‹ Histoire grecque; les peuples orientauxChapitre 13 sur 19 · DÉCADENCE DU ROYAUME DIVISÉ · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DU ROYAUME DIVISÉ

§ 39. Idolâtrie et Prophètes. La séparation produisit deux États d’inégale grandeur ; le royaume d’IsRAKL ou d’EiMiBAÏM, formé de dix tribus, avec les capitales Sichem, Tirtsa, Samarie, et le royaume de Jlba consistant en deux tribus avec la ville de Jérusalem. Comme Jérusalem conservait l’arche d’alliance, et, à cause de cela, était considérée par les Lévites et par beaucoup de pieux Israélites comme la vraie capitale et le centre du culte de Jéhovah, Jéroboam (980-958)

éleva deux veaux d’or au sud et au nord de son royaume, à Dan et ù Béthel, et il sacrifia sur les hauts-lieux. Scs successeurs ornèrent Tirtsa de riches édifices et enrichirent le pays par le commerce; mais la puissance extérieure fut affaiblie par les guerres contre Damas et Juda, tandis que fidolàtrie croissante détruisait l’ancienne confiance en Dieu et ébranlait l’austérité des mœurs qui reposait sur la foi populaire. Juda, de son côté, passa de mauvais jours sous les descendants de Roboam. Le roi d’Égypte Sésonchis (Sishak) s’empara de Jérusalem et enleva les immenses trésors qu’avait laissés Salomon. Aujourd’liui encore, on voit sur la muraille extérieure du sud du temple de Karnak (Thèbes) la représentation du vainqueur qui agite une arme pointue au dessus d’un groupe d’ennemis captifs; une inscription à demi décomposée 1e désigne comme « Juta-Malk » (roi de Juda). Ce fut seulement après que les Juifs curent renversé les autels des dieux étrangers dans leur pays, que des jours meilleurs revinrent sous le roi Josaphat (920-890). — L’un des rois les plus puissants et les plus riches d’Israël fut AcnAii,contemporain de Josaphat (vers 900). Sous l’impulsion de son épouse idolâtre, Jczahel de Tyr, il bâtit dans sa nouvelle capitale de Samarie un temple â Baal, dans lequel 4u0 prêtres desservaient le culte. En vain les prêtres de Jéhovah s’élevèrent contre le culte charnel et dépravé de Raal et d’Astarté; la reine cruelle et obstinée chassa les rebelles du pays et les obligea â se cacher dans les déserts et dans les cavernes. Parmi eux se trouvait le pro-

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phète Eue qui trouva un asile sur le mont Carmel. Une sécheresse et une famine s’étendirent alors sur le pays; Elie les interpréta comme des châtiments du ciel et le peuple irrité saisit cette occasion pour tuer les prêtres de Baal ; les prêtres et les prophètes fugitifs revinrent et le culte de Jéhovah fut rétabli. Mais Elie dut chercher pour la seconde fois un refuge dans le désert contre les embûches de la reine. Achab remporta plusieurs victoires contre les Syriens de Damas; mais la fortune l’abandonna quand il eut laissé, contre le conseil des prophètes, la vie et la liberté au roi vaincu. Le roi syrien paya sa douceur d’ingratitude en ne remplissant point les conditions de la paix. Dans la troisième guerre qu’Achab entreprit, de concert avec Josaphat de Juda, contre les Syriens, il reçut une blessure mortelle, mais il combattit debout sur son char jusqu’à ce qu’il mourût de la perte de son sang. Le prophète Michée avait prédit le résultat désastreux de la bataille, et le roi l’avait fait emprisonner en ordonnant de le retenir « jusqu’à ce qu’il revînt en paix. » Achab eut pour successeur son fils Joram (896-882), sous lequel Samarie fut longtemps assiégée par les Damascéniens, en sorte que la ville fut en proie à une famine inouïe. Toutes ces calamités furent signalées par les prophètes comme des châtiments du Seigneur, à cause du culte de Baal auquel la maison d’Achab restait attachée; et comme ce culte vicieux s’était aussi implanté en Juda par le mariage d’Athalie, fille d’Achab et de Jézabel, avec le fils de Josaphat, la famille entière d’Achab fut

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vouée h la destruction. Elisée, alors chef des prophètes, oignit de l’huile sainte le front de Jéhu, capitaine de Joram, et le déclara roi d’Israël au nom de Jéhovah, Joram, blessé par les Syriens, était dans son palais de Jizréhel , avec son neveu Achazia , lorsque Jéhu envahit la ville avec ses partisans, atteignit les deux rois qui cherchaient à s’enfuir sur leurs chariots, les tua, et fit jeter Jézabel par la fenêtre du palais, « de sorte qu’il rejaillit de son sang contre la muraille et contre les chevaux, j) Le meurtrier sauvage la foula aux pieds et ordonna ensuite aux anciens des tribus d’exterminer toute la maison d’Achab et de lui envoyer les têtes des victimes (882), Ainsi furent massacrés soixante-dix fils et petits-fils d’Achab et quarante-deux frères et parents d’Achazia. Mais l’espérance qu’avait conçue Jéhu de fonder la réunion des deux royaumes sur les cadavres des deux maisons royales, ne se réalisa point. Athalie, fille d’Achab, prit en Juda les rênes du gouvernement et extermina de la même manière tous ceux qui se trouvaient dans son chemin; elle n’épargna pas même ses propres petits-fils, les enfants d’Achazia ; un seul, Joas, fut soustrait avec peine par la sœur de son père b. la fureur de la reine idolâtre et élevé en secret dans le temple, Jéhu (882-8o4) montra la même cruauté envers les prêtres et les serviteurs de Baal qu’envers la maison du roi ; ils furent passés au fil de l’épce, leur temple fut détruit et le culte de Jéhovah rétabli. Mais ces horreurs énervèrent Israël, de façon que sous Jéhu et ses trois successeurs une grande partie du pays fut conquise

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par les Syriens et que la force armée se réduisit à 10,000 hommes avec dix chariots et 50 cavaliers. Le royaume ne se releva que sous Jéroboam // (822-780). Les villes perdues furent reprises, le commerce répandit le bien-être et l’aisance; les fils d’Israël « demeurèrent sous leur tentes comme autrefois. » — Il en fut de même en Juda : après un règne de sept années (882-876), Athalie fut saisie et mise à mort par les ordres du grand-prêtre Jéhojada, le temple de Baal lut démoli et le service de Jéhovah reprit son éclat. Mais ni Joas (876-836), ni son fils Amasia (836-806) ne furent en état de résister avec énergie aux attaques de leurs nombreux ennemis ; en outre, une guerre civile avec le royaume des dix tribus poussa le pays du sud et sa capitale Jérusalem vers leur ruine. Les deux rois moururent de mort violente. Hozias cependant prêta une nouvelle considération au royaume (806-758); par ses victoires sur les Philistins et sur d’autres tribus hostiles, il réveilla la bravoure et la confiance du peuple en lui-même; d’un autre côté il favorisa le commerce, l’agriculture et l’entretien du bétail.

§ 40. Captivité en Assyrie et à Babylone. Au IX« et au VHP siècle, des jours pénibles se levèrent sur le royaume divisé. A l’est, le royaume d’Assyrie (§ 23) se dressa avec une nouvelle ardeur belliqueuse et dirigea ses conquêtes vers les pays du Liban, affaiblis par des guerres intestines et bouleversés par de nouvelles idolâtries. Les royaumes d’Israël et de Juda, au lieu de résister au puissant ennemi avec des forces combinées et de puiser du courage et de la con-

fiance dans leur fidélité envers Jéhovah, dans loiir attachement aux lois et aux mœurs anciennes du peuple, se querellèrent entre eux, conclurent des alliances avec des peuples étrangers, cherchèrent aide et protection devant les autels de dieux païens et se livrèrent à la mollesse et h la volupté. Ils persécutèrent les prophètes inspirés de Dieu qui prédisaient avec une franchise hardie la ruine du royaume, si le culte de Jéhovah était dépossédé par le service des idoles et si la division et les transgressions continuaient. Mais la persécution augmentait faudace et le zèle des voyants; leur foi et leur vision intuitive se fortifiaient dans les solitudes et les déserts au milieu des privations et des macérations. Au nom de Jéhovah, qu’ils concevaient comme un Dieu personnel, comme un être spirituel et moral, que l’on devait servir, non par des sacrifices et des autels, mais par une conduite irréprochable, avec le cœur et les lèvres, ils insistaient courageusement sur ramendement de la vie, ils exhortaient à la vertu et à la crainte de Dieu, et menaçaient de la colère du Seigneur ceux qui ne retourneraient pas h lui et ne se confieraient pas en lui seul. Mais les cœurs des Juifs étaient endurcis. En vain Amos , qui avait gardé les troupeaux en Juda jusqu’au moment où Jéhovah le suscita, s’éleva contre le luxe et le déréglement des principaux d’Israël, contre leurs fraudes et leurs exactions, contre la perversité avec laquelle « ils avaient changé le droit en poison et le fruit de la justice en absinthe; » les prêtres de Béthel s’élevèrent contre lui et le contraignirent de fuir en

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JiMla. En vain Osée s’efforça de détourner le roi d’Israël Manahem (770-758) du projet insensé d’invoquer le secours des Assyriens contre les attaques des Damascénicns, et signala les dangers que courait le peuple s’il ne rentrait pas dans les voies de la modération et de la justice; le roi Phul fut appelé, il entra en Syrie, rendit l’aveugle Manahem tributaire, après lui avoir enlevé ses trésors et ses villes, et transporta une partie des habitants en Mésopotamie. Cet exemple n’empêcha point les rois de Juda Jotham (753-742) et Acfiaz (742-726), de rechercher également la faveur de l’Assyrie. Lorsque Pékah de Samarie, ligué avec les Syriens de Damas, livra la guerre h Juda et serra étroitement Jérusalem , Achaz réclama le secours de Tiglat-IHlésar, successeur de Phul, devint tributaire et souilla le temple de Jéhovah du culte idolâtre de l’Assyrie, sans être ébranlé par les exhortations du grand prophète Esaïe, dont le cœur patriotique s’enflammait pour la religion de ses pères, pour l’ancienne vertu et les anciennes mœurs. Les tristes conséquences de cette folle entreprise furent bientôt visibles. Lorsque Salmaxassau, le plus belliqueux parmi les rois assyriens, envahit le riche littoral, soumit la Phénicie, l’ancienne Tyr et les villes maritimes des Philistins, et s’avança menaçant jusqu’aux limites de l’Égypte, Hosée (728-720), roi d’Éphraïm, conclut une alliance avec les Égyptiens, pour se soustraire à la puissance assyrienne, et s’exempta des tributs qu’il payait à Salmanassar. Celui-ci, irrité, envahit le royaume d’Éphraïm , conquit la capitale Samarie

après un siège de trois ans et conduisit le roi avec la majeure partie du peuple, dans la captivité assyrienne, au delà de l’Euphrate et du Tigre. Ceux qui avaient été emmenés reçurent de nouvelles résidences dans l’Arménie lointaine et dans les « villes des Mèdes, » tandis que, sur les vertes collines de Samarie, s’établirent des peuples étrangers que le roi d’Assyrie fil venir de Babel, de Hamat et de l’Euphrate. Quelques faibles débris conservèrent seuls le souvenir de la vie antérieure, de la puissance et de la floraison sous David et Salomon. Le pays fut dévasté, tellement que les bêtes féroces étranglaient les hommes. Du mélange des nouveaux immigrants et des Israélites qui étaient restés, naquirent les Samaritains.

§ 41. Juda resta tributaire de l’Assyrie et fut encore épargné. Mais le puissant Salmanassar étant mort bientôt après, Ezéchias (726-698), roi de Juda, crut que l’heure de la délivrance était venue. Il fit alliance avec l’Égypte et fortifia Jérusalem. En vain Esaïe l’avertit de ne point s’appuyer sur un bâton rompu et de ne point demander aux hommes un secours que Jéhovah seul pouvait accorder; Ezéchias persista dans sa résolution; mais les exhortations du prophète eurent pour résultat de le détourner des idoles étrangères pour servir Jéhovah avec ferveur. Sa confiance ne fut pas trompée. Sanchévib, successeur de Salmanassar, envahit le pays avec une armée formidable et menaça Jérusalem. Mais fheure de Juda n’était pas encore venue; Jéhovah protégea sa ville, ainsi qu’Esaïc l’avait annoncé. Avant l’arrivée

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(les renforts égyptiens, uneviolente épidémie décima l’armée assyrienne et Sanchérib se retira avec épouvante; Jérusalem était sauvée. Quelque temps après, Sanchérib fut battu, et le royaume d’Assyrie descendit rapidement la pente de la décadence. Avant la fin du vil** siècle, la fière Ninive était tombée en ruines (§ 23). Mais Juda retomba dans son ancien aveuglement. Le fils d’Ezéchias, Manassé (698- 642), « rebâtit les hauts-lieux que son père avait démolis, » il retourna aux idoles que son grandpère Achaz avait encensées. Le culte de Baal fut rétabli et remplaça de nouveau l’adoration de Jéhovah. Comme Achaz, Manassé offrit son fils au brûlant Moloch. Les prophètes furent cruellement persécutés parce qu’ils s’opposaient de toutes leurs forces aux sacrifices et à la religion de la sensualité, et annonçaient que si l’on ne recherchait pas le Dieu vivant avec la pureté du cœur et la droiture de la conduite, « le cordeau et le niveau de la destruction seraient passés sur Jérusalem comme sur Samarie. » « L’épée dévorait les prophètes comme un lion destructeur. » Mais leur voix continuait â retentir, et Esaïe prédit h la génération découragée la venue du Messie, qui sortirait de la race de David pour délivrer le pays. L’ancienne alliance entre Jéhovah et son peuple fut renouvelée solennellement, lorsque JosiAS (640-608) qui monta au trône à l’âge de huit ans, reçut des mains du grand sacrilicateur le livre de la loi de Moïse, et comme preuve de son retour à l’ancienne foi et à l’ancienne obéissance, renversa les autels des Baalins, expulsa les prêtres étalés

magiciens du pays, et détruisit le culte de la volupté et de l’effroi, d’Astarté et de Moloch. Ce furent les dernières années de félicité en Juda. Le pieux Josias fut tué dans le combat de Mégiddo par les archers du roi d’Égypte Nécho (§ .31) et son second fils Jéhojakim (608-597) occupa le trône comme roi tributaire. Le nouveau roi, prodigue et inconsidéré, méconnut les besoins du pays; il se tourna à son tour vers les divinités étrangères et persécuta le hardi prophète Jéhémie, qui annonçait comme prochain le jour de la justice où le temple de Jérusalem tomberait en ruines et où le pays et le peuple de Juda deviendraient la proie d’armées étrangères. La défaite de Nécho par Nébucadnetsar (§ 28) ne fut point un soulagement pour Juda. Car le belliqueux roi de Bahylone, héritier du territoire assyrien en deçà du Tigre, reprit les plans de conquête de Salmanassar et de Sancliérib. Dans l’espace de quatre années, il soumit la Syrie avec la ville de Jérusalem, pilla le temple et emmena dans l’intérieur de son royaume Jéchonias, fils de Jéhojakim, ainsi que ses principaux officiers et les habitants notables du pays. Le troisième fils de Josias, Sédécias fut institué roi tributaire sur le reste désarmé des habitants de la ville conquise; il opprima durement le peuple. Mais l’esprit tenace des Juifs n’était pas encore détruit; les aspirations vers la liberté et l’indépendance régnaient toujours dans leurs cœurs. La voix prophétique de Jérémie qui, désespérant de l’avenir de la patrie, les engageait à persévérer sous le joug étranger, ne trouva aucun crédit. Juda, comptant

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sur le secours de l’Égypte, se leva de nouveau contre la domination étrangère; mais ce fut sans succès. Malgré la vaillante défense des Juifs, Jérusalem tomba entre les mains des ennemis, selon la prédiction de Jérémie. Nébucadnetsar brûla la ville et le temple , enleva l’arche d’alliance et les vases sacrés et transporta enfin le roi aveuglé et la plus grande partie du peuple dans la captivité de 70 ans a Badylone. Jérémie qui avait déconseillé de combattre contre les Chaldéens et, à cause de cela, avait été retenu en prison pendant le siège, chercha un refuge en Égypte et pleura dans les « lamentations, » la ruine de sa patrie. « Comment est-il arrivé que la ville si peuplée se trouve si solitaire; que celle qui était grande entre les nations est devenue comme veuve; que celle qui était entre les provinces est devenue tributaire? Elle ne cesse de pleurer pendant la nuit et ses larmes sont sur ses joues ; il n’y a pas un de tous ses amis qui la console. Les chemins de Sion mènent deuil de ce qu’il n’y a plus personne qui vienne aux fêtes solennelles. » Dans cette extrémité, les Juifs se tournèrent de nouveau vers le Dieu de leurs pères et prêtèrent l’oreille à la voix de leurs prêtres et de leurs prophètes qui, comme Ezéchiel et Esaïe, leur annonçaient le retour prochain dans la patrie. Ils trouvèrent grâce devant Jéhovah. Après quelques périodes décennales, Babylone fut conquise par les Perses, et Cyrus permit aux Juifs de retourner dans leur pays. Un petit nombre seulement partit d’abord sous la conduite de Zorobabel et de Jésuah et mit aussitôt la main à la reconstruction du temple.

Mais comme ils écartaient d’eux les Samaritains réputés impurs, ceux-ci cherchèrent par haine nationale ii contrarier leurs desseins de toutes les manières. Ils obtinrent une interdiction de continuer les travaux qui ne furent achevés que sous Darius; la dédicace du temple fut alors célébrée par des sacrifices. Au temps où Artaxerxès régnait sur les Perses, de nouvelles troupes rentrèrent dans leur patrie, sous la conduite d’EsuRAs et de Néhémie, et, au milieu de luttes incessantes contre leurs ennemis, rebâtirent la ville avec des murailles et des tours et rétablirent la législation mosaïque. Néhémie partagea le peuple en deux moitiés ; l’une, complètement équipée et armée de lances et de boucliers, montait la garde, tandis que l’autre , l’épée au poing, bâtissait la muraille et chargeait les portefaix, en sorte que chacun travaillait d’une main et se tenait- prêt à combattre de l’autre. Le malheur avait enseigné aux Juifs que le salut et la délivrance ne se trouvaient que dans l’attachement à la croyance de leurs pères; c’est pourquoi ils évitèrent désormais avec plus de soin tout contact avec les païens idolâtres. Mais, par cet esprit d’exclusion, le royaume de Dieu se -constitua peu à peu en théocratie hiérarchique.

§ 42. Littérature hébraïque. La littérature des Israélites, comme leur histoire, leurs institutions et leur vie, se rapportait au service de Jéhovah ; aussi, leur poésie, expansion de sentiments religieux, est-elle entièrement lyrique; les genres supérieurs de poésie — V épopée qui a sa source dans l’histoire librement traitée, et le drame inséparable de la conception claire

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de la réalité et de la représentation paisible de eirconstances positives — ne furent nullement cultivés chez eux. La religion de Jéhovah est le centre de la littérature des Israélites, qui se compose d’écrits historiques, poétiques et prophétiques. — Les Hvres historiques contiennent l’histoire de la fondation du royaume théocratique avec sa législation exactement déterminée. Entièrement dégagées de l’histoire des autres peuples, les plus anciennes parties de ces livres ont un caractère épique dans leur originalité rigoureusement nationale et religieuse. — Les écrits poétiques sont tantôt purement lyriques comme les psaumes destinés au culte de Jéhovah, auxquels David appliqua son empreinte propre, quoique la plupart de ceux qui existent dans le psautier ne procèdent pas de lui ; tantôt compliqués de quelques éléments dramatiques avec un récit idyllique pour fondement, comme le « cantique des cantiques; « tantôt didactiques, comme la légende populaire du pieux Job, composée pour la glorification de la providence et de la justice divines qui gouvernent les destinées humaines, ou la poésie proverbiale, gnomique, sortie du sein du peuple et recueillie sous le nom de Salomon. Ce livre des proverbes qui, sous la forme de simples sentences ou de comparaisons et d’oppositions ingénieuses, renferme une sagesse dont les règles et les préceptes résultent d’une riche expérience de la vie, est particulièrement conforme au caractère oriental par la concision de l’expression et l’excellent choix des images. Dans les proverbes de Salomon se reflète la vie pratique de beaucoup de siècles, entée sur la moralité et la crainte de Dieu , comme dans les psaumes la vie religieuse et intérieure. Les psaumes sont les joyaux de la poésie hébraïque. Le torrent de feu de l’inspiration ravit le poète au Dieu qui ne SC manifeste pas comme un être vivant dans la nature et confondu avec elle, mais comme le Seigneur qui gouverne sa création. Le langage et l’expression ont un élan, les images une sublimité et une hardiesse, les prières une ferveur, les plaintes une vivacité, qui n’ont rien eu de supérieur dans la poésie de

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