I^L1URE
jt{sqi|*eii PU p^uj; à peine noter de lo^n en loin q\ie|ques honimes de goût, tels que Pupandelotip et Thouveniq, qui pnt
essayé iijutilcnienl de rcudru à cette profession un peu de son ancienne splendeur, pu doit à T|iouveiiin qui existajt ver.*^ le pommencement ce siècle, d'avoir- innové le^ mora carrés, procédé qui permettait désormais d-a^UrQ les aile^ <)es vo- Itunes, 9^ns qqe les gardes (feaill^s di^ livrçi collées sur \^ hep interne des car(piis) fussent déchirées. Ce relieur toutefois n'avait pus song»'; à cliniiger les dots plats, forme ridicule et sans goijt dont le moindre tort est de hâter T usure du volume. Et puis, les reliures de cette époque manq^aieI)t ab^luroent de style.
4près Thouvenin , nous n^avons plus à citer que Siniier, homme consciencieux, un peu trop attaché sans doute à la
vieille école, mais rachetant cette faiblesse par le choix heureux qu'il faisait de ses ouvriers, devenus plus tard le§ i^^eijleurs relieurs de Paris. Ain^i, en 1825, le fameui^ IC^mpson père travaillait dans ses atelier^ en qualité de doreur \ et ç*est encore chez lui, en que s*e$t révélé Iç paient du jetinp Despierres, l'un des régénérateurs de la reîhire moderne.
Av;uit d'embrasser une profi ssion, si inp:rate en apparence, M. DespieiK s avait commencé par être peintre. Il n'eut pas do peine à déplacer sqb tendances et ses goûts artistiques. Quelques mois d'apprentissage lui suffirent pour l'initier aux mille perfectionnements dont la reliure était susceptible. Tout jeune encore, il essaya la réalisation de ses premières idées sur quelques volumes qui prirent ])\i{cv, on I8/i^i, à r('\i)osition de M. Simier, son patron. On se rapptîlle ce livre dont lu trauQhç eut tant de vogue. Sur un fond €|*or s'entrelaçaient de^ ornen^pnts d'argent^ retouchés au grattoir. Cette manière, qui était toute une révolution, a été adoptée généralement; tout^ fois, on a remplacé dans lus livres moins luxueux les fonds ^*or par des fonds de couleurs.
M. Despierres a de plus inventé un nouveau genre de dorure qui obtient un grand succès; el on lui doit cette nouvelle physionomie donnée à la reliure dans tes ornements en relief ménagés en appGquant la peaa sur les volumes*
Il y a dix ans à peine que cet habile artiste a installé ses ateliers sur la place du Louvre, et déjà ses œuvres qui rap* pellent les styles de toutes les époques, moins les défauts, lui onl mûrité en France une réputation qui le met de plain-pied à côté des Groslier, des Dupandeloup, des Thouvenin, et aussi le titre de Relieur de TËmpereur, récompense honorifique accordée à la perfection de ses procédés.
M. Despierres a envoyé à TExposition de 1855 une collection très-variée. La grâce, rorip^inalité, la légèreté, l'élégance, Thannonie, la richesse d'onienieiitation et de ( onij)osition .qui abondent dans chacun de ses échantillons, provoquent Tétonnement et les éloges de chague groupe.
On a dit de ce relieur qu*il avait voulu prendre part à la lutte littéraire de notre époque , et on Ta traité de romantique parce qu'il a remis à la mode le genre reiinissiince avec ses gaufrures, ses vignettes, ses coins d'acier et d'argent, ses sculptures d'ivoire, ses velours armoriée et ses fermoirs d'or.
Pour démentir une telle accusation, qui d*ailleurs n*aurait eu rien que de très-flatteur pour lui, M. Despierres a exposé des reîiares très-remarquables dans le genre classique. Ainsi rien n'approche de son iii-fulio nniiorial <le l'Empire et d'un autre petit in-lblio ni()saï(|ue à bande courante rouge sur fond vert; deux filets d'or entourent la mosaïque. Ces deux petits filets, qui n^ont Pair de rien au premier abord, présentent une diflRculté inouïe. Jusqu'à nos jours, les relieurs les plus audacieux, les plus adroits, n'avaient pu entourer leurs mosaïques que d'un unique liiet.
Les inventions de M. Despierres sont fort nombreuses. Tout dévoué à son art, il n'en réclame jamais le privilège
EËLIURË.
exclusif. 11 veut être imité, quoi qu'il en coûte, tant it estfiàr de marcher dans la grande et bonne voie.
Disons en terminant que sa collection de vignettes et d'armoiries pour mettre sur le plat ou le dos des livres^ est la plus complète et la pins riche qui existe. Il ne possède pas moins
de 1200 fers représenlanl des allégories ou des insignes héraldiques.
 proprement parler, les relieurs de France, comparés à ceux d'Angleterre, méritent le nom d^artistes. Les Anglais considèrent surtout dans cette industrie le côté pratique ; ils
recherchent la solidité et le bon marché, et ils y arrivent par ia division du travail. Chaque atelier de relieur, en Angleterre, est une manufacture où toutes les opérations forment des spécialités différentes. Le relieur français, au contraire, persiste à vouloir exécuter par ses propres mains presque toutes les parties si variées dont se compose la reliure d*un Kvre.
Les reliures de Mld. Asse et Briotot se distinguent par une fraîcheur, un aspect gracieux, qui dissimulent scrupuleusonent Tarmatore solide dont ces livres sont pourvus sous le maroquin et les embellissements de la couverture.
La maison Gruel Ingelmann ne s'est pas moins fait remarquer par la magnificence des reliures d'art qu'elle fait exécuter à grands frais et avec un goût exquis. M. Faille, de Reims, et M. Simier, relieur du corps législatif, ont droit également aux
encouragements des connaisseurs ; les ouvrages au pointillé de
M. Faille sont happes au coin d'une élégance irréprochable.
En Angleterre, où tous les livres se vendent cartonnés, ce genre d'industrie a fait, du moins comparativement, de plus
grands progrès que la reliure. Les cartonnages ont acquis plus
de solidité, et la toile en percciline, fal)riquée spécialement pour cet objet, a été améliorée. J^e débit des livres aujsi cartonnés est très-étendUk 11 occupe une quantité considérable
d'ouvriers et d'ouvrières. A Londres, il y a quelques ateliers de reliure et de cartonnage, tels que ceux de Remuant, de
Leighton, de Westley, qui peuvent en six heures, plier, coudre, recouvrir v\ durer jusqu'à 1,000 volumes, pourvu que les couvertures soient préparées à l'avance, et qu'il ne reste qu'à les endosser. Deux jours leur suffisent pour la préparation des couvertures^ La France applique plus particulièrement le cartonnage aux livres éphémères qui ont besoin de séduire les yeux par leur éclat, et (jui sont dcstiués soit à orner les tables des salons, soit à être donnés en prix ou à être exportés, notamment dans TAmérique du sud.
Il est fâcheux sans doute que Tapparence soit souvent préférée à la réalité, etqu*au lieu de la solidité que nos pères recherchaient avant tout et en toute chose, comme si tout devait durer éternellement, ce soit par un excès contraire, le changement et la variété que préfère la mobilité de notre siècle. Mais enfin on ne saurait entourer les livres de trop d'attraits pour inspirer à toutes les classes le goût de la lecture. A ce point de ' vue, M. Lenègre, Tun des relieurs les plus importants delà capitale , a rendu à la littérature instructive et amusante les plus grands services. 11 a le secret de ces couvertures si attrayantes où la moire, l'or et l'argent, toutes les couleurs prismatiques s'agencent et se confondent dans une symétrie capricieuse ; cette élégance que les autres relieurs n'atteignent qu'aux dépens de la solidité, ne lui coûte sous ce rapport aucun sacrifice ; ses cartonnages et ses reliui"es sont cousus et en- (lossés avec tout le soin désirable. >1. Lenègre a surtout un mérite particulier, c'est de faii'e bien et à bon marché.
L'Autriche a exposé des livres reliés magnifiquement et des boites ou portefeuilles renfermant des dessins originaux. Rien de plus remarquable pour Tart et la richesse que les ornmnents sculptés, soiten ivoire, soit en or ou en argent, enrichis de pierres précieuses ou d'émaux. L'exécution ne laisse rien k désirer;