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LE CALCAIRE, LA DOLOMIE ET LE GYPSE DE LA MER

(3/10.000es). L'auteur, appliquant les principes de la dissociation, montre qu'à chaque tendance de l'atmosphère à augmenter la tension de son acide carbonique, répond un appétit d'une quantité correspondante du carbonate insoluble en suspension dans la mer, pour absorber le gaz surabondant, qui se dissout à l'état de bicarbonate. La circonstance opposée tend-elle à se manifester? Une proportion rigoureusement réglée de bicarbonate en dissolution abandonne son acide carbonique qui vient combler le déficit, et du protocarbonate se précipite. Nul laboratoire, nulle usine ne peut se vanter de posséder un appareil de régulation plus simplement conçu ni plus précis.

C'est comme un véritable appendice à l'histoire du calcaire, qu'il convient de noter que l'analyse élémentaire de la mer y a montré une notable proportion de magnésium. Malgré l'incertitude qui s'attache à la détermination des sels dissous, on pense qu'une partie en est à l'état de carbonate. L'un des motifs les plus plausibles consiste dans la série intéressante de modifications que subissent, au contact de l'eau de mer, des massifs primitivement calcaires et que l'isomorphisme expliquerait. Quand on compare la composition des parties les plus récentes des massifs madréporiques, à la substance qui constitue comme leur noyau et qui remonte à un certain passé, on remarque toujours que cette substance est si sensiblement magnésifère qu'on peut la considérer comm« en marche vers la dolomitisation proprement dite.

La question présente cet intérêt que beaucoup de calcaires marins, des époques géologiques les plus variées, contiennent de la magnésie et que, sans

méconnaître la nécessité d'une dolomitisation progressive des assises anciennes, soumises à la circulation des eaux souterraines, il y a lieu de penser que la réaction, en cours sous nos yeux, a dû se produire dans les mers antérieures et apporter sa collaboration au résultat général.

Comme nous l'avons vu, le sulfate de chaux existe à la dose de 1 gr. 3 par litre dans l'eau de la mer. C'est un produit de séparation spontanée dans le sous-sol des marais salants, c'est par conséquent une source de chaux à la disposition des réactions océaniques, incomparablement plus riche que celle fournie par le carbonate calcique. Les dépôts de tous les âges montrent que le gypse entre comme élément très abondant dans les formations d'estuaires et représente, dans bien des cas, des ensembles stratigraphiques dont certaines portions ont été postérieurement supprimées. Les moulages de trémies que l'on voit, même autour de Paris, dans certaines marnes associées à la pierre à plâtre, à Àrgenteuil, à Romainville, à Bagneux, etc., témoignent du dépôt simultané du sulfate de chaux et du chlorure de sodium.

Des résultats de laboratoire semblent indiquer que le sel marin a exercé sur le sulfate de chaux, dès le moment de son dépôt, une de ces actions mystérieuses, dites « de présence », par nos pères, et que nous qualifions de minéralisatrices, en raison desquelles, certaines substances voisines, tout en conservant l'intégrité de leur composition chimique, changent de structure et manifestent un état cristallin des plus accusés. Il est probable que c'est à la pré-

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