dans cette dernière, on regarde comme probable, d'après les travaux de Schûtzenberger2, qu'il se développe une réaction entre l'albumine et le sulfate de chaux. Les produits seraient le sulfate d'ammoniaque et le carbonate de chaux. D'autre part, l'albumine donne, par sa décomposition, de l'hydrogène sulfuré et de l'acide sulfurique, ce dernier, attaquant le carbonate de chaux, reforme le sulfate du début. La quantité de carbonate de chaux créée représente l'excédent de carbonate de chaux formé par le carbonate d'ammoniaque sur celui qui a été changé en sulfate par l'acide sulfurique, dérivant de la décomposition de l'albumine. En réalité, il y a création de carbonate de chaux et régénération de sulfate de chaux et de sulfate d'ammoniaque3.

On ne peut s'occuper de la matière organique de

1. Spring, Bull. soc. belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie.

2. Dictionnaire de ehimie de Wurtz, i*r supplément, p. 71. 1 vol. Paris, s. d.

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