‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 42 sur 62 · iS COLLABOKATION DK LA PLIIK ATX FONCTIONS ALTONOMKS · texte numérisé non relu

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prudence de l'illustre Fourier (') et du non moins illustre Poisson (^) quand ils ont prétendu évaluer les taux du refroidissement de la masse terrestre tout entière, en la comparant à Tallure d'un boulet homogène porté à une température exactement déterminée et abandonné au sein d'un milieu beaucoup plus froid.

Nous croyons qu'en réalité, après un moment de réflexion, il n'y a aucun motif acceptable pour faire une pareille comparaison, la Terre étant aussi active dans toutes ses régions et aussi diverse que le boulet du laboratoire est passif et homogène. Nous sommes ici en présence d un de ces innombrables cas. où Ton se sent autorisé à penser que la mathématique est le contraire de l'histoire naturelle.

Il importe de nous arrêter un moment à un tout autre genre de collaboration de Teau d'Imprégnation d'origine pluviaire, à l'édification d'une des catégories de localités géologiques qui, à coté des enseignemenls qu'elles nous ont procurés, ont fourni à riiomme des sources incomparables de bien-être et de perfectionnemenl. Il s'agit des gîtes minéraux en général et de^ Jilons métdllijeres en particulier.

Ici encore se présentent des courants d^au chaude dont Telude n'est pas très commode, parce (|ue la température des réactions en cours est essentiellement antiphvsiologique. où les exploitants n'ont pas craint de s'aventurer à cause des fabuleux bénéfices qui y ont été parfois réalisés.

\ ce titre, et parmi beaucoup d'autres, le gisement d'argent de (^omstoek {'), dans le (lolorado. est une démonstration d'une élo(pience exceptionnelle, car elle nous prouve la possibilité. (|u'oii eut bien jugée invraisemblable, de pénétrer dans la masse

(*) M/-iniiir>>o rolatit.x à la ti>in|MTatur(* iIom piiilir^ iiit<'rno<> du ^lobo (Théorim and* htiijui' dr ht rhilt'ur) ; il \ «lit : " Si 1.» ln.1^^^* «"^l s|»li«Tiimt', il r»t facile do Voir qtK» toii« It'H poiiit!4 |>l.iC'-< à 11 iiti'iur «livlaïu'f du «riilrroiit la irii^inc tcinpi*nlurc. m Je lai^M- il iM-M-^'T îiu I«'<'li «ir "i n-ilr iLiidltii'ii •'*! r«'alis«'«' daiit le ^lobo Icrrcîilre.

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CIHCULATION SOl'TEBRALNK l)K L'EAU CHAUDK a.'^D

de filons en voie acluelle de production et d'en analyser tous les détails.

C'est en 1869 que le filon fut découvert et son nom est celui même de son découvreur, le prospecteur Henri Comstock, attiré dans le pays parla fondation toute récente de la colonie deGold Canon, 011 For s'exploite encore a pleines mains et 011 les fortunes s'édifiaient à vue d'œil.

La région de Comstock se montra tout de suite si particulièrement riche qu'en quelques mois, une ville énorme, Virginia- City, s'élevait au milieu de Washoe-District, désert jusqu'alors, et qui, comme par un coup de baguette, étala au soleil 2200 maisons et tout ce qui est nécessaire pour subvenir aux besoins de la vie de milliers d'habitants.

Il est inutile de dire qu'une pareille agglomération ne fut pas préciscinenl un paradis de concorde. Les conflits éclatèrent bientôt entre les habitants, et il est de notre sujet de noter que les plus graves vinrent de la question des eaux. Partout, dans la vallée, dans le puits, comme dans les galeries, les mineurs eurent à disputer la place à la circulation des eaux chaudes, et c'est un homme dun véritable génie que ce colonel Sulro qui. en établissant l'un des plus grands tunnels du monde, se créa une double source de revenus gi^ranlesques. en se faisant pa^er d'abord par les* exploitants qu il asséchait et ensuite par les agriculteurs qu'il irriguait avec le produit de ce drainage.

Pendant six ans, Virginia-(]ilv, imitant sa voisine Gold Ilill, fut en proi^rcs continu, fournissant i4ooo tonnes de minerai par jour. Plus lard, «les complications surgirent et, par exemple, il y eut à diverses reprises de ces incendies comme on n'en voit qu'en Amérique. Kn 1^70, allumé par une simple lampe à pétrole <|u on laissa choir dans un chalet, le sinistre se déclara un jour et s'étendit à toute la ville. L'eau manquait ; la population affolée se sauva sur les montagnes voisines. Cependant les ouvrages de mine ne furent pas abandonnés.

l ne fois bien établi qu'on ne pouvait plus rien pour la vilh». on concentra tous les elforls sur les moulins et sur les puits. On fit sauter à la d\namite les constructions combustibles, mais le feu franchit le (crcle tracé. Presque instantanément, 4ooooo pieds cube** de l>ois. destinés aux travaux des galeries, s'enflam-

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inèrent el d(?gagerenl une chaleur el une fumée intolérables. Les roues en fer des chariob^ furent fondues en plein air. Le feu descendit dans le puits el. chose inouïe, des hommes, dans ce milieu épouvantable, se passaient des seaux dVau de main en main pour arrêter h* fléau.

On y parvint à /ioo pieds de la surface. La perte de la Compagnie s*éleva à plus de 5 millions de dollars et celle delà colonie au double. Comme compensation, les sommes réalisées h Virginia-City. après Tincendie, sVIevaient à des chiffres sans précédente: au premier janvier 1881, la cpiantité d*or el d*argent sortie des mines de Comstock s'élevait a 7 millions de tonnes, représentant une valeur de 3of) millions de dollars.

Le filon de Comstock plonge sous un angle de /|0 à 45", sur la ligne de contact d'une énorme protubérance de diorile, qui constitue le mont Davidson, et de diabase, qui constitua le «cl delà plaine voisine. Les puits, poussés jusqu'à 2000 pieds de profondeur, attaquent le filon à différents niveaux. Les eaux y ruissellent avec une abondance extraordinaire, et la température y subit, pour des profondeurs croissantes, une augmentation dont la rapidité est tout à fait exceptionnelle:

A 3o mètres, on a déjà 10", 5c)() — — 38**,

iuH) — — /io".

CVst à (pjclques kilomètres que jaillit la source du « Bateau à vapeur » ( Slramhoat Sprinrj) et non loin de là des jets deau bouillante sont projetés à de grandes hauteurs comme dans les véritables *:evsers.

Il en résulte pour les ()u>riers de cruelles souffrances et de grancU dangers. Mrme nus, ils ne peuvent travailler qu*en se plongeant la tète dans l'eau. (|ue leur amènent dt*s conduits spéciaux. r\ en allant |)rendn' des gorgées d'air fniis à Textréniité (les tuhcs de ventilation. Des tonnes de glace sont descendues cha(pie jour dans les mines, où l'on boit des quantités énormes

URCrLATTON S{)LTEII«AISK liK l/KAU CIIAL'IIK a^i

d'eau glacée: 95 poiinds déglace représentent la ration quotidienne (le chaque mineur. De puissantes macliines opèrent, snr toute la lij:ne du filon, la plus active ventilation. On a calculé que, par les procédés frigorifiques, on retire par an des roches chaudes autantde chaleur qu'en produiraient 55 ^72 tonnes d'anthracilc brûlé dans les meilleures conditions industrielles. Ces ■efibrts n'ont que des résultats bien médiocres, car la chaleur lait

roche enciiuanla traverser [lar nno (^èDclue OTUgtnii|uc : E, b, Icii pnonlct à U formiitii deuacllci onl Foltilioré Hn prwiiiils irnlIcntHm» <)» rorliri inirginains ; F, le filoa rPmj de il^pôls itfs «lui ijiii ri'sulrcat souvent de réaiiion) muliiflltt dwbilDvea cntrr pliiFieu

igwidrrDt : G^ G, la mict à la fo I ; F. le filoii aie* «Qtrr p ?< Ji'ji.'^L- de coin|>oscs in-«liilJc<. dnql

tous les ans un certain nombre de victimes, sans compter les accidents épouvantables qui causent la chute des hommes dans les bassins profonds où se collectionne l'eau à 70" et d'où on ne les retire que mourants, en proie à d'atroces souffrances.

Les caractères exceptionnels des mines de Comstocl* ont d'autant plus de prix qu'ils s'expliquent par cette circonstance d 'être procurés par un gltc métalhfère qui n'était pas parvenu, el bien loin de là, au terme de sa constitution, au moment où les réactions génératrices ont été quelque peu modifiées par l'introducliondans les points exploitables des agents de l'extérieur. De même, des perturbations sont nécessairement résultéesdu ralentissement des concrétions, cest-à-dire, cl malgré les phénomènes

Stan. Meumeh. — La pluiu. lâ

aV'. COIXABOHATION \)K LA l'Ll'IK AIX FONCTIONS Al'TONOMKS

calorifiques dont nous venons de parler, par une atténuation d<* In lenipératiire, par la pénétration de l*air, par les ruissellements d'eaux venant de la surface, sans parler de rinfluence des bloo^ de glace.

I/un dos faits les plus nolahlos, connue différence avec les mines ordinaires, semble concerner la collaboration apportée si Teau ihermalo par des matières gazéilormes émanant comme elle des profondeurs. Les roches encaissantes sont en maints endroiU en pleine kaolinisation actuelle et, bien (|ue nous maintenions la distinction entre les j^^îles résultant du régime furnaroUien lelf (jue ceux (pii procurent l'étain ou le fer oligiste, et les liions dits ploinhijèves. qui dérivent du mécanisme essentiellement bathvdrique, il est très important de constater, conformément à cf (pion aurait pu prévoir, (ju'il n'v a pas entre les deux de limite tranchée, mais au contraire des passages délicatement ménagés.

C'(»st en ellet sur 'looo mètres de longueur et sTioo mètre» de large (juc les roches encaissantes des minerais argentitèrc:! se montrent profondément altérées. Kn particulier, les trach\te«. qui jouent un très irrand rôle dans la constitution du sol profond. se montrent telh^nient différents du type auquel ils appartiennent que les géologues américains, à la suite de M. de llichtofleo. en ont fait prcs(juc une roche spéciale sous le nom de propylilt.

On aura une idée de la chimie qui s'est développée dans ce^ points, en considérant que le trachyte, malgré la qualification de roche neutre (]u'on lui donne, est rempli de (|uartz grenu. qui résulte sans aucun doute des réactifs mêmes qui sont les auteurs de la kaolinisation.

Du n\stc. les explorations dont le pays a été l'objet ont révélé 1 l'xislenco ih' tout un réseau de grandes failles ou (issiircs, sensihlïMurnt v(Mli(*ales. (pii livrent encore un chemin facile à de* eaux très chaude^ de remontée, dont il ne faut pas confondre la températuri' a\(»c celle des suintements venant d'en haut et qui contribuent aux <lil1icul(és du tra>ail.

D'ailleurs, il faut rc|)éter ici cet!e reinanjue, qui s'applique « beaucoup i\v cas différents, (pie la possibilité qu'on a de réaliser r^xtraclion tient \\ ce <|U(* le gisement a été considérablement exhaussé depuis le début île sa j)roduction et découronné, sans

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aucun doute, d'une énorme masse de roches, supprimées par l'érosion extérieure.

C'est Tune des plus grandes failles reconnues jusqu'ici qui, ayant mis en contact la dioriie avec la diabase, a ménagé le chemin aux matériaux essentiels qui constituent le filon de Gomslock. Elle est remarquablement régulière et on reconnaît qu'elle a été le théâtre de travaux 'Singulièrement énergiques. Sur une très grande étendue de sa surface, le quartz qui l'imprègne est tout craquelé de façon à ressembler, à première vue, à un enduit de sel commun.

En somme, les faits recueillis dans la mine de Comslock ont fourni des éclaircissements très variés et souvent très décisifs sur ce qu'on peut appeler la physiologie des gisements fdoniens en voie de développement et ont permis de faire comme un départ entre des notions supposées d'abord contemporaines, pour y voir les incidents successifs d'une évolution chimique très compliquée et très prolongée.

C'est encore au bathydrismc qu'il faut rattacher une singulière formation de minéraux très exceptionnels', dont la naissance a été surprise dans plusieurs sources chaudes actuelles et qui jettent la lumière sur des gisements très productifs en certains pays.

Il s'agit de minéraux qui, pour la composition chimique, se rapprochent incontestablement des feldspalhs, que tout le monde connaît si bien, mais (|ui en diflerent sensiblement par cette circonstance qu'au lieu de consister en silicates d'alumine et d'un protoxyde anhydre, potasse, soude ou chaux, renferment dans leurs molécules une quantité notable d'eau de combinaison : ce sont donc comme des feldspaths hydratés.

Il y en a de nombreuses espèces ; on les a toutes réunies sous le nom de zéolithes, ce qui signifie pierres bouillonnantes, à cause de l'effervescence qu'elles manifestent sous le dard du chalumeau, par suite du départ de leur eau.

Plusieurs stations romaines, dont la situation s'explique par l'appétit et le culte que les Romains professaient pour les eaux thermales, ont fourni des zéolithes de production actuelle : telles sont spécialement Plombières dans les Vosges et Bourbonne-lcs- Bains, dans la Haute-Marne.

A Plombières, les Romains avaient installé une station bal-'

aVi COLLAHiUiATInN I»K LA l'Ll'IK ATX FONCTIONS ArTONOMK:*

ficaire avec un liixe lout ii fait cxcepUonncI, même pour eux. Préoccupés de ronsorver rinté<:ralité de leurs qualités aux grifl'oiis chauds <|ui sourdcrit dans la vallée de la VolojLrne, ils noiil |Kis hésité à rerouvrir tout Timuni d'une forte couche de béton, dr façon à prévenir toute espc'ce de suintement dans la nappe rhaude. On sait ((ur le béton est constitue par un mélange de fra^jrrnents de bricpie. jetés pèh'-nK*le dans la chaux vive. De» ranahsations amenèrent leau thennale dans des ronstructioiu aujourd'liui détruites, mais qui comprenaient, dit-on, une piscine, OÙ. malgré les rigueurs de Thiver, trois cents soldats pouvaient se livrer ensemble à l'exercice delà natation. Ces splendeur* eur<*nt le sort d*à peu près toutes les anticpiités, et des tremblements de terre s'associèrent à plusieurs reprises à l'œuvre de leur <lestruction. avec un tel acharnement qu'ils fendillèrent le béton en tous sens. L'eau thermale, s'insinuant dans les crevasses, se livra à des lra\au\ chimiques auxquels la chaux prit une part s|)éciale et (|ui engendrèrent, dans les vacuoles de la brique, des géodes microsco|)iques de véritables zéolithes (*). Les espèces reconnues dans le béton de Plombières sont notamment la cbabasie. riiarmotome, la (*hristianite, la mésotype et Tapophyllite.

Hourbonne-les-Hains olfril des faits analogues. En 187Â, on mita sec le fond iVun puisard construit par les Komains, établi sur la principah* source.

Sur ce fond, situé à 7™.So au-dessous du pavé des bains modernes, on reiH^ontra d'abord une boue argileuse noinitre. renfermant d(*s débris de bois et des milliers de noisettes, des ghinds et qiiehpies no>aux de fruits, puis une couche de saUe gris, puis une boue noirâtre, si^mblable à la couche supérieure v[ <lans la(|(ielle on trouva 1 700 médailles, dont quatre en or. (pielques-imcsen aigent. la plupart en bronze. Un grand nombre d'objets de \aleur. tels (|ue des statuettes en bronze, des bijoux en or, etc.. accnmpagnaient les médailles.

\u-(lessous de ce niveau se trouvait une quatrième couche, de r» centimètres en\iron. formée de fragments pierreux, cimentés par des substances à éclat mélalli(pie et très nettement crîstal-

(•I Daiihrô'. I.fs vaux S'Hittrrnini'S à l'rfifn^ur artufllr^ t. Il, p. ^S. Dcms voliimn

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