LIBRAIRIE
initiative qui a transformé si heureusement la iibrairie médicale.
C'est à Tàge de 26 ans, et vers iSâ/i, que M. Victor Masson commença ses premières armes dans la librairie ches M. Hachette. Sa vocation avait mis du temps à se révéler. Il est
vrai crajouter que le futur éditeiii . né à Beauiie , d'un père qui possédait une grande étendue de vignobles, avait consacré sa jeunesse au commerce œnophilr. En septembre i838, après avoir séjourné deux ans chez M. Hachette , et exploité ensuite à son compte les stéréotypes Didot, il entra dans la maison Grochard à titre d^associé pour en devenir unique propriétaire en 18 'i(î. C'est dura nt cotto drniirrc période de liait années que M. Victor Massou lit ces louables elïorts qui ont eu pour résultat de. changer dans ses moindres détails l'affreuse méthode d^impression acceptée jusque-là pour les livres de médecine : mauvais papier, caractères usés, planches souvent gravées sans propreté ni correction , tels étaient les moindres défauts qui apparaissaient en ouvrant un dictionnaire d'observations médicales ou un traité de thérapeutique. Le jeune associé de la maison Grochard se mit résoHiment à Tœuvre ; et dès 18ft3, il pouvait déjà se flatter de remporter pour le soin et la perfection de ses éditions sur tous ses confrères. Peu après, il commença avec la maison Langlois et Leclerc la publication de la colleclion in- 18. dési<;née sons le titre de Bibliothèque Polytechnique; et entre les nombreux modèles que ses rivaux, mis en demeure de tenter dans leur fabrication le même perfectionnement, ont cru devoir imiter, on peut citer les ouvrages de nos savants les plus estimés, MM. Edwards, de Jussieu , Beudant, Regnault, Delaunay, Girardin, Dubreuil, d'Orbigny, Gavarret, etc., etc.
A côté des vingt in -8" qui, dans sa vitrine, étreignent sous leur maroquin rouge les 1,000 planches du règne animal y monument élevé par ses disciples à la mémoire du grand
it EXPOSITION UNIVERSELLE.
Olivier, quelques dessins reproduisent, sous des couleurs de lis et (lo viTmilloii , \p Inhoratoirt^ du chimiste et !'atclior de rindustriei. Çà et là le regard s'accroclie à des planches d*anatomie; mais ia chair, caressée par le pinceau de madame Mantois, toin d'effaroucher la sensibilité du visiteur, lui lend un appât de nuances roses et fraîches qui sollicitent son analyse.
Charun des ouvrages édités par M. Victor Masson mérite une mention spéciale ; la partie matérielle est exécutée supérieurement; les figures sont très-nombreuses, mais aussi trè»parfaites et intercalées dans le texte, ce qui constitue une difficulté de plus.
Aujourd'lnii la scienrp doit être popularisée; il faut que tout ce qui est accessible au vulgaire soit mis à sa portée. Cette idée, qui a décidé les hommes les plus érudits de l'époque à résumer d*une manière claire , attrayante et élémentaire, les notions abstraites de la science, nécessitait également une exécution typographique correcte et soignée. Tandis ffUe la pensée de Tauteur attachait l'esprit, il fallait que la forme du livre, sa partie matérielle, enchaînât le regard. Voilà ce que M. Victor Masson a compris le premier; et il s'est mis an service de cette idée généreuse et humanitaire qui a produit les livres suivants dont tous les hommes compétents ont apprécié déjà la hante valeur : Histologis humaine, de KœlH- Icer; — Physiologie , de Longet; — Médecine opéraloirc , de Sédillot; — Molière médicale, de Tabourin; — Histoire des Règnes organiques ^ de Geoffroy Saint- Uilaire ; ^ Géo^ graphie botanique , de Decandolle; — Cours Histoire naftireilOi de Milne Edwards, de Jussieu, Beudant, d'Orbigny ; — Traités sur la Chimie, de Regnault, Peloiize et Fremy, Gcrhart, I.ehnuuin ; — Traité de Méraniqrie et tf Astronomie ^ de Delaunay, etc., etc. La liste est longue, aride peut-être ; mais elle mérite d'être consignée. De tels ouvrages sont les