‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 35 sur 62 · II · texte numérisé non relu

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d'f*u t I» preMÏon ordinaire (Comp/ej rrnduide l'Académie det Scifocet, 1880. t. XC, p. 349)- ^'"ir "U"' mes Rcihcrclic» eipi'rimeiitalcs sorlc modi.' de fi)rm»tion de diver» Dtinûrtui mélforitiquci, liecueil dti laiianti étranger». 1881, I. XXVll, n° 5.

-!!o COUAItOitATluN l'K l..\ l'LLIK .UX KiIN»;TIipSS AITOXOJIKS l>oiircn uilopli r une plus petite, ou, fii d'autres Icrmes. pourie 4'(>mp<)i-lei- comme si elle était toml>ûe entre les deux rajonsqui ta limitent (fig. ai). Or, par défînilinn. ces deux rayons n*étaiil j)as parallèle!:, d'énergiques réactions se produisent dans le sem liorizonlal : c'est comme si un point était sollicité h pénétRT dans une masse continue. Li résultante de ces deux eflblti.

l'un vers le rentre, c'esl-à-din suivant le» rayons, l'autre han- /ontulement, occupe évidenuiifHt une situation intermédiaire. U rassure qui s'ouvrira sera àfsne inclinée sur Thorizon, etcumint ta résistance de liaut cii bas ftt iniitiiuient plus grande que l'antre, c'est avec une inclinaïtoa 1res considérable que la rupturr.

à laquelle convient purfaitemnil le nom de géoclase, ne iiianilntcra (lig. 2»). L'n cas l'réqucnl, c'est qu'à côté d'une prenûlft géocluse ainsi produite, il s'en produira une série d'autres i pn |>r(-s parallMrs. La [)or(ii>n de torraîn t|ni sera au toit de la cusurc se comportera conime si elle se soulevait, et l'autre. c"»tù-dire relie qui est au mur, descendra ou aura l'air d'avoir «lesccndii dans le -<ens opposé. In roiip il'œil sur les innonh brailles coupes (jui ont été publiées reiaiïvcmenl à foules k* «Itiiines (le iiionla^nes. montro qu'elles peuvent sei-\'ir d'illuslralion à cette explication. Il est inléi-est^ant de noter parmi Its (■\cinplcs qui ont été les premiers cités le fait mentionné lUl iS.').') par KIJL- lie Boaiiniont de la superposition du graniln <-aleuire jurassique dans les Alpes de l'Olsan ('). En 1881 ('t, Sliider (le son côlé si,!.'nale une note tic Baitzer sur le conlad mécanique dn ^'iieiss et du calcaire dans l'Oberland cl qui est b constiilation du glissement des roelies crislallines sur les roche* siicoiidaifes.

c Ml. p. Ut.

RÔLK DE LA PLUIK DANS L'ACTIVITÉ l)K L'ÉCOKGK DE LA TERRE 321

De celle façon, la largeur des surfaces rocheuses à compenser esl diminuée, el c'esl ici qu'intervient le pouvoir crislallo-^ génique de Feau d'infiltration.

La densité des roches cristallines étant notablement supérieure à celle des roches amorphes, le passage d'un état à Tautre est accompagné d'une notable réduction du volume. Le déplacement souterrain est donc facilité, jsans préjudice d'une autreréaction, la fonction volcanique.

On sait que le gneiss se présente comme le dernier terme d'une évolution minémlogique des roches sédimentaires, com- 'prenant les divers états du métamorphisme. Cette roche type se signale avant tout, malgré son âge très variable et qui. peut être très récent (permien ou peut-être même triasique), par le contraste de sa prodigieuse uniformité dans les régions les plus distantes, avec la diversité illimitée des matières premières d'où elle dérive. Pour l'expliquer, il faut admettre que, -dans le laboratoire souterrain qui Ta produite, certains éléments des assises sédimentaires ont été éliminés et sans doute ramenés vers la surface, étant solubles ou délayables, et que les autres, en partie au moins à l'état solide, ont été intimement mélangés, ce qui suppose des déplacements de toutes les amplitudes. 11 faut aussi accepter que les particules ainsi rapprochées et associées ont été cimentées les unes avec les autres par une matière conjonctive, généi'alement quartzeuse, et qui se montre élastique, en allumant, sous le microscope une mosaïque très fine entre les niçois croisé^.

D'ailleurs, pour que la théorie soit valable, il faut de toute nécessité qu'elle satisfasse à une condition d'importance maîtresse et qui cependant ne paraît guère être intervenue dans les préoccupations des lithologistes : c'est que le mode de genèse des roches cristallophylliennes soit conciliable, sans le moindre désaccord, avec ce que nous commençons à savoir du régime des profondeurs, et, par conséquent, qu'il n'y ait pas contradiction entre ce chapitre lithogénique et le chapitre orogénique qui lui est connexe.

Le point de vue auquel je me suis placé semble satisfaire à toutes ces exigences. Il consiste à croire que les phénomènes mécaniques, d'où résultent, comme produits les plus visibles. les refoulements des grandes lames de charriage, ont dans lu

aaa COLLAUORATION I)K LA FLUIE AUX FONCTIONS AUTONOMES

substance des roches des contre-coups internes, de toutes les dimensions, jusqu'à celles des fissures microscopiques qui forment des réseaux inextricables que tout le monde connaît au travers de tous les minéraux. Ces fissures s^ofTrent en eflet à la circolatioa incessante de fluides minéralisateurs (eau suréchaufTée, et priacipes dissous), dont le sol est imprégné jusqu'à de grandes profondeurs et qui alimentent, de leurs filets refroidis et appauvrit des maticrcs solubles, les griffons des sources thermales.

On s'imagine le nombre infini de vicissitudes dont le domaine lithologique est le siège, et Ton ne peut lui refuser une intime ressemblance avec la manière d'être des tissus organiques.

Le mélange, avec leurs minéralisateurs, des minéraux en voie d élaboration, est à* chaque instant craquelé, et dans ses fissures qui, en s'élargissanl, écartent progressivement des fragments précédemment contenus dans des masses continues, un véritable plasma minéral se modifie ainsi, d'après l'état des réactions ambiantes et, tout en circulant dans les capillaires inorganiques, en arrache certains éléments et y dépose en échange, par une sorte d'iniussasceplion minérale, la substance conjonctive, dans laquelle les débris cristallins sont empâtés dans des situations quelconques.

C'est seulement par l'intervention de ce mécanisme de brovage et de rebroyage, — alternant avec des cimentations et des recimentations, — qu'on peut comprendre la structure des roches que nous avons en vue.

Ce qui frappe dans les lames minces, c'est l'état essentiellement fragmentaire des minéraux constitutifs. Le fjldspatli et le mica sont à l'état d'éclats de clivage, souvent d'une admirable netteté de contours, qui montre qu'ils n'ont été ni refondus ni corrodés, mais simplement hroyrs. Le quartz y est sous deux formes principales : i" en morceaux de cristaux, évidemment très écartés des portions de roches initiales, dont ils ont été détachés depuis leur cristallisation ; et 2"* en plages, parfois très larges, reliant ensemble les autres minéraux et se révélant ellesmêmes, entre les niçois croisés, comme formés de granules diversement orientés, sans formes définies. Le tout, répétons-le* traversé d'innombrables fissures enchevêtrées et résultant de la plus intime des cataclases.

«ÙLE DE LA PLUIK DANS LACTIMTK DE L'ÊCOHGE DE LA TERRE 233

Avec des fragments de cristaux se présentent parfois des morceaux de roches déjà très complexes, comme la micropegmatite, la microgranulite, etc., et qui font un acheminement vers les granits, les gneiss à enclaves de dimensions sensibles à Tœil nu, puis de plus en plus considérables. Et nulle part, il n'est loisible de tracer une limite séparative entre ces phénomènes si intimes et le majestueux déplacement en masse, le long des grandes géoclases, des plus volumineuses lames de charriage.

Les détails qui précèdent montrent, avec surabondance, la collaboration de Teau pluviaire, lentement infiltrée dans le sol, à la réalisation de la fonction corticale.

C'est par Tintervenlion deTeau souterraine que les matériaux lithoïdes sont pourvus d'une véritable plasticité qui les plie à tous les contre-coups des contractions de Técorce, sous' Kinfluence du rapetissement ininterrompu du noyau incandescent de la planète. Mais iT importe de noter qu'une fois parvenue, gnice aux eaux suréchaulTées, a prendre part au charriage des lames qui deviennent des ridements montagneux, l'eau continue à collaborer à la réalisation des particularités du relief du sol, qu'il avait paru tout à fait logique, à certains géologues, de faire dépendre uniquement des phénomènes corticaux.

Cet exemple, des plus frappants, est fourni par l'examen des régions continentales traversées par des sillons, directeurs de filets d'eau, observant les uns par rapport aux autres, une disposition symétrique qui contribue à donner des traits particuliers au paysage.

Les eflbrts orogéniques les plus lents, comme nous en avons cité en Scandinavie, amènent parfois la production de réseaux de sillons de ce genre, dont on a méconnu la vraie signification. Daubrée, séduit par le parallélisme et l'orthogonisme de groupes de petites vallées, telles que celles de la Haute-Normandie, entre Saint- Valéry-en-Caux et Montreuil-sur-Mer, n'a pas hésité à les (aire intervenir comme preuves de la réalité de torsions subies par la croiite tout entière de la Terre, en conséquence de la contraction spontanée du globe.

Quand on parcourt cette portion de la côte de la Manche, on rencontre, pour les traverser, une série d'embouchures de cours d'eau, de volume très variable, mais de direction générale uni-

25i4 CULLAHUUATION l>K LA IM.l'IK Al'X FONiTIOXS Ain*<)N(>MF>

lormc du S.-O. au \.-E. Les principaux d'entre eux sont : la Uélhune, TAulne, l'Yères, la Hresle, la Somme, TAuthie el la Canche. Ces cours d*eau reçoivent sur leurs deux rives des aflluehts qui leur sont plus ou moins perpendiculaires.

Pour expliquer ces traits géographiques, évidemment remarquables. Tauteur des fjiudes synthélujues de Géolofjie expérimentales C^ suppose que toute la région dont il s'agit a été soulevée au-dessus du niveau de la mer par un mouvement de bascule ascensionnel fort régulier et qui aurait déterminé l'ouverture d'un système de fissures, dont les directions relatives sont conformes à celles qu'on obtient par une torsion générale d*une substance fragile, telle que des plaques de verre (*).

San principal motif, pour émettre une opinion qu'il peut sembler diflicile de concilier avec les caractères les plus classiques des régions soulevées, lui fut procurée par la réalisation, au travers de plaques de verre à vitre, de fêlures symétriquement distribuées.

Toutefois, rorienlatioii relative des sillons lluviaires est tout autre que celle des craquelures du verre, lesquelles sont groupées en éventail (') dont on ne voit aucune trace dans les ruptures naturelles, et ce n'est pas une mince différence entre les deux conditions comparées.

Aussi n*est-on pas peu étonné de se voir amené, par l'élude sur le terrain, à concevoir, pour les réseaux de vallées normandes et picardes, un mode de production qui n*a rien de commun avec le réseau expérimental de Daubrée.

Kn effet, la surrection lente du pays au-dessus des flots s'est nécessairement réalisée avant les débuts de l'allure inverse dabaissemcnl progressif cpii est si é\idente sur toutes les côtes

(•) l II \«>liiiii(- iii-X, 1». .'i5?< cl 3r>«j, Pariîi, \^1\\-

('•) |)aulirtM-. l'fc. rit., p. .'<n> i-l v,uiv.

( ') Il |).-iriiît l'ii clTi'l coiifnriiKr :i rol)>(Tvation <{iic li"* <'lT<»rU onigt'niquM do torsiuii. «ioiiiKinl ii.iis-aiiK- à Ara plif* |inr.illt<|(>!) |f> uiis aux initrcs, ne m* coniiuuMil pt* Jii<«i|>i'.'i l.i <*iirf;iri- ilii ^i.il l't i|ii>* l.i ri-irion lonlii * soit rccomorU' fl*iinc xonv oui •'|tr xui- ^.'iittMiuriil iiii oniiIrviMiii'iit l'iit. «lul poiit <ri(illciir< alti*iii«Jro une iinruMlo aiiipliiiiilt' (i'rol |»:ir l'-T'oMMi nll'Ticiiri; •|ii<> In n'-vfiuii conipriiiu'o, faille** et réduili* CQ |ili<> "xri- ltii.Mi\ il .tiili«-liri:i<i\. irrivc aw c<Mit;u t '!•' ratin<i>|i|i«'Ti' (*( CuiiscqiiomiIlCDt à

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