‹ Histoire hagiologique du diocèse de GapChapitre 37 sur 43 · JEUNES GENS QUI ONT FAIT LA PREMIÈRE COMMUNION · texte numérisé non relu

JEUNES GENS QUI ONT FAIT LA PREMIÈRE COMMUNION

3ean-Jrénée Bepe'rg, par la mbe'rtforoe ae Dieu et la araee fru Batnt- 5'xtQt apostolique, €oêque î>e <&ap,

A tous ceux qui ces présentes verront, salut et bénédiction en N. S. J. C.

Les Confréries de piété ont toujours été chères au cœur de l'Eglise, parce que toujours elles ont été regardées comme de puissants moyens de salut pour les fidèles qui les composent. L'union qui s'établit entre eux les rend plus forts ; le bon exemple, la prière commune, les pratiques pieuses, les réunions fraternelles, en un mot, tout ce qui constitue ces associations spirituelles sert, à la fois, de préservatif contre le vice et d'encouragement à la vertu.

Il résulte de là, sans doute, que les confréries sont pour tout le monde; mais qui ne voit qu'elles doivent surtout être faites pour la jeunesse, nous voulons dire, en particulier pour les jeunes gens. Et cependant c'est pour cette partie si intéressante du troupeau, que l'on emploie le moins ce moyen qui, seul, peut être capable de la préserver

du mal , de l'affermir dans le bien ou de la ramener quand elle s'en écarte.

C'est après la première communion que la jeunesse devrait être l'objet de soins plus affectueux, d'une vigilance plus attentive, d'une charité plus fraternelle , car c'est alors que les dangers se multiplient pour elle et deviennent plus menaçants, à mesure qu'elle n'est plus protégée, ni contre elle-même par l'heureuse ignorance du mal, ni contre les séductions des mauvais exemples, et c'est pourtant alors que cette jeunesse inexpérimentée est abandonnée, seule , sans défense, sans armes, au milieu d'ennemis terribles et nombreux, abandonnée à elle-même, au moment où elle aurait le plus besoin de guide et de soutien. Comment ne périrait-elle pas?...

Au milieu des dangers qui la menacent et des tempêtes qui grondent de toutes parts autour d'elle, nous voulons lui tendre une main amie au sein de notre ville épiscopale , lui offrir un abri et un refuge , en instituant en sa faveur une Confrérie de piété en l'honneur de saint Arnoux, le glorieux Patron de cette ville et de ce diocèse.

En conséquence, autant pour remplir ce devoir de notre charge pastorale que pour obéir au mouvement de charité qui presse notre cœur pour les jeunes gens delà ville de Gap, le saint nom de Dieu invoqué , nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Article premier.

Une Confrérie de piété, sous le nom et le patronage de saint Arnoux, est établie à Gap, aux fins qui vont être désignées , savoir :

1° De procurer la persévérance des enfants qui auront fait leur première communion , par la fréquentation plus fidèle des sacrements ;

2° De servir comme de noviciat et de préparation à la grande Confrérie des Pénitents de cette ville.

Art. 2.

Les enfants qui seraient parfaitement sages, pourront y être reçus avant la première communion, mais non avant 10 ans. Ordinairement il sera nécessaire qu'elle précède l'admission, laquelle ne pourra avoir lieu que sur une attestation favorable du Curé de la Cathédrale. On

devra s'y préparer par la réception du sacrement de la pénitence et de T eucharistie.

Art. 3.

Tous ceux qui seront admis dans la Confrérie de saint Arnoux , seront censés novices de la Confrérie des Pénitents , et comme tels , pourront assister aux offices et processions des Pénitents, et alors ils seront vêtus de l'habit blanc et ceints du cordon vert : ils ne porteront pas le capuchon.

Art. 4.

A l'âge de 47 ans , ils pourront être agrégés définitivement à la Confrérie des Pénitents , auquel cas, ils en prendront complètement le costume, et la cérémonie de la réception se fera comme d'usage.

Art. 5.

La Confrérie de saint Arnoux sera toujours dirigée par un prêtre, à la nomination de l'Evêque ; il prendra le titre de Prieur de la Confrérie de saint Arnoux.

Art. 6.

Le Prieur sera chargé de réunir, au moins deux fois le mois, les jeunes confrères de saint Arnoux, pour leur donner un petit exercice de piété.

Art. 7.

Les confrères de saint Arnoux devront former l'escorte d'honneur de leur saint Patron, le jour de sa fête. C'est pourquoi ils assisteront à la procession solennelle de saint Arnoux et marcheront devant son buste au milieu des rangs, portant des oriflammes de couleur verte à la main.

Art. 8.

Ils réciteront tous les jours un Notre Père, le Souvenez -vous , et cette petite invocation à leur saint Patron : Saint Arnoux, priez pour nous, à l'intention d'obtenir la persévérance.

Enfin, ils se souviendront qu'ils doivent être les modèles de la jeunesse de Gap; que, par conséquent, ils doivent vivre d'une manière plus édifiante, éviter les mauvais discours, les fréquentations dangereuses, les cafés, les auberges, être plus fidèles à l'assistance aux offices

delà paroisse, plus zélés pour la religion, etc. Aucun de ceux qui auraient été renvoyés de la Confrérie de saint Arnoux ne pourra être reçu dans celle des Pénitents. Le Curé de la cathédrale et le Prieur de de la Confrérie prononceront de concert sur les cas de renvoi.

Donné à Gap, dans notre palais épiscopal, sous notre seing, notre sceau et le contre-seing du secrétaire de notre évêché , le jour de saint Irénée, 28 juin 4845.

f IRÉNÉE, Évêq. de Gap.

Par Mandement :

L'abbé JAMES, Ch., Secr. gén.

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