RUISSELLEMENT DE L'EAU DE LA PLUIE
SoMMAiiE. — Traces JossUes de la pluie. — Empreintes artificielles. Comment la pluie peut produire des empreintes durables. Les gouttes des pluies géologiques étaient analogues à celles d'aujourd'hui. Bilobites. Puits naturels. Ripplet- Marks. Traces de boue prises pour des traces organique!».
Traces fossiles de pluie. — Par le fait seul de sa chute, la pluie détermine sur le sol un travail qui se traduit souvent par la désagrégation des roches. Sur certaines substances, chaque goutte laisse une dépression et il est facile de concevoir la dépense de force que cette empreinte représente.
On trouve à divers niveaux géologiques le conlremoulage de pareilles empreintes, qui sont d'autant plus précieuses qu'elles nous éclairent sur certaines conditions météorologiques des époques passées. Le complément de ces découvertes est, comme dans tant d'autres cas, fourni par Timitation artificielle de ces particularités.
Déjà, en i852, Marcel de Serres mettait sous les yeux de TAcadémie des Sciences (*), une plaque d'argile sur laquelle il avait produit des empreintes au moyen d'une pluie artificielle.
Le célèbre naturaliste accompagnait la présentation de son résultat de celle étrange réflexion : « Il difl*ère cependant de l'empreinte naturelle en ce qu'il ne présente pas des empreintes convexes et en relief, mais seulement des cercles creux et assez profondément concaves. Nous ne sommes pas encore parvenu
(') Comptes ren'lus de iAcndémie des Sciences^ i85a, t. LV', p. io6.
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à en former de saillants, mais nous espérons y parvenir en variant les procédés que nous avons suivis pour fabriquer de pareilles empreintes et les rendre transportables. »
Le fait est cependant inévitable et coïncide avec celui que nous procurent d*innombrables empreintes .de tous genres fournies par les roches sédimentaires. Nous savons maintenant de s^nce certaine (*) que les pistes animales, par exemple, ont été imprimées sur (le Targile tout à fait molle et plastique et que si elles n'ont pas été eflacées par les suites de la sédimentation, c'est que le vent s*est chargé de les remplir de sable qui, plus tard, s'est cimenté en grès. C*est pour cela que les bilobites et autres traces « problématiques >>, comme on les appelle, se présentent toujours à la face inférieure de bancs de grès, séparés les uns des autres par des couches argileuses qui s'eiTritent au moment de Texploitation du grès.
Sans insister davantage, nous rappellerons que la méthode expérimentale a été décisive pour expliquer les causes des déformations fréquentes des gouttes de pluie géologiques.
Ces déformations tiennent ù Tobliquité avec laquelle le petit sphérule aqueux est venu frapper la matière plastique. Des gouttes lancées obliquement, à Taide de la petite burette désignée dans les laboratoires sous le nom de (( pissette » déterminent des cupules dont rallongement est en rapport direct avec l'intensité du souffle de l'opérateur.
Avec les anciennes idées de cataclysmes, on aurait pu prévoir que les «gouttes géologiques devaient être plus grosses que les nôtres et (|ue Tellipticité de leurs empreintes présentait un diamètre plus long. Il n\*n est rien cependant, et la pluie fossile nous apporte un témoignage de Tuniiormité des conditions gêné» raies de la Terre depuis \v début des époques sédimentaires, qui coïncident avec les preuves que nous avons, si nombreuses et si variées, de la continuité et de Thomogénéité de révolution ter-» n»stre.
Parmi les lo( alités où des empreintes pluviaires ont été obser» vé<»s <»u recueillies, on peut citer Hagnoles-de-l'Orne, du silurien inférirnr. si riche, conmie on sait, en bilobites et en traces ana»
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