LES SILICATES CONTEMPORAINS DE LA MER
égard, dans le crétacé de la région du Jura, on peut citer le niveau dit hauterivien qui est pénétré de glauconie; dans le gault (albien), les grès à rognon phosphatés de Bellegarde, dans l'Ain, de même que les sables dans lesquels sont noyés les « coquins des Ardennes ». C'est d'une couche essentiellement glauconifère, également albienne, que jaillissent les eaux artésiennes de Grenelle, de Passy et des autres localités parisiennes.
Si l'on admet que la glauconie représente l'activité des mers géologiques, il faut conclure des faits précédents que cette glauconie ne résiste pas indéfiniment aux entreprises des agents souterrains. Après un temps que nous mesurons par l'antiquité des couches néocomiennes (crétacé inférieur), la glauconie disparaît. Nous sommes d'ailleurs édifiés quant à sa fragilité vis-à-vis des agents externes, car bien des sables ocreux, comme il en affleure, par exemple, àNoailles et à Abbecourt (Oise), sont des produits de l'oxydation subaérienne, ou rubéfaction, de la glauconie.
Christianite. — Il est un autre silicate, peut-être plus imprévu encore, dans la série des productions actuelles de la mer. C'est un composé faisant partie de la famjlle des zéolithes et dont la composition chimique est assez voisine de celle d'un feldspath qui se serait fortement hydraté, mais sans tendre vers l'état d'argile.
On le qualifie de christianite et, quelquefois, de philippsite. La sonde en a rapporté des spécimens dans L'argile rouge du fond des océans, et spéciale-
ment dans la région du Pacifique comprise entre Hawaï et Tahiti.
La christianite représente parfois le quart en poids de l'argile rouge; ses cristaux simples ou maclés ne dépassent pas un demi-millimètre de longueur et sont souvent groupés en globules. L'étude du gisement conduit à les regarder comme un produit d'altération sous-marine de poussières volcaniques, peut-être apportées par le vent et qui constituent la formation souvent qualifiée de tuf palagonitique.