‹ Histoire grecque; les peuples orientauxChapitre 2 sur 19 · RACES HUMAINES, SOUCHES DE LANGAGE ET MANIÈRES DE VIVRE · texte numérisé non relu

RACES HUMAINES, SOUCHES DE LANGAGE ET MANIÈRES DE VIVRE

§ 2. La comparaison des diversités qui existent entre les habitants de la terre, conduisit h admettre trois ou cinq souches humaines (races) différentes par les dispositions, la force et les aptitudes intellectuelles, comme par la structure du corps, la conformation de la tête, la physionomie et la couleur de la peau : 1. La race caucasiqle vouée ii la liberté et à la domination, à laquelle appartiennent les nations de langue indo-germanique, c’est ii dire les Européens (à l’exception des Lapons et des Finlandais), les Asiatiques antérieurs, les Tndous et les Nord-

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Africains, et qui , en vertu de son aptitude à se développer, est particulièrement l’objet de l’histoire. Elle se distingue par la proportion des membres, par la beauté du corps et des traits, et comprend les transitions les plus variées, depuis la couleur blanche de la peau du blond Européen du nord Jusqu’au teint foncé et aux cheveux noirs de l’habitant des terres australes et de l’Indou. 2. La race africaine et la race NÈGRE transplantée par le commerce d’esclaves en en Amérique et aux Indes Occidentales , à la peau plus ou moins noire, aux cheveux noirs, laineux et crépus. 3. La race mongolique dans les régions polaires septentrionales de l’Ancien et du Nouveau Monde (Mongols, Huns, Indous transgangétiques, Chinois, Japonais, Kalmoucks, Finnois, Lapons, Esquimaux, etc.) aux cheveux noirs et lisses, au nez aplati, aux yeux rectilignes et très écartés l’un de l’autre, à la couleur qui varie du jaune au brun clair.

Outre ces trois races principales qui appartiennent aux anciennes parties du monde, on admet encore deux races secondaires et intermédiaires : 4. La race malaise (australienne) aux cheveux noirs et lisses ou peu crépus, au teint basané, plus ou moins foncé — forme transitoire entre la race caucasique et la race éthiopique. C’est à elle que se rattachent les habitants de la Nouvelle-Hollande et des îles de l’Océan Pacifique. 5. La race américaine au teint brun cuivré, "aux cheveux minces et raides; elle comprend les restes des habitants primitifs de l’Amérique, les Mexicains, les Péruviens, etc., et forme la transition entre la race caucasique et la race mongole.

De cette diversité de races, beaucoup de savants ont conclu

INTRODUCTION

que chaque partie de la terre ou chaque groupe d’îles important, a ses habitants particuliers qui tirent leur origine du |)ays même (autochtones) et que, par suite, la descendance d’un seul couple est insoutenable; d’autres, au contraire, prétendent par plusieurs raisons, et nolaiiimeni par la ressemblance de l’organisme chez toutes les races, par la conformité de la structure intérieure, de la charpente des os, et par la circonstance que toutes les races peuvent effectuer des mélanges féconds (comme on trouve en Amérique des descendants d’Européens et de nègres, appelés mulâtres, et d’Européens et d’Américains, métis et autres) que les différentes sortes d’hommes sont seulement des variétés d’une seule et même souche primitive, et que, malgré la diversité des races distinctes, explicable par l’iniluencc du climat, des mœurs, des usages, de la manière de vivre, etc., la descendance d’un couple unique a pour elle la plus grande vraisemblance.

De même qu’on a réparti les différents habitants du globe en cinq races, l’esprit de recherche et d’observation s’est efforcé de ramener à des souches de langage distinctes, les divers idiomes dont on évalue le nombre à 2,000, et à découvrir dans toutes les similitudes qu’on y rencontre la preuve qu’il a existé une seule langue primitive universelle ou à établir la parenté de peuples aujourd’hui séparés.

1. Les trois souches de langage suivantes sont particulières à la race caucasique ; a. L’iuno- germanique (indo-européen, arien) dans lequel on fait rentrer toutes les langues européennes (sauf le hongrois, le basque, le finnois et l’esthonien). b. Le SÉMITIQUE particulier aux peuples sémitiques désignés plus haut, ainsi qu’aux Abyssiniens et aux Phéniciens, aux Carthaginois et autres, c. Le nord-africain qui comprend l’ancien égyptien, le copte, et la plupart des langues des anciens habitants du nord de l’Afrique,

2. Une famille de langue très étendue au nord-est de l’Asie et de l’Europe, et appartenant aux peuples caucasiques aussi bien

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qu’aux peuples mongols, est le finnois-tartare dont se servent les nombreuses tribus des Finnois (parmi lesquels on doit compter les Magyares eu Hongrie, comme les habitants de l’Estlionie et de la Livonie) , les Tartares (auxquels appartiennent aussi les Turcs osmanlis, les Kirgis, les Baskirs, etc.) et plusieurs peuples mongols (les Toungouses, les Kamscbatdales, etc.). Le caractère générique le plus important des langues tartares est l’agglutination, c’est à dire la formation de la déclinaison et de la conj ugaison par une combinaison mécanique et séparable , à l’opposé de la formation organique des langues sémitiques et particulièrement des langues ariennes. Les idiomes tartares sont principalement des langues nomades.

3. Dans le sud-est de l’Asie (en Chine, dans l’Inde transgangetique, dans le Thibct, etc.) domine la souclic de la langue indochinoise, particulière aux peuples mongols et consistant en monosyllabes sans flexion, et dans le Japon et l’Archipel de l’est de l’Asie, le japonais- küuiulien.

i. Les langues parlées dans les îles de l’Océan Pacifique se rattachent à la souche malaise polynésique.

5. Les langues et dialectes de la race cuivrée, dont le nombre s’élève à 500, ont, malgré leur grande diversité, un type primordial, et par suite peuvent être comprises dans une seule souche, la souche améiiicaine. 6. L’esprit de recherche des Européens . s’est efforcé de sonder et de classifier même les langues des tribus sans nombre de l’Afrique, quoique le résultat dût être médiocre et les fondements incertains par suite du manque de connaissance de l’intérieur inaccessible du pays.

Dans le sud de rAniériqiie s’étaient répandues, avant l'arrivée des Européens, les langues gmzanis qui étaient parlées sur toute la côte orientale, depuis Rio de la IMata jusqu’à Marannon; sur la côte orientale régnait la langue des Péruviens qui semblent avoir reçu leur tulture de la race toUécanique des Incas, immigrée de Mexico, et au nord du continent méridional, le caraïbe, avec phis de vingt dialectes, avait une grande exten-

INTRODUCTION

sion sur la terre ferme et dans les lies. — Dans le Yucntan, où la civilisation était développée au temps de la conquête des Espagnols, comme on peut le voir encore aujourd'hui par les constructions pyramidales et les monuments funèbres, dominait la langue maya, qui servit de langue intermédiaire aux Espagnols, et sur tout le sud-ouest de l’Amérique du Nord s'étendait la langue riche du Mexique, cet litat remarquable dont les Toltèques, les Pélasges du Nouveau-Monde, avaient fait le centre de leur civilisation analogue û celle des Asiatiques de l’est, jusqu’à ce qu’ils eussent été repoussés vers le sud par les robustes .Aztèques. Parmi les pcuj)lades sauvages de l’intérieur du pays, les plus imporlanles sont : celle des Nodowessiens ou Sioux, composée de douze tribus fédérées, qui habitaient les bords du Missouri et du haut Mississi|)i, et dont la langue est reconnaissable par la multitude de voyelles gutturales; les six tribus alliées des Mohawks (Iroquois) autour des lacs Ontario et Erié, et les Ilurons du Canada , dont on a étudié de plus près la langue pauvre en consonnes, riche en dialectes. Sur tout le nord , depuis les pays de la baie d’IIudson jusqu’aux grands lacs, règne le delawarica ou aUjonquin-mabigaii avec beaucoup de branches, de rameaux et de dialectes, dont la parenté est pourtant toujours manifeste et cpii trahis.sent une origine commune; i)iusieurs idiomes de cette souche étenjjyc montrent peu ou ne montrent point de formes; d’autres , notamment les branches du sud-est , sont riches en llexions. Pour les langues africaines, on est [)arvcnu aux résultats suivants : Tandis que les tribus berbères des cotes du nord de l’Afrique, des hauteurs de l’Atlas, jusqu'au désert, et des îles Canaries et Açores, ainsi que les habitants des bords du Nil et du littoral de la mer Rouge pos.sèdenl des langues qui, bien que mêlées de beaucoui) d’éléments étrangers cl portant les traces d’innombrables rencontres de peuples, se rattachent au rameau principal égyplien-sémitique des branches caucasiennes , les habitants du pays peu connu entre le Sahara et le neuve Guibi, et notamment les t'ullahs ou Fellatas, plutôt cuivres que noirs, occupent une place particulière, également distante des Caucasiens et des nègres, tant par la nature de

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leur langue susceptible de culture que par tout leur être. Les langues des véritables tribus nègres de l’Afrique centrale se divisent en trois familles principales ; le mandingo que parlent les peuplades sauvages du Sénégal, de la Gambie et des contrées montagneuses à l’est de la Sierra-Leone ; l’amma parlé sur ta Côte d’or et à l’intérieur du pays, qui comprend les nègres sauvages et rebutés de Fantic, tes paisibles Aschantis et beaucoup d’autres États voisins; et le congo que parlent les habitants, démoralisés par le commerce d’esclaves, de Loango, du Congo, d’Angila et d’autres États. Au sud de l’Afrique, 1a langue des vigoureux Caffres au teint brun foncé a une grande extension ; on la représente comme sonore, molle et harmonieuse, formée de mots simples qui comptent rarement plus de deux syllabes; elle doit son harmonie particulière à l’élocution lente et accentuée, à l’abondance des voyelles ouvertes Entre tes Caffres et le Cap habité par des Européens, résident les Hottentots et les Bosjesmans, débris d’une race autrefois très répandue, qui parlent des idiomes particuliers et peu connus.

§ 3 . Les hommes se choisirent aussi diverses manières de vivre et diverses sortes d’occupations selon la diversité des endroits où ils s’établirent. Les habitants des steppes et des déserts, où se trouvaient seulement çà et là des pâturages fertiles, se livrèrent à la vie pastorale et allèrent d’un endroit à l’autre, comme tribus errantes, avec leurs tentes et leurs troupeaux. Ib furent appelés nomades et leur oceupation principale fut l’entretien du bétail. Ceux qui s’établirent sur des bords bien choisis de la mer découvrirent bientôt, par l’aecroissement de leur population, les avantages de leur situation. Ils s’appliquèrent à la navigation et au commerce; ils acquirent le bien-être et la richesse, et se sentirent par là portés à construire de belles habitations et à fonder des villes, tandis que les habitants de plages inhospitalières conservaient, à l’aide de la pêche, leur existence misérable. Ceux qui habitaient la plaine, se livrèrent à l’agriculture et aux arts de la paix, tandis que les populations rudes et endurcies des montagnes s’exercèrent à la chasse et, poussées

lîmiODüCTION.

par une ardente soif de liberté, firent leurs délices de la lutte et de la guerre.

Un puissant levier pour l’éducation du genre humain fut le commerce qui créa des rapports entre les peuples. Les habitants de plaines fertiles et de rivages bien situes s’adonnèrent au commerce intérieur, au commerce de terre, an moyen duquel ils déversèrent leur superflu dans d’autres pays et repurent en échange des produits étrangers de la natui’e et de l’art. Le genre de commerce intérieur le plus répandu est le commerce de caravanes, propre à l’Asie et à l’Afrique, grâce auquel des expéditions considérables de denrées pouvaient être faites dans les pays les plus lointains, ce qui fournit fréquemment l’occasion de fonder des villes et des places de commerce. Les difficultés et le danger des expéditions commerciales à travers des contrées habitées souvent par de sauvages peuplades de brigands et entrecoupées de déserts, rendirent de bonne heure indispensables les associations de beaucoup d’hommes en vue d’entreprises collectives. Pour porter les charges dans le commerce de caravane, on se servait particulièrement du chameau, qu’on avait, à cause de cela, nommé avec raison « le vaisseau du désert. »

Comme les marchands ambulants des caravanes choisissaient souvent pour se reposer et se fixer des temples célèbres, aux voies sacrées, où régnait la paix de Dieu, le commerce reçut dans l’antiquité une consécration religieuse et fut placé sous la garde de la religion.

Les habitants des rivages de la mer se livrèrent au commerce maritime qui, dans l’antiquité, n’était qu’un commerce de côtes. Au commencement, on échangeait des denrées contre des denrées (commerce d’échange); plus tard seulement, on s’avisa d’attribuer aux métaux précieux une valeur déterminée et d’employer des monnaies d’argent avec une empreinte comme un moyen d’échange ingénieux et commode.

Les habitants des pays plats, encore peu peuplés, apprivoisèrent les animaux et se créèrent dans les animaux domest’qucs

HISTOIRE AXCIENNE.

des compagnons de travail indispensables ; ils s’assurèrent leurs propriétés, leurs champs, leurs cabanes et leurs troupeaux par des lois et des fixations de droit ; c’est pourquoi l’on peut désigner l’agriculture comme la » grande porte de l’humanité. » Les habitants des villes, de leur côté, s’appliquèrent à l’industrie et aux inventions qui enrichissent et embellissent la vie, et cultivèrent les arts et les sciences à l’aide desquels l’esprit humain manifestait ses diverses facultés et ses diverses tendances.

ÉTATS ET FORMES d’ÉTATS.

§ 4. Avec le temps, les peuples se divisèrent en peuples civilisés e1 en peuples incultes, selon que les dispositions et les relations hâtaient le développement de leurs facultés intellectuelles ou que la stupidité et l’isolement le retardaient. Les peuples non civilisés sont ou des hordes sauvages sous la garde d’un chef, dans les mains duquel repose le sort de chaque individu, ou des tribus nomades sous la conduite d’un chef qui, en qualité de père de famille, exerce l’autorité de prince et de juge et sert d’intermédiaire entre ses compagnons et la Divinité. Ni ces tribus nomades â l’organisation patriarcale, ni les hordes sauvages qui habitent en Afrique des déserts inconnus, de hautes montagnes en Asie et des forêts primitives en Amérique, ne trouvent une place dans l’histoire. Celle-ci s’occupe seulement des peuples civilisés qui sont répartis en États et en Empires par une Constitution et des lois et qui se sont unis par des mœurs et une convenance réciproque pour fonder uncommerce paisible, unesociété.unensemblemoral.

INTRODUCTION

§ 5. Les États SC divisent en monarchiques et en républicains, d’après la différence des formes de gouvernement ou constitutions. Ou appelle monarchie l’État à la tête duquel se trouve un seul individu qui dirige le gouvernement. Cet individu porte tantôt le nom d’empereur ou de roi, tantôt le titre de duc ou de prince, etc., selon l’étendue de sou territoire. On appelle république ou État libre (chose publique), l’organisation d’un État dans lequel l’autorité gouvernementale est entre les mains de plusieurs. Mais ici se présentent de nombreuses variétés. Lorsque, par exemple, l’administration appartient seulement à quelques familles distinguées par leur naissance (noblesse) ou leur richesse, on nomme cette constitution d’État une république aristocratique, et lorsque ce privilège passe entre les mains d’un petit nombre de familles ou de personnes, il en résulte une oligarchie. Quand, au contraire, les directeurs responsables du gouvernement sont choisis par et parmi la multitude, soit dans des assemblées générales ou par communes, et quand le peuple possède le droit de législation, une pareille constitution prend le nom de démocratie ou de république démocratique ; enfin, quand les classes inférieures exercent en outre une influence prépondérante, il en résulte une ochlocratie , une domination des masses. Dans l’antiquité, chacune de ces trois formes constitutionnelles était tenue pour légitime, dès l’instant où le bien général de l’Etat et l’intérêt de tous était érigé en but suprême et où l’autorité gouvernementale reconnaissait la loi et la coutume comme lui étant supérieures; on les regardait comme dégénérées, lorsque l’injustice et l’arbitraire mettaient le droit du fort au dessus de la tradition, érigeaient l’intérêt privé en but d’état, et l’imposaient comme loi aux simples citoyens. — La forme monarchique est illimitée (absolue) lorsque le régent héréditaire, sans consulter le peuple, fait des lois, établit des impôts et règle l’administration et la magistrature; elle est limitée (forme d’Etat mixte ou tempérée) lorsque cela ne peut avoir lieu qu’avec l’assentiment des représentants du peuple. La

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monarchie limitée, dans laquelle le régent est irresponsable, mais s’entoure de hauts fonctionnaires (ministres) responsables, peut être de deux sortes, selon que la totalité du peuple est représentée {Constitution représentative, monarchie constitutionnelle') ou seulement les Etats isolés {constitution dé États dans sou ancien sens étroit). L’arbitraire du régent se substitue -t-il à la loi, la monarchie absolue dégénère en despotisme ; la souveraineté du peuple est-elle expressément recoimue, dans une monarchie constitutionnelle, comme source de la puissance gouvernementale, cette monarchie alors se rapproche de la forme d’état républicaine. — Ces formes de gouvernement ne se développèrent pourtant que peu à peu, et l’une d’entre elles, la monarchie constitutionnelle , appartient seulement au temps moderne.

§ 6. Les plus anciens États civilisés avaient pour la plupart l’institution des castes, qui restreint la liberté. On entend par là une séparation rigoureuse des hommes d’après leur condition et leur profession, séparation qui se transmettait, selon une règle fixe, de père en fils, et qui ne permettait aucune immixtion, aucun passage d’une classe dans l’autre. Les prêtres formaient la première caste ; ils possédaient seuls la connaissance des statuts et des rites religieux, aussi bien que des lois civiles, et dans plusieurs États ils cachaient, par des mystères, leur science aux autres classes et ne la communiquaient qu’à leurs propres descendants ou à leurs disciples. Séparés du reste du peuple par un cérémonial rigide et par des formes étudiées, les prêtres jouirent chez les anciennes nations civilisées d’une grande puissance et de grands privilèges, jusqu’au moment où

INTRODUCTION

il arriva à la caste des guerriers (noblesse) de se placer à côté d’eux comme d’égale condition et d’en arriver soit à partager la puissance avec eux, soit îi les vaincre et îi fonder un despotisme séculier au trancliant de l’épée (§ 31). Ainsi se formèrent des classes supérieures qui, distinguées du reste du peuple par la fortune, l’éducation et le maniement des armes, s’emparèrent d’un rang plus élevé. Le monarque appartenait ordinairement à la noblesse; sa race- ou sa famille était à la tête de toutes les autres et elle était désignée comme dynastie. Les conditions inférieures de laboureurs et d’artisans formaient la troisième et la quatrième caste. Lorsqu’il se trouvait des pasteurs dans l’une de ces classes, ils composaient la caste la plus infime et la plus méprisée, tant h cause de leur manque d’éducation qu’à cause de la malpropreté inhérente à ceux qui s’occupent du menu bétail. C’est dans l’Inde et dans l’Égypte que se maintint le plus longtemps et le plus purement le régime des castes, qui suppose une conquête du pays par des peuples étrangers et un asservissement des indigènes dans les temps primitifs. Dans certains États, les classes étaient si rigoureusement séparées, qu’il persistait entre elles une division héréditaire qui ne pouvait être effacée par aucune alliance, par aucun mariage croisé, et qui s’étendait même jusqu’à empêcher toute relation extérieure.

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