‹ Histoire illustrée de l'exposition universelleChapitre 13 sur 27 · RELIURE · texte numérisé non relu

RELIURE

eux qui dépendaient de ri nivcrsilé subissaient un examen préalable; il leur fallait constater qu'ils ne savaient ni lire ni écrire.

Au fond de leurs abbayes, le moines qui copiaient et enluminaient les manuscrits, savaient aussi les relier; ils se servaient le plus généralement pour les recouvrir de peau de

truie ou de cuir de (crf , mais les lames de métal, 1rs coins, les clous, les fermoirs, rendaient le livre si pesant que, pour le feuilleter avec facilité , on le plaçait sur un de ces lectrices ou pupitres tournants qui pouvaient recevoir plusieurs volumes à la fois et les présenter ouverts tour à tour au lecteur.

Ce sont les croisades qui ont introduit en Europe les germes du progrès dans Tart de la reliure, germes qui d ailleurs devaient ne se développer (lu'apr^s la découverte de rimprimerie et la révolution littéraire dont elle fut accompagnée. Les Arabes, comme les Orientaux, connaissaient la véritable reliure, non pas les couvertures de livres en orfèvrerie niellée, gemmée, ou émaillée , mais les couvertures en cuir à empreintes dorées et argentées; dès les temps les plus reculés, ces peuples savaient préparer les peaux, les parfumer et leur donner diverses couleurs.

Vers les premiers temps de la Renaissance, la France se traînant encore après Tltalie qui lui avait donné Texemple, emprunta aux Arabes l'usage des maroquins. Elle emporta et naturalisa chez elle la reliure italienne, comme elle avait fait de la peinture et de la statuaire. IN os relieurs indigènes surpassèrent bientôt ceux de Venise et de Florence.

L'histoire a conservé le nom dé Jean Grollier, trésorier des guerres et intendant de Tarmée du Milanais avant la bataille de Pavie. Tous les ouvrages de sa nja^nilique bibliothèque qu'il avait commencé à importer d'Italie, et que jusqu*à sa mort il ne cessa d'accroître et d'enricbir , étaient reliés en maroquin du Levant, avec un soin et un goût exquis, avec

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un6 incroyable variété de dessins et d'ornementation. En faisant dessiner des modèles de reliures, et en les faisant exécuter à grands iVais, il avait formé, rn l''raiK-(', une î:^rando école. L'engouement des bibliothèques gagna les hautes régions de la noblesse. Le3 princes, les grande seigneurs, les d^mesde la cour, encourageaient les inventions des relieur^. Ces derniers accomplirent des chefs^d*OBUvre de patience en décorant les cou\ertiire.s de livres soit en émaux peinls et vernis sur le cuir, soit en mosaïffues de pièces de i ap|)ort, soit eu dorures pleines à petits 1ers. 11 n'est pas rai'e de rencontrer encore dans les bibliothèques des exemplaires reliés en maroquin artisteroent découpé, gaufré, niellé et doré. Sur le plat de ces charmants volumes, on retrouve les armoiries, la devise, remblènic ou le chiffre de la |iersonne a laquelle ils appartenaient. Tandis que la France donnait ce bel exemple d'élégance et de bon goût, en Italie la reliure oubliait ses scellantes traditions orientales, et T Allemagne n'avait même pas modifié la vieille reliure massive en bois, en peau et parchemin à lourds fermons de fer et de cuivre qui s'attachait encore opiniàtrément aux nouvelles productions de l'imprimerie.

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, l'art de la reliure est tombé peu à peu en décadence , résultat inévitable de la multiplication et du bon marché des livres. Pour que le relieur demeurât artiste, il fallait que ses prii( de fabrication fussent conservés ; mais alors il eût créé une trop grande disproportion entre la valeur de la reliure et celui de l'ouvrage même. Le nombre des ouvriers appartenant à cette corporation a sul^i une augmentation considérable; en revanche, le soin apporté dans le travail a disparu. La toile, le papier et le carton ont reinplacé tes cuirs précieux, les bois parfumés, les enjolivures délicates. Le livre a acquis plus de légèreté; mais sa reliure est une œuvre sans valeui*.

De 1761, époque où se distingue le fameux relieur le Gascon

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