Traité de Paléontologie, II
bénéfice accessoire très fructueux... L'état de conservation n'approche pas de celui des gîtes anglais, à cause de la forte compression subie par les squelettes, qui notamment rend très difficile le déchiffrement des os du crâne, le plus souvent dérangés et écrasés. En revanche, d'ailleurs, toutes les parties du corps sont restées dans leurs connexions naturelles. »
Les plésiosaures vivaient en même temps que les ichthyosaures. Les plus anciennes espèces sont du rhétien d'Angleterre et d'Autun. Moins puissant que l'Ichthyosaure, moins grand aussi, quoique avec la taille respectable chez certaines espèces de 5 mètres de long, il avait une tète très petite, un tronc très court, enchâssé dans une carapace, ce qui l'a fait comparer « à un serpent passé au travers du corps d'une tortue ». C'est surtout pendant l'époque du lias que l'ichthyosaure a vécu, mais on en trouve encore des restes dans le jurassique supérieur. Le groupe des plésiosaures aurait duré jusqu'au crétacé.
Parmi les éléments du necton fossile, l'un des plus constants, parce qu'il date des premières époques et qu'il se continue aujourd'hui, est le mollusque céphalopode, nageur intrépide, grand dévorateur, c'est-àdire actif transformateur de matière et de force, il fait partie de tous les bisocomes, tout en constituant des espèces différentes avec le temps.
Dans les mers primitives, il est surtout représenté par Orthoceras, à la coquille en forme de cône, abondamment pourvue de cloisons simples et par ses analogues réalisant des variantes d'enroulement partiel : cyrtocère, aphocère, nautilocère, gyrocère, etc.
Dans les mers secondaires nous le retrouvons à 'état à'ammonites. à la coquille enroulée et analogues réalisant les variantes du cloisonnement plus ou moins compliqué : cératite, trachycère, oxynoticère, hoplites, perisphinctes, etc.
Et, comme pour cimenter entre eux les divers termes de ces longues séries, en même temps que pour affirmer la constance absolue des conditions marines, le genre nautile, persistant depuis le cambrien .«jusqu'à nos jours, et nous offrant suivant l'expression de Fischer *, l'exemple le plus remarquable de la persistance d'un type depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque actuelle.
Barrande a compté dans le genre Orthocère 1.146 espècesdont511 dans le silurien de laBohême. Les ammonites sont bien plus nombreuses encore, car elles comptent environ 4.000 espèces. Les formes les plus anciennes sont les Goniatites, de la base du dévonien, et peut-être même dès l'ordovicien (Nassau, Westphalie, Belgique, Angleterre, Russie, Amérique du Nord). On en trouve un grand nombre d'espèces dans le calcaire carbonifère de la Belgique, de l'Irlande, de l'Angleterre, etc. Il faut citer dans le trias : Arcestes, genre très abondant dans le keuper des Alpes (à Hallstadt), et qu'on trouve aussi dans l'Himalaya, en Californie, au Spitzberg; Tropites, Ceratites, très répandu : (C. nodosus est même caractéristique du muschelkalk). Trachyceras, Mhabdoceras, Cladiscites, Pinacoceras, qui compte 27 espèces, etc. Dans le jurassique et le crétacé dominent, Lytoceras, Macroscaphites et Hamiles, dont la coquille présente cet