‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 34 sur 62 · RÔLE DK LA PLUIE DANS I/ACTIVITÉ DE L'ÉCORCE DE LA TEHHE · texte numérisé non relu

RÔLE DK LA PLUIE DANS I/ACTIVITÉ DE L'ÉCORCE DE LA TEHHE

continué à proclamer de la manière la plus formelle la formalion du granit et des roches fondamentales par la fusion sèche. Le premier de ces deux minéralogistes, en laissant prudemment de côté les détails d'une genèse minéralogique qu'il ne comprenait certainement pas, écrivait : « Maintenant, on sait qu'une lave, au moment où elle arrive au jour, possède déjà presque tous ses cristaux ; les minéraux du premier stade de consolidation y sont tous formés et les mîcrolithes, bien que continuant à se mullipUer, y sont déjà d'une extri^me abondance. Il n'y a donc alors de fluide que la matière amorphe. Par conséquent, la masse éruptivc qui s'épanche et coule est une sorte de boue ignée, cristalline. Elle est composée d'un nombre infini de petits minéraux agrégés par des quantités variables d'une substance vitreuse en fusion ('). »

Or, c'est l'eau d'infiltration qui vient éclairer cette question, en apparence si au-dessus de tout contrôla.

En elTet, les régions souterraines dans lesquelles se développe la cristallinité des roches, et qui sont très hermétiquement séparées de la surface par des kilomètres d'épaisseur de matériaux solides, sont accessibles de diverses façons à la pénétration de l'eau que nous désignions tout à Theure sous le nom (ïeau de carrière, soit par simple capillarité, mais qui ne peut pas se prolonger indéfiniment, soit, d'une manière beaucoup plus efiîcace, par des déplacements relatifs d'énormes segments de la croûte, qui nous occuperont un peu plus loin. Il en résulte la réunion, dans des laboratoires clos, des matériaux minéraux des roches pierreuses et d'eau, dans cet état particulier qu'on appelle 5ur^r/iaw^<rf.

Des expériences nous ont, dès maintenant, procuré d'importantes notions, sur les effets du contact mutuel de réactifs aussi différents et dont on pourrait croire impossibleia rencontre dans un môme lieu. Elles ont pour auteur de Sénarmonl (^).

Chose tout à fait dominante : il a montré que le vrai procédé pour transformer des matières vitreuses en matières cristallines et pour transformer des substances imprégnées d'eau en substances tout à fait anhydres, est de les soumettre à l'action de

(*) lieuue des Deux-Mondes du i5 juillet i8-f).

(^) Annales de Chimie et de Physique, 7* scrip, t. \X\.

2i8 COLLABORATION l)K LA l'LlIK AUX FONCTIONS AUTONOMES

cette même eau. Son appareil consiste en un tube de fer eitrfmement résistant, fermé à Tune de ses extrémités et qu'après avoir pourvu dos réactifs nécessaires, on ferme à l'autre bout. de façon à le mettre à iabri des explosions. Si les ingrédient» sont une matière vitreuse et de Teau. on constate, après une dizaine de jours d'exposition à une température de quelque» centaines de degrés, qu'après refroidissement, le verre a é\é scindé en deux matières, dont Tune est un silicate plus ou moin» comparable aux matières feidspatliiques, mais dont l'autre consiste en de merveilleux petits cristaux de roche, c'est-à-dire en quartz absolument anhydre, de dimensions microscopiques, il est vrai, mais de régularité géométrique parfaite. Si on opère sur un mélange des éléments renfermés dans les minéraux naturels : silice, alumine, chaux, etc., en proportion convenable, on recueille à rouveriure de lapparoil, et suivant les matières employées, d'admirables^^ristallisations de feldspath, de pyroxène, (le péridot ci d'innombrables autres espèces de la Nature.

Ine conséquence de ces faits, c'est la notion des circonstances qui ont provoqué l'éliit cristallin de ces espèces minérales et de» roches qu'elles constituent, et qui ont supposé l'intervention constante d'agents ga/éiformes. Il en résulte même la quasi-impossibilité de la production de composés vitreux qui, en eflTel, ne se rencontrent dans la Nature que d'une manière exceptionnelle, la structure étant évidemment instable auprès de la struc^ ture cristalline, qui jouit d'un é(|uilibre relatif.

Depuis l'époque de Sénarmont et de ses continuateurs immédiats, on s'est aperçu que bien des minéraux cristallins peuvent s'obtenir, même sans rintervention des gigantesques pressions (|ue les premiers expérimentateurs mettaient en œuvre. J'ai reconnu, pour ma part, qu'à la pression ordinaire, le contact mutuel (le (M*rtains matériaux détermine la production de composés ciiractérisli([ues de gisements corticaux et principalement de ceux ([ui font partie de la région la plus ancienne de l'écorcc terrestre, dont l'histoire géologique a été révélée par l'étude combinée de la photosphère du Soleil et des roches qui tombent du ciel, les météorites C).

(*) UrprodiK tioii et cri^talli•>;1ti()Il «l'un >ilicaU> niihvdre on pnWncc de la %apeur

RÔLE DE LA PLllE HAXS L'ACTIVITÉ DE L'ÉCORCE HE LA TERRE 2it)

Comme dans la constitution des minéraux primitifs, la collaboration de l'eau s'est révélée dans le soulèvement des montagnes.

Itappelons que ce soulèvement dérive de la tendance inéluctable des deux éléments primordiaux de la masse terrestre, c'est-à-dire du noyau et de l'écorce, à rester en contact intime.

En conséquence de la contraction de cet ensemble, sous l'inllucnce de la cause unique de loutre dynamisme planétaire, le noyau fluide et l'écorce solide se refroidissent parallèle- ;tioD de la ment, mais dans des ™îrnnino conditîons acccssoires Il coniiato difTérentcs.

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large, pour s'accommoder au diamètre continuellement réduit, s'infléchit en divers sens et, parvenant bientôt à la limite de son élasticité, se fracture.

Toutefois la fracture ne peut avoir l'eflèl de rapetisser la surface qu'à la condition d'élre suivie d'un contourncmenl qui fait que cette portion quitte une certaine splière qui était trop grande

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