‹ Histoire hagiologique du diocèse de GapChapitre 28 sur 43 · S. MARCEL · texte numérisé non relu

S. MARCEL

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el 9e sièctes.

:ien plus favorisé que les évêques, ses prédécesseurs, saint Marcel put voir, sous son épiscopat, % l'Eglise et l'Etat changer entièrement de face. Charlemagne , orné de toutes les vertus qui font les grands princes et les grands Saints, était monté sur le trône, et montrait au monde une royauté imposante par l'éclat dont l'environnèrent tour à tour ses triomphes dans la guerre et la sagesse de son administration dans la paix. Pendant les quarante-sept ans que dura ce règne illustre, la France élargit ses limites, et devint le plus vaste comme le plus glorieux des empires.

Plusieurs fois déjà les Lombards avaient tenté d'asservir les papes en s'emparant de leur domaine temporel; Charlemagne, toujours fidèle défenseur des droits sacrés du saintsiége , résolut de soumettre ces oppresseurs. Pépin, dans une première expédition entreprise contre eux, à la sollicitation du pape Etienne, s'était borné à exiger des otages et des serments : Gharlemagne , au contraire, fît la guerre sans interruption, jusqu'à ce qu'il eût forcé Didier à se remettre en son pouvoir et chassé les fils de ce roi hors de l'Italie. Tout ce qui avait été usurpé sur les Romains leur fut donc rendu, et le pape Adrien, par la restitution des biens que les rois Lombards lui avaient enlevés, vit le siège apostolique retrouver l'indépendance et la liberté, si nécessaires à l'accomplissement de sa haute mission dans le monde catholique.

Gharlemagne, quoique occupé à de si vastes desseins, ne perdit pas de vue les affaires de l'Eglise. A l'exemple de Constantin le Grand, il veilla à la maintenir en paix, à faire revivre dans son sein les plus belles règles de l'ancienne discipline, et à rendre au culte catholique son antique splendeur. Il favorisa la tenue des conciles , et lui-même publia une foule de décrets connus sous le nom de Capital aires, qui forment un code de discipline ecclésiastique très-conforme aux décisions soit des conciles, soit du saintsiége.

Ce prince, zélé et intelligent restaurateur des belles -lettres , sentant combien la vie cénobi tique était propre à l'étude et au développement de la science, n'épargna rien pour élever des églises et des monastères sur les différents points de son

empire. S'il ne put , à cause des charges de l'Etat , fournir à toutes les dépenses qu'exigèrent la construction ou la réparation de ces établissements religieux, il laissa du moins les populations libres dans leur charité, et bientôt il surgit de chaque province, des hommes recommandables par leurs lumières et leurs vertus.

Les biens donnés aux moines n'étaient, pour la plupart, que des forêts sans valeur, des terres incultes et marécageuses; mais elles devinrent, sous la main de leurs patients et économes propriétaires, des sources fécondes de richesses nationales; l'agriculture abandonnée recouvra sa première faveur, et l'on vit la nature reprendre un aspect plus riant et plus fertile sur cette terre heureuse , que des barbares n'avaient pas su respecter. Les monuments religieux offrirent les modèles d'une nouvelle architecture, et, alors, comme à toutes les principales époques de l'histoire, ce furent les ministres sacrés qui ramenèrent la civilisation et les arts dans notre chère patrie.

Pour faire comprendre à nos lecteurs comment s'accomplissaient, en ce temps, de si grandes choses, il nous suffira de citer ici un seul exemple, c'est l'établissement du célèbre monastère d'Aniane. Benoît, qui en fut le fondateur, naquit en 750. Il avait vécu à la cour, puis il s'était retiré au désert. Ses éclatantes vertus le placèrent bientôt à la tête d'une communauté nombreuse, qu'il ne tarda pas à quitter pour

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