LA LYCIE
Un autre courant suivit la chaîne d'iles que domine Rhodes : il arriva de Crète des hommes qui s'appelaient Termiles ou Tramèles, et qui vénéraient Sarpédon comme leur héros national. Ils conquirent de vive force le pays circonscrit par la mer et les rochers, et, sur les hauteurs qui dominent les vallées, ils fondèrent leurs citadelles, dont Tinébranlable solidité a bravé tous les tremblements de terre. C'est par l'embouchure du Xanthe que les Cretois ont pénétré enLycie. C'est là, en effet, que Lèto trouva pour la première fois un accueil hospitalier ; dans le voisinage , à Patara, s'éleva le premier temple d'Apollon, le dieu de la lumière ou Lykios, et peu à peu les habitants du pays s'identifièrent si bien avec le culte du dieu que les Grecs , sur les rivages desquels ils abordaient, les appelaient, comme lui, Lyciens.
Ainsi, là comme en Troade, il s'est opéré un mélange de peuples divers qui, pénétrant à la fois par terre et par mer, ont stimulé la population indigène et produit une civilisation très précoce. Cette civilisation nous est amplement attestée par les anciennes traditions ainsi que par les monuments artistiques et les inscriptions. L'idiome lycien appartient à la même famille que le grec, à la famille des langues aryenne« qui, de l'Arménie, ont étendu leurs rameaux dans F Asie- Mineure. Cependant il s'éloigne tellement du grec qu'on est tenté de regarder les Lyciens comme une des plus anciennes tribus aryennes de la péninsule *. De quelque manière qu'on envisage cette question, cequ'ilyade certain, c'est que, de très bonne heure, les Lyciens avaient une marine puissante : il$ figurent dans les documents égyptiens à côté des Dardaniens, elles Grecs les ont toujours considérés, ainsi que les Dardaniens, comme un peuple de même race et de même rang qu'eux, sentiment qui ressort avec évidence de ce fait que les Ioniens, quand ils fondèrent leurs douze villes, se choisirent des rois de race lycienne ^
*) M. Schmidt [The Ly dan inscriptions after the accurate copies ofthe late Augustus Schönborn. 1868) admet, avant l'époque pélasgique, une immigration d'Aryens venus de l'Arménie dans le sud de l'Asie-Mineure habitée alors par des Sémites, et regarde la langue lycienne comme intermédiaire entre le bactrien et le grec.
-} Herod., I, 147.
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Les Lyciens nous apparaissent, dans tout ce que nous savons d'eux, comme une des races les plus nobles et les mieux douées parmi les peuples navigateurs apparentés aux Grecs. Bien qu'ils fussent, par leur courage et leur habileté, les premiers marins de T Archipel, ils renoncèrent de bonne heure au métier de pirates, dont leurs voisins de Pisidie et de Cilicie ne se déshabituèrent jamais. Ils ont prouvé leur patriotisme dans les luttes les plus héroïques, et se sont fait dans le calme de la vie domestique des mœurs plus polies, que l'on reconnaît principalement au respect qu'ils professaient pour la femme '. C'est là un des heureux fruits de la religion d'Apollon, qui voyait dans les femmes les organes privilégiés de la volonté divine ; à Patara , en effet , les oracles étaient rendus par des vierges, qui avaient commerce dans le temple avec la divinité.
La sollicitude affectueuse que les Lyciens avaient pour les morts témoigne encore de la délicatesse de leurs sentiments. Cet amour pour les morts nous est attesté par les monuments les plus grandioses. Ce qui frappe le plus, en effet, dans les aptitudes des Lyciens, c'est leur goût pour la production artistique. Tout autour de leurs citadelles, fièrement assises
\) La coutume lycienne de désigner la descendance par la mère était déjà considérée dans l'antiquité comme une marque de respect pour les femmes (Heracl. Po.nt., fr. 15. Bacuofe.n, Las lyhische Volk. p. 31). Cependant, cet usage paraît être un reste d'un état social encore imparfait auquel on a renoncé lorsque les conditions de l'existence sont devenues plus régulières et qui a fait place à la coutume, en vigueur dans toute la Grèce à l'époque historique, de désigner les enfants par le nom de leur père. Du reste, l'ancien usage était loin d'être particulier au peuple lycien. Il se rencontre chez les Hindous, chez les anciens Egyptiens (Schmidt, Griech. Papyrus, p. 321) ; il est indiqué, avec un exposé des motifs assez crû, par S.\ncho.mathox (p. 16, éd. Orelli) et Philo.n (p. 31, éd. Bunsen); on le constate chez les Etrusques, chez les Cretois, alliés de si près aux Lyciens, qui appelaient leur patrie « matrie », et chez les Athéniens. (Cf. B.vchofen, dans les Verhandlungen der Stuttgarter Philologenversammlung, p. -i46, et dans un ouvrage intitulé Mutterrechtc). L'importance spéciale que les anciens Grecs attachaient à la descendance maternelle se montre dans le mot àoîXybç (G. CcRTius, Die Sprachicissenschaft in ihrem, Verhàltniss sur klassischen Philologie, 1848, p. 57). Si donc Hérodote (I, 173) signale comme particulière aux Lyciens l'habitude de désigner les individus par le nom de leur mère, il faut en conclure que ce reste de mœurs archaïques s'est conservé chez eux plus longtemps qu'ailleurs.
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dans des sites pittoresques, reposent les morts en l'honneiir desquels des masses entières de rochers ont été tranformécs en voies sépulcrales et en cimetières. Partout éclate un sentiment idéaliste qui, avec une étonnante énergie, a surmonté tous les obstacles et imprimé à tout le paysage l'empreinte ineffaçable des plus hautes aspirations.
Quoiqu'il ne soit guère possible de déterminer Tage des monuments de la Lycie et de dire à quelle époque cette nation a organisé ses communes urbaines et fixé sa constitution fédérale, nous pouvons affirmer que les germes de ce développement intellectuel, libre dans son essor et universel dans ses tendances, ont été déposés dès les temps les plus reculés au sein du peuple lycien qui fut, dans les branches les plus importantes de la civilisation, le précurseur et le modèle des Hellènes.
Les princes du Péloponnèse, pour fortifier leurs châteaux, ont fait venir des ouvriers de cette même Lycie qui produit aussi des héros comme Bellérophon et Persée ; la première communication par le moyen de l'écriture, ce dont il est fait mention dans Homère, s'établit entre Ai'gos et la Lycie. C'est principalement chez les Lyciens que se rencontre la conception du Zens ternaire ou Triopas \ un en substance, mais gouvernant le monde sous une triple forme. Le culte d'Apollon entra dans cette conception. Les Lyciens virent en lui la manifestation la plus éclatante de la divinité cachée de Zeus ; ils l'honorèrent comme le prophète du dieu suprême, et, dans cette conviction, ils cultivèrent avant tous les autres peuples la divination apollinienne, afin de connaître, par le vol des oiseaux, les sacrifices, l'interprétation des songes et l'inspiration prophétique des sibylles, les volontés divines.
La Troade et la Lycie sont deux pays tout à fait semblables : ils honorent les mêmes dieux, comme Zeus Triopas et Apollon, les mêmes héros, tels que Pandaros; leurs fleuves et leurs montagnes portent les mêmes noms. Une partie de la Troade s'appelait Lycie, du nom do ses habitants, de même que des Lyciens, dans leur propre pays, se qualifiaient de
*) Sur Zeus Triopas, cf. Archseologische Zeitung, XIII, 1855, p. 10.
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Troyens'. D'un autre côté, ces deux contrées, rattachées Tune à l'autre par une fraternité si étroite, tiennent à la Crète par des liens indissolubles ; la Troade par son Ida et ses génies idaeens, la Lycie par Sarpédon et le culte d'Apollon. Lyciens, Cretois et Cariens se rencontrent encore surla partie moyenne de la côte occidentale, entre les deux presqu'îles de l'Asie- Mineure, notamment à l'embouchure du Méandre, dans l'antique ville maritime de Milet et, plus haut, en face de Chios qui doit ses vignobles aux Cretois, à Erythrae.
Oui pourrait ranger par ordre chronologique ces influences entre-croisées? Qui pourrait, en observant ce flux et reflux, dire où il en faut chercher le point de départ, si c'est au midi ou au nord, dans l' Asie-Mineure ou en Crète? En eff"et, bien que les cultes les plus importants, notamment les cultes phrygiens, aient été indubitablement importés du continent dans l'île, il se peut aussi que l'île ait rendu au continent, mais ennobli et revivifié , ce qu'elle en avait d'abord reçu. Il y a eu là, durant des siècles, d'un rivage à l'autre, un échange des plus animés, une série ininterrompue d'emprunts réciproques, jusqu'à ce qu'enfin il se fût formé un monde doté d'une civilisation uniforme, qui répartit également sa lumière sur la Crète et les côtes de 1" Asie-Mineure, depuis laLycie jusqu'à la Troade.
Le trait commun à tous ces pays, c'est que partout, du mélange confus de diverses nationalités s'est dégagé, par une épuration progressive, le génie hellénique. Le développement de ce génie se manifeste par la réalisation d'un ordre social plus parfait, par la fondation de cités, par l'adoucissement des mœurs ; il se complète sous l'influence de la religion d'Apollon qui, partout où elle a été introduite, a profondément modifié le caractère et les habitudes des peuples. C'est elle qui a arraché les hommes à la sombre domination des puissances de la Nature, elle qui a fait du culte un devoir de relèvement moral : elle a institué des expiations pour les consciences coupables, des oracles pour les esprits perplexes. Les
-) Sur le rapport entre Troie et la Lycie. voy. Deimling {Leleger, p. 100) et ScHö.NBORX ( lieber das Wesen Apollons und die Verbreitung seines Dienstes. Berlin, 1854).
bienfaits de cette religion imposaient le devoir et inspiraient le désir de la propager avec un zèle infatigable, de l'importer dans les contrées de TOccident encore obscurcies par les ténèbres des superstitions primitives. Les prêtres de Délos savaient que les premiers statuts de leur culte leur étaient venus de Lycie. Délos était, à cause de son excellente rade et de sa situation au milieu de FArchipel, une station des plus importantes pour le commerce comme pour la propagande religieuse. C'est à Délos que sortit de terre, à côté de l'olivier et du palmier, le premier laurier sacré; c'est de là que les barques des missionnaires cinglèrent à travers les îles vers le continent européen, et, là où elles abordaient, là s'allumait le flambeau d'une doctrine plus pure et d'une civilisation qui depuis longtemps déjà brillait sur la Grèce d'Orient *.
§ IV
LES MLNYENS.
Parmi les autels dédiés à Apollon dans la Grèce occidentale, ceux qui s'élevaient à l'embouchure du Pénée et sur le golfe de Pagase étaient au nombre des plus anciens.
Le golfe de Pagase, espèce de petite mer intérieure entourée de montagnes boisées, était un endroit des plus favorables pour les premiers essais de navigation. On se souvenait dans le pays du premier navire qui, construit avec les bois du Pélion, s'était risqué hors des eaux tranquilles de la baie, et la première peuplade de marins que nous rencontrions sur la côte occidentale de l'Archipel, la première aussi qui se détache, avec un nom et une histoire à elle, sur le fond obscur du passé pélasgique, est la tribu des Minyens "-. Parmi leurs
*) Sur le rôle de Délos, voy. Stark, Mytholog. Parallelen, p. 77. 83. 115. Délos, comme entrepôt central du commerce, habitée aussi par des Phéniciens. (G. I. Gr., 2290. 2319. 2271).
^) Minvens et Ioniens (E. CuRTius, Ionien-or der ionischen Wanderung, p. 2i).
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héros figurent Jason et Eunéos, le fils de Jason, qui trafique avec les Phéniciens aussi bien qu'avec les Grecs *, le « coureur de mer » Euphémos-, ainsi qu'Erginos le pilote, qui appartient également aux légendes de Milet ^. Les divinités des Argonautes, depuis Poseidon jusqu'à Apollon, Glaucos comme Leucothéa, sont celles des tribus asiatiques \ Les chants populaires sur Argo, les plus anciennes poésies lyriques de la Grèce, dont nous puissions deviner le contenu", célèbrent le courage indomptable des hardis nautonicrs qui virent leurs efforts couronnés par une victoire lucrative. En nous promenant à travers un dédale d'aventures, ils nous retracent le tableau des expéditions et des guerres maritimes depuis longtemps familières auxpeuplades asiatiques et auxquelles de hardis compagnons, venus de la Grèce occidentale, commençaient à s'associer. L'équipage se recrute de héros venus de toutes les côtes, môme de l'intérieur du pays; mais, sur tous les points qui sont signalés comme ayant donné le jour à des Argonautes, on trouve des traces d'une immigration d'outre-mer, par exemple à Phlionte et à Tégée, à ïhespies, ville peuplée d'Ioniens, et le long des côtes d'Etolie. Le but de l'expédition est un pays fabuleux, nommé JEa, que l'on place tantôt ici, tantôt là ^ Le navire sort de la mer Egée et cherche à pénétrer dans le Pont. Déjà l'empire assyrien avait poussé ses conquêtes jusqu'à l'Euxin et avait provoqué sur le rivage oriental un mouvement international auquel les Phéniciens eux-mêmes avaient pris part. Ceci explique pourquoi c'est le phénicien Phinéo ' qui est le portier de l'Euxin et qui met ses connaissances hydrographiques au
*) 0. MuELLER, Orchomenos und die Mini/er, p. 298.
2) Apollon. Rhod., I, 179.
^) Erginos est à la fois un Miiiyen et un Ionien de MileL (ButtmAxNN, Mythologus, II, 208). Amphion, le puissant roi des Minyens, est le fils de Jason (0. Mueller, Orchomenos, p. 231). 'Iaw).-/ôç comparé à 'làovec (E. CuRTius, lonier, p. 51).
^) Leucothéa à Milet [Zeitschrift fUr Alterthuniswissenschaft , 18il, p. 557).
^) Argo uâfft (xÉXouffa (HoM. Odyss., XII, 70).
*) iEa, terre merveilleuse et lointaine, dont la situation est indéterminée. (0. Mueller, Orchomenos, p. 274. Delmling, Leleger, p. 172).
') Fils d'Agénor ou de Phœnix (L. Preller , Griech. MythoL, II-, p. 330).
LES MIXYEXS 101
service de rinexpérience des Hellènes. Ces relations maritimes propagèrent certaines coutumes religieuses, empruntées au culte d'un dieu avide de sang humain qui cependant, comme le Dieu d'Abraham, laisse apaiser sa justice par le sang d'un bélier * .
La légende faisait partir le navire Argo de différentes rades, d'Iolcos en Thessalie, d'Anthédon et de Siphse en Béotie " : de même, Jason était aussi bien chez lui à Lemnos, à Corinthe, que sur le Pélion ; preuve évidente que ces divers points des côtes ont subi les mêmes influences. Cependant, c'est sur les bords de la mer de Pagase, dans le pays des Minycns, que la légende des Argonautes a acquis tout son développement. Les Minyens sont aussi, pour nous, les premiers qui donnent le branle aux peuples pélasgiques établis de ce côté de la mer, et par là à l'histoire de la Grèce européenne.
Les Minyens se sont répandus sur terre et sur mer. Ils ont envahi les fertiles plaines de la Béotie et fixé leur demeure dans la vallée lacustre de Copaïs, du côté du midi. De nouveaux périls et de nouveaux labeurs les y attendaient. Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils avaient mis le pied sur un sol mouvant et perfide ; leurs fertiles campagnes se changèrent à fimproviste en marécages malsains. Les Minyens comprirent que, pour tirer parti de ce terrain, il fallait absolu ment tenir ouverts les canaux d'écoulement creusés par la nature, mais exposés à des éboulements subits. Sur le parcours du plus considérable de ces conduits souterrains, celui par lequel le Céphise débouche dans la mer, ils ont percé une série de puits verticaux qui pénètrent jusqu'au fond du canal et permettent ainsi de le curer et de le visiter. Outre ces travaux gigantesques exécutés dans le roc, ils ont construit des digues grandioses destinées à contenir l'afflux des eaux de la mer et à les diriger vers les canaux de décharge préalablement élargis : ouvrages admirables au moyen desquels ils ont transformé une contrée, qui est redevenue aujourd'hui un désert fangeux et
') Zeus Laphystios (Preller, op. cit., p. 310 sqq.). -) E. CuRTius, lonier, p. 25. La légende des Argonautes localisée à Cyzique (KiRCHOFF, Monatsbe?Hchie der Berlin. Akadem., 1861, p. 578).
empesté» en champs fertiles, en une source de prospérité et de puissance.
Après avoir abandonné, à cause de son niveau trop déprimé, le bord méridional du bassin béotien, les Minyens fondèrent une nouvelle ville à l'ouest ^ A cet endroit vient aboutir une longue crête projetée par le massif du Parnasse, et que le Céphise contourne en décrivant un demi-cercle. Au bas des dernières pentes s'élève aujourd'hui le village de Skripù. Aussitôt qu'on dépasse les chaumières en gravissant les hauteurs, on foule des vestiges d'antiques constructions jusqu'à la cime de la montagne, qui n'est accessible que par un escalier de cent marches taillées dans le roc et forme comme un donjon de forteresse. C'est là la seconde ville bâtie par les Minyens en Béotie et nommée, comme la première, Orchomène. Cette résidence princière, qui domine si fièrement le bassin du lac, est la plus ancienne enceinte fortifiée qu'on puisse signaler dans l'Hellade. Un peu au-dessus des misérables huttes en pisé sort de terre un énorme bloc de marbre, long de plus de vingt pieds, qui couvrait l'entrée d'une construction circulaire. Les anciens appelaient « Trésor de Minyas» cet édifice sous la voûte duquel les rois d'autrefois entassaient, disait-on, le superflu de leur or et de leur argent; et ils jugeaient, d'après cet imposant débris, delà splendeur d'Orchomène, vantée par Homère. Là aussi on adorait, comme puissances fécondantes de la nature, les Charités, les « reines mélodieuses de la brillante Orchomène, les déesses protectrices de l'antique peuple minyen 'k »
Môme en Béotie, les Minyens conservèrent le goût de la navigation; ils avaient des stations de vaisseaux à l'embouchure du Céphise ainsi que sur la côte méridionale ; ils firent partie des plus anciennes confédérations maritimes, et de même qu'ils avaient fait de la Béotie et de la Thessalie un seul et même pays, de môme, des familles sorties de leur soin et animées d'un esprit entreprenant se répandirent au loin dans
1) 'Y),tx-}) ),'!|j.v/i (Strabox, p. -ïOl).
2) Sur la situation de la Vieille-Orchora(>ne, v. Ulrichs, Reisen und Forschimgen in Griechenland, I, p. 218,
3) PiNDAR., Olymp.. XIV. 5.
LES MINYEXS 103
les pays d'alentour et exercèrent, jusque dans le Péloponnèse, une influence décisive sur le développement des Etats. En revanche, il s'était formé en Béotie même, dans la partie orientale qui se trouve en 'dehors du bassin du lac Copaïs, une puissance indépendante d'Orchomène, mais sortie comme elle de germes apportés du littoral asiatique.