PRÉFACE IX
naissons, ne se serait pas accommodée des lourdes matières primitives en suspension.
Ce rôle, qu'elle eut dès son apparition, d'alléger, de nettoyer l'atmosphère, la pluie le continue, en précipitant sur le sol les poussières de toutes sortes qui continuellement se répandent dans Tair, sables des déserts, cendres volcaniques, aussi bien que détritus organiques, emportés, charriés par les vents à de grandes hauteurs, à d'énormes distances.
Ce n'est que très progressivement que l'eau de pluie est devenue à peu près pure, ne renfermant que des traces de substances étrangères. A cet égard, rien n'est plus frappant que le contraste entre la salure de l'eau de mer et la douceur de l'eau de pluie.
Et maintenant, nous en sommes manifestement à la phase ultime du lavage, par l'eau du ciel, de tout ce qui, à l'état solide comme à l'état liquide, n'est pas incorporé dans la mer, pendant que celle-ci s'est constituée à l'état de bassin déconcentration de tous les sels primitifs solubles. Môme au voisinage des côtes, on est frappé de la pureté des eaux renfermées dans le sol superficiel et l'on ne tarde pas à reconnaître que les vapeurs que Tàtmosphère pompe dans la mer sont de véritables produits de distillation.
Si, çà et là, des fractions d'eau salée sont isolées de la grande masse aqueuse par la production des marais salants, c*est encore sans contradiction avec la disposition dont il s'agit et qui continue d'être prépondérante dans le phénomène sédimcntaire. C'est, en effet, un autre exemple de ces phénomènes de compensation dont le type concerne la manière d'être du gaz carbonique dans l'atmosphère. La quantité de matières hallogènes, sel gemme, nitrate de potasse, carbonate de soude, est exactement réglée, comme les 3/ 1 o ooo de ce gaz dans l'atmosphère sont exactement maintenus.
Pour avoir de la pluie une opinion conforme à son rôle dans la Nature, nous esquisserons le plan qui nous parait le plus propre à mettre ce rôle en valeur :
Nous considérerons d'abord le phénomène pluviaire à proprement parler. A première vue, c'est une question purement météorologique, mais comme beaucoup d'autres sciences à apparence