‹ Histoire grecque (volume 2)Chapitre 23 sur 47 · LA LYCIE · texte numérisé non relu

LA LYCIE

L'ancienne tradition établit un lien étroit entre la péninsule de rida et la côte méridionale de l'Asie-Mineure , où le continent projette également dans la mer une sorte de presqu'île affermie par un large massif de hauteurs. L'intérieur est formé par le ïaurus ; les eaux, recueillies dans les vallées hautes, se précipitent en magnifiques cascades et forment des fleuves qui sillonnent les régions inférieures. Ce qui ajoute encore au grandiose de ce paysage alpestre, c'est qu'une partie de la chaîne, notamment les monts des Selymes, est de nature volcanique et devait frapper l'imagination des habitants par des phénomènes étranges. Les montagnes s'avancent jusqu'à la mer sans laisser entre elles et l'eau la moindre bordure de terre, de sorte qu'il n'y a point de route côtière pour relier les divers points du littoral ; mais d'innombrables baies font brèche aux escarpements du rivage, et les îles adjacentes offrent des rades et des mouillages spacieux.

Les lieux où les montagnes et la mer se pénètrent aussi intimement ont été particulièrement favorables au développement de tous les peuples qui appartiennent au monde grec, et nous sommes pleinement autorisé à ranger parmi ces peuples les Lyciens.

Les anciens n'ont jamais connu dans ce pays qu'une population mêlée '. Les Phéniciens exploitaient le Taurus lycien aussi bien que celui de Cilicie ; il y vint de Syrie et de Cilicie des Sémites, qui formèrent, entre autres, la tribu des Solymes*

') AiTTo\ A'jxioi. Cl'. Deimli.ng, Loleger, p. 99i

Page 1