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TABLEAU EN CHEVEUX FAIT A L'AIGUILLE

TVE DES ENVIRONS ET COACHIÈRE DR BORNAT (NORMANDIE), d'aPRÈS LE TABLEAU

DE J.-P. HACKERTS.

tableaux ouvragés d'après Tancienne méthode, qui consistant à agglutiner les cheveux les uns contre les autres, aboutissait souvent à des croquis funèbres et décolorés bons tout au plus à décorer les monuments du cimetière. La broderie innovée par M"" Omer-Jérosme conserve au tableau sa perspective, au coloris sa fraîcheur; et, sans aucun doute, elle excitera rémulation des pensionnats et des communautés, qui s'empresseront d'imiter ce genre de travail et de demander de nouveaux modèles à l'artiste de Marcel-Cave.

D'autres copient la fleur, substituent au tissu végétal la soie, la percale, la mousseline, la batiste et le velours, rem-

placent la palette inépuisable de la nature par une série de couleurs empruntées à la chimie et appliquées sur les corolles artificielles avec un admirable talent d'imitation. M. Lucas fait mieux encore. Au printemps, il court la prairie, cueille sur pied la fleur encore inclinée sous le poids de la rosée, poursuit dans le hallier le papillon aux ailes d'azur; et six mois après il vous les montrerait aussi jeunes, aussi frais, aussi brillants que le premier jour ; les étamines n'auraient pas encore secoué leur poudre d*or ; les ailes frissonneraient comme pour s*en voler ;\ous vous pencheriez pour respirer la fleur, pour voir de plus près le duvet irisé du papillon.

SALAIS DE L INDUSTRIB.

Les procédés de conservation employés par M. Lucas ont, en dehors de leur mérite incontestable comme art, une très-' grande portée pour la science : le seul examen de ses cadres, émaillés de plantes et de lépidoptères qu'il a fixés sur glace ou papier d*une manière inaltérable , laisse entrevoir pour sa découverte un riche avenir. On pourrait posséder par les procédés de M. Lucas, qu'il mol généreusement à la disposition des sociétés d'horticulture et d'entomologie, des collections toujours vivantes, puisqu'elles conserveraient tout ce que Tobjet récueilli offrait avant sa mort.

S'il importe de sauvtn* le modèle vivant des atteintes de la durée, afin que l'artiste puisse à un moment donné transporter sur ses cartons la grâce naturelle des contours, la fraîcheur des nuances, Tharmonie admirable qui relie toutes les parties

de Toeavre créée, ne faxA4\ pas aussi que rindostrie fournisse

à l'artiste tous les moyens de réaliser une si précieuse imitation? Le crayon à dessiner, le crayon à pastel, sont les premiers instruments qu'il doit trouver sous sn main pour I*accom~ plissement de sa tâche; et à ce titre Tindustrie des crayons rend à toutes les branches artistiques, scientifiques, et industrielles qui relèvent de Tart du dessin, les plus éminente services.

Pour rendre compte des produits de la manufnclure de crayons de Gilbert et C% située à Givet (Ardenncs), on ne peut mieux faire que de citer les considérations générales du rapport du jury central de r£xposition nationale de iS/i9 (tome % pages 472, 473 et 474) :

« Les crayons de plombagine artificielle, présentés à la première exposition française en l'an ix , produisirent un tel effet panni les ingénieurs des travaux publics, les nrchitectcs, les dessinateurs, les élèves des services publics et des beauxarts, que le gouvernement crut devoir décerner une médaille d*or à Tinventeur , le célèbre Conté, en considération du service immense qu'il rendait aux dessinateurs de toutes les classes, qui ne pouvaient alors, en raison du blocus continental, se procurer qu'à un très-haut prix les crayons anglais de plombagine naturelle

« Depuis, Humblot^Gonté, son gendre, par ses travaux sur la plombagine artificielle de Conté, parvint à fabriquer des crayons de divers numéros de degrés de dureté qui répondaient, à peu de différence, aux divers numéros des crayons anglais auxquels les ingénieurs et architectes, malgré leur prix élevé, étaient encore obligés de recourir.

1. La plombage naturelle en piene n'existe qu'en Angleterre , dauâ le Cumbcrland. Avant la décourerte de Gonûté, on ne connaissait que des crayons de fU>riqii8 anglaise qqi se vendaient un dieOing la ptèc^ et ceux de ploinbagine aïtiSoidle

d'Allemagne, composés avec du soufre et de l'autimoue, qui ne présentaient ni solidité lii degré et étaient Umt à fait improjires à I4 ligue et an dessin.

« Les travaux d'ITLiinblot-Conté furent couronnés d'une nouvelle médaille d'or à l'exposition suivante ; et cependant tout eo appréciant l*importaote amélioration apportée dans cette éibrication, le jary reconnaissait, avec les ingénieurs et les dessinateurs, quMls se plaignaient avec raison de ne pouvoir enlever entièrement les esciuisses avec les crayons Humblot- Conté qui avaient en outre le grave inconvénient de graisser le papier et par conséquent de s'opposer au lavis, inconvénient majeur qui nuisait au développement de cette fabrication et continuait à maintenir la préférence en faveur des crayons anglais dont la plombagine n'avait pas ce défaut. Cette préférence a sLilj.sistc jus(ju'à ce que, par de nouvelles combinaisons et des travaux réitérés, un de nos fabricants soil {)arvenu: à donner à la plombagine artificielle (le carbure de fer) tous» les caractères et le moelleux de la plombagine d'Angleterre dont les gîtes rares et peu abondants sont exploités avec la plus sévère économie. Aussi la supériorité obtenue aujourd'hui par notre fabrication de plombagine artificielle, qui est parvenue à produire tous les numéros désirables pour la ligne et le dessin» est tellement reconnue en Angleterre que ses crayons de pre> roière qualité ne peuvent lutter avec les nôtres qui sont partout demandés et exportés pour tous les pays. »

La iiiaiiufactiH"e de crayons, dits de (iivet, située sur la rive droite de la Meuse est la plus considérable; elle se contpose de 25 ateliers où sont employés de nombreux ouvriers ; une machine à vapeur de la force de huit chevaux y fait mouvoir trois scies mécaniques et 16 machines servant à faire les crayons. Elle produit annuellement de 2>6 h /iO,000 grosses, dont la moitié est exportée dans tous les pays ; des dépôts principaux sont établis à Paris, h Londres, à Cologne, à Bruxelles , à Turin, à New^York , à Yalparaiso et k Chicago.

On y fait toute espèce de crayons, ceux de plombagine de différents degrés de dureté pour la ligne et le dessin, et ceux

de couleurs fines de toutes nuances, genre pastel, montés en bois.

La supériorité du crayon Gilbert est reconnue à Tétranger comme en France, où elle a été constatée aux expositions nationales de 1844 et 1849, par le jury central, dont le rapport

cil a fait l'éloge le plus complot et a décenic à Gilbert et G'" une nouvelle médaille d'argent, puis à l'Exposition universelle de Londres où ils ont obtenu la médaille de prix.

C'est en appréciant les services rendus par M. L. Gilbert, directeur-gérant de cet établissement, dont les travaux persistants ont sn vaincre toutes les difficultés que présente cette fabrication, et nous ont affranchis du tribut que nous payions autrefois à l'Angleterre qui devient aujourd'hui tributaire d'une invention toute française, que le gouvernement , à la suite de • r Exposition de Londres, Ta nommé chevalier de la Légion d*honneur. Ënfin le jury international de 1855 a voulu également rendre toute justice aux produits de la maison Gilbert etC" qu il a honorés d'une médaille de 1" classe.

f II est loin de nons le temps où l'on éclairait le palais de Versailles avec des chandelles d^ suif. Aujourd'hui le bourgeois le plus modeste obtient dans ses appartements une lumière plus vive et plus abondante que les grands seigneurs du siècle de

Louis XIV dans leurs riches hôtels, l/éclairage tend sans cesse vers de nou\enux perfcctionneinents. Les inventeurs s'appliquent à concilier l'économie du combustible avec l'éclat et la propreté de la flamme. Malgré les bons résultats déjà obte^ nus, et que TExposition de 1855 a fourni Toccasion de connaître et de comparer, à coup sûr la science n*a pas dit son dernier mot et l'avenir nous réserve de bien étranges surprises.

En attendant, il faut signaler comme l'un des plus économiques et des plus satisfaisants à tous égards, le mode d'éclairage à l'alcool dénaturé, inventé par M. Adolphe Ribot. Si

Ton calcule le pm des appareils et la dépense du liquida; qm alimente la combustion, on trouve que T éclairage de M. Ri bot présente une économie de 25 et 50 0/0 sur les appareils et la consommation, donne, par bec la lumière depuis la veilleuse jus(iu'à 28 bougies, peut durer au besoin des 7 et 28 jets, 150 heures à la même intensité, sans fumée, sans odeur, ni congélation : il est d'une extrême propreté, sans réparation, d*un enti^etien presque nul, et s'applique h toute e^ce d'usages. On peut citer deux endroits bien différents, où le mode de M. Ribot a été expérimenté :

1* Aux Tuileries , salle de réception , trois fois , 22 lustres , 4 corbeilles et une boule de 28 jets sur un bassin. (Ces renseignements peuvent être obtenus des employés de la maison de l'Empereur.)

2* Depuis 18&9, il est en usage sur la ligne du chemin de fer de TEst, pour signaux, disques, passages à niveau et

lanternes des gardes. Ce service est exposé aux plus grands mouvements, aux plus fortes cbnleuis et aux froids les plus rigoureux. (Voir ci-dessous le cerliticat des Ingénieurs en chef.)

Prix de revient : le litre de liquide est de i fr. 90 c.

Les petites lampes donnent, par jet, la lumière d*une demibougie; les cinq jets, &0 heures. Deux jets, une bougie, 100 heures. Les grosses lampes, chaque jet, lumière d'une bougie; sept jets, 15 heures : soit 105 heures d'une bougie. Pour la veilleuse de nuit, le litre peut durer de 200 à 300 heures, • cela dépend de la lumière que Ton veut avoir.

Voici d'ailleurs une pièce justificative qui dôit répondre à toutes les objections, et signée par les ingénieurs principaux de la li^no de TEst, MM. Vuiguicr, ingénieur en chef de la compagnie; drenier, ingénieur principal de la 1" division; Martin, ingénieur en chef du 1*' arrondissement :

«Les soussignés certifient quo l'éclairage de M. Ribul, est employé sur la voie, entra Puis et CDiâlons depuis 1849, et d'Êpernay i Beims depuis son

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