LE DROIT CONTRE LA FORCE
FAC-SIMILÉ DE l'appel ADRESSE PAR LE ROI DES BELGES AU ROI d'aNGLETERRE
troupes allemandes ont passé la frontière. » C'est alors que s'engagent, entre l'ambassadeur d'Angleterre et le ministre Jagow, puis avec le chancelier, ces deux entretiens fameux où les représentants de l'Allemagne, surpris et désarçonnés, livrent à l'Angleterre et à l'histoire le secret de leur dessein perfide, 'de leur épaisse fourberie et de leur âme noire.
Mais cette conversation aborde, en même temps, d'autres sujets. Avant d'en rappeler les termes, il faut jeter un coup d'œil d'ensemble sur le débat diplomatique relatif à la neutralité belge.
L'Allemagne avait conçu le plan stratégique de traverser le territoire belge pour attaquer la France. Tout était préparé pour cela, on le sait maintenant, et nous le démontrerons bientôt par un simple exposé des faits. Le gouvernement allemand demandait à la Belgique d'autoriser ses troupes à passer dans les conditions énumérées par la note du 2 août.
S'agit-il seulement d'une opération stratégique ? L'Allemagne n'a-t-elle pas une arrière-pensée ? En marchant sur la Belgique, que prétend-elle? Veut-elle seulement battre la France par les procédés les plus rapides, ou bien ne songe-t-elle pas à s'assurer un gage et à commencer, par l'occupation de la Belgique, la guerre de conquête ?...
La conquête de la Belgique est, au fond, le plan secret de la Weltpolitik. Bernhardi et les partisans de la plus grande Allemagne s'en sont expliqués cent fois avec une absolue netteté. Maximilien Harden, dans la Zukunft du 17 octobre, a exposé ces convoitises secrètes dans une déclaration très franche : « Il faut que le noble germanisme se conquière ici de nouvelles provinces. Anvers, non pas contre, mais avec Hambourg et Brème ; Liège à côté des fabriques d'armes de la Hesse, de Berlin, de la Souabe ; Cockerill allié avec Krupp; les fers, les charbons, les tissus belges
et allemands dirigés ensemble... De ('alais à Anvers, Flandres, Limbourg et Brabant, jusqu'au delà de la ligne des forteresses de la Meuse, tout prussien ! »
Seules, ces convoitises avouées donnent un sens aux multiples et obscures déclarations officielles de l'Allemagne quand il s'agit d'expliquer ses intentions au sujet du sort de la Belgique «/) l'es la guerre: Au cas où cette puissance prendrait partie contre l'Allemagne, toutes les hypothèses, tous les systèmes sont envisagés dans ces déclarations allemandes. Rien de catégorique, rien de franc. Quand on espère encore la neutralité de rx\ngleterre, on fait patte de velours, on promet l'intégrité et l'indépendance de la Belgique ! « Prière de dissiper tout soupçon qui pourrait subsister dans l'esprit du gouvernement britannique au sujet de nos intentions : répétez positivement l'assurance formelle que, même en cas de conflit armé avec la Belgique, l'Allemagne ne s'annexera aucune fartie du territoire belge sous aucun prétexte. La sincérité de cette déclaration est prouvée par notre engagement solennel à l'égard de la Hollande de respecter strictement sa neutralité. Il est évident que nous ne pourrions annexer profitablement une partie du territoire belge sans nous agrandir en même temps au détriment de la Hollande... »
Voilà des assurances formelles, et qu'entre parenthèses il n'est pas inutile de retenir. Mais comment concilier ces déclarations avec celles qui sont contenues dans la note initiale du 2 août ? «' Dans le cas où la Belgique se comporterait d'une façon hostile contre les troupes allemandes..., l'Allemagne ne pourrait prendre aucun engagement vis-à-vis du royaume ; mais elle devrait laisser le règlement ultérieur des rapports des deux Etats, l'un vis-àvis de l'autre, à la décision des armes! » Toutes les formes de la séduction ou de l'intimidation sont employées selon le besoin de la cause.
La vérité est que, dès le début, l'Allemagne avait escompté la résistance de la Belgique,
l'kurope
EN ALARME. LA DECLARATION DE GUERRE