‹ Histoire illustrée de l'exposition universelleChapitre 8 sur 27 · Voir an eominenceinmit 1I0 en voltiiM, «t]Mp> as · texte numérisé non relu

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IIIPRIMEItlE.

d'argent, en même temps que M. Joseph VViniersinger, chargé spécialement de Texécution des tirages de premier

ordre, obtenait personoellement une autre médaille à titre d'habile praticien.

Encouragée par ces honorables distinctions, elle prit part au grand roncours universel de l'Exposition de Londres, en 1851. Ses travaux les plus importants étaient sans contredit les ouvrages à gravures, parmi lesquels figurait en première ligne Y Histoire des Peintres ^ par M. Charles Blanc, ancien directeur des Beaux -Arts, ouvrage où se trouvent reproduits les chefs-d'onivre des grands maîtres de toutes les nations. Jamais pareil travail n'avait été exécuté par la typographie ; aussi le Cercle de la Librairie et de rimprimerie a-t-il déclaré officiellement que ce livre est le plus bel ouvrage que la librairie française ait publié relativement aux arts.

Le jury international a couronné ces résultats par la Prize medal.

De même qu'à Londres, aucun des travaux exposés aujourd'hui n*a été fait spécialement en vue de figurer au Palais de Tlndustrie, et tous les tirages sont dus exclusivement h la presse mécanique.

Nous pouvons dire que, chez M. Claye, l'impression par les presses mécaniques ne le cède en rien à celle des presses -manuelles. Nous pensons même que, dans certains cas, il serait, sinon impossible, au moins difficile à ces dernières de parvenir à une régularité de couleur aussi suivie que celle qu'on obtient par les pr(^sses mécaniques. On pourra s'en convaincre en feuilletant les ouvrages de M. Claye.

La belle exécution de tous ces livres a fait à la maison Qaye une réputation qui lui assure la reconnaissance du pays à la gloire duquel elle contribue.

Depuis quelques années, cet établissement a pris un

notable développemenL Le personnel normal s*élève .à cent vingt personnes, et Ton y compte douze presses mécaniques,

toutes mues pnr une élégante machine à vapeur du systëme de M. Boui don.

L*Imprimerie Administrative de M. Paul Dupont est richement représentée à TExposition universelle par un

ensemble de travaux qui attestent et 1" importance do cet établissement , et l'esprit pratique, le génie inventif de son fondateur.

M. Paul Dupont est un de ces hommes rares dont s'honore à juste titre la typographie française. 11 nous a prouvé l'amour de son industrie dans son Hisloire âe V Imprimerie^ où

abondent les documents curieux, les renseignements intéressants, comme il a montré son habileté administrative dans l'organisation d'une maison qu'il a créée sur de telles bases que le chiffre de ses, affaires s*élève. aujourd'hui à près de deux millions.

• L*imprîmerie administrative de M. Paul Dupont n'a pas

moins de quatorze presses mécaniques mues par la vapiur, (le trente presses typographiques à bras, de seize presses lithographiques f dont quatre mues par la vapeur au moyen d'un nouveau système de M. Paul Dupont ; de cinq presses mécaniques h rogner, de trois presses hydrauliques pour le satina ge. On imprime quotidiennement 70,000 feuilles de papier sous forme de livres spéciaux, états, tableaux , registres, recueils périodiques, etc., qui sont expédiés sur tous les points de la France. Plus de 100,000 francs sont payés au Trésor chaque année pour frais d'affranchissement d'imprimés^ Jettres reçues ou répondues, et les frais des écritures commerciales seulement de cette vaste maison s'élèvent à ()(),000 francs. Le matériel en caractères, clichés, formes ou planches conservées, est immense.

IMPRIMËRIS.

Le volame în-folio ôl Essais pratiques dlmjmmerie, qui a valu à M. Wiiû Dupont la médaille d'or en 1849, fait toujours l'admiration des amateurs. Mais ce qui est un véritable .chef-d'œuvre, comme difficulté vaincue, c*est sans contredit

la statue de Gutenberg, exécutée en filets typographiques par M. Moulinet, compositeur de Timprimerie Paul Dupont Les modèles administratifs exposés par M. Paul Dupont

sont relatifs aux recettes des finances, préfectures, mairies, conipag niesde chmiins de fer, d'annonces, etc.

L'imprimerie Paul Dupont exécute également des ouvrages de luxe, tels que livres illustrés, actions, obligations, mandats, cartes, tirés en une ou plusieurs couleurs. En fait de livres illustrés, nous citerons un . Paroissien et les Trais Règnes de la Nature, où le tirage des gravures sui- bois, quoique fait sur des presses mécaniques ordinaires, ne laisse rien à déârer.

Les actions industrielles^ réunies en un volume spécimen, qui figure à TExposition, offrent l'application d*un double pro>

cédé aussi simple qu'ingénieux, dont l'effet est de rendre ces titres absolument infalsifiables. Une pierre lithographique soumise à des agents chimiques fournit un dessin dù au hasard et parconséquent inimitable; puis., au moyen d'acides. cette pierre est mise en relief et le tirage s'opère typographiquement. C'est ce que M. Dupont désigne sous le nom de fond de hasard. Ce travail est complété et gaïaiiti par une contre-impression qui reproduit au verso, en une couleur différente de celle du , recto, tous les détails des traits, caractères ou vignettes de Taction. 11 est un autre moyen, non moins infaillible, découvert par M. Henri Maréchal, compositeur de rétablissement : c'est un fotid de hasard obtenu par l'emploi du bois, dont les pores fournissent naturellement des dessins variés et iniinilables. L'impression ainsi pratiquée donne, outre la garantie qui en est le but principal, un résultat très-élégant et préférable, sous

EXPOSITION UNIVBKSELLE.

les rapports de prix et de temps, aux actions imprimées sur taille-douce,

La librairie de M. Paul Dupont se compose exclusivement d'ouvrages d'administration , tels que traités pratiques, manuels, dictionnaires, formulaires, etc., et de recueils pério*

diques, publiés pour la plupart depuis plus de vingt années, et réunis en collcclions, panni lesquelles nous citerons, comme extrêmement utile, la coUectiou du Bulletin annoté des his, dont rédition, populaire par la modicité de son prix, ne coûte que 2 fr. par an.

Les produits lithographiques de M. Paul Dupont ne sont pas moins reniai (|uables que les produits typographiques. C'est <'i SOS persévérantes recherches que nous devons la découverte de la litho-typographie , qui a rendu d(^ très-grands services à la science en permettant, au moyen d'un report fait sur pierre d'une feuille imprimée ^ même très-anciennement, de reproduire ou de compléter des éditions rares et précieuses.

Les anciens manuscrits peuvent être reproduits par le même ])rocédé.

Le tome XII du recueil des Historiens des Gaules et de la France f qui avait été brûlé en 1794, a été rendu à la plupart des collections qui en étaient dépourvues au moyen de la litkofypographiê.

M. Paul Dupont a été chargé par la direction générah^ des archives de l'empire de reproduire \h Diplômes et Chartes de la collection précieuse des documents Mérovingiens et Carlovingiens conservés au dépôt central des archives de Tempire. Ce travail a été exécuté avec le plus grand soin et le plus grand succès, La reproduction de ces ik Diplômes et Chartes, dont le plus récent appartient au ix' siècle et le plus ancien aux premières années du vr, présentait d'cxtrèuies difficultés, car le temps a gravement altéré le papyrus et le vélin sur lesquels ils sont écrits.

IMPIIIHBRIE.

C'est, auœi à^M. Paul Dupont que ia lithographie est redevable des pierres dites de Ghâteaurottx, dont l'exploitation a pris depuis quelques années de très-grands développements. Ces pierres lithographiques sont même préférables à celles

que Ton faisait venir h grands frais de T Allemagne. Quant niix six ma( liin(\s cxpospes par M. P. Dupont, elles sont toutes d'invention complètement nouvelle; nous en reparlerons d'autant plus volontiers , qu'elles sont pour la plupart Tœuvre de simples ouvriers de rimprimerie Administrative.

L'imprimerie Laliure n aussi une exposition qui atteste la transformation subie par retto niicieimo maison. T^orsque M. Lahure a succédé à M. Crapelet, son imprimerie n'employait qu'une presse mécanique et un matériel en rapport avec ces moyens de tirage. Depuis ce temps, rétablissement a augmenté dans des proportions considérables. On voit fonctionner aujourd'hui, dans les ateliers, quatorze presses mécaniques mises en mouvement par une machine à vapeur de la torce de 10 chevaux.

M. I^iShure occupe régulièrement deux cents ouvriers, compositeurs , imprimeurs et autres ; huit correcteurs viennent donner la régularité à tout ce mouvement. Les fontes considérables de caractères, sur toutes les forces de corps, correspondf ut à la quantité des machines et permettent de publier des volumes dans l'espace de temps le plus court.

Les charmants volumes de la Bibliothèque des Chentins de Fer, publiés par MM. Hachette, emploient constamment à eux seuls plus de 10,000 kilog. de caractères. Cela n'étonnera pas lorsque l'on saura qu'il y a toujours à l'imprimerie plus de deux cents leuilles composées sur ces ouvrages seulement.

Le Guide de Parisy entre autres, a été composé entièrement avant qu'une feuille fût mise sous presse. 11 en est de même de beaucoup d'autres ouvrages susceptibles de subir des

«s BXPOSITIOI} UNIVERSELLE.

modifications importantes pendant le cours de la composition.

On peut juger de la rapidité d'exécution obtenue dans les ateliers de M. Lahure , par rimpression de Touvrage intitulé Une Visite à VEayjposition, Ce volume contenant BOO pages a

été imprimé, pour le compte de MM. L. Hachette et G'", en

une jourDoc.

L'imprimerie de M. Lahure est surtout consacrée à l'impression des ouvrages savants et à ceux qui sont destinés à rinstruction. Aussi, Ton a vu successivement sortir de ses presses tous les classiques grecs, latins et français; les éditions juxta-finéaires,

aussi utiles pour ceux qui ( iisei^içnent que poui' les élèves ; les ouvrages de mathématiques de MM. Lefebure de l^'ourcy. Sonnet, Ci rode, Saigey^ Tarnier, Babinetet autres; la physique de MM. Pouillet; le cours de chimie de M. Reynault; la chimie industrielle de M. Payen; le cours d'agriculture du même auteur; d'importants ouvrages de droit, parmi lesquels on peut signaler le Cours de Code i^apoicon , de M. Demolombe ; des ouvrages de médecine , tels que la traduction d'Uippocrate par M. Littré, et le Galien de M. Daremberg; un grand nombre de dictionnaires pour les langues anciennes et modernes, etc., etc.

11 serait trop long de citer toutes les publications capitales qui sont .sorties de^' presses de M. Lahure.

Nous ne pouvons cependant laisser de côté i'Eucoioge et le Paroissien romain dont la musique , gravée et fondue sur un plan nouveau de Tinvention de M. Lahure, offre ce quMl y a de plus parfait jusqu'ici dans Tart typographique.

Depuis quelques années, l'illustration a pris une place importante dans la typographie parisienne. La maison de M. Lahure est entrée dans cette voie avec succès, et l'on peut citer, pour leur belle exécution, le Paris iHttstré^ les Gàides (h Paris à Strasfuiurg èt de Paris à le Vnyage amt Py-

réfiées t et, enfm, une œuvre gigantesque qui n*avait pas eiH core été tentée à Paris, bien qu*elle existât à Londres, et qui

est venue mettre le sceau à la réputation de celte imprimerie : on voit (]ue nous voulons parler du Journal pojir Tojfs, f^dité par M. Lahiue. Cette feuille , qui contient dans ses seize pages la valeur d*un volume in-8* comme matière, met à contribu-^ tion les auteufis les plus distingués parmi les romanciers, voyageurs, savants, industriels, et publie chaque semaine, à côté des articles de la rédaction et des romans originaux , la traduction d'une œuvre importante de la littérature étrangère, .

Les dessins sur bois, dont nous donnons un spécimen page 39, sont exécutés par les plus habiles artistes de la capi'tale, et gravés avec le plus grand soin, /*Et cette feuille, cependant, se livre au l)ublic pour 10 centimes! Oue l'on songe maintenant aux remist s (jui se font aux veiideurs intermédiaires, et on verra à quel bas prix incroyable M. Lahure livre sa feuille; on comprendra quel courage il a fallu pour entreprendre une telle opuvre, quelle puissance pour Fexécuter et quelle persévérance pour la mener à bonne fin.^

Ce n'est pas seulement par la publication du Journal pour Tous, que M. Lahure est entrt; dans la voie du bon marché. 11 a entrepris une édition des Classiques français égaie pour la correction aux éditions les plus estimées» ausâ complète et plus commode que les éditions de grand luxe , et qui se vend à des prix fabuleusement bas qu(^ , jusqu'ici , la librairie n'avait pu atteindre. Grâce à cette publication, Molièn?, Racine , Montestjuieu , La Fontaine , sont à la portée des lortuncs les plus modestes : tout le monde peut avoir maintenant sa bibliothèque et la composer de chefs-d*<Buvre. \

Nous n*ajouterons plus qu*un seul mot : c*est qu'il n*est pas de langue europ^'enne dont on ne trouve un livre imprimé chez M. Lahure : l'Allemand, TAiiglais, l'Italien, l'Espagnol, le Russe, ont vu reproduire leurs ouvrages dans cette maison, qui

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est certainement une des imprimeries françaises qui ont le plus produit depuis quelques années.

Jll£S Delalaiin, a Paris. — La maison Delalain, qui représente h r Exposition universelle Timprimerie et la librairie classiques, se livre exclusivement à la publication des livres d'écoles et de classes. L'ancienneté de cet établissement remonte à 1704 par les Barbou de Paris et à 1764 par les Delalain.

Son vieux fleuron des deux cigognes, que nous reproduisons ci-dessous, est connu de tous ceux qui ont fait des études classiques. Autrefois, chaque maison de librairie avait son

fleuron spécial qui était toute une devise; on comprend celle du fleuron de la maison Delalain : les deux cigognes, à la vie si longue ; le serpent de Tenvie, qui se mord la queue; les branches de chêne et d'olivier, toujours si vivaces ou toujours si vertes.

M. Nicolas- Augustin Delalain, grand -père du titulaire actuel, fut reçu libraire le 7 août 1764, et nommé adjoint au syndicat en 178C. Ce fut en 1808 que M. Auguste Delalain, fils de Nicolas-Augustin et père et prédécesseur du titulaire , fit acquisition de la maison Barbou de Paris, si connue par sa belle collection des classiques latins in-12 et celles des ml uswn Delphini in-4% et ajouta ce fonds h son établissement déjà important en livres classiques. Depuis 1788 les magasins et ateliers occupent le même local, rue des Mathurins, au coin de la rue de Sorbonne ; ils ont reçu en ces derniers temps une transformation moderne, par suite de l'expropriation qui, les atteignant de nouveau, va les placer vis-à-vis de la nouvelle Sorbonne.

M. Jules Delalain, qui est à la tête de l'établissement depuis 1836, a été nommé imprimeur de l'Lniversité de France en

1845 et chevalier de la Légion d'honnewr en 1853. Voici les

ternies d^iiis les(|uels le Moniteur a aui )ncc cette dernière nomination : « M. Delalain (Jules), iniprmieui* en lettres et i libraire à Paris, chef de l'une des plus importantes et des « plus anciennes maisons dMmprimerie et de librairie de Paris, « a pris une part active au développement et au progrès de «cette branche de notre industrie nationale; auteur de plu- ■ sieurs publications sur la police de la presse. »

Les produits exposés par M. Jules Delalain consistent principalement en livres d*instruction secondaire et primaire sur toutes les matières de ces deux enseignements. Ils se composent : 1* d*une collection d'éditions classiques annotées des auteurs français , latins , grecs, allemands et anglais , spécialement prescrits poin* les classes; 2" d'ouvrages de géographie, d'histoire et de sciences pour les divers degrés de l'enseignement; de manuels préparatoires aux divers examens, avec de nombreuses gravures intercalées dans le texte ; h* d*un cours complet d^enseignement en vingt volumes comprenant toutes les i)rai)ches de renseignement élémentaire ; 5" d'une bibliothèque usuelle dt.' Tul^Ii uetion primaire en vingt-cinq volumes , au modique prix de vingt centimes, composée de traités sur les diverses matières de Tinstruction primaire, telles que la loi les a fixées ; 6* de recueils de journaux et de documents officiels relatifs à rinstruction publique.

Il y a aussi d'excellents ouvrages spécialement relatifs h renseignement primaire. Certes les diverses publications sorties des presses de la maison Delalain constatent un progrès sensible et marqué dans Timpression des livres classiques. Par leur bonne exécution, la netteté des caractères et leur tirage soigné, !u plupart de ces livres, destinés aux classes, ne seraient pas déplacés dans une bibliothèque.

A coté de ces ouvrages classiques, qui, entre autres mérites, ont particulièrement celui du bon marché , M. Jules Delalain

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a exposé une brochure imprimée avec soin et luxt^,

dont tfois tirages spéciaux ont été taits, un iiremier tout en or, uii second en couleur et noir, un troisième on noir. Cet ouvrage, dont M. Jules Delalain est tout à la l'ois l'auteur et rimprimeur, porte pour titre : c Législation de la Propriété littéraire et artistique. » G*est une publication tonte d'à-propos, dédiée aux auteurs et artistes étranp^ers, et destinée h leur montrer la noble hospitalité vi i efficace protection que la législation française accorde à leurs œuvres. La dédicace rappelle avec bonheur que ces mesures si favorables aux étrangers sont dues à la généreuse initiative de TEmpéreur et que la librairie française a eu Thonneur d*en solliciter elle-même l'exécution.

Quant à M. Adrien Le Clere, hsl iamille est déjà fort ancienne dans la libràirie.

En 1776, François-Augustin Le Clere fonda la maison (juMl a transmise, en 1792, à son frère Adrien. En 18î2i!i , Adrien Le Clere a eu pour successeur son fils aîné Henri-Adrien, qui lui-même vient de former une société avec ses deux lils aînés Jules- Adrien et Henri -Emmanuel, à la lin de laquelle ils lui succéderont.

Depuis 180A, la famille Adrien Le Clere est en possession des titres d'imprimeur de N. S. P. le Pape et de Tarchevêché de Paris.

iNéamnoins, les publicatioïki de cette maison n'ont jamais été uniquement consacrées aux livres liturgiques et de piété ; elle a édité un grand nombre d'autres ouvrages parmi lesquels nous pouvons citer les Œuvres de MM. de Bonald, Frayssi-

nous, de Boulogne, Picot. Artaud de Monlur, Jeaulîret, de Geramb, Hue, missionnaire lazariste, du chanoine Schmid, etc.

Entre autres publications périodiques citons l'Amt de la Rf^ ligion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, fondé eti

181 par M. Adrien Le Clere père, de concert avec M. Picot; la Bibliothhque de la famille pour la moraliser, Tinstruire et la

récréer; les Annales de la charité^ revue inciisuello dtstinRe à la discussion dos questious et ^ Texaineo des institutions qui intéressent \e» pauvres, etc«

En 1851 M. Adrien Le Glere, l'exposant de 1855, a mis à profit le mouvement de retour vers la liturgie romaine , qui s'opère maintenant en Franco pour réaliser le projet qu'il conçu depuis longtemps de remettre en honneur, en France, l'antique usage, abandonné depuis près de cent ans, dlmprimer en rouge et noir les livres «liturgiques qu'il fallait acheter en Belgique. 11 voulait alTranchir son pays du tribut qu*il payait à l'étranger.

Les dix édif ions du Bréviaire romain, les quatre éditions du Missel romain qu'il a impriuiées depuis 1851 et qui diffèrent toutes les unes des autres par le format, le caractère, le papier, l'impression en rouge et noir ou en noir seut témoignent des études et des sacrifices qu'il a faits pour réaliser sa pensée, et servent à constater les beaux résultats qu'il a obtenus.

M. Adi-ien Le (îlere ne s'est pu.-, hoi iié à imprimer en plainchant les livres de musique religieuse, il a voulu suivre et favoriser les progrès que fait chaque jour l'enseignement de la musique et faciliter aux fidèles les moyens d'unir leurs voix à celles du clergé dans le chant des offices, en leur offrant des livres imprimés en musique moderne : c'est pour répondre à ce nouveau liesoin (uril a enrichi son imprimerie de plusieurs types de musique typographique mobile, gravés et fondus avec une grande pureté.

Déjà il a publié un Paroissien de Paris complet, noté en musique, traduction exacte du Chant Parisien, des recueils de Cantiques et des motets notés en musique avec ou sans accompagnement d'orgue dont l'exécution est fort reniai [uable. A coté des motets et des cantiques nous avons dislxugué

LlBKAlKili. 35

plusieurs feuiUes d'un important ouvrage sur la restauration

du chant Grégorien par le P. Lambillotte de la coinpajj;nie do Jésus. (';(' livro ini|);iti(M7im('nt attendu par les amateui's du chant liturgique ne tardera pms ù pai'aitre, ii sera» nous le voyons, d'une exécution typographique bien remarquable. Nous avons admiré dans ces feuilles exposées des exemples imprimés en musique avec une netteté que la gravure sur zinc et les procédés aiialo«;ues sont loin d'atteindre.

Des si[;ii('S neumati(jues qu'on a dû ^ravei* exprès poui" cet ouvrage, des combinaisons graphiques vraiment diffrciles à exécuter en caractères mobiles, n'ont pas arrêté l'imprimeur et sont rendues avec un taloit qui lui fait honneur.

M. Adrien Le Glere a eu la bonne p(3n8ée de présenter tous stîs livres ouverts et d'en indiqu<3r les prix ; il faut l'en féliciter : le public peut ainsi juger du mérite de^i éditions, de leur belle exécution typographique , et apprécier la modicité de leurs prix.

La librairie h. Gurmer, à T Exposition de avait déjà mis en lumière quelques-uns de ses travaux. A ce sujet, nous

dirons que si les industries (jui répondent aux besoins matériels de l'homme sont dignes du plus haut intérêt, celles qui satisfont è ses besoins moraux, en lui apportant la pensée dans

toute sa pureté ou revêtue d* une forme nette, claire, attrayante, méritent assurément les plus grands encouragements quand elles réalisent quelques progrès.

Or, une industrie, qui, de prime-abord, a dépassé ce que TAngleterre avait produit de plus parfait en ouvrant une trè»lar^e voie à de nouveaux travaux, en créant pour la gravure mr bois une carrière honorable et très-lucrative, n'a pu trouver place que pour deux médailles d'argent dans la répartition des récompenses.

Depuis 1839, la librairie L. Curmer, en ouvrant la voie qu'attendait la typographie , a constamment marché la première dans cette route ardue de Tintelligence et du progrès.

Après avoir produit Paul et Virginie ^ l'ImiUUion de Jésus- Christ, les SaiiUs Évangiles et les Hetires noKVellcHy elle s'est mise en rapport avec la littérature contemporaine, et elle a pahhé- les Fremçais peints par eaûe-Tnémes^ vaste encyclopédie morale qui résume toute la société contemporaine.

La Pléiade, un volume in-i2, a été un ouvrage d'essai et de tentatives diverses ; une des plus iioUibles est l'introduction dans le texte des épreuves d'eaux-fortes tirées sur papier de Chine et recollées après le tirage. mode d'illustration, employé avec intelligence, pourrait être avantageusement exploité et aurait Timmense résultat de donner l'œuvre originale du dessinateur, au lieu d'une reproduction, comme cela a lieu dans l'emploi du procédé de la gi'avure sur bois.

Le Jardin des Plantes, deux volumes grand in- 8°.

La gravure sur bois a fait dans cet ouvrage de tiès- notables progrès, dus, en grande partie, à la perfection et à la bonne disposition de MM. Steinhell et Freemann. En associant la rigoureuse exactitude scientifique à un effet pittoresque et agréable à voir, l'hisloire naturelle a été rendue accessible à beaucoup de personnes pour lesquelles cette science avait peu d'attrail.

UftRAlKIB.

Pendant que ces travaux typographiques se poursuivaient, la librairie L. Gurmer tentait, en.cbromo-lithograpbie, un essai qui a été promptement imité sar de larges bases.

Elle a fait dessiner, par MM. Péart et Delacroix, des modèles très-choisis des anciens manuscrits, et en a formé un livre de cent soixante pap;os qui ne le cède en rien niix rn.iiuiscrits pour la nettott». la beauté des couleiurs, et dont le prix est de beaucoup inférieur à celui des travaux manuel^ Un livre pareil, qui coûterait de 6 à 8,000 fr., se vend 160 fr. exécuté en cbromo-Htbographie , ce qui a permis ainsi de livrer nu public, à un franc la feuille, des reproductions coloriées dos mnniiscrit?;.

Une application encoie plus sérieuse de la chroTun lithographie a été tentée par la librairie L. Gurmer dans deux ouvrages importants : Tun est un canon d*autel, imprimé à neuf planches, et que MM. Colette et Sanson ont exécuté avec une rare précision; l autre est la reproduction des dessins fnit«; p.'ir M. Henry de La Borde, à Florence, sur les fresques de Beato Angelico da Fiesole.

Cet essai a réussi parfaitement et a ouvert une nouvelle voie à la reproduction de ces précieuses fresques que le temps et rhumidifté dévorent, et que la chromo-lithographie va rendre impéi issables, en les transportant avec leurs couleurs entre les mains des amis des arts.

Les Beaux -arts ont été une occasion pour la librairie 1^ Gurmer de publier les lithographies faites et imprimées avec tous les soins possibles, et grâce au concours de M. Bertauts, le succès a été complet. La librairie L. Gurmer ne s'en est pus tenue au mouvement des arts en France, elle a appelé les arts étrangers à cette publicité , et les œuvres des artistes de TAllemagne et de l'Angleterre ont concouru avec les artistes français à faire de cette publication un spécimen des arts en Europe.

Le besoin toujours croissant de variété et de formes nouvelles dans romementation des livres a excité la librairie L. Gunner à faire dessiner des modèles nouveaux de fermoirs qui se sont rattachés aux formes anciennes par qur l(]ijes souvenirs, mais qui néanmoins peuvent être considérés comme fiyanf liMir caractère particulier ; ces fermoirs sont de prix trèsvariés et accessibles à toutes les bourses.

Depuis cette époque, les fabrications de la librairie L. Gurmer se sont encore accrues; elle a entrepris sur la plus vaste échelle la publication la plus sérieuse et la plus importante que l'Iiistoire naturelle ait encore vue éclore.

Les volumes parus sont :

La Botanique , par M. Emm. lie Maout.

Les Oiseavm, par le même.

Vhiàtùire du Musétm d'histoire naturelle ^ par M. Gap. L'histoire des Mammifères, par M. Paul Gervais.

Cos ma,L;iiiliquv s volumes sont remplis de gravures scientiliques et pittoresques en noir et eri couleur, faites d'après nature ou d'après les pièces conservées au muséum.

G'est le dernier mot de la science à ce jour, mais de la ficience mise à la portée de tout le monde , sans pédanterie et avec autant de clarté que de raison.

Cette imporiaiitc publicaliitu qui compte déjà cinq voknnes, ayant coûté trois cent mille francs, sera ceiHes le plus beau monument qui ait jamais été élevé aux sciences naturelles.

Les Fêtes de t Église romaine, par M. Galoppe d*Onquaire, illustrées par les gravures religieuses d*Overfoeck et Sieinle, ont obtenu avec l'approbation fie Monseigneur Tarchevêque le plus grand ef lo pins légitime succès.

Enfm une publication récente, par son importance et son utilité, vient de faire une véritable révolution dans tout ce qui concerne Thygiène et la cuisine, sous le titre te Cuisinier et te Jiêdeein, La librairie Ti. Gurmer a fait paraître un livre long-

libuaibib.

temps mc^dîté et dès longteiupâ préparé, dont le succès a sanc> tîonné le mérite.

Par rimpulsion prodigieuse qu*elle a donnée à fai vente des livres église et des jMxroiuiem, la librairie L. Guriner a conquis une des premières places pour les reliures de luxe et a bien mérité do loult's les familles pieuses. Son iiillucncc sur cette importante industrie est généralement reconnue , et ses paroissiens sont justement recherchés à cause de la variété des gpravures et des prières illustrées qui tes embellissent. Ils se prêtent aux exigences de toutes les fortunes et leur fabrication permet de donner à des prix très -modérés de beaux livres (lignes de satisfaire les amateurs les plus rigoureux.

Depuis quelques années seulement, les arts graphiques, et surtout Pimprimerie, appliqués aux sciences mathématiques et médicales, ont subi le eontre-conp des progrès et des perfectionnements qui ont envahi la librairie dans toutes ses autres branches. 11 ne faut pus rcinonter bien loin, si Ton cherche des éditions d'ouvrages scientifiques dont le papier, les caractères, les planches fatiguent disgracieusement la vue. Les éditeurs, voués à cette spécialité, déployaient avec une entente déplorable le drapeau du mauvais goût et de Tindifférence. Ils ne se préoccupaient ni de la pureté des dessins, ni du perfectionnement des outils, ni de la réussite du tirage.

Malgré le petit nombre de concurrents qui se sont présentés au Palais de T Industrie, et Tespace restreint occupé par leurs productions, on arrive après un court examen & se convaincre des efforts puissants qu*ils ont tentés pour sortir de Tomière et restituer à un art trop longtemps négligé la gloire qui lui revient . par droit d'origine. On peut donc dire que si rimprinierie française , en tant qu'elle reproduit les notions et les figures du domaine scientifique, a été peu représentée à Texposition • de 1855, du mniuR elle Ta été dignement et glorieusement.

iù . EXPOSITION UNIVERSELLE.

Ce sont les hommes môme qui ront poussée dans la voie nou-velle, qui, depuis une vinf^tHine d'aiinéf^s. ont compris le mieux son avenir et sa grandeur, et en ont donné la preuve dans les spleodides travaux dont nous embrasserons tout à Theure Tes* semble ; ce sont ces artistes, ces novateurs hardis et opiniâtres que nous retrouvons chez nos exposants.

Parmi toutes les travé(\s do cetU» vaste bibliothèque désignée sous le nom de Salle de r imprimerie Impériale, on en compte jusqu'à deux consacrées aux sciences médicales. Pourquoi deux seulement, quand cinq maisons spéciales se pressent autour de TÊcole de Médecine?

Certes le libraire de la Faculté » M. Labé ♦ avait bi^i sa place marquée à cnlé du libraire de TAcadémie; et les lauriers de ce dernier n'auraient point empêché de dormir M. Méquignon , si M. Hdéquignon eût mis à cet endroit sous les yeux du public ses traités-miniature d^anatorole et de chirurgie, quMl exécute en artiste consommé. M. Ghamerot lui-même, qui vient seulement d'aborder la spécialité médicale , nous aurait montré son Cazeaux qu'il n'a pas, il est vrai, le jnérite d'avoir créé, mais dont il maintient les éditions si fréquentes dans des conditions de perfection typographique , que M. Méquignon avait atteint de prime saut. Ce nouvel arrivant eût complété sa vitrine avec les éléments de chirurgie opératoire du docteur Alplionse (iuérin. La corporation ne pouvait refuser l'accolade à Tt-ditcur (ruiie œuvre dont la fine exécution défie toute< \r< àprrt«\'^ de la critique.

Si MM. Labé, Méquignonet Ghamerot ont fait défection, M. Victor Masson n*a pas craint d'affronter le regard insou- , cieux d*un public dont la froideur en présence de matières scientifiques s'expliciiu trop naturellement.

Mais, avant de parier des productions de cet éditeur, con- * sacrons-lui une courte notice biographique. Il faut bien, après tout, que Ton sache h qui revient la première gloire d'une

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