‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 57 sur 62 · CAVERNES FOSSILES · texte numérisé non relu

CAVERNES FOSSILES

le voisinage, mais très 'différente de forme, a livré en 1809, au marquis de Vibraye, avec des ossements fossiles, des vestiges de l'industrie humaine, comme des silex taillés, des os et des bois de cerf, travaillés en pointes 4e lances ou de flèches.

Il faut rapprocher de ces cavernes quaternaires les brèches osseuses, où les fragments rocheux et les ossements sont cimentés ensemble par des concrétions calcaires.

A Nice, dans les flancs du rocher qui porte le Château, on voit des crevasses remplies d'un limon de décalcification dans lequel sont empalés des débris fossiles très variés et parfois bien conservés. On rencontre de ces dépôts dans les Alpes, les Pyrénées, aux environs de Paris. Autour de Gibraltar, les formations quaternaires comprennent des vases cimentées par du calcaire et renfermant des ossements et des coquilles terrestres sous la forme de brcclics, dont les plus anciennes contiennent des vestiges d'espèces perdues. Les Etats-Unis en ont de considérables.

En Algérie, une véritable brèche osseuse est associée à des gisements d'onyx, stalagmite de cavernes antiques.

Il est tout naturel (|ue des animaux et des hommes aient pris les cavernes pour abri. En outre, ce que nous avons au des causses et des régions analogues, toutes perforées d'abîmes, dans lesquels tombent les animaux, dont les cadavres en décomposition sont si souvent une horrible gène pour les spéléologistes, expliquent aussi la richesse de certains gisements, tels que ceux du Qucmcv, dans lesquels Henri Filhol a dégagé de la phosphorite toute la faune du gypse : Palœotheriumei Anoplol/ierium, mélangés à des Uhinocéros et à des Anihracotheriam de rA(juitanien d'Auvergne (Saint-Gérard-le-Puy).

Voici coiniuent 1 on reconstitue l'histoire de ces gisements (').

r' A l'époque ludienne (partie inférieure du tongrien), des cavernes ouvertes dans la masse de calcaires d*ages divers, compris entn^ le bathonien et Toxfordien, ont fourni un refuge à des animaux tir lafnunedn gypse, et entreautres, a des chauvessouris. (|ui ont superposé, comme elles le font aujourd'hui, des amas de guano aux bancs calcaires. Il se déclare entre les produits

(') Socii't»' (les Sciences phvsi(jucs cl naturelles de Toulouse, 1881, 120 pages ot 10 planches. i.^<^.^.

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de fermentation microbienne (phosphate d^ammoniaque, etc.) et le carbonate de chaux, des réactions dont le produit le plus important est le phosphate de chaux.

2" Plus tard» le terrain s^afTaisse : il est recouvert d'assises plus récentes que le tongrien» olif^^ocene, miocène» etc. ; la zone des phosphates est amenée dans le domaine du bathvdrisme. Il se fait des concrétions et toutes les variétés de stalactites et de stalagmites.

S*" Plus tard encore» le terrain subit en masse un retour ver» la surface du sol. et les couches superposées sont en partie supprimées par la dénudation» d on il résulte quon ne peut pas dire que les fossiles donnent leur âge aux émissions de phosphore ; Tobservation montre que la minéralisation a été nécessairement plus récente, et il est exact d'ajouter que» dans la formation des phosphorites» il y a eu superposition du phénomène bathydrique à une décalcification superficielle amenant la production de cavernes, puis du phénomène biologique, sous la forme de dépits de déjections phosphatées et ammoniacales au contact des calcaires.

La phosphorite de Caylux, entre autres, révMe par Taspecl zonaire des sections qu'on y pratique» une similitude complète de son régime générateur avec celui qui a présidé à Taccumulation des onvx.

L'onyv, qui compte parmi les plus Ixîlles pierres d'ornement, a comme gisements dos cavernes comblées par le dépôt chimique de carl)onaie de chaux qu'y déltTinlne la pluie infiltrée.

Nous avons vu (|ue les stalaclilcs et les stalagmites, résultant d«' l'évaporalion de la pluie toujours carbonicjuée qui a traversé la roche calcaire excavée, restituent à la caverne ce que les cours d'eau souterrains avaient enlevé à la roche initiale pour en agrandir les cavilés. La production de Tony x une fois arrêtée, parce qu(» le vide est comblé» on exploite fructueusement ces cavernes fossiles. On en cr^nnalt de tous les âges. Des gisements rrmarquablement |)urs sont exploités au Mexique, à Tacali, en Hasse-i Californie ci en Algérie, dans la province d'Oran» où le gis«»meiit d'Aïn Tebah^k, aujourd'hui prescjue épuisé, a été exploité activement par Ie< Anciens, qui iw connaissaient pas d autres gi^emrnts d onyx (|ue ceux d Algérie.

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