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LES COLONIES

Première période de la eolonlsatlon aax douKlème

el OBBlème siècles*

Mais la Grèce n'était pas seulement en Grèce. Elle avait couvert de ses colonies presque tous les rivages de la Méditerranée orientale et du Pont-Euxin. Ce mouvement de colonisation commença de bonne heure. Sans parler des problématiques établissements formés, après la guerre de Troie, par les chefs fugitifs ou erraots des deux peuples, il est certain que des bandes nombreuses sortirent de la Grèce continentale dans la période de bouleversement qui précède et qui suit la révolution appelée le retour des Héraclides.

La première colonie, antérieure à la conquête du Péloponnèse par les Doriens, fut celle des Éoliens (1124) qui, partis du port d'Âulis, abordèrent à la côte nord-ouest de l'Asie Mineure, et se répandirent peu à peu dans la Mysie et les îles avoisinantes, Lesbos, Ténédos, Hécatonnèse. Toute la partie du continent qu'elle occupa, depuis THellespont jusqu'au fleuve Hermos, prit le nom d'Éolide : Cyme en fut la principale ville.

L'émigration ionienne, bien plus considérable, eut lieu vers Tan 1044. Les Ioniens réfugiés dans TAttique en furent chassés par la disette. Ils prirent route |)ar les Cyclades, où ils formèrent des établissements, et sur le continent occupèrent, au sud des colonies éoliennes, toute la côte qui s'étend depuis l'Hermos jusqu'au Méandre et au delà. Leurs douze cités étaient, du sud au nord, Samos et ChioSy dans les îles de ce nom; Milet^ qui avait alors quatre ports, comblés depuis par les alluvions du Méandre; Myonte^ Prièm^ Éphèsôy Colophon, Lébédos^ TéoSy Érylhrées^Clazomèm et Phocée; dans la suite enfin, Smyrne, qui d'éolienne devint ionienne.

£n 1049 avait commencé l'émigration dorienne. L'île de Mélos, la Crète, Gos, Rhodes et toute la côte sud-ouest de l'Asie Mineure furent occupées par ces colons qui donnèrent le nom de Doride à cette partie du continent.

 quelle époque la Lycie fut-elle colonisée par les Grecs 1

on rîgnore. La légende de Bellérophon montre ce pays en relation avec Argos. Nous n*en savons pas davantage sur deux ' villes de laPisidie, Selge et Sagalassos, qui se disaient, mais probablement à tort, d'origine laconienne; sur Aspendos et Sidé en Pamphylie; sur Paphos, Salamim et Cition en Cypre, par lesquelles la plus grande partie de Tile passa des Phéniciens aux Grecs. Mais ceux-ci, en s'emparant de cette terre, prirent aussi quelques-uns des rits licencieux et cruels de la religion punique.

Les villes grecques de Gypre ne voulaient pas remonter moins haut que la guerre de Troie, prétention commune à beaucoup de villes d'Italie. Mais ici, Cumes seule pouvait, avec quelque vérité, dater du siècle qui avait suivi le retour des Héraclides. Elle plaçait sa fondation par des habitants de Chalcis, en .îubée, et de Gyme, en Éolide, vers Tan 1050. Sa prospérité fut grande du huitième au sixième siècle.

seconde période de la colonlsadon du haKIèmc

au sixième siècle.

Quand rimpulsi on donnée par l'invasion dorienne en Grèce eut cessé de se faire sentir, et que ce pays eut jeté au dehors son trop plein d'hommes, on ne vit plus sortir d'émigrants pendant plusieurs siècles. Au huitième, la population s'étant accrue par la paix et la prospérité des États, un nouveau courant d'émigration s'établit qui, cette fois, se porta vers le nord et l'ouest.

Le principal rôle, dans cette seconde époque de la colonisation grecque, fut rempli par Érétrie, Chalcis, villes d'Eubée, Mégare et Corinthe, les plus riches villes de la Grèce européenne, à cette époque, et toutes soumises à une aristocratie qui favorisait volontiers l'éloignement des citoyens pauvres. La Ghalcidique fut couverte de colonies eubéennes. Mais les deux villes qui devinrent les plus célèbres de ces régions, l'une, Potydée, avait été fondée par Gorinthe ; l'autre, O/yn/Zie, par une tribu thrace; plus tard, l'influence grecque domina dans cette ville, et l'élément barbare disparut. A l'est duNestos, conmiençaient les colonies des Grecs d'Asie, qui cou-

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