INFILTRATION HK I/EAU DE PLUIE
à Orsay, ii Rambouillet et bien ailleurs, ne soient tout simpli ment des nodules qui ont assez grossi et qui résultent aussi de I soudure progressive de nodules primitivement distincts. Cet! histoire est bien merveilleuse, pleine encore de détails inexpliqué tels qiie la fréquence de deux nodules de grès auperpows enk lesquels le sable est resté parfaitement libre; — tels que La foni cristalline propre au carbonate de chaux, que certains nodal de grès manifestent dune manière évidente, etc. Mais lepoi essentiel est fort compréhensible, pour ainsi dire sensible ■ veux et personne ne le contesta.
Mais si nous essayons d'appliquer ces résultats à l'histoire i nodules creux, nous rencontrons des difficultés spéciales.
Un de ces nodules creux, qui fait partie avec quelques aatr de la collection du Muséum, est une boule un peu ovoïde, doi le diamètre longitudinal mesure 85 centimètres et le diamèfc vertical 67 environ : c*est une boule qui comprend une simp roque de grès très solidement cimentée cl très dure, de 5 à Sceol mètres (répaisseur suivant les points, et un noyau sableux ti.»al lait meuble et qui laisse sa place vide quand le tubercule est brâ
Evidemment, en présence de ces boules creuses, l'explicatia de tout à rheure ne peut pas être adoptée sans modifications. n il semblerait qu'on entre dans le domaine de la pure mélaph} sique. si Ton admettait un instant seulement rhypothcse du centre de concrétion qui n'agirait qu*à distance et qui détennioi rail la précipitation calcaire, ciment des grès, à une énomie & tance tout autour de lui, mais non pas à son voisinage immédiat
I/embarras du tliéorieien parait même s'augmenter encon quand il réllrcliil que le cas des nodules de Putcaux est loi d'rtre isolr et (|u'on connaît d'autres boules creuses et prûei tant d'autres compositions minéralogiques. Il suffira de mei tionner. à cause de leur célébrité, les aétites ou pierres daigk auxquelles tant de superstitions ont été rattachées et qui cofl sistent. comme on le sait, en une co<|uille doxyde de fer, eoft loppant de toutes parts un no\au argileux ou sableux trop pdi pour les remplir, au point (|ue, par Tagitation, il y balloU comme le battant d'un grelot.
Kn étudiant ces curieuses productions, on peut cependantei reconstituer riiistoin* dont chaque étape se trouve illastrfe
démontrée, par des spécimens bien connus.* On arriveai nsi à admettre tout d'abord la production d'une concrétion ordinaire, c'esl-à-dire engendrée autour d'un centre et grossissant progressivement jusqu'à un certain volume. On doit croire qu'elle est produite par une petite quantité de la matière agglutinante et qui le plus souvent est du carbonate de chaux.
A un certain moment, et par suite d'un changement de régime et de composition des eaux d'infiltration, cette concrétion prend beaucoup plus d'activité : autour d'un noyau très faiblement cimenté, 11 se fait une coque d'une roche beaucoup plus riclieen ciment et cette circonstance est de la môme catégorie que celle qui produit des zones concentriques dans un même rognon, quoique l'elTet en soit ici bien différent. Cette coque plus cimentée et dont le ciment peut être également de calcaire devient bientôt, et justement à cause de sa richesse en carbonate de chaux, le siège d'un travail interne de cristallisation qui a pour effet de l'enrichir encore, môme si le liquide conjonclif cesse d'arriver et il doit en résulter un appauvrissement en calcaire des régions voisines. Il peut arriver aussi que la composition du liquide conjonctif change un peu et devienne siliceuse, de sorte que le grès deviendra de plus en plus résistant vers sa surface. Si alors, comme la chose est si fréquente, le liquide calciliant s'arrête et est remplacé par un liquide corrosif pouvant traverser la coque de grès siliceux, alors la région interne du nodule sera privée du calcaire qui s'y était constitué et le sable y redeviendra libre et mobile. Il n'en faut pas davantage pour que la concrétion en sphère creuse soit complètement expliquée, l'/esl ce qui a dû avoir lieu à Puteaux.
Dans le ras des délites, il se passe quelque chose d'analogue, mais de plus net enrore. car il y a substitution du ciment ferrugineux au riment primitif, qui est de nature toute différente. De plus, l'argile emprisonnée peut subir un retrait consécutif à la perte de son eau et, dès lors, elle devient beaucoup moins volumineuse que sa prison et acquiert ainsi la mobilité que nous avons rappelée.
Hboulis. — i^armi les vestiges dont l'étude procure la connaissance des faciès aux époques géologiques, on peut citer
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comme les moins nombreux et les moins nets, ceux qui proviennent (les régions exondées et qui permettent de reconnaître les points continentaux. Aussi doit-on attacher le plus grand intérêt à les bien définir.
Kn étudiant à ce point de vue la surface actuelle de la Terre, on est frappé de la colossale importance des éboulis dans les pays montagneux et Ton se demande si ces formations élastiques n'ont pas du laisser des témoijj^nages de leur ancienne existence.
Il est clair que toutes les brèches, si fréquentes à tous les niveaux, peuvent toujours être comparées à des éboulis et que la cimentation des égravats, sur tous les lianes des vallées abruptes du Jura, des Alpes et des l^yrénécs, donnerait des produits comparables à ces formations parfois anciennes.
Cependant, comme il peut v avoir d'autres causes que Tintempérisme pour réduire des roches en pelits blocs anguleux ou roulés, accimiulés sans ordre, on u le droit de laisser la question sans solution précise, et Ton est bien aise de constater que le* éboulis vrais présentent (mi certains cas des traits particuliers qui permettent de les reconnaître.
I/un de ces traits est la multiplicité ordinaire des types lithologiques f[ui se trouvent en inélanirc intime et qui se rapportent à des modes de formations distinctes les unes des autres. Dans les Alpes, ou dans le Jura, par exemple, on voit des éclats de roches cristallines, venant des plus grandes profondeurs, associés à des débris de calcaires et de s<'histes des formati(»ns plus récentes, secondaire ou inrme tertiaire. (.)r, on trouve de temps en temp»^ des conglomérats d'Ages géologiques anciens avec la même allure.
A cet cu'ard, mon attention a été appelée, il y a longtemps, par un échantillon ((îi:. .Sc)) déposé au Muséum en i8/|3 par le géologue IMiilippc \{ (pii provient de Montgaillard dans les Hautes- Pyrénées. Dans cet échantillon, gros connue le poing et laîUé avec soin, sr distinguent des débris très anguleux jetés sans ordre au milieu d'un riment très complexe où brillent d*innombral)l(^s paillette^ de mica t't de la poussière argilo-calcairc. Des jL;rainilit(*s de diverst^s variétés, des grenats îi grairi fin, des phyl*
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lades noinilrcs ressemblant de très près aux ardoises d'Angers, mais en feuillets plus ou moins tordus, des calcaires, les uns gris et d'apparence lithographique, ou noirs et d'apparence paléozoïtjue, se reconnaissent çà et là. Le collectionneur a considéré son échantillon comme représentant un conglomérai ou brèche de froissement constituant des liions. Je crois qu'il est plus logique d'y voir un éboulis proprement dit.
D'autres indices de l'intervention de la pluledansThistoirc de véritables éhoulis consistent dans la présence, qui est fréquente, de cailloux non seulement polis, mais encore couverts de stries tout h fait remarquables.
(Ihose curieuse, les stries dont il s'agit ont été d'abonl attribuées Jx des agents qui sont complèlcment élniiigcrs à leur origine, c'est-à-dire aux glaciers, f. 'observai ion, comme nous lavons vu ailleurs, montre que dans les formations glaciaires venant de se produire il n'y a pratiquement pas de galets striés. Il est vrai que si l'on examine des moraines peu anciennes, quaternaires ou môme plus récentes, on y voit parfois abonder des pierres burinées; mais on découvre bientôt que la strialion en est très postérieure au dépôt el qu'elles iin>a» mPD- résultent entièrement du phénomène ■■■ <•,"■■' '•",.. '
f.iMili-. pluviaire.
Il importe de bien insister sur ce fait calcaires sont les plusaptesà acquérir des stries ic soulerriiin. beaucoup d'autres roches suhis- (liticalion dans des conditions un peu dilTérentes.
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Dans les placages boueux du pays de Vaud, que j ai spécialement étudiés, on trouve des galets striés de serpentine, de diorite, de protoginc, de scliisle, etc. Le fait sexplique par le poids considérable du terrain, qui se tasse, et qui est bien plus considérable que celui des collines récentes. En outre, j'ai reconnu la striation dans des terrains sans calcaire, pourvu qu'il s'y trouve de fines particules argileuses, que la circulation des eaux |)Out extraire : la diminution du volume primitif, quelle qu'en soit la cause, suflit à déterminer le pbénomene.
On conçoit d'ailleurs que les blocs striés puissent ensuite, quand le tassement s'est arrêté, être cimentés les uns avec les autres par l'intermédiaire dune substance conjonctive. Si la cimentation intéresse des galets calcaires, ceux-ci peuvent être soustraits à toute dissolution ultérieure et conserver leurs stries et leur poli au même titre que les tests de coquilles altérables conservent tous les détails de leur ornementation. Dès lors, rien ne s'oppose à ce (jue des amas d'éboulis, en partie striés, soient compris dans des formations géologiques d'âge quelconque; et l'on voit quelle erreur on commettrait si de la trouvaille des stries dans leur masse, on voulait conclure l'existence de glaciers paléozoïques.
In des exemples les plus célèbres a été fourni par les conglomérats carboniirres de Dwyka, dans la colonie du Cap, et le docleur Stapfl'a |)n)testé 1<* premier contre la signification glaciaire <|u'on lui attribuait. Depuis lors, des remarques analogues ont été faite** à clos niveaux encore plus anciens et, S(H*cialcnient dans K* précambrii'U de la Norxèire. par M. Strabam : de TAuslralie. par M. David ; et de la (lliine, par M. Hayb^y Willis. Los localités cbinoises ont fourni des érbantillons identiques à ceux qu'on extrait du ([uaternairc alpin.
Tout \r monde reconnaîtra le vif intén'l qui permet d'afiirnier (Hje déjà, aux épocpirs sédiiiientaires les plus anciennes, les continents, pourMis d un modelé très accentué, subissaient de la part de l'atmospbrre. les |>bénomènes d'érosion qui sont si ||^tif> aujourd bui daii*^ les régions montai^Mieuses. I^a vaste erreur que nous avons constatée plus liant pour l'explication des galets striés de répo(|ue attuelli' a été tout naturellement étendue aux galets an(Mens tpie l'on trouM'. pour ainsi dire, a tous les niveaux»
ÈBOULIS agi
Dès le terrain précambrien, il y en a une telle abondance, avec des roches polies, quellicks(*) et Ramsay(^) déclarèrent qu'il y eut alors une époque froide. C'est par le même raisonnement que J . Thompson crut voir des traces de glaciers cambriens à Islayer en Ecosse (^). Pour le silurien, les assertions du même genre sont vraiment innombrables. Dans son ouvrage intitulé The gréai ice Age (p. 568), M. James Geikie diagnostique les formations glaciaires dans le silurien inférieur de TEcosse méridionale ; Dawson émet la même conclusion pour la région du lac Supérieur (^). Dans son History of Isle of Man, publiée en i84i» Cumming compare Ids conglomérats du vieux grès rouge dévonien aux produits de la cimentation du boulder clay quaternaire et il s'écrie ; « Faut- il en conclure que ces étranges poissons {Cocosteus, Pterichtys, Cephalaspis) avaient à souffrir des atteintes des vagues glacées et à lutter contre la poussée des glaces flottantes? » C'est aussi à propos du dévonien de Kirkby, de Londsale, de Sedbergh que Ramsay écrit : (C Nous avons trouvé bcaucoup.de pierres et de blocs nettement striés et, sur beaucoup d'autres, comme le fantôme de stries effacées par le temps. » Celle description s'applique au second conglomérat carbonifère de Dwyka, Afrique australe, que M. Dunn n'avait pas craint de regarder comme glaciaire ( ').
C'est aussi de tous côtés que l'on rencontre des conglomérats carbonifères supposés glaciaires : en France par (îodwin- Austeen (*), en Ecosse par James Geikie ('), en Irlande par Ilaughton(^), en Nouvelle-Ecosse par DaAvson(*), aux Etals-Unis par Orlon("^), dans les Indes par Blandford('*), par 01dham(*^) et par d'autres. <( Les traces d'actions glaciaires datant de la
(') Geoihjical Mayazinr, 1876, nouvelle stTie, t. III, p. 157. (^) i\atiirc, 1880, l. XXII, p. 4oo, Londres. (') liritish Association, Rapport de 1870, p. 8(). (*) dmadinn .Wituralist^ II, 6.
('*) Carlo gcologlf|uc do la colonie du Gap, 1886.
(^) Ouarterly Journal oj Gcoixjical Society. i85G, t. XII, p. 58, Lon«lrt'9. (') (treatirc .{<jc, p. 5(i8.
(") Glimntt' ami Time, p. a()6(i85i).
('^) American nnluralist, t. VI, p. 4i'»-
(*'^) Transactions of Manchester (jeoloijical Society, t. XIV, p. 4 17. (**) Records of the Geolo(jical Snrvey oJ thc India. t. XIX, p. 3^. ('*) Geological Maijacine (n. s.), l. III, p. 3o3.