‹ Histoire grecque (volume 2)Chapitre 33 sur 47 · CHRONOLOGIE FONDÉE SUR LES POÈMES HOMÉRIQUES · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE FONDÉE SUR LES POÈMES HOMÉRIQUES

Pour y parvenir, on avait essayé de divers moyens. A Athènes, au temps des Pisistratides, on avait dressé une liste de rois qui plaçait l'arrivée des Nélides à i\.thènes en 1 149 avant J.-C. Cette ère fut, par suite, considérée comme marquant la date du retour des Héraclides et on plaça, en conséquence, la chute de Troie 60 ans plus tôt, c'est-à-dire en 1209. Ce système attique est celui que suit la chronique des marbres de Paros.

Dans le Péloponnèse, on était habitué à un deuxième système qui se rattachait, d'un côté, aux listes des rois de Sparte, de l'autre, à celle des vainqueurs aux jeux olympiques.

Lorsque les érudits alexandrins s'occupèrent de la question, ils avaient sous les yeux ces deux systèmes, et leur tâche a consisté à en tirer une chronologie qui pût être généralement acceptée. Eratosthène fit passer dans l'usage courant la supputation péloponnésienne, qui plaçait la prise de Troie 407 ans avant la première olympiade. On reporta alors avant la guerre de Troie (1193-1184) les souvenirs dont les plus vieux chants nationaux s'étaient fait l'écho, la double levée de boucliers contre Thèbes et l'expédition des Argonautes, On atteignit ainsi, avec les dates les plus reculées de l'histoire gréco-européenne, le milieu du treizième siècle avantnotre ère.

Enfin, on plaça au sommet de tout le système, comme premiers moteurs de l'histoire nationale, les colons venus de l'Orient, Cadmos, Cécrops, Danaos et Pélops. On agissait en cela sous l'empire d'une idée vraie, à savoir, qu'il fallait chercher le véritable berceau de la civilisation hellénique sur le bord oriental de TArchipel oi^i nous avons cru rencontrer, dès le quinzième siècle, des tribus grecques déjà mêlées au trafic maritime et au commerce international ^

*) Sur le calcul des époques, d'après les généalogies, dans l'ère de la prise de Troie, v. J. Brandis, Be tcmp. grsecorian antiquissimorum rationc. Bonnœ, 1857. 11 y avait deux manières de compter : l'une à Athènes, l'autre à Lacédémone. D'après la première manière, la prise de Troie tombait en l'an 1209 av. J.-C; d'après la seconde, en 1183. Cette dernière fut adoptée par les grammairiens alexandrins. Ainsi, Eratosthène et Apollodore plaçaient la guerre de Troie en 1193-1184/3; Sosibios, douze ans plus tard (cf. KoHLMAXN, Qusestiones ilfeMenmc«. Bonnae, 1866, p. 47). Sur les différences plus sérieuses dans la chronologie de la guerre de Troie, v. Boeckh, Gorp. laser. Grase, II, p. 329 sqq.

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