‹ Histoire grecqueChapitre 25 sur 45 · DÂGADBNCE DB LÀ GRÈCE · texte numérisé non relu

DÂGADBNCE DB LÀ GRÈCE

TYRANNIE DES TRENTE A ATHÈNES f SOGRATE

Les Trente. — Rétablissement des lois de Selon. — Révolution morale.

Aristophane. — Socrate.

I<es Vrente.

Dans ce jour que les alliés appelaient un jour de délivrance et Athènes un jour de désolation et de deuil éternel , on avait vu des Athéniens, couronnés de fleurs, prendre part à la fête, d'autres aller au-devant des vainqueurs , et témoigner leur joie de Thumiliation de leur patrie. C'étaient les bannis qui rentraient à la suite de Lysandre; c'était Théramène qui était resté trois mois dans son camp , temps bien long pour arrêter quelques articles d'une capitulation ; c'était enfin toute la faction oligarchique qui depuis l'expédition de Sicile avait si souvent troublé la ville de ses in» trigues et parfois de ses trahisons. Le négociateur, si lent à mettre la main au traité qui pouvait sauver son peuple, fut prompt à la mettre sur la vieille constitution, à qui Athènes devait sa gloire. H proposa de confier des pleins pouvoirs à trente personnes pour reviser les lois. Lysandre était là, l'armée péloponnésienne n'avait pas quitté Athènes,

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on obéit. Théramène doima dix noms, les magistrats dix autres, et l'assemblée le reste. Lysandre se réserva probablement de choisir les dix officiers qu'il établit dans le Pirée.

Les Trente s'occupèrent peu de légiférer, mais beaucoup d'affermir leur tyrannie. De la mer il ne venait avec le commerce que de mauvaises idéa^ de liberté, ils voulurent en détourner le peuple ; la tribune aux harangues, le bémay fut déplacée pour que les orateurs n'eussent pas de là cette vue dangereuse du Pirée qui tant de fois les avait patriotiquement inspirés^ L'arsenal avait coûté 1000 talents à construire, ils en ordonnèrent la démolition, et en adjugèrent les matériaux au prix de 3 talents. Us voulaient aussi démolir les forts élevés sur la frontière, pour que l'Attique^fût ouverte par terre, conmie elle Tétait par mer. Enfin, quand leurs premiers crimes eurent accru le mécontentement, ils obtinrent de Sparte un corps de troupes qu'ils établirent dans la citadelle. Pour trouver la solde de ces mercenaires, ils dépouillèrent les temples et battirent monnaie avec des condamnations. Un frère, un fils de Nicias périrent; tous ceux qui s'étaient montrés dévoués à l'ancienne constitution, qui avaient mérité par leurs services la confiance du peuple, ou dont les dépouilles offraient une riche proie, furent frappés par la tyrannie. Chacun des Trente avait aussi ses rancunes, ses vengeances à satisfaire. Un jour l'harmoste Spartiate veut frapper de son bâton un Athénien , celui-ci 1q prévient et le jette à terre; il fut sois h mort. Toute formalité de jugement était supprimée. Des actes moins sanglants montrent l'invincible tendance du despotisme à abaisser, à tuer Tesprit comme il tue le corps. Us fermèrent les écoles et interdirent h Socrate de continuer sa prédication sous peine de mort. « Pensent-ils donc, répondit le sage, que je me croie immortel? »

Le peuple, au temps de sa royauté, avait patiemment souffert les sarcasmes sans voile d'Aristophane. Les tyrans crai-

1. M. Forchhammer^ dans sa Topographie d'Athènes, combat cette assertion de Plutarque {Thémtsiocley eh. xix), et soutient que le béma n'a jamais pu être qu'à l'endrnit même ou on le voit encore aujourdhoi.

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