LE CALCAIRE, LA DOLOMIE ET LE GYPSE DE LA MER
sence du sel, que le gypse des marais salants doit sa forme cristalline si parfaite. Et l'on peut penser que c'est encore à lui qu'il faut attribuer l'abondance avec laquelle se rencontrent, dans les lits de pierre à plâtre les « pieds-d'alouette », pendant que dans les marnes, dites d'entre-masses, s'édifiaient ces gigantesques fers de lance, que les carriers appellent indifféremment « pierres à Jésus » ou « miroirs d'ânes ». A première vue, on se sent porté à faire de ces cristallisations, un résultat de l'activité des eaux souterraines, réalisé longtemps après la constitution du massif gypseux et rattachable à la série des phénomènes métamorphiques. Mais les enseignements du laboratoire font voir que le voisinage de l'eau salée suffit pour restituer au plâtre gâché et moulé la structure même du gypse saccharoïde, avec lequel on l'avait fabriqué par cuisson. Malgré de petites différences accessoires, grâce auxquelles le résultat peut être obtenu en quelques heures, il est bien difficile de ne pas croire qu'il représente une conséquence de l'activité cristallogénique de l'eau salée1.
Avant de quitter les combinaisons sulfureuses, notons qu'à la suite de réductions, provoquée d'habitude par des substances organiques, du sulfure de fer se dépose dans la mer actuelle à l'état de véritable pyrite de fer, analogue de celle des filons. C'est du moins ce qui résulte de l'observation de John Percy à l'égard des cristaux d'un jaune d'or, développés dans une pièce de bois, qui avait servi de quille à un cer-
1. Stanislas Meunier, Catalogue sommaire, de la Collection de Géologie expérimentale du Muséum d'Histoire naturelle, p. 132. 1 vol. in-8». Paris, 1907.
tain yacht royal, YOsborn et qui avait séjourné dans un bassin de Portsmouth, au contact simultané de l'eau de mer et de l'eau douce1. Cette substance se trouve dans une fissure du bois, sous forme d'un enduit mince, d'une belle couleur jaune et d'un éclat métallique.
1. Cité dans les Études synthétiques de géologie expérimentale de M A. Daubrée, p. 91. 1 vol. in-8°. Paris, 1879.