II. P.\YS DU C.CÜCASE, SaUMATIE, SCVTHIE : t) La COLCHIDE
passait pour une colonie égyptienne fondée par les débris de l'armée de Sésostris. Elle était abondante en chanvre, en lin (tisseranderie), en bois propre à la construction des navires, en miel et en cire. Elle comptait parmi ses villes Dioscurias (plus lard Sebastopolis), ArchœopoHs, etc. 2) L’Ibérie, terre bénie, traversée par le fleuve Cyrus; les habitants, d’origine médiqueassyrienne, étaient divisés en quatre castes. 3) L’Albanie, habitée par un peuple pacifique, exercé à l’équitation et au tir à l’arc (ancêtres des Alains) et partagé en douze hordes ; l’usage était d’enterrer les morts avec tout leur avoir. 4) La contrée connue comme Sabmatie. asiatique, comprise entre le Don (Tanaïs) et le Volga (Rha) et habitée par plusieurs peuples non civilisés qui portaient la désignation commune de Sarmales ou Sauromates et faisaient le commerce avec les villes coloniales grec ques situées sur les cotes {PiUjus, Sinda, Phanagoria, Tanaïs, etc.) en échangeant des fourrures et des esclaves contre du vin et des étoffes d’habillement. Ils étaient divisés en nombreuses tribus et vivaient pour la plupart en nomades, de leurs troupeaux et de la chasse qu’ils faisaient dans les marais aux cerfs cl aux sangliers, dans la iilaine aux chevreuils et aux ânes sauvages. Ils étaient surtout riches en chevaux. S) Les vastes étendues de terres à l'est de la mer Caspienne, qui consistaient, soit en sites montagneux, soit en steppes et en plaines de verdure, et étaient coupées par les fleuves Oxits (Amou) et Jaxhartes (Sihon) étaient habitées par des peuples nomades et sauvages, les Scythes qui demeuraient dans des tentes ou des chariots couverts, combattaient comme cavaliers et archers, et faisaient des harnais de chevaux de la peau des ennemis (pCils avaient tués et des vases à boire de leurs crânes. Ils obéissaient à des chefs de tribus que dominait un roi investi des pouvoirs les
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plus étendus. Les prisonniers de guerre étaient aveuglés et employés à traire et à garder les troupeaux ; quiconque n’avait pas tué au moins un ennemi ne pouvait boire à la coupe d’honneur qui circulait dons les festins. On met au nombre des Scythes, les sauvages Massagètes amoureux de combats, les Saques, etc. L'Oxus et la mer Caspienne servaient d'intermédiaires entre l’Asie orientale et l’Asie occidentale.
111. SÉRIQUE et Inde. Le pays oriental connu des anciens sous le nom de Sérique (pays de la soie) comprenait une partie de la petite Bukharie et la^Chine nord-ouest. Les habitants en sont représentés comme un peuple paisible, ami du repos et des commodités de la vie, qui, malgré un commerce de caravanes actif avec le nord et l’ouest, évitant toute fréquentation et tout rapport avec d’autres peuples, habitait de grandes et opulentes cités et fournissait les plus belles étoffes de soie, comme le font encore aujourd’hui les Chinois. — L’Inde, dès l’antiquité but et centre du commerce de caravanes et du commerce maritime, ù cause de ses produits précieux, possède, comme pays de côtes à la fois et d’intérieur, de montagnes et de plaines, la plus grande variété de climat, de produits et de mœurs. Bornée au nord, au nord-est et au nord-ouest par des monts élevés jusqu’au ciel, entre autres VHimalaya d’une longueur de 40 lieues, avec le Dhawalagiri, au sud par la mer, l’Inde forme un continent complet sous le rapport géographique, climatérique et historique, et destiné par la nature au développement dans sou intérieur d’une civilisation particulière. Les pentes qui descendent vers le sud forment, entre les montagnes gigantesques aux sommets neigeux et la plaine, des degrés à travers lesquels se répandent les j)lus grands fleuves qui prennent leur source sur l’ilimalaya (du côté du nord Vindus et le Sullelsch, du côté du sud le Jamouna, le Gange et le Brahmapoutra) et vont se jeter dans la mer au sud-ouest et au sud-est. La frontière occidentale est formée par le mont Brahu et le pays de Kelat, la frontière orientale par l’Assam, que la nature a richement doué. — Le pays plat se compose de I’Uindoüstan propre ou région de l’Inde et du Gange, qui s’étend de l’Himalaya aux monts Yindhja couverts d’épaisses forêts impralica-
blés et peuplés d’animaux sauvages, et de la mer de l’ouest jusqu’à la mer de l’est, et du plateau tropical du Dekhan. — Vilindoustan occidental est la région de l’indus (Sind) avec le pays aux cinq torrents (Pendschab) dont les habitants actuels sont en grande partie des peuples mahométans, descendants des anciens Indous ; l'Ilindoustan central , très fertile, avec le fleuve sacré du Gange, était le siège principal de la civilisation, de la religion, de l’industrie et de la théocratie de l’Inde. C’est là que se trouvaient les plus importantes villes du pays : sur le Gange, les capitales des anciennes dynasties Uastinapoura et Pratisthana avec leur éclat et leur magnificence d’alors, et Bénarès, l’asile de la sagesse, de la culture intellectuelle et de l’érudition, et sur le Jamouna l’antique Indraprastha, devancière de Delhi, Mathura, la ville de Crischna, et l’ancienne résidence d’Aflra, maintenant en ruines. Au confluent des deux torrents est située AUahabad, un des nombreux lieux de pèlerinage du pays. L’Ilindoustan oriental comprend le pays fertile et populeux de Bihar, plein de souvenirs antiques, avec les ruines de la capitale autrefois florissante de Palibothra au confluent du Çona et du Gange au dessus de Patra, et dans sa partie méridionale le Bengale fertile, mais humide et brûlant, dont la capitale est Calcutta. Au confluent du Gange et du Brahmapoutre, qui se divisent en plusieurs bras, les masses d'eaux forment des marais brûlants dans lesquels la végétation est si exubérante, les jongles de bambous si épaisses et si impénétrables que celte vaste étendue de i)ays doit être abandonnée au rhinocéros, à l’éléphant et au tigre qui a élu domicile dans ces forêts marécageuses. La péninsule de Dekhan consiste en un pays élevé, séparé de l’intérieur par des nappes d’eau et des ravines, et un pays de plaines qui longe les côtes Celui-ci contient 1) le fertile Pandja avec le fleuve Cavery, avec le cap Comorin célèbre par la pèche des perles, les ruines d’anciennes villes et d’anciens temples (pagodes) et la ville de Tonjore autrefois résidence des rajas. 2) Le territoire montagneux et boisé de Mysore avec la fameuse capitale de Tippo-Sahib et Hyder Alis, Seringapatam. 3) Le territoire du fleuve Kistna (Crischna), avec l’ancien royaume de Carnata dans lequel se trouvaient.
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non loin d'Hyderabad, résidence actuelle des rajas, les célèbres mines de diamants de Golconde et les grottes d'EUora. 4) Le territoire du Godaveri (le fleuve le plus septentrional et le plus long du Dekhan) où il y avait à Béran un ancien État sacerdotal de Brahma ; au nord-est, près des côtes, Orissa sur le Maharada, contient encore beaucoup de temples et de sanctuaires. — Sur la côte orientale du Dekhan (Coromandel) où les Européens possèdent à présent de florissants étabiissements de commerce (Madras, Pondichéry, etc.), se trouvaient dans l’antiquité trois royaumes indiens dont la magnificence est encore attestée par les ruines de sept pagodes sur la côte de l’ouest, près du village de Mahamalajapoura ; la côte occidentale avec le mont Ghat contenait quatre empires de Brahma parmi lesquels le pays de côtes Kankara avec les plus célèbres temples de rinde dans les îles d'Eléphantine et de Salselte près de Bombay, et le littoral de Malabar et de Callicut. L’Inde méridionale avec l’île à cannelle de Ceÿlttii(Taprobane) qui lui appartient, était déjà, au temps passé, un but de voyages de commerce à cause de sa fertilité et de l’agrément de son climat. De riches bancs de corail contre lesquels la mer vient se briser Impétueusement s’étendent de la petite île Rameçoara jusqu’à l'île de Ceylan située vis à vis. La légende sacrée y voit des traces du pont de diamants sur lequel passa le premier couple, lorsqu’il fut chassé du paradis que l’on transporta vers cette île charmante
IV. Ariane. Les contrées situées entre l’Inde et la Perse, depuis la mer Arataquc jusqu’au Paropamisus (Ilindoukhou) dans les limites actuelles du Bdoudchistan et de l'Afghanistan, et depuis cette montagne jusqu’aux côtes de la mer Caspienne, étaient en grande partie des éléments de la vaste monarchie perse ; mais elles ne furent accessibles aux Européens et connues d’eux que par l’expédition d’Alexandre-le-Grand, qui fonda dans tous ces pays des villes auxquelles il donna son nom (Alexandrie). Les provinces séparées, qui consistent pour la plupart en sites montagneux et en plaines de sable , mais qui sont cependant traversées par des caravanes, sont les suivantes : 1) Gédrosie, i) Drangiane baignée par l’Hilmend (Ery-
manlhe), 3 Arachosie vers l’est jusqu’à l’Fndus, avec la roule la plus courte qui relie l’Inde à la Perse (Seveslan, Candaliar, et le Caboulistan sud-ouest) 4) les habitants libres et indéjiendants des pentes méridionales du Paropamisus (Peschaur, Caboul, etc.) qui portaient la désignation commune de Paropamisades et qui furent soumis pour la première fois par Alexandre. 5) Le pays montagneux et fertile d’Ana {khurazan et Seislan du sud) 6) Parthie, la mèr«-patrie rude et escarpée du royaume des Partlies fondé vers 256. 7) Carmame (Kerman, Laristan et Moghistan) au sud montagneuse et abondante en métaux avec la riche et luxueuse capitale de Kerman (Carmana) et la petite île d’Ormus qui donne son nom au détroit. — Au nord du Paropamisus jusqu’à la mer Caspienne, étaient situées sur les rives de l’Oxus et du Jaxarles : 1) la Bactriaxe (Balkh) la mère- patrie montagneuse, mais fertile, de la doctrine d’Ormuza. La ville de Baktra (Balkh) est aujourd’hui un endroit insignifiant ; des amas de ruines en indiquent seuls l’ancienne enceinte dans un pays entièrement plat , mais parfaitement défriché et couvert de nombreux villages; dix-huit grands canaux conduisent encore aujourd’hui l’eau des montagnes dans les campagnes cultivées avec soin; les limites des champs et les chemins sont plantés d’arbres; on entend partout le murmure de l’eau qui ruisselle dans les conduits. Mais ici non plus la terre fertile ne s’étend pas jusqu'à l’Oxus ; le désert commence déjà à cinq ou six lieues de la ville. Les anciens Baclricns passaient pour des hommes belliqueux ; le pays pouvait mettre 30,000 cavaliers en campagne. 2) la Sogdiane (Bukhara et une partie du Turkestan) montagneuse, mais bien cultivée et riche en villes, parmi lesquelles Samarcande dans une situation ravissante. 3) la Margiane (une partie de la Turkmanie) avec les villes d’Antioche, Margiane (aujourd’hui Merv) de ISisée (Héral), etc. i) I’Hyrcanie, la montagneuse côte sud-est de la mer Caspienne, terre fertile et garnie de bois.
V. Médie et Perse. La Médie septentrionale (petite MédieJ sur la côte ouest de la mer Caspienne, bornée au nord par l’Arajc, un allluenl du C\tus, était âpre, montagneuse, et habitée par des peuples adonnés au brigandage; la Médie du sud (grande
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Médie) conleiiail d’excellents pâturages et produisait beaucoup de blé et de fruits (citrons, oranges). Entourée d’un cercle de monts sourcilleux, cette contrée avec ses sources de naphte, ses vertes prairies, ses crêtes nues, ses campagnes de neige, est la plus sauvage et en même temps la plus agréable région alpestre de l’Iran occidental. Tandis que la nei,ge séjourne çà et là sur les montagnes pendant neuf mois, un printemps continuel règne dans beaucoup de vallons, pendant que dans les parties plus profondes un chaud été se fait sentir en même temps. Dans l’origine les habitants étaient belliqueux et exercés au tir à l’arc; plus lard, ils s’amollirent. L’ancienne capitale était Ecbatane (aujourd'hui Hamadan) la sûre et délicieuse résidence d’été des rois mèdes, défendue par trois forts et par un septuple cordon de murailles. D’après Ilérodole, les parapets étaient de différentes couleurs. — Au sud , la Susiane (Khousistan) vaste plaine brûlante rattachée au pays des Babyloniens et séparée, au contraire, des autres pays voisins par de hautes montagnes ; les côtes étaient unies , marécageuses et peu connues ; la Susiane était traversée par plusieurs aflluenls du Tigre, parmi lesquels le Choaspes renommé par sa bonne eau. Les habitants de la plaine étaient des cultivateurs paisibles ; les habitants de la montagne, au contraire, étaient pillards et indépendanls. Villes : Sdse (Schussan) résidence d’hiver des rois mèdes, construite en briques et en bitume; Séleucie. — La Perse (Fars, Farsistan) entre les déserts de Caramanie et le golfe persique, est, dans ses parties septentrionales, une terre aride, pleine de hauteurs escarpées et de gorges profondes, parmi lesquelles on rencontre au.ssi des pâturages excellents surtout pour les chameaux ; le pays du centre, sur les rives de l’Araxe et du C\ rus, avait une température modérée et formait une plaine verte et fertile, ])lantée de vignes, tandis que la partie du sud qui s’étendait eu plaine déserte, était très brûlante et pauvre en fruits et en arbres, à l’exception de palmiers. Les vallons au sud de l’Araxe et du Cyrus sont tellement rafraîchis par les vents du sud qu’il y règne un printemps éternel et (pie l’on passe de bois de myrtes, de cyprès et d’arbres fruitiers à des vignobles et à des lapis de fleurs;
PELl'LKS ÜUIENTAUX. o9
il n'exisle nulle pari de plus belles roses el des raisins plus délicieux que dans la vallée de Schiras. Les plus imporlautes parmi les villes étaient Persépolis sur l’Araxe avec une triple enceinte de murs, et Pasagarda qui renfermait le tombeau de Cyrus. Les Perses se répartissaient en trois catégories, en nomades , en cultivateurs et en guerriers.
VI. Lks pays acx bords de l’Euphrate et du Tigre. 1 ) La Grande-Arméme, fertile en blé, en vignes, en troupeaux de bétail, renferme beaucoup de montagnes, parmi lesquelles le mont Ararat avec les sources de l’Euphrate. Villes : Artaxata sur l’Araxe, bien fortifiée, et Tigranocerta fondée par Tigrane et peuplée de Grecs. 2) La Babïloxie, plaine bornée au nord par la muraille médique, au sol brun et gras, coupé par une foule de canaux et de chaussées entre l’Euphrate qui coule paisiblement et le Tigre mugissant Le pays était fertile; il contenait des lacs artificiels , et, outre Babylone, plusieurs villes riches et florissantes, telles que Séleuciesui’ le Tigre, Vologésie, Apamée, Teredon (commerce d’encens et de denrées arabiques) Charax, Spasim, non loin de la muraille médique, Cunaxa (combat en 400). 3) L’Assyrie avait, outre ^inive, Cte-'^ipiion aux bords du Tigre, ville populeuse et florissante sous les rois des Parthes ; Arbelle où se trouvait le quartier-général de Darius au combat de Gangamela, Apollonie, Àrlemitc, Sittace, etc. Au nord et à l’est s’élevaient des rangées de collines , ombragées de forêts de chênes et de noyers ; dans les vallons croissaient des vignes, des figuiers, des oliviers, des grenadiers et du blé. 4) La Mésopotamie plaine fertile aux abondants pâturages. Villes : a) dans le district occidental d'Osrhoène ; Euesse : Balhna (marché pour les ju’oduits de l’Inde) Carræ (défaite de Crassus par les Parthes, l’an 33) Nicéphore, Circesium, etc. ; b) dans le district oriental de Mygdonia ; Nisibis, populeuse capitale et ville de commerce ; üara, place forte, Singara, llairée, etc. Après que les deux fleuves ont quitté les chaînes de montagnes de l’Arménie qu’ils inondent, ils dirigent leur course à travers un pays de steppes assez élevé, dont runiformilé est interrompue par des rochers, des collines, des lacs et des étendues fertiles, tandis que les rives des fleuves sont couvertes de forêts de
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cyprès et de platanes ou bordées de prairies. La pente du sol rend plus larges ces parties basses, mais le pays compris entre les deux fleuves est d’autant plus aride et n’a d’autres habitants que des pasteurs nomades et des troupeaux d’ûnes sauvages, des autruches et des outardes. Comme l'Égypte, ces pays privés de pluie sont arrosés et rendus fertiles par une inondation annuelle; mais le débordement des deux fleuves n’est pourtant pas aussi régulier que celui du Nil. Souvent le Tigre couvre la plaine , non d’eaux fécondes , mais de flots dévastateurs, qui la changent en une vaste mer agitée, jusqu’au Delta marécageux à l’embouchure du fleuve.
Vil. Syrie, Phénicie, Palestine. A l’opposé des grandes provinces uniformes de la Mésopotamie, le pays montagneux de l’ouest présente beaucoup de variété. L’étroitesse de la côte poussa les habitants vers la mer ; les excellents ports, protégés par des anses et des promontoires, favorisèrent la navigation ; l’abondance des métaux et du bois fut avantageuse au commerce qui arriva pour la première fois à un épanouissement complet ; l’opulente fertilité des pentes profondes et des versants de montagnes invitait à la culture du blé, de la vigne et des fruits, tandis que les hautes vallées et le dos des montagnes se prêtaient à l’entretien du bétail et constituaient une vie pastorale presque sans culture. En même temps le littoral de la Syrie donne, par la mer cl l’air des montagnes, par la navigation et la vie montagnarde, de puissants contrepoids aux influences énervantes du soleil de l’orient ; il combine les éléments qui ont soin d’entretenir la vigueur des habitants. Le voisinage de la mer forme-t-il une population mouvante, active et avide d’entreprises, la nature âpre des montagnes, au contraire, et la clôture des vallons portent à une manière de vivre simple et uniforme, à la conservation de ce qui a été reçu ou acquis. Plus ces oppositions sont rapprochées, plus elles doivent agir énergiquement l’une sur l’autre, plus le progrès de la vie intellectuelle doit devenir pénétrant. Le pays des montagnes et des côtes de la Syrie se divise en ; 1) Syrie, à l’est de l’Euphrate, contrée montagneuse avec des vallons fertiles au nord, au sud brûlante et aride ; en somme, bien cultivée et cou-
verte de villes populeuses, abondante en fruits du midi. Le principal fleuve est VOionte, qui descend du mont Liban. Elle se divise en Syrie se^plentrionale ei en Syrie creuse (Cœlésyrie) vallée étendue entre le Liban et l’Anti-Liban. Parmi les villes, on remarque Samosate sur l’Euphrate; Iliéropolis avec un temple somptueux ; Séteucie ville forte bâtie sur un rocher inaccessible de trois côtés ; Thapsacus , ancienne ville de commerce sur l’Euphrate; Palmyre (Thadmor) dans une oa.sis plantée de palmiers du désert de Syrie; Apamée, entourée d’excellents pâturages pour les chevaux et les éléphants, et située sur l’Oronte comme LamUcée et la plupart des villes fondées par les Séleucides; Emèse avec son célèbre temple du soleil (combat 273 de J.-C.) Antioche bâtie par Séleucus Nicator dans un site charmant sur la rive méridionale de l’Oronte; elle avait 2 1|2 lieues de circuit; Daphné, immoral et voluptueux lieu de plaisance des rois de Syrie, environné de bois de cyprès et de lauriers. Dans la Cœlésyrie étaient situées ; Damas, très ancienne capitale dans une région agréable (célèbre dès le temps des Romains par ses fabriques d’armes); fféb'opolts (Baalbek) siège du culte du soleil avec un magnifique temple bâti par Antonin-le-Pieux. 2) Phénicie (pays des palmes) au sud-est de la Syrie jusqu’au mont escarpé du Carmel ; la Phénicie, pays de côtes , était située près du Liban riche en cèdres, que suit parallèlement vers l’est VAnti-Liban avec la haute montagne d'Hermon. Sur ces hauteurs, l’air devient plus pur et plus frais; des terrasses de figuiers et de mûriers alternent avec des vignobles; sur les larges dos des plus hauts sommets s’élève la forêt de cèdres et avant d’atteindre aux crêtes des rochers les plus hautes, on découvre de vertes pentes sur lesquelles d’innombrables troupeaux de chèvres noires paissent à l’abri des chacals, des ours et des lions qui résident dans les gorges arides. Parmi les villes phéniciennes qui étaient indépendantes sous un gouvernement républicain et réunies dans une ligue, les plus importantes sont : Aradus, Tripolis, Byblus, Berytus, l’active Sidon, la pui.ssante Tyr, Acca ou Ptolémaïs, etc. Outre les industrieux Phéniciens , plusieurs tribus guerrières habitaient le Liban : les Itwiens, les Sicaires, prédécesseurs des Assassins si redoutés
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pendant les Croisades, etc. 3) Pai.estine au sud de la Syrie et de la Phénicie, contrée montagneuse mais fertile, pleine de ravins et de cavernes, arrosée par le Jnvrdain et coupée i>ar les bras nus et pierreux du Liban et de l’Anti-Liban, qui forment plusieurs éminences remarquables, notamment le Carmel crevassé mais varié de verts pâturages, le Thabor isolé, conique, couvert de bois, le Garizim connu comme le siège du culte des idoles, etc. Les poètes arabes célèbrent le Liban « qui porte l’hiver sur sa tête, l’automne dans son sein tandis que l’été sommeille â ses pieds. » Parmi les lacs, il y a â remarquer particulièrement la mer Morte (lac asphaltitc) où toute végétation meurt, où la tene même a perdu toute vertu fécondante, où toutes les plantes et toutes les fleurs deviennent sèches et engourdies et tombent en cendres, et le lac de Tebériade ou de Génésareth. Le pays, très riche en vignes, en palmiers, en blé, en fruits, en huile, en miel, etc., se divise en quatre parties ; 1) la Galilée, plaine élevée, herbeuse, dominée seulement par des sommets isolés, tels que le Thabor, avec les villes de Dan, siège du culte égyptien du taureau, Capernaum sur le lac de Génésareth, Tibériade, résidence favorite d’Hérode, Emaus aux bains chauds, Nazareth sur une colline au milieu d’une cuve de rochers calcaires, Megiddo, ancienne résidence des rois de Chanaan, 2) la Samarie, fertile pays de vallons, ombragé de forêts, comprenait les principales villes suivantes -.Samarie, la capitale détruite par Salmanassar, rebâtie et appelée Sébaste par Hérode ; Seythopolis habitée en grande partie par des payens ; Jisreel{ Stradela) dans une belle plaine, résidence de quelques rois Israélites ; Sichem (Neapolis) non loin du mont Garizim, siège principal du culte des idoles ; 3) la Judée, habitée au sud par des Iduméens immigrés. Celte province, d’un aspect sévère, où l’on ne rencontre de loin en loin que quelques bouquets de pâles oliviers, ou quelques groupes transparents de palmiers, renferme des villes célèbres : Césarée, port de mer embelli par Hérode, plus tard siège du gouverneur romain ; Joppé, ancienne ville maritime ; lydda (Diospolis), Jéricho, très antique ville chananéenne, dans une région abondante en palmiers, en arbustes balsamiques et en dattiers, où croissent, pendant dix
PEUPLES OIUENTAUX. Cô
mois de l'année, dans une atmosphère tropicale, des raisins, des figues et d’excellents fruits du midi; Uebron, ancienne ville sacerdotale avec droit d'asile; licthUhem, sur une hauteur, lieu de naissance de David et de Jésus-Christ ; Jérusalem, bâtie sur quatre collines séi>arécs par des vallons escarpés, et divisée en ville ancienne et en nouvelle ville, celle-ci fondée par llérode Agrippa, était partagée en : a) ville supérieure sur la colline de Sion, entourée d’une muraille qui comprenait 60 tours; b) ville inférieure sur la colline d’Acra, avec une muraille particulière; c) montagne du Temple ou Morija. La population était d’environ 130,000 habitants. Le temple de Salomon était plus remarquable par ses étoffes brillantes, son bois précieux et l’éclat de l’or, que par la beauté architectonique ou les dimensions ; dans le voisinage se trouvait la montagne des Oliviers, séparée de la ville par la vallée de Cédron. 4) Pérée, au delà du Jourdain renfermait Césarée, Paneas, Gadara, Mbbalh Avmon (Philadelphie), villes des Ammonites, Rabbalh Moab, (ville des Moabites), Pella, etc. Le peuple belliqueux des Philistins habitait les côtes sud-ouest. Ils occupaient, sous des chefs de tribus ou rois, cinq places fortes : Gaza, AscaXon, Asdod, Galh et Ecran, et se livraient au commerce et à la piraterie. Ils adoraient la vertu fécondante de la nature , et lui consacraient l’eau et les poissons. Ascalon était le principal siège du culte de Dagon, le dieu national avec une tête d’homme et uu corps de poisson. Au sud de la Palestine et de la Syrie s’étend I’Arabie, péninsule qui ressemble au continent de 1 Afrique et dont le cœur est un plateau élevé de chaînes de montagnes qui, parmi d’arides étendues de déserts, de plaines de sable, des rocs et des sommets nus ne montre, sous un ciel brûlant, que de rares pentes arrosées d'eau; au delà se trouve I’Égypte séparée de l’Asie par l’isthme de Pelusium (Suez) et la mer Rouge.
§ 18. Caractère de l’Orient. Il faut considérer trois choses dans l’appréciation des peuples orientaux : la religion , les formes d’État et de gouvernement, et la vie privée. 1) Reli-
gion. Les peuples orientaux ont le plus profondément et le plus soigneusement réfléchi aux rapports entre la créature et le créateur, et ils sont arrivés à des résultats qui n’ont été surpassés par aucune autre nation. L’Orient est le berceau de tous les systèmes religieux, depuis le monothéisme appuyé sur des traditions austères et primitives ou sur une révélation, jusqu’au polythéisme aux formes nombreuses et au panthéisme philosophique. Le germe des deux dernières tendances était le culte du soleil et des étoiles ou le culte mystérieux de la nature; car comme la force ou l’être ou la force première d’où la création est sortie et qui conserve l’univers dans son cours réglé, est insaisissable par la pensée, des hommes profonds imaginèrent des symboles au moyen desquels ils pussent représenter cette force première, et s’attachèrent alors, soit au soleil qui répand la lumière et la vie et aux constellations, soit aux forces qui agissent en secret dans l’intérieur de la nature. Mais malgré cette similitude originelle, les formes de religions polythéistes et panthéistes prirent une apparence différente dans tous les pays, par suite de l’indétermination de l’idée première; et comme la masse du peuple ne pouvait renfermer toutes les manifestations sensibles dans une idée commune, le nombre des forces et des puissances surnaturelles , qui étaient alors conçues et adorées comme des individualités, devait s’accroître à l’infini pur la diversité de la vie de l’homme et de la nature. Une religion si complexe exigeait un eulte riche en cérémonies et en symboles et une nombreuse classe sacerdotale , pour expliquer l’unité qui existait sous des formes diverses et l’idée rendue sensible par le symbole ; c’est ce qui se produit complètement dans l’Orient, où nous voyons des rites variés en rapport avec la vie humaine et la vie de la nature dans tous leurs phénomènes et toutes leurs vicissitudes, et une classe sacerdotale, puissante par la possession d’une sagesse mystique, qui, lorsqu’elle est obligée de céder la domination séculière aux classes guerrières et à leurs chefs royaux ou de la partager avec eux, parvient cepen-
dant à conserver toujours une grande influence sur les affaires de l’état et la vie publique. La propension aux contemplations religieuses et la croyance qu’on s’approchait de la Divinité par des expiations et des pénitences (mortifications) donna naissance en Orient à la vie de solitaire (anachorète). — Le commerce, le levier principal de la civilisation , était intimement lié en Orient avec la religion et le sacerdoce, puisque des temples célèbres et des oracles avec des fêtes religieuses , servaient de stations aux caravanes, de marchés et d’échelles, de lieux de rassemblement aux marchands. 2) Les formes de gouvernement de l’Orient peuvent être ramenées à trois espèces : le gouvernement domestique, patriarcal des chefs de t?ibus chez les nomades, la domination aristocratique-hiérarchique de classes privilégiées dans les états à castes, et le despotisme illimité dans les monarchies militaires. La dernière de ces organisations, qui résulta peu à peu des deux autres et qui investissait le souverain de la toute-puissance patriarcale des chefs nomades et de la sainteté religieuse des rois de castes, finit par être seule dominante; et, grâce à la nature quiétiste des Orientaux, il ne fut pas diflâcile d’élever le prestige royal à une hauteur telle que celui qui en était revêtu fût presque honoré comme un dieu. Vis à vis des despotes, tous ceux qui appartiennent à l’état apparaissent comme des serviteurs et des esclaves sans droits individuels et sans propriété. Le roi dispose arbitrairement des biens et de la vie de ses sujets; il donne et prend comme il lui plaît et l’on n’ose s’approcher de lui qu’en se prosternant ; comme les dieux bienheureux, le roi vit au milieu de la joie et des jouissances, entouré de serviteurs qui exécutent sa volonté, remplissent ses ordres et flattent ses désirs, environné de tous les biens et de tous les trésors , de tout l’éclat et de toute la magnificence de la terre, ne songeant qu’au luxe et à la mollesse, et occupé de la seule satisfaction de sa volupté. De pareilles formes d’ États, dant lesquelles les lois et les droits de l’homme sont sans valeur, où l’on ne connaît que le despotisme
et la servitude, n’ont aucune force vitale, aucune possibilité de développement durable ; c’est pourquoi tous les Etats orientaux ont été la proie de eonquérants étrangers, en sorte que leur culture précoce est tombée eu décadence ou s’est consumée dans la stagnation et l’immobilisme. 3) Vie privée. La nature des Orientaux est plutôt portée vers le repos contemplatif (quiétisme) et la jouissance que vers l’activité. Aussi, les peuples de l’Orient ne parvinrent-ils jamais à la liberté et à la disposition d’eux-mêmes; ou bien ils obéirent passivement à des souverains indigènes ou bien ils soupirèrent sous le joug d’oppresseurs étrangers. Grâce à leurs aptitudes intellectuelles, ils atteignirent promptement un certain degré de culture, mais ils s’abandonnèrent alors aux jouissances inertes et finirent par s’abîmer petit à petit dans la nonchalance et la mollesse. L’usage de la polygamie , particulier à l’Orient, en affaiblissant la noble institution du mariage et en détruisant la vie de famille, source de la moralité domestique et de l’énergie désintéressée, augmentait le relâchement ; tes voluptés énervantes et les jouissances sensuelles étouffaient la vigueur virile et l’ardeur belliqueuse. L’art même des Orientaux, si admirables que soient la disposition grandiose de leurs édifices, la patieuce et la persévérance qu’il a fallu pour les exécuter, si surprenantes que soient l’habileté technique et la manipulation des matières les plus dures dans leurs œuvres de sculpture, n’a pourtant jamais atteint la beauté harmonieuse ni la concordance et la symétrie des nations libres, et leurs poésies, malgré la richesse du sentiment, de l’imagination et des images charmantes, manque de la vivacité effective et de l’humanité idéale, par lesquelles les créations des Grecs sont devenues des modèles qui n’ont pas été surpassés. Dans les sciences , qui restaient pour la plupart entre les mains des prêtres , les peuples orientaux n’ont pas été au delà des premiers éléments , à l’exception de l’astronomie qui se liait à l’essence de leur religion, et les produits estimés de leur art et de leur industrie attestent
une habileté de main, obtenue par beaucoup d’exercice et conservée par la contrainte des castes et des corps de métiers, plutôt que l’indépendance d’un esprit inventif et d’une main active . La servitude pendait comme un poids de plomb à toutes les expressions de la vie des Orientaux.