LÉGISLATION DE SOLON
complices asEÛs en suppliants, près de rautel de Minerve. L'archonte jMégaclèSj pour les attirer hors de la protection de la déesse, leur persuada de se présenter en jugement; et, comme ils craignaient de perdre le droitjtâsile, il leur conseilla d'attacher à la statue de Minerve im fil qu'ils tiendraient à la main. Lorsqu'ils furent près de lliuilfiLdfiâJEiuménides, le fil se rompit. Suivant ftl^gaplès, cet accident prouvait que la déesse leur refusait sa protection. On lapida ceux qui furent pris hors du temple, et ceux qui s'y étaient sauvés furent massacrés auprès des autels. Quelques-uns seulement échappèrent par l'interçessian 4?fi i£inipgj..d£^ arfillQj^s.
Un^^ peste rpii si^ry^'nt p^n Ha temps après parut une ven-
geance des divinités, dont on avait , yi^l^^ jf ?aPfi^ ^^ ^^ Un homme vénéré, le sage Épiménide, appelé de HrÀjifl. fit des sacrifices expiatoires? Il coûte à dire que ce sage exigea le sacrmce d'une victime humaine. On en trouva deux, Cratiupset Aristodêmos, deux jeunes Athéniens liés d'une étroite amitié, qui s'offrirent au couteau sacré pour le salut de la patrie. Quand Êpiménide se disposa à regagner la Crète, on voulut le combler de présents ; il n'emporta qu'une branche de l'olivier de^J^jjjifijÇye, e- il conseilla aux Athéniens d^coilter les avis de l'jui d'entre eux, Selon,
0OIO11 et mem loUi.
Il descendait {\q pnApig ce qui ne l'avait pas empêché de se livrer au commerce pour réparer les brèches faites à son patrimoine. U avait hftaunonp voyagé- hftyic.niip appris et passait pour un sage. U était pg^te aussi, et, même à ce titre, il °^^jl hJfjTl °° p^^yîQ Les Athéniens, après plusieurs défaites essuyées en voulant reprendre Salamine sur le& Méj^Ln^Sf avaient, par une loi, prononcé* ïa peine.. de mwsi contre celui qui parlerait d'attaquer de nouveau Tile fatale. ISoIôn contrefit rinsgggé ®* i^^^, quelque temps ce rôle. Un jour, il sort sur^a place publique, Tair égaré, et déclame à haute voix des vers qui commençaient ainsi: «J'arrive en hé-
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faut de la belle Salamine et je vais vous redire les vers harmonieux qu'Apollon m'a dictés. » On Técouta, c'était un fou. Mais il arriva que lorsqu'il eut iSni , toute la multitude était folle avec lui. Il ne fut plus question de la loi, le peuple courut s'armer, mit le poète à sa tête et reprit Salamine. Kn. .^9§ nn lui confia le soin de réformer les lois.
Pour soulager les pauvres, il diminua I%Jaijj,4sJIïïllérêt, décréta que ^^° Jijpinfi fin il^VMfinr et non plus ^ persûjajae répondraient de sa dette; en conséquence, il fît mettre en liberté tons ceux qui ^taient devemis esclaves pour dettes.
Ensuite il partagea le peuple en^qîîatreclassesrd^rès la fortune, la quatrième renfermant ceux qui avaient peu de chose ou qui n'avaient rien. Celle-ci fut exempte ^'impôt. mais les citoyens des trois premières purent seuls remplir les ibnctionsjjubligues.
"XTiî sénat de 400 menabres désignés chaque année par le
^0T[ prnpn^»H ^^j^ f<HS q^p V njisip.fnhlff. ^n. pMtplf acceptait OU
^rejetait et que les S^c/ioyi/f^j^ faîgaîftTit ^.Y^p.ntP.r JJqrégji/ag^j composé d'archontes^Snrfis de charge, était le tribunal su« prême. Les autres cours de justice étaient formées, comme le jury chez nous, par des citoyens que le sort désignait, mais qui étaient en nombre très-considérable.
Selon ne brisa pas, comme Lycurgue, les liens de la famille. A Sparte il n'y avait vraiment que des hommes qui étaient citoyens et d'autres qui allaient le devenir. A Athènes, il y eut des pères, des époux, des fils ayant les sentiments et remplissant les devoirs que la nature impose dans ces trois états. Lajray^^ j proscrit à Lacédémone, devint à Athènes
une obligation. Chaque citoyen devait pratiqafiC-BftJaétier. LâS^traiTgers furenflfien accueillis, et resclavemaltraité par
«on maître put exiger aetre vendu, dans l'espoir de passer sous une autorité moins dure.
Après avoir donné ses lois. Selon s'éloigna pour les mieux laisser agir; mais, en son absence, Pisistrate se rendit le favori du peuple, et, sans abolir la constitution de Selon,
LES PISISTBATIDES. 55
exerça dans la ville une autorité supérieure à celle des ina-> gîstrats. Un jour, on le voit accourir tout sanglant sur la place publique. Il s'était fait lui-même ces légères blessures; mais il s'écrie : « Ce sont les ennemis du peuple qui ont voulu m'assassiner, » et la foule lui vote aussitôt des gardes avec lesquels il s'empare de la citadelle. Plusieurs fois chassé par des rivaux, il revint toujours, grâce à l'affection du peuple, et de ^ZSh 527 garda le pouvoir sans contestation.
Sa tyrannie y au reste , fut douce , sans violence , amie de* lettres et des arts. Il commença quelques-uns des monuments qui devaient embellir Athènes^ fonda la première bibliothèque publicge qu'on ait vue en Grèce, et nt ciTque "lious iappellerions une première ^f^j^^ dfifi flp^T^fly d^TTn- Baère. lllliade et VOdyssée n'avàîëÏÏrété jusqu'alors conservées que par les rapsodes qui parcouraient la Grèce et les îles en chantant divers morceaux de ces. poèmes. Pisistrate fit réunir tous ces fragments et décréta qu'ils seraient récités à la fête nationale des grandes Panathénées qui revenait tous les cinq ans.
Ses deux fils, Hipparque et Hippias , lui succédèrent (527) et gouvernèrent comme leur père jusqu'en 6j^ ; mais, à cette époque , Harmodios et Aristogiton , qui voulaient se venger d'une injure personnelle , formèrent avec d'autres ennemis des Pisistratides le complot de les assassiner, et attendirent, pour l'exécution de leur dessein , la fête des grandes Panathénées, le seul jour où les citoyens se réunissaient en armes. Ce jour arrivé , Hippias, avec ses gardes , rangea le cortège dans le Céramique, hors de la ville; déjà s'avançaient pour le frapper Harmodios et Aristogiton, armés de poignards qu'ils tenaient cachés sous des branches de myrte^ quand ils virent un des conjurés s'entretenir familièrement avec lui. Us se crurent dénoncés et rentrèrent précipitamment dans la yille où , rencontrant Hipparque , ils le frappèrent à mort. Aristogiton parvint d*abord à se soustraire aux gardes , mais bientôt il fut pris ; Harmodios avait été tué sur-le-champ. Quand cette nouvelle eut été annoncée en secret à Hippias, il n'en laissa rien paraître , et commanda tranquillement aux citoyens qui Tentouraient de gagner sans armes un endroit
qu'il leur montra. Ils s y rendirent , dan» l'idée qu'il avait quelque chose à leur communiquer. Alors , donnant ordre à, ses gardes de soustraire les armes, il choisit et fit arrêter ceux qu'il soupçonnait et tous ceux sur qui Ton trouva des poignards (514).
Aristogiton, suivant des récits postérieurs, avant d'être mis à mort , fut appliqué à la torture : il dénonça les plus chers amis d'Hippias, qui les fit égorger aussitôt. « Et qui encore? demandait le tyran. — Il n'y a plus que toi, reprit l'Athénien, dont je voudrais la mort; au moins je t'aurai fait tuer ceux que tu aimais le plus. » Les Athéniens , pour ennoblir ce premier jour de leur liberté, racontaient encore que Lééfia, une amie d' Aristogiton, avait été comme lui torturée, que de crainte de céder à la douleur et de trahir involontairement un de ses complices , elle s'était coupé la langue avec les dents et l'avait crachée au visage du tyran. Après la chute des Pisistratides, les Athéniens représentèrent Lééna sous la forme d'une lionne sans langue ; ils élevèrent aussi des statues aux deux amis, et, dans les fêtes , dans les festins, ils chantaient : « Je porterai l'épée dans le rameau de myrte , comme firent Harmodios et Aristogiton, quand ils tuèrent le tyran et qu'ils établirent dans Athènes Tégalité.
« Très-cher Harmodios , tu n'es point mort ; sans doute tu vis dans les îles des bienheureux, là où se trouvent, dit-on, Achille aux pieds rapides, et Diomède, fils de Tydée.
a Dans le rameau de myrte, je porterai l'épée comme Harmodios et Aristogiton, lorsque aux fêtes de Minerve ils tuèrent le tyran Hipparque. »
Nous devons, pour expliquer ces honneurs rendus à des meurtriers , remarquer que chez les anciens Grecs , comme à Rome, on n'estimait point que ce fût un crime de tuer l'homme qui usurpait le pouvoir dans une cité libre. Les modernes. Dieu merci , flétrissent le meurtre, quelle que soit la pensée qui l'ait fait commettre.
De ce jour, Hippias devint un tyran cruel. La puissante famille des Alcméonides, qui s'était enfuie d'Athènes, crut l'occasion favorable pour renverser le dernier des Pisistra-
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tides. Ils subornèrent la Pythie de Delphes , qni décida les Spartiates à les soutenir. Aidés d'une armée dorienne, ils rentrèrent dans Athènes et réduisirent Hippias à s'enfuir chez les Perses (510).
lie* Aleméoiilde*} Cltothène (<M9)*
Cette famille, qui venait de délivrer Athènes, était une des plus anciennes et des plus considérées de la ville : elle prétendait descendre d'Ajax. Hérodote raconte qu'un de ses membres, Alcméon, ayant rendu plusieurs services à des ambassadeurs que Grésus, roi de Lydie, avait envoyés en Grèce pour consulter Toracle de Delphes, fut mandé à Sardes par ce prince. A son arrivée, Grésus lui fit présent d'autant d'or qu'il en pourrait emporter en une seule fois. Pour mettre le mieux possible à profit cette générosité du roi, Alcméon se fît faire les habits les plus amples et les brodequins les plus larges. Gonduit par les officiers du prince au trésor, il se jeta sur un tas de paillettes d'or, en mit dans ses brodequins, dans son habit, tant qu'ils purent en contenir, en poudra ses cheveux et s'en emplit la bouche. H sortit alors les joues bouffies, le corps bossu, traînant à grand peine sa chaussure, objet de risée pour ceux qui le rencontrèrent en cet état, car ils crurent voir moins un homme que quelque créature grotesque et repoussante. Que de riches ressemblent à cet Alcméon parmi ceux qui se jettent sur la fortune avec une avidité qu'aucun scrupule ne fait hésiter I
Quand Hérodote s'est mis une fois en train de conter, il ne s'arrête pas aisément. Après avoir dit cette première cause de la fortune des Alcméonides, il nous en donne une autre.
Glîsthène, tyran de Sicyône, homme très-puissant et fort riche, avait une fille nommée Agariste, qu'il ne voulait marier qu'au plus accompli de tous les Grecs. Pendant la célébration des jeux olympiques, où il avait été vainqueur à la course des chars, il fit proclamer par un héraut que quiconque se croirait digne de devenir son gendre vint le trouver dans soixante jours, parce qu'il marierait sa fille un an après
le soixantième jour commencé. De nombreux prétendants accoururent bientôt à Sicyône de tous les points du monde grec. Clisthène s'informa à leur arrivée de leur pays et de leur naissance , puis les retint un an auprès de lui. H les traita chaque jour avec ma^ificence, étudiant leurs inclinations, leurs mœurs, Tétendue de leur esprit et de leurs connaissances, dans les entretiens qu'il eut avec eux en particulier ou dans les conversations générales et dans les festins auxquels il les invitait. Mais il voulait connaître aussi leur adresse et leur force , car il attachait , comme tous les Grecs j un grand mérite à ces qualités du corps, alors si nécessaires au soldat. Il les engageait donc à se livrer aux exercices ordinaires f et il leur avait fait construire exprès un stade pour la eourae et une palestre pour les autres jeux.
De tous les prétendants, celui qui jusqu'au dernier moment parut avoir les chances les plus heureuses était T Athénien Hippoclidès. Le jour fixé par Clisthène pour déclarer son gendre étant arrivé, ce prince immola cent bœufs et invita à ce fesiin royal, non-seulement les prétendants, mais tous les Sicyôniens. Le repas fini, les prétendants s'entretinrent de musique, d'art et des choses qui font le sujet ordinaire des conversations, chacun s'efTorçant de faire briU 1er son esprit. Hippoclidès attirait surtout rattention» car on avait déjà deviné la secrète préférence dont il était l'objet. Tout à coup il dit au joueur de fiûte déjouer un des airs qui accompagnaient les danses. Mais au lieu de commencer la pyrrhique , danse guerrière, inventée, dit-on par Achille et fort pratiquée à Lacédémone, où elle se faisait par des hommes armés et était encore une image des combats, il dansa les danses efféminées de Tlonie. Il espérait ainsi assurer son triomphe en déployant toute sa grâce et sa légèreté ; il ne voyait pas que le prince, indigné de cette mollesse, le regardait d'un œil irrité, et il se laissa aller jusqu'à imiter les gestes des bateleurs. Qisthène ne pouvant plus se contenir lui cria : « Fils de Tisander, ta danse défidt ton mariage. — Hippoclidès s'en soucie fort peu, » reprit l'Athénien emporté par la vanité et trompé par les applaudissements moqueurs de l'assemblée.