INFILTRATION DE L'EAU DE PLUIE
'SoM^iiui. — liiefs de Picardie el lione beds. — (xinimcnt ils »c »onl formé!». — (]oc|uin» des Antennes et oolithcs (rilanli^iller» et de IVa*i>'al- Gisements de bone-betiM.
i^oncrétions souterraines d'origine pluvîaire. — Nodules gréseux creux do I*ulcaux. Aétite».
Ebonlis fossiles. — Comment on peut les reconnaître. Observations sur un éckantillon provenant des Pvrénéc<^. Cailloux |>oli8 et striés des éboulis fossiles. Encore les placages boueux dn pa^'s de Vaud. L'erreur relali\e aux galets striés moilemes étendue aux galets anciens. Auteurs qui l'ont commise.
* tavernes fossiles. ^- Super|M>silion dc^» faunes de* casernes de Belgique. L'Homme dans les cavernes de la Véxère et dans la Grotte des Fées, près d'Arcy. Brèches oeseuaea quaternaires. Faune et histoire des gisements du i)ui'Tcy ; phosphorite de Caylux. Onyx de» ca\ernes fossiles : Algérie. Nou\cau-Mexique. Hasse-Californitv Cavernes fossiles du terrain sidérolithique.
J.fs JiloHS. — Structure d'un lilon. Ex|K'riences de Sénarmont avec l'eau suré<'hau(Tée, expliquant la formation des gîtes métalIiltTcs. Les gangues et les minerais. Le phénomène métallifère est continu. Les gîtes calaminaires. La Vieille-Montagne et le Laurium. Minéraux néolithiques .
Allui'ions verlicali-s. — Leur fréquence. Les sables de Montainville. Les sables diamantifères (lu (^ap. Tliéorio de leur formation, (échantillons provenant des mines de Du Toit's Pan, Hulfontein, Old de Heor, Kiml>orley. Composition minera logique. Serpentine résultant de l'hydratation sur place de silicates magnésiens anhydres. Analogies avec la chantonite, rot he niétéoriqiio onipti>p. Ce sont les eaux chaudes ascendantes qui ont charrié l'alluvion à diamantt.
Biefs de Picardie et Bone-beds. — Apres avoir reconnu lanalojrie. pour la pluie fossile, des conditions décrites pour la pluie acluelle, (|uant à sa chute et quant à son ruissellement sur le sol, nous axons à constater Texistence de documents concernant son infiltration.
Si Ton se reporte à notre chapitre de la première partie, où est traitée la décalcification (p. G2 ), on verra que diverses formations, telles que celles de l'argile à silex se sont continuées pendant des laps de temps prodigieux, et le moment est venu pour nous d'y
a8a INFILTUATION \)K I/KAL' DE PLUIE
voir Torlgine de couches argileuses, sableuses, phosphatées, en tous cas formées de matériaux insohibles dans Tcau, qui ont été arrachés par la pluie à leur association avec le calcaire.
Déjà, on a vu que des couches, mc^me épaisses, de semblables éléments, ont été confondues avec des formations restées intactes depuis leur dépôt. Du nombre sont les luefs de la Picardie qu'en les décrivant, nous avons reconnus pour provenir de portions de couches calcaires tertiaires et (}ui ont subi la décalcification intégrale au cours de leur intcrcalation entre d^autres couches également décalcifiées et produites, les unes aux dépens de formations récentes et les autres à ceux de formation 'plus ancienne. En somme, ces produits de la sédimentation souterraine sont des témoignages irréfutables de l'action continentale de la région où ils prennent naissance, ce qui leur donne ce grand intén^t que, si on en découvrait dans l'épaisseur de la croûte terrestre. nous leur devrions la notion dunç époque où le point où ils se montrent a été lui-même accessible à la pluie, même si depuis lors il a été recouvert de sédiments, mêmes très épais, de production marine.
Malgré la diversité de leur composition minéralogique et bien que beaucoup d'entre eux soient, comme les biefs de Picardie. formés de détiitus d*origine minérale, on leur a imposé le nom de bone-beds (lits d'ossements), parce que leur type essentiel est composé de débris osseux d'une valeur industrielle considérable.
Je pense avoir été le premier à élucider Thistoire géologique de pareilles accumulations, qui se comportent comme les coquins des Ardennes et les oolithes de Heauval et d 'Hardi villers et se concentrent peu ù peu dans un lit continu et plus ou moins mince, représentant tout ce (|u'une couche initiale a pu sauver de Tentreprise pliiviaire. Plus tard, la sédimentation ayant repris son cours sur le ui^Mue point, le lit considéré a été ramené 2k des profondiMvi's plus nu in(»ins considérables, où nous rezploitons maintenant. Un voit (|ue, (juclles que soient les particularités de son gisement actuel, il constitue un témoignage incontestable de la condition contincnUile. la seule qui permette à la pluie d'extraire dune formation (Nilcaire le carbonate de chaux qu'elle contient rt iVru isoler les débris insolubles.
Parmi les innombrables exemples <|U*on pourrait citer de 6one-
BIEFS DE PICARDIE ET BONE-BEOS a83
beds, et sans chercher h retrouver l'époque précise où chaque dépôt a été isolé par la pluie de la formation beaucoup plus épaisse dont il faisait partie, nous citerons quelques localités remarquables.
Dans le silurien de DoAvnton, en Angleterre, on trouve un lit d'ossement de lo centimètres dépaisseur seulement, mais où les matériaux phosphatés sont d'une abondance extraordinaire. Us proviennent, pour Timmense majorité, de poissons appartenant aux genres : Onchus, Teraspis, Plectodus, Thélodius, qui ont été étudiés en 187 4 par Randall.
Le carbonifère inférieur (dinantien), non loin de Bristol, comporte un bone-hed tout à fait typique, formé presque exclusivement de dents de poissons. On en trouve également en Belgique, dans le houiller supérieur, ou stéphanien.
Le trias du Plateau Central renferme, d'après la Description géologique du Mont d'Or lyonnais de MM. Faisan et Locjrd (1860). une couche composée presque exclusivement des dents du Saurichthys, dont le nom signale les caractères ambigus entre les reptiles cl les poissons.
C'est encore dans le trias, niveau dit le lettenkohle, qu'on rencontre auprès de Tubingue, un vrai bone-bed avec nombreuses dents de Ceratodus. En Souabe, Quenstedt a distingué, dans l'épaisseur du terrain rhélien, plusieurs bone-beds, qui constitueraient des transitions entre l'infra-lias et le terrain jurassique proprement dit. C'est même dans l'épaisseur d'un de ces niveaux que Plieninj^er a découvert en 1817 une petite dent fossile, qui est devenue bien célèbre comme révélant l'existence, à ce niveau si ancien, d'un inanimifî're, le Microlestes anliquus,
La même trouvaille s'est renouvelée dans le rhétien anglais, qui renferme à Penarta des bone-beds qui ont procuré 70000 dents du poisson qualifié d'Acrodus, accompagnées de 29 dents de Microlestes. En Franche-Comté, le rhétien débute parfois par un bone-bed de près de 20 mètres de puissance : les lits d'ossements et de dents qui le composent, alternant un grand nombre de fois avec des schistes à Avicula contorta ou d'autres fossiles caracléristiijues.
En uSr)G, (in^sslv a recueilli dans un bone-bed du canton de Berne, le tibia, plusieurs os du tarse, une tête de fémur, une
2S.i INFJLTIiATlON l>K l/KAU DK PLUIK
gridc, une pla(|uc écailleusc. dont les détails anatomîques font croire qu'ils proviennent d'un reptile qui devait mesurer de ifi h 17 mètres de longueur (*).
Terminons cette énumération par la mention de la rencontre que nous avons laite nous-même, dans la forôt de Compiègne, non loin du Trou du Ilan, si célèbre parmi les paléontologÎBles. d'un véritable bone-bed, composé presque cxclusivemenl de dents de squales, fort petites : subordonné aux sables dits de Cuise, il mesurait 6 centimètres d'épaisseur cl se continuait sur une coupe assez lonfj:ue.
Concrétions souterraines d'origine pluviaire. — Un autre genre de témoignage d'infiltration souterraine de Teau de surface consiste en concrétions de tous genres et nous devons citer, comme particulièrement net, la formation d(»s lelim-hindchen ou enfants du lœss.
Ce sont des nodules spbéroïdes ou ellipsoïdes de marnolilhe, au sein des coucbos de limon d'origine éolienne, qu'on désigne sous les noms de Icrss ou de lelim.
D'innombrables localités des environs de I^aris montrent ces concrétions dans la roupe de limon tout à fait récent. C'est à Villejuif que se trouve IVxeniple le plus volumineux, mais il est d'innombrables régions o\\ on le rencontre aussi et jusque dans <lrs sables récents transformés en grès plus ou moins friable.
Nous nous arrêterons à un seul cas, intéressant par sa complication relative.
Dos travaux exécutés pour dégager la gare des voyajreurs il Piileaux ont mis au jour de singulières masses sphéroïdales.
L'excavation a été ouverte sur le liane du coteau dans Tépaisseur des couches de sables dits de Beauchamp qui reposent, dans la région, sur le calcaire grossier supérieur : les boules pierreuses étaient novét's dans ces sables et inégalement espacées les unes des autres. La pluie circule très aisément dans cet ensemble.
A première >ue. cr sont des nodules de grès et leur rencontre est si fréquente dans les ^-able*^ de tous les niveaux géologiques
(X)Nr,HKTIO\S SOITEHUAIMCS DnRUHMi Hf.LVIAIMK aSi
qu'elle ne serait en aucune façon digne d'être signalise si elle ne s'accompagnait cette fois d'une particularité remai'tjuablc.
Il se trouve, en effet, (jue ces nodules, au lieu d'être pleins, sont creux, et cela, comme je vais essayer de le faire comprendre, complique leur histoire d'une façon considérabU'.
On admet, comme conséquence des observations et aussi des expériencoa. que la constitution des nodules ordinaires, c'cst-ùdire pleins, s'est réalisée dans les niasses de sable d'une façon tri-» simple. Ces sables ont été traversés pardcs dissolutions varices capables d'abandonner une substance conjonctive qui. solidifiée entre le» grains de sable, pouvait les réuiiiren une masse cobérente.
La substance dont il s'agit est I3 plus ordinairement du calcaire ou car-
., n ,■ en. .1 . <■ ro, Il I I .en ftm> fur na Hrc t . (jQf,j,[ç Jg chaUX ;
mais elle peut être aussi (le la silice, de l'iivdi-atc de fer ou quelques autres matières encore.
Ce qui est intéressant et ce qu'on ne peut contester, c'est que les dissolutions filtrant au travers des sables rencontrent de temps en temps des jioints qui exercent sur elles fcomme une attraction irrésistible : elles y déposent leur matière dissoute et successivement le germe de concrétion s'enrichit de nouveaux dépôts et grossit de façon à acquérir parfois des dimensions très grandes. On ne peut douter que les énormes assises dans lesquelles sonl ouvertes de grandes carrières de grès, comme à Fontainebleau,
Kl. :i!i. —
Coacrilion •K cnnH.tiili
tilk-iMik
t Jorigine pluvi.iw. Hoj (Ucdcifioitfan du c.l.tir
Je «clU
ve à U
['oricina 'fr
>u ilmit
• Pt q<iilili# d-A<|i>IUa«> IttMnU. A roriginr >l>
connidétOian t\n f.k
m» du
Ifur
**îr'"iïi
1 ta talctim iaïaiifm' >l ndrtIeailiraHlilUodilittI
Iw
lonïtomiu. Par iiiile ds V min^nl.-. ol Undit <|u'eB
«ïti-
•■■rrÛ^iqur .k> m
■liim
Uinn m
liaiu U for»
•itlun n
V|irDUïAilp»di- rhangcn
<n .l«.itrM
ello p|ii
UiD» na.
tih toi. t»
laciJ.
mmtittr e.
>].'«» el l.h
uai( le
réuilu srgileui iiiipr^gni^ <
Je 11
Mf • prHii 11 pli»
. Cellegranile
ri >'(»l peu à peu i-niirrnt
Htu-
lioD t\ r
.arfoi- rii^m.
.■«1 rri.Uli;«C pr pl..ï
• on